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00:00Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face-à-face.
00:08Vous êtes bien sur Sud Radio en ce jeudi 5 février de l'an de grâce 2026
00:14et je reçois quelqu'un qui est important, important pour moi d'abord parce que
00:18avec Julien Denormandie nous partageons des valeurs sur les enjeux agricoles et alimentaires.
00:23Il a été ministre de l'agriculture d'Emmanuel Macron,
00:25un ministre de l'agriculture qui s'est distingué par rapport à d'autres avec Stéphane Le Folle.
00:29Je cite ces deux-là.
00:31Parce qu'ils ont fait bouger les lignes, notamment au rapport avec le syndicat majoritaire,
00:36en apportant des idées et en prenant conscience que l'enjeu agricole était un enjeu politique majeur.
00:41Stéphane Le Folle et Julien Denormandie sont des ingénieurs agronomes.
00:46Ce sont des gens qui ont la compétence, des gens du métier.
00:48Donc, Julien Denormandie a été ministre de l'agriculture.
00:50Il aurait pu poursuivre sa mission au gouvernement.
00:52Il a préféré se dédier à une autre cause.
00:55D'abord à sa famille, le courage d'un homme politique à qui on proposait des postes très importants.
00:59La famille d'abord, son épouse Cécile, ses enfants.
01:02Et surtout la cause de l'environnement en général.
01:05Julien Denormandie est persuadé qu'il n'y aura pas d'avenir sur cette planète
01:08et pas d'avenir politique si on n'intègre pas le phénomène environnemental, écologie, si vous voulez.
01:13Donc, la préservation de la nature dans tous les enjeux politiques.
01:17Je l'ai dit tout à l'heure, on n'ira pas sur ce terrain-là.
01:19Julien Denormandie a été pressenti trois fois
01:22pour occuper le poste de chef du gouvernement de la République française.
01:26Et puis, finalement, il a opté pour autre chose.
01:28Et aujourd'hui, on a ce document précieux, le champ du sol.
01:32C'est un traité politique, c'est un projet révolutionnaire.
01:36Ce n'est pas le petit livre rouge.
01:37Sous forme de conte charmant, accessible à tout le monde.
01:40Un bonheur à les lire.
01:41Je l'ai lu hier en une après-midi.
01:43Où Julien Denormandie, avec la préface d'Éric Orsena,
01:46avec lequel il a écrit un précédent livre,
01:49Comment nourrir sans détruire la planète,
01:51explique que si on ne prend pas d'urgence ou soin de notre sol,
01:56vous savez, ce plateau sur lequel on met nos pieds sur terre,
01:59et bien l'humanité risque de courir à sa perte.
02:03Julien Denormandie, merci d'être aujourd'hui sur Sud Radio.
02:05Est-ce que l'enjeu est aussi grave que ça ?
02:07D'abord, merci beaucoup à vous, Perico, pour votre invitation.
02:10Merci beaucoup aussi de consacrer du temps à ce sujet si important qui est le sol.
02:17Moi, je suis ingénieur agronome, vous l'avez dit,
02:19et depuis tout petit, j'ai été passionné par les forêts, par le sol.
02:25Et je suis persuadé que le sol, ça fait partie de ces personnages
02:29qui, dans notre vie de tous les jours, on les côtoie,
02:32mais en fait, on ne les connaît pas.
02:34On pense les aimer, mais en fait, probablement sans aucune considération.
02:39On pense savoir qui ils sont, mais en fait, on ne les connaît pas vraiment.
02:44Et j'avais cette volonté de pouvoir offrir une sorte de rencontre,
02:49de rencontre avec ce personnage,
02:51d'essayer de montrer à travers la littérature
02:54ce pourquoi il m'importe et ce pourquoi il est important à mes yeux,
03:00ce qu'il nous permet d'avoir,
03:02ce qu'il nous permet d'éviter aussi.
03:03Et peut-être ces leçons qu'il nous enseignent
03:08et que nous n'écoutons pas forcément
03:10alors qu'il serait de bon ton de le faire.
03:13Je vous donne juste un exemple.
03:15Songez, tout ce que le sol a enfoui
03:19au fil des millénaires,
03:21l'homme n'a eu cesse d'essayer d'aller le chercher.
03:24Je pense au pétrole, je pense à certains métaux.
03:28Vous lui dites que c'est un trésor, en fait.
03:29C'est un trésor qu'on a sous nos pieds.
03:31Et en fait, ce sol nous a donné des signes.
03:35Il nous a dit, moi j'ai enfoui un certain nombre de choses.
03:37Il y a d'autres choses qui, en revanche,
03:40je vous les régurgite, je vous les offre,
03:43comme l'eau.
03:45Et peut-être que ce qu'il a enfoui
03:47derrière ce message,
03:49évidemment poétique,
03:51et je ne veux aucun comportement nier derrière tout ça,
03:55mais peut-être que derrière ces messages,
03:57il y a des vraies volontés de vie,
04:02ou en tout cas des leçons qu'il nous faut retenir.
04:06Est-ce que la Maxime,
04:08qui veut voyager loin,
04:09mais nage sa monture,
04:11est à appliquer l'humanité,
04:12habite cette planète ?
04:13Le sol, c'est l'essentiel de la ressource,
04:15parce que même l'eau dépend du sol.
04:17L'air, c'est autre chose.
04:19L'eau, le sol.
04:20Si on ne prend pas soin
04:23à ce que, comme vous dites,
04:24cette richesse,
04:25le don du sol qu'il nous donne,
04:27on va puiser.
