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  • il y a 9 minutes
Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay et en podcast.

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00:00BFM Business et la Tribune présente
00:04Le 18-19 d'Edwis Chevrillon
00:10Vous êtes bien dans le 18-19, mon invité c'est Alexandre Bompard, le président de Carrefour, le PDG de
00:16Carrefour.
00:17Bonsoir Alexandre Bompard.
00:17Bonsoir.
00:18Merci d'être là, beaucoup de questions à vous poser, de la question d'abord un peu macro de fiscalité,
00:22puis aussi les négociations commerciales, puisque vous êtes aussi le président, la FCD, la Fédération de Commerce et de la
00:28Distribution,
00:28et puis surtout vous avez présenté, mardi c'était vos résultats,
00:32et puis hier vous avez présenté un plan stratégique, le troisième depuis que vous êtes là,
00:36avec quand même des objectifs très ambitieux, est-ce que vous avez les moyens de les respecter ?
00:43En tous les cas c'est les questions que se posent les investisseurs en bourse,
00:4725% de part de marché, c'est un grand saut.
00:49Mais je voudrais commencer effectivement d'abord, puisque vous êtes un grand patron,
00:52est-ce que vous partagez ce ras-le-bol fiscal que dénonce un Patrick Pouyenné, le patron de Total,
01:01ou encore même le patron de Safran, voire le patron il y a encore quelques mois,
01:05Florent Ménégo de Michelin ?
01:07Est-ce que vous êtes dans cet esprit-là en disant « ça suffit » ?
01:11Oui, d'ailleurs je l'ai dit assez tôt, cette surtaxe c'est quand même vraiment,
01:16d'ailleurs elle porte bien son nom, c'est vraiment l'impôt de trop,
01:19et cette idée qu'à la fin de tout le processus budgétaire,
01:24le seul truc qu'on ait trouvé pour tenter d'atteindre les 5%, c'est la vieille idée,
01:29tiens surtaxons un peu plus les grandes entreprises,
01:31parce que personne ne va descendre dans la rue pour défendre leur feuille d'impôt,
01:34je la trouve un peu désolante, et surtout, elle dit une méconnaissance
01:40de ce qu'est l'économie et de l'interpénétration des grandes entreprises
01:43avec les petites entreprises, elle dit la méconnaissance du fait
01:47que les grandes entreprises ce sont celles qui créent le plus d'emplois,
01:50qui exportent, qui font le plus de recherches,
01:52et qui ont le loisir de choisir des implantations,
01:56moi ce n'est pas mon cas, mes magasins et restaurants en France,
01:58mais les grandes entreprises du CAC, il y a plein d'entreprises qui se posent tous les jours
02:01la question de où est-ce que je vais investir, où est-ce que je vais installer cette usine ?
02:04– Elle se pose pour vous, parce qu'on le verra,
02:06vous recentrez, à la limite vous êtes sur la France, ok,
02:08mais vous êtes sur le Brésil, avec des grandes ambitions,
02:10– Elle peut se poser aussi sur des sujets pour nous,
02:12et au fond, moi j'étais un peu à la fois agacé,
02:19et c'est un tête-à-queu de politique économique au fond,
02:23pendant la première partie des mandats Macron,
02:26on est revenu dans la moyenne européenne,
02:28c'était une performance d'être dans la moyenne européenne,
02:30on ne l'était pas depuis longtemps,
02:31et puis à la fin on dit, bon on s'en fout d'être dans la moyenne européenne,
02:33mettons-nous à 10 points de plus,
02:34et c'est juste les grandes entreprises, elles se débrouillent,
02:36mais non elles ne se débrouillent pas les grandes entreprises,
02:37oui elles peuvent se débrouiller, elles peuvent aller investir ailleurs,
02:39et surtout elles vont faire peser cette mesure-là,
02:43aussi sur les grandes entreprises, aussi sur l'emploi,
02:45aussi sur l'innovation, c'est une très mauvaise mesure.
02:47– Est-ce que vous êtes inquiet pour la France,
02:48lorsqu'on voit une enquête hier qui a été publiée par l'American Chambers,
02:52qui montre que les entreprises américaines
02:55sont très sceptiques quand même maintenant sur la France,
02:58qui est vraiment nouveau,
02:59est-ce que vous êtes inquiet pour la France,
03:01pour votre pays, Alexandre Bompard ?
03:02– Vous savez, quand à la fin du processus budgétaire,
03:04vous vous dites,
03:06j'abandonne la réforme que tout le monde estimait la bonne,
03:10qui est d'allonger le temps de travail,
03:12est-ce qu'on peut ne pas plus travailler ?
03:13La réponse est non,
03:14on a donc arrêté la réforme de retraite,
03:17qui avait été passée dans la douleur,
03:20on l'a arrêtée,
03:20et puis on augmente les impôts des grandes entreprises,
03:22on envoie un signal aux grandes entreprises,
03:24mais aussi aux entreprises étrangères qui veulent investir en France,
03:28donc je trouve que ce sont des signaux,
03:30qui sont des signaux extraordinairement préoccupants,
03:33après il y a une vitalité des entreprises françaises,
03:37des entrepreneurs, des chefs d'entreprise, des équipes,
03:40il y a beaucoup de dynamisme dans ce pays,
03:41il y a beaucoup d'innovation,
03:42il y a beaucoup de créativité,
03:43mais ces mesures-là,
03:45elles vont à l'encontre du retour de l'entreprise France au premier plan.
03:51– Oui, mais il y a toujours ce divorce avec l'entreprise,
03:53mais il y a aussi ce divorce,
03:54une dernière enquête du Cevipov,
03:56j'imagine que vous l'avez lue,
03:57parce qu'elle est pleine d'enseignements
03:58sur le divorce entre les politiques et les Français,
04:02et du coup,
04:04il se tourne vers certains chefs d'entreprise,
04:07et notamment, c'est votre concurrent,
04:08mais que vous connaissez bien,
04:09Michel-Édouard Leclerc,
04:10qui est sorti en tête des sondages,
04:12ça vous a fait sourire,
04:14ça vous a agacé,
04:15ou vous dites, bon, ça n'a pas de sens ?
