- il y a 5 heures
- #sudradio
Avec Virginie Martin, co-auteur de "Jeux de pouvoir, quand les politologues regardent des séries" éd. du Cerf
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NewsTranscription
00:01Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face-à-face.
00:08Bienvenue sur Sud Radio, on est bien sur Sud Radio en ce jeudi 19 février, il est 13h05, je reçois
00:15une personne très importante
00:17qui s'appelle Virginie Martin, qui mène un combat à certains, et elle a rédigé aux côtés de Bruno Cotteresse
00:25un document,
00:26c'est un traité, c'est un document, c'est un essai en même temps, qui s'appelle « Jeu
00:31de pouvoir », jusque-là ça va, « Jeu de pouvoir »,
00:33mais attention, il est analysé sous le prisme des séries télévisées, quand les politologues regardent des séries.
00:41Pas « regorgent », « regardent des séries ». En deux mots, et vous allez expliquer Virginie Martin à quoi
00:46consiste,
00:46aujourd'hui le débat politique, les orientations politiques ne sont peut-être plus inspirées par des grands récits de l
00:52'histoire,
00:52mais par des séries télévisées, du monde entier, américaine notamment, mais françaises aussi,
00:56et vous avez considéré qu'en consultant différents politologues de leur demander de décrypter chacun une série télé,
01:03on a aujourd'hui un tableau du discours politique, des orientations, j'allais dire, de la philosophie politique qui est
01:10aujourd'hui en cours.
01:11Comment vous est venue cette idée de faire cette compilation et cette synthèse de ce série de « Jeu de
01:17pouvoir » ?
01:18Merci pour l'invitation, Perico. L'idée nous est venue parce que, voilà, moi, ça fait une dizaine d'années
01:25que je consacre beaucoup de temps à regarder et à analyser des séries.
01:29Évidemment, peu à peu, à force de les regarder, on voit à quel point c'est un objet de soft
01:33power absolument incroyable.
01:35Le Japon est devenu quasiment, voilà, une coqueluche internationale grâce aux séries.
01:40Et puis, les mangas, la Corée, évidemment, depuis bien longtemps les États-Unis, Israël,
01:47enfin, c'est absolument colossal en termes de puissance narrative et d'imaginaire que ça déclenche.
01:54Et finalement, je me suis dit, tiens, ça ressemblerait à une sorte de traité de science politique,
02:01mais bien plus accessible, qui passe par l'imaginaire, par la chair, par la fiction.
02:05Et donc, voilà, toutes ces séries ont été rassemblées dans ce livre avec les meilleurs politologues d'entre nous.
02:12Et on en est très heureux.
02:14Comment vous est venue cette conscience que, aujourd'hui, le phénomène de la série télévisée
02:19pouvait être une source d'inspiration, que peut-être, j'allais dire, un vivier d'orientation politique,
02:25de décryptage, de description, qui permet aujourd'hui à des candidats, à des partis politiques,
02:29à des mouvements, à des élus, de puiser dans cette réalité.
02:33Parce que, si je comprends bien, les réalisateurs, les producteurs de ces émissions,
02:37le font aussi dans le sens d'un message à faire passer, bon ou mauvais, acceptable ou pas acceptable.
02:43Et là, vous avez dit, bon, on va choisir.
02:44Donc, c'est vous qui avez choisi les séries, ou ce sont les politologues que vous avez consultés,
02:48qui vous ont dit, moi, je voudrais parler de celle-là ou celle-là.
02:51Genre, Benjamin Morel sur le Parlement, ou Gael Brustier sur The Young Pap.
02:54Ou c'est vous qui avez dit, d'abord, voilà les séries que nous avons sélectionnées avec Bruno Cotteres,
02:59et on voudrait un décryptage.
03:01On a fait un peu les deux, en fait.
03:03On a d'abord convoqué, si je puis dire, et invité nos amis et collègues,
03:08parce que c'est un livre d'amitié aussi, il faut le dire, il faut le préciser.
03:11Et donc, on leur a demandé, et on leur a demandé à chacun, finalement,
03:15« Prends ta série préférée. »
03:16C'est que des pointures, je précise.
03:18C'est Michel Vivorca, c'est Janine Mossus-Laveau, c'est Arnaud Mercier.
03:23Et on sent qu'ils ont pris plaisir à ce texte, un peu de façon inattendue.
03:27Bon, je pense que le phénomène, ils le connaissaient, ils l'ont eux-mêmes souvent dénoncé ou souligné.
03:31Et là, ils sont télés sur le terrain, et leur description, la collusion qu'ils font entre le programme,
03:37la nature, le contenu de la série télévisée, et ensuite le discours de l'homme politique, il est fascinant.
03:41Pour ça, j'encourage toute la classe politique à lire ce bouquin jusqu'au sommet de l'État, c'est
03:46très éclairant.
03:49Conclusion, il y a une vraie collusion, je veux dire, entre maintenant l'univers de l'écran télévisé
03:56et ce qu'on entend et ce qu'on voit dans le monde politique mondial.
03:59Oui, on peut dire qu'il y a une collusion, parce que par exemple,
04:03certains communicants ou directeurs de cabinet ou autres, ou journalistes politiques,
04:07sont aujourd'hui consultés par les scénaristes et par les producteurs.
04:12Parfois, ils sont eux-mêmes scénaristes, ils ne sont pas simplement consultants.
04:16Donc, on voit bien, de toute façon, déjà, en termes de professionnalisation, si je puis dire,
04:20les producteurs de séries vont chercher, dans les professionnels qui font de la politique,
04:26justement leur inspiration directe.
04:27Et, en contrepoint, bien entendu, qu'est-ce qui se passe ?
04:30Aujourd'hui, on voit bien le côté mise en série, mise en communication,
04:35mise en publicité de plus en plus forte, évidemment, de la classe politique et de la communication politique.
04:42On le voit.
04:43Regardez, on a eu, à un moment donné, je crois que c'était chez les jeunes,
04:46Macron, qui disaient, Macron, acte 1, acte 2, saison 1, saison 2, saison 3.
04:53Même le vocabulaire est devenu le vocabulaire de la série et de la fiction en série.
04:58Donc, ça aussi, bien entendu, après, c'est tout le monde, de la rapidité, du TikTok, de l'instagramisation, de
05:05la politique.
05:07C'est tout ça aussi qu'on voit dans ces séries.
05:09Mais on le voit.
05:10Ce qui est intéressant, je trouve, c'est que c'est vrai que le livre réunit les meilleurs politologues, certes,
05:16mais en même temps, on passe par la chair, on passe par les intrigues, par la fiction, comme je le
05:23disais tout à l'heure, par l'imaginaire.
05:25Et c'est vraiment fascinant de ce point de vue-là, parce qu'on passe derrière le rideau, on va
05:30dans les coulisses, en définitive.
05:32Et évidemment, l'intrigue nous tient.
05:34Et en même temps, on fait de la politique.
05:36On est loin des Dames de la Côte, des Rois Maudis, de Château Vallon, où il y avait peut-être
05:41un message, allez le savoir, il faut aller le chercher loin.
05:44Là, vous dites bien, les producteurs, les scénaristes introduisent dans leur scénario une forme de message,
05:51où ils créent un contexte politique qui peut permettre une inspiration, qui peut permettre à des hommes politiques de venir
05:57puiser quelques éléments.
05:58C'est une pratique américaine, c'est ce qu'on appelle le soft power, un petit peu ?
06:02Oui, en tout cas, le soft power, ça serait plutôt, si vous voulez, de rendre puissant un pays.
06:11Et par exemple, de rendre, voilà, la Maison Blanche, comme faisant partie de notre imaginaire quasi quotidien,
06:19parce qu'on la voit dans toutes les séries et dans beaucoup de films américains.
06:23C'est ça, un petit peu aussi, c'est rendre familier et familière certaines figures.
06:28Mais là où ça peut avoir de l'influence, parfois cynique, attention aussi, de la mauvaise influence,
06:34parce que ça donne quand même de la politique, un côté cynique, manipulateur, ancré sur la communication.
06:41Ça aussi, c'est pas non plus, toutes les séries ne sont pas, je ne sais pas si vous la
06:46connaissez,
06:46mais The Designated Survivor, qui est très gentillette, si je puis dire, en termes de gestion de pouvoir.
06:52Là, typiquement, dans une série comme Scandale, c'est beaucoup plus violent et c'est beaucoup plus cynique,
06:57comme on avait vu à l'époque en France avec Baron Noir, ce qu'on avait vu avec Baron Noir.
07:02Est-ce qu'on peut considérer que la France a mis du temps à comprendre que c'était un vecteur
07:06du récit,
07:07donc des mythes collectifs ? Parce que là, on est dans le mythe collectif.
07:10On est vraiment dans le mythe collectif, absolument, et la France a encore du retard.
07:15La France a encore du retard, attention, mais ça apparaît clairement.
