- il y a 11 mois
- #sudradio
Avec Bertrand Vanteau, président de la Coordination rurale / Noémie Halioua, journaliste, auteur d'un reportage dans l'Ariège paru dans le JDD
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00:00Vous êtes sur Sud Radio, il est 13h03, nous allons discuter, échanger, partager des avis, des informations sur la tragédie agricole,
00:11la énième tragédie agricole, c'est la porte sur évidemment cette épidémie de dermatose.
00:17Nous attendons la présence de Bertrand Vanto qui est sur le terrain, bien entendu je le suppose très mobilisé,
00:22qu'on va avoir en direct le président de la coordination rurale,
00:26mais nous avons en studio à côté de nous un témoin, un témoin un peu original qui est la journaliste Noémie Allioua,
00:34reporter au journal du dimanche.
00:37On connaît Noémie surtout pour ses prises de position, ses enquêtes, ses études sur l'antisémitisme, le racisme, la tragédie du Proche-Orient
00:44et elle est allée avec cet oeil neuf, cet oeil un petit peu extérieur, Noémie est allée dans la riège,
00:50elle est allée voir l'élevage qui a été euthanasié l'autre jour et Noémie témoigne de la détresse, de la souffrance,
00:56justement avec son oeil extérieur elle n'est pas justement impliquée j'allais dire dans les enjeux,
01:03parce que quand on est journaliste et qu'on va voir cette situation on a envie de prendre parti
01:06et Noémie nous apporte un témoignage très émouvant, très bouleversant dans le JDD, on va en discuter avec elle.
01:12Noémie vous êtes restée combien de temps sur place en arriège ?
01:14Je suis restée trois jours sur place et je suis partie assez tôt et c'est ce que je vous racontais juste avant le début de l'antenne,
01:20c'est que tout part de Sud Radio, parce que c'est sur Sud Radio, dans l'émission de Valérie Expert,
01:24que j'ai fait une chronique la semaine dernière, un petit peu disons-le par hasard,
01:28on voyait simplement une dépêche AFP qui raconte un affrontement entre 300 gendarmes
01:33et des paysans qui se battent pour défendre leurs vaches.
01:37Et donc je vois simplement cette actualité, à ce moment-là il y a très peu de médias qui en parlent,
01:42ou en tout cas surtout des médias régionaux, des médias locaux,
01:45je me dis quand même que cette histoire est incroyable, des hommes qui se battent pour leurs vaches
01:48et qui affrontent des gendarmes, c'est-à-dire qu'on a à la fois des gens qui nous nourrissent,
01:52qui affrontent des gens qui nous protègent.
01:54Et donc cette image terrible me surprend et je me dis, je vais faire ma chronique là-dessus,
01:58je sais Valérie Expert, parce que c'est quelque chose d'intéressant.
02:01Et donc je commence à m'y intéresser comme ça, c'est vrai de façon un petit peu hasardeuse,
02:05dans la mesure où vous avez raison de le préciser, c'est pas du tout mon domaine d'expertise,
02:09mais malgré tout, comme de nombreux journalistes, je m'intéresse à l'état du pays
02:14et surtout, disons-le, j'ai le cœur brisé quand j'entends les premiers témoignages
02:18des gens qui nous racontent ce qu'ils vivent, c'est humainement, c'est douloureux,
02:23et donc en tant que journaliste, on a simplement envie de leur donner la parole.
02:26Et donc dans cette affaire, je ne suis même pas actrice ni témoin,
02:29simplement je leur tends le micro et c'est ce que j'ai essayé de faire dans ces deux pages dans le JDD.
02:33Vous avez touché du doigt et des yeux et par la parole des hommes et des femmes en souffrance
02:38qui se battent pour préserver un patrimoine.
02:40Ils ne sont absolument pas responsables de ces dégâts sanitaires.
02:44Il y avait des précédents avec la grippe aviaire, on a vu des agriculteurs, des éleveurs se battre,
02:48la population s'interposait entre les forces de l'ordre et les élevages de canards.
02:53Et c'est la population qui a gagné le ministre de l'Agriculture,
02:57et l'État avait dû faire marche arrière.
02:58On n'avait pas finalement euthanésié ces élevages de canards touchés par la grippe aviaire
03:02parce qu'ils ne l'étaient pas contaminés.
03:04C'est le principe de précaution qui est mis en cause.
03:05Là ce sont des bovins, certains élevages de vaches,
03:08on a plus de liens avec une vache qu'avec un canard,
03:10il y a plus de relations humaines, certaines donnent de prénoms.
03:13Certains gendarmes, certains policiers ont dit,
03:15nous ça nous fait mal au cœur, ils ont témoigné,
03:17de façon discrète mais ils ont témoigné,
03:19ça nous fait mal au cœur de devoir rétablir l'ordre
03:22et de nous affronter à des gens qui représentent un peu nous-mêmes.
03:25C'est une certaine idée de la France que l'on est en train d'attaquer
03:29quand on attache ces élevages.
03:29Oui, c'est une situation dramatique, terrible et douloureuse
03:32et vous avez raison aussi de préciser et de rappeler
03:34le lien qui unit les paysans à leurs animaux
03:38parce que beaucoup de gens qui vivent dans les villes,
03:40et moi aussi,
03:40on n'imagine pas ce que ça peut représenter ce lien affectif
03:43parce qu'on se dit finalement,
03:45leurs animaux vont à l'abattoir,
03:46ils sont destinés à mourir, à être mangés,
03:49à être transformés en steaks hachés
03:50et donc par définition,
03:52il n'y a pas de lien qui se crée,
03:53c'est d'instinct ce qu'on peut imaginer
03:55quand on ne connaît pas le monde rural.
03:57Et ça fait partie des choses que j'ai découvertes
03:58en allant discuter avec ces gens
04:00parce que vous avez raison de le rappeler,
04:01ils leur donnent des noms.
04:03Ces vaches, ces animaux,
04:04ils ont des caractères,
04:05ils ont des personnalités,
04:06ils en prennent soin,
04:07ils se lèvent à 4, 5 heures du matin
04:09pour les soigner,
04:10pour s'occuper d'elles,
04:11ils se lèvent la nuit pour savoir qu'elles vont bien,
04:13ils les font accoucher,
04:14ils les accompagnent tout au cours de leur vie,
04:16tout en sachant qu'elles sont destinées ensuite
04:18à terminer dans notre ventre,
04:21à être mangées.
04:22Mais malgré tout,
04:23et c'est ça qui est beau,
04:24c'est ça qui est étonnant
04:25quand on vient de l'extérieur,
04:27c'est de découvrir ce lien affectif
04:29qui existe entre les éleveurs
04:31et leurs bêtes,
04:32et leurs vaches et leurs veaux.
04:33Alors là, vous étiez sur l'élevage d'Ariège.
04:36J'étais dans le Doubs, oui.
04:37Dans le Doubs et dans le Jura.
04:38C'était juste avant,
04:39je suis partie en fait juste avant
04:41l'affaire de l'Ariège.
04:41L'Ariège, c'était celui qui a défris la chronique,
04:42vous êtes allé dans le Doubs et dans le Jura.
04:44Vous avez rencontré le même genre de situation,
04:46le même genre de souffrance ou non ?
04:47Oui, exactement la même chose,
04:48les mêmes revendications,
04:50d'ailleurs assez contradictoires,
04:51parce que par définition,
04:52une corporation n'est pas non plus un parti,
04:54et des gens peuvent avoir des idées différentes.
04:56Certains, par exemple,
04:57réclament une vaccination totale du cheptel,
05:00d'autres réclament un abattage
05:01qui soit partiel et qui ne soit pas total.
05:04Il y a des revendications diverses.
05:05On va avoir un patron de syndicats,
05:08les syndicats eux-mêmes ne sont pas tous d'accord,
05:10on le sait là-dessus.
05:11Mais ce qu'il y a de commun
05:13quand vous traversez la France
05:15et que vous écoutez ces paysans,
05:17c'est l'amour de la nature,
05:18l'amour des bêtes
05:19et le sentiment de mépris social.
05:22Il y a un vrai sentiment.
05:23Ils le vivent comment, justement ?
05:24Ils se sentent méprisés par l'État ?
05:26Ils se sentent déconsidérés ?
05:28Ils ont l'impression qu'on n'est pas conscients
05:30de l'ampleur de la tragédie qu'ils vivent ?
05:33Et certains se résignent ?
05:35Totalement.
05:35Il y a un sentiment de mépris social
05:37qui est terrible
05:38et ça se cristallise autour de la figure
05:40de la ministre de l'Agriculture,
05:41Annie Gennevar,
05:42qui est très critiquée.
05:43Il n'y a pas un paysan
05:44que je n'ai pas rencontré
05:45qui ne m'a pas parlé de deux choses,
05:46la ministre de l'Agriculture
05:47et le Mercosur.
05:48Ce sont deux choses
05:49qui reviennent toujours
05:50dans la conversation,
05:51qui sont considérées aujourd'hui
05:52comme, pas comme des amis,
05:55mais en tout cas comme des figures
05:57qui vont à l'encontre
05:58de leurs intérêts.
06:00Voilà.
06:00Je crois qu'on a Bertrand Vanteau en ligne.
06:03Est-ce que vous nous recevez, Bertrand Vanteau ?
06:05Oui.
