- il y a 8 heures
Ce mardi 17 mars, Raphaël Legendre a reçu Rafik Smati, fondateur de Louxor.ai et président du groupe Aventers, Jean-Pierre Petit, président des Cahiers Verts de l'Économie, et Christian Saint-Étienne, économiste, auteur de "Trump et nous - Comment sauver la France et l'Europe", dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:06BFM Business et la Tribune présente Les Experts, Raphaël Lejean.
00:12Bonjour à tous, il est 10h pile, vous êtes sur BFM Business en direct pour les experts.
00:18Ce matin, le baril reprend 5%, le Brent est à peu près à 104-105 dollars actuellement.
00:25Bruxelles, Berlin et Londres, on dit non à l'appel de Donald Trump,
00:31non à la mobilisation générale des troupes dans le détroit d'Hormuz pour le sécuriser.
00:36Paris n'a pas encore parlé, Emmanuel Macron doit tenir un conseil de défense cet après-midi à l'Elysée.
00:43Mais l'incertitude est au plus haut sur l'issue du conflit,
00:49un conflit dont les conséquences sont, elles, bien concrètes.
00:53Alors on va voir ensemble lesquels et les scénarios possibles pour l'avenir.
00:57On va aussi revenir sur les trois ans d'efforts de guerre décrétés par le Président de la République.
01:03Alors qu'une réunion devait se tenir aujourd'hui à Matignon,
01:08qui est remplacée par le Conseil de défense,
01:10a-t-on réussi à augmenter les cadences de production ?
01:13A-t-on réussi à simplifier les procédures d'appel,
01:17à fortifier notre base industrielle de technologie et de défense ?
01:23Ce sera le deuxième thème des experts du jour.
01:26Et puis on reviendra sur la compétitivité française.
01:29C'est Rex et Cod qui tirent la sonnette d'alarme ce matin dans un rapport au vitriol.
01:34Oui, on produit au bon niveau, mais on produit beaucoup, beaucoup trop cher.
01:38Et puis enfin, quoi surveiller cette semaine du côté des banques centrales ?
01:42Toutes les banques centrales du G7 doivent s'exprimer cette semaine.
01:47Hier, on a eu l'Australie et bien d'autres encore.
01:49Hier, on a eu l'Australie.
01:51Demain, ce sera la fête jeudi.
01:52La Banque Centrale Européenne et la Banque d'Angleterre
01:57avant la Banque du Japon en fin de semaine.
02:00Alors à quoi faut-il s'attendre ?
02:01Et quels sont les enjeux ?
02:02On va décrypter tout ça ensemble.
02:05Voilà, il est 10 heures passées de deux minutes.
02:07Vous êtes en direct sur BFM Business.
02:10C'est Les Experts, l'émission qui vous aide à y voir plus clair.
02:14Allez, c'est parti.
02:24Et pour parler de tous ces sujets, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau
02:28non pas trois, mais deux pour l'instant invités.
02:31Christian Saint-Etienne nous rejoindra tout à l'heure.
02:35Il est bloqué dans les transports.
02:36Il est économiste, auteur de Trump.
02:38Et nous, comment sauver la France et l'Europe ?
02:40On va peut-être voir comment sauver le Moyen-Orient aussi.
02:42Avec Donald Trump, c'est un peu compliqué.
02:44En attendant, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau
02:47Rafik Smati. Bonjour Rafik.
02:49Bonjour Raphaël.
02:49Fondateur de Luxor.ai et président du groupe Aventers.
02:53Et face à vous, Jean-Pierre Petit.
02:55Bonjour Jean-Pierre.
02:56Bonjour.
02:56Président des Cahiers Verts de l'économie.
02:59On va commencer tout de suite par l'Iran,
03:01qui est quand même le sujet qui nous occupe chaque jour dans Les Experts.
03:05On essaie de décrypter les conséquences économiques de ce conflit géopolitique.
03:11Un conflit qui s'enlise.
03:14On entre dans la 18e journée de guerre.
03:20Je l'ai dit en introduction, Bruxelles, Berlin et Londres.
03:24On dit non à l'appel de Donald Trump à l'aider, à sécuriser le détroit d'Hormuz.
03:31Donald Trump qui a quelques difficultés avec les navires des mineurs.
03:35Notamment, l'Europe en a, mais l'Europe ne veut pas les envoyer.
03:39Alors, Paris n'a pas encore donné sa réponse.
03:42D'ailleurs, hier, il a donné une note, Donald Trump, à Emmanuel Macron.
03:468 sur 10, c'est plutôt pas mal, après un coup.
03:49Voilà, alors ça fluctue régulièrement avec le président américain.
03:55Mais la conséquence économique, c'est qu'on n'a que 36 vraquiers
03:59qui sont passés par le détroit d'Hormuz depuis le début du conflit.
04:03Quatre ces dernières 24 heures.
04:06Avant la guerre, c'était 130 à 150 par jour.
04:10Quels sont, Rafik Smati, je, comment savez-vous,
04:14quelles sont selon vous les principales conséquences aujourd'hui
04:18de ce conflit sur notre économie, à nous, Français et Européens ?
04:24Vous savez, l'incertitude est l'ennemi de l'économie.
04:29Et aujourd'hui, les acteurs économiques,
04:33et moi, mon prisme d'analyse, c'est plus un prisme d'analyse microéconomique,
04:38cette guerre nous a été vendue par le président américain
04:40comme une guerre express qui allait durer 48 heures.
04:42Why not ?
04:43Ça n'est jamais le cas.
04:44Une guerre express, on peut s'en remettre.
04:48Le scénario de l'enlisement aujourd'hui, que personne ne maîtrise,
04:51si vous réussissez à avoir sur vos plateaux des personnes
04:54qui sont capables de vous donner une certitude absolue sur ce cas-ci,
04:57qui va faire une certitude, oui, ne les croyez pas.
04:59Ces prochaines semaines et ces prochains mois, je m'en méfierai.
05:01Donc, tous les scénarios sont sur la table.
05:03Le scénario d'un scénario qui s'enlise pendant plusieurs semaines,
05:07mais qui serait redoutable d'un point de vue économique,
05:09parce que pendant ce temps-là, les acteurs économiques se figent,
05:14et y compris les consommateurs.
05:16Quand vous êtes face à une incertitude qui est géopolitique,
05:20mais qui a une incidence sur le pouvoir d'achat à travers le prix des carburants,
05:23très logiquement, ça a un impact.
05:24C'est certainement la première conséquence extrêmement visible.
05:27Exactement.
05:28Donc, très logiquement, ça a un impact sur la consommation des ménages,
05:31ça a un impact sur les comportements des entreprises qui vont figer leurs investissements,
05:35qui vont peut-être voir leur prix de revient augmenter.
05:37Donc, quand on est dans cet océan d'incertitudes,
05:42les choses se figent.
05:43Et je suis incapable de vous dire aujourd'hui,
05:46si on est parti pour six mois de conflit, un petit peu comme maintenant,
05:49ou est-ce qu'il va y avoir une attaque éclair dans quelques jours
05:51qui va faire en sorte que tout s'arrête,
05:53ou est-ce qu'inversement, Donald Trump va nous trouver une pirouette
05:55pour nous dire qu'il a gagné sans avoir gagné et qu'il va quitter les lieux.
05:59Tous les scénarios sont possibles.
06:02En tous les cas, tout ce que je peux vous dire,
06:03et là, c'est le chef d'entreprise qui parle,
06:04et c'est le consommateur et c'est le citoyen qui parle,
06:07plus les choses iront vite et plus on en sortira,
06:11quelle que soit l'issue, mieux ce sera pour tout le monde.
06:13Et mieux ce sera, oui, évidemment.
06:14Et alors, Jean-Pierre Petit, président des Cahiers Verts de l'économie,
06:17qu'est-ce que vous conseillez à vos clients aujourd'hui dans ce contexte-là ?
06:22Est-ce que le choc pétrolier qu'on connaît là, enfin choc,
06:26d'abord, est-ce que c'est un choc, Jean-Pierre Petit ?
06:28100 dollars, 105 dollars, on voit qu'on se maintient autour des 100 dollars, quoi.
06:31Est-ce que c'est véritablement un choc pétrolier ?
06:34Oui, c'est un mini-choc, par rapport au premier choc pétrolier de 73-74,
06:39c'est un mini-choc, mais il n'y a pas que le pétrole, il y a le gaz aussi,
06:43puisque l'essentiel du GNL Qatari passe par le détroit d'Ormouz,
06:50c'est un choc en grès, et puis c'est un choc, alors,
06:54sur les prix, il y a effectivement les matières premières au sens hydrocarbure,
06:59gaz, naturel et pétrole, mais il y a aussi le coût du fret maritime
07:04qui augmente d'une manière générale, à cause de l'instabilité géopolitique,
07:09il y a les engrais, je viens de le dire, il y a l'incertitude géopolitique,
07:14et il y a une légère dégradation des conditions macro-financières aussi.
07:17Elle n'est pas énorme, mais les marchés actions baissant un peu,
07:21les spreads de crédit, surtout sur la partie la plus risquée, remontant un peu.
07:25Mais ça reste très léger.
07:27Pour l'instant, je suis d'accord, mais ça dégrade quand même les perspectives de croissance.
07:33Vous étiez avant avec des perspectives de croissance de 2,5 aux Etats-Unis,
07:37de 5, de 6, bon, déjà, rien que là, sur la base du news flow
07:41qu'on a depuis presque trois semaines, un peu moins de trois semaines,
07:45là, ça se dégrade à pas grand-chose, c'est quelques dixièmes de points,
07:48mais enfin, c'est pas totalement négligeable pour les espérances de BPA,
07:51de bénéfices par action des entreprises.
07:53Voilà. Alors, sur l'histoire de bilans, alors, faire des bilans et de parler d'enlisement,
08:00enfin, je veux dire, on est à 18 jours, on a 18 jours de guerre.
08:0418e jour de conflit, effectivement.
08:05C'est quand même un peu ambitieux de faire des bilans et de parler d'enlisement,
08:09sachant que l'Iran, c'est pas rien, c'est un bien, c'est quand même...
08:12Ben, c'est pas le Venezuela, quoi, c'est le Venezuela, c'est trois fois la France en termes de
08:15superficie,
08:16c'est une grande puissance historique, on va dire, qui a été considérablement affaiblie,
08:21il y a 90 millions d'habitants, enfin, c'est pas rien,
08:25et c'est un pays systémique également, pas seulement au niveau macro,
08:29c'est un pays systémique au niveau politique.