07:18Alors, on aurait pu prendre aussi, qui est fait quand même aussi par de la production française,
07:23Les Sauvages, avec Roche d'Izem, ça aurait pu être intéressant, ce n'est pas dans le livre,
07:27en revanche, on a pris évidemment La Fièvre, en place, Dans l'ombre,
07:32Dans l'ombre, c'est, rappelons-le quand même, c'est tiré du livre d'Edouard Philippe,
07:38au tout départ, et de Gilles Boyer, et ça a donné cette série sur France Télévisions,
07:44et là, La Fièvre, il y a quand même des productions, vraiment, 100% français, ça commence à exister.
07:51Ils sont classés par chapitres, on commence le premier par catégorie,
07:56on commence par la première partie, pouvoir, élection, institution,
08:00ensuite, il y a communication politique, récit, opinion publique,
08:04tensions démocratiques, tout ça est très classé, avec des analyses très pertinentes,
08:08et violences, traumas, traumas et conflits.
08:10On reprend La Fièvre, par exemple, d'Éric Benzécrit,
08:13on est quand même dans une, là, pour le coup, ça nous touche,
08:15c'est dans une lecture républicaine, universaliste,
08:18c'est au chapitre communication politique.
08:20On voit bien qu'il y a un message politique très clair,
08:22et c'est Charles Biondi qui l'analyse.
08:24C'est Charles Biondi, exactement, politologue aussi.
08:27Oui, le message politique est très clair,
08:29c'est cette radicalisation via les réseaux sociaux,
08:33qui est montrée dans La Fièvre,
08:35cette hyperfragmentation, cette société du like,
08:39cette société aussi de l'attention,
08:41où il faut, évidemment, être toujours plus outrancier,
08:43si on veut capter l'attention, c'est ça, en fait, le problème.
08:47Et là, aujourd'hui, on le voit.
08:49Et si vous voulez, c'est aussi, évidemment,
08:51ces extrêmes droites, ces extrêmes gauches,
08:54qui vont jouer avec ces réseaux sociaux de plus en plus,
08:57mais à un moment donné, il va y avoir ce que Charlène appelle
08:59une performativité, en fait, de la technologie.
09:03Une performativité, c'est quoi ?
09:04C'est que, finalement, ces réseaux sociaux
09:06amènent de plus en plus de radicalité,
09:08qui amènent de plus en plus de radicalité,
09:10et qui peuvent, tout d'un coup, atterrir sur le réel.
09:13C'est bien ça, ce qu'on est en train de vivre cette semaine.
09:15Et en tout cas, on le voit bien dans ce livre,
09:17je rappelle le titre,
09:20Jeu de pouvoir, Virginie Martin et Bruno Cotter.
09:23On parlera un petit peu de Bruno Cotter,
09:24ce qui n'est pas là, quand les politologues regardent des séries.
09:27Vous êtes sur Sud Radio, vous restez avec nous,
09:29vous nous appelez au 0826 300 300.
09:32Je voudrais, je voudrais avoir votre avis,
09:34parce que je sais, vous regardez tous la télévision,
09:36vous savez ce que sont les séries télévisées.
09:38Je suis persuadé que vous vous êtes souvent posé la question,
09:40mais est-ce que là, il y a un message subliminal ?
09:43Ou lorsque vous entendez un homme politique parler,
09:45ne s'est-il pas inspiré quelque part de telles séries télévisées ?
09:48Ou tout simplement, est-ce que cette doctrine ne nous vient pas des Etats-Unis,
09:51à travers le grand écran ?
09:53Est-ce qu'on n'est pas en train de se faire subliminalement laver le cerveau ?
09:57Et c'est bien ce que soulève dans ce livre Virginie Martin,
10:00vous nous appelez au 0826 300 300,
10:03Emmanuel Galasso attend votre appel,
10:05et Virginie Martin se fera un plaisir, une joie,
10:08ou d'éclairer vos doutes, ou d'apporter la précision qui vous manque
10:11pour bien décripter ce phénomène politique qui est celui de notre temps.
10:14A tout de suite.
10:16Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses Etats,
10:21Perico-Legas.
10:22On n'a donc appris hier que deux assistants parlementaires de Raphaël.
10:27Nous sommes bien sur Sud Radio,
10:28et oui, il y a des assistants parlementaires qui font des bêtises,
10:30mais moi je suis avec Virginie Martin,
10:36je cherche aussi le nom de Bruno Cotteres,
10:38parce qu'il est important de dire que ces deux,
10:41vous êtes des observateurs tous les deux de la politique française.
10:44Oui, depuis longtemps.
10:45Voilà, et nous essayons de comprendre en quoi les séries télévisées
10:49peuvent influencer le débat politique,
10:51et les orientations politiques de certains leaders.
10:55dans la Somme, il y a beaucoup de séries qui sont citées,
10:57elles sont décryptées par des politologues.
11:01Virginie Martin,
11:02quelle est celle dont on peut dire qu'elle est bien représentative
11:06de la démarche que vous allez faire, ce livre, le contenu ?
11:10Elles sont toutes parlantes.
11:12Par exemple, sur la communication politique,
11:14qui est quand même quelque chose d'extrêmement important,
11:17je pense que c'est scandale qui est la plus intéressante,
11:20parce que c'est vraiment le travail de cadrage, recadrage,
11:23des scandales politiques.
11:25Alors, ils peuvent être économiques, financiers, sexuels,
11:28ce que vous voulez,
11:28mais voilà, c'est comment en fait,
11:31ce génie qu'est Olivia Pope,
11:34qui est donc l'héroïne finalement de la série Scandale,
11:38comment est-ce qu'elle va gérer la crise ?
11:41Les crises !
11:42Là, on est dans le chapitre communication politique.
11:44Voilà, mais ça c'est extraordinaire.
11:46Oui, mais c'est vraiment extraordinaire.
11:47Qui est au cœur du débat actuel.
11:48C'est au cœur du débat actuel.
11:50C'est au cœur, on le voit tous les jours.
11:51Il y a ce qu'on appelle le cadrage,
11:53le contre-cadrage,
11:54il y a les sophismes,
11:55il y a tout cela.
11:56Et Olivia Pope travaille comme cela tout le temps,
11:59avec aussi les images,
12:00comment on met en scène,
12:03physiquement, en photographie,
12:05justement, le récit.
12:07C'est extraordinaire.
12:08Virginie Martin, vous avez voulu le traiter vous-même,
12:10ce chapitre-là.
12:11Scandale, oui.
12:12Scandale.
12:12Pourquoi vous avez voulu le faire, vous ?
12:14Parce que je suis vraiment fascinée.
12:15Je trouve que c'est une série qui est très, très, très bien conçue,
12:18très bien montée.
12:20Ça fait...
12:20Je l'ai aussi regardée plusieurs fois.
12:23Pour nos auditeurs qui ne savent pas,
12:24qu'est-ce que Scandale ?
12:25C'est une série qui parle de quoi ?
12:26C'est une série, oui.
12:27Quelle origine ?
12:27C'est américain.
12:29Et c'est Olivia Pope qui est une...
12:34Elle est au départ...
12:35Elle s'occupe des relations presse.
12:37Et puis finalement,
12:37elle finit par être une gestionnaire de crise.
12:39Donc, une communique.
12:40Oui, voilà.
12:40Mais elle finit par être une gestionnaire de crise
12:42de la Maison Blanche.
12:45Et donc, voilà.
12:46Et la mise en scène est extraordinaire.
12:48Il y a des spin-doctors derrière.
12:49Tout à fait.
12:50Donc, des directeurs de la communication
12:51et directrices de la communication.
12:53Il y a les stratèges du pouvoir,
12:55les mots-clés.
12:56Qu'est-ce qu'on va dire ?
12:57Il y a aussi les conférences de presse.
12:59Mais, en même temps,
13:01ce qui est sympathique dans la série Scandale,
13:03c'est que c'est aussi...
13:05C'est tellement intriguant.
13:09C'est tellement fort.
13:10Il y a aussi de l'émotionnel.
13:11C'est ça qui est intéressant.
13:13C'est ça que j'adore aussi dans les séries.
13:14C'est qu'on fait de la politique sans le savoir.
13:17On rentre dans la politique la plus classique
13:19sans s'en apercevoir.
13:21Parce qu'on va rentrer, évidemment,
13:22via les émotions.
13:24Scandale est une série américaine.
13:25Elle parle bien de situations
13:26qui sont à Washington,
13:28à la Maison Blanche.
13:28Pour autant,
13:30on voit bien,
13:31et en le lisant,
13:31je me suis dit que vous n'aviez pas des arrières-pensées,
13:34vous faites quand même une collusion entre...
13:36Alors, on ne va parler rien
13:36de le rapport entre les médias et la politique.
13:39Aux Etats-Unis,
13:39on sait ce que c'est.
13:40Et la presse a souvent fait tomber
13:42des présidents des Etats-Unis.
13:43Et quand elle déclenche un scandale,
13:45ça va jusqu'au bout.
13:46C'est Mediapart,
13:47puissance 1000.
