- il y a 5 heures
- #sudradio
Avec Patrice Bollon, auteur de "Crise, le mot, la chose, l'histoire" aux éditions du Cerf
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NewsTranscription
00:0013h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face à face.
00:06Vous êtes bien sur Sud Radio et Perico Légas reçoit Patrice Bollon.
00:11Patrice Bollon est un... il est tout, il est écrivain, journaliste, essayiste.
00:16C'est un intellectuel au sens noble du terme, c'est un observateur de la vie politique et culturelle française.
00:22Vous avez Patrice Bollon, bonjour, merci d'être là.
00:25Vous avez travaillé à Libé, au Monde, à l'Express, à Paris Match, magazine littéraire.
00:29Auteur de nos bons ouvrages, dont celui-là, La crise, le mot, la chose, l'histoire, édité aux éditions du Cerf.
00:37Et puis, voilà, vous avez écrit Le masque, la morale du masque et Cioran l'hérétique.
00:43Et vous collaborez aujourd'hui au magazine Lire, où vous vous penchez sur les phénomènes littéraires
00:48qui animent notre époque, qui en a tant besoin.
00:51Et là, Patrice Bollon, vous avez voulu vous pencher sur La crise.
00:55Mais oui, La crise, c'est un mot avec lequel on vit.
00:57Et votre ouvrage est passionnant parce que, je disais tout à l'heure en présentant l'émission,
01:02que la crise, on peut la manger à toutes les sauces, comme les expressions la crise de foie, la crise de nerfs.
01:07Vous ne démontez pas d'ailleurs qu'on peut avoir des crises individuelles, personnelles.
01:10Il y a les crises historiques, il y a les crises philosophiques.
01:13D'abord, Patrice Bollon, penchons-nous sur la définition étymologique.
01:18C'est un mot grec, krisis, krisos.
01:20Quelle est la signification originale du mot crise chez les Grecs ?
01:24Le mot crise chez les Grecs, en fait, c'est la décision, c'est le jugement.
01:31Et donc, la première occurrence du terme, la première utilisation du terme, ça a été dans le droit grec.
01:38Et donc, krisis, c'est voulu dire tout simplement le procès, mais aussi la sentence.
01:43Et alors, ce qu'il faut, la chose importante à signaler, c'est qu'en fait, la justice grecque fonctionnait très différemment de la justice actuelle.
01:54Et donc, ça fait que j'ai dû rentrer un peu dans les mécanismes de la justice pour montrer de quoi il s'agissait en Grèce.
02:02Elle était plus juste ou moins juste ? Je fais une parenthèse judiciaire, la justice grecque.
02:07C'est difficile à dire ça. Ce qui se passe, c'est que...
02:10Il y avait un droit grec ou non ?
02:11Il y avait un droit, mais assez, comment dirais-je, pas très canonisé, c'est-à-dire pas très...
02:21Et en fait, le procès, c'était une lutte.
02:26Il n'y avait pas d'idée, par exemple, il n'y avait pas...
02:28C'était du contradictoire.
02:31Oui, c'était pas contradictoire.
02:32Et donc, le mot crise, alors, le mot crise est là, justement.
02:35En fait, donc crise, c'est un verdict aussi, si on pouvait dire.
02:37Ça voulait dire aussi la sentence.
02:40Et la sentence, c'était prise de façon...
02:43Il n'y avait pas d'histoire de, comment dirais-je, de considération autre que celle du droit.
02:51C'était une décision tranchée.
02:53Donc, la crise, c'est plutôt une conclusion qu'un prémisse.
02:57C'est plutôt l'aboutissement de quelque chose.
02:58C'est très bien, ça me permet de dire que la seconde grande occurrence, beaucoup plus importante, c'est la médecine.
03:05Et là, évidemment, la chose qui est très intéressante, c'est que le mot crise est venu...
03:12C'était un mot important de la doctrine hypocratique, d'Hippocrate et les gens qui se réclamaient de lui.
03:20Et la chose très importante à dire, c'est qu'en fait, aujourd'hui, pour nous, on parle de crise en domaine médical.
03:26Quand il y a un mal qui intervient...
03:28Alors, la crise de foie, peut-être qu'il n'existe pas, le foie ne fait pas mal, il peut avoir une pathologie.
03:33Mais alors, pour Hippocrate, le mot crise voulait dire pas du tout la même chose.
03:40C'est-à-dire que c'est la réaction du corps à un mal qu'il atteint.
03:45Donc, plutôt un signe de santé, quelque part.
03:47Oui, c'est-à-dire que j'ai pu parler dans mon livre de travail de la crise.
03:52Pour Hippocrate, la crise est un travail.
03:54C'est-à-dire que ce n'est pas un événement, c'est le corps qui réagit à cet événement.
04:00Et ça, c'est très intéressant parce que, en fait, c'est la signification véritable du mot crise
04:06qui, aujourd'hui, a été complètement galvaudée au point que c'est devenu un slogan.
04:11La crise, c'est ce qui intervient après le mal.
04:15Et aujourd'hui, on a complètement changé puisqu'on appelle crise n'importe quel événement qui disturbe.
04:24Alors, Patrice Bollon, je mets tout de suite les pieds dans le plat par rapport à l'actualité.
04:27Si je comprends bien ce que nous vivons aujourd'hui avec l'Europe et le Mercosur,
04:31la crise, ce n'est pas le fait qu'il y ait un Mercosur.
04:34La crise, c'est le fait que l'Europe décide à un moment donné de dire non au Mercosur
04:38ou de dire non à Trump.
04:39C'est la crise, c'est la réaction, c'est le sursaut.
04:43Et pas forcément l'effondrement devant l'adversité.
04:46Tout à fait.
04:47Mais il se passe qu'on ne peut pas combattre la façon dont les mots sont utilisés.
04:54On peut juste essayer de les redresser.
04:56Et effectivement, c'est ce que j'ai voulu faire dans ce livre
04:59parce que l'idée de crise est très importante.
05:02Elle peut être remplacée par d'autres,
05:04mais de façon, autant garder le mot crise,
05:08qui est un très beau mot en plus.
05:10Mais j'ai voulu lui redonner son contenu véritable.
05:14Parce qu'elle en a perdu, évidemment.
05:16C'est-à-dire qu'il y a eu une sorte d'inflation.
05:19L'inflation du mot crise a amené au fait qu'elle n'a plus véritablement de sens précis.
05:29Alors vous expliquez, Patrice Bollon,
05:31qu'elle a aussi des évolutions ou des dérivés étymologiques.
05:33Le mot critique, par exemple,
05:35où discrimination trouve ses racines dans le concept de crise.
05:39Oui, exactement.
05:40C'est-à-dire que même le mot critique, en fait,
05:43était utilisé indifféremment avec celui de crise
05:46jusqu'au début du XVIIIe siècle.
05:48C'est-à-dire que les deux viennent de la racine grecque crisis.
05:54Il y a un livre très important
05:56qui est d'un des plus grands historiens du XXe siècle,
05:58un allemand qui s'appelait Kosélek.
06:00Kosélek, vous l'avez cité.
06:01Voilà, son livre, c'était la critique et la crise.
06:05En allemand, ça a été traduit différemment en France.
06:09Mais ça veut dire que les deux mots, en fait,
06:11viennent de la même racine.
06:14Et très longtemps ont été interchangeables.
06:17Alors, on parlait de discrimination aussi.