08:31Géopolitique, évidemment, pour toute la région.
08:33– L'action de Trump, il y a des quantités de présidents américains
08:38qui l'auraient rêvé depuis 47 ans,
08:40parce que s'il y a bien une nation qui perturbe le monde depuis 47 ans,
08:46c'est bien la République islamique d'Iran, quand même,
08:48que je sache, pas seulement au plan économique,
08:51d'une manière plus générale, et qui a abouti à un appauvrissement du pays.
08:56Il faut voir dans quel état était l'Iran dans les années 70,
08:59le chat d'Iran n'était pas un enfant de cœur,
09:01ça, c'est le moins qu'on puisse dire,
09:03mais au moins, il avait développé un certain nombre de choses
09:05en termes d'infrastructures, en termes d'éducation,
09:08notamment pour les jeunes filles.
09:11Il y avait eu quand même un certain nombre de résultats,
09:14et là, l'Amérique de Trump, s'il se trouve que c'est Trump,
09:17mais il se venge aussi par rapport à l'Amérique de Carter,
09:21considérablement affaiblie, celle de 79,
09:24où Carter est humilié parce qu'il ne soutient plus le chat d'Iran,
09:31qui pourtant l'aurait mérité au moins au début,
09:35compte tenu de son état de santé, etc.,
09:38il essaye de se concilier le nouveau pouvoir islamique en Iran,
09:45et il se fait humilier par un acte contraire au droit international,
09:48alors complètement contraire au droit international,
09:50c'est pour ceux qui se réfèrent au droit international,
09:53là, récemment, à cause de l'attaque Epic Fury,
09:55il faudrait bien de réfléchir à comment s'est construite la République islamique,
09:59sur la remise en cause d'un élément clé du droit international public,
10:07qui est la sécurité des diplomates.
10:09Je me rappelle quand même, ça a duré plusieurs mois.
10:11Prise d'otages à l'ambassade américaine.
10:13Et les Iraniens ont libéré les otages le 20 janvier 1980,
10:20c'est-à-dire le jour de l'internisation de Ronald Reagan.
10:23Voilà.
10:24Donc l'Amérique a été humiliée, affaiblie par ça,
10:27et donc quelque part,
10:29et je voudrais aussi me référer à un deuxième grand personnage
10:32de l'histoire américaine,
10:33c'est MacArthur,
10:34qui est probablement l'une des plus grandes figures militaires
10:37du XXe siècle aux États-Unis.
10:39Il disait toujours,
10:41et notamment, il le disait à Truman,
10:43il disait, moi, je ne connais que deux mots
10:45pour qualifier les défaites militaires,
10:47c'est trop tard.
10:48Et il le disait au début des années 50,
10:50au démarrage de la guerre contre la Corée,
10:52Corée du Nord,
10:53qui avait envahi la Corée du Sud,
10:55et il lui demandait carrément d'utiliser l'arme nucléaire.
10:58Évidemment, enfin, évidemment,
10:59Truman a refusé,
11:00parce qu'il ne voulait pas recommencer Nagasaki, Hiroshima,
11:03mais quand on voit ce qui est devenu la Corée du Nord,
11:06d'un pays de 25 millions d'habitants,
11:08une espèce de secte, en fait.
11:09Fondamentalement, c'est un régime complètement hors-sol,
11:12mais qui emmerde le monde,
11:14il faut bien le dire.
11:15Et qui tient.
11:15Grâce à l'arme nucléaire,
11:17on se dit que parfois,
11:18l'inaction, l'inaction est pire que l'action.
11:22Voilà.
11:22Et je dis ça parce que la tendance naturelle
11:25chez les éditorialistes en Occident,
11:27c'est de parler d'enlisement,
11:29de parler de difficultés.
11:31Ah ben, ça ne s'est pas résolu en trois jours.
11:32Ah ben non, ça serait...
11:34C'est des problèmes de long terme.
11:36Bon, mais donc, ça veut dire qu'on est là,
11:38dans ce conflit,
11:38pour un temps certain,
11:40un certain temps,
11:41voire un temps certain.
11:42Vous voyez, moi, j'ai un coup de gueule à pousser,
11:45parce que le problème que nous avons en France,
11:48c'est que nous ne sommes pas,
11:49aujourd'hui, structurés,
11:51armés intellectuellement, politiquement,
11:53et moralement,
11:54pour faire face à cette succession de conflits qui arrivent.
11:56Et même budgétairement, d'ailleurs.
11:58Et c'est le sujet principal.
11:59Pourquoi ?
12:00On va y venir.
12:00L'économie est une affaire de cycle.
12:01Très bien.
12:03Nous, quand on est dans un cycle un petit peu haussier,
12:06où les choses vont un petit peu mieux,
12:07plutôt que de renforcer nos fondations,
12:10comme on devrait le faire,
12:10on distribue.
12:11Il y a deux ans,
12:12on a fait une augmentation massive
12:14des pensions de retraite de plus de 15 milliards d'euros.
12:17On ouvre les vannes,
12:18on considère que l'argent est illimité.
12:19Et lorsque l'on arrive à un moment de crise tel que celui-ci,
12:22on est à sec.
12:23Et on n'a plus aucune marge de manœuvre.
12:25Je rappelle que l'année dernière,
12:27qui est un pays où la croissance mondiale
12:29était aux alentours de 5%
12:31et où les choses,
12:32alors ce n'était pas le Nirvana,
12:33mais les choses étaient quand même redressées
12:35par rapport à la crise de 2022,
12:38la crise énergétique, etc.
12:39On sortait de la crise énergétique.
12:41Les pays, un grand nombre de pays européens
12:43se sont restructurés.
12:44L'Italie est redevenue
12:45la quatrième puissance exportatrice.
12:46Et nous, qu'est-ce qu'on a fait ?
12:47On a ouvert les vannes.
12:48On a fait du clientélisme politique.
12:50On a voulu préserver des cibles électorales
12:52comme si l'argent coulait à flot.
12:54Alors que,
12:55c'était la fameuse formule de Kennedy
12:56que vous connaissez tous,
12:57c'est quand il fait beau
12:58qu'il faut réparer le toit.
13:00On ne va pas attendre les crises
13:02pour réparer le toit.
13:03Et le problème que nous avons en France,
13:05c'est comme ça.
13:05On ne peut pas avoir le beurre et les canons.
13:06Mais c'est ça.
13:07Et ça fait maintenant 30 ans
13:09qu'à chaque cycle favorable
13:11ou pseudo favorable,
13:13plutôt que de renforcer nos fondations,
13:15plutôt que de nous réarmer,
13:17et notamment militairement,
13:18on a sacrifié nos armées à cause de ça.
13:20On s'est mentalisé en se disant
13:23que le risque était terminé
13:25et qu'il fallait créer une société de la protection.
13:27Et on a mis tous les milliards là-dedans.
13:29Et on a sacrifié l'avenir.
13:30Et quand on arrive dans une crise,
13:32que ce soit l'Ukraine,
13:32que ce soit la crise énergétique de 2022,
13:35que ce soit la crise
13:36qui va nous coûter beaucoup d'argent
13:37et notamment nos finances publiques,
13:39eh bien on est à sec.
13:40Et moi, je crois qu'il est temps aujourd'hui
13:42qu'on ait une vraie logique de planification
13:44qui nous permette de nous renforcer
13:45quand ça va bien
13:46pour pouvoir être offensif quand ça va mal.
13:48Bon, on va y venir sur les questions
13:49d'économie de guerre,
13:51notamment en France.
13:52Mais avant ça,
13:53je voudrais faire un dernier point
13:55sur l'énergie.
13:56Vous le disiez, Jean-Pierre Petit,
13:58la question du Moyen-Orient,
13:59c'est le pétrole,
14:00mais c'est aussi le gaz,
14:01le gaz qui détermine notre coût
14:03de l'électricité, nous, en Europe.
14:05Est-ce qu'on est la région
14:07la plus à risque
14:09vis-à-vis de cette crise ?
14:11Chaque crise est une opportunité,
14:12donc est-ce qu'on n'a pas
14:13des changements à opérer ?
14:15Qu'est-ce qu'intelligemment,
14:16on pourrait mettre en place
14:17pour faire en sorte
14:18de sortir de ce conflit-là
14:22un peu plus fort en Europe,
14:25Jean-Pierre Petit ?
14:26On a le nucléaire, nous,
14:27quand même,
14:28en France.
14:29C'est un atout, non ?
14:30Est-ce qu'on ne doit pas accélérer
14:31à l'électricité, par exemple ?
14:32C'est un atout que, malheureusement,
14:32on a affaibli au cours
14:34des dernières décennies.
14:35C'est hallucinant, d'ailleurs,
14:36quand on voit la qualité,
14:39le manque de perspicacité,
14:41le manque de clairvoyance.
14:42Ursula von der Leyen
14:43a reconnu elle-même
14:45une erreur stratégique
14:46il y a une quinzaine d'années.
14:47C'est un peu trop facile.
14:49Ah non, mais c'est des mots forts.
14:50Faciles, je ne suis pas sûr.
14:51Non, ce sont des mots forts.
14:53Maintenant, il faut agir.
14:54Von der Leyen, comme Merkel,
14:55ne se sont pas que plantés là-dessus.
14:57Alors, ils se sont plantés
14:58particulièrement après Fukushima
14:59puisque l'abandon définitif,
15:02enfin, quasi définitif du nucléaire...
15:04Mais reconnaître ses erreurs,
15:05c'est un premier pas vers la rédemption.
15:06Oui, mais il y en a eu tellement d'erreurs
15:08qu'elles continuent de faire des erreurs.
15:09C'est le problème.
15:10Sur l'immigration,
15:10il y a eu une grave erreur aussi en 2015.
15:12L'ouverture des vannes
15:13en matière d'immigration
15:15était une grave erreur.
15:16Le fait de dépendre de la Russie
15:17à des niveaux...
15:18Alors que Poutine nous avait envoyé
15:19quand même des messages.
15:21Je veux dire, il n'a pas été...
15:23Il est au pouvoir depuis 1999.
15:25Poutine va bientôt battre le record de Staline.
15:28Il nous a envoyé son message
15:30à Bucarest en 2008
15:32contre l'Occident,
15:34si je me souviens bien.
15:35L'intervention en Géorgie en 2008.
15:37L'intervention en Crimée en 2014.
15:38Mais on a continué,
15:39Merkel a continué
15:40à reposer sur le...
15:42à faire sa stratégie énergétique
15:44sur le gaz russe.