13:48En France,
13:49qu'est-ce que vous dites aujourd'hui,
13:50à travers scandale,
13:51des relations entre les médias
13:53et la politique ?
13:53C'est un vrai sujet,
13:54nous sommes bien d'accord.
13:55C'est un vrai sujet.
13:56C'est des zones d'ombre extrêmement douloureuses parfois.
13:58C'est ça.
13:58C'est un vrai sujet,
13:59parce qu'on a toujours envie de se dire
14:02que si, par exemple,
14:04Dominique Strauss-Kahn
14:05avait eu les mêmes déboires
14:07sur le sol français,
14:09peut-être qu'aujourd'hui,
14:10il n'aurait pas été inquiété
14:11comme il a été inquiété aux Etats-Unis.
14:13Donc, les Américains, là-dessus,
14:14sont beaucoup plus puritains
14:16en regardant que nous.
14:17Les médias ne laissent rien passer,
14:19beaucoup, beaucoup moins.
14:21Ici, c'est vrai que les médias,
14:23quand il s'agit d'affaires privées
14:25et conjugales
14:26jusqu'à un certain point, évidemment.
14:28Alors, il y a la vie privée,
14:29la vie publique.
14:30Voilà, c'est ça.
14:31On respecte la vie privée, en principe.
14:32On respecte la vie privée.
14:33Mais quand elle déborde ?
14:34C'est évidemment l'histoire
14:35de Mazarin Pinjot
14:36et de François Mitterrand,
14:37qui était un peu un secret
14:38de polichinelle
14:39dans le tout Paris médiatique.
14:42Mais voilà,
14:42on respecte la vie privée.
14:44Ceux-ci ne nous regardent pas.
14:46C'est comme ça
14:46qu'on le dirait en France.
14:48On voit très bien,
14:49dans une série comme Scandale,
14:50qu'on considère aux Etats-Unis,
14:52finalement,
14:53que votre vie privée
14:54et votre vie publique
14:55sont en continuum.
14:57En fait, c'est ça.
14:58Si vous n'êtes pas correct
14:59dans votre vie privée,
15:00vous ne pouvez pas
15:02être tout à fait correct
15:02dans votre vie publique.
15:04Et donc,
15:04on parle évidemment
15:05de Monica Lewinsky
15:06dans le livre,
15:07parce que dans Scandale,
15:08ils en parlent.
15:10Voilà,
15:10donc c'est un grand changement
15:12de paradigme éthique
15:14et moral, évidemment.
15:16Virginie Martin,
15:18les journalistes
15:18de culture anglo-saxonne,
15:21anglais-américains,
15:21vous disent
15:22nous ne prenons même pas
15:23un café
15:25avec un homme politique.
15:26C'est une interview
15:26au téléphone
15:27ou dans leur bureau.
15:28On vient avec notre galepin.
15:29On se sert peut-être la main
15:30pour vous renvoire.
15:31Voilà,
15:32il n'y a pas la moindre intimité.
15:33En France,
15:34nous avons des journalistes politiques,
15:36des patrons de presse,
15:37dont vous en prenez
15:38qui sont allés
15:39au baptême du ministre,
15:40qui sont allés
15:40dans l'avion du ministre.
15:41Là, bon,
15:41l'affaire Epstein
15:42en a révélé quelques-uns,
15:43mais j'ai connu
15:44autour de moi.
15:45Alors,
15:45ils vous disent
15:46oui,
15:47mais j'ai obtenu
15:48dans cette intimité,
15:49cette confidentialité,
15:50des renseignements
15:51que je n'aurais pas eus
15:51dans une relation
15:52très solennelle.
15:53Ça se finit souvent
15:54avec des grands patrons de presse.
15:56Je pense à
15:56François-Olivier Gisbert
15:57pour lequel j'ai une estime infinie.
15:59On est en relation
16:00assez proche
16:01du chef de l'État,
16:02du homme politique.
16:03Il se confesse,
16:04on prend des notes
16:05et puis quand il n'est plus au pouvoir,
16:07on balance.
16:08On balance.
16:08Et bien,
16:09attention à côté de qui on est.
16:11Est-ce qu'il n'y a pas
16:11quand même une,
16:12j'allais dire,
16:12des relations particulières
16:15voire malsaines
16:15entre la presse politique
16:16et la classe politique française ?
16:18Dans certains cas,
16:19pas toujours bien entendu.
16:20Dans certains cas,
16:20oui,
16:21mais c'est vrai qu'il y a aussi
16:22des journalistes politiques
16:22et j'en connais
16:23qui disent,
16:24qui ont cette ligne justement.
16:26Jamais de déjeuner
16:27avec un politique.
16:28Voilà,
16:29c'est une ligne.
16:29Mais c'est souvent des gens
16:31qui ont travaillé
16:32à l'étranger.
16:34Effectivement.
16:34Il y a une éthique.
16:35Donc,
16:35il y a vraiment une éthique.
16:36C'est ça.
16:36Ils n'ont pas fait
16:37toute leur classe en France
16:38et du coup,
16:39ils ont appris ailleurs
16:40finalement leur métier aussi
16:41de journée spirituelle.
16:42Qui est dans la charte
16:42des journalistes.
16:43Pas de collusion.
16:44Alors,
16:44est-ce que pour avoir
16:45le renseignement,
16:46Jean-François Cade,
16:47mon maître,
16:47me disait,
16:47pour avoir une information,
16:49il faut presque,
16:50j'allais pas,
16:50entre guillemets,
16:51il faut peut-être violer
16:52les règles
16:52pour avoir l'information
16:54que sans sang ne te donnera pas.
16:55Ou pas.
16:55A quel prix ?
16:56Ou pas.
16:56Ou pas.
16:57Parce qu'une fois
16:58que vous êtes dans cette intimité,
17:00on le voit,
17:01on est tout de suite après
17:02dans la retenue,
17:03on fait attention,
17:04on n'ose plus dire
17:05exactement ce qu'on pense,
17:07parce que peut-être
17:08qu'après,
17:08le deuxième déjeuner
17:09ne se passera pas bien
17:09et puis peut-être
17:10il n'y aura pas
17:10de troisième déjeuner.
17:11Parce que l'homme politique aussi,
17:13ou la femme politique,
17:13elle veut,
17:14elle attend quelque chose
17:15de ce déjeuner.
17:16Donc c'est un peu
17:17du donnant-donnant.
17:18Donc la frontière
17:18un peu étanche
17:19n'est pas si mauvaise,
17:20je pense.
17:21Alors,
17:21la reine du Sud,
17:22Michel Vivorca,
17:23qui est une figure,
17:25il parle de narcotrafique
17:27et violence nord-sud.
17:30La Reine du Sud,
17:31parlez-nous de cette série.
17:32Pourquoi Vivorca
17:33l'a choisie ?
17:34Qu'est-ce qu'elle raconte
17:35qui fait que Vivorca
17:36a pu nous faire
17:36cette analyse
17:37si pertinente ?
17:38Mais je pense que
17:39Michel Vivorca
17:41avait très envie
17:42de parler de violence.
17:44Vraiment.
17:45Et La Reine du Sud,
17:47c'est quand même
17:47le laboratoire
17:47de la violence.
17:48On est dans le narcotrafique
17:50entre le sud de l'Amérique
17:52et les Etats-Unis.
17:54On est vraiment
17:55dans ce laboratoire
17:55de la violence.
17:56Et je crois que Michel
17:57avait très envie aussi
17:58de raconter
17:59cette banalisation
18:00de la violence
18:01dans le cadre
18:03du narcotrafique.
18:04Et je trouve
18:05qu'il a eu,
18:06quelque part,
18:06une intuition très forte.
18:08Aujourd'hui,
18:08on parle de narcotrafique
18:10quasiment tous les jours.
18:11Et c'est vrai
18:13qu'il y a
18:14un vrai sujet là-dessus
18:15dans lequel
18:17La Reine du Sud
18:17nous embarque.
18:18Mais La Reine du Sud
18:19est intéressante
18:20et Michel le dit,
18:21je crois.
18:22Il dit,
18:23attention,
18:24elle,
18:24elle ne banalise pas
18:26la violence.
18:27Il y a toujours
18:28une violence
18:28pour quelque chose.
18:30Pour quelque chose.
18:31Mais ce que décrit
18:32Michel dans
18:34le cadre
18:34du narcotrafique
18:35et de ce laboratoire
18:36de la violence
18:37qu'il décrit
18:37via La Reine du Sud,
18:38c'est qu'il dit,
18:39là, à un moment donné,
18:40on ne sait même plus
18:41pourquoi on est violent
18:42en définitive.
18:43On ne sait même plus
18:43ce qu'on défend.
18:44Est-ce que ce sont
18:45toutes des bonnes séries
18:46où il y en a
18:47qui ne sont pas très bonnes
18:48sur le plan artistique,
18:49télévisuel,
18:50mais dont le message
18:51est très fort
18:51et d'autres qui sont
18:52au contraire,
18:53très bien tournées,
18:54qui sont captivantes
18:55et dont le contenu
18:57est un petit peu plus faible ?