06:20Ça veut donc dire qu'il y a la notion de choix, aussi, dans une crise.
06:23La notion de...
06:23Le choix, on décide, on oriente.
06:26Voilà.
06:26Exactement.
06:27En ce sens...
06:27Je parlais de la crise dans la justice grecque.
06:32Oui, c'est un choix.
06:34C'est-à-dire que ce choix était fait, d'ailleurs, uniquement par le jury.
06:38C'est-à-dire que c'était une justice démocratique et qui tranchait.
06:42C'est-à-dire qu'en fait, il n'y avait pas d'appel, d'ailleurs.
06:45Il n'y avait pas de possibilité d'appel.
06:46C'était...
06:48Il s'agissait d'un choix, effectivement, pour trancher une situation.
06:51Donc, c'est ça, le véritable sens du mot crise.
06:54Ce n'est pas l'événement en soi.
06:56C'est la façon dont il est traité et dont il arrive à se sortir de cet événement.
07:01Donc, toute bonne crise bien gérée doit aboutir à une sentence.
07:04Oui, voilà.
07:05Je comprends bien.
07:06Donc, la crise, ce n'est pas que de la souffrance.
07:09Ça peut être aussi la façon de gérer, de faire face et de résoudre un problème, quelque part.
07:15Oui, tout à fait.
07:16En plus, par exemple, dans le livre, j'accorde beaucoup d'importance à l'idée de crise dans les sciences.
07:23Et là, c'est très, très important.
07:24C'est vital, puisqu'en fait, la crise dans les sciences, c'est quand on a des théories acceptées qui ne marchent plus.
07:30Donc, on essaye de faire des petits accommodements, ad hoc, comme on dit.
07:36Ça ne marche pas.
07:38Et c'est à ce moment-là qu'intervient la révolution scientifique.
07:41C'est-à-dire que dans les sciences, c'est là où le mot crise a le plus de sens et le sens le plus important.
07:47C'est-à-dire que la crise dans les sciences amène ce qu'on appelle les révolutions scientifiques,
07:52c'est-à-dire celle de Galilée, puis après celle d'Einstein, etc.
07:57Donc, c'est vital.
07:59C'est-à-dire que la crise dans les sciences redonne au mot crise son sens le plus important,
08:06qui a un sens philosophique et même métaphysique.
08:08Alors, Patrice Bollon, qu'est-ce qui a fait que ce mot crise est devenu synonyme de tragédie,
08:15passez-moi l'expression bordel, bagaille, panique, angoisse ?
08:20Pourquoi il s'est tragédifié, si je puis dire ainsi, alors qu'au départ, c'est un constat ?
08:24Ben oui, mais alors, ça se passe sur beaucoup de mots.
08:27Par exemple, le mot paradigme, qui est très important dans les sciences.
08:32Donc, par exemple, les révolutions scientifiques, c'est des changements de paradigme.
08:36Alors, redites-nous ce qu'est un paradigme pour nos auditeurs, un paradigme.
08:39Le paradigme, c'est une conception du monde, en fait.
08:45Et c'est même plus qu'une conception du monde.
08:47Les grandes révolutions scientifiques, par exemple,
08:49on ne change pas la vision du monde, on change de monde, quasiment.
08:53Et alors, effectivement, c'est ça le paradigme,
08:57c'est la nouvelle façon de concevoir le monde.
09:00Et là, pareillement, comme dans le mot crise,
09:03il y a eu une inflation d'utilisation dans le domaine culinaire que vous connaissez partout.
09:08Quand on parle de paradigme, nouveau paradigme culinaire,
09:12et quand même, c'est se jouer avec les mots,
09:15parce que le mot en lui-même a une importance fondamentale,
09:20et comme celui de crise.
09:21Alors, pourquoi il y a eu cette inflation ?
09:24C'est la facilité, je crois,
09:27le fait que le mot est quand même attirant, le mot crise.
09:30C'est pour ça que je ne le réfute pas,
09:33et j'essaye de le garder pour lui donner un contenu véritable.
09:37Il existe dans toutes les langues, ou non, à peu près ?
09:39En espagnol, je sais que c'est crisis, en italien aussi.
09:41Est-ce que les anglo-saxons, les cultures germaniques ont aussi leur...
09:45Tout à fait, c'est crisis, crisis, etc.
09:47Oui, c'est une racine indo-européenne, en fait.
09:51D'accord, c'était l'hénique, mais avant, il y a eu une racine indo-européenne.
09:54Ça vient, enfin, vous savez, avec le fait que l'idée des racines indo-européennes
10:00n'est pas acceptée par tout le monde,
10:02mais disons que c'est la racine indo-européenne qu'on appelle cré ou cri,
10:08qui est, qu'on retrouve dans discrimination, dans crible.
10:11C'est ce que je disais tout à l'heure, voilà, bien sûr.
10:12Et alors, effectivement, après, c'est le mot grec qui est venu, crisis,
10:18qui a donné toutes les déclinaisons, très proches d'ailleurs du terme original,
10:22puisque crisis en anglais, crise en allemand, etc.
10:28Enfin, c'est...
10:28Je suis avec Patrice Bollon, auteur de La crise, le mot, la chose, l'histoire,
10:35aux éditions du CERF.
10:36Nous dissertons avec beaucoup de précision
10:40sur ce terme qui nous accompagne dans notre vie quotidienne,
10:44qui défraye l'actualité,
10:46dont on estime qu'il est aujourd'hui une définition du monde.
10:49Et pourtant, Patrice Bollon nous explique le sens de ce mot très intéressant,
10:53ne signifie pas forcément que les choses ne vont pas s'arranger.
10:56Je suis persuadé, auditrices et auditeurs de Sud Radio,
10:59que ce terme crise vous interpelle également,
11:01que vous avez des questions à poser,
11:02que vous-même, vous êtes peut-être en crise,
11:05et peut-être que le docteur Bollon va savoir
11:07si c'est une bonne crise ou une mauvaise crise.
11:09Appelez-nous au 0826 300 300.
11:12Emmanuel Galasso prend votre appel et votre question.
11:15Posez-nous la question que vous voulez.
11:16Voilà, le mot crise vous inspire quelque chose,
11:18dans l'histoire, dans votre connaissance,
11:20et Patrice Bollon se fera une joie, voilà,
11:22et un honneur de vous y répondre.
11:24A tout de suite sur Sud Radio.
11:25Sud Radio, la France dans tous ses états.
11:28Vous êtes bien sur Sud Radio,
11:30et Péric Oligas reçoit Patrice Bollon,
11:33un esprit très éclairé,
11:35qui illumine notre conscience sur les enjeux de la crise,
11:38avec un ouvrage passionnant,
11:39crise, le mot, la chose, l'histoire,
11:42publié aux éditions du CR.
11:45Patrice Bollon, on était en train de voir les différentes facettes,
11:47les différentes approches du mot crise.
11:49Là, je voudrais qu'on s'approche à ce qui nous touffe là,
11:52en ce moment, avec l'actualité,
11:53comment l'idée a investi l'histoire et la politique.
11:55Je cite cette phrase de Robespierre,
11:58on va remonter un peu dans le temps,
11:59mais on va revenir à une époque plus contemporaine.
12:01Il parle de la guerre, lui-même, il est très méfiant.
12:04Et il dit, mais la guerre,
12:05à la fin de son discours devant la Convention,
12:08mais la guerre au dehors,
12:09provoquée et dirigée par le gouvernement
12:11dans les circonstances où nous sommes,
12:13est un mouvement à contresens.