15:46Sa stratégie mercantile
15:47d'exporter à tout va
15:48vers la Chine aux Etats-Unis
15:49malgré l'élection,
15:51enfin l'élection,
15:51la nomination de Xi Jinping
15:53à la fin 2012 quand même.
15:55La première élection
15:56novembre 2016 de Trump,
15:58quand même,
15:58elle a continué...
15:59On va parfaire l'histoire.
16:00Aujourd'hui, Jean-Pierre Petit,
16:02aujourd'hui,
16:03quelle solution ?
16:04Qu'est-ce qu'on doit faire ?
16:06Le nucléaire, évidemment.
16:08La question,
16:09c'est comment on renforce
16:10notre souveraineté,
16:11en fait, fondamentalement.
16:12Et d'ailleurs,
16:13c'est pas que la souveraineté...
16:14La souveraineté,
16:15c'est pas seulement
16:16la souveraineté énergétique,
16:17c'est la souveraineté technologique.
16:19quand on voit que 90%
16:21des bases de données
16:22en Europe
16:23sont gérées
16:24par des boîtes américaines.
16:25Vraiment,
16:26enfin, c'est hallucinant.
16:27Oui, mais là,
16:27c'est pas le sujet
16:28du Moyen-Orient.
16:29Je parle que dans cette crise,
16:30on parle d'énergie...
16:31Il faut mettre le paquet
16:31sur la souveraineté.
16:33Voilà.
16:34La souveraineté,
16:35le souverainisme...
16:35Donc c'est Emmanuel Macron
16:36qui avait raison,
16:36dès le départ.
16:37Non, non, non,
16:38pas du tout.
16:39Il n'est pas du tout
16:39sur la thématique...
16:40Il n'est pas sur la thématique
16:412017, 2018...
16:42Oui, mais il n'est pas
16:42sur une thématique générale
16:43de souveraineté.
16:45Sur l'aspect militaire,
16:47il a eu des discours
16:48qui allaient dans le bon sens.
16:49Encore que pour faire
16:50ces discours,
16:51il faut être crédible
16:51sur le fond.
16:52Quand on a une dette publique
16:53qui augmente,
16:54on n'est pas crédible.
16:55Voilà, fondamentalement.
16:57Les paroles et les actes,
16:58effectivement.
16:59Il n'a pas aidé
17:00à la souveraineté.
17:00Et puis c'est la souveraineté
17:01sanitaire,
17:02parce que plus ça va se dégrader.
17:03La souveraineté sanitaire,
17:05la souveraineté énergétique,
17:06la souveraineté alimentaire.
17:08Enfin, il y a plein de choses
17:08à travailler.
17:10Et le souverainisme,
17:11contrairement à ce qu'on a dit
17:12pendant des décennies,
17:14ce n'est pas le protectionnisme.
17:15Ce n'est pas la même chose.
17:16Parce qu'on l'a souvent
17:18présenté comme une forme
17:19de protectionnisme,
17:19donc on a évacué le sujet.
17:21C'était un débat interdit.
17:23Comme il y a eu
17:23des débats interdits
17:24sur l'immigration,
17:26parce que sinon
17:26c'est de la xénophobie,
17:27etc.
17:28Non, pas du tout.
17:28La plupart des pays
17:31régulent bien,
17:31enfin, en dehors de l'Europe,
17:33régulent relativement bien
17:34les problèmes migratoires.
17:35Et ce n'est pas du tout
17:36des pays xénophobes.
17:37Tout le monde est contre
17:38la xénophobie.
17:39Voilà.
17:41Donc, c'est ces débats interdits
17:42qu'il faut soulever à nouveau.
17:43Et le nucléaire
17:44est un bon exemple, bien sûr.
17:46Bon, pousser le nucléaire.
17:47Rafix Maty,
17:47les solutions pour,
17:49d'abord,
17:49moins sensibles
17:50à ce genre de crise ?
17:51D'abord,
17:53la sortie
17:54de Ursula von der Leyen
17:55sur le nucléaire,
17:58admettant qu'elle a fait une erreur,
17:59c'est, pour moi,
18:00ce que la politique
18:02et la technocratie
18:03produisent de plus nauséabonds.
18:05Ce fameux
18:06circuler,
18:07il n'y a rien à voir.
18:08On s'est trompé
18:08pendant dix ans,
18:09mais ce n'est pas grave,
18:10on prend nos responsabilités.
18:11Non, non,
18:11ce n'est pas comme ça
18:11que ça se passe.
18:12Moi, je suis pour la prise du risque.
18:14Vous l'viez comme un circuler,
18:15il n'y a rien à voir.
18:15Moi, je dis plutôt comme
18:16je reconnais qu'on a fait une erreur,
18:19changeons les choses.
18:20On a le droit de se tromper
18:20et moi,
18:21en tant que chef d'entreprise,
18:22je me trompe souvent.
18:23Mais quand on se trompe,
18:24il y a une valeur
18:25qui doit être corollaire,
18:27c'est l'agilité.
18:28On peut se tromper aujourd'hui,
18:29mais on s'en rend compte vite
18:30et on réagit demain
18:31pour corriger.
18:32Quand on se trompe
18:33et qu'on met dix ou quinze ans
18:34pour s'en rendre compte,
18:35ce n'est pas de l'agilité,
18:36c'est de la technocratie.
18:37Et ça, c'est inacceptable.
18:38Et ça fait 30 ans que ça dure.
18:40On a tué Superphénix
18:41qui aurait pu nous permettre
18:43d'avoir la France aujourd'hui
18:44en position dominante
18:46sur les surgénérateurs.
18:47On a tué le programme Astrid
18:48il y a quelques années.
18:49On a eu un président de la République,
18:50un Premier ministre
18:51en exercice aujourd'hui
18:52qui se vantait
18:54il y a quelques années
18:54de fermer 14 réacteurs nucléaires.
18:56Alors, il s'est trompé
18:58et il a fait mea culpa.
18:58Et aujourd'hui,
19:00on a une loi de programmation
19:02de l'énergie
19:03qui prévoit l'ouverture
19:04de six réacteurs EPR.
19:06Six seulement.
19:08Six seulement.
19:09Plus huit en options.
19:09Il y en a huit en options.
19:10Oui, mais attendez,
19:11on rentre dans un monde
19:12qui va être ultra électrifié
19:14où on prévoit l'arrivée massive
19:15de véhicules électriques,
19:16de robots humanoïdes
19:18qui vont arpenter
19:20toutes nos usines, etc.
19:21On va rentrer dans un monde
19:22extrêmement énergivore.
19:23La France se dirige
19:24vers 1000 milliards de TWh.
19:28C'est ça notre besoin aujourd'hui.
19:30Et ce n'est pas avec six réacteurs EPR.
19:33Il faut bien commencer,
19:34Rafik Smati.
19:36C'est quand même un virage complet
19:37par rapport au précédent programme.
19:39Oui, mais je vous trouve bien complaisant.
19:40On a fermé Fessonheim notamment.
19:42Je veux bien qu'on commence.
19:43Parmi les six réacteurs EPR,
19:44est-ce qu'il y a eu une pierre
19:45qui est sortie du sol ?
19:47Une seule.
19:47On n'y est pas encore.
19:48On n'y est pas encore.
19:49Donc, on est en train de parler.
19:51On a acté des décisions pour l'instant.
19:52On a acté des décisions en 2022.
19:54Le premier réacteur sera relié en 2038.
19:57Voilà.
19:58Regardez un petit peu les circuits de décision.
19:59Le premier des six.
20:00Le président de la République
20:01fait un discours fondateur
20:03que j'ai approuvé à l'époque,
20:04en 2022, en disant
20:05on s'est trompé,
20:06on lance un programme d'EPR,
20:072022,
20:08et le premier réacteur nucléaire
20:09sort en 2038.
20:10Ce n'est pas sérieux.
20:12C'est un peu plus lent
20:13que les Chinois, par exemple.
20:15Effectivement.
20:16Un peu plus vite.
20:17Allez, il faut qu'on avance.
20:18Je voulais qu'on passe au second débat.
20:20Christian Saint-Étienne
20:21nous a rejoint.
20:21Bonjour Christian.
20:23Économiste, auteur de
20:24« Trump et nous,
20:25comment sauver la France ? »
20:26Avec une panne de signalisation
20:27sur le métro.
20:28Ça rejoint ce que disait Raphique.
20:30Tout un symbole.
20:31Je voulais qu'on parle
20:32des trois ans d'économie de guerre.
20:33Aujourd'hui,
20:34il aurait dû se tenir
20:35à Matignon,
20:35une réunion
20:37pour faire un peu
20:38le bilan
20:38de la montée en gamme,
20:39de la montée en cadence
20:41de production,
20:42notamment de notre base
20:43industrielle de technologie
20:44et de défense.
20:45On est aussi un an
20:47après une réunion importante
20:48à Bercy.
20:48On avait sonné
20:51la mobilisation générale
20:53autour du financement
20:54de cette BITD.
20:56Trois ans après,
20:57je commence avec vous,
20:58Christian Saint-Étienne.
20:59Où en sommes-nous ?
21:01Est-ce qu'on a réussi
21:02le pari de l'augmentation
21:04de la cadence de production
21:06de notre matériel militaire ?
21:08Pour ne pas être totalement négatif,
21:10on va dire que la situation
21:12est contrastée.
21:13Il y a eu des décisions
21:14par exemple,
21:16ramener la production
21:18de poudre
21:18sur le territoire français
21:20alors qu'on l'avait envoyée
21:22à l'extérieur.
21:23On a d'ailleurs
21:24un acteur de fabrication
21:25des poudres
21:26qui est très très bon
21:28au plan international.
21:29Absolument.
21:30On a un peu augmenté
21:31la production d'obus.
21:33On a un peu accéléré
21:35la production
21:37de canons César.
21:39On va trois fois plus vite
21:42qu'il y a quatre ans
21:43sur la production
21:44des obus
21:45et des canons César.
21:46Oui, mais
21:47quels sont les enseignements
21:49des guerres
21:50d'Ukraine
21:51et sur le Golfe ?
21:55La France
21:56a un retard historique
21:58depuis 25 ans
21:59sur la fonction
22:01missile-antimissile.
22:02Donc,
22:03il faudrait carrément
22:05multiplier par dix
22:06les investissements
22:07sur missile-antimissile.
22:08C'est un peu le sujet
22:09du moment là.
22:10Voilà.
22:10Et le deuxième élément,
22:12c'est un ratage total
22:13depuis 25 ans
22:14sur les drones.