18:58Est-ce que vous...
18:59Celle qui est sublime
19:00à la fois dans les messages,
19:03dans la page d'histoire
19:04qu'elle tourne
19:05et dans la réalisation,
19:06c'est Mad Men,
19:08évidemment.
19:09C'est vraiment le début
19:10justement de la communication politique
19:12et du marketing politique
19:13dans les années 60.
19:14C'est Philippe Marlier
19:15qui la traite.
19:15Exactement.
19:1650-60 aux Etats-Unis,
19:18c'est une page d'histoire,
19:19cette série.
19:20C'est bien plus qu'une série.
19:21C'est une encyclopédie.
19:23Donc là, c'est extraordinaire
19:24et la forme et le fond
19:25sont absolument parfaits.
19:28Vraiment,
19:28les deux sont parfaits.
19:29Il y a des séries
19:30peut-être un peu plus faibles
19:31comme En Place,
19:32par exemple,
19:34qui va raconter
19:35l'ascension
19:36d'un jeune noir de banlieue
19:38et qui va essayer
19:39d'être président
19:41de la France.
19:42Donc la série est truculente,
19:44elle est ironique,
19:45elle est drôle,
19:46elle est humoristique.
19:47Bon, la réalisation
19:48n'est pas extraordinaire,
19:49mais on rentre quand même
19:50dans des vrais sujets.
19:51Voilà comment
19:53des gens issus
19:54de la diversité
19:55peuvent arriver
19:56au sommet du pouvoir
19:57en France.
19:58Comment on passe
19:59de l'autre côté du périph
20:00pour revenir
20:01dans le centre parisien.
20:03Voilà,
20:03il y a toutes ces questions-là
20:04qui sont intéressantes
20:05et qui sont traitées
20:06par le spécialiste
20:07de la communication politique
20:08en plus,
20:09Arnaud Mercier.
20:10Je voudrais qu'on s'arrête
20:11un instant sur Dans l'ombre,
20:12une campagne présidentielle
20:14pas comme les autres.
20:15Vous la traitez
20:16avec Bruno Cotteret justement.
20:17On va faire une petite,
20:18on va marquer une petite pause.
20:20Vous nous appelez
20:21au 0826-3300.
20:22Vous avez vu la teneur
20:23de mon échange
20:24avec Virginie Martin.
20:25Vous connaissez
20:26toutes ces séries télévisées.
20:28On va parler de Parlement,
20:29on va parler de...
20:30On a parlé de la fièvre,
20:32the good fight,
20:33years and years.
20:34C'est vrai que c'est
20:35en thérapie.
20:36On a parlé de la réunion
20:37de Suisse,
20:37Fahouda,
20:37si vous en avez vu.
20:38Et surtout,
20:39dites-nous,
20:40appelez-nous pour nous dire
20:40oui, effectivement.
20:42On a l'impression
20:42que la classe politique,
20:43que le discours politique français
20:45est influencé non plus
20:47par Victor Hugo,
20:48Zola,
20:49Saint-Simon,
20:50mais par des séries américaines
20:51ou françaises.
20:52Et ça explique peut-être
20:53des choses
20:54qui se passent aujourd'hui.
20:55On se dit
20:56mais comment ça se fait ?
20:56Vous nous appelez
20:57au 0826-3300
20:59sur Sud Radio.
21:00On retrouve Virginie Martin
21:00dans quelques instants.
21:0214h,
21:03Sud Radio,
21:04la France dans tous ses états,
21:06Péricolegas.
21:07Mais on est très bien
21:08sur Sud Radio
21:09en ce jeudi 19 février
21:10parce que je reçois
21:12Virginie Martin.
21:13Je reçois souvent
21:14des hommes politiques,
21:16des économistes,
21:16des enseignants,
21:17des gens qui viennent
21:18raconter la souffrance
21:19ou les joies
21:20de la société française.
21:22Et Virginie Martin
21:23vient nous parler
21:24de l'influence
21:25des séries télévisées
21:26dans lesquelles nous vivons.
21:28On en a ras-le-bol
21:29des séries télévisées.
21:29On dit
21:30la France va mal
21:30parce qu'il y a trop
21:31de séries télévisées.
21:32Ce n'est pas qu'elle va mal.
21:33C'est qu'il y en a
21:33qui puisent à l'intérieur
21:34de ces séries télévisées
21:35leur discours politique,
21:36leur orientation.
21:37Si ce n'est pas
21:38que la série télévisée
21:40elle-même a été conçue
21:41pour proposer un programme
21:43ou un discours politique
21:45à nos élus.
21:46Virginie Martin,
21:47le premier chapitre abordé,
21:49première partie,
21:50pouvoir,
21:51élection,
21:51institution,
21:52dans l'ombre.
21:52Une campagne présidentielle
21:54pas comme les autres.
21:55Alors vous l'écrivez
21:55avec Benoît Cotteresse,
21:56on est bien
21:57dans la campagne présidentielle
21:58telle qu'elle est vécue
21:59aujourd'hui.
22:00Absolument,
22:01absolument,
22:01avec ces coups bas,
22:06ces pièges,
22:07c'est une campagne,
22:07on voit la violence,
22:09vraiment.
22:10C'est une série
22:11assez brute.
22:12Les réalisateurs
22:13l'ont voulu comme ça ?
22:14Absolument,
22:14absolument.
22:15Ils l'ont voulu comme ça,
22:16en plus je les ai rencontrés,
22:18donc effectivement
22:19ils ont voulu garder,
22:20si vous voulez,
22:21cette brutalité
22:22de la politique.
22:22Est-ce qu'on peut
22:23les classer politiquement ?
22:24Véritablement.
22:24Ce qui n'est pas interdit,
22:25est-ce qu'ils peuvent être
22:25plutôt des banques de droite ?
22:27En général,
22:28ils sont eux-mêmes.
22:29Ils sont plutôt,
22:30alors,
22:31même en France,
22:33globalement,
22:34ça ne veut pas dire
22:34tout le monde,
22:35attention,
22:35ils sont plutôt dans le camp,
22:36on va dire,
22:37progressiste.
22:38Ils sont aux Etats-Unis,
22:39très anti-Trump,
22:40ils sont plutôt du côté
22:42de tout ce qu'on peut appeler
22:43diversity,
22:44pour le dire en anglais,
22:45ou ce que certains appellent
22:47en France
22:48wokisme,
22:49un mot qui ne me plaît pas du tout,
22:50mais que j'emploie
22:51pour faire plus simple.
22:52voilà,
22:52ils sont plutôt là-dedans.
22:54Ils vont quand même valoriser
22:55les minorités visibles,
22:57les femmes,
22:59voilà,
23:00tout ce qui est un peu
23:01marge de la société.
23:03Ils font un peu
23:03passer leurs opinions,
23:04ils ont le droit.
23:05C'est peut-être ça
23:06qui les motive au départ,
23:07mais ça ne motive rien
23:08à leur talent,
23:08à leur sincérité.
23:09Regardez par exemple
23:10les chroniques de Bridgetown,
23:12qui sont faites
23:13par Shonda Rhimes,
23:15qu'est-ce qu'elle fait ?
23:16C'est une femme afro-américaine,
23:19et c'est vrai
23:20qu'elle prône en définitive
23:21une diversité,
23:23elle revoit finalement
23:24un passé
23:25tout à fait
23:27campé dans l'histoire,
23:28elle va mettre
23:29des personnages noirs
23:30à l'intérieur
23:31pour justement
23:32un peu choquer
23:33et bouleverser
23:34les représentations dominantes.
23:35Donc on voit bien
23:36le message politique,
23:37il est extrêmement clair.
23:38C'est pareil aussi
23:39sur les orientations sexuelles,
23:40il y a beaucoup
23:41dans les séries,
23:42il peut y avoir
23:43beaucoup de personnages
23:44qui sont
23:45gays, lesbiens, etc.
23:46Virginie Martin,
23:47y compris dans les séries
23:48françaises,
23:49on voit bien
23:49qu'il faut les quotas
23:50de minorités,
23:52que ce soit
23:52la pigmentation,
23:53que ce soit
23:54dans les orientations sexuelles,
23:55dans les publicités.
23:57Est-ce que ça,
23:57on sort un petit peu
23:58du sujet des séries télévisées,
24:00est-ce qu'aujourd'hui
24:01il y a un code,
24:02il y a un dogme
24:02où il faut faire attention
24:04à n'oublier personne
24:06et à créer la diversité,
24:08quitte à ce qu'elle soit
24:08quelquefois artificielle
24:09ou qu'elle ne représente
24:10pas une réalité sociologique ?
24:11Je ne sais pas
24:12s'il faut cocher,
24:15mais en tout cas,
24:15il est important
24:17peut-être
24:18de représenter
24:19le plus de monde possible
24:21en définitive.