12:14C'est une crise qui peut conduire à la mort du corps politique.
12:18Donc, il parle que cette guerre,
12:20j'allais dire que la révolution mène
12:22contre les monarchies extérieures,
12:25il la vit comme une crise.
12:27Oui, il la vit comme une...
12:29Ben, c'est le problème...
12:30Ça, ça revient à l'interprétation
12:34dont je parlais tout à l'heure de la médecine.
12:37C'est-à-dire que la crise,
12:38elle a plusieurs...
12:40C'est la réaction du corps,
12:42donc par rapport à un mal,
12:44et qui peut conduire
12:46soit à la guérison,
12:50ou soit à la mort, en fait.
12:51Et donc, effectivement,
12:53c'est en ce sens-là que Robespierre
12:55utilise le terme de crise,
12:57qu'effectivement, la crise peut avoir toujours
13:00un dénouement fatal.
13:02Mais dans...
13:03En fait, si on regarde bien
13:05en médecine,
13:08parce que je parle beaucoup de la médecine,
13:10parce que c'est vraiment...
13:10Je vois que dans l'ouvrage,
13:12vous faites souvent des collusions,
13:14justement, en disant
13:15que le phénomène est le même, quelque part.
13:17Oui, tout à fait.
13:18Ben, je fais un parallèle
13:20entre la crise selon Hippocrate
13:22et la crise chez Marx,
13:23par exemple,
13:24où on retrouve les mêmes mécanismes.
13:25La même...
13:26En fait, c'est un problème de pathologie.
13:28Sans rentrer trop dans
13:29les considérations techniques,
13:31il y a des pathologies politiques,
13:32des pathologies sociales,
13:33des pathologies médicales,
13:34et elles aboutissent ou pas
13:36à une crise.
13:37Oui, c'est ça.
13:37C'est-à-dire que la phrase même
13:40d'Hippocrate,
13:41je crois que je la donne,
13:43c'est-à-dire que la crise,
13:44c'est un événement
13:46qui conduit
13:47ou à la guérison,
13:51ou à une autre...
13:52à une transformation
13:54de la maladie
13:55en une autre
13:56ou à la mort, quoi.
14:00C'est-à-dire que c'est
14:01le moment
14:03où les choses se décident
14:04et où il y a un choix
14:06par rapport
14:09à la situation primaire
14:11du malade.
14:13Patrice Bollon,
14:13vous ne franchissez pas le cap,
14:15mais est-ce que finalement
14:16la crise,
14:16ce n'est pas la vie,
14:17tout simplement,
14:18ou un des symptômes
14:19ou une des manifestations
14:20de la vie ?
14:22Je crois que je le dis
14:23à la fin, en fait,
14:24mais peut-être
14:24dans une phrase.
14:25Oui !
14:26Je vous le fais dire
14:28carrément à l'antenne.
14:29La crise, oui, c'est la vie.
14:30Pour rassurer ceux
14:31qui sont en crise,
14:31ça veut dire qu'ils sont en vie.
14:33Il n'y a que les morts
14:33qui n'ont pas de crise,
14:34on est d'accord ?
14:35Exactement.
14:35Et puis la crise,
14:37c'est l'occasion
14:38de surmonter un problème,
14:41mais sauf que
14:42ce n'est pas toujours facile.
14:43Et la crise n'est pas...
14:45Il y a des crises
14:47qui ne sont pas récupérables.
14:49C'est une évidence
14:50parce que, par exemple,
14:51à un moment,
14:52je mets en question
14:53l'idée de dialectique,
14:55c'est-à-dire
14:56de résolution dialectique
14:57de tout problème.
14:59Or, en fait,
14:59il y a des problèmes
15:00qui ne se résolvent pas
15:01et qui mènent
15:02à la fracture
15:04ou à la disparition
15:06de l'objet en crise.
15:07Alors, pour autant,
15:08Patrice Bollon,
15:08est-ce que tout accident
15:09de l'histoire,
15:10est-ce que tout contre-temps,
15:12vous parlez de fracture
15:13à l'instant,
15:13qu'elle soit sociale,
15:14économique,
15:15est-ce que toute...
15:16chaque fois qu'il y a
15:17un désordre
15:18et une souffrance
15:20et une épreuve,
15:21ça doit forcément
15:22aboutir
15:23ou engendrer
15:24une crise
15:24ou ça peut se résoudre
15:27sans passer
15:28par la crise ?
15:29Ben,
15:30je ne crois pas,
15:31justement.
15:31Je crois que les crises
15:32sont nécessaires.
15:33C'était, encore une fois,
15:34l'interprétation
15:35de l'hypocrate.
15:36Donc, il ne faut pas
15:37l'éviter,
15:37si je comprends bien.
15:38Il ne faut pas
15:38les éviter.
15:39Il faut les analyser
15:41pour trouver,
15:42justement,
15:43comme je parlais
15:44tout à l'heure,
15:45j'évoquais dans les sciences,
15:46trouver une autre façon
15:47de regarder le monde
15:48et c'est-à-dire
15:49de basculer
15:50dans un nouveau monde.
15:51On le voit bien
15:52aujourd'hui
15:52avec la polycrise,
15:55comme on dit,
15:56c'est-à-dire
15:56une crise
15:57qui a plusieurs dimensions
15:58autour de Trump
16:00et du Groenland.
16:03C'est-à-dire que,
16:04en fait,
16:06ce qu'on voit,
16:07c'est qu'on entre
16:08dans un autre monde.
16:10C'est une évidence.
16:11Alors, il y a des gens
16:12qui disent
16:12qu'on retourne
16:13dans le monde d'avant
16:13pour une part,
16:15mais c'est en plus
16:16un monde nouveau
16:17et donc,
16:18je crois que
16:19c'est une bonne chose
16:21puisque ça nous amène
16:23à inventer
16:24une nouvelle représentation
16:26du monde
16:27et même quasiment
16:28un nouveau monde.
16:29Et je crois que
16:30c'est en ce sens-là
16:32que la crise,
16:32effectivement,
16:33c'est la vie, en fait.
16:34Vous voulez dire
16:35qu'éviter une crise
16:37ou faire en sorte
16:37qu'il n'y ait pas de crise
16:38ou la repousser
16:39ou la contourner,
16:40ce n'est pas forcément
16:41une bonne solution,
16:43c'est un stade
16:44par lequel il faut passer
16:45pour résoudre le problème ?
16:47Oui, c'est une des possibilités.
16:49En tout cas,
16:49c'était, par exemple,
16:50dans la médecine hippocratique,
16:52même la crise
16:53était conçue
16:53comme positive,
16:54en définitive.
16:55Il y a des phrases
16:56même qui la donnent
16:57comme...
16:59Ça veut dire quoi ?
16:59Que l'organisme fonctionne,
17:01qu'il se défend,
17:01qu'il réagit,
17:02donc que la vie
17:03est en cours.
17:04Et même,
17:06Hippocrate disait
17:07qu'une maladie
17:09qui se résout
17:10sans crise,
17:11puisque ça arrive,
17:12en fait,
17:13le problème
17:14n'a pas été résolu.
17:16C'est-à-dire que
17:17la crise
17:17est quasiment nécessaire
17:19et effectivement,
17:21en ce sens-là...
17:22Oula !
17:22Oula !
