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  • il y a 17 heures
Bullshitomètre : "Les obligations d'entreprises européennes perdent de l'attrait"

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Transcription
00:0016h48 chaque jour, un expert de marché nous rejoint pour défaire les idées reçues.
00:04C'est Valentin Ennouz aujourd'hui qui nous accompagne, responsable de la stratégie de taux d'Amundi Institute.
00:08Bonjour Valentin.
00:10Bonjour, bonjour, bonjour.
00:12Certains pensent qu'avec le contexte géopolitique, désormais il devient beaucoup moins intéressant d'investir dans les dettes d'entreprises
00:18européennes
00:18et les dettes d'entreprises européennes de bonne qualité.
00:20L'investment grade, beaucoup le pensent, beaucoup n'ont plus envie d'y investir.
00:24Vous, vous n'êtes pas d'accord avec ceux qui pensent qu'il faut tourner le dos à l'investment
00:27grade européen ?
00:28Vous dites bullshit.
00:31Avec le conflit au Moyen-Orient, vous estimez que le crédit, le marché de l'investment grade européen garde de
00:38l'attrait, malgré tout ?
00:39Oui, parce que ce conflit au Moyen-Orient, je suis d'accord avec vous, c'est un choc d'offres
00:43sur les économies,
00:44ça veut dire plus d'inflation, moins de croissance, un niveau d'incertitude élevé.
00:49Mais donc, dans notre scénario central, on reste sur un impact de ce conflit sur nos économies qui sera modéré
00:55et temporaire.
00:55On reste sur une croissance en zone euro qui va tourner autour de 0,8 et pour revenir autour du
01:02potentiel, autour de 1% l'année prochaine,
01:05et sur une inflation à 2,8 cette année en moyenne et qui revient autour de 2,2 l'année
01:10prochaine.
01:10Donc l'impact, il est modéré, il est temporaire.
01:13On est aussi dans un scénario où on pense que la BCE ne va pas être obligée de monter ses
01:18taux,
01:18où au grand maximum une hausse de taux, mais on n'est pas du tout en ligne avec le marché
01:23qui anticipe 3 hausses de taux,
01:25parce que cet impact sur l'inflation, il va être modéré.
01:28Nous, on n'anticipe pas d'effet de second tour, surtout dans un contexte où on voit que le marché
01:32de l'emploi présente quand même certaines faiblesses.
01:35Donc ce contexte économique, on a toujours de la croissance, l'impact sur l'inflation sera temporaire et on ne
01:42voit pas la baisser ou monter ses taux.
01:44C'est un contexte macro-financier qui est positif pour les marchés du crédit.
01:48Alors Valentine, on parle de la macro, vous avez évoqué la macro, maintenant on va parler de la micro, ce
01:51que je préfère.
01:52Et on peut être aussi confiant ? Est-ce que ça atteste de la solidité des entreprises ?
01:57Oui, si on regarde déjà les résultats des entreprises, ils ne sont peut-être pas aussi formidables qu'aux Etats
02:04-Unis,
02:04mais ils restent quand même très corrects en termes de chiffre d'affaires, de revenus.
02:10Et surtout si on regarde les bilans, parce que nous c'est ce qui nous intéresse en tant qu'investisseurs
02:14obligataires,
02:15on voit que ces entreprises, depuis le Covid, sont extrêmement prudentes sur la gestion de leur bilan, dans la gestion
02:22de leur trésorerie.
02:23Et le point qui est extrêmement important, c'est le marché primaire, c'est-à-dire cette capacité des entreprises
02:28à venir se financer,
02:30et on voit qu'elle est extrêmement bonne.
02:32Alors on a eu des mois très très forts depuis au début de l'année, après avec le conflit en
02:37mars, il y a eu une pause sur le marché primaire,
02:40les entreprises, il y a eu moins d'émissions, mais là on voit qu'il y a à nouveau énormément
02:44d'émissions,
02:45et une demande pour ces émissions qui reste solide.
02:47Et ça, ça permet de repousser les murs de dettes à refinancer, j'aime bien les notes bien notées,
02:54mais si on regarde par exemple sur l'investment grade, la dette spéculative plus risquée,
03:01on voit que les taux de défaut anticipés à 12 mois par Moody's sont inférieurs à 3%,
03:05qui est la moyenne de long terme, et le mur de dettes à refinancer est repoussé 2029-2030.
03:11Et là on parle bien des entreprises européennes, pas Amérique, mais européennes.
03:14Donc elles sont en forme.
03:15Donc il y a moins de risques, il n'y a pas de mur de dettes à refinancer comme on
03:19avait en 2008,
03:20ce qui est important c'est qu'elles font de bons résultats, elles sont prudentes sur la gestion de leur
03:23bilan,
03:24et il y a un marché primaire qui reste très ouvert, qui évite qu'on ait un mur de dettes
03:28à refinancer comme en 2008.