24:21Parce que
24:22quand vous regardez
24:23une série ou un film,
24:25je vous explique,
24:27quand vous regardez
24:28une série ou un film,
24:29le processus d'identification
24:30qu'on a bien étudié
24:31dans le roman
24:32d'antan,
24:34à un moment donné,
24:34il faut que vous puissiez
24:36un peu vous identifier.
24:37si par exemple
24:38vous avez une série
24:39où il n'y a pas
24:39une seule femme
24:40de pouvoir,
24:42vous allez finir
24:43par vous identifier
24:43à la maman,
24:45à la secrétaire,
24:46à la serveuse,
24:48mais pas à la communicante,
24:50à la présidente
24:50de la République,
24:51à la sénatrice,
24:52etc.
24:53Donc,
24:53c'est difficile aussi
24:54de ne jamais pouvoir
24:56faire ce processus
24:57d'identification.
24:58Vous voyez ?
24:58Donc,
24:58il ne faut pas non plus
24:59complètement caricaturer
25:01ces cases
25:02qui sont peut-être
25:03cochées.
25:04Et c'est vrai
25:04qu'elles peuvent être
25:05ici ou là caricaturales.
25:06Je ne dis pas le contraire.
25:07Mais vous comprenez bien
25:08qu'à un moment donné,
25:09si vous ne vous adressez pas
25:10à tout le monde,
25:11votre public,
25:12vous le perdez aussi.
25:13C'est aussi une histoire
25:13marketing, attention.
25:15Vous pouvez perdre
25:16votre public.
25:16Si aujourd'hui,
25:17vous faites une série,
25:18par exemple,
25:19vous parliez
25:19dans l'ombre,
25:21série écrite au départ,
25:23inspirée du livre
25:24d'Edouard Philippe
25:25et Gilles Boyer,
25:26dans l'ombre,
25:27l'homme
25:29est en fauteuil roulant,
25:30est en situation
25:31de handicap,
25:32et en face,
25:34sa concurrente
25:35est une femme,
25:36puisque c'est une concurrente,
25:37et elle est jouée
25:37par Karine Viard.
25:38Donc on voit bien,
25:39effectivement,
25:40que là,
25:41même dans une série
25:42très brutale
25:43politiquement,
25:44dans la campagne,
25:45eh bien oui,
25:46on représente
25:47quand même,
25:47en tout cas,
25:47des fragilités.
25:49Alors,
25:50vous parlez
25:50de handicap,
25:51H38,
25:53le sous-chapitre,
25:54c'est le handicap,
25:55point aveugle
25:55de la science politique
25:56et de la politique.
26:26vous écrivez,
26:27une des personnes
26:28qui en France
26:29en a fait un enjeu politique
26:30et aujourd'hui,
26:31le handicap fait partie
26:32des revendications,
26:33des prises de conscience
26:34et vous êtes reconnue,
26:35vous,
26:35je connais bien
26:36le monde
26:36du handicap,
26:38vous êtes reconnue
26:38comme une penseuse
26:40de la chose.
26:41Vous avez introduit
26:42cet élément
26:42dans l'ombre,
26:44c'est aussi un vrai sujet,
26:46est-ce qu'un homme politique
26:47en fauteuil roulant,
26:49comment s'appelait
26:49cette série télévisée
26:50américaine
26:51où l'inspecteur
26:51était en...
26:52L'homme de fer.
26:53L'homme de fer,
26:54vous vous souvenez,
26:54on était là
26:55et c'était le fait
26:56qu'il était en fauteuil roulant
26:57qui donnait encore plus,
26:58j'allais dire,
26:58de pugnacité
26:59à sa détermination.
27:01On le vit comment
27:01aujourd'hui un handicap
27:02quand on est en...
27:03En politique,
27:05c'est d'abord
27:05une exclusion.
27:07C'est une exclusion.
27:08Vous le maintenez ça,
27:09c'est une exclusion.
27:09Bien sûr, bien sûr.
27:10Vous êtes en fauteuil roulant,
27:11par exemple,
27:12admettons,
27:13prenant le cas
27:13du fauteuil roulant,
27:15ou de la mobilité réduite
27:17en tout cas.
27:17On ne peut aller
27:18aucune part, surtout,
27:19déjà.
27:19Enfin, dans les locaux
27:20de Sud Radio, oui,
27:21mais on ne peut aller
27:21aucune part.
27:22Alors, vous dites,
27:23tous les médias
27:23ne sont pas...
27:24J'espère que vous êtes bien reçus.
27:25Ici, oui, ici.
27:26Vous êtes entré en marchand.
27:28Voilà, tout à fait.
27:30Mais il y a des médias
27:31où les choses
27:31ne sont pas forcément prévues.
27:32Il y a un média
27:33que je ne citerai pas,
27:34que je ne peux pas faire
27:35parce qu'ils ne peuvent pas
27:35accepter les personnes
27:37à mobilité réduite.
27:39Hallucinant.
27:40De grande audience
27:40ou non sans nommer le nom ?
27:41Oui, une audience
27:44assez importante, quand même.
27:45Je pense que le simple fait
27:46que vous les interpelliez,
27:47à mon avis,
27:48ils vont trouver une solution.
27:50Je ne sais pas.
27:50Ils le regrettent,
27:51mais qu'est-ce qui est fait ?
27:53Rien.
27:53Donc, en politique,
27:54ça veut dire qu'il y a plein
27:55de lieux
27:56où vous ne pouvez pas accéder.
27:57Or, la politique vous demande
27:58d'aller partout,
27:59d'être partout,
27:59tout le temps,
28:00tout le temps,
28:00tout le temps.
28:01Vous voyez ?
28:01Donc, évidemment que
28:03tout mouvement
28:04de la part d'une personne
28:05en situation de handicap
28:06devient extrêmement complexe.
28:07Alors, évidemment,
28:08là, dans la série,
28:09il est très accompagné.
28:10On s'en doute.
28:11Il y a une équipe de campagne.
28:12Mais ce qui est fabuleux,
28:14je trouve, dans cette série,
28:15qui a peut-être été
28:16un peu sous-évaluée,
28:17parce que son audimat
28:18n'est pas génial
28:19sur France Télé,
28:21c'est à la fois
28:22la figure du héros
28:24que doit être
28:25ce président de la République,
28:28la rencontre d'un homme
28:29et d'un pays, etc.
28:30Et en même temps,
28:31on le voit souffrir
28:33profondément dans sa chair
28:35quand il fait ses séances
28:36de rééducation
28:37avec son kiné.
28:38Et ça, c'est extraordinaire.
28:39Extraordinaire.
28:40Néanmoins, néanmoins,
28:42pour le meeting final
28:43de la campagne présidentielle,
28:45évidemment,
28:46qu'il se doit
28:47de se lever
28:49de son fauteuil.
28:50Et donc,
28:51il doit quand même
28:52ressembler à un héros.
28:53C'est le discours d'un roi
28:54où Vorge VI
28:55doit maîtriser,
28:56il consulte d'ailleurs
28:57un spécialiste
28:58pour maîtriser
28:59son bégayement.
29:00Et il fait son discours
29:01et il ne bégaye pas
29:02et il y a une préparation
29:03psychologique.
29:04On a tous en tête
29:05l'image du président
29:06Franck-Larouz-Welt
29:07à la fin de la guerre
29:07au sommet d'Yalta.
29:09Il est frappé de polio,
29:10il n'y a pas de fauteuil roulant,
29:11il est dans sa Jeep.
29:12Et Winston Churchill
29:12est à côté de lui
29:13et le tient par le bras.
29:14C'est une image très forte.
29:16Ils viennent de gagner
29:16la guerre mondiale,
29:17ils vont la gagner
29:18et on sent que les deux sont...
29:19Il y a celui qui peut marcher,
29:20celui qui ne peut pas marcher.
29:21Mais malgré son handicap,
29:23il a écrasé Hitler
29:24malgré le fait
29:25qu'il soit dans une Jeep.
29:27Après l'ombre,
29:29il y a d'autres sujets.
29:30Je voudrais quand même
29:30qu'on dise un petit mot
29:31parce que j'apprécie beaucoup
29:33Benjamin Morel
29:33qui est un décrypteur pertinent,
29:36un politologue,
29:36un observateur.
29:38Parlement,
29:39est-ce qu'on peut s'approprier ?
29:42Est-ce que la série
29:43permet de donner les codes
29:44de l'appropriation
29:45de l'institution ?
29:46Pas évident.
29:46Pas évident
29:47ou peut-être aux autres...
29:48Je ne vais pas dire
29:49qu'il a ramé
29:49mais dans le texte
29:51on voit bien
29:52où il veut en venir.
29:53C'est difficile
29:55parce que c'est une série
29:58ironique,
29:58humoristique.
29:59Dites-nous en deux mots
30:00ce que c'est le Parlement.
30:01Le Parlement,
30:01c'est vraiment...