06:06Bonjour Bertrand Vanteau.
06:07Merci d'être à l'antenne de Sud Radio.
06:09Je suppose que vous êtes sur les terrains
06:11en première ligne,
06:13confrontés à la colère
06:14et à la souffrance
06:15des agriculteurs,
06:16des agriculteurs,
06:16des éleveurs.
06:17Où en est-on aujourd'hui,
06:19à l'heure qu'il est,
06:19dans l'évolution du conflit ?
06:22Est-ce que vous sentez
06:23de la part du gouvernement
06:24une éventuelle possibilité
06:26de faire une pause
06:27sur l'euthanasie systématique
06:29des élevages ?
06:31Je ne sens pas...
06:33Honnêtement,
06:33je ne sens pas
06:34la ministre de l'Agriculture
06:35à vouloir lâcher.
06:35C'est pour ça qu'on a interpellé
06:37le Premier ministre
06:38pour qu'il vienne régler
06:39ce conflit-là.
06:40Je ne la sens pas lâcher
06:41parce qu'elle est tellement tenue
06:43par le réseau FNSEA
06:45qu'elle ne veut pas évoluer.
06:47Elle a tort de ne pas vouloir évoluer
06:48parce qu'elle peut encore
06:49se rattraper
06:50et éviter l'abattage
06:51par principe de précaution
06:53d'animaux qui sont sains
06:53et déployer la vaccination.
06:55C'est ce qu'elle doit faire
06:55le plus rapidement possible.
06:57Comment vous expliquez
06:58cette collusion
06:59entre la FNSEA ?
07:00Vous allez me dire
07:01qu'elle est ancienne,
07:02la co-gestion
07:02de l'agriculture française
07:04par la FNSEA,
07:05quand ce n'était pas
07:05la FNSEA
07:06qui désignait elle-même
07:07le ministre de l'Agriculture.
07:08Mais là, aujourd'hui,
07:11ils sont en totale phase
07:13avec cette logique
07:15d'abattage systématique.
07:17Il n'y a pas un débat
07:18qui s'est ouvert
07:18au sein de la FNSEA elle-même ?
07:21Je crois qu'il y a
07:22des problèmes
07:23entre la base
07:24et le haut du réseau
07:25qui m'ont peut déconnecter.
07:27Après, ça,
07:28c'est les histoires
07:28qui les confirment.
07:30Moi, je ne veux pas
07:30me mêler leurs histoires.
07:31En tout cas, c'est sûr,
07:32cette base doit être déçue.
07:34Mais il y a des intérêts financiers
07:35qui doivent nous échapper
07:36et c'est vraiment
07:37un sujet.
07:39Et donc, vous considérez
07:40que la ministre
07:41est à l'écoute
07:42et qu'elle se fait
07:43quasiment dicter
07:44son comportement
07:44par la FNSEA.
07:48En fait,
07:48elle se fait dicter
07:49son comportement
07:50par la FNSEA,
07:51par la Fédération nationale
07:52des groupements
07:53de défense sanitaire.
07:54Et elle a également
07:55de très, très mauvais conseillers.
07:57Ça se sent.
07:58Ça se sent qu'elle est
07:59très mal conseillée
07:59par des gens
08:00qui ne vont pas
08:00à la force
08:01de communiquer.
08:02Elle a besoin
08:03de solliciter
08:03ses conseillers.
08:04C'est elle qui doit trancher
08:05et d'arrêter
08:06d'écouter ses conseillers.
08:07Elle doit nous écouter.
08:08Elle doit écouter
08:09la profession agricole
08:10qui demande la vaccination
08:11et l'arrêt
08:12des abattages animaux
08:13qui sont sains.
08:14C'est une catastrophe
08:14pour les éleveurs.
08:15Ça va être une catastrophe
08:16pour la filière viande.
08:17C'est une catastrophe
08:18pour la balance commerciale
08:19de la France.
08:20Et ça donne
08:20une très, très mauvaise image
08:21à l'international
08:22et au niveau européen
08:23de ce qui est fait
08:24aujourd'hui
08:24en matière politique
08:25sur la DNC
08:26en France.
08:27Bertrand Vanto,
08:28quel est l'argument majeur
08:29sur l'euthanasie,
08:31l'abattage obligatoire
08:32et systématique
08:33de la totalité
08:33du troupeau ?
08:35Qui professe
08:36cette vision
08:37de la situation ?
08:40En fait,
08:41c'est une interprétation
08:42de la réglementation européenne
08:43qui est franco-française
08:44et qui est basée
08:44sur le principe
08:45de précaution.
08:46Donc,
08:47en fait,
08:48vous regardez
08:48ce qui se passe
08:49très honnêtement
08:50en Italie
08:50ou en Espagne.
08:52L'approche
08:53n'est pas du tout la même.
08:53On nous dit
08:54que c'est l'Europe.
08:54Non,
08:54ce n'est pas l'Europe.
08:56C'est l'application
08:56franco-française.
08:58Alors là,
08:58c'est sur la DNC,
08:59mais je vous rassure,
08:59sur la tuberculose,
09:00c'est exactement pareil
09:01parce que là aussi,
09:02il y a un carnage
09:03sans nom
09:03qui est en train
09:04de s'opérer
09:04et vous avez
09:05le même problème
09:06sur l'approche
09:07des phytos,
09:07la gestion de l'eau
09:08et des produits
09:09vétérinaires en France.
09:10C'est ça l'histoire.
09:11Elle est là.
09:12Et le principe
09:12de précaution
09:13a tellement diffusé
09:14dans les strates
09:15de décision
09:15qu'on est un peu perdus.
09:17D'ailleurs,
09:18je vais vous dire,
09:18quand vous voyez
09:19le conseiller
09:19du président de la République
09:21qui est sous l'lèvement
09:22de la terre,
09:22il devait dégager
09:23suite au salon
09:25de l'agriculture,
09:25il est toujours là.
09:26Donc,
09:26ces gens-là
09:27sont ensemble
09:28et font que la France
09:29bientôt ne produira plus rien
09:31et surtout
09:32les bons produits
09:33de qualité
09:33qu'on avait
09:34qui faisaient
09:35l'emblème
09:35de notre gastronomie
09:36reconnue
09:37au patrimoine
09:37de l'UNESCO.
09:39C'est incroyable
09:40que,
09:41j'allais dire,
09:42ces enjeux,
09:43ces souffrances
09:43durent depuis des décennies.
09:45On a l'impression
09:46que chaque année,
09:47on repart à zéro.
09:48Il y a des promesses,
09:49il y a des engagements
09:49publics,
09:50gouvernementaux
09:51et finalement,
09:52rien ne se met en place
09:53ou si peu.
09:56En fait,
09:57quand on regarde
09:58sur la partie
09:58sur le monde agricole,
10:00le monde agricole
10:00s'est structuré
10:01à l'époque
10:02du développement agricole
10:03autour de la FNSEA
10:05de ces satellites
10:05et tout le monde
10:07est contaminé,
10:07c'est-à-dire que le ministère
10:08de l'agriculture
10:08est contaminé
10:09et n'arrive pas
10:10à se remettre en question
10:11avec une approche
10:11pragmatique de l'agriculture.
10:13La composante
10:14qui a aussi des syndicats
10:15qui ont progressé,
10:16qui ont apparu
10:16et ils sont restés bloqués
10:18dans les années 60.
10:19Aujourd'hui,
10:20ce n'est pas ça
10:20qu'il nous faut.
10:21Aujourd'hui,
10:21on a besoin
10:22de liberté
10:23pour les agriculteurs,
10:24on a besoin
10:24de détricoter
10:25ce qui nous encadre,
10:26ce qui nous entrave
10:26et là,
10:27il est temps
10:28d'écouter réellement
10:29la coordination rurale
10:30parce qu'on veut
10:31libérer l'agriculture française
10:32et il faut vraiment
10:33que la ministre
10:34nous écoute
10:34et arrête
10:35de nous tenir à l'écart.
10:36Moi,
10:36je l'ai rencontré
10:37la semaine dernière,
10:38je n'ai pas un accueil magistral
10:39et dès que la rencontre
10:40a été finie,
10:41l'assistante nous a dit
10:42bon,
10:42il est temps
10:42que vous sortiez.
10:43Alors,
10:43je trouve que ce n'est pas
10:44tellement correct
10:44avec le premier syndicat de France
10:46sachant qu'on est capable
10:47de critiquer,
10:47de revendiquer
10:48mais aussi de proposer
10:49et on lui a fait des propositions
10:51et il est vraiment temps
10:51qu'elle nous écoute
10:52parce que la colère grossit
10:53et même si elle s'arrête
10:55peut-être
10:55pour le Noël
10:56et le premier janvier
10:57et ce dont je ne suis pas sûr,
10:59il pourrait bien
11:00qu'au mois de janvier
11:01ça reprenne de l'ampleur
11:02mais qu'on ne m'en a jamais connu.
11:03Bertrand Venton,
11:04vous restez avec nous,
11:05on se retrouve dans quelques instants,
11:06on continuera à parler
11:07de cette crise agricole
11:08et surtout de la perception
11:09que les agriculteurs ont aujourd'hui
11:11de la diversité syndicale,
11:12ils ont découvert
11:13qu'il n'y avait peut-être
11:13pas qu'une seule voix
11:17Je suis persuadé
11:19que beaucoup d'entre vous
11:20se sentent concernés
11:21ou sont sensibles
11:21à cette thématique
11:22et on continue l'émission.
