00:00Retour de la matinale de l'économie à 6h47, le Conseil Constituel a rendu son avis sur le budget 2026,
00:06pas de grandes modifications, Raphaël Le Gendre, il est définitivement enterriné, c'est l'heure de tirer des conclusions et
00:12vos conclusions, elles ne sont pas belles.
00:13Non effectivement, la première c'est d'abord que la parole publique n'a décidément plus aucune valeur. On nous
00:19avait promis une surtaxe d'IS exceptionnelle l'année dernière, exceptionnelle.
00:24Eh bien elle revient cette année et on nous dit déjà que ce sera encore le cas l'an prochain,
00:31exceptionnelle en France, malheureusement ça veut dire trop souvent reconductible.
00:35C'est une parole trahi. On nous avait vendu un déficit à 4,6% fin 2026, on terminera à
00:415% au mieux après les innombrables concessions offertes au PS, parole trahi.
00:47On nous avait promis des efforts en dépenses, ils ont tous été balayés pour des hausses d'impôts, parole trahi.
00:52On nous avait promis 3% de déficit en 2029, nous y serons au mieux en 2032, nous a dit
00:59hier la Cour des Comptes, parole trahi.
01:01Tous ces renoncements auront des conséquences. La première, elle est déjà là, c'est la colère des patrons.
01:08On a entendu Alexandre Bompard hier sur le plateau de BFM Business très en colère, notamment contre les hausses de
01:15fiscalité.
01:16Ensuite, je rappelle que les 3% de déficit, ça n'est pas un seuil, c'est un plafond qu
01:21'on est censé ne jamais dépasser, un plafond qui permet simplement d'arrêter la progression de la dette.
01:28Là, on court tout droit vers les 150 points de PIB d'ici 10 ans, avec plus de 100 milliards
01:33d'euros d'intérêts à payer chaque année.
01:35Autant d'argent qui ira dans la poche de nos créanciers plutôt que dans nos écoles et dans notre santé.
01:42Comme le dit Nicolas Dufour, que depuis quelques jours sur les plateaux, on va payer ces errements pendant une bonne
01:48dizaine d'années encore.
01:49Oui, mais le gouvernement le répète, il fallait un budget, donc il fallait les sacrifier, ce sont les entreprises.
01:53Et puis quand on regarde les taux longs, on se rapproche des 3%, donc finalement ça a baissé.
01:57Oui, ça c'est plutôt une bonne nouvelle, mais on verra pour l'intérêt de ce budget, car en plus
02:03d'avoir abîmé la parole publique et renoncé à tout effort en dépense au profit de l'impôt,
02:08le gouvernement en plus a pavé la voie à une forte instabilité fiscale.
02:15Pas de censure majeure du côté du Conseil constitutionnel, vous l'avez dit, mais les saisines de Matignon sur les
02:223 points sensibles en termes de suroptimisation fiscale.
02:25Souvenez-vous sur le pacte d'Utreil, sur la tax holding et sur le régime d'apport cession.
02:30Ces 3 saisines de Matignon ont été faites sans grief, ça veut dire que le Conseil constitutionnel n'a jugé
02:37que la procédure qui a permis l'adoption de ces mesures,
02:40et pas sur le fond, ce qui laisse la voie ouverte à des QPC, des questions prioritaires de constitutionnalité,
02:47qui ne manqueront pas de poser les cabinets d'affaires sur ces 3 points.
02:53J'avoue que c'est assez incompréhensible que Matignon n'ait pas posé de grief alors que la motivation du
03:00gouvernement était justement
03:02d'éviter ce genre de contentieux qui lui a déjà coûté très cher dans d'autres affaires.
03:07On pense notamment à la taxe 3% qui lui avait coûté des milliards il y a une dizaine d
03:12'années.
03:12Donc encore une parole en l'air.
03:14Visiblement, dans ce contexte, il n'est pas très étonnant de voir les résultats du baromètre de la confiance publique,
03:22publié en début de mois par le Cevipov.
03:24Je rappelle que 78% des Français n'ont plus confiance en la parole des politiques au sens large,
03:3180% en la parole du gouvernement.
03:34C'est pareil sur les investisseurs étrangers.
03:36Vous avez vu le baromètre de l'AMCHAM, on a perdu 10 ans en termes d'images auprès des investisseurs
03:41américains
03:42qui justement louaient notamment la stabilité fiscale.
03:45Merci beaucoup Raphaël Lejean.
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