04:17– Non, je me suis dit deux choses,
04:19d'abord, c'est la reconnaissance du rôle qu'il a,
04:22depuis très longtemps,
04:24il connaît bien le pays,
04:26il défend le pouvoir d'achat,
04:27il a un rôle singulier,
04:28il a une parole singulière,
04:29et puis c'est aussi le signe,
04:30vous le disiez dans votre question,
04:32du fait que les chefs d'entreprise,
04:35la perception qu'ont les Français
04:37des chefs d'entreprise a changé,
04:38ils attendent au fond leurs chefs d'entreprise,
04:40ils aiment bien que leurs chefs d'entreprise
04:41donnent leurs idées,
04:42ce n'était pas le cas,
04:42il y a une vingtaine d'années,
04:44vous le savez,
04:44puisque vous avez ici joué ce rôle-là,
04:46et donc au fond,
04:47la vision des chefs d'entreprise,
04:48les attentes à l'égard des chefs d'entreprise
04:49ont changé,
04:50mais ça c'est positif,
04:51c'est-à-dire que les citoyens
04:54ont un rapport de leur entreprise,
04:55et un rôle,
04:57le rôle qu'elles jouent,
04:58c'est beaucoup accentué.
04:59Est-ce que vous avez rencontré
05:01Marine Le Pen ou Mardela ?
05:03Non.
05:03Est-ce que vous allez les rencontrer
05:05ou vous ne voulez pas les rencontrer ?
05:06Non, moi je ne les ai pas rencontrés,
05:08je pense que le lieu de rencontre
05:10naturel des candidats,
05:11c'est les organisations collectives,
05:13c'est les syndicats patronaux.
05:15Oui, mais vous présidez justement
05:16une fédération,
05:18la fédération du commerce et la distribution,
05:20donc vous pourriez,
05:20à ce titre-là,
05:22les recevoir,
05:23est-ce qu'ils vous ont demandé
05:24à être reçus ou pas ?
05:25Non, encore une fois,
05:26quand ça se fera,
05:27c'est pendant les campagnes,
05:28moi je pense qu'on a vocation
05:31à recevoir les candidats,
05:32que ce soit à la FEP
05:34ou dans d'autres cercles
05:36ou au MEDEF,
05:37d'abord pour exprimer nos convictions,
05:40pour dire nos lignes rouges,
05:41pour dire ce dont on a besoin
05:43pour développer les entreprises,
05:45mais c'est dans ce cadre-là,
05:46en tout cas,
05:47en ce qui me concerne,
05:47que c'est en compte.
05:48D'accord, au moins c'est clair.
05:49Alors rentrons un peu
05:49dans le viet du sujet.
05:51D'abord c'est une négociation commerciale,
05:52on en parle là,
05:54sur ce plateau depuis plusieurs jours.
05:57Hier vous avez dit,
05:58finalement elle se passe plutôt bien.
05:59Moi j'ai envie de dire,
06:00j'ai reçu le représentant des marques,
06:02il me dit que ce n'est pas possible,
06:03on reçoit le président de l'ANIA,
06:05qui était l'amitié des RMC,
06:06il dit, attendez là,
06:07on est complètement dans le bleu,
06:10ce n'est pas possible.
06:11Elle ne se passe pas bien,
06:12ces négociations.
06:13Vous savez,
06:14ça fait quelques années que je suis là,
06:15c'est un grand marronnier
06:17de la vie économique française.
06:18Oui, mais on a l'impression
06:19que ça se tend de plus en plus.
06:20Quand on est à 15 jours du 1er mars,
06:22on voit les représentants
06:23de l'ILEC,
06:24de l'ANIA,
06:24qui viennent tenir des propos
06:27très excessifs,
06:27chaque année.
06:28Et chaque année,
06:29je pourrais vous ressortir
06:29exactement ce qui se dit
06:30le 15 février.
06:31Qu'est-ce que c'est la réalité ?
06:32Je vais vous parler de la mienne,
06:33parce que je suis quand même
06:34un gros négociateur.
06:35On a aujourd'hui conclu
06:3895% des contrats
06:39avec les PME,
06:40et on est en avance
06:41avec les grandes entreprises.
06:42Vous êtes à combien ?
06:43On est à deux tiers,
06:44plus de deux tiers, en gros.
06:45Et il vous manque quoi ?
06:47Ou qui, plutôt ?
06:47Il nous manque
06:48les grandes multinationales.
06:50Ce n'est pas qu'il nous manque,
06:50c'est qu'il nous reste 15 jours
06:52de discussion
06:53avec les grandes multinationales
06:54pour arriver
06:55à la même situation
06:56que les autres années,
06:56c'est qu'on aura signé
06:5998% des contrats,
07:0099% et j'espère même 100%,
07:01mais je pense que 100%,
07:02ça sera difficile,
07:03comme chaque année.
07:03Et à combien ?
07:04L'objectif,
07:05c'est d'être à 100%.
07:06Oui, non, mais je veux dire
07:07à combien ?
07:07Bien sûr, j'ai compris.
07:08À combien ?
07:09L'inflation ?
07:09Alors maintenant,
07:10juste pour que tout le monde
07:11comprenne bien,
07:12je vous ai écouté hier,
07:13c'était très intéressant,
07:14mais à quoi ça sert
07:15ces négociations de temps en temps ?
07:16On me dit,
07:16non mais alors,
07:17il paraît que la grande distribution
07:18vous est dure, etc.
07:19Si on ne négocie pas,
07:20admettons que je reste les mains
07:21dans les poches
07:22et que je me dise
07:23prenons les tarifs des industriels,
07:24je vais prendre les tarifs
07:25d'Unilever, Procter, etc.
07:26Qu'est-ce qui se passe ?
07:27On a une inflation à 10%
07:29dans le caddie.
07:29Mais là, vous forcez le trait.
07:30Non, non, je ne force pas le trait.
07:33Vous forcez le trait, Alexandre.
07:39avec les grandes multinationales
07:41pour arriver à redonner
07:42du pouvoir d'achat aux Français.
07:43Ça sert à ça, ces négociations.
07:45Et donc,
07:45on va arriver à une petite inflation,
07:47mon sentiment,
07:49autour de 1%.
07:50Je pense qu'on sera autour de 1%
07:52d'inflation alimentaire cette année.
07:54D'accord.
07:55Quels sont les produits
07:56qui vont augmenter,
07:57les produits qui vont baisser ?
07:58Ce qui augmente,
08:00naturellement,
08:01c'est ceux dont les cours
08:02de matières premières
08:03continuent à augmenter.
08:05Les pâtes à tartiner,
08:06parce que la cacahuète
08:07continue à augmenter.
08:08Les sardines,
08:09parce qu'il y a de la pénurie.