11:27Nous sommes avec Bertrand Venton,
11:31président de la coordination rurale
11:33qui est sur le terrain
11:34et avec Noémie Aoulia
11:35qui elle est allée voir
11:36dans le Doubs
11:37et dans le Jura des éleveurs.
11:39Maud Coffler,
11:40vous avez une question
11:40pour Bertrand Venton ?
11:41Bertrand Venton,
11:42juste avant la pause,
11:43vous disiez
11:44que la colère
11:45des paysans,
11:45des agriculteurs
11:46pourrait prendre une ampleur
11:47qu'on n'a jamais connue
11:48sachant que ça avait déjà pris
11:50une ampleur assez impressionnante
11:51ces deux dernières années.
11:52Qu'est-ce que vous voulez dire par là ?
11:55Je veux dire que
11:56face à la mort
11:57qui est programmée
11:58et qu'on nous programme,
11:59on n'a pas envie
12:00de mourir en silence
12:01et que pour nous,
12:03notre métier,
12:03il est noble
12:04et on a fait ce métier-là
12:05pour être libre
12:06et pour ne pas être contraint
12:07pour la plupart qu'on est.
12:10Effectivement,
12:11face à la mort,
12:11vous avez deux choix.
12:12Soit vous la subissez,
12:13soit vous êtes en réaction.
12:14Donc aujourd'hui,
12:15il y a une vraie colère
12:16qui est en train de monter
12:16et vous avez aussi
12:18une inquiétude des jeunes,
12:19des jeunes qui sont
12:20en établissement de formation,
12:21qui sont très inquiets,
12:22qui sont en train
12:22de nous rejoindre,
12:23qui nous rejoignent
12:23sur les mouvements
12:24ou qui font dans les lycées agricoles
12:26parce qu'ils sont inquiets
12:26pour leur avenir.
12:27Ils croient en l'agriculture,
12:29ils croient en enlever des vaches,
12:30ils croient en faire pousser du blé
12:31et là aujourd'hui,
12:32le message que leur envoie
12:33le gouvernement français
12:34est de dire
12:35que vous n'avez plus d'avenir.
12:36Donc l'inquiétude est grande,
12:38elle est en train de gagner
12:39toute la société rurale
12:40qui est derrière nous
12:41et donc oui,
12:43effectivement,
12:44il y a une grande colère
12:45qui se lève
12:45et qui est silencieuse
12:46mais qui se manifeste aussi
12:48sur des manifestations
12:49et je ne souhaite vraiment pas
12:51que ça soit hors de contrôle
12:52parce que ce n'est pas ma vision
12:54mais il faut vraiment
12:55qu'on ait une réponse politique
12:56de la part de la ministre de l'Agriculture
12:58mais je crois qu'elle n'a pas envie
12:59de nous répondre.
12:59Je crois que vraiment,
13:00je fais une fois de plus appel
13:01à Sébastien Lecornu
13:02qui est notre premier ministre
13:03pour venir trancher ce dossier-là
13:04qui est très, très, très compliqué
13:06et très lourd de conséquences
13:08s'il n'est pas tranché rapidement.
13:09qui est allé sur le terrain
13:17on se souvient de la conférence de presse
13:18avant la mode de paille
13:19c'est lui qui a pris
13:20le dossier à bras-le-corps
13:22et bon,
13:22même si ça n'a rien donné
13:24on avait quand même la dimension
13:26que c'est le sommet de l'État
13:27qui était conscient
13:27qu'il fallait faire quelque chose.
13:29Noémie Aouliya.
13:29Oui, j'avais une question
13:30juste pour vous
13:31une question un peu technique
13:32par rapport à ce que vous disiez
13:33vis-à-vis de la ministre
13:34de l'Agriculture
13:35parce que, en fait,
13:36son argument à elle
13:37pour dire qu'elle est
13:38contre la vaccination obligatoire
13:40et totale du cheptel
13:40c'est qu'en fait, ensuite
13:41ça risque d'empêcher le commerce
13:44parce que
13:45le risque
13:47c'est qu'on ne puisse plus
13:47ensuite commercer véritablement
13:49parce qu'on va se transformer
13:50en zone non indemne
13:51et ce sera le cas
13:52pour toute la France.
13:53Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
13:54C'est-à-dire le risque
13:55si on accède
13:56si la ministre
13:57décide d'accéder
13:58à votre requête
13:59qu'on ne puisse plus
14:00ensuite commercer ?
14:03Tout d'abord, il faut déclasser
14:04la maladie
14:04parce que c'est une maladie
14:05qui est classée A
14:06donc on va déclasser
14:06et là, après,
14:07on n'aura plus de problème
14:08et puis après,
14:09c'est des accords
14:09à négocier
14:10avec nos partenaires
14:13commerciaux historiques
14:14voilà,
14:15c'est pas très compliqué
14:16en fait,
14:16il y a juste à déclasser
14:17la maladie
14:17et faire des accords
14:19bilatéraux
14:19avec nos partenaires historiques.
14:21C'est son travail
14:21de ministre
14:22c'est un travail
14:23qu'elle a à faire
14:23avec ses conseillers
14:24si ça ne lui vient même pas
14:26à l'oreille
14:26d'avoir pensé à ça
14:28c'est qu'il y a un problème
14:28je vous dis
14:29elle est très très mal conseillée.
14:31Le classement consisterait
14:33une fois qu'on a un cas
14:34de contamination
14:35dans un élevage
14:36on isole cet élevage
14:37on le confine
14:38on abat l'animal contaminé
14:40et ensuite on suit
14:42l'évolution de la maladie
14:43dans l'élevage
14:43pour savoir s'il y a contamination
14:44ou pas
14:45avant de passer
14:46à l'euthanasie générale
14:47on peut faire peut-être
14:49des choses en deux temps.
14:51Oui, après il y a deux choses
14:52il y a la partie
14:53des zones aujourd'hui
14:54qui ne sont pas touchées
14:55et qu'il faut absolument
14:56essayer de vacciner
14:57le plus tôt possible
14:57et il y a le traitement
14:58aujourd'hui de la maladie
14:59où les cas explosent
15:00et où effectivement
15:01il faut regarder
15:01ce qui est possible
15:02en termes de dérogation
15:03pour ne pas abattre
15:05tout le cheptel
15:05en plus vous avez un sujet
15:06qui est très technique
15:07c'est-à-dire que vous avez
15:08par exemple un lot
15:09qui est contaminé
15:09et les éleveurs aujourd'hui
15:10sont en train de rentrer
15:11leurs animaux
15:12donc vous ne pouvez avoir
15:13qu'un lot qui est touché
15:14avec 20 animaux
15:14vous mettez tout
15:15dans le même bâtiment
15:16et vous avez vos 200 bovins
15:17qui sont contaminés
15:18c'est ce qui s'est passé
15:19dans le doux
15:19c'est ce qui s'est passé
15:20aussi en Ariège
15:21et là vous tuez
15:21les animaux pour rien
15:22donc il y a un vrai travail
15:23de fond à faire
15:24de construction
15:25si la ministre
15:26en est d'accord
15:26mais il faut vraiment
15:27qu'elle se réveille
15:28pour épargner un maximum
15:29d'animaux
15:29et avoir une approche sanitaire
15:31qui est totalement différente
15:32et qui épargne aussi bien
15:33les éleveurs
15:34que leurs animaux
15:34c'est un drame
15:35ce qui se passe
15:36aberration suprême
15:38lorsque l'élevage est abattu
15:39bien entendu
15:40la vache contaminée
15:41l'animal contaminé
15:42il va à l'écarissage
15:43il va à la destruction
15:44mais on peut supposer
15:46que les bêtes abattues
15:47qui sont saines
15:48leur viande est comestible
15:50et on pourrait les consommer
15:51or tout est envoyé
15:52à la destruction
15:52oui
15:54contrairement à la tuberculose
15:56où vous avez une partie
15:56des animaux
15:57qui partent
15:58qui sont consommés
15:59et là effectivement
15:59ça part pas à la consommation
16:00mais en fait
16:01ce qu'il faut surtout retenir
16:02c'est que c'est une maladie
16:03qui est arrivée
16:03il faut prendre le recul nécessaire
16:05elle va certainement
16:06se disséminer
16:07mais dans l'instant
16:07ce qu'on utilise
16:08est à mon avis
16:09beaucoup trop brutal
16:09et met en péril
16:10la balance commerciale française
16:12met en péril aussi
16:13des familles d'agriculteurs
16:14le principe de précaution
16:16ne fait que trop durer
16:17en France
16:18dans l'approche des maladies
16:19aujourd'hui
16:20il faut prendre du recul
16:21il faut agir
16:22sauver un maximum
16:22de vaches
16:23d'éleveurs
16:24parce qu'on va en avoir besoin
16:26et l'approche
16:27n'est pas du tout
16:28la bonne
16:29il faut sortir
16:30de ce massacre organisé
16:32où on nous dit
16:33qu'il n'y a que 3000 animaux
16:34qui aujourd'hui
16:34ont été abattus
16:35mais au final
16:36quand ça va s'être parti
16:37dans toute la France
16:38ce qui risque d'être le cas
16:39vous aurez peut-être
16:41des centaines
16:41de milliers d'animaux
16:42du moins des dizaines
16:44de milliers d'animaux
16:44qui vont être abattus
16:45regardez l'exemple
16:46de la tuberculose
16:47on en fait tuer
16:47depuis 40 ans
16:48et ça n'a pas réglé
16:49le problème
16:49la maladie est toujours là
16:50elle est maltraitée
16:51donc aujourd'hui
16:53il faut que le protocole évolue
16:55il y a des revendications syndicales
16:57les ultras aussi
16:58ont fait des revendications
16:59ce soir
17:00si la ministre
17:01ne lâche pas du lest
17:03c'est au premier ministre
17:05de trancher ce sujet
17:06sinon la France
17:07va être
17:08risque d'être bloquée
17:10nous avons un auditeur
17:12de Sud Radio
17:12qui nous appelle
17:13c'est Benoît
17:13qui nous appelle
17:14de Montesquieu
17:15bonjour Benoît
17:16vous êtes en zone agricole
17:17ou non ?