30:02C'est l'histoire
30:03d'un jeune assistant parlementaire
30:05qui suit donc
30:07un parlementaire européen
30:08qui ne comprend strictement
30:10rien à l'Union européenne,
30:11qui ne sait même pas
30:12ce qu'il fait là
30:12et lui essaye
30:14de se débrouiller
30:15de ce magma
30:17d'incompétence
30:18et aussi
30:20du cynisme
30:21finalement
30:22quelque part
30:22qui est aussi
30:23dans cette Union européenne
30:24et puis que les gens
30:25sont complètement
30:26largués
30:27dans ces couloirs
30:29extrêmement bien filmés
30:30dans la série.
30:31Donc c'est une série
30:32extrêmement drôle.
30:34Et il y avait aussi
30:35un petit côté...
30:36Moi j'aimais bien
30:36remarquer cela.
30:38C'est que tout le monde
30:38continue à parler en anglais
30:40au Parlement
30:41alors que l'Angleterre
30:42n'est plus là.
30:43Et c'est tellement drôle aussi
30:45et tellement ironique
30:46de voir cela.
30:47Victoire de la langue anglaise
30:48alors que voilà
30:49au Parlement européen
30:50on aurait pu penser
30:51en plus qu'un des deux
30:52est à Strasbourg
30:53l'autre est à Bruxelles
30:53que la langue française
30:54aurait été...
30:55On aurait pu.
30:55On parle français aussi bien sûr.
30:57Oui Parlement
30:58alors vous avez vu
30:59que les assistants parlementaires
31:00sont un petit peu
31:00au cœur de l'actualité.
31:02Ceux-là sont très gentils.
31:03Ceux-là sont gentils.
31:04Je rassure.
31:04Ils ne tuent pas.
31:05Ils ne cassent à gueuler personne.
31:06Non, ils essayent juste
31:07de se débrouiller.
31:08Et on sent bien
31:09que Benjamin Morel
31:09qui est baigné
31:10dans ce milieu
31:11politicien français
31:12voit bien qu'il y a aussi
31:13des intrigues de couloirs
31:15quels que soient
31:15les cabinets,
31:16les institutions.
31:17On voit bien
31:18à travers ces séries télévisées
31:19et les différentes analyses
31:21il y a quand même
31:22un peu les noirceurs
31:23de l'âme humaine
31:24qui apparaissent
31:24et aussi les gens
31:26qui sont habités
31:27par des convictions sincères.
31:29On voit bien
31:29la différence
31:29entre certitude
31:30et convictions
31:31ces séries télévisées
31:32les font ressortir.
31:34Et donc,
31:35j'allais vous poser la question
31:36est-ce qu'il y en a
31:37dans le lot
31:37que vous avez fait
31:39dont on peut écouter
31:40l'enseignement,
31:40dont on peut suivre
31:41la recommandation ?
31:42Elles sont positives.
31:43Ce n'est pas Saint-Simon,
31:45ce n'est pas Victor Hugo,
31:46je suis d'accord.
31:46Mais quelque part
31:47les problèmes qu'elles posent
31:49et la façon dont elles les posent
31:50sont respectables
31:51et qu'un homme politique
31:52s'en inspire,
31:53ce n'est pas si grave que ça
31:54finalement par rapport
31:55à d'autres
31:55qui peuvent vous envoyer
31:56dans le mur.
31:58Sur les séries
32:00qu'on a choisi,
32:01peut-être que
32:02celle qui est très dure
32:04mais qui peut-être
32:05peut être
32:06vraiment inspirante
32:07sur les victimes
32:09du terrorisme,
32:10c'est en thérapie
32:11que fait
32:12Jeannine Mossus-Laveau,
32:14la brillante
32:15politologue
32:16Jeannine Mossus-Laveau.
32:18Et en thérapie,
32:19La psychanalyse est-elle politique ?
32:20C'est la question qu'elle pose.
32:21La psychanalyse est-elle politique ?
32:23Et voilà, c'est...
32:24Alors, c'est un chapitre
32:25un petit peu plus dense
32:26au niveau lecture.
32:27C'est ça.
32:28C'est un certain niveau.
32:28Alors, formidable, hein ?
32:30Voilà, mais il faut s'y poser
32:30un peu plus longtemps
32:31et ça soulève
32:32un problème essentiel.
32:33C'est ça, c'est ça.
32:34Le post-traumatisme,
32:36qu'est-ce qu'on fait
32:36avec tout ça ?
32:37Voilà, c'est en tout cas,
32:39c'est vraiment important.
32:40Je trouve que c'est
32:41un enjeu important.
32:43Je trouve aussi,
32:44peut-être,
32:45sur la question
32:47du financement
32:47des partis politiques,
32:49j'ai traité dans le livre
32:51de la série The Good Wife
32:53qui a une grosse audience.
32:54Formidable, The Good Wife.
32:56Formidable série aussi,
32:57très bien réalisée.
32:57Vous la faites aussi,
32:58Bruno Cotteres, celle-là.
32:59Voilà.
33:00Financialisation du politique,
33:01une plongée
33:02dans le capitalisme électoral.
33:03C'est formidable.
33:03C'est ça, c'est ça.
33:04Qu'est-ce qu'on fait
33:06si on considère
33:07que finalement,
33:07plus on a d'argent,
33:09plus on gagne
33:09une campagne électorale ?
33:10Référence américaine,
33:11bien sûr.
33:12On sait que là-bas,
33:13ce sont des dizaines
33:13de milliers,
33:14des centaines de millions de dollars.
33:15Milliards.
33:15Alors qu'en France,
33:16ici, on a la loi Rocard
33:17qui vous dit
33:18que si vous dépassez
33:18de 30 centimes votre café,
33:20vous êtes invalidé.
33:21C'est ça.
33:21Mais en plus,
33:22on le voit là
33:23dans les campagnes électorales
33:24actuelles pendant les municipales,
33:26on voit vraiment la crainte
33:28des gens qui s'engagent
33:29sur ces campagnes municipales
33:31et qui regardent effectivement
33:32le moindre café,
33:34le moindre bic acheté
33:35parce que ça va être un problème.
33:37Attention, attention,
33:37ça va rentrer dans les frais de campagne.
33:39Donc il y a aussi une terreur
33:40et je pense que dans ces moments
33:41où plus personne n'a très envie
33:42de s'engager en politique,
33:44ce coup pré-financier,
33:46il est très dur,
33:47il est nécessaire, attention.
33:48Mais là, c'est vrai
33:49que c'est devenu
33:49un petit peu angoissant.
33:51Ils ne parlent...
33:52Vous parlez actuellement
33:53à des gens
33:53qui sont en campagne électorale,
33:54ils vous parlent plus
33:55des comptes de campagne
33:57que de leurs idées.
33:59Vous êtes...
34:00Nous sommes avec Virginie Martin,
34:02co-autrice de Jeux de pouvoir
34:03quand les politologues regardent
34:05des séries télévisées,
34:07un traité politique et pédagogique,
34:09il faut dire ce qui est,
34:10je veux dire,
34:10c'est un délice à rire.
34:11Appelez-nous au 0826-300-300.
34:14Je suis sûr,
34:15je suis persuadé
34:16que vous avez forcément
34:17une idée sur la question
34:18est-ce que la télé nous bourre le mou
34:20et est-ce que les hommes politiques,
34:21au lieu d'aller faire leurs études,
34:23consulter les grands textes
34:24de l'histoire de France,
34:25les philosophes,
34:26les sociologues,
34:27et bien ils gardent la télé
34:28et ça leur fait un programme
34:29plus en main
34:29pour gagner l'élection présidentielle.
34:31Vous nous appelez
34:32au 0826-300-300,
34:34Emmanuel Gallas
34:34vous prendra votre appel
34:35et Virginie Despentes
34:36y répondra.
34:37Virginie Despentes,
34:37Virginie Martin.
34:39Midi 14h,
34:41Sud Radio,
34:42la France dans tous ses états,
34:44Péricolegas.
34:45Nous sommes dans un très bon état
34:46parce que je reçois
34:47Virginie Martin
34:49qui a fait ce décryptage
34:52des séries télévisées,
34:53notamment américaines,
34:54françaises,
34:54dont pourraient s'inspirer
34:56ou dont se sont inspirées
34:57ou dont vont s'inspirer
34:59notre élite politique.
35:00Formidable !
35:00Au lieu d'aller puiser
35:01à la Sorbonne
35:03et dans les universités,
35:05on regarde une série télévisée
35:06et on a le programme
35:08clé en main.
35:08C'est formidable,
35:09il n'y a pas à se prendre la tête.
35:10Virginie Martin,
35:11pourquoi la majorité
35:12de ces séries sont américaines ?
35:15Parce que les Etats-Unis,
35:17historiquement,
35:18de toute façon,
35:18jouent toujours
35:19de leur soft power médiatique
35:21et fictionnel.
35:22Ça a été Hollywood,
35:23les grands films à une époque.
35:25Ils mettent beaucoup d'argent
35:26sur la table.
35:27Ils veulent vraiment
35:29que l'Amérique existe
35:30dans le monde.