08:10Le bœuf,
08:11parce qu'il y a des difficultés
08:11de la filière.
08:13Et puis, inversement,
08:14il y a beaucoup de produits
08:15qui sont baissés
08:16parce que les cours
08:16ont beaucoup baissé.
08:18Les pâtes,
08:19la farine,
08:20ces produits-là,
08:21le sucre,
08:22ces produits-là
08:22sont en train de baisser.
08:23Il faut comprendre
08:24que les cours
08:25sont majoritairement baissés.
08:27L'énergie est à la baisse.
08:29Le transport est à la baisse.
08:31Donc, il y a beaucoup
08:32d'industriels,
08:32de grands industriels
08:33à qui on dit
08:34le plus sympathiquement possible
08:35qu'il faut qu'on soit à zéro
08:37et si possible
08:38le plus tôt négatif.
08:39Au total,
08:40ça fera autour de 1%.
08:41Est-ce que vous allez aller
08:42au salon de l'agriculture ?
08:44Oui, je vais aller
08:44au salon de l'agriculture
08:45la semaine prochaine.
08:46Pour dire quoi ?
08:46Vous n'avez pas peur
08:47de vous faire un peu huer
08:48parce que c'est difficile
08:49pour les producteurs,
08:50les agriculteurs.
08:51Cette course au prix bas,
08:52ça retombe quand même
08:53aussi sur eux.
08:55La relation qu'on a
08:56avec le monde agricole
08:57ces dernières années,
08:58elle s'est beaucoup améliorée.
08:59Quand je suis arrivé,
09:00je ressentais cette tension-là.
09:02Je ne vous dis pas
09:03que c'est parfait.
09:03Il n'y a pas trop
09:04de carrefour qui arrive.
09:05Mais la réalité,
09:06c'est que la relation
09:07s'est beaucoup améliorée.
09:08D'abord parce qu'on leur a
09:09donné des signes très forts
09:10du fait que l'approvisionnement
09:14était très majoritairement,
09:15pour ne pas dire exclusivement
09:16en français,
09:17les oeufs sont français,
09:19le lait est français,
09:19la volaille est française,
09:2197% du bœuf est français.
09:23Ça, c'est le plus important pour eux.
09:24La deuxième chose
09:25qui est importante,
09:25c'est quand ils font
09:26des conversions
09:27de terres agricoles.
09:28J'étais en conventionnel,
09:30je suis en bio.
09:30Ils ont besoin d'avoir
09:32de la visibilité
09:32sur les prix et les volumes.
09:33Et on signe chez Carrefour
09:35un tiers des contrats,
09:36des fameux contrats
09:37de pluriannuel,
09:38c'est nous qui les signons.
09:39Après, ils ont besoin
09:40qu'on les aide
09:40quand il y a la surproduction.
09:41Il y a des épisodes
09:42de surproduction.
09:43On a été présent,
09:44quand je dis on,
09:45là c'est l'ensemble
09:46de la filière grande distribution,
09:48quand il y a eu
09:48une crise de surproduction
09:50récemment sur le poireau.
09:51Ça, c'est des éléments importants.
09:52Et puis après...
09:53Le chou-fleur a 4300 cimes.
09:56Et le chou-fleur,
09:57il y a quelques semaines.
09:57Comment ils peuvent s'en sortir ?
09:58Et après,
09:59la réalité,
10:00c'est que...
10:00Je suis souvent frappé d'ailleurs
10:01qu'on ne le mentionne pas plus.
10:03Et d'ailleurs,
10:03je crois qu'il y a un représentant
10:04de l'ILEC ou de l'ANIA
10:05qui l'admettait.
10:07La réalité,
10:07c'est que je ne négocie plus
10:08la matière première agricole.
10:09C'est un acquis des galimes d'ailleurs.
10:11Moi, je serais les pouvoirs publics,
10:12je le dirais.
10:13L'acquis des galimes,
10:14c'est que je ne négocie plus
10:15la matière agricole.
10:16Dès lors que je ne négocie plus
10:17la matière agricole,
10:19ma relation avec le monde agricole
10:21s'est beaucoup apaisée.
10:21Ils savent que je ne la négocie pas,
10:22cette matière première agricole.
10:24C'est une donnée que je prends.
10:26La seule chose que je demande,
10:27c'est qu'elle soit transparente.
10:28C'est-à-dire que je la connaisse vraiment.
10:30C'est qu'on me dise,
10:30la matière agricole,
10:31dans la relation entre l'agriculteur
10:33et le transformateur,
10:34c'est tant, c'est X.
10:36Et ce X, je le connais,
10:37ce qui me permet de ne pas la négocier.
10:38C'est le course au primat,
10:39c'est vraiment,
10:40vous me direz,
10:41c'est ce que demandent les Français.
10:42On voit bien,
10:42je le disais en introduction,
10:43le pouvoir d'achat,
10:44c'est vraiment la priorité
10:45des Français avec la sécurité.
10:48C'est le course au primat,
10:49est-ce qu'elle n'est pas tirée
10:52par Michel-Édouard Leclerc
10:53qui a décidé qu'il voulait absolument
10:54rester le leader là-dessus ?
10:57Et puis l'arrivée d'actions
10:58qui débarquent
10:59et qui quand même,
11:00là aussi,
11:01bouscule un peu les cartes,
11:02non, rebat plutôt les cartes.
11:04Non mais,
11:04il y a une compétition
11:06dans le marché français.
11:07Et j'y prends ma part.
11:08Ah bien sûr.
11:09On a baissé 6 000 produits
11:11de 10 %
11:12dans les deux dernières années.
11:13J'ai annoncé hier
11:14200 produits
11:15à prix coûtant
11:16de marque propre
11:16à partir de la semaine prochaine.
11:19On y prend notre part,
11:20on est très actifs
11:21dans cette compétition-là.
11:22La réalité,
11:23c'est que ce n'est pas
11:23une compétition pour la compétition.
11:24C'est une compétition,
11:25et vous le disiez très bien
11:26dans votre question,
11:27parce que les Français
11:28veulent du pouvoir d'achat.
11:30On a une partie croissante
11:32de nos concitoyens
11:33qui souffrent,
11:34qui ont du mal,
11:35qui sont soit en précarité alimentaire,
11:36soit ont du mal
11:37à boucler les fins de mois.
11:38Et la réalité,
11:39c'est que notre rôle à nous,
11:40c'est de leur donner
11:41du pouvoir d'achat.