17:18vous êtes en zone agricole ?
17:20ah oui en zone agricole
17:21depuis 5 générations
17:22en faisant que de l'élevage
17:24que vous inspire cette situation ?
17:26cette tragédie ?
17:27la situation
17:28on l'a vit
17:29aujourd'hui
17:30on l'a vit très mal
17:30on a été défendre
17:33l'éleveur dans l'arrière
17:34je bois avec mon fils
17:35on a pris des grenades
17:36mais comme jamais
17:37on a été pris vraiment
17:38mais on n'a même pas de mots
17:41pour le dire
17:42on a été repoussé
17:44enfin voilà
17:45mais aujourd'hui
17:47on vit avec la peur
17:48voilà
17:49et puis c'est la peur
17:51parce que si ça continue comme ça
17:53alors bientôt en Occitanie
17:54en France
17:55mais il n'y aura plus une vache
17:56vous êtes toujours en activité
17:57Benoît ?
17:59ah oui moi je suis en activité
18:00j'ai mes deux fils derrière
18:02qui reprennent
18:03mais je ne sais pas quoi leur dire
18:04je vous dis franchement
18:05je ne sais plus quoi leur dire
18:06c'est un élevage ?
18:07vous avez
18:08oui
18:08élevage de limousine
18:10donc en race allaitante
18:12à viande
18:12race à viande
18:13oui en viande
18:14voilà
18:14vous êtes
18:15on est dans le Tarn-et-Garonne
18:16on n'est pas
18:17on n'est pas encore retouchés
18:19mais ça va venir
18:20on le sait
18:20on le sait
18:21vous êtes affilié à un syndicat
18:23ou pas
18:23ou vous êtes indépendant ?
18:24ah oui
18:25c'est R82
18:26bon voilà
18:27on est des gens
18:29aujourd'hui
18:29on fait partie des fous furieux
18:32mais
18:32mais on défend une cause
18:33on est là pour défendre une cause
18:35et puis on la défendra
18:37parce que si ce soir
18:38moi je vous dis franchement
18:39la ministre
18:40elle n'a rien à venir faire
18:41elle n'a pas à venir en Occitanie aujourd'hui
18:43si elle n'a pas des bonnes choses à nous dire
18:45mais qu'elle reste à Paris
18:46en tout cas vous confirmez
18:48elle a du sang sur les mains
18:50cette femme aujourd'hui
18:51enfin le gouvernement
18:52a du sang sur les mains
18:53enfin disons façon de parler
18:55effectivement
18:56en toutes les manières
18:56il sait qu'il est responsable
18:57et on sait bien que des mesures
18:59ou réduites prises
18:59je vais en discuter avec Bantran Venteau
19:01on suppose qu'on aurait pu prévoir
19:02cette tragédie avant
19:03et qu'on attend toujours
19:05que la catastrophe soit en place
19:06avant de prendre des mesures efficaces
19:07en tout cas
19:08Benoît
19:09on vous sent très mobilisé
19:10dans votre territoire également
19:11il y a une mobilisation générale
19:12vous sentez que la prise de conscience
19:13est collective ?
19:15Oui, on est très très mobilisé
19:17et puis je pense qu'on va surtout
19:19se mobiliser
19:21et ça va exploser
19:22j'en ai peur
19:24je vous le dis franchement
19:25mais ça va exploser
19:26On en est tous conscients
19:27et je pense qu'au gouvernement
19:28ils le savent aussi
19:29c'est la raison pour laquelle
19:30le Premier ministre Sébastien Lecornu
19:32a peut-être envisagé
19:33qu'on pouvait proposer
19:35disons un moratoire
19:36à l'application des mercos sur
19:38Bétro Venteau
19:38qu'est-ce que vous répondez à Benoît ?
19:41Qu'il est dans le bon sens
19:41évidemment
19:42il a une complication
19:44Vous savez, on a des gens qui travaillent
19:47qui travaillons
19:47qui ne voulons qu'une seule chose
19:48c'est travailler
19:49et sauver nos élevages
19:50on est profondément respectueux de l'État
19:52à partir du moment où ils nous respectent
19:54on a la trouille aussi
19:55moi je vous le dis honnêtement
19:56j'ai vraiment la trouille
19:57que ça parte dans n'importe quoi
19:59et je n'en ai pas envie
20:00et c'est là où on a besoin de politiques
20:02qui viennent nous rassurer
20:03prennent des mesures d'urgence
20:05traitent le problème rapidement
20:06j'en appelle
20:07je suis fatigué de me répéter
20:09mais c'est au Premier ministre
20:11de prendre le manche
20:12sinon ça va mal finir
20:13et je n'en ai vraiment pas envie
20:14j'aime la France
20:15j'aime le métier qu'on fait
20:17et je trouve qu'on n'est pas pris en considération
20:19vous prometz que j'en ai gros sur la patate
20:22et on vit dans la trouille
20:24moi je suis éleveur aussi
20:25on vit dans la trouille
20:25que cette maladie arrive
20:26et on en est prêts même
20:27à être obligés de mentir
20:29si on a la maladie
20:30pour ne pas faire battre nos animaux
20:31vous vous rendez compte ?
20:33Le Président de la République
20:34a fait savoir
20:35qu'il soutenait
20:36les agriculteurs
20:37qu'il était solidaire
20:38de leur détresse
20:39comment vous l'interprétez
20:40ce message ?
20:43Oui enfin
20:43il nous soutient
20:45mais enfin derrière
20:46le Mercosur
20:47il a signé
20:48donc il a dit
20:49non non
20:49jamais chinerai
20:50mais il a signé
20:50je pense qu'Emmanuel Macron
20:52vous savez
20:52l'agriculture
20:53ça lui importe peu
20:54il n'est pas là-dedans
20:55peut-être qu'on a un espoir
20:57avec le Premier ministre
20:58Emmanuel Macron
20:59à la fin de ses mandats
21:00c'est quelqu'un
21:02qui aime le libre commerce
21:03qui n'est pas capé
21:05pour aller lutter
21:06justement sur les négociations
21:07commerciales
21:08comme le fait Trump
21:09ou comme vers
21:10Poutine
21:11ou les présidents
21:12ou le président chinois
21:12c'est-à-dire qu'il est très respectueux
21:14de l'OMC
21:14alors que les autres disent
21:15il y a des secteurs
21:16auxquels il ne faut pas toucher
21:17il n'a pas su protéger
21:18notre agriculteur française
21:19il n'a pas de consensus
21:20au niveau de l'Europe
21:21pour nous protéger
21:22le Mercosur
21:22et aujourd'hui
21:23ce qu'il envoie sur le Mercosur
21:24c'est juste pour réussir
21:25de calmer la colère paysanne
21:27en accord avec son armée
21:28Arnaud Rousseau
21:29mais ce n'est que ça
21:30je ne pense pas
21:31qu'Emmanuel Macron
21:32aime l'agriculture française
21:34malheureusement
21:35j'aurais été heureux
21:36qu'il aime
21:36et qu'il nous défend
21:37encore écrit
21:37mais il n'est pas capé
21:39pour aller négocier
21:40au niveau international
21:42pour nous défendre
21:43que ce soit
21:44la viande bovine
21:45le cognac
21:46tout un tas de productions
21:47dont les céréales
21:48c'est mon avis
21:49et puis il est à la fin
21:51de son mandat
21:51donc s'il n'y a pas
21:52de choses qui se passent
21:53pendant 12 mois
21:54on va encore souffrir
21:55on entend votre colère
21:57votre désarroi
21:58vous restez avec nous
21:59on continue cette conversation
22:00on appelle nos auditeurs
22:01à nous joindre
22:02au 08126 300 300
22:04pour partager avec vous
22:05cette colère
22:06et cette détresse
22:07midi 14h
22:10Sud Radio
22:11la France
22:12dans tous ses états
22:13nous sommes avec
22:15Bertrand Vanto
22:16président de la
22:16coordination rurale
22:18récent président
22:18de la coordination rurale
22:19qui est le syndicat
22:20qui est en train
22:21d'avoir le vent
22:22en poupe
22:22la FNSEA
22:23est restée très longtemps
22:24avec un monopole
22:25de représentation
22:26et aujourd'hui
22:27le monde agricole
22:28a compris que
22:28la diversité existait
22:29comme en politique
22:30il y a la confédération
22:31paysanne
22:32plutôt classée à gauche
22:33la FNSEA
22:34qui a co-géré
22:35très longtemps
22:35l'agriculture française
22:36et dont on peut considérer
22:37qu'elle a une partie
22:38des responsabilités
22:39et des dégâts
22:40et la détresse
22:40dans laquelle
22:41l'agriculture française
22:42aujourd'hui
22:42est plongée
22:43et puis il y a
22:44la coordination rurale