35:31Et en fait,
35:32c'est vraiment une forme
35:33d'impérialisme culturel,
35:35ni plus ni moins.
35:36Mais ils mettent de l'argent,
35:37ils mettent les moyens.
35:38Et dans les séries aujourd'hui,
35:39ils mettent aussi
35:40beaucoup,
35:41beaucoup de moyens.
35:42Ils donnent beaucoup d'argent.
35:43Alors,
35:43les scénaristes aujourd'hui
35:44se plaignent,
35:44chez Netflix,
35:45etc.,
35:45bien sûr,
35:46mais néanmoins,
35:47il y a un argent considérable.
35:49Il y a des producteurs
35:50qui veulent raconter des histoires
35:51à partir de l'Amérique.
35:52Le fric,
35:53ça crée tout de suite
35:54une différence
35:55avec ce qu'on peut faire en France.
35:56On a de bons scénaristes en France,
35:57on a des idées,
35:58on n'a pas de pétrole,
35:58mais on a des idées.
35:59Eh ben voilà,
35:59on n'a pas de pétrole.
36:00Alors qu'eux,
36:01ils en ont.
36:01Et les idées,
36:02pour faire une série,
36:03ça ne suffit pas.
36:04Ça se passe comment ?
36:05Ils prennent deux personnes,
36:06ils demandent un projet,
36:07un programme,
36:08ils les enferment
36:08dans une résidence de luxe ?
36:10Exactement.
36:10Ils les enferment,
36:11ils en prennent deux,
36:12dix, vingt.
36:13Et là,
36:20extrêmement féconds.
36:21C'est-à-dire,
36:21c'est une espèce de ping-pong
36:22sans cesse,
36:23sans cesse.
36:24Il y a des centaines
36:25et des centaines
36:26de post-its sur les murs
36:27et qui vont bouger comme ça.
36:29On fait bouger les scènes.
36:30On crée des personnages
36:32très forts,
36:33extrêmement forts,
36:34auxquels on va s'attacher.
36:35Il y a aussi souvent,
36:36souvent,
36:37je ne dis pas toujours,
36:37mais souvent,
36:38un leadership.
36:40Un leadership.
36:41Il n'y a pas un groupe.
36:42Il y a une héroïne.
36:45Il y a un héros
36:46auquel on va peut-être
36:46plus s'identifier
36:48que s'il y a
36:49dix personnes
36:50et finalement,
36:51on finit par s'y perdre.
36:52Ça ne veut pas dire
36:52que les séries chorales
36:53de type 10%
36:54ne marchent pas.
36:55Ce n'est pas du tout
36:55ce que je suis en train de dire.
36:56Mais souvent,
36:57aux Etats-Unis,
36:58ils sont dans ce personnage
36:59pas unique,
37:00mais quasiment,
37:00ou en tout cas,
37:01en duo parfois aussi.
37:02Virginie Martin,
37:03les yeux dans les yeux.
37:04Dites-moi la vérité.
37:05Vous avez fait ce bouquin
37:06avec une intention politique précise
37:08pour tourner la réalité
37:09en dérision
37:10ou au contraire de dire
37:12non,
37:12ne désespérez pas.
37:13Vous n'avez pas de programme,
37:14vous n'avez pas d'idée.
37:15Regardez les séries télévisées,
37:16ça va peut-être vous inspirer
37:17et vous qui êtes nulle.
37:19Ça traduit quand même
37:20un certain niveau d'abaissement
37:21du niveau culturel
37:22de la classe politique française.
37:23C'est-à-dire que
37:23dans ces séries,
37:25le problème quand même,
37:27c'est qu'elles racontent
37:29les crises,
37:29elles racontent les intrigues,
37:31elles racontent la communication,
37:33elles racontent
37:33les gestions de...
37:35Très grande diversité
37:35de thématiques,
37:36je suis d'accord.
37:36Tout ça,
37:37c'est extraordinaire,
37:38la géopolitique avec Fauda,
37:40les traumatismes,
37:41le terrorisme,
37:41etc.
37:42en thérapie,
37:43c'est extraordinairement riche.
37:45Mais ce qui manque,
37:46ce qui manque,
37:48ce sont les programmes.
37:50Justement.
37:51On ne s'en repart rassuré,
37:52c'est un chef-d'oeuvre,
37:53c'est passionnant,
37:54ça raconte plein de choses,
37:55on ne s'en repart rassuré,
37:56on se dit,
37:57mais finalement,
37:58est-ce qu'on va être régi
37:59par des séries américaines ?
38:01Est-ce que notre élite politique
38:02ne pourra t'être inspirée ?
38:04Comme elle ne lit plus,
38:05vous savez,
38:06qu'est-ce qu'il avait lu
38:07au long de Le Petit Prince ?
38:08Il avait relu Le Petit Prince ?
38:09Oui, je crois que c'était ça.
38:11Et puis Fleur Pellerin,
38:12la ministre de la Culture,
38:13n'avait rien à lire.
38:16Exactement.
38:17Mais ce n'est pas grave,
38:18il y a des séries américaines,
38:19alors ce n'est pas Dallas,
38:20heureusement,
38:21il n'y a encore que dans Dallas.
38:22Encore que, encore que, encore que.
38:24Il y a certains partis politiques
38:25qui se demandent
38:25si ce n'est pas Dallas
38:26qui les a inspirés.
38:26Mais regardez,
38:27par exemple,
38:28là, ils ont fait,
38:29je crois,
38:30chez Renaissance,
38:31ou chez les jeunes avec Macron,
38:33je ne sais plus exactement,
38:34je crois que chez les jeunes avec Macron,
38:35ils ont repris,
38:37avec un grand bonheur,
38:38le forcheur de Macron,
38:39et ils l'ont remixé,
38:41mais au profit de Macron.
38:44Voilà, c'est ça.
38:45Oui, on a.
38:45Au profit de Macron.
38:46On a un ingestion
38:47qui est à l'écoute.
38:48Ça a été tourné en dérision
38:49dans le monde entier,
38:50et ils en ont fait quelque chose.
38:52Bon, pourquoi ne pas retourner le stigmate,
38:54en effet.
38:55Mais on voit bien
38:55à quel point il y a une délectation,
38:58il y a une forme de façonnage Netflix
39:00de la vie politique, néanmoins.
39:02Alors, il faut dire les choses telles qu'elles sont.
39:03Les scénarios sont tous américains.
39:05Il y a quelques situations françaises.
39:07Est-ce que nous avons quand même,
39:08dans notre réalité,
39:10dans notre actualité politique,
39:11de quoi faire ?
39:12Si les Américains venaient,
39:13est-ce qu'on aurait chez nous,
39:14entre M. Sarkozy, M. Jacques Lang,
39:16M. Hollande, M. Mélenchon,
39:18est-ce qu'on aurait de quoi faire
39:19un petit peu un truc
39:20qui nous amuse le soir,
39:21un peu animé ?
39:22Qui nous amuse,
39:23parce qu'elles ne sont pas toujours amusantes.
39:24Si vous prenez Years and Years,
39:26par exemple, c'est plutôt...
39:27Ah non, c'est tragique.
39:28Voilà, c'est tragique.
39:29Donc, on n'est pas sûr
39:30que ça soit très amusant.
39:32Pour que ce soit amusant,
39:33il faut le tourner de manière dérisoire
39:34et vouloir...
39:35Est-ce que l'actualité politique française
39:36est télégénique ?
39:39Oui, l'actualité française est télégénique.
39:41Vous prenez, par exemple,
39:42le duo Bardella-Le Pen,
39:45on peut en faire trois saisons.
39:46Bien sûr.
39:46Vous prenez le psychodrame
39:49de Nicolas Sarkozy
39:50et ses quelques jours de prison.
39:52Vous en faites une série.
39:54J'en passe et des meilleurs.
39:55Évidemment, des événements
39:56extrêmement tragiques
39:57comme on connaît actuellement.
39:58On peut faire des séries.
40:00Bien sûr que c'est extrêmement télégénique.
40:02Le côté jupitérien,
40:04narcissique de Macron
40:05est un personnage sériel par définition.
40:08Et il y a aussi, par exemple,
40:11Volodymyr Zelensky.
40:12Tout le monde ne le sait peut-être pas.
40:14Mais il y avait une série
40:15Serviteurs du Peuple.
40:17Il jouait le personnage principal.
40:19Et le Serviteur du Peuple,
40:20c'était quoi ?
40:21C'était lui le personnage principal.
40:23C'est déjà un acteur.
40:23C'est ça.
40:24C'était déjà.
40:24C'était un acteur
40:25avant d'être un président.
40:26Virginie, est-ce que vous n'êtes pas tentée,
40:29tel que je vous entends,
40:30de passer un jour derrière la caméra ?
40:31Derrière la caméra,
40:32j'en serais bien incapable.
40:33Mais d'écrire des scénarios, oui.
40:34D'écrire des scénarios
40:35et de tourner un film.
