00:00Bonsoir à tous et bienvenue dans BFM Grand Soir.
00:03Dans un instant, on va revenir très largement sur l'affaire Epstein,
00:06la fin de la garde à vue de Andrew, le frère du roi Charles.
00:10Mais d'abord, les suites de l'enquête après la mort du jeune militant nationaliste à Lyon.
00:14Trois premiers suspects mis en examen, dont l'assistant parlementaire de Raphaël Arnaud, Jacques-Élie Favreau,
00:21vient d'être placé en détention provisoire.
00:23On va tout de suite aller retrouver Mélanie Bertrand devant le tribunal judiciaire de Lyon.
00:27Bonsoir Mélanie.
00:28Oui, c'est son avocat qui l'a annoncé à notre micro.
00:34Oui, effectivement, son avocat nous a confirmé tout à l'heure que son client était placé en détention provisoire.
00:40Alors Jacques-Élie Favreau, pour être tout à fait précis, il est mis en examen pour complicité de meurtre.
00:45En quelque sorte, il est considéré comme le donneur d'ordre.
00:48Oui, il a donné des coups. D'ailleurs, il avait reconnu des violences.
00:51Mais à ce stade, il n'est pas mis en examen pour meurtre, même si au final, la peine encourue
00:56reste la même.
00:57Et oui, il est placé ce soir en détention provisoire.
01:00Au moment où je vous parle, les audiences, les présentations devant les trois juges d'instruction qui sont désormais saisies,
01:05elles s'enchaînent.
01:06On en est à cinq suspects mis en examen.
01:09Donc quatre pour meurtre, Jacques-Élie Favreau pour complicité de meurtre.
01:13Et deux sont déjà placés en détention provisoire.
01:16Vous savez, il y a des audiences qui se succèdent devant le juge des libertés et de la détention.
01:21On a pu voir, par exemple, tout à l'heure, Jacques-Élie Favreau qui est apparu dans le box, le
01:25visage fatigué, les bras croisés derrière le dos.
01:28C'était le cas aussi, cette fatigue que l'on lit sur le visage de ces suspects pour Paul L.
01:33Alors lui, il a 20 ans, c'est un étudiant.
01:36Il est mis en examen ce soir pour meurtre et aussi placé en détention provisoire.
01:40Mais ce qui nous a marqué, c'est son air juvénile.
01:43Il avait l'air un petit peu perdu dans son box.
01:46Son avocate nous a confié tout à l'heure qu'il était profondément marqué par ses 48 heures de garde
01:51à vue,
01:51qu'il avait exprimé des regrets et que lui, sa version, en tout cas face aux enquêteurs,
01:56c'est de dire qu'il s'était laissé embarquer en quelque sorte dans cette bagarre,
02:00qu'il était un suiveur, qu'il n'avait même pas réalisé qu'il frappait quelqu'un véritablement au sol.
02:06Ça, c'est bien sûr leur version.
02:07L'enquête, elle ne fait finalement que commencer.
02:09Il va y avoir maintenant des mois, peut-être des années d'instruction.
02:13Mais ces sept suspects, on le comprend en quelque sorte, ce soir,
02:16vont très certainement tous être mis en examen et placés très certainement aussi en détention provisoire.
02:22Tous, en tout cas, c'est ce qu'il faut retenir de la conférence de presse du procureur,
02:26conteste l'intention homicide, même si certains reconnaissent avoir porté des coups mortels à Quentin de Ranque.
02:33Le procureur de Lyon, qui a précisé tout à l'heure que d'autres interpellations à venir restaient toujours à
02:39suivre dans ce dossier.
02:40Merci beaucoup, Mélanie Bertrand.
02:43Deux suspects placés en détention provisoire, dont l'assistant parlementaire de Raphaël Arnaud.
02:48Dominique Rizet est avec nous en plateau pour en parler.
02:51On le rappelle, donc, mise en examen pour complicité du meurtre du militant nationaliste.
02:56Et le chef retenu confirme, selon l'avocat, qu'il n'a pas donné de coup direct susceptible d'avoir
03:03causé le décès.
03:05Complicité de meurtre par instigation.
03:08Son avocat dit qu'il n'a pas donné les coups directs et que c'est pour ça qu'il
03:12est mis en examen.