22:45qui existe
22:46et qui en tout cas
22:46aujourd'hui
22:47mène le combat
22:48Bertrand Venteau
22:49ce que je dis
22:50le monde agricole
22:51a compris
22:52qu'il ne fallait pas
22:53mettre tous ses oeufs
22:54dans les mêmes paniers
22:54et que la FNSEA
22:56qui a été entre guillemets
22:57le syndicat officiel
22:58très longtemps
22:58aujourd'hui
22:59n'est pas le seul
23:00à savoir défendre
23:01la cause agricole française
23:02et qu'il y a même
23:02d'autres façons
23:03de se battre
23:03et d'autres revendications
23:05à porter
23:05qui sont très différentes
23:06de ce que la FNSEA
23:07a apporté
23:07depuis 50 ans
23:08Oui oui
23:11après aujourd'hui
23:12la FNSEA
23:13est un syndicat de filières
23:15il faut le savoir
23:16donc était au service
23:18des filières
23:18plus des fois
23:19que des paysans
23:20bon il y a quelques
23:20différences
23:21il y a quand même
23:22des gens qui étaient
23:23qui défendaient
23:24leur territoire
23:24et leurs paysans
23:25mais ce n'était pas
23:25franchement ça
23:26aujourd'hui
23:28oui elle a un pied à terre
23:30parce qu'elle a souvent
23:32dit oui oui
23:32c'est à dire que
23:33là par exemple
23:34je me rappelle
23:35d'une chose
23:35qui m'avait marqué
23:36quand Christiane Lambert
23:37avait signé un accord
23:38avec WWF
23:39déjà c'était mal parti
23:40et dans les négociations
23:42qu'on a eues
23:42sur les produits
23:44phytosanitaires
23:45sur les produits
23:45vétérinaires
23:46sur également
23:47l'accès à l'eau
23:48en vouloir compenser
23:49avec les écologistes
23:50et les décroissants
23:51des fois
23:51essayer de trouver un accord
23:52on est arrivé
23:53à des sujets
23:53comme Sainte-Soline
23:54c'est à dire que
23:55vous avez mis 20 ans
23:56et à la fin
23:57les écolos
23:57sont retournés contre vous
23:58et les agriculteurs
24:00qui pensaient être défendus
24:01par la FNSEA
24:02se sont retrouvés piégés
24:03la stratégie n'était pas bonne
24:05il fallait refuser
24:05il fallait dire non
24:06on ne discutera pas
24:07avec les écologistes
24:09ce n'est pas la peine
24:09et ça n'a pas été fait
24:11voilà
24:11alors après
24:12je ne suis pas là
24:13pour Vilipe Amdé
24:14en permanence
24:14la FNSEA
24:15j'estime qu'aujourd'hui
24:16on a des choses à proposer
24:17effectivement
24:18on a un discours
24:18qui peut être dur
24:19mais qui est en opposition
24:20avec ceux qui veulent
24:21nous avoir la peau
24:22et qui sont les décroissants
24:24j'assume totalement
24:25ce que je dis
24:25voilà
24:26c'est un changement de méthode
24:27c'est un changement de paradigme
24:29et puis j'espère
24:29que ça va faire
24:30tâche d'huile
24:31sur les politiques
24:32et dire regardez
24:32l'agriculteur française
24:34ne veut pas mourir
24:34les vrais sujets sont là
24:35on veut continuer
24:36à pouvoir produire
24:37et en vivre
24:38c'est un vrai sujet
24:39et aujourd'hui
24:39on doit le prendre
24:40à bras le corps
24:40et aujourd'hui
24:41je dois bien reconnaître
24:42que c'est l'ACR
24:43qui le prend à bras le corps
24:44et puis je ne suis pas
24:45tout le temps d'accord
24:46avec la Confédération Paysanne
24:47on a de gros désaccords
24:48mais sur la gestion de la DNC
24:50comme quand il y a eu
24:50la grève du lait en 2008
24:52il y a des sujets
24:53sur lesquels on peut se rassembler
24:54et on se rassemble aussi des fois
24:55avec la FNSEA
24:57je prends l'exemple
24:57des études HMUC
24:59c'est un nom très barbare
25:00mais qui était
25:00des choses qui nous entravent
25:02pour l'accès à l'eau
25:02en particulier en Poitou-Charente
25:04où on s'est entendu avec eux
25:05pour avancer
25:05nous l'important
25:06c'est de défendre
25:07l'agriculteur française
25:08les paysans français
25:09pour qu'on soit encore là de moins
25:10et qu'on souffle le moins possible
25:12regardez ce que fait l'Italie
25:14avec ses agriculteurs aujourd'hui
25:15ou même l'Espagne
25:16l'Etat, les régions
25:19le tissu économique
25:20est derrière ses agriculteurs
25:21et ce qui permet
25:22de conserver de la production
25:23nous ce qu'on demande aujourd'hui
25:25c'est que l'Etat
25:25change la façon de nous approcher
25:27soit à nos côtés
25:28à nous défendre
25:30et qu'elles mettent aussi
25:31un peu d'ordre dans ses services
25:32parce qu'il faut reconnaître
25:33qu'on a des entraves
25:34qui viennent des fois
25:35des fonctionnaires
25:36qui sont soit dans les ministères
25:38soit dans les services déconcentrés
25:39ou soit dans les agences
25:41et les offices
25:41donc aujourd'hui
25:42il y a un vaste chantier
25:43pour que l'Etat
25:44soit à nos côtés
25:45change la vision des choses
25:47et il y a des économies à faire
25:49et surtout changer
25:50l'état d'esprit
25:51de fonctionnaires
25:52qui nous accompagnent
25:53pour nous simplifier la vie
25:54pas pour nous entraver
25:55ce qu'ils attendent peut-être aussi
25:57c'est que leur ministre
25:58fasse le travail nécessaire
26:00mais regardez ce qui se passe
26:01dans les conseillers
26:02des ministres
26:03ils sortent tous
26:04de la même école
26:05ils n'ont souvent pas
26:06connu le terrain
26:07et les territoires ruraux
26:08c'est ce qui nous manque
26:09et regardez
26:10on le voit pertinemment
26:11dans les conseillers sanitaires
26:13de madame la ministre de l'Agriculture
26:16c'est des gens
26:17qui ont fait des écoles vétérinaires
26:18mais qui n'ont jamais été praticiens
26:19comme nos vétos
26:20qu'on a en campagne
26:21ceux-là ils nous connaissent
26:22et ceux-là
26:23on les respecte
26:23nos vétos praticiens
26:24sont des alliés
26:25mais ceux qui ont été issus
26:27et qui n'ont jamais connu
26:28la rurale
26:29et qui conseillent
26:30parce qu'ils ont fait
26:31une école vétérinaire
26:32la ministre
26:32nous amène dans l'impasse
26:33dans laquelle on est
26:34faisons confiance
26:35aux paysans localement
26:36aux vétérinaires ruraux
26:38le peu qui reste
26:39parce que c'est
26:40c'est nos vrais partenaires
26:41ils sont à côté de nous
26:42et ils travaillent
26:437 jours sur 7
26:44il n'y a pas de filet
26:45et c'est nos vrais partenaires
26:46et ceux-là
26:47on les aime
26:47il n'y a pas de sujet sur ça
26:49beaucoup d'adhérents de base
26:50de la FNSEA
26:51partagent votre avis
26:52ils ne le disent pas publiquement
26:53j'en connais
26:54mais ils me disent
26:54effectivement
26:54aujourd'hui
26:55la position
26:56de la coordination rurale
26:58devrait être en partie
26:59être celle de la FNSEA
27:01Maud Coffler
27:01Bertrand Benteau
27:02vous espérez un impact
27:03sur la société française
27:04vous en voulez beaucoup
27:05aux politiques
27:05Annie Gennevar
27:06Emmanuel Macron
27:06Sébastien Lecornu
27:07en première ligne
27:08le grand rendez-vous
27:09entre politique
27:10et agriculteur
27:11et la société
27:12c'est le salon de l'agriculture
27:13qui a lieu
27:14chaque année en février
27:15vu comme c'est parti
27:17est-ce que vous
27:18même si c'est symbolique
27:19est-ce que vous
27:20vous ambitionnez
27:21de boycotter
27:22le salon de l'agriculture ?
27:24déjà
27:24vu comme c'est parti
27:25il y a de grandes chances
27:26qu'il n'y ait pas de bovins
27:26au salon de l'agriculture
27:27vous êtes toujours là
27:28Bertrand Benteau
27:29désolé
27:30ça fait partie
27:32des réalités du direct
27:33je pense que vous êtes
27:34vous-même en contact
27:35avec vos amis
27:37vos alliés
27:37vos militants
27:38et que la situation
27:39est tendue
27:40la prochaine étape
27:41là c'est quoi ?
27:42est-ce qu'il y a
27:42une entrevue prévue ?