17:23Ça veut dire
17:23qu'il n'y a pas
17:24de bonne ou vraie guérison
17:25sans être passé
17:26par le stade de la crise.
17:28Sauf si c'est un bobo
17:28qui se résout tout seul.
17:30Mais sinon,
17:30ça peut dire
17:31que le mal reste caché
17:33puisqu'il n'y a pas
17:33de crise
17:34qui s'est exprimée,
17:35qui a été engendrée
17:36par cette douleur.
17:37C'était la doctrine
17:39d'Hippocrate.
17:40Encore,
17:41le problème
17:41quand on parle
17:42d'hypocrate spécifique,
17:44c'est qu'Hippocrate,
17:45c'est un mot
17:46qui recouvrait
17:48une centaine
17:50de médecins
17:51sur deux siècles.
17:53Et puis,
17:55il n'y a pas
17:57de doctrine unitaire.
17:59Mais je crois
17:59qu'on peut dire
18:00que le mot crise
18:02chez Hippocrate,
18:03c'est le moment
18:04où le mot
18:04a atteint
18:05presque le stade
18:06de concept.
18:07Autrement,
18:08c'est une notion,
18:09c'est-à-dire
18:09que c'est quelque chose
18:10qui manque
18:14de rigueur.
18:16Et donc,
18:17le livre que j'ai fait,
18:18c'est pour essayer
18:18de retrouver cette rigueur
18:20en me méfiant aussi
18:21de cette rigueur-là.
18:22C'est-à-dire,
18:23mais du moins,
18:24de rendre à nouveau
18:25le mot de crise
18:27utilisable
18:28dans le débat
18:29et dans l'analyse
18:30des choses.
18:31Donc,
18:31pour Hippocrate,
18:32éviter la crise,
18:33c'est hypocrite,
18:34finalement,
18:34si je peux faire
18:35ce jeu de mots.
18:36C'est inefficace,
18:38c'est même,
18:39on peut dire,
18:43c'est même
18:44la pire des solutions.
18:45C'est-à-dire qu'en fait,
18:46alors,
18:46chez Hippocrate,
18:47il y avait aussi
18:48d'autres considérations
18:49sur lesquelles
18:50je m'appuie,
18:50je ne sais pas,
18:51qui étaient,
18:52pour lui,
18:53la nature
18:54était le médecin.
18:57C'est-à-dire qu'en fait,
18:59il y avait dans le corps
19:01un mécanisme
19:03qui faisait
19:04que la nature
19:07guérissait
19:07les malades
19:08naturellement.
19:09Mais ça,
19:09il n'est pas
19:09le premier médecin.
19:10Je vois,
19:11le docteur Zalman
19:11qui publie beaucoup
19:12de livres,
19:12il dit toujours
19:13que le meilleur médecin,
19:14c'est votre corps.
19:14Oui.
19:15Écoutez votre corps,
19:16respectez la nature
19:17et la bonne santé,
19:19c'est quoi ?
19:19C'est l'harmonie
19:20avec la vie naturelle,
19:21quelque part.
19:22Oui,
19:22sauf qu'en fait,
19:23je signale aussi
19:24que cette thèse
19:25est tout à fait
19:25un préjugé,
19:27c'est-à-dire
19:27puisqu'on connaît
19:28des maladies
19:28qui naissent
19:31de la nature,
19:32c'est-à-dire
19:33comme dans...
19:33Voilà.
19:34La nature est cruelle
19:35aussi et on le sait.
19:36Vous êtes sur Sud Radio,
19:38Perico Légas reçoit,
19:40je reçois Patrice Bollon
19:41pour son ouvrage
19:42sur la crise,
19:43son décryptage,
19:44son décodage,
19:45je dirais même,
19:46et surtout la manière
19:47de l'utiliser,
19:48de la vivre,
19:49de la comprendre
19:49et ça ouvre
19:50des perspectives
19:51très intéressantes.
19:52L'ouvrage s'appelle
19:53« Crise de mots,
19:53la chose d'histoire »
19:54publié aux éditions du CERF.
19:56Vous nous appelez
19:57sur Sud Radio
19:58parce que,
19:59bon,
20:00c'est pas une antenne
20:01qui est en crise
20:01mais on aime bien
20:02traiter la crise.
20:03Nous vivons de la crise
20:04quelque part,
20:04nous autres,
20:05informateurs,
20:05commentateurs,
20:06observateurs,
20:07mais la crise
20:08n'est pas toujours
20:08là où on la croit
20:10et il y a peut-être crise
20:11quand les gens pensent
20:12qu'il n'y en a pas
20:13et il n'y en a pas
20:13forcément non plus
20:14là où on dit
20:15qu'il y a une crise.
20:16Vous nous appelez
20:16pour poser toutes ces questions
20:18qui vous travaillent
20:19si ça vous traverse la tête
20:20une idée
20:20mais n'ayez pas peur.
20:22Patrice Bollon
20:22répond à tout
20:23et même si vous voulez
20:24sortir un peu
20:24du concept de crise,
20:26vous avez envie
20:26de parler de votre existence,
20:28de vos doutes,
20:28de vos malaises
20:29sur notre époque
20:29et comment vous vous
20:31retrouvez espoir
20:32dans un monde si difficile.
20:33Patrice Bollon
20:34qui a fait tellement
20:35de choses dans sa vie
20:35sera tout à fait
20:36à même de vous rassurer
20:37et de vous apporter
20:38la réponse adéquate.
20:39Vous nous appelez
20:40au 0826 300 300
20:41à tout de suite.