22:15Donc,
22:15on est en train
22:16de rattraper,
22:17mais trop doucement.
22:19Alors,
22:20moi,
22:20je ne suis pas spécialiste
22:21militaire,
22:22mais j'ai quand même fait
22:23mon service militaire
22:24comme officier.
22:25Je pense qu'à un moment donné,
22:28alors,
22:29nous n'avons que
22:30202 000 soldats
22:33sur un pays
22:34de 70 millions
22:35d'habitants.
22:35Donc,
22:36je pense qu'il y a
22:37plusieurs initiatives
22:39importantes à prendre.
22:40Je serais favorable
22:41à un retour
22:43à un service militaire
22:44à la Suisse,
22:45c'est-à-dire que
22:47de 18 à 35 ans,
22:49on fait
22:50dix jours par an
22:51de formation militaire
22:52pour tripler
22:54ou quadrupler
22:55les réserves
22:56de nos armées
22:57parce que 200 000 hommes,
22:58ce n'est pas assez.
22:59On a beaucoup
22:59de réservistes.
23:00Ce que la...
23:01Oui,
23:01on en a 60 000,
23:02mais il en faudrait
23:04trop 400 000
23:05parce que ce que
23:06la guerre d'Ukraine
23:07a annoncé,
23:08c'est que la masse
23:08compte.
23:10C'est le retour
23:11de la masse.
23:11Il faut à la fois
23:12la qualité technique
23:13et la masse.
23:14Et je pense qu'il faut...
23:16Alors,
23:16ça,
23:16on l'a évoqué
23:17et je termine par là
23:18mille fois
23:19chez les experts,
23:20mais la réindustrialisation
23:22est trop peu rapide.
23:24Or,
23:26le redéveloppement
23:27de l'industrie militaire
23:28serait un facteur clé
23:30de la réindustrialisation.
23:33On a demain
23:34le président de la République
23:35qui devrait annoncer
23:36le nom du futur
23:37porte-avions.
23:38Oui,
23:38oui.
23:38Ce chantier,
23:39c'est 800 entreprises
23:42autour du nouveau
23:44porte-avions français.
23:45on pourrait discuter
23:45un déclinement
23:46du choix
23:47parce qu'actuellement,
23:49il faut savoir
23:50que sur les 20 dernières années,
23:51on a divisé par deux
23:52la marine de guerre française
23:55et que...
23:56mais qu'en positif,
23:59on produit
23:59des frégates exceptionnelles.
24:01Qui fonctionnent.
24:02On l'a vu à Chypre,
24:03on a envoyé
24:04le Languedoc
24:04qui a fonctionné très bien
24:05que la marine britannique
24:07n'a pas pu l'envoyer
24:08avec quelques dernières
24:09que ce soit.
24:10On ne va pas discuter ici
24:10parce que c'est l'économie
24:12et les finances ici,
24:13mais il y a un vrai débat.
24:15Est-ce que soit
24:16on a deux gros porte-avions,
24:18mais il faut doubler,
24:19tripler ou quadrupler
24:20le nombre de frégates
24:21parce que c'est ça
24:22qui semble le plus utile
24:24actuellement
24:25dans la guerre.
24:26Voilà,
24:27il y a donc
24:27un effort considérable.
24:30Le budget
24:31de la Défense Nationale
24:32en 2026
24:34en norme OTAN
24:35va passer
24:36à 2,15%
24:37du PIB.
24:38Il faut qu'on monte
24:39assez rapidement
24:40à 3
24:41et ça ne peut s'inscrire
24:43que dans une vision
24:44de reconstruction
24:45de la base industrielle
24:46de défense
24:46et de la réindustrialisation.
24:48Votre bilan,
24:48Rafik Smati,
24:49est-ce qu'on a fait
24:50ce qu'il fallait ?
24:50Emmanuel Macron
24:51a doublé,
24:52la loi de programmation
24:54militaire quand même
24:55a doublé,
24:55aura doublé
24:56en disant
24:56le budget des armées.
24:58C'est un effort conséquent.
24:59On est passé
25:01d'environ 31 milliards
25:02d'euros de budget
25:05à un petit peu plus
25:05de 60 milliards.
25:06Donc il y a eu clairement
25:07un effort
25:08et un volontarisme
25:09qui a été fait
25:10sur les armées
25:10mais qui relève
25:12davantage du rattrapage
25:13des erreurs
25:14des décennies
25:15que nous avons passées
25:16que d'une véritable
25:17stratégie de conquête.
25:18C'est vrai que depuis
25:19quelques années,
25:20depuis quelques mois,
25:21la cadence
25:22et la base industrielle
25:23de défense française
25:23se met en ordre de bataille.
25:25On sortait un rafale
25:27par semaine
25:28il y a quelques années.
25:29On en sort trois
25:30aujourd'hui,
25:30bientôt quatre.
25:32Les délais de production
25:34ont été raccourcis.
25:36On était à 24 mois,
25:37on est à 12 mois maintenant,
25:39voire un peu moins
25:40pour certains canons
25:40et certains missiles.
25:41Donc tout ça va évidemment...
25:42Quand ça fonctionne,
25:43il faut le dire aussi.
25:44C'est vrai qu'on est très
25:45critique dans cette émission.
25:46C'est exactement ça.
25:48Quand ça fonctionne,
25:48il faut le dire.
25:49Mais la nuance
25:49que j'ai envie d'apporter
25:51est là.
25:52C'est-à-dire qu'on est en train
25:53de faire un rattrapage
25:55sur un modèle
25:56qui correspond parfaitement
25:57aux guerres d'hier
25:59et d'aujourd'hui.
26:03Mais comme souvent en France,
26:04on joue en réaction
26:05et pas en action.
26:07C'est-à-dire qu'on est
26:07en rattrapage
26:08et c'est un rattrapage
26:09qui est absolument salutaire.
26:10sur les guerres d'hier
26:11et d'aujourd'hui.
26:12Mais est-ce qu'on est réellement
26:13en train de préparer
26:13les guerres de demain ?
26:14C'est la grande question.
26:14Est-ce qu'on est réellement
26:15en train de parler
26:17des guerres de demain
26:18qui se dérouleront
26:18dans les abysses,
26:20c'est-à-dire dans les grands
26:20fronts marins,
26:22qui se dérouleront
26:23dans l'espace,
26:24dans les très hautes altitudes
26:25et dans le cyber
26:27avec des menaces
26:28qui sont absolument monumentales.
26:31Avec aujourd'hui
26:31des grandes puissances
26:32qui sont en train
26:33d'inventer de nouveaux paradigmes.
26:34Je pense par exemple
26:35aux Chinois
26:35qui sont en train
26:36de mettre en place
26:36des armées de robots fantassins
26:38qui vont inventer
26:40une nouvelle type de guerre
26:43avec de nouveaux paradigmes
26:44de défense et d'attaque.
26:46Et nous aujourd'hui
26:47on n'est pas du tout
26:47dans tous ces sujets-là.
26:48Les budgets alloués
26:49à la cyberdéfense
26:51augmentent,
26:51mais rien à voir
26:53par rapport
26:54à la hauteur des enjeux.
26:56Donc moi ce qui m'inquiète
26:57comme toujours,
26:58oui il y a un rattrapage,
26:59oui il va y avoir
26:59un deuxième porte-avions
27:00et c'est très bien
27:01parce que le porte-avions
27:01c'est un outil
27:02de communication géopolitique.
27:03Quand vous envoyez
27:04un porte-avions
27:05c'est peut-être pas
27:05le plus efficace
27:06d'un point de vue militaire
27:07mais en termes
27:08de communication
27:09ça en impose
27:09et on est dans
27:10un monde d'images
27:10on est dans
27:11un monde de communication
27:11donc c'est bien.
27:12C'est 10 milliards
27:13la campagne de pub quand même.
27:14Exactement.
27:14Ce que le président
27:15de la République
27:15a dit sur la dissuasion
27:17nucléaire
27:17avec l'augmentation
27:18des têtes nucléaires
27:19avec les nouveaux missiles
27:20M51 etc.
27:20Tout ça c'est très bon
27:21mais ça ne prépare pas
27:23le 22e siècle.
27:24Et le 22e siècle
27:25dans un temps long
27:26puisque la défense nationale
27:28la réindustrialisation
27:29ce n'est pas une affaire
27:30de 3-4 ans
27:30devrait se préparer
27:32aujourd'hui
27:32et c'est ça
27:32aujourd'hui
27:33mon principal point d'inquiétude.
27:34Bon je rappelle
27:35que le budget des armées
27:36en Iran
27:37c'est 10 milliards
27:38que le budget
27:39de la défense américaine
27:40c'est 1000 milliards
27:40et que les américains
27:43ont plutôt du mal
27:44face aux Iraniens
27:46Oui mais ils ne sont pas présents
27:48qu'en Iran
27:48c'est la seule armée
27:50qui est présente
27:51à peu près
27:51dans toutes les armes
27:53etc.