27:43alors la ministre
27:44vient en Haute-Garonne
27:47est-ce qu'il y a
27:48une rencontre prévue ?
27:49d'abord est-ce qu'il y a
27:49une inter-syndicale ?
27:50pour l'instant
27:51même si la FNSEA n'y est pas
27:53est-ce qu'avec la confédération
27:55syndicale
27:55vous pouvez envisager
27:56une démarche commune ?
27:58et ensuite
27:58est-ce qu'il y a
27:59un rendez-vous prévu
28:00en haut lieu ?
28:01vous avez interpellé
28:01le premier ministre
28:02est-ce que vous avez
28:03une réponse à cette demande
28:04alors qu'il est ?
28:05alors toujours aucun appel
28:07du cabinet du premier ministre
28:08ni même du premier ministre
28:09donc je sais pas
28:10j'ai l'impression que
28:11c'est pas très compliqué
28:12pour avoir mon numéro
28:12moi j'ai pas le sien
28:13il faut qu'ils réfléchissent vite
28:17mais en tout cas
28:19oui
28:19on peut s'entendre
28:20effectivement
28:20avec la confédération paysanne
28:22avec une partie aussi
28:23de la base
28:24de les DFDSEA
28:24qui ont signé
28:26des protocoles
28:27avec nous
28:28les ultras
28:29en font partie
28:30il n'y a pas de sujet
28:30tant qu'on construit
28:31pour sauver l'élevage
28:32il n'y a aucun problème
28:33voilà
28:33il y a des démarches locales
28:36qui ont été construites
28:37en inter-syndicale
28:38et c'est très bien
28:38quand c'est comme ça
28:39parce que la cause est juste
28:40et la cause mérite
28:41qu'on se rassemble
28:42sur des sujets dans ce style
28:43on n'est pas là
28:44pour s'entretuer non plus
28:45c'est pas le but
28:46on est tous paysans
28:47derrière vous
28:48un beau paysage
28:49du limousin
28:49vous êtes en Vienne
28:50je suppose
28:51là ou non
28:51vous êtes chez vous
28:52je voulais savoir
28:58quelle était votre activité
28:59à vous personnellement
28:59alors moi
29:01j'ai des vaches limousines
29:03j'ai un associé
29:04puis on a un salarié
29:05j'ai une centaine
29:06de vaches limousines
29:07en système
29:08naissant-graisseur
29:08c'est à dire que
29:09en fait
29:09tout part pour la boucherie
29:10quand on a fini
29:11c'est un beau métier
29:15c'est un métier qui est dur
29:15mais c'est un beau métier
29:16bon hier soir
29:17j'ai eu un problème
29:17sur une vache
29:18ça s'appelle
29:19un renversement de matrice
29:20voilà
29:21plus le reste
29:21mais qu'est-ce qu'on est bien
29:23quand on est au milieu de nos vaches
29:24je vous promets
29:24qu'on ne souhaiterait pas
29:25être engagé syndicalement
29:26on souhaiterait que tout aille bien
29:27parce que qu'est-ce que ça peut
29:29alors on a nos ennuis
29:29mais qu'est-ce qu'on est au calme
29:31quand on est au milieu
29:31et surtout on a fait ce métier là
29:33pour être libre
29:34et plus ça vient
29:34plus on est entravé
29:35et moi je ne veux pas ça
29:36pour les jeunes qui arrivent
29:37je veux qu'ils soient libres
29:37chez eux
29:38qu'ils soient heureux
29:39d'élever leurs animaux
29:40de faire des cultures
29:41de faire des pommes
29:42faut desserrer ce carcan
29:43c'est intenable
29:44déjà qu'on n'a pas
29:45pour la plupart de rentabilité
29:46si en plus on est contraint
29:47par du réglementaire
29:48en fait c'est les revendications
29:49de 2024
29:50elles n'ont pas été traitées
29:52elles n'ont pas été traitées
29:52la DNC
29:53la DNC est le révélateur
29:54mais ça n'a pas été traité
29:56les politiques ont dit
29:57oui oui vous inquiétez pas
29:58ça n'a pas été traité
29:59à part la loi du plomb
30:00qui nous a amené en plus
30:01le reste n'a pas été traité
30:02Bertrand Vanteau
30:03l'agriculture française
30:04cumule le record
30:06des promesses non tenues
30:07et des engagements
30:09non respectés
30:09nous sommes en ligne
30:10avec Paul
30:11Paul nous appelle de Damazan
30:13Paul vous êtes touché
30:14par le mouvement agricole
30:15moi je suis agriculteur
30:17alors je salue
30:18notre président national
30:19parce que moi je suis
30:20adhérent à la CR47
30:21bien sûr
30:22donc moi je suis
30:23revenu à un petit village
30:24à côté de Damazan
30:25moi j'ai 72 ans
30:26donc je vois les choses
30:27avec une autre vision
30:29comme me dit Bertrand
30:30moi je voudrais me battre
30:31pour nos jeunes
30:31aujourd'hui on est victime
30:32de trahison
30:33on a créé des coopératives
30:35c'est-à-dire la mise en commun
30:37de nos moyens de production
30:37pour valoriser mieux
30:39parce qu'il fallait plus de volume
30:40pour pouvoir attaquer
30:41la grande distribution
30:41les marchés mondiaux
30:42et autres
30:43nos coopératives nous ont trahis
30:44nous ont créé des coûts
30:46énormitants
30:47en nous prenant
30:48la plus-value
30:49on a des normes
30:52qui ne cessent de s'empiler
30:53qui font que chaque fois
30:54même si on ne veut plus investir
30:55parce qu'on est
30:56on est en fin de carrière
30:58qu'on ne veut pas
30:59on est obligé d'investir
31:00pour continuer à produire
31:01ils nous changent les normes
31:02donc on est obligé
31:03de continuer à produire
31:03on a énormément
31:05de difficultés
31:06à recruter des salariés
31:07moi je fais des fraises
31:09donc nous on s'est remis en question
31:10mais non sans mal
31:11parce que dans les années 80-90
31:12ils sont sortés
31:13trois fois par semaine
31:14pour les vidéos
31:14on a fait des camions espagnoles
31:15on a fait des manifestations
31:17on n'arrêtait pas
31:18le monde paysan
31:19et maltraités
31:20et méprisés
31:21quand on a la chance
31:22d'être autour d'une table
31:24de pouvoir exprimer
31:24nos problèmes
31:25on a l'impression
31:26qu'ils nous ont compris
31:26non non
31:27les fonctionnaires
31:28reprennent la main derrière
31:29et ils font quand même
31:30que ce qu'ils veulent
31:31ils sont formatés
31:32et ils sont incapables
31:33d'empathie
31:34parce qu'aujourd'hui
31:34moi ce que je trouve
31:35dramatique
31:36c'est de voir ces images
31:37de force de l'ordre
31:38face à des agriculteurs
31:39ça c'est terrible
31:41c'est la France qui travaille
31:43face à la France qui travaille
31:44nous on respecte les règles
31:45et là aujourd'hui
31:46on se retrouve face à des CRS
31:48pour pouvoir continuer
31:48à faire notre métier
31:49est-ce que c'est légitime
31:50aujourd'hui en France
31:51d'avoir eu des forces de l'ordre
31:52pour abattre les bovins
31:53est-ce que les forces de l'ordre
31:54n'ont pas autre chose à faire
31:55c'est plus urgent
31:56Paul je disais au début de l'émission
31:58que des policiers
31:59et des gendarmes
32:00ce sont pas
32:00pas officiellement
32:01les policiers peuvent le faire
32:02par leur biais syndical
32:03les gendarmes sont des soldats
32:05mais enfin
32:06beaucoup d'entre eux
32:06témoignent de leur écœurement
32:08de devoir pratiquer
32:09ce genre de forme de répression
32:11il disait
32:12nous avons protégé
32:12les paysans à Sainte-Soligne
32:13contre les ultra-gauchistes
32:15et maintenant c'est nous
32:16qui sommes obligés
32:17de sévir et de réprimer
32:18un monde agricole
32:20un monde rural
32:20des paysans
32:21dont nous sommes
32:21souvent ce sont nos familles
32:22en tout cas nous nous sentons
32:24plus solidaires
32:24de la cause de ces paysans
32:26que de ceux qui nous donnent
32:26l'ordre de les réprimer
32:27qu'est-ce que ça vous inspire
32:29Bertrand Banteau ?
32:31J'étais en Ariège
32:34j'ai touché de partir
32:36avant le déploiement de force
32:37mais j'ai eu le témoignage
32:38de mes collègues
32:38ils l'ont très mal vécu
32:40alors l'argument de la ministre
32:41en disant
32:41il y a des black box
32:42qui étaient au milieu
32:43ok mais bon
32:44les forces de l'ordre
32:44elles savent reconnaître
32:45des paysans des black box
32:47donc puis c'était pas
32:48la même mission
32:49je l'ai très très mal vécu
32:51on l'a tous très mal vécu
32:53d'ailleurs
32:53n'importe quelle tendance
32:54syndicale
32:54on l'a très mal vécu
32:55c'est vrai qu'un gendarme
32:56me dise
32:57ça me fait mal au coeur
32:58de devoir réprimer
32:59des gens dont je partage
33:00peut-être la cause
33:00ou dont je comprends le combat
33:02non mais c'est
33:05je veux dire
33:06sur le ministre de l'Intérieur
33:08là
33:08le préfet
33:09et je sais pas
33:10si la ministre de l'agriculture
33:11a été assignée
33:13ce qui s'est passé là-bas
33:14mais ça a été
33:15c'est
33:16en vouloir autant
33:18à ces paysans
33:18je sais plus ce qu'il faut faire
33:19moi
33:19je sais plus ce qu'il faut faire
33:20quand un pays
33:21s'en prend
33:22ce qui permet de le nourrir
33:23on parle de réarmement militaire
33:25mais le réarmement agricole
33:26de la France
33:27il est où ?