20:44Midi 14h
20:45Sud Radio
20:46La France dans tous ses états
20:49Vous êtes bien sur Sud Radio
20:51vous y êtes d'autant mieux
20:52que je reçois
20:53Patrice Bollon
20:54auteur de crise
20:55le mot
20:55la chose
20:56l'histoire
20:56aux éditions du Cerf
20:57très important aujourd'hui
20:58nous vivons en crise
21:00en permanence
21:00on se réveille avec la crise
21:01on se couffe avec la crise
21:02Patrice Bollon
21:03fait la part des choses
21:04nous rappelle le sens
21:05de ce mot
21:06sa signification
21:07attention à ne pas voir
21:09la crise
21:09là où elle n'est pas
21:10et par contre
21:11il faut bien la repérer
21:12quand elle est présente
21:14Patrice Bollon
21:15quand on nous parle
21:16du mot crise
21:17la première idée
21:17qui nous vient
21:18nous dans le monde occidental
21:19c'est la crise de 1929
21:21la crise c'est d'abord
21:22un phénomène économique
21:23pourtant pas que
21:24mais vous dites si
21:25en économie
21:26il y a des vraies crises
21:27évidemment
21:28et la chose la plus importante
21:32à signaler
21:32c'est qu'en fait
21:33nous avons une conception
21:35de l'économie
21:37dominante
21:38qui est libérale
21:40et que dans les théories libérales
21:42celle d'Adam Smith
21:43je précise
21:43le fondateur du libéralisme
21:45peut-être qu'on le connaît
21:45aujourd'hui
21:46c'est ça
21:46celui qui a montré
21:48qui a introduit
21:50la fameuse loi
21:51de l'offre et de la demande
21:52qui n'est pas seulement
21:53l'histoire
21:54c'est une véritable loi
21:56c'est-à-dire que ça veut dire
21:57que quand il y a
21:58un déséquilibre
21:59entre l'offre et la demande
22:01il y a un mécanisme
22:03qui remet
22:05qui fait retour
22:08à l'équilibre
22:08en modifiant les prix
22:10je fais une petite parenthèse
22:11est-ce que monsieur Trump
22:12est un bon disciple
22:13d'Adam Smith
22:14ce libéralisme
22:15de l'offre et de la demande
22:16tout est business
22:16il a
22:18d'une part
22:19oui
22:19et d'autre part
22:19c'est aussi
22:20la politique
22:22est aux commandes
22:23de l'économie
22:24pour lui aussi
22:25puisqu'on le voit bien
22:26avec
22:26le fait qu'il veut remplacer
22:28le dirigeant
22:31de la banque centrale
22:32américaine
22:33fédérale
22:34il remplace les chefs d'état
22:36donc il peut remplacer
22:37les directeurs de banque
22:38oui mais ça veut dire
22:39qu'il intervient
22:40en fait c'est un interventionniste
22:42économique
22:42c'est tout à la fois
22:44c'est pas très libéral
22:46l'interventionnisme pourtant
22:47pas du tout
22:48c'est un
22:49et donc Trump
22:50est à la fois
22:51très libéral
22:52et très
22:53très interventionniste
22:55et même
22:56la politique
22:57est aux commandes
22:59de l'économie
22:59en fait
23:00Trump vit de la crise
23:01il aime la crise
23:02quelquefois
23:03il la suscite lui-même
23:04si je comprends bien
23:04il joue avec la crise
23:05oui
23:05c'est un crisier
23:08oui c'est un crisier
23:09et puis
23:10effectivement
23:12c'est le spectacle
23:14permanent de la crise
23:15effectivement
23:15avec Trump
23:16alors que le président
23:17Macron
23:18la crise
23:18qu'est-ce qu'il fait
23:19il la bichonne
23:21il la cajole
23:22il l'engendre
23:23pour pouvoir la gérer
23:24ou quelque part
23:26on a l'impression
23:27qu'il essaie de l'éviter
23:27qu'il n'arrive pas à l'éviter
23:28est-ce qu'il la gère bien
23:29la crise
23:30le concept de crise
23:31de temps en temps
23:33il l'a très mal géré
23:34comme avec les gilets jaunes
23:35je viens de dire
23:36alors ça c'était une vraie crise
23:37on est d'accord
23:37c'était une vraie crise
23:38c'est un bobo
23:39avec un verdict
23:40et une sentence
23:40oui
23:41oui tout à fait
23:42et donc
23:43pour Macron
23:45il se
23:45moi je trouve quand même
23:47qu'il se débrouille bien
23:48au niveau international
23:49puisque c'est même devenu
23:51le
23:51quasiment le second personnage
23:53politique du monde
23:55en ce moment
23:55face à Trump
23:56c'est un fait
23:57et donc en réalité
23:58je vais vous dire
23:59il n'a que ça à faire
24:00mais ça ne retire rien
24:03à son mérite
24:04à son courage
24:04mais je crois qu'il aime
24:05les crises lui aussi
24:06nous avons Catherine
24:07qui nous appelle de Lyon
24:09Patrice Bollon
24:09bonjour Catherine
24:10oui bonjour
24:11merci de me prendre
24:12est-ce que vous êtes
24:14en crise Catherine
24:15bon oui
24:16alors c'est pas très facile
24:17à dire à l'antenne
24:18mais voilà
24:18je préfère en témoigner
24:20on vous écoute
24:21et ça n'est pas facile
24:22ça m'est tombé dessus
24:24donc je vais
24:25moi je ne l'ai pas choisi
24:26je ne suis pas monsieur Trump
24:28en revanche
24:29là où je rejoins complètement
24:30votre invité
24:31c'est que ça a levé
24:35quelque chose
24:36qui est en vrai dysfonctionnement
24:38mais que je ne voyais pas
24:39et je pense qu'il fallait
24:40que je sois mise devant
24:43quelque chose
24:44que je ne pouvais pas supporter
24:45à l'extérieur de moi
24:46pour que ça bouge
24:47je ne vous cache pas
24:49qu'on n'en est pas sorti
24:51moi je comprends
24:52de cela
24:53que la crise
24:54elle est vraiment douloureuse
24:55mais elle portait en elle-même
24:57déjà sa guérison
24:58parce que moi
24:59j'ai déjà pas mal compris de choses
25:00et puis si je peux me permettre
25:02d'avouer une petite chose
25:02vous faites allusion
25:03à quelle crise Catherine
25:04la crise
25:04c'est une crise familiale
25:05familiale
25:06conjugale
25:07est-ce que vous pouvez nous en dire
25:08un petit peu plus
25:09sans révéler de secret
25:10en gros dans les grandes lignes
25:11c'est un peu délicat
25:13mais c'est vrai que voilà
25:13j'ai découvert des choses
25:14dans mon couple
25:16que je ne voyais pas
25:17que je ne peux pas accepter
25:19sans me renier moi-même
25:20donc ça n'est pas possible
25:21et donc
25:22j'ai mis en place
25:23j'ai pris mes responsabilités
25:24j'ai fait des choses
25:25que je pensais devoir faire
25:26et j'espère de cela
25:28toujours
25:29des prises de conscience
25:30bien sûr
25:31qui permettent de guérir
25:32une relation
25:33qui en ce moment
25:33est malsaine
25:34voilà
25:34on va dire les choses
25:35comme elles sont
25:35ce que je voudrais juste
25:38peut-être dire
25:38est-ce que
25:39si vous me permettez
25:40mais je vous en prie Catherine
25:41c'est pour ça que je vous ai demandé
25:42de nous appeler
25:43voilà
25:43c'est en quoi elle est en guérison
25:45vous parliez de la vie
25:46et je vous rejoins totalement
25:47c'est-à-dire que moi
25:48je fais le constat
25:49que la vie m'a apporté
25:50cette crise
25:51dans le sens
25:52où je ne l'ai pas cherché