27:55D'ailleurs c'est pour ça
27:56qu'on ne peut pas
27:56comparer même
27:58l'effort de défense
27:59depuis 80 ans
28:00aux Etats-Unis
28:01et en Europe
28:01même si le PIB
28:03était parfois
28:04favorable
28:05à l'Europe
28:06on a pu dépasser
28:08l'Europe à 27
28:10a pu dépasser
28:11le PIB américain
28:12il n'y a encore pas
28:12si longtemps que ça
28:1325 ans à peu près
28:14mais nous
28:15comme on a fait le choix
28:16de dépendre
28:16de la protection américaine
28:18et qu'on en a
28:19un bénéficié
28:20sauf que là
28:21il y a un changement
28:22un changement
28:23qui n'a pas commencé
28:23avec Trump d'ailleurs
28:24soit dit en passant
28:25et pour réagir
28:26il y a quand même
28:26des régulateurs
28:27qui arrivent
28:27c'est Trump
28:28c'est la conflictualité
28:30qui monte dans le monde
28:31c'est nos engagements
28:33puisqu'on fait
28:34pratiquement tous
28:35partie de l'OTAN
28:363,5%
28:37sans compter
28:395%
28:40si on tient compte
28:40des infrastructures
28:41critiques
28:41etc
28:42on en est encore loin
28:43on est encore très très loin
28:44je ne parle pas de l'Espagne
28:45je parle même
28:46de la France
28:47il y a très peu de projets
28:54il y a trop peu
28:57de projets collaboratifs
28:58ils sont archi minoritaires
29:00et même l'orientation
29:02vers les dépenses
29:03de production militaire
29:04européenne
29:05elle est assez soft
29:05dans le projet phare
29:07etc
29:07donc on est lent
29:09on est lent
29:10lent et mou
29:10alors tachons d'être plus riches
29:12si on est lent et mou
29:12tachons d'être plus riches
29:13et là on va parler
29:14compétitivité française
29:15après la coupure pub
29:16dans une petite minute
29:17avec ses codes
29:18tire la sonnette d'alarme
29:19on produit des bons niveaux de gamme
29:21mais on est trop cher
29:22alors comment on peut améliorer ça
29:24et puis on va surveiller
29:25les banques centrales
29:26cette semaine
29:27Jean-Pierre
29:28aura l'occasion
29:28d'y revenir très largement
29:30tout en longueur
29:31ne quittez pas
29:31on se retrouve
29:32dans une très courte minute
29:41BFM Business et la Tribune
29:42présente
29:43les experts
29:45Raphaël Lejean
29:47Allez on est de retour
29:48pour la seconde partie
29:49de l'émission
29:50avec toujours autour de la table
29:51Jean-Pierre Petit
29:52Christian Saint-Etienne
29:53et Rafix Maty
29:54on va parler
29:56compétitivité française
29:58dorénavant
29:58la compétitivité
30:00qui est au coeur
30:00de la création
30:01de richesses
30:02du pays
30:03si on veut pouvoir
30:04se défendre
30:05en souveraineté
30:06on va avoir besoin
30:07d'argent
30:08c'est vrai que c'est code
30:10et Schema Business School
30:11qui tire la sonnette
30:12d'alarme ce matin
30:13dans un rapport
30:13dont les conclusions
30:15ne sont pas forcément étonnantes
30:18que nous dit ce rapport
30:19qu'on produit
30:20un niveau de gamme
30:22plutôt intéressant
30:23mais beaucoup trop cher
30:25que le problème
30:25de la France
30:26c'est la compétitivité
30:29coût
30:30pour ça
30:31Rex & Code
30:32a interrogé
30:33près de 500 importateurs
30:34de produits
30:36français
30:37le problème
30:38c'est quoi
30:39allez Rafi
30:40je commence avec vous
30:42le diagnostic
30:42c'est quoi
30:43est-ce qu'on a un problème
30:44de prix
30:45ou un problème
30:46de positionnement
30:48les deux manquent à bit
30:48je crois que la réponse
30:50est déjà dans la question
30:52je voudrais rappeler
30:53une évidence microéconomique
30:55mais qu'on a tendance
30:56à oublier
30:56le prix de vente
30:57final
30:58et la conséquence
30:58des coûts de revient
31:01le prix de vente
31:01c'est pas quelque chose
31:02qu'on sort d'un chapeau
31:03et qui n'est pas forcément
31:05corrélé
31:06à la valeur fondamentale
31:07du bien
31:08c'est-à-dire
31:08qu'il est la conséquence
31:09de ce qu'il a fallu
31:11mettre sur la table
31:12pour le produire
31:12et en France
31:14et bien pour produire
31:16un produit qui
31:18lambda
31:18et bien il faut
31:19plus de moyens
31:20qu'aux Etats-Unis
31:22évidemment
31:22mais qu'en Allemagne
31:23qu'aux Pays-Bas
31:25ou qu'au Royaume-Uni
31:27et il y avait un chiffre
31:28très éloquent
31:28qui avait été donné
31:29lors d'une audition
31:30au Sénat
31:30il y a quelques mois
31:31par le président d'Airbus
31:33il disait que
31:33dans son entreprise
31:35à lui
31:35alors évidemment
31:36avec des niveaux de salaire
31:36qui sont importants
31:37mais quand même
31:39le message
31:40est quand même
31:40très intéressant
31:41vous prenez
31:41une fiche de paye
31:4245%
31:43ce sont des prélèvements
31:45obligatoires
31:46en Allemagne
31:4725%
31:48au Royaume-Uni
31:4920%
31:50bon ça pose le sujet
31:51quand vous avez
31:53un coût de production
31:54de vos biens
31:55et de vos services
31:56qui est à ce point
31:57supérieur à celui
31:57de vos voisins
31:58et bien vous vendez
31:59plus cher
32:00et donc c'est là
32:01qu'arrivent
32:02les résultats de l'étude
32:03dont vous parlez
32:03où il y a une décorrélation
32:05entre le prix de vente
32:06et la valeur perçue du bien
32:08qui fait qu'en France
32:09nous vendons des biens
32:10trop chers
32:11par rapport à ce qu'ils sont
32:12réellement
32:12parce qu'ils ont été
32:14tout simplement
32:14beaucoup plus chers
32:15à construire
32:16et c'est la raison
32:17pour laquelle
32:18aujourd'hui en France
32:18nous avons aussi peu
32:19d'entreprises
32:20d'intérêt intermédiaire
32:20comparé à nos voisins
32:21et c'est la raison
32:22pour laquelle aussi
32:23il n'y a pas de miracle
32:23que nous sommes
32:25aussi peu exportateurs
32:26que nous le sommes aujourd'hui
32:27alors que l'Italie
32:29alors que l'Allemagne
32:30qui ont une vraie cohérence
32:32prix qualité
32:34avec une vraie logique
32:35industrielle assumée
32:36alors que nous
32:36nous avons cassé
32:37notre industrie
32:38pendant des décennies
32:39au nom d'un dogme
32:41idéologique
32:41qui consistait à dire
32:42qu'il fallait fabriquer
32:42des générations
32:43d'intellectuels
32:44et bien on le paye
32:45aujourd'hui
32:47et malheureusement
32:47alors il y a des choses
32:48qui ont été faites
32:49les ordonnances
32:50pénicaux
32:51etc
32:51au début du premier
32:53quinquennat
32:54allégé les charges
32:55sur les bas salaires
32:56ça a fait des choses
32:58mais ça ne fait pas
32:59aujourd'hui
32:59de la France
33:00malheureusement
33:01le pays
33:02qui pourrait être
33:03à la hauteur
33:04de ce qu'il peut
33:04représenter en Europe
33:05on a souvent dit
33:06que la France
33:07produisait
33:07à un niveau
33:08de qualité espagnole
33:09et le vendait
33:10au prix allemand
33:11c'est un peu ce qu'on disait
33:11il y a 10 ou 15 ans
33:12est-ce que ça n'a pas changé
33:13quand même
33:14Christian Saint-Etienne
33:15ce que dit l'étude là
33:16c'est que nos produits
33:17sont désirables
33:17quand même
33:18bien souvent
33:18deux petites évolutions
33:21la première
33:22c'est que
33:23les coûts de production
33:24en France
33:25depuis quelques années
33:26augmentent moins vite
33:27que chez nos concurrents
33:28sauf qu'on était
33:30à très haut niveau
33:31de mémoire
33:32les coûts de production
33:34en France
33:36sont autour
33:37de l'heure de travail
33:38à 43-44 euros
33:40de l'heure
33:41à peu près
33:41au niveau de l'Allemagne
33:42les Italiens
33:43doivent être à 30
33:44et les Espagnols
33:45à 25
33:45donc ce qu'a évoqué
33:47les cotisations sociales
33:49jouent sur cet écart
33:50mais ce qui se passe
33:53c'est que le coût du travail
33:54c'est une chose
33:54dans l'industrie
33:56le coût du travail
33:57c'est 20% de la valeur
33:59mais ce qui se passe
34:01c'est qu'on a tué
34:03au cours des 30 dernières années
34:05l'essor de nos grosses PME
34:06et de nos OTI
34:07parce qu'à un moment donné
34:09la production
34:10c'est l'incorporation
34:12du travail
34:12du capital
34:13et de l'innovation
34:14dans un produit
34:15et ça
34:16cette incorporation
34:17elle est faite
34:17par une entreprise
34:18donc si on tue
34:20le développement
34:20des entreprises
34:21de taille moyenne
34:22il faut rappeler
34:23que les entreprises
34:24de taille moyenne
34:25sont les plus exportatrices
34:27donc
34:28Rafik l'a évoqué
34:29mais
34:30on connaît les chiffres
34:31on a 6000 ETI
34:32les Italiens
34:33doivent être à 9000
34:35et les Allemands
34:35à 15000
34:36c'est un problème
34:37qui a été identifié
34:38sous Raymond Barr
34:39il y a 40 ans
34:40si ce n'est
34:41qu'on a mené
34:42des politiques fiscales
34:43qui ont empêché
34:45l'essor
34:46de nos entreprises
34:47donc on reste
34:49avec ce problème
34:50majeur
34:51et pour terminer
34:52c'est la fiscalité
34:53ou c'est les charges sociales
34:54les cotisations sociales
34:56le problème
34:56sur l'aspect
34:57charge sociale
34:59le système