33:27il est où ?
33:28si on rentre en guerre
33:30si on rentre en guerre
33:30on fait comment ?
33:31si ça continue comme ça
33:32on produira même plus
33:33la moitié de ce qu'on doit
33:34consommer en France
33:35vous imaginez
33:36on parle de réarmement militaire
33:38mais on ne met pas les moyens
33:39sur la cause agricole
33:40je ne parle pas d'alimentaire
33:41je parle d'agricole
33:42la souveraineté
33:43elle est énergétique
33:44militaire
33:45et elle est aussi
33:46au niveau de l'alimentation
33:48quand vous n'avez pas
33:49ces trois choses là
33:49vous êtes un pays
33:50qui est vulnérable
33:51et moi je ne souhaite pas
33:52que la France soit un pays vulnérable
33:53et l'arme agricole
33:54est une véritable arme
33:55Bertrand Vanto
33:56vous savez que
33:57les statistiques
33:58qui arrivent
33:59annoncent que peut-être
34:00pour la première fois
34:00la balance du commerce extérieur
34:03de l'agriculture française
34:03sera en déficit
34:04nous aurons importé
34:05plus de produits alimentaires
34:07que nous n'en exporterons
34:08c'est quelque chose
34:08qui est très inquiétant quand même
34:09c'est inquiétant
34:12mais c'était prévisible
34:12parce que quand on n'a pas pu
34:13développer nos outils de production
34:15qui étaient des réserves d'eau
34:16pour s'adapter
34:17aux changements climatiques
34:18quand on a été attaqué
34:19et qu'une porcherie
34:20ne s'est pas faite
34:20quand Sylvain ne s'est pas fait
34:22quand un bâtiment
34:23où il y avait des vaches laitières
34:24ne s'est pas fait
34:24parce qu'on a eu des oppositions
34:25ou des entraves
34:26et bien tout ça
34:27à terme
34:29c'est du franco-français
34:30mais nous a rendu
34:32à décourager nos paysans
34:34et a fait qu'on ne produit
34:35plus rien
34:36c'est un facteur essentiel
34:37et aujourd'hui
34:38pour inverser la tendance
34:40et bien c'est ce que je vous disais
34:41tout à l'heure
34:41on a besoin que tout le monde
34:42État, collectivité
34:44soit à nos côtés
34:45pour nous aider
34:45et pas nous entraver
34:47il faut qu'il y ait
34:48une simplification réglementaire
34:49il faut qu'il y ait
34:49une simplification juridique
34:51il faut donner espoir
34:53aux paysans
34:54il faut qu'ils se sentent
34:55soutenus
34:56aujourd'hui
34:56vous voyez bien
34:57les gendarmes
34:58ont été envoyés
34:59face à nous
35:00les paysans sont respectueux
35:01des forces de l'ordre
35:03c'est des gens
35:04qu'on respecte
35:06parce que
35:06pour nous
35:07ils regardent
35:07une certaine valeur
35:08et là aujourd'hui
35:09on n'a plus envie
35:10de les respecter
35:10par rapport à ce qui s'est passé
35:11en arrière
35:12et c'est un problème
35:12et on sait
35:13que vous pourriez faire du mal
35:14Bertrand Vanto
35:15vous restez avec nous
35:16on va discourir
35:17pendant cette dernière
35:19tranche
35:20de l'écart
35:21entre écologie politique
35:22et écologie agricole
35:23à votre avis
35:24c'est pas forcément
35:24la même chose
35:25à tout de suite
35:25vous restez avec nous
35:26et vous nous appelez
35:27au 0 826 300 300
35:29vous êtes sur Sud Radio
35:30avec Pécricoligas
35:32qui reçoit en différé
35:34Bertrand Vanto
35:35président de la coordination
35:37rurale
35:37nous sommes en train
35:38de débattre
35:39de faire l'inventaire
35:42des tragédies agricoles
35:43qui bousculent la France
35:44et là on est vraiment
35:45au coeur du sujet
35:46parce que la colère
35:47la colère est immense
35:48Bertrand Vanto
35:50est-ce que vous pensez
35:52qu'à un moment donné
35:53le gouvernement
35:53sera contraint
35:55à faire preuve
35:56de bon sens
35:57et de raison
35:57et trouvera les moyens
35:59pour apaiser la situation
36:01c'est ce que je souhaite
36:04c'est ce que je souhaite
36:05au plus profond de moi
36:06c'est ce qu'on souhaite tous
36:07mais il faut qu'ils tendent
36:09la main quoi
36:09il faut arrêter
36:10de rester bloqué
36:11il faut qu'ils prennent
36:12contact avec nous
36:13qu'ils nous consultent
36:15et qu'ils prennent
36:15des décisions très rapides
36:16en particulier
36:18sur la DNC
36:18la DNC
36:19c'est le
36:19c'est comment dire
36:21c'est ce qui a fait
36:22exploser la situation
36:22mais il y a beaucoup
36:23de sujets à traiter
36:24qui n'ont pas été traités
36:25depuis 2024
36:25et aujourd'hui
36:27c'est pas faire
36:27des grandes messes
36:28comme le grand réveil alimentaire
36:29qu'il nous faut
36:30c'est agir
36:30et trancher
36:31voilà
36:32ils doivent faire des économies
36:34ils doivent mettre dans l'axe
36:37les fonctionnaires
36:38à nous aider
36:38pas nous entraver
36:39je vous promets qu'au quotidien
36:40qu'on soit syndicaliste
36:41ou président de chambre d'agriculture
36:43c'est un enfer
36:44pour aller défendre nos paysans
36:45face à l'administration
36:46des collectivités locales
36:47ou des agences d'état
36:48c'est tous les jours
36:49moi je reçois
36:51tous les mercredis
36:52quand je suis président de chambre
36:53aussi
36:53tous les mercredis
36:54j'ai la journée complète
36:55à dépatouiller
36:56des problèmes
36:57on entrave des jeunes
36:58qui ont voulu s'installer
36:59qui n'ont pas eu droit
37:00à des aides
37:00parce qu'il y a une interprétation
37:01qui a été faite
37:02par un fonctionnaire
37:03et qui s'est trompé
37:04vous promets
37:05c'est épuisant
37:07le réglementaire nous tue
37:08Jean-Jacques
37:10qui nous appelle
37:11de Beaumont de Lomagne
37:13dans un beau territoire
37:14entre Gascogne
37:15Gévaudan
37:16et Kercy
37:16en Tarn-et-Garonne
37:17Jean-Jacques
37:18vous êtes impliqué
37:19dans le monde agricole
37:20ou non ?