03:13Non, tout ça reste à prouver.
03:15C'est sa version, la version de Jacques-Élie Favreau qui dit
03:18« Je reconnais des coups, mais je n'ai pas donné la mort. »
03:22C'est la médecine légale, c'est l'autopsie, ce sont les vidéosurveillances,
03:28les images qui ont été filmées par des personnes qui étaient à proximité,
03:33qui diront qui a donné des coups mortels si l'autopsie permet de l'établir.
03:38Parce qu'elle devrait donner, ce ne sera pas facile, une chronologie des coups qui ont été portés à ce
03:44garçon alors qu'il était au sol.
03:46Et ça, ça va être d'une complexité que Dylan Slama expliquera bien mieux que moi.
03:53Les avocats, donc l'avocat de Jacques-Élie Favreau, Bertrand Seigne, il est dans son rôle.
03:59Il dit « Mon client dit qu'il n'a pas porté de coups et les premiers éléments prouvent que
04:04c'est vrai. »
04:05Non, son client dit qu'il n'a pas porté de coups et l'enquête dira si c'est vrai.
04:10Chacun des avocats va défendre son client avec à chaque fois les mêmes arguments.
04:14Et ce serait bien surprenant que demain, l'un des avocats des cinq mises en examen dise
04:18« Mon client reconnaît avoir porté un coup mortel. »
04:22D'ailleurs, eux-mêmes ne le savent pas.
04:24Personne ne sait quel coup a été mortel.
04:26Et ensuite, pour atténuer un peu ce que dit Mélanie,
04:33leur garde à vue a été difficile, ils sont éprouvés.
04:36On va juste penser aux parents de Quentin,
04:38avant de penser à l'état dans lequel ils sont après 48 heures de garde à vue.
04:43Quentin de Ranck, donc, frappé jeudi dernier et qui est donc mort le week-end dernier.
04:52Dylan Sama, avocat pénaliste, est avec nous.
04:54Tous contestent effectivement l'intention de tuer.
04:57Que risque-t-il ?
04:58Il risque des peines extrêmement lourdes.
05:00Mais il faut rappeler quand même que bien que placé en détention provisoire,
05:03il demeure présumé innocent.
05:05Et pour placer quelqu'un en détention provisoire,
05:07il ne s'agit pas de savoir s'il est coupable ou pas.
05:08Il y a des critères très précis sur la détention provisoire.
05:10Pour résumer, il y en a à peu près trois.
05:13Le premier, c'est le risque de renouvellement.
05:15On a peur qu'il recommence, donc on le place en détention.
05:17Le deuxième risque, c'est le risque de nuire à l'enquête.
05:20C'est-à-dire qu'il faut préserver les témoignages,
05:22il faut préserver les éléments de preuve.
05:23Et le troisième risque, c'est le risque de fuite.
05:25Pour aller un peu plus vite, c'est plus complexe.
05:26Le risque de fuite est donc de se soustraire à l'institution judiciaire.
05:29C'est tout ce qu'ont décidé les magistrats aujourd'hui.
05:31Ils n'ont pas décidé de la culpabilité des uns et des autres,
05:34ni en les mettant en examen,
05:35ni en les mettant éventuellement en détention provisoire.
05:39Je suis d'accord avec Dominique Rizet sur un point.
05:41Tout reste à prouver.
05:42J'insisterai sur un point qui me paraît un peu crucial.
05:44Tout reste à prouver du côté de l'accusation.
05:46Parce qu'en France, la charge de la preuve repose sur l'accusation.
05:51Et donc, c'est à l'accusation de venir démontrer
05:53la culpabilité des différents individus
05:54et en aucun cas aux avocats de la défense
05:57d'aller démontrer l'innocence de leurs clients.
05:59Et un dernier point qui me paraît important dans ce dossier,
06:02c'est que Mélanie Bertrand, elle a dit
06:03qu'il y a trois juges d'instruction.
06:05C'est quand même assez exceptionnel,
06:07y compris sur des dossiers médiatiques,
06:08qu'on ait trois juges d'instruction différents
06:10qui soient saisis sur un même dossier.
06:13Et ils sont en train d'être présentés aux juges en ce moment.
06:15Donc, à Lyon, merci beaucoup à tous les deux.
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