25:53mais la vie
25:54aussi
25:55je vois
25:57que des choses
25:57peuvent être guéries
25:59et c'est sur le plan
26:00moi
26:01j'allais dire
26:01je vis quand même
26:03dans la joie
26:03malgré tout
26:04très intéressant
26:05ce que vous nous dites
26:05très intéressant
26:06et je vais vous confier
26:09que je suis
26:09sauf que j'ai la foi chrétienne
26:12et pour moi
26:12je vis
26:13quelque chose
26:14qui est un des messages
26:15que quelquefois
26:15qui n'est pas compris
26:16avec une certaine vision
26:17doloriste des choses
26:18c'est que la croix
26:19dans l'évangile
26:20elle est source de vie
26:22elle est douloureuse
26:23elle est moche
26:24elle est affreuse
26:25à regarder
26:25mais en passant
26:27et en l'acceptant
26:28elle devient source de vie
26:29vous voulez dire Catherine
26:30que la providence
26:31vous aura envoyé
26:32cette crise
26:32que vous vivez
26:33comme l'occasion
26:34de vous reconstruire
26:36ou de surmonter
26:37l'épreuve
26:37alors c'est un peu
26:39vous parliez du corps
26:41tout à l'heure
26:41en disant que dans le corps
26:43il y a quelque chose
26:43je crois que dans notre relation
26:45il y avait de fait
26:46quelque chose
26:47qui n'allait pas
26:47qui ne va toujours pas d'ailleurs
26:49et oui
26:50j'aime beaucoup
26:51le mot de providence
26:52oui je pense que la providence
26:53m'offre
26:54nous offre
26:55la possibilité de guérir ça
26:56par un travail
26:57évidemment
26:58qu'il faut engager
26:59et que oui
27:01pour moi
27:02c'est une espérance
27:03voilà
27:03on va demander
27:03à son avis
27:04au professeur Bollon
27:05professeur Bollon
27:06est-ce que la crise
27:07peut être envoyée
27:08par la providence
27:09est-ce qu'elle peut être
27:10providentielle
27:10oui
27:11alors j'ai un peu de mal
27:12avec ces notions de providence
27:14mais en tout cas
27:14non mais d'accord
27:15parce que vous êtes agnostique
27:16je sais bien
27:17en revanche
27:18je trouve très intéressant
27:19le témoignage
27:20qui a été fait
27:21parce que
27:22ça a eu
27:22sur une des dimensions
27:23fondamentales
27:24des processus de crise
27:25qui sont
27:26qui révèlent
27:28effectivement
27:28des
27:29des problèmes
27:31sous-jacents
27:32et qui
27:33pour des raisons
27:34ou d'autres
27:34ne sont pas dits
27:35c'est le sens
27:36d'ailleurs
27:37du mot crise
27:37en psychologie
27:38et c'est aussi
27:40alors
27:40j'ai fait
27:42un chapitre
27:43sur Freud
27:44pour montrer
27:45que chez Freud
27:46c'est encore
27:47plus intéressant
27:48parce que
27:49pour Freud
27:50en fait
27:51il n'y a pas de crise
27:52il n'utilise pas du tout
27:53le terme de crise
27:54il nie la crise
27:55le concept
27:56c'est-à-dire
27:57qu'il utilise
27:58par exemple
28:00il aurait pu parler
28:01de crise oedipienne
28:02c'est pas de ça
28:03il a éliminé
28:04le mot
28:05pour parler
28:06de complexe
28:07etc
28:07etc
28:08et en fait
28:09Freud
28:10utilise très peu
28:12le mot de crise
28:13sauf dans des
28:14emplois
28:16répertoriés
28:17puisqu'il était médecin
28:19donc par exemple
28:20il y a des mots
28:21qui ont des significations
28:22très précises
28:23en médecine
28:24qui utilisent
28:25le terme de crise
28:25mais pour le reste
28:27en fait
28:27il se méfiait
28:28du mot de crise
28:29alors j'ai essayé
28:30de comprendre
28:31pourquoi
28:31et je crois
28:32que pour lui
28:33c'est parce que
28:34la crise
28:35justement
28:37elle accompagne
28:38toute notre vie
28:40la crise
28:41la psyché
28:44humaine
28:45est sans cesse
28:46en crise
28:46mais là dans le cas
28:47de Catherine
28:48Catherine vit une épreuve
28:49personnelle
28:49une épreuve matrimoniale
28:51ça a engendré
28:52évidemment
28:52un désordre
28:53une souffrance
28:54elle dit que
28:54pour autant
28:55cette crise
28:56lui permet
28:57de voir les choses
28:57peut-être un peu plus claires
28:58c'est un peu ça Catherine
28:59que vous dites
29:00mais oui
29:01et monsieur
29:01si je peux me permettre
29:02c'est vrai
29:02la différence avec la crise
29:04c'est qu'elle accompagne
29:05moi ce que je vois
29:05c'est la souffrance
29:06qu'il n'y avait pas avant
29:07et là il y a une souffrance
29:09mais cette souffrance
29:09en elle-même
29:10pour moi
29:11n'est pas forcément la mort
29:12elle est plutôt signe
29:13d'une vie
29:13à reconstruire nouvelle
29:15voilà
29:15mais donc par rapport à Freud
29:17je me sens
29:17à la fois
29:18je comprends Freud
29:19et je le rejoins
29:20certaines fois
29:20mais là non
29:21là il y a vraiment
29:22une souffrance
29:22qui n'était pas souhaitée
29:23et qui n'est pas normale
29:25par rapport à tout ce que
29:26nous vivions avant
29:26L'échange prend un certain niveau
29:28là je dois dire
29:29sur Sud Radio
29:30Patrice Bollon
29:30qu'est-ce que vous répondez
29:31à Catherine
29:32sur cette approche freudienne
29:33de la crise ?
29:34J'entends très bien
29:35ce que vous dites
29:36madame
29:37je n'avais pas parlé
29:39effectivement
29:40de l'idée de souffrance
29:42mais elle est tout à fait
29:44intégrée
29:45même dans la réflexion
29:48de Freud
29:48en fait
29:48c'est parce que
29:50et je crois
29:51que la souffrance
29:53c'est la révélation
29:54effectivement
29:55de quelque chose
29:56qui n'apparaissait pas
29:58et qui était même
29:59rayée de la carte
30:00donc
30:01toutes les crises
30:02ont cet aspect positif
30:04de faire remonter
30:05des problèmes
30:06qui avaient éteigné
30:07ou qui avaient été rejetés
30:09et effectivement
30:11sans cela
30:11d'ailleurs
30:11la crise
30:12apporte
30:13aussi sa solution
30:15du fait
30:16qu'elle
30:16met sur le tapis
30:18qu'elle révèle
30:20des choses
30:21qui allaient mal
30:23et qui vont mal
30:24et si je crois
30:25si j'ai bien compris
30:26c'est ce que vous
30:27nous avez expliqué
30:28et donc
30:30de ce point de vue là
30:31la crise
30:32effectivement
30:33est un phénomène
30:34de vie
30:34c'est un signe
30:36de vie
30:36en fait
30:37Patrice Bollon
30:37mot de cofflair
30:38qui n'est faite
30:39que de joie
30:40et de colère
30:41donc il sait
30:42ce qu'est la crise
30:42beaucoup de crise d'honneur
30:43aussi
30:43voilà
30:44mot de cofflair
30:45que je voulais demander
30:45à Patrice
30:46le mot crise
30:47fait intimement
30:48partie du lexique
30:49des hommes politiques
30:50il emploie à tout va
30:51pour définir
30:52toutes sortes
30:53de problématiques sociales
30:55la crise politique
30:56économique
30:57les gilets jaunes
30:57dont vous parliez
30:58tout à l'heure
30:58est-ce que vous pensez
31:00que les hommes politiques
31:01ont conscience
31:01de l'impact du mot
31:02sur la population
31:04et est-ce que c'est aussi