11:42Nous,
11:43on y adjoint le fait
11:44qu'on a des combats
11:45pour la qualité alimentaire,
11:46c'est pour ça qu'on est leader
11:47sur le bio,
11:48c'est pour ça qu'on est leader
11:48sur les fruits et légumes,
11:50c'est des combats très forts,
11:51on est à la fois leader
11:52et les moins chers.
11:53Mais la réalité,
11:54c'est que les Français,
11:54ils ont besoin
11:55de ce pouvoir d'achat-là.
11:56et que notre mission,
11:57c'est de la leur donner.
11:58Le succès de Carrefour,
12:00de votre plan,
12:01on y arrive,
12:02Alexandre Bompard,
12:03ça passe justement
12:04par trouver votre place
12:07parmi tous ces compétitaires,
12:09toi numéro un,
12:10enfin peut-être pas numéro un,
12:11numéro deux,
12:11en tous les cas,
12:12sur les prix bas,
12:13c'est ça qui est vraiment
12:14votre objectif ?
12:16Il n'y a aucun schéma
12:17où vous êtes compétitif
12:19dans ce métier
12:19si vous n'êtes pas
12:21très compétitif sur les prix.
12:22Il n'y a aucun schéma.
12:23Donc la compétitivité prix,
12:25c'est une donnée.
12:26Si vous ne l'avez pas,
12:27vous sortez du marché.
12:28Après, il faut bien
12:29d'autres choses.
12:30Ce qui a failli, pardon,
12:30ce qui a failli vous arriver,
12:31enfin pas à vous,
12:32j'ai à Carrefour.
12:32Oui, bien sûr.
12:33Et d'ailleurs,
12:34c'est la raison pour laquelle,
12:35parce que j'avais besoin
12:36de rassurer aussi
12:36les investisseurs,
12:38je leur ai dit,
12:39chaque année,
12:39nous allons améliorer
12:40notre compétitivité prix.
12:41C'est un engagement
12:42que pour la première fois,
12:44un patron de Carrefour prend.
12:45Je leur ai dit,
12:45chaque année,
12:46il y a un indice,
12:47un indicateur prix,
12:47je vais l'améliorer.
12:49Pour vous dire que jamais,
12:50je ne vais dériver
12:51de la nécessité
12:52d'améliorer la compétitivité prix.
12:54Mais évidemment,
12:55ça ne suffit pas.
12:56Il faut à la fois
12:57avoir des combats forts,
12:59et nous,
12:59c'est des combats
12:59autour de la qualité alimentaire.
13:01Je citais le bio,
13:02je citais les fruits et légumes,
13:03je cite la marque propre,
13:04qui est un élément
13:05très fort de différenciation.
13:0740%, je crois.
13:0740%,
13:08on était à 25,
13:08c'est 40%.
13:09Et notre marque propre,
13:10elle porte tous les combats
13:11de la marque.
13:12Elle porte les combats
13:13de la qualité alimentaire.
13:14C'est une marque propre
13:15qui est très qualitative.
13:16Et puis,
13:17il y a évidemment
13:18la croissance des formats,
13:19la croissance de la proximité.
13:20Tous ces combats-là
13:21font partie
13:22de ce qu'est Carrefour aujourd'hui
13:24et de la singularité de Carrefour
13:25par rapport à d'autres acteurs.
13:26Oui,
13:26on va revenir
13:28sur ce point important
13:29parce qu'on a vu
13:29il y a une espèce
13:30de jeu de bonnes taux
13:31dans la grande distribution
13:32entre je te rachète
13:33les magasins,
13:34machin,
13:34etc.
13:35Vous-même,
13:36Carrefour,
13:36vous avez fait évoluer
13:37votre modèle.
13:38Vous avez fait évoluer
13:40C'est-à-dire,
13:41vous avez en possession
13:42tous vos magasins.
13:43Vous êtes en train
13:44de franchiser
13:45de plus en plus
13:46ou en location-gérance.
13:47Oui,
13:47on a un modèle
13:47désormais très hybride
13:48avec la moitié
13:50de notre chiffre d'affaires
13:50en intégrée
13:51et la moitié en franchisée.
13:51On va revenir
13:52mais je voudrais revenir
13:53sur l'annonce
13:53la plus forte
13:54que vous avez faite hier
13:55lors de votre point stratégique
13:57de dire
13:57je veux atteindre
13:57ces fameux 25%
13:59ce qui fait comme
14:00une hausse
14:01de près de 3,5%
14:03puisque vous êtes
14:04à 21,7%
14:05pour arriver jusqu'à 25%
14:06ça fait quand même beaucoup.
14:08Comment vous allez faire
14:09parce que
14:09en bourse
14:11qui est un peu
14:12votre chemin de croix
14:13Alexandre Bompard
14:14on a vu qu'hier
14:15il y a une espèce
14:16de coup de semence
14:17parce que
14:18les investisseurs
14:19étaient très sceptiques
14:20sur la possibilité
14:22d'atteindre
14:23cet objectif.
14:24Aujourd'hui
14:24ça s'est repris un peu.
14:26Comment vous pouvez
14:26les convaincre ?
14:28Avant-hier
14:29on a
14:30juste une petite parenthèse
14:31on a publié
14:32nos résultats
14:33et donc
14:33la bourse d'hier
14:34c'était principalement
14:35les résultats
14:35aujourd'hui
14:36on a pris 3,5%
14:37Mais quand vous interrogez
14:38les investisseurs
14:40je pouvais dire
14:40qu'on est assez sceptiques
14:42quand même
14:43là n'est pas la question
14:43ce qui est important
14:45on est reparti
14:45à la hausse aujourd'hui
14:46mais ce qui m'importe
14:47c'est ce qui va se passer
14:47demain.