35:00de marché
35:01fonctionne
35:02c'est à dire
35:02que
35:03si on est
35:04au même prix
35:06de leur travail
35:07qu'en Allemagne
35:07alors qu'ils ont
35:09deux fois moins
35:09de charges sociales
35:10c'est que
35:11c'est le salaire net
35:12qui a baissé
35:13en France
35:14et qui a intégré
35:15le surcoût
35:16voilà
35:16mais ce qui nous tue
35:18c'est la fonction
35:19d'intégration
35:20de l'entreprise
35:21qui a été émasculée
35:23pendant 40 ans
35:24au nom de l'idéologie
35:25et ce qui est très important
35:27c'est qu'on vient
35:27de vivre
35:28deux automnes
35:29à l'Assemblée nationale
35:31de préparation
35:32de loi de finances
35:32où on a continué
35:35et accentué
35:36la haine
35:37de l'entreprise
35:38et de l'entrepreneur
35:39et ça
35:40ça n'aide pas
35:40non plus
35:41en termes
35:41même d'image
35:43des produits
35:43à l'extérieur
35:44parce que
35:44le monde entier
35:45a vu
35:46la haine
35:48de députés
35:49médiocres
35:49qui n'ont jamais
35:50rien créé
35:50pour les entrepreneurs
35:51qui créent de la richesse
35:52ça va s'améliorer
35:53t'as vu le résultat
35:54à Toulouse
35:55pour Airbus
35:56tout ça
35:56pour l'écosystème
35:58ça va certainement
35:59s'améliorer
35:59c'est une petite dose
36:00de second degré
36:01du côté de Jean-Pierre Petit
36:02la nouvelle majorité
36:03municipale
36:03est très
36:04très consciente
36:05de ça
36:06bien sûr
36:06n'est pas encore
36:07n'est pas encore
36:08élu
36:08Jean-Pierre Petit
36:09la France
36:10dans le trio
36:12de tête
36:12pour quatre secteurs
36:14étudiés
36:14dans la compétitivité
36:16hors cours
36:16sur l'agroalimentaire
36:18on est deuxième
36:19sur dix
36:19dans la pharmacie
36:20l'hygiène et la beauté
36:21on est troisième
36:22l'habillement
36:23et les accessoires
36:23troisième
36:23on a donc encore
36:25des choses
36:26à vendre
36:26à l'international
36:27oui quand même
36:29on est vingt-huitième
36:30vingt-neuvième
36:31en termes d'idée
36:32on ne va pas dire
36:33que tout s'effondre
36:33tout s'effondre
36:34on s'effondre
36:35en relatif
36:35et puis c'est lent
36:36les processus
36:38de déclin
36:38sont des processus
36:39assez lents
36:39sauf quand il y a
36:40des guerres
36:40ou des révolutions
36:41ou des changements
36:42majeurs
36:43mais c'est un processus
36:45extrêmement lent
36:46l'Empire romain
36:47s'effondre
36:48sur trois siècles
36:48voilà c'est ça
36:49puis même
36:51la grande puissance
36:52espagnole
36:52portugaise
36:53le Royaume-Uni
36:54à la fin du XIXe siècle
36:55tout ça
36:55ça prend du temps
36:56enfin bon bref
36:57on parle beaucoup
36:58de la compétitivité hors prix
36:59si vous avez bien compris
37:00dans ce rapport
37:02et c'est important
37:03évidemment
37:03mais moi je suis quand même
37:05très très attaché
37:06à la compétitivité prix
37:07on a parlé des salaires
37:08mais moi je crois
37:10à la force
37:11de la politique économique
37:12aussi sur la compétitivité
37:13notamment de la politique monétaire
37:15et de la politique de change
37:16quand il y en a
37:17et donc
37:18de ce point de vue
37:19le moins qu'on puisse dire
37:20c'est qu'on n'a pas été
37:21enfin sur les 40 dernières années
37:22été très aidé
37:23voilà
37:24j'ai dit bien
37:25sur les 40 dernières
37:26si j'exclus
37:28la période de Mario Draghi
37:29en fait
37:30qui mériterait d'ailleurs
37:32d'être à la tête
37:33de la commission européenne
37:34c'est le seul
37:34qui a l'air de comprendre
37:35mais Jean-Pierre Petit
37:36si on vend des produits trop chers
37:38c'est pas la faute
37:38de Christine Lagarde
37:39ou de Mario Draghi
37:40mais bien sûr que si
37:41aussi
37:42alors il n'y a pas que ça
37:43bien évidemment
37:44mais regardez
37:45ce qui s'est passé
37:46depuis 4 ans
37:48l'euro s'est apprécié
37:49alors jusqu'à la crise récente
37:50et encore
37:51ça n'a pas complètement compensé
37:53le dollar a pris 15%
37:54l'euro effectif
37:55c'est pas sur l'euro dollar
37:57c'est l'euro aussi
37:57contre le renminbi
37:58contre les devises asiatiques
38:00on a pris 15%
38:01oui en termes effectifs
38:03il faut même un peu plus
38:05ça veut dire
38:06qu'on perd
38:06des parts de marché
38:08alors pas peut-être
38:09sur le haut de gamme
38:10effectivement
38:10ou le très haut de gamme
38:11là on a une spécialisation
38:13qui nous protège
38:14mais sur le bas
38:15et moyen de gamme
38:16ça joue
38:17et pareil
38:17pour les conditions financières
38:19il faut
38:19si tu veux
38:20que des ETI
38:21se développent aussi
38:22enfin il y a
38:22plein de choses à dire
38:23là-dedans
38:24tu l'as évoqué
38:25mais il y a aussi
38:26les conditions
38:27de financement
38:28les taux réels
38:30doivent baisser
38:30pour favoriser
38:31le développement
38:31du venture capital
38:33du private equity
38:34comment ils ont fait
38:35mais comment vous expliquez
38:36que ça fonctionne
38:36que l'Italie exporte
38:38que l'Allemagne exporte
38:39que ce sont les meilleurs
38:41au monde
38:41la compétitivité
38:42ils ont le haut
38:43les Amens et les Italiens
38:44ils ont protégé
38:45leurs ETI
38:45voilà exactement
38:47déjà d'une part
38:48et d'autre part
38:49la compétitivité
38:50c'est pas seulement
38:51le solde extérieur
38:52c'est la compétitivité
38:54c'est la capacité
38:55à tirer
38:56le capital
38:57technologique
38:58à tirer
38:59la main d'oeuvre
39:00de qualité
39:01c'est-à-dire
39:03très qualifié
39:04etc
39:05il faut raisonner
39:06sur la compétitivité
39:07du territoire
39:08et pas seulement
39:09la compétitivité commerciale
39:10au sens du solde extérieur
39:11parce que
39:12d'ailleurs nous
39:13on a une balance courante
39:14équilibrée
39:14à peu près
39:15évidemment
39:15on n'a plus de demande intérieure
39:17évidemment
39:17les importations
39:18et excédentaire
39:19au niveau européen
39:20ce décrochage
39:21est-il réversible
39:23Rafik Smati
39:24est-ce qu'on est condamné
39:25comme ça
39:26à avoir
39:27nos produits
39:28reculés
39:29dans les classements
39:30que ce soit en interne
39:32ou à l'interne
39:32juste un chiffre
39:34en lien avec Rafik
39:36le dernier point haut
39:38de l'économie française
39:39c'est très important
39:40pour tous ceux
39:41qui nous écoutent
39:42c'est 1999
39:43en 1999
39:46on représente
39:476%
39:48des exportations mondiales
39:50chiffre au CDE
39:51et on est tombé
39:52à 2,5
39:53en 25 ans
39:55on est tombé
39:56de 6 à 2,5
39:57est-ce que c'est pas
39:57la traduction
39:58de la montée en puissance
39:59de la Chine
39:59parce que la Chine
40:02est passée
40:03dans le même temps
40:04de 4 à 16,18
40:06du marché mondial
40:08mais si on regarde
40:09cette fois
40:10notre part
40:10dans la zone euro
40:12on a perdu
40:1340%
40:14de nos parts
40:15de marché relative
40:16par rapport
40:16aux autres pays
40:17de la zone euro
40:18donc il y a
40:19un effondrement français
40:20à l'intérieur
40:21de l'effondrement européen
40:23alors vous me posez
40:24la question
40:24de savoir
40:24si c'est réversible
40:25vous posez la question
40:26à un entrepreneur
40:26l'entrepreneur voit
40:27toujours le verre
40:28à la moitié plein
40:28plutôt que le verre
40:29à la moitié vide
40:30donc évidemment
40:30que je vous répondrai
40:31par principe
40:32l'optimisme
40:33et la volonté
40:34je vous dirai
40:35par principe
40:36que c'est réversible
40:36mais pour que ça soit
40:37réversible
40:38et pour pouvoir
40:38construire quelque chose
40:39il faut poser
40:40un bon diagnostic
40:41et le problème
40:41que nous avons souvent
40:42en France
40:42c'est qu'on pose
40:43le mauvais diagnostic
40:44on est en prix
40:46empreinte de considération
40:47idéologique
40:48plus que pragmatique
40:49et donc quand on pose
40:50le mauvais raisonnement
40:52à la base
40:52il est impossible
40:53de trouver les bonnes solutions
40:54le problème auquel
40:55nous sommes confrontés
40:56aujourd'hui
40:56c'est bien plus
40:57qu'un problème
40:57économique ou industriel
40:58c'est un problème
40:59de mentalité
40:59c'est un problème
41:01de culture politique
41:02de culture économique
41:03quand vous aviez
41:05en 1981
41:07ce que j'appelle
41:07la doctrine
41:08Mitterrand-Langue
41:09qui consistait à dire
41:10que l'industrie
41:12c'est sale
41:12et donc il faut construire
41:13des générations
41:14d'intellectuels
41:15parce que c'est mieux
41:15de travailler dans des bureaux
41:16et parce qu'on va
41:17plus s'épanouir
41:18dans un bureau
41:19que dans une usine
41:20là il y a un péché
41:22originel majeur
41:22c'est-à-dire que
41:23pendant que les autres
41:23continuaient à construire
41:24pendant que les autres
41:25continuaient à bâtir
41:26nous on a créé
41:27des générations
41:27de sociologues
41:28et de psychologues
41:29que nous payons
41:30encore aujourd'hui
41:30donc posons un vrai diagnostic