31:05une forme pour eux
31:06alors c'est peut-être
31:08complètement complotiste
31:08ce que je vous raconte
31:09mais que ce mot
31:10va avoir un impact
31:11négatif
31:12vous allez faire peur
31:13pour dominer quoi
31:14il y a ça forcément
31:16effectivement
31:17et je crois que
31:19le problème
31:21l'utilisation du mot
31:23crise à tout va
31:24effectivement
31:25est un
31:25est un véritable problème
31:28puisque le terme
31:29n'a plus de sens
31:30et il n'a un sens
31:31que négatif
31:33comme vous venez de dire
31:34c'est pour ça
31:35qu'à un moment
31:35dans le livre
31:36d'ailleurs je dis que
31:37quand on parle de crise
31:40il est très rare
31:41qu'un changement
31:42de gouvernement
31:43ou ce sont
31:45soit des véritables crises
31:47ce sont des péripéties
31:48normales
31:49de la vie politique
31:50alors effectivement
31:51il y a une dramatisation
31:53mais qui est de tous les côtés
31:54c'est-à-dire
31:55que les politiques
31:56dramatisent
31:57des événements
31:58que dramatisent aussi
31:59ceux qui les écoutent
32:00et en effet
32:02je trouve ça
32:03complètement déplorable
32:04c'est-à-dire
32:05qu'on devrait utiliser
32:06le mot de crise
32:07qu'à bon escient
32:08à escient
32:09même
32:10c'est-à-dire
32:11autrement
32:13ça enlève
32:15l'efficacité
32:16du terme
32:16alors le terme
32:18on peut
32:18comme je l'ai dit tout à l'heure
32:19on peut en choisir d'autres
32:20mais si on regarde bien
32:22c'est un très bon terme
32:23qui d'ailleurs
32:24a une importance
32:25fondamentale
32:26dans notre histoire
32:27puisque
32:27il revient
32:30sans cesse
32:30et donc
32:31ce que j'ai voulu faire
32:34mais proposer
32:34puisque c'est pas moi
32:35qui dessine
32:36c'est essayer
32:37de redonner
32:39au mot crise
32:40son contenu
32:41pour éviter
32:42et éviter
32:45les dégradations
32:47par exemple
32:47crise de foi
32:49bon je pense
32:50qu'on pourrait
32:50s'en passer
32:51les médecins vous disent
32:52que ça n'existe pas
32:52non ça existe
32:54c'est vrai que le terme
32:55n'est pas
32:55à propos
32:56c'est pas le bon terme
32:57je crois qu'on devrait garder
32:59le mot crise
33:00pour des phénomènes
33:01vraiment importants
33:02qui nous engagent
33:03véritablement
33:04et alors
33:05dans le domaine politique
33:06il y a des grandes crises
33:07c'est pas
33:08c'est pas
33:09des changements
33:10de gouvernement
33:11quoique certains
33:11changements de gouvernement
33:12peuvent effectivement
33:14être de véritables crises
33:16et puis il y a aussi
33:17le fait que
33:17souvent
33:18l'emploi
33:19comme ça
33:21à tout va
33:22du mot crise
33:22fait que
33:23souvent
33:24on ne voit pas
33:26les vraies crises
33:27qui n'ont pas
33:28ce nom
33:29c'est à dire que ça
33:30c'est ce que
33:32moi je suis un grand fan
33:34de Keynes
33:35et pour moi
33:36un des plus grands économistes
33:38avec Marx
33:39bien sûr
33:39mais
33:39il a remarqué
33:42souvent
33:42qu'il y avait
33:43la crise
33:44souvent
33:47il y avait
33:48des crises
33:48que l'on ne voyait pas
33:50et c'était parfois
33:51les plus importants
33:52merci Catherine
33:55pour votre appel
33:56j'espère que vous avez eu
33:57en partie réponse
33:58à votre question
33:58mais on aura certainement
33:59l'occasion de revenir
34:00sur le sujet
34:00nous sommes sur
34:01vous êtes sur Sud Radio
34:02nous sommes avec Patrice Bollon
34:04auteur du mot
34:05la chose
34:05l'histoire
34:06la crise
34:06une bonne définition
34:07vous restez avec nous
34:08vous nous appelez
34:09pour poser des questions
34:10je suis sûr que vous aussi
34:11vous avez quelque part
34:12rencontré une crise
34:13qui vous est tout à fait personnelle
34:14et auquel Patrice Bollon
34:15pourra peut-être apporter
34:16une solution
34:17ou une définition
34:18à tout de suite
34:19Vous êtes bien sur Sud Radio
34:26et je rappelle
34:27que vous pouvez nous appeler
34:28au 0 826 300 300
34:30qu'Emmanuel Galasso
34:31attend votre appel
34:31pour parler de la crise
34:32parce que je reçois
34:33Patrice Bollon
34:34auteur de la crise
34:35le mot
34:35la chose
34:36l'histoire
34:37aux éditions du Cerf
34:38et nous avons fait
34:38un chemin prodigieux
34:40dans la compréhension
34:41du phénomène
34:42du concept
34:44Patrice Bollon
34:45la crise
34:46elle est partout
34:47bien sûr
34:47elle peut être
34:48mangée à toutes les sauces
34:49on a vu d'ailleurs
34:49elle est galvaudée
34:50elle est trop utilisée
34:51elle est détournée
34:52la science
34:54la science est souvent
34:56sujette à des crises
34:58ou à l'origine des crises
35:00le scientifique
35:01oui enfin
35:03elle est sujette à des crises
35:04comme je l'ai dit tout à l'heure
35:06c'est quand
35:06les théories dominantes
35:09les théories acceptées
35:10montrent qu'elles ne marchent plus
35:12et à ce moment là
35:13il faut changer les bases
35:15de ces théories
35:16c'est à dire qu'en fait
35:17ça amène à des
35:20les grandes crises en science
35:24amènent les révolutions
35:25scientifiques
35:25vous voulez dire quoi ?
35:26si la science se trompe
35:27ça va engendrer une crise
35:29ou au contraire
35:30de ne pas résoudre
35:31certains problèmes
35:31par la science
35:32on va avoir la crise
35:33non c'est à dire que
35:34ce que je veux dire
35:35c'est que
35:36l'idée de crise
35:37dans les sciences
35:38c'est qu'on se trouve
35:41dans une situation
35:42où les théories
35:43qu'on a
35:44ne marchent plus
35:45et donc on essaye
35:47de les raccommoder
35:49mais on n'y arrive toujours pas
35:50et ce qui se passe
35:52c'est qu'il arrive quelqu'un
35:54qui invente
35:56une nouvelle conception du monde
35:58et fait basculer dans un nouveau monde
36:00c'est à dire qu'on peut prendre
36:01par exemple l'exemple de Galilée
36:03alors là on dit la révolution galiléenne
36:05vous diriez vous
36:06la crise galiléenne
36:07ou copernicienne
36:10ou copernicienne
36:11non la révolution galiléenne
36:13a suivi la crise
36:14de la théorie de la mécanique
36:16on rappelle ce que c'est
36:17c'est tout simplement
36:17découvrir que
36:18c'est pas le soleil
36:19qui tourne autour de la terre
36:21mais que la terre
36:22tourne autour du soleil
36:22dans un système planétaire
36:24que l'église réfutait
36:25ça ça crée une révolution
36:26et vous dites
36:27ça engendre une crise
36:28parce qu'à un moment donné
36:28tous les repères sont foutus en l'air
36:30mais je pensais plus spécifiquement
36:32à ce qu'on appelle la mécanique
36:34c'est à dire que
36:35la mécanique c'est d'expliquer
36:37pourquoi les objets se meuvent
36:39alors avant Galilée
36:43je rappelle que ça tout a commencé
36:46avec chez les grecs
36:49donc avec Aristote