14:48La réalité
14:48c'est que
14:49ce qu'on dit aux investisseurs
14:50et ce que je dis
14:50là je suis en train
14:51de rencontrer les investisseurs
14:52c'est le moment
14:52où vous parlez
14:53avec les investisseurs
14:54ce qu'on leur dit
14:55c'est deux choses
14:56c'est
14:56on va y arriver
14:57de deux manières
14:58d'abord on y arrive
14:58parce qu'on est redevenu
14:59compétitif sur les prix
15:00et que structurellement
15:01on va continuer à l'être
15:03quand on est compétitif
15:04sur les prix
15:05dans ce métier
15:05on gagne des parts de marché
15:07ça c'est le modèle
15:08après on a des moteurs
15:10de croissance
15:10qui sont désormais
15:11tous allumés
15:12je disais la marque propre
15:13je disais la proximité
15:15le e-commerce
15:16dont on est devenu un leader
15:17le bio
15:18ce sont des moteurs
15:19de croissance
15:20qui étaient à l'arrêt
15:20quand je suis arrivé
15:21et qui sont maintenant
15:23tous allumés
15:24le frais exactement
15:25sur lequel on met
15:27particulièrement l'accent
15:27ces moteurs de croissance
15:28sont allumés
15:29et puis
15:29vous avez raison
15:31il peut s'ajouter à ça
15:32ce qu'on a fait d'ailleurs
15:33dans le dernier plan
15:34des opérations
15:35où soit on rallie
15:37des franchisés
15:37on a beaucoup de franchisés
15:39d'autres acteurs
15:40qui nous ont rejoints
15:41ces derniers mois
15:41notamment en proximité
15:42ou on fait de la consolidation
15:45tactique
15:45de manière très sélective
15:47c'est-à-dire
15:47on acquiert
15:49telle ou telle partie
15:51d'un autre groupe
15:53et ça
15:53on ne s'interdit pas de le faire
15:54on a les moyens financiers
15:56de le faire
15:56parce qu'on est très solide
15:57en termes de bilan
15:58et puis comme on a
15:59beaucoup d'ambition
16:00et comme on veut de la croissance
16:01ça participe aussi du modèle
16:02mais on le fait toujours
16:04de manière très sélective
16:05moi je me suis gardé
16:07de faire toutes les grandes opérations
16:08qui excitaient un peu tout le monde
16:10parce que je me suis dit
16:10c'est pas les bonnes opérations
16:11pour Carrefour
16:12mais des opérations tactiques
16:13donc pas question
16:13de suivre la stratégie
16:14d'intermarché
16:15parce qu'on voit
16:15qu'il est très très gourmand
16:16Thierry Cotillard
16:17en fait on a cru
16:19à peu près de la même manière
16:20avec Intermarché
16:21nous on a cru avec Cora
16:23et puis des petites acquisitions
16:24dans le casino
16:25oui exactement
16:26mais c'était attendu
16:27eux ils ont cru avec Auchan
16:28on a à peu près cru de la même façon
16:30deux et demi chacun
16:30ce type d'opérations
16:32on peut continuer à les faire
16:33on peut continuer à faire
16:34des opérations tactiques
16:35sur tel ou tel actif
16:37qui viendrait à être cédé
16:38et combien ?
16:40non mais je ne sais pas
16:41vous avez déjà repéré
16:41combien vous pourrez être
16:42susceptible de tomber
16:43dans votre escarcelle ?
16:44non mais quand on regarde
16:45le marché français
16:46on voit bien
16:48qu'il y a des
16:49qu'est-ce qu'on a vu
16:50les dernières années
16:51c'est très très fort
16:52la polarisation de ce secteur
16:53la réalité c'est que
16:54sous la pression des leaders
16:56et parfois des nouveaux entrants
16:57vous avez cité Action etc
16:59il y a des
16:59les acteurs qui n'ont pas
17:00la taille critique
17:01ou qui ne se sont pas transformés
17:02sont en difficulté
17:03quand vous êtes en difficulté
17:04il y a toujours un moment
17:05il y a toujours un moment
17:06où vous avez soit un actionnaire
17:08soit une situation
17:09qui fait que vous êtes à vendre
17:10ce jour-là on sera là
17:11il y a un plan de restructuration
17:13de manière très tactique
17:14et de manière très sélective
17:15il y a un plan de restructuration
17:16qui est en cours
17:17on ne sait pas très bien
17:18dans quel sens il va aller
17:19avec Daniel Chretinsky
17:21qui est quand même appelé
17:22et puisqu'appelé
17:23à remettre de l'argent
17:23dans le casino
17:25à un moment
17:26on a dit que
17:26vous étiez intéressé
17:27par reprendre
17:28ce qu'on appelle
17:29la proximité
17:29notamment monoprix
17:31est-ce que vous êtes
17:31toujours intéressé ?
17:32aujourd'hui c'est pas avant
17:33si un jour ça l'était
17:35on regardera
17:35donc vous êtes toujours intéressé ?
17:37non mais on fait partie
17:38des acteurs naturels
17:40qui regarderaient
17:41mais aujourd'hui
17:42c'est pas à l'ordre du jour
17:43et ça peut ne jamais être
17:44à l'ordre du jour
17:44la proximité
17:45en tous les cas
17:46c'est quelque chose
17:46qui vous intéresse ?
17:48la proximité nous intéresse
17:50les supermarchés
17:51nous intéressent
17:51que ce soit en France
17:52que ce soit en Espagne
17:54ou au Brésil
17:54c'est plutôt le cachant de carré
17:55si on fait des opérations
17:57on les fait plutôt
17:57sur des formats
17:58qui sont des formats
18:00de croissance
18:01juste je reviens
18:02un instant sur le cours de bourse
18:02parce que vous êtes
18:04très très généreux
18:04avec vos actionnaires
18:05vous avez versé
18:07800 millions d'euros
18:08l'an dernier
18:10685 millions cette année
18:11plus 150 millions de dividendes
18:13et à la cession
18:14de la Roumanie
18:15vous grosso modo
18:17vous redistribuez
18:17deux tiers de ces profits
18:19à vos actionnaires
18:20vous êtes dans un métier
18:21très challengé
18:22la question qu'on peut se poser
18:23c'est tout cet argent
18:24parce qu'en fait
18:25vous versez plus que
18:28Walmart par exemple
18:29qui fait juste un tiers
18:31de ces bénéfices
18:33en distribution
18:34est-ce que
18:34et vous c'est les deux tiers
18:35cet argent là
18:36vous pourriez pas
18:37je sais pas
18:38le gardien un peu plus
18:39pour vous
18:40et investir justement
18:41dans vos magasins
18:42ou quoi ?