41:32et commençons par dire
41:33que nous avons
41:34un véritable problème
41:35au niveau de l'éducation
41:36de nos enfants
41:37et l'éducation
41:37c'est pas un petit sujet
41:38parce que l'éducation
41:39d'aujourd'hui
41:39c'est la puissance
41:40de
41:41c'est de l'investissement
41:43de 2060
41:44ou de 2070
41:45ensuite
41:45si on se pose la question
41:47réhabilitons les mathématiques
41:48on est quand même
41:49dans un pays
41:49où vous avez pas plus tard
41:51qu'il y a 7 ou 8 ans
41:52un ministre de l'éducation nationale
41:54qui a décidé
41:55de rendre les mathématiques
41:56comme une matière
41:57optionnelle à l'école
41:58alors qu'on rentre
41:59dans une société
41:59extrêmement technologique
42:01extrêmement scientifique
42:02et donc tout ça
42:03c'est ce
42:05donc nous avons
42:05l'obligation
42:06de mettre fin
42:06à ce sabordage
42:07au niveau de l'éducation
42:08petit 1
42:08et petit 2
42:09et là
42:10c'est une prise de conscience
42:11collective
42:12que nous devons tous réaliser
42:13alors nous les entrepreneurs
42:14on l'a fait
42:15mais ça doit être fait
42:15au niveau français
42:16soit on veut une société
42:17du risque
42:18soit on veut une société
42:19de la protection
42:19mais on n'aura pas les deux
42:20si on veut une société
42:22si on veut créer de la richesse
42:24si on veut faire partie
42:25de la grande bataille du siècle
42:26si on veut être en compétition
42:29et gagner face aux Chinois
42:30face aux Etats-Unis
42:32si on veut être dans la bataille
42:32de l'IA
42:33des technologies à venir
42:34des robots
42:34il faut qu'on soit dans
42:35une logique de risque
42:36maintenant si on veut se protéger
42:37si on veut protéger
42:38le pouvoir d'achat
42:39si on considère que le pouvoir d'achat
42:40c'est une politique
42:41économique à part entière
42:42si on considère que par défaut
42:43il y a un pouvoir d'achat
42:45qu'il faut préserver
42:45parmi tous les autres
42:46c'est celui des retraités
42:47parce qu'ils ont travaillé
42:48toute leur vie
42:48et qu'ils ont cotisé
42:49je mets ça entre guillemets
42:50c'est les arguments
42:51qui nous sont opposés
42:52si on veut cette société là
42:53et bien on sacrifie l'avenir
42:55le budget de l'éducation nationale
42:58Raphaël Legendre
43:00est passé en l'espace
43:01de 40 ans
43:02de 7%
43:04de notre produit intérieur brut
43:05à 7%
43:06de notre produit intérieur brut
43:07quand le budget alloué aux retraites
43:10est passé des mêmes 7%
43:11du produit intérieur brut
43:12à 14% du produit intérieur brut
43:14on a choisi de financer
43:16le passé
43:16plutôt que l'avenir
43:17donc moi je dis
43:19aux électeurs
43:20qui se manifestent
43:21parce que c'est
43:21vous disiez tout à l'heure
43:23Christophe Saint-Etienne
43:24vous parliez de l'Assemblée nationale
43:25la plus médiocre de l'histoire
43:26et je suis totalement d'accord
43:27avec vous
43:27ces gens là ont été élus
43:28donc si nous voulons
43:30aujourd'hui
43:30que ça change
43:31ils vont être élus dimanche
43:32prenons conscience
43:33du fait que nous
43:34nous sommes trompés
43:35magistralement
43:36sur notre doctrine
43:37d'éducation
43:38et que demain
43:38si on forme des ouvriers
43:39si on forme des artisans
43:41et bien ça sera peut-être
43:42meilleur pour la prospérité
43:43de notre pays
43:43que si on forme
43:44des cadres moyens
43:45qui se feront laminés
43:45par des intelligences artificielles
43:47petit 1
43:47et petit 2
43:48collectivement
43:49acceptons l'idée
43:50que nous entrons
43:51dans une zone de risque
43:52qu'on va prendre
43:53un petit peu plus de risque
43:54il y aura un petit peu
43:55moins de protection
43:56il ne s'agit pas de laminer
43:57le modèle social
43:57non je dirais même
43:58que c'est le contraire
43:58c'est pour protéger
44:00le modèle social
44:00si on ne fait rien
44:01il n'y aura plus
44:02de modèle social
44:03on va juste dire
44:04que je suis d'accord
44:04pour le diagnostic
44:06sur les maths
44:06pour nous qui avons été
44:08quand même
44:09moi quand j'étais jeune
44:10dans les années 70
44:11on nous disait
44:12fais des maths
44:12et de la physique
44:14et donc on en faisait pas mal
44:15et donc là
44:16c'était réduit
44:17effectivement
44:17mais ça n'a pas été
44:19forcément compensé
44:20par une progression
44:21au niveau des sciences humaines
44:22je le vois parmi
44:23mes jeunes clients
44:24les trentenaires
44:24ou les quadras
44:26qui sont bien diplômés
44:28des grandes écoles
44:28ou dauphines
44:30en histoire par exemple
44:31je les trouve un peu faiblards
44:33c'est pas qu'ils sont mauvais
44:35mais ils apprennent des trucs
44:37le fait qu'ils soient
44:39moins bons
44:39dans les matières scientifiques
44:41n'a pas été compensé
44:42par un
44:42une amélioration
44:43dans les classements
44:45bizarres
44:45de toute façon
44:46et la dégradation
44:47n'a fait que
44:47pareil dans l'écriture
44:49dans le style
44:49etc
44:50bon bref
44:51allez il est 10h47
44:53vous êtes toujours en direct
44:55sur BFM Business
44:56il nous reste une bonne
44:57dizaine de minutes
44:57pour parler de l'agenda
44:59Banque Centrale
44:59qui arrive en fin de semaine
45:01vous pouvez peut-être
45:02nous le donner
45:02Jean-Pierre Petit
45:04on a toutes les banques
45:05centrales du G7
45:07qui vont s'exprimer
45:08cette semaine
45:09c'est pas toutes les semaines
45:10oui mais c'est trop tôt
45:12les banques centrales
45:13peuvent pas prendre
45:13des décisions
45:14là en fonction
45:15d'un événement
45:16qui n'a même pas
45:16trois semaines
45:17si on parle
45:18de Epic Fury
45:19donc simplement
45:21elles vont simplement
45:22dire qu'elles sont
45:22très vigilantes
45:23à l'égard des risques
45:24et c'est vrai
45:26que dans la configuration
45:27actuelle
45:28telle qu'on la connaît
45:29avec les hypothèses
45:31les plus probables
45:31pour les semaines à venir
45:32c'est que l'inflation
45:34va remonter un peu
45:35sans que ça n'impacte
45:36très fortement
45:37la croissance réelle
45:38donc on va être
45:39dans une configuration
45:40de stagflation soft
45:42je pense
45:43et donc
45:44dans ce cadre là
45:45ça veut dire
45:46quand même
45:47que la politique monétaire
45:48va être
45:49toutes choses égales
45:49par ailleurs
45:50moins expansive
45:51alors même
45:53ou plus restrictive
45:54alors même
45:55que la croissance
45:55va être plus faible
45:56la banque d'Australie
45:57a commencé hier
45:58un choc d'offre
46:00stagflationniste
46:00donc c'est
46:02à la différence
46:03d'un choc de demande
46:04parce que quand c'est
46:05un choc de demande
46:05le prix du pétrole
46:06par exemple
46:06augmente beaucoup
46:07parce que c'est la demande
46:08qui est trop forte
46:08là ça veut dire
46:09que le prix du pétrole
46:10la hausse du prix du pétrole
46:11va pouvoir être financée
46:12par la demande
46:12en quelque sorte
46:13par le supplément de demande
46:14là c'est pas le cas
46:15là on coupe
46:16on crée une pénurie artificielle
46:18à cause d'un événement
46:20géopolitique
46:20qui est une guerre
46:21qui concerne un pays
46:22exportateur net
46:23et qui a la possibilité
46:24de paralyser
46:2620% des exportations
46:27pétrolières mondiales
46:28et donc là
46:29c'est pas financé
46:30par la demande
46:30donc c'est un choc d'offre
46:32qui est forcément
46:33récessif
46:34mais qui est également
46:35inflationniste
46:35et comme on voit
46:36en général
46:37l'inflation
46:38plus directement
46:40la diffusion
46:41des prix
46:41des hydrocarbures
46:43elle est très rapide
46:44alors que l'impact
46:45sur la croissance
46:46c'est à dire
46:48sur la confiance
46:49au niveau
46:50des dépenses
46:51des entreprises
46:52dépenses
46:52d'investissement
46:53des recrutements
46:55etc
46:55tout ça
46:55ça va être lent
46:56plus long
46:57à se faire sentir
46:57c'est normal
46:58on était d'ailleurs
46:59sur une dynamique
47:00qu'au niveau de l'économie mondiale
47:01sur janvier et février
47:02qui n'était pas très mauvaise
47:03n'était pas extraordinaire
47:04mais n'était pas très mauvaise
47:05en particulier
47:05l'Asie de l'Est
47:06etc
47:06donc sachant que c'est
47:08l'Asie de l'Est
47:09si on raisonne
47:09en économie mondiale
47:11c'est le principal poumon
47:12de l'économie mondiale
47:14qui est le plus directement
47:15attaqué
47:15et c'est lui qui est le plus impacté
47:1780% du pétrole japonais
47:19notamment
47:19plus que l'Europe de l'Ouest
47:20en moyenne
47:20voilà
47:21Christian Saint-Etienne
47:22qu'est-ce qu'il faut attendre
47:23de cette semaine
47:24du côté de l'Ontario
47:25non mais
47:25Jean-Pierre a raison
47:27sur le fait
47:27qu'on ne peut pas
47:28prendre des décisions
47:29après trois semaines de guerre
47:32alors
47:32cette guerre
47:36on en rend mal compte
47:37dans les médias
47:39pourquoi ?