36:50donc révolution aristotélicienne
36:52là aussi c'est un temps
36:53donc vous parlez de crise aristotélicienne
36:55donc il expliquait
36:57que les choses se mouvaient
36:59par le fait que chaque chose
37:02avait sa place référenciée
37:04dans le monde
37:05et donc quand un objet
37:07tombait d'un arbre
37:08par exemple
37:09ça voulait dire
37:09que cet objet
37:10retournait à sa place
37:12déterminée
37:14voilà
37:14c'était ça
37:15la théorie de la mécanique
37:18avant Galilée
37:18alors après
37:19il y a eu la théorie
37:20moyenne âgeuse
37:21mais je passe
37:22oui bien sûr
37:23on viendrait pour nous parler de ça
37:25mais même Einstein dit
37:26qu'un objet
37:27une fois qu'il est arrêté
37:28en fait il continue à bouger
37:29il y a un mouvement qui continue
37:31dans la mécanique
37:32et donc en quoi ça engendre une crise
37:34ce constat
37:35d'un autre ordre des choses
37:36une découverte d'un autre phénomène
37:38non c'est à dire que ce qui se passe
37:40c'est que
37:40cette théorie aristotélicienne
37:43elle marchait
37:44en fait
37:45sauf qu'il y avait des éléments
37:47qu'on ne pouvait pas
37:48qui étaient incompréhensibles
37:51et donc
37:52la révolution scientifique
37:54c'est changer
37:55ce paradigme
37:58c'est à dire
37:58la façon dont on voit le monde
38:00et lui proposer un nouveau
38:03c'est ce qu'a fait aussi Einstein
38:04puisque
38:04avant
38:05dans la conception du monde
38:08l'espace et le temps
38:10étaient deux domaines
38:11complètement séparés
38:12vous voulez dire que ça permet
38:13de mieux comprendre
38:14est-ce que le fait de passer
38:15par le stade de crise
38:16permet de poser
38:17plus clairement
38:18les enjeux
38:19les problèmes
38:20les phénomènes
38:20ben évidemment
38:21et c'est surtout
38:22que ça permet de forger
38:24une nouvelle représentation
38:25qui donne
38:26une nouvelle impulsion
38:28à la science
38:28par exemple
38:29il y a une chose
38:30extrêmement drôle
38:31c'est que
38:33dans chimie
38:34la grande révolution scientifique
38:36c'est le 18ème siècle
38:37avec Lavoisier
38:38oui
38:38alors il faut savoir
38:39qu'avant
38:40on expliquait
38:41la combustion des choses
38:42par l'idée
38:43qu'il y avait
38:44dans chaque
38:44objet
38:46qui brûlait
38:47une sorte
38:49de
38:50une sorte
38:51de matière
38:52qu'on appelait
38:54ben j'ai oublié
38:55sur le moment
38:56mais je vais
38:56je rappelle la formule
38:57de Lavoisier
38:58philosophique
38:59rien ne se perd
39:00rien ne se crée
39:01tout se transforme
39:03oui mais
39:03on expliquait
39:05avant Lavoisier
39:06on expliquait
39:07la combustion
39:07d'un objet
39:08par le fait
39:09que chaque objet
39:10possédait
39:11une sorte
39:12de
39:12de matière
39:14invisible
39:15impondérable
39:16c'est à dire
39:16sans quoi
39:17qu'on appelait
39:17le flogon
39:18c'est une théorie
39:19donc il faut se rendre compte
39:20que c'était la théorie
39:21dominante
39:22jusqu'il y a seulement
39:23trois siècles
39:24et aujourd'hui
39:25ça nous semble
39:26invraisemblable
39:27et en fait
39:28ça expliquait
39:28beaucoup de choses
39:29et c'est là
39:30que la science
39:32la chimie
39:33a eu des problèmes
39:34comme ça
39:35pendant plus d'un siècle
39:36en cherchant
39:37et c'est là
39:37que Lavoisier
39:38a introduit
39:39l'idée
39:40de l'oxygène
39:41il y a des matières
39:42invisibles
39:43qui administrent
39:43Patrice Bollon
39:45pour rester
39:45on conclut là
39:46l'émission
39:47mais je voudrais
39:47revenir à l'actualité
39:48qui nous touche
39:49est-ce que l'intelligence
39:50artificielle
39:51peut être
39:52une crise
39:52en elle-même
39:53elle peut engendrer
39:54une crise
39:55est-ce qu'elle est
39:55la conclusion
39:56d'une crise
39:58est-ce qu'elle est
39:59un phénomène
40:00crisier
40:01criseux
40:02je dirais
40:04a priori
40:05pas forcément
40:05c'est à dire
40:06que c'est une innovation
40:07qui pose beaucoup
40:08de problèmes
40:08et qui ouvre
40:10beaucoup de perspectives
40:12c'est à dire
40:13que si on prend
40:14la médecine
40:15c'est très important
40:19comment dirais-je
40:21l'analyse
40:22la détermination
40:25des problèmes
40:26d'un homme
40:29ou d'une femme
40:30à partir de ces
40:33la détermination
40:34du verdict
40:37en fait
40:37et se fait beaucoup
40:39est beaucoup aidée
40:41par l'intelligence
40:42artificielle
40:42puisqu'elle peut
40:43utiliser
40:44des milliards
40:45de cas
40:46et donc
40:47donner des réponses
40:48sur le diagnostic
40:49donc
40:51l'intelligence
40:52artificielle
40:52à mon avis
40:53va poser des problèmes
40:54elle n'est pas
40:55en elle-même
40:56un phénomène
40:58qui apporte
40:58la crise
40:59mais elle va
41:00en apporter
41:00c'est une évidence
41:01vous dites en conclusion
41:02de votre ouvrage
41:03à propos de la crise
41:05la seule façon
41:06pour nous
41:06de nous porter
41:07à la hauteur
41:07de la mission
41:08qui nous incombe
41:09accoucher d'un monde
41:10qui ne soit pas
41:11la poursuite
41:11anachronique
41:12et dégradée
41:12de l'ancien
41:13mais un complet
41:14nouvel
41:15univers
41:15vivant
41:16ça c'est un sujet
41:17de jolie crise
41:18aussi
41:18on est d'accord
41:19oui
41:19mais je suis
41:20fondamentalement
41:22opposé
41:23à toutes
41:24les pensées
41:26c'était mieux avant
41:27c'est à dire
41:27je reste
41:28ouvert
41:30je pense que
41:31on n'a pas
41:33c'est un mauvais calcul
41:35mais le problème
41:37c'est qu'il faut
41:37savoir inventer
41:39et savoir le faire
41:40et à bon escient
41:40et c'est très compliqué
41:41merci Patrice Bollon
41:43d'avoir été avec nous
41:44pour nous éclairer
41:44sur la crise
41:45je rappelle
41:45le nom d'ouvrage
41:46crise
41:47le mot la chose
41:47l'histoire
41:48aux éditions du CERF
41:49ça va vous éclairer
41:50sur ce phénomène
41:51avec lequel
41:51on vit tous les jours
41:52ma chère Maud
41:53on se dit à lundi prochain
41:54on se dit à lundi prochain
41:55on vous retrouve
41:56avec plein de bonnes choses
41:57à vous raconter
41:57pas toujours bonnes choses
41:59il va s'en passer des choses
42:00ce week-end
42:00il va s'en passer des choses
42:01reposez-vous bien
42:01demain vous retrouvez
42:02André Bercoff
42:03absolument
42:04et tout de suite
42:04la France sera toujours
42:05dans tous ses états
42:06et tout de suite
42:07Brigitte Laé
42:08je ne sais pas si c'est une crise
42:09sentimentale
42:10mais Brigitte Laé
42:10va nous parler aussi
42:12des sentiments
42:13des sentiments humains
42:13et tout de suite
42:14on va s'en passer
42:15à lundi prochain
42:16on va s'en passer
42:17à lundi prochain
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