18:43d'abord
18:43moi je suis convaincu
18:44notamment dans un secteur
18:46d'activité
18:47qui n'attire pas naturellement
18:48tous les investisseurs
18:49de la planète
18:50qu'il faut un niveau
18:51de rémunération
18:51des actionnaires
18:52satisfaisant
18:53on est en gros
18:54on a un dividend yield
18:55qui est autour
18:56de 6 à 8%
18:57c'est un bon
18:58c'est un bon niveau
18:59de rémunération
19:00on espère d'ailleurs
19:01qu'on arrivera
19:02à attirer de plus en plus
19:03d'investisseurs
19:03ça veut dire qu'on est
19:04une valeur de rendement
19:05mais
19:06et c'est la deuxième partie
19:07de votre question
19:07le plan qu'on a présenté hier
19:09c'est un plan d'investissement
19:10en réalité c'est qu'on a dit
19:11on investira
19:122 milliards d'euros par an
19:13sachant qu'on a moins de pays
19:16pour digitaliser l'entreprise
19:17on a annoncé
19:18un très grand partenariat
19:18avec Vision
19:19pour l'IA
19:20pour la modernisation
19:21de nos magasins
19:22pour la décarbonation
19:23de notre modèle
19:24donc en fait
19:25avec 2 milliards d'euros
19:26on a un plan d'investissement
19:27très soutenu
19:28qui est celui
19:29dont on a besoin
19:29pour piloter l'entreprise
19:30le fait d'avoir
19:31comme actionnaire
19:32des familles
19:33vous avez la famille
19:34très historiquement
19:35si j'ose dire
19:36les Ouzé
19:37enfin la galerie Lafayette
19:38qui ont près de 9%
19:39vous avez maintenant
19:40les SAD qui sont actionnaires
19:42de BFM
19:43on va le rappeler
19:43qui ont à peu près 5%
19:45en son temps
19:46il y a eu les Arnaud
19:47est-ce que c'est eux
19:48cette pression familiale
19:50que vous avez sur vous
19:51pour verser du coupon
19:53comme on dit dans le jargon
19:54non
19:54pour verser des dividendes
19:55je considère
19:56qu'avoir des familles
19:57de long terme
19:57qui vous accompagnent
19:58on a la famille
20:00Moulin-Ouzé
20:01depuis des années
20:02à nos côtés
20:04Rodolphe Saadé
20:05sa famille
20:05nous ont rejoint
20:06il y a quelques mois
20:07c'était aussi
20:07un deuxième signal
20:08très important
20:08moi je considère
20:09que c'est un actif
20:10de la vie
20:10de notre entreprise
20:11ça montre
20:12qu'il y a des familles
20:13qui croient en ce modèle
20:13et on sait combien
20:14le capitalisme familial
20:16est important dans notre pays
20:17et donc
20:18c'est un actif aujourd'hui
20:19ça nous apporte
20:20des choses
20:20dans la transformation
20:21ça dit aussi
20:22aux investisseurs
20:23que les intérêts de l'actionnaire
20:24sont pris en compte
20:25dans la manière
20:27dont l'entreprise est pilotée
20:28mais les familles
20:29ce qu'elles souhaitent
20:30c'est le développement
20:31de l'entreprise
20:32mais pas seulement
20:33c'est le développement
20:33de l'entreprise
20:34c'est que l'entreprise
20:35se porte bien
20:36soit leader
20:36et ensuite
20:37la rémunération
20:39de l'actionnaire
20:39va naturellement avec
20:41c'est un handicap
20:42d'être coté en bourse
20:42parce que lorsqu'on va
20:43Michel-Edouard Leclerc
20:44Intermarché
20:45Thierry Cotillard
20:45facile pour eux
20:46ils ne sont pas cotés
20:47vous vous êtes coté
20:48c'est plus compliqué
20:49je suis coté
20:50et donc
20:51si c'était si difficile
20:52voilà
20:53je suis coté
20:54et j'y peux rien
20:55et c'est comme ça
20:55et c'est comme ça
20:56et je le prends
20:56et au fond
20:58c'est un bon challenge
20:59le challenge
20:59c'est de convaincre
21:00des investisseurs
21:01dans le monde entier
21:01ce qu'on est en train
21:02de faire en ce moment
21:02on va y arriver
21:03avec ce plan
21:04et donc c'est une donnée
21:05qui s'impose à moi
21:06mais qui s'impose à moi
21:06avec beaucoup de plaisir
21:09Lorsque vous voyez
21:11on parlait des prix bas
21:12j'ai oublié
21:13de vous poser une question
21:13parce qu'elle est
21:14très très importante
21:15on en parlait hier
21:16vous l'avez mentionné
21:17les centrales d'achat
21:18européennes
21:19qui sont un peu
21:19dans le collimateur
21:20vous avez reçu
21:21c'était l'année dernière
21:22une amende
21:24là il y a quelques jours
21:25c'était Michaud
21:26et Edouard Leclerc
21:26vous avez rejoint
21:27Concordis
21:28avec Coopérative Vue
21:30Dominique Schellcher
21:31qui est souvent
21:31sur ce marché
21:32sur ce plateau
21:33et puis l'allemand
21:35RTG
21:36est-ce que ces coopératives
21:38c'est
21:39est-ce que c'est
21:40vous dites
21:41votre argument
21:42est de dire
21:43mais regardez
21:43ça nous permet
21:44de lutter
21:44contre les multinationales
21:45d'autres disent
21:46ok
21:46mais ça vous permet
21:47de contourner
21:48la loi française
21:49alors
21:51plusieurs choses
21:52une parenthèse
21:53sur les amendes
21:53je voudrais juste
21:54vous le redire
21:55parce que
21:55c'est presque amusant
21:57on reçoit
21:58chaque année
21:59parfois une amende
22:00pourquoi on reçoit
22:00des amendes
22:01je vous le dis juste
22:01c'est parce que
22:02le 1er mars
22:03si vous n'avez pas
22:04conclu votre négociation
22:05la DGCCRF arrive
22:07et vous avez une amende
22:08on est le seul pays
22:09du monde
22:09où vous dites
22:10à un distributeur
22:11qui est en train
22:11de négocier
22:12avec Pepsi Cola
22:12si le 1er mars
22:14tu n'as pas fini
22:14tes négociations
22:15c'est toi
22:16qui sera sanctionné
22:17pas l'autre
22:18toi
22:18c'est comme si
22:19vous achetez un appartement
22:20et si à la date même