47:40c'est une guerre planétaire
47:41c'est une guerre
47:42qui apparaît
47:43entre les Etats-Unis
47:44et l'Iran
47:44c'est certainement
47:46à 100%
47:47une guerre
47:47entre Israël
47:48et l'Iran
47:49mais
47:51l'aspect
47:51Etats-Unis-Iran
47:52est secondaire
47:53c'est une guerre
47:54fondamentale
47:55entre les Etats-Unis
47:56et la Chine
47:56pour la domination mondiale
47:58il y a deux opérations
48:00conjointes
48:00qui ont été menées
48:01sur le Venezuela
48:02et l'Iran
48:03pour montrer
48:04à la Chine
48:05que si
48:06elle fait des bêtises
48:08insupportables
48:09pour les Etats-Unis
48:09les Etats-Unis
48:10sont capables
48:11d'arrêter le pétrole
48:12en direction de la Chine
48:14donc c'est un message
48:15fondamental
48:15qui est envoyé
48:17à la Chine
48:18dans ce contexte
48:21il n'est pas certain
48:23que cette guerre
48:24dure longtemps
48:24contrairement à ce que je vois
48:27le conflit
48:29Israël-Iran
48:30va durer
48:31notamment Israël
48:33a décidé
48:33de liquider le Hezbollah
48:35quoi qu'il en coûte
48:36du Liban
48:36donc ça
48:37ça va durer
48:38mais
48:39Etats-Unis-Iran
48:41ça ne va pas forcément
48:42durer indéfiniment
48:43donc
48:44ça serait
48:45cette fois
48:47une erreur
48:48de vouloir compenser
48:51la hausse du prix du pétrole
48:52à court terme
48:52ça coûte cher
48:54mais
48:56il faut accepter
48:57pendant quelques semaines
48:58c'est une politique nationale
48:59on est d'accord
48:59et ça serait une erreur
49:04d'une stupidité absolue
49:06de la part
49:07de la Banque Centrale Européenne
49:09qui est parfaitement capable
49:10de faire cette erreur
49:11ça serait de remonter
49:12les taux d'intérêt
49:13pour lutter
49:14contre une hausse temporaire
49:16du prix du pétrole
49:18donc
49:19je pense que
49:22le mieux
49:23dans l'immédiat
49:24ça serait que la BCE
49:26compte tenu
49:27de son mental
49:30à stratégique
49:31parce que
49:32la BCE
49:33depuis 30 ans
49:34on n'a aucune vision
49:34stratégique du monde
49:34Vous êtes d'accord
49:35avec Jean-Pierre Petit
49:35on a deux amis de Francfort
49:38et donc
49:40dans ce contexte
49:41le mieux
49:41c'est qu'elle ne fasse rien
49:42sachant que l'idéal
49:43ça serait
49:45paradoxalement
49:45qu'elle envoie
49:46un signal positif
49:47et donc plutôt
49:47qu'elle baisse les taux
49:48de 25 centimes
49:49en disant
49:50justement
49:52nous verrons
49:52dans 6 mois
49:53s'il y a un problème
49:54mais dans l'immédiat
49:55nous pensons
49:56et nous envoyons
49:56un message
49:57extrêmement puissant
49:58au marché
49:58pour lui dire
50:00nous pensons
50:01que la hausse
50:03du prix du pétrole
50:04n'est que temporaire
50:05Gafix Patti
50:07Christian Saint-Etienne
50:08vient de dire
50:08quelque chose
50:08de très important
50:09qui résonne
50:10en moi
50:11qui suis un acteur
50:12micro-économique
50:12qui suis un chef d'entreprise
50:15je suis assez loin
50:16de toutes les considérations
50:17macro
50:18de ce que fait
50:18la Banque Centrale
50:19etc
50:19tout ce que je peux vous dire
50:20c'est que si je vois
50:21la Banque Centrale Européenne
50:22augmenter ses taux
50:23et bien ça renforce
50:24mon incertitude
50:24et ça renforce
50:25ma méfiance
50:26et quand un acteur
50:27micro-économique
50:28est incertain
50:29et méfiant
50:29ça n'engendre
50:31rien de bon
50:31en matière de recrutement
50:32d'investissement
50:33de consommation
50:34etc
50:34à l'inverse
50:35si la Banque Centrale Européenne
50:38avait la position
50:39que décrit
50:40Christian Saint-Etienne
50:42en disant
50:43je vais baisser
50:43de 25 points de base
50:45mes taux d'intérêt
50:46là je me dirais
50:46ah
50:47on est peut-être
50:48dans un environnement
50:48turbulent
50:49lent mais
50:50ceux qui sont
50:51en haut
50:52ne paniquent pas
50:53et visiblement
50:54on est dans un environnement
50:55qui est certes incertain
50:56pendant quelques jours
50:56quelques semaines
50:57mais la trajectoire est claire
50:59donc je peux continuer
51:00à placer les investissements
51:01dans mon raisonnement
51:02d'entrepreneur
51:02et donc
51:04vous savez
51:04l'économie
51:05c'est largement
51:06de la psychologie
51:07et donc
51:08au minimum
51:08ce qui serait souhaitable
51:09ça serait un statu quo
51:11dans le meilleur des cas
51:12mais je ne suis pas sûr
51:12qu'ils aient cette vision
51:14là
51:14ça serait
51:15ça serait une baisse
51:16une hausse
51:17serait un signal
51:19inquiétant
51:19il y a juste un point
51:20un bémol
51:21que j'apporterais
51:22même si je suis très doviche
51:24structurellement
51:26c'est que
51:26la banque centrale
51:27même en cas de choc d'offre
51:29stagflationniste
51:30est là pour ancrer
51:30les anticipations
51:31si jamais
51:31les anticipations
51:33d'inflation
51:33des ménages
51:34des entreprises
51:34étaient décalées
51:36c'est à dire qu'elles montaient
51:36assez fortement
51:38voilà
51:38à ce moment là
51:39je pense qu'un signal
51:40de la banque centrale
51:41pourrait justifier
51:42c'était le cas en 2022
51:44mais il faut dire
51:44qu'en 2022
51:45à la suite de la guerre
51:46d'Ukraine
51:47sachant qu'en 2022
51:48la situation était bien pire
51:50puisqu'on démarrait
51:50avec une inflation
51:51supérieure à 7%
51:53aux Etats-Unis
51:54avant le démarrage
51:54de la guerre d'Ukraine
51:55le 24 février 2022
51:57et en zone euro
51:59on était à 5,5
51:59on est à 3
52:00si on lisse un peu
52:02on est à 3
52:02et on est à même
52:03à peine à 2
52:04en zone euro
52:05et on n'a pas
52:06les marges de banane
52:07et 1 en France
52:07voilà
52:08et 1 en France
52:09donc on n'est pas du tout
52:10dans la même situation
52:11et ce d'autant
52:11qu'on avait une guerre
52:12alors on avait
52:13un prix du gaz
52:13qui avait explosé
52:14ce n'est pas le prix du pétrole
52:15il y a des niveaux
52:16autrement plus élevés
52:17qu'à ceux qu'on voit aujourd'hui
52:18je n'ai pas regardé hier
52:20mais on était
52:21à 70-80%
52:22c'est beaucoup
52:23certes
52:24mais on est à des années-lumière
52:25du choc qu'on avait vécu
52:26en 2022
52:27surtout qu'on avait un choc
52:28aussi sur les céréales
52:29à l'époque
52:30à cause de l'Ukraine
52:31enfin bref
52:31on n'était pas du tout
52:32dans la même configuration
52:33mais je le dis quand même
52:34parce que
52:35si jamais il y avait
52:37un désancrage
52:38des anticipations
52:39à ce moment-là
52:40les banques centrales
52:40seraient légitimes
52:42à dire à court terme
52:43il faut que je fasse ces choses
52:44ce qu'a dit Rafik
52:45est très important
52:47il faudrait effectivement
52:48un drague
52:49c'est-à-dire
52:50un type qui est
52:51une femme
52:52qui a une vision stratégique
52:53à la tête de la BCE
52:54un discours subtil
52:56alors après Jean-Pierre
52:57tu vas me dire
52:58si c'est concevable
53:00un discours subtil
53:02adressé à Rafik
53:03de la part de la BCE
53:04disant
53:05la situation est compliquée
53:07mais
53:08on a toute raison
53:09nous aux banques centrales
53:10on a toute raison de penser
53:12que les anticipations
53:13sont ancrées
53:15de façon positive
53:16et dans ce contexte
53:18extrêmement anxiogène
53:20nous parlons
53:22aux
53:24approximativement
53:2450 millions
53:25de chefs d'entreprise
53:26de l'Union Européenne
53:28et nous vous disons
53:29un message double
53:31on baisse les taux
53:32pour vous dire
53:33c'est pas la fin du monde
53:34mais deux
53:35soyons très clairs
53:36si vous utilisez
53:39la baisse des taux
53:40pour augmenter vos prix
53:41alors là
53:42on viendra derrière
53:42et on cognera
53:43très violemment
53:44oui
53:45sauf que ce serait
53:45un peu difficile
53:46et ce serait pas du tout
53:47alors ce serait une rupture
53:48dans le discours
53:49de la BCE
53:49que même Draghi
53:51n'avait pas
53:51peut-être que Draghi
53:53aujourd'hui
53:53tiendrait
53:54peut-être qu'il ose
53:55et donc
53:56il n'y a pas matière
53:57à espérer
53:58de la part
53:58d'une Christine Lagarde
54:01Isabelle Stabel
54:02qui n'a aucune vision
54:02qui ne sont pas du tout
54:03politiques
54:04qui ne voient strictement rien
54:05mais qui aurait eu
54:07l'inflation
54:07c'est le mandat principal
54:08de la Banque Centrale Européenne
54:10Jean-Pierre Petit
54:10c'est la seule institution
54:12opérationnelle
54:13de la zone euro
54:14dans politique monétaire
54:16il y a politique
54:16c'est ce qu'a bien compris
54:18Mario Draghi d'ailleurs
54:19qu'on le veuille ou non
54:20donc l'inflation
54:22si vous voulez
54:22qu'elle soit
54:222, 2,5, 3
54:24par rapport à tous les enjeux
54:26qui se présentent devant nous
54:28et qui sont massifs
54:29la conflictualité
54:30sous toutes ses formes
54:31qui ne va pas s'améliorer
54:32au cours des prochaines années
54:35la transition énergétique
54:36qui de toute façon
54:38doit continuer
54:38la transition numérique
54:40alors elle
54:40on a tellement de boulot
54:42on a tellement de contraintes
54:43de financement
54:44la transition démographique
54:46qui va peser
54:47sur les budgets publics
54:48et qui pèse aussi
54:49sur la croissance potentielle
54:50il faut faire
54:51c'est ça que
54:52j'aimerais entendre
54:53une fois de la bouche
54:54de Christine Lagarde
54:56qui paraît-il
54:56était une politique
54:57pour faire qu'il n'a
54:57allez le mot de la fin
54:58pour Christian Sathé
54:59je voulais juste dire
55:00en une seconde
55:00je m'imagine
55:01à la tête de la BCE
55:02parlant aux 60 millions
55:04de rafiques européens
55:07et en liaison
55:08avec ce que vient de dire
55:09Jean-Pierre à l'instant
55:10dans la situation
55:13géostratégique mondiale
55:15à peu près
55:16dans tous les domaines
55:17l'Europe
55:17est une proie
55:19entre
55:20des géants
55:21chers
55:22les États-Unis
55:23les États-Unis
55:23Russie
55:23qui veulent nous bouffer
55:25et le message
55:26que j'évoquais
55:27et Jean-Pierre
55:29a pensé
55:30que ça n'arrivera jamais
55:31mais
55:31le message
55:33dans lequel je dis
55:34la Banque Centrale
55:35dirait aux 60 millions
55:36de rafiques
55:37d'entrepreneurs
55:39je baisse d'un quart
55:40parce que moi
55:42Banque Centrale
55:42je pense qu'on peut être
55:44un acteur
55:45et pas seulement
55:45une proie
55:46et là je vois
55:47les 60 millions
55:48de rafiques
55:48dire ok
55:49je vous suis
55:49et j'investis
55:51un nouveau souffle européen
55:52Christian Saint-Etienne
55:53à Bercy
55:54ce sera le mot de la fin
55:55merci à tous les trois
55:56Jean-Pierre Petit
55:57Christian Saint-Etienne
55:58Raphique Smatis
55:59pour cette émission
56:00disponible en podcast
56:01et replay
56:02sur toutes les plateformes
56:03de diffusion
56:03et sur l'appli BFM Business
56:05tout de suite
56:05c'est Antoine Larigauderie
56:06pour tout pour investir
56:07quant à nous
56:07on se retrouve demain
56:08même heure même endroit
56:09en direct
56:10à 10h sur BFM Business
56:11très bonne journée à tous
56:15les experts
56:16débats et controverses
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