37:22Oui
37:22bonjour Péricault
37:23donc je voudrais d'abord
37:24me remercier sur de radio
37:26vous êtes le porte-voix
37:27de notre détresse
37:28dans cet âme obscur
37:30et moi je suis agriculteur
37:32je suis producteur de céréales
37:34et éleveur de poulets
37:36et donc on est toujours
37:38en gris pavière
37:39et on est toujours
37:41sous le jour
37:41et le risque de cette maladie
37:43donc je pense qu'il y a
37:47une grande similitude
37:48dans le comportement
37:50du gouvernement
37:50au début le gouvernement
37:52comme on était touché
37:54que le sud-ouest
37:54ils sont partis du principe
37:56qu'on ne pouvait pas vacciner
37:58à cause toujours
37:59de cette fameuse exportation
38:01et donc
38:03ce n'était pas possible
38:04la vaccination
38:05ne pouvait pas exister
38:06tout ça
38:06mais quand à un moment donné
38:08les gros élevages
38:09de l'ouest de la France
38:10ont été touchés
38:11ça a été l'affolement total
38:13à partir de là
38:14il a fallu vacciner
38:15tout le territoire
38:16et notamment
38:17bien sûr
38:18les canards
38:18et les dindas
38:20donc du coup
38:21aujourd'hui
38:22il y a toujours
38:22un peu de grippe
38:23mais c'est pas contenu
38:25c'est assez contenu
38:27disons qu'on fait
38:28très attention
38:29en termes de biosécurité
38:30et à ce titre
38:32je voulais dire
38:33que concernant
38:34cette biosécurité
38:35je pense que le gouvernement
38:36dans le cadre
38:36de la DNC
38:37n'a pas fait correctement
38:38son boulot
38:39parce qu'il n'a visé
38:41que les producteurs
38:42les éleveurs bovins
38:44et dans ce truc-là
38:46il fallait bloquer
38:47aussi bien la circulation
38:49des équins
38:50que la circulation
38:51des ovins
38:54et caprins
38:55parce que quand on a eu
38:56la grippe aviaire
38:57on a arrêté
38:58les foires aux oiseaux
38:59on a arrêté
39:00les marchés
39:01on a tout arrêté
39:02par rapport à ça
39:03et il fallait
39:04une biosécurité totale
39:05et je crois qu'elle n'a pas
39:06été correctement
39:07mis en place
39:07et c'est pour ça
39:08que je pense
39:09qu'on a le feu aujourd'hui
39:10C'est vrai Jean-Jacques
39:11que la grippe aviaire
39:13a été traitée
39:13on le voit après coup
39:14n'a pas été forcément
39:15traitée de façon cohérente
39:16et courageuse
39:17et on s'est même
39:18quelques fois posé la question
39:19si certains n'avaient pas
39:20intérêt à ce que
39:21la situation s'aggrave
39:22pour éradiquer
39:23une forme d'agriculture
39:24proche des réalités
39:26Bertrand Vanteau
39:27aujourd'hui
39:28la vaccination
39:29semble être
39:30une des solutions
39:31d'espoir
39:32un élevage
39:33qui est vacciné
39:34mais pourtant
39:35trois semaines
39:36avant que l'effet
39:36de vaccination
39:37vous pouvez vous en tenir
39:38en disant non
39:39une fois que c'est vacciné
39:40arrêtons d'abattre
39:41un élevage
39:42qui a été contaminé
39:43Bien évidemment
39:45que c'est ce qu'il faudra faire
39:47alors tout le monde
39:47se cache rien en règlement
39:48mais c'est l'interprétation
39:49qu'on fait dans la demande
39:51qui est importante
39:51aujourd'hui
39:52ce qui s'est passé dans le doux
39:53n'a jamais dû se produire
39:54il faut prendre du recul
39:55vous voyez
39:56ce qu'a dit
39:57mon collègue éleveur avant
39:58l'approche sanitaire
39:59des maladies en France
40:01c'est une catastrophe
40:01parce qu'elle est basée
40:03sur le principe de précaution
40:04et c'est là
40:05on a besoin
40:05de changement de logiciel
40:06et de véritables
40:07épidémiologistes
40:08qui ont connu
40:09l'international
40:10pour venir conseiller
40:11nos décideurs
40:11parce qu'il y a un manque
40:13de charisme
40:13et il y a un manque
40:14d'ouverture
40:15tout le monde se cache
40:15à se protéger
40:16et à se protéger
40:17on ne tranche pas
40:18et le rôle du politique
40:19c'est de trancher
40:20d'écouter effectivement
40:21de consulter
40:22mais d'avoir aussi
40:23de bons conseillers
40:23qui ont une vision globale
40:25qui ont une vision mondiale
40:26et qui sont des vrais
40:27vraiment des vrais professionnels
40:29et qui peuvent orienter
40:31de façon efficace
40:32là aujourd'hui
40:33quand vous avez été
40:34en France
40:34vous mettez un parapluie
40:35un deuxième parapluie
40:36un troisième
40:37et en fait
40:37vous ne réglez pas
40:38les problèmes
40:38et les problèmes continuent
40:40et quand les problèmes
40:40continuent
40:41ils ne sont pas réglés
40:41ça se demandait Bertrand Vanto
40:42si le principe de précaution
40:44qui est un principe fondamental
40:45important pour la santé publique
40:47quelquefois
40:48n'est pas invoqué
40:50pour des raisons
40:51plus politiques
40:51qu'économiques
40:52qu'il n'est pas souvent
40:53au service des lobbies
40:55plus qu'au service
40:55des agricultures
40:56c'est à se poser la question
40:57on ne jette pas
40:58l'anathème
40:58mais en tout cas
40:59on a de bonnes raisons
41:00de douter
41:00qu'est-ce que vous en pensez ?
41:03moi je ne suis pas complotiste
41:04d'un âme
41:04loin de là
41:05mais quand vous regardez
41:05ce qui s'est passé
41:06le principe de précaution
41:08a fait que la France
41:11et l'Europe
41:11sont de plus en plus
41:13dépendants
41:14effectivement
41:15de nations étrangères
41:16on le voit
41:17en exemple du gaz russe
41:19vous pouvez
41:20c'est
41:21voilà
41:22le lobby de la décroissance
41:24le lobby de la décroissance
41:25a infusé
41:25et donc
41:26il a eu son résultat
41:29allez on vous laisse
41:30de nouveau
41:30vous mettre
41:31sur silencieux
41:33et on reprend cet entretien
41:35avec vous Bertrand Venteau
41:36Bertrand Venteau
41:37vous voulez dire
41:37que l'Europe
41:38ne vous a pas protégé
41:39que la fameuse
41:40préférence communautaire
41:41qui était là
41:41pour garantir
41:42un marché commun
41:43intérieur à l'Europe
41:45finalement tout ça
41:45c'est un leurre
41:46et que vous êtes exposé
41:47à une concurrence déloyale
41:48qui vous assassine
41:49exactement
41:51et aujourd'hui
41:52on n'a pas de protectionnisme
41:53de façon européenne
41:54donc c'est un vrai sujet
41:56là je veux bien
41:58qu'on discute
41:58de la PAC actuelle
41:59comme elle est faite
41:59c'est une PAC
42:01qui est basée
42:01sur le Green Deal
42:02donc le Green Deal
42:03c'est une politique
42:04de décroissance
42:05donc on ne peut pas
42:05s'en sortir
42:06aujourd'hui
42:06ce qu'il faut
42:07sur les productions
42:07qui sont aidées
42:08et aidées par la PAC
42:09c'est un soutien
42:10à la production
42:10quand vous produisez
42:11vous avez une garantie
42:12de ne pas vendre à perte
42:14c'est ce que prenait
42:15la coordination rurale
42:16en 92
42:17en disant
42:17attention
42:17on va être détricoté
42:18on aura plus soutien de prix
42:20et avec ce soutien de prix
42:21on va mourir
42:21parce que les aides
42:22à la surface
42:22qui ont été mises en place
42:23feront qu'on sera moins nombreux
42:25qu'on ne gagnera plus d'argent
42:26et c'est très dangereux
42:27donc aujourd'hui
42:28il faut réinverser
42:29la politique agricole européenne
42:30et il faut qu'elle nous aide
42:31à produire
42:32et nous protège
42:33quand on n'est pas sur un marché
42:34qui est garanti par la PAC
42:35il faudra qu'elle nous protège
42:36ce sont des secteurs clés
42:37les fruits et légumes
42:38en font partie
42:39c'est des secteurs
42:40qui ne sont globalement pas aidés
42:41et sur tout ce qui est
42:42les autres productions
42:43il faut vraiment
42:43qu'on ait protectionnistes
42:44et éclairés
42:45quand on regarde
42:45ce qui se passe
42:46aussi bien en Chine
42:47qu'aux Etats-Unis
42:48et pourtant
42:48qui n'ont pas du tout
42:49la même politique
42:50ils défendent fortement
42:51l'agriculture et leurs producteurs
42:52par des prix qui sont garantis
42:54consommateurs et aux citoyennes
42:56et aux citoyens
42:56qui doivent vous défendre
42:57Maud Coffler
42:58Bertrand Venteau
42:58je rappelle que vous êtes
42:59président de la coordination rurale
43:01demain la ministre
43:02de l'agriculture
43:03Annie Gennevers
43:03sera l'invité de la matinale
43:04de Sud Radio
43:05si vous aviez une question
43:07à lui poser
43:07ce serait laquelle
43:08comment vous dire
43:13quand est-ce qu'elle va prendre
43:14à bras-le-court
43:15le problème de la DNC
43:16arrêter de consulter
43:17de trancher
43:17parce que c'est
43:18urgent
43:19et d'apporter une réponse
43:20qui correspond aux demandes
43:21des éleveurs sur le terrain
43:22c'est la seule question
43:24que j'ai à lui poser
43:24et qu'elle arrête
43:25de se cacher
43:26derrière des choses
43:28qui sont la réglementation
43:29européenne et tout
43:29son rôle de ministre
43:30c'est de trancher
43:31et c'est surtout d'écouter
43:32les deux syndicats minoritaires
43:34qui nous demandent
43:35et qui pèsent plus
43:36de la moitié des voix
43:36aujourd'hui en France
43:37largement
43:37et de nous écouter
43:38voilà
43:39nous écouter sur la DNC
43:40et qu'elle tranche
43:42elle a été habituée
43:43à la co-gestion
43:43voilà c'est comme ça
43:45il faut qu'elle en sorte
43:46il faut qu'elle nous écoute
43:46sinon
43:47je ne le souhaite vraiment pas
43:49il va y avoir le feu
43:50en France
43:51et je n'en ai pas envie
43:52je vous promets
43:52que je n'en ai pas envie
43:53mais on sent
43:54on sent la colère
43:55qui est arrivée à un point
43:56on en a vu d'autres
43:57mais là on sent
43:57que la souffrance
43:58est quand même extrême
43:59vous savez
43:59Bertrand Vanto
44:00les ministres de l'agriculture
44:01passent
44:02les crises restent
44:03mais on sent
44:03que vous êtes mobilisés
44:04en première ligne
44:05merci d'avoir été
44:06sur Sud Radio
44:06on reste à l'écoute
44:07de cet enjeu
44:08bien entendu
44:08vous êtes ici
44:09chez vous
44:10si vous avez besoin
44:10de nous rappeler
44:11le
44:13l'agriculture