22:21de la vente
22:23vous ne l'avez pas
22:23vous avez une amende
22:24ça n'a aucun sens
22:25ce schéma
22:26il n'y a que la France
22:27pour avoir inventé
22:27des réglementations pareilles
22:28moi je suis
22:29Unilever au Procter & Gamble
22:31je regarde monsieur Carrefour
22:32et je lui dis
22:32ben venez
22:33c'est vous
22:33qui avez la contrainte du temps
22:34j'enlève cette question là
22:36à quoi elles servent
22:37ces négociations
22:38ces grandes centrales
22:39d'abord qui négocie
22:40on a 45
22:43grandes multinationales
22:43avec lesquelles on négocie
22:44pour combien d'entre elles
22:46il y a de la matière
22:46première agricole
22:473
22:48Danone
22:50Lactalis
22:50et Macken
22:51qui n'est pas très français
22:52mais qui a des usines en France
22:53est-ce qu'on négocie
22:54de la matière première agricole
22:56jamais
22:56est-ce qu'on respecte
22:58la loi française
22:58toujours
22:59est-ce qu'avec les 42
23:00qui n'ont même pas
23:01de la matière première agricole
23:02c'est bien
23:03que je négocie
23:04en position plus forte
23:06qu'en position plus faible
23:08oui
23:08est-ce que les français
23:09se disent que quand je négocie
23:10le prix du dentifrice
23:12c'est bien que j'obtienne
23:13un prix plus bas
23:14la réponse est oui
23:15oui mais le prix
23:16est différent en Allemagne
23:17qu'en France
23:18qu'ailleurs
23:19vous voyez donc
23:20de toute manière
23:20la négociation en fait
23:22elle est française
23:22même dans ces centrales européennes
23:24mais non
23:24l'objectif
23:25c'est quand on négocie
23:26avec des multinationales
23:27qui sont présentes
23:28dans tous les pays
23:28c'est de leur dire
23:29écoutez moi je veux juste
23:31le meilleur prix
23:31que vous appliquez dans un pays
23:32parce qu'il n'y a pas de raison
23:33que le prix soit différent
23:34on n'y arrive pas forcément
23:35mais c'est ça l'objectif
23:38juste là
23:39il faudrait mettre fin
23:40à ces négociations pluriannuelles
23:42pour éviter
23:43comme vous dites
23:43ce 15 février
23:44qui revient régulièrement
23:45après la Saint-Valentin
23:47oui alors ça manquerait
23:48à tous les observateurs
23:49qui adorent ce moment-là
23:49et à nous bien sûr
23:50mais honnêtement
23:51l'espèce d'hystérie
23:52que crée le fait
23:54d'avoir une date fixe
23:55etc
23:55moi je suis dans plein de pays
23:56comme vous le savez
23:57dans les autres pays
23:58ça se passe très bien
23:59ça se passe pas bien
24:00parce que les négociations
24:01sont simples
24:02mais comme il n'y a pas
24:03cette espèce de date coup près
24:05et ce scénario
24:06chaque année
24:07qui se réédite
24:08en réalité
24:09c'est beaucoup plus apaisé
24:10vous savez
24:11l'autre différence
24:11avec les autres pays
24:12c'est qu'en France
24:13on a fait 25 lois
24:14en 30 ans
24:15sur les relations commerciales
24:16et dans les autres pays
24:17il y en a eu
24:18entre zéro et une
24:19donc quand vous avez dit ça
24:21vous avez tout dit
24:22oui c'est sûr
24:24vos relations
24:24j'ai oublié
24:25de vous poser la question
24:26vos relations
24:27c'est en train
24:28de s'apaiser
24:29un petit peu
24:29avec les franchisés
24:30parce que vous avez
24:31une négociation
24:32ils ont refusé
24:33vous allez trouver un accord ?
24:35on a 5000 franchisés
24:37en France
24:40on augmente
24:41de 500 magasins par an
24:42la taille de notre parc
24:44il est impossible
24:45que les 5000
24:46aient une activité
24:47qui aille bien
24:48c'est impossible
24:48on est dans un métier
24:49à petite marge
24:50c'est impossible
24:50donc on a
24:51une minorité
24:52une grande minorité
24:53ou une toute petite minorité
24:54pardon un petit nombre
24:55de franchisés
24:56qui sont en difficulté
24:57qui se sont réunis
24:58en association
24:59moi je me résous pas
25:00au fait qu'on ait
25:02un des accords
25:02de ce type là
25:03qu'on ait du contentieux
25:04c'est pas le contentieux
25:05lui-même
25:05qui est un problème
25:06c'est l'image que ça donne
25:07et puis j'aime pas
25:08qu'il y ait des gens
25:08qui aient investi
25:09chez Carrefour
25:09et qu'ils soient pas heureux
25:10etc
25:10et donc on est ouvert
25:12pour trouver des accords
25:13en permanence
25:14on leur dit
25:15un jour je suis sûr
25:16qu'on en trouvera un
25:17et qu'on réglera définitivement
25:18ce contentieux
25:18oui mais le jour
25:19n'est pas encore venu
25:20voilà c'est ça
25:20j'espère qu'il vient
25:21on va parler
25:21d'intelligence artificielle
25:22parce que ça aussi
25:23c'était un point important
25:24de votre plan stratégique
25:26c'était en fait
25:27de faire rentrer
25:28encore un peu plus
25:29l'intelligence artificielle
25:31dans vos magasins
25:32avec les étiquettes
25:33expliquez-nous
25:34en tous les cas
25:35vous faites un accord
25:35avec Vusion
25:37on a vu que ça avait
25:38fait pour le coup
25:39exploser le cours
25:40de bourse de Vusion
25:41est-ce que pour vous
25:42qu'est-ce que ça va changer
25:43en fait ?
25:44en termes d'économie
25:45ça vous fait
25:45n'importe quoi ?
25:46en fait ce que ça change
25:47c'est que ça rend le magasin
25:48beaucoup plus intelligent
25:50les rails
25:51les caméras
25:53les étiquettes électroniques
25:54les rails connectés
25:55et l'intelligence artificielle
25:56qui va autour
25:57ça va nous permettre
25:58de traiter des nœuds opérationnels
25:59c'est quoi les nœuds opérationnels ?