03:29Cela dit, il y a les hyperscalers américains qui eux, avaient a priori pas trop besoin de s'endetter,
03:34et qui s'endettent et qui mettent de la dette sur le marché, beaucoup, énormément.
03:38Est-ce qu'à un moment ou à un autre, ça ne va pas un petit peu peser sur la
03:42valorisation, tout bêtement ?
03:44Ça faisait partie de mes craintes au début de l'année, parce que quand on regarde les montants,
03:49ces 700 milliards, les besoins de financement des hyperscalers, c'est 2% du PIB.
03:55Alors évidemment, le principal marché où ces entreprises émettent, c'est évidemment les Etats-Unis,
04:00mais on les voit aussi beaucoup venir se financer sur le marché européen.
04:04Mais la demande est là, on voit que les investisseurs sont prêts à investir dans ces entreprises.
04:10Oui, mais ce qui ira dans ces entreprises, qui commence à multiplier les émissions obligataires en euros,
04:14n'ira pas aux autres entreprises, aux entreprises européennes ?
04:17Pour l'instant, ce qui est très marquant sur ce marché, ce qu'on voit, ce n'est pas juste
04:20les dernières semaines,
04:21mais si on regarde ces derniers trimestres, c'est les flux des investisseurs sur ce marché,
04:26qui sont attirés par les niveaux de rendement.
04:29Donc pour l'instant, on est vraiment dans un marché où il y a des investisseurs qui se positionnent,
04:34attirés par les niveaux de rendement, et ils sont plutôt dans une dynamique d'acheter les replis.
04:40Dès qu'on voit qu'il y a des écartements, et bien on voit qu'il y a des niveaux
04:43de rendement qui augmentent.
04:44Comme ça a été le cas avec ce conflit au Moyen-Orient, on a vu les niveaux de rendement augmenter.
04:49On voit tout de suite après les investisseurs revenir et se repositionner.
04:51Oui, donc les astres restent alignés pour vous, l'obligataire, les émissions obligataires des entreprises européennes,
04:56même Investment Grays, cette qui rapporte un peu moins, mais de haute qualité, restent attractives.
05:00Voilà, parce qu'on a tous les signaux qui le montrent, parce que même avec la concurrence croissante des grandes
05:05techs américaines
05:05qui émettent de la dette en euros, la demande est toujours là, même pour nos entreprises européennes.
05:09Il vient d'où tout cet argent quand même ? Ça vient d'où tout cet argent ?
05:12On a l'impression que c'est magique, là.
05:13On a quand même beaucoup de liquidités, c'est vrai, on a beaucoup de liquidités sur les marchés.
05:17Si on regarde la masse monétaire M2 aux Etats-Unis, elle est sur des niveaux très très élevés.
05:23Donc c'est vrai qu'il y a des environnements...
05:24Donc ça inclut les investissements des Américains, c'est ça, M2 ?
05:26Exactement, oui, c'est la masse monétaire totale, oui, oui.
05:29Donc on est quand même sur un environnement où, oui, il y a quand même énormément de liquidités.
05:34Et si on regarde les niveaux de valorisation, on a les spreads,
05:38si on regarde les écarts de rendement entre la dette des États
05:41et la dette des entreprises qui est quand même sur des niveaux assez serrés.
05:45Mais ce qui intéresse les investisseurs, c'est le rendement total
05:48et qui vient de se réécarter avec ce conflit au Moyen-Orient.
05:52On voit que les taux d'empreintes des États se sont écartés.
05:55Donc globalement, il y a des rendements attractifs.
05:56On est à combien, là, de rendement sur l'event fund grade en Europe ?
05:59On tourne autour de 3,5.
06:00Le rendement offert par l'indice EUR-IG est 3,5.
06:03Et entre 5,5 et 6% sur l'euro à yield.
06:07Oui, c'est pas mal, c'est pas non plus énorme.
06:09Pour des investisseurs actions, c'est sûr que ça…
06:12Mais il faut relativiser ça par le niveau de volatilité, le niveau de risque…
06:16C'est ce qu'offrait Livret A il y a quelques mois, le 3,5, 3.
06:20C'est des niveaux où il y a quand même une demande assez forte des investisseurs.
06:24Et il faut relativiser ça par rapport aux risques que présentent ces investisseurs
06:28qui ont aujourd'hui des niveaux d'endettement qui sont vraiment acceptables.
06:31Une ode, donc, et un plaidoyer pour les obligations d'entreprises européennes,
06:35même investment grade, de très haute qualité ces entreprises,
06:37du coup ça rapporte moins, mais ça garde du potentiel.
06:39C'est votre message aux investisseurs.
06:40Vous restez avec nous, Valentin ?
06:41Exactement, je reste avec vous.
06:42On a quelques minutes à passer encore en famille.
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