40:37Absolument.
40:37Avec grand plaisir.
40:38Et il y a des situations
40:40aujourd'hui en France
40:41qui sont tout à fait...
40:42J'en ai quelques-unes dans mes tiroirs.
40:43...qui sont tout à fait finables.
40:44Est-ce que là,
40:46on a, comme président de la République,
40:48on a eu des avocats,
40:49on a eu des intellectuels.
40:50Là, depuis quelque temps,
40:50on a des banquiers.
40:52Ce sont tous de très grands communicants.
40:54Et là, vous prouvez bien
40:55que la communication,
40:56aujourd'hui,
40:57est la matrice principale
40:58de l'entreprise politique.
40:59Est-ce que vous pensez
41:00qu'un jour,
41:01on pourrait avoir un acteur
41:02à l'Élysée ?
41:03Parce qu'autant passer de la série
41:05de passer directement à l'acte
41:06et d'aller de la série télévisée
41:08au post-ministériel
41:10ou au siège présidentiel.
41:11Mais Trump, c'est quoi, au départ ?
41:13C'est un personnage de médias ?
41:14C'est que ça ?
41:16C'est que ça ?
41:16C'est à la fois
41:18un grand financier
41:19d'argent immobilier, etc.,
41:21qui fait de l'argent à New York,
41:23mais il est tout de suite
41:24dans la télé-réalité,
41:26il est tout de suite
41:27un personnage médiatique,
41:28il est tout de suite
41:29un acteur du paysage
41:30médiatique télévisuel.
41:31Vous n'étiez pas né ?
41:32Yves Montand avait animé
41:33une émission qui s'appelait
41:34La crise,
41:34et tout de suite après,
41:35on l'avait dit
41:36Yves Montand président.
41:37Aujourd'hui,
41:37on a quelques personnalités
41:38de spectacle.
41:39Colus, c'était le cas,
41:40on a parlé d'Anouna,
41:42on s'est dit
41:43est-ce qu'un acteur
41:43ne pourrait pas incarner
41:45une mission politique ?
41:46Alors que là,
41:47dans votre livre,
41:48tout est prêt pour.
41:49Tout est prêt pour, oui,
41:50parce que des personnages,
41:51vous parlez d'Anouna,
41:52on peut parler de Vincent Lindon
41:54dans un autre genre,
41:55et puis les gens,
41:56peut-être,
41:57sont prêts aussi
41:58à faire confiance,
42:00peut-être,
42:00à autre chose,
42:02à notre paradigme,
42:02en fait.
42:03Voilà,
42:03on en a marre,
42:04on a essayé ça,
42:05on a essayé des énarques,
42:06on a dégagé des énarques,
42:07et puis on a pris ça,
42:08on a pris ça,
42:08on a pris ça,
42:09et finalement,
42:09qu'est-ce qui marche aujourd'hui ?
42:10Mais ce n'est pas
42:11que les personnages
42:12ne marchent pas,
42:13c'est que la situation
42:14est trop complexe
42:15et nous dépasse tous,
42:16finalement.
42:16Est-ce qu'on ne peut pas
42:17considérer à un moment donné
42:18qu'Emmanuel Macron
42:19est en train de tourner
42:20un film ?
42:21Ce n'est pas un quinquennat,
42:23un décennat,
42:23c'est une série télévisée
42:25qu'il nous anime.
42:26Alors,
42:26il a des alliés,
42:27qui s'appellent Jean-Luc Mélenchon
42:29et Jean-Dan Bardella,
42:30il a des complices,
42:32tout ça est une grande comédie,
42:33la comédie du pouvoir
42:34de François Giraud,
42:35vous vous souvenez,
42:36qui avait donné un film,
42:37c'est Trintignant
42:38qui jouait Mitterrand,
42:39c'était sur L'enfant caché,
42:41on y revient,
42:42mais là,
42:42c'est pas derrière la caméra,
42:45la caméra,
42:45elle est dans le palais présidentiel,
42:46elle est dans les ministères.
42:48Quand vous voyez
42:48l'épisode forcher
42:50avec ses lunettes,
42:51qui réfléchissent en plus
42:53les gens,
42:54mais franchement,
42:55on est, je pense,
42:57plus de la moitié
42:58de la population
42:58à avoir pensé
42:59que c'était de l'IA.
43:00Je suis persuadé
43:02que beaucoup de gens
43:02ont pensé
43:03que c'était un fake.
43:04Vous voyez ?
43:05Vous ouvrez le carne
43:06pas rassurante non plus.
43:07Exactement.
43:08Tout va finir
43:09avec l'intelligence artificielle,
43:10la fiction,
43:11la réalité,
43:12les programmes politiques.
43:13Il y a ça aussi,
43:15la porte ouverte,
43:17la porte est grande ouverte,
43:19effectivement,
43:19à la présence de l'IA,
43:21donc ça veut dire
43:21des fake news.
43:22C'est quand même
43:23très problématique,
43:25véritablement,
43:26de savoir,
43:27et on le voit,
43:28dans Years and Years,
43:29il y a cela aussi,
43:31parce que Years and Years,
43:31c'est sur le nationalisme,
43:33c'est une série passionnante,
43:35extrêmement forte,
43:36mais à la fin
43:37des saisons,
43:39on commence
43:40à intégrer
43:41la tech dedans.
43:42la tech,
43:43avec ses fake news,
43:45ses news,
43:45son intelligence artificielle,
43:47etc.,
43:47et là,
43:48on bascule presque
43:49dans une série
43:50très connue aussi
43:50qui s'appelle
43:51Black Mirror,
43:52dont on ne traite pas,
43:53mais là,
43:53on arrive effectivement
43:55sur cette technologie
43:56toute puissante
43:57et qui peut nous raconter
43:59à notre place,
43:59en fait.
43:59vous ouvrez des perspectives,
44:01je ne vais pas dire effrayantes,
44:02mais en tout cas effarantes.
44:03Il va falloir maîtriser tout ça.
44:04On voit bien l'emprise,
44:05alors c'est l'emprise
44:06de l'écran,
44:06bien entendu,
44:07et puis on remplace
44:08toutes nos sciences sociales,
44:10nos sciences humaines
44:11par un programme télévisé,
44:13et puis il n'y a qu'à puiser dedans.
44:15Je recommande la lecture
44:17Jeu de pouvoir
44:17parce qu'on peut dire
44:18à priori,
44:19oui,
44:19est-ce que c'est intellectuel ?
44:21Il y a des moments
44:22où il y a un peu d'intellectuel,
44:23forcément,
44:24mais en même temps,
44:25ça raconte les choses
44:26telles qu'elles sont,
44:27et ça vous parle
44:28dans la réalité
44:29d'une émission de télé,
44:30et bien on voit bien
44:30l'image semi-liminale.
44:32Vous vous souvenez
44:32de la phrase de Patrick Lelay,
44:33mon métier consiste
44:34à mettre du temps de cerveau
44:37disponible à Coca-Cola
44:38pour vendre mes produits.
44:39Est-ce qu'un jour,
44:40on n'aura pas
44:40des séries télévisées
44:41qui seront là
44:41pour mettre du temps de cerveau
44:42disponible
44:43au service d'une idéologie ?
44:44Alors,
44:44a priori,
44:45c'est déjà fait
44:45puisque Netflix
44:46va maintenant
44:48adapter les placements
44:49de produits
44:50à votre consommation
44:51qu'il aura repéré
44:52sur vos algorithmes d'achat.
44:54Bon,
44:55Virginie,
44:55Martin,
44:55merci d'avoir été là.
44:57Avec plaisir.
44:57Votre présence,
44:58ça a été un échange
44:59passionnant,
45:00un des plus pertinents
45:01que j'ai eu jusqu'à présent.
45:02Et je vous dis,
45:03au début,
45:03je n'étais pas convaincu,
45:04mais il fallait le dire,
45:06vous reviendrez
45:07parce que je pense
45:07qu'il y aura une suite.
45:08J'espère, j'espère.
45:09Et puis si un jour
45:09vous passez devant la caméra,
45:11on viendra évidemment,
45:12ça ne sera peut-être
45:12pas dans cette émission,
45:13mais vous viendrez nous dire
45:14comment la politique française
45:15est plus que jamais
45:16un spectacle.
45:17Quant à nous,
45:18je vous dis,
45:19ben oui,
45:19il va falloir attendre lundi
45:20pour se retrouver,
45:21puisque c'est jeudi.
45:22Demain,
45:23vous avez André Bercoff
45:24qui va reprendre cette émission
45:26avec la même vigueur,
45:27avec la même détermination
45:28qui est la mienne,
45:29qui est celle de Sud Radio.
45:30Et puis là,
45:31je vous laisse en douceur.
45:32Alors,
45:33c'est le jeu de pouvoir,
45:33c'est le jeu de l'amour
45:34avec Brigitte Laé
45:35qui va me succéder.
45:36Je vous embrasse tous
45:37et je vous dis à lundi.
45:38Sud Radio.
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