26:01c'est qu'on a des ruptures
26:02dans les magasins
26:03tout le temps
26:03et en fait
26:03ça détecte les ruptures
26:05c'est qu'on a des prix incohérents
26:07pour le client
26:07c'est horrible
26:08de voir un prix sur son catalogue
26:09c'est pas le bon
26:09etc
26:10ça détecte les incohérences de prix
26:12ça permet aussi
26:13d'améliorer le picking
26:14en magasin
26:14pour le drive
26:15ça permet de faire
26:16beaucoup de choses
26:17qui sont aujourd'hui
26:18les problèmes d'optimisation
26:20de notre modèle
26:21la réalité c'est que
26:22le magasin
26:22depuis 20 ans
26:23il n'a pas tant évolué que ça
26:28mais quand on met beaucoup de data
26:30quand on met beaucoup d'intelligence
26:32en réalité
26:32on améliore les processus
26:33au bénéfice des clients
26:34et des salariés
26:35c'est ce qu'a fait Walmart
26:36c'est ça
26:36j'ai une très bonne relation
26:37avec l'ancien patron de Walmart
26:39c'est un peu votre modèle
26:40on le sent
26:40parce qu'il y a une famille
26:42on a l'impression
26:43on les regarde de très près
26:45on a une très bonne relation personnelle
26:46j'ai des équipes
26:47qui sont allées passer du temps
26:48et ce qu'on a vu
26:48c'est qu'en 2 ans et demi
26:50ça avait totalement transformé le magasin
26:52le magasin est devenu intelligent
26:54c'est 18% je crois
26:55du reste le poids de l'IR
26:56chez Walmart
26:57et vous c'est 6%
26:59ça c'est le poids du e-commerce
27:01mais ils ont fait un travail
27:02absolument formidable
27:03et donc
27:04ils ont recouru à cette entreprise française
27:06qui est Vision
27:06d'ailleurs Cocorico
27:07parle parfois des startups
27:08on parle peu de Vision
27:09qui fait un travail formidable
27:11et donc
27:11on a décidé d'être le partenaire européen
27:13de Vision
27:13et on lance ce programme là
27:15on a commencé à l'expérimenter
27:16autour de Villabé
27:17et je suis convaincu
27:18que ça va
27:20améliorer la productivité
27:21améliorer la vie
27:22de nos salariés
27:23améliorer la vie
27:25de nos clients
27:25et créer de la performance
27:26pour nos magasins
27:27et ça ça sera l'aune de 2030
27:29ou alors
27:30avant ?
27:31on va à 2000 à l'heure
27:33donc c'est la fin
27:34vous revenez là
27:35dans un an
27:36dans un an
27:37je vous dirais
27:37qu'il y a déjà des magasins
27:38beaucoup de magasins
27:39qui sont déjà
27:40où c'est installé
27:42et dans les 3 ans
27:43il faut qu'on ait couvert
27:43l'ensemble du parc
27:45c'est à peu près le temps
27:46que ça a mis à Walmart
27:47ils auront mis 3 ans et demi
27:49pour couvrir l'ensemble
27:50de leur parc
27:50qui est plus grand
27:50mais ils ont un peu plus
27:51de puissance
27:51et ça ça doit vous apporter
27:53combien d'économies
27:53puisque vous avez fixé
27:54un plan d'économies
27:55d'un milliard ?
27:56alors ça contribue
27:57aux milliards d'euros
27:59d'économies qu'on a
28:00qui sont faites à la fois
28:01des négociations
28:02de toutes les négociations
28:03d'achats marchands
28:04et non marchands
28:05de tous les processus
28:07en fait on est devenu
28:07une entreprise
28:09qui est à la capacité
28:10chaque année
28:11à dégager des plans d'économie
28:12ces plans d'économie
28:13ils servent à quoi
28:14ce milliard d'euros
28:15qu'on va chercher chaque année
28:16ils nous permettent
28:16d'investir dans la compétitivité
28:18prix et dans l'expansion
28:19et donc on en a vraiment besoin
28:20et l'IA
28:21par la productivité
28:23qu'elle amène
28:23va y contribuer
28:24un mot sur le bio
28:25quand même
28:26parce que le bio
28:27c'est intéressant
28:28c'est qu'on avait vu
28:29ça avait explosé
28:30puis c'était devenu
28:30tellement cher
28:31que le bio
28:32surtout après le Covid
28:33a totalement disparu
28:34des rayons
28:34et là c'est en train
28:35de revenir un petit peu
28:37sur le devant de la scène
28:38et vous
28:38vous avez décidé
28:39de mettre le paquet là-dessus
28:40je suis content
28:40que vous parliez du bio
28:41parce que c'est mon grand combat
28:42depuis mon arrivée
28:43je voulais qu'on soit
28:44leader européen
28:44sur le bio
28:45à la fois
28:46dans nos grands formats
28:47mais aussi en ouvrant
28:48des formats spécialistes
28:49bio c'est bon
28:50il y a 10 magasins
28:51je crois
28:51il y a 10 hyper
28:51qui vont changer
28:52alors ça c'est un autre sujet
28:54c'est la partie
28:55de la productivité
28:56exactement
28:57et donc
28:58le marché a beaucoup souffert
28:59au moment de la crise
29:00du pouvoir d'achat
29:01et de l'hyperinflation
29:02le marché du bio
29:03est en train de repartir
29:04et donc à la fois
29:05nos magasins spécialistes
29:06et nos magasins généralistes
29:08qui ont des shop-in-shop bio
29:10bénéficient
29:11et participent
29:12de cette croissance
29:12c'est extraordinairement
29:13important
29:14parce que ça fait partie
29:16de nos combats
29:16pour la qualité alimentaire
29:17pour tous
29:182030 le cours de bourse
29:20sera à combien
29:20en conclusion
29:21Alexandre Bompard ?
29:22ma grande conviction
29:23c'est retrouver le niveau
29:24le niveau
29:25quand vous êtes arrivé
29:26ma grande conviction
29:27c'est que
29:27si on délivre
29:28l'ensemble
29:29et on va délivrer
29:30l'ensemble des engagements
29:31qu'on a pris là
29:32on va avoir
29:34une valorisation
29:34boursière supérieure
29:36nettement supérieure
29:37j'y travaille
29:37et j'ai beaucoup
29:38de confiance
29:39pour ça
29:39et on va y arriver
29:41c'est votre principal défi
29:42quelque part
29:42oui il faut qu'on arrive
29:43à faire ça
29:44il faut que l'entreprise
29:44ait le leadership
29:45qui doit être le sien
29:47et puis qu'on aille
29:48chercher une valorisation
29:49boursière
29:49qui correspond aux performances
29:51à la solidité
29:52à la résilience
29:53et au potentiel de croissance
29:54de cette entreprise
29:55il n'y a jamais de tentation
29:56de genèse
29:57chez vous
29:57Alexandre Bompard ?
29:57non il y a un bonheur
29:58sans faille
29:59et répété
30:00et renouvelé
30:01d'être à la tête de Carrefour
30:01voilà
30:02le patron de Carrefour
30:03était donc notre invité
30:04le président
30:05directeur général
30:06Alexandre Bompard
30:06merci beaucoup
30:07merci beaucoup
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