04:29Si on lui demande plus
04:30qu'il ne peut nous donner,
04:32si on va trop loin
04:33dans l'extraction de ces richesses,
04:35ça met non seulement nos sociétés,
04:38mais peut-être l'humanité tout entière en péril.
04:40À un moment donné,
04:41il y aura un seuil franchi
04:42qui sera irréversible.
04:43Il y a un point qu'on ignore,
04:45ou en tout cas qu'on ne sait pas,
04:47c'est qu'en fait,
04:49sans le sol,
04:49il n'y aurait pas de rivière.
04:51Le sol, c'est un vieux personnage.
04:52Il a 470 millions d'années.
04:55Il s'est constitué
04:56lorsque la vie est sortie de l'océan
04:59et venue sur la roche-mer.
05:02À l'époque, la planète Terre
05:03n'était qu'un amas de cailloux,
05:06de roches primitives,
05:07entourées de mer.
05:09Et cette vie est apparue,
05:10sortie de l'eau,
05:11pour aller sur cette roche-mer.
05:13Et de là,
05:13à commencer par des phénomènes biologiques,
05:16à créer ce qui va devenir ensuite
05:19l'humus,
05:19donc cette terre.
05:20Le sol est devenu terre.
05:21Je viens de Normandie,
05:22c'est quoi ?
05:22C'est un amas d'algues ?
05:23De matières organiques,
05:26de minéraux ?
05:27Qui ont fait les continents.
05:28Qui ont fait les continents
05:29et qui ont fait cette couche
05:30au-dessus de la roche primitive,
05:32en venant aussi dégrader cette roche primitive.
05:35Et c'est cette couche,
05:36cette terre,
05:36ce sol,
05:37qui permet aujourd'hui
05:38d'avoir des rivières.
05:39S'il n'y avait pas de sol,
05:40s'il n'y avait que cette roche,
05:42lorsqu'il pleut,
05:44l'eau,
05:45dans ce cas-là,
05:46ruisselle
05:46et jamais il n'y aurait de rivière.
05:49On parle bien du lit,
05:50d'une rivière.
05:51En fait,
05:51ce lit n'est que le sol
05:52qui accueille cette rivière.
05:53On parle de source
05:54parce que l'eau
05:55ressort du sol.
05:57Et donc,
05:57en fait,
05:58ce sol,
05:59s'il n'était pas là,
06:01il n'y aurait pas de rivière.
06:02S'il n'était pas là,
06:03si ceux qui vivent,
06:06qui habitent ce sol,
06:07n'étaient pas là
06:07et ne fonctionneraient pas,
06:09songez qu'il y aurait
06:11des amas de feuilles
06:12jusqu'à l'horizon.
06:13Ce sont les habitants du sol.
06:15C'est le sol
06:16qui vient dégrader
06:17ces feuilles mortes
06:18et qui transforme
06:20cette mort automnale
06:21en vie printanière.
06:23Et ceci
06:24peut être décliné
06:26dans plein d'autres catégories.
06:28On parle beaucoup
06:29du changement climatique
06:30aujourd'hui.
06:31Mais qui sait
06:31qu'il y a deux fois plus
06:33de carbone enfoui dans le sol
06:34qu'il n'y en a
06:35dans l'atmosphère ?
06:36Deux fois plus.
06:37Grâce justement
06:38à cette captation
06:39par les artisans,
06:42ces travailleurs du sol
06:43qui viennent capter
06:46ce carbone
06:46et qui viennent garder
06:47ce carbone dans le sol.
06:48Bref,
06:49ce sol,
06:49c'est un ami précieux.
06:51Et si on n'en prend pas soin,
06:54eh bien,
06:55on va effectivement
06:56vers des situations
06:57encore plus difficiles
06:58que celles
06:59que nous connaissons aujourd'hui.
07:00En début d'ouvrage,
07:01en début de
07:02Le champ du sol,
07:02je vais vous demander
07:03tout à l'heure
07:03de décrypter
07:04pourquoi le champ du sol
07:05parce qu'on comprend
07:05que le sol parle,
07:07il s'exprime,
07:07il chante,
07:08il pleure quelquefois
07:08et même il fait la grève.
07:10On va rentrer dans le vif du sujet.
07:12Vous mettez en début d'ouvrage
07:13la citation du président
07:15Franklin Delaney Roosevelt
07:16en 1937.
07:17Une nation qui détruit ses sols
07:19se détruit elle-même.
07:20rappelez-nous juste l'incident
07:22qui a fait dire ça
07:23au président Roosevelt.
07:25Les Etats-Unis avaient
07:26dans le Middle West
07:27des grandes cultures.
07:28On ne cessait de labourer,
07:29de labourer,
07:30de labourer.
07:31On transforme la terre
07:32en poussière
07:32et puis tout d'un coup
07:33tout disparaît.
07:34Qu'est-ce qui s'est passé en 1932 ?
07:34C'est un phénomène
07:35qu'on appelle le dust ball
07:36en anglais.
07:38En fait,
07:38le sol déteste être nu.
07:40Et lorsque le sol
07:41est dénudé,
07:43lorsque l'on fait
07:44une monoculture
07:46suivie de périodes
07:50où on fait
07:50un labour intensif
07:52et on appauvrit
07:54le sol
07:54sans redonner au sol
07:55ce qu'il a pu donner
07:56aux cultures précédentes,
07:58à ce moment-là,
07:59on a un sol
08:00qui s'appauvrit,
08:01qui s'assèche
08:02et en fait,
08:03c'est tous les cycles naturels
08:04qui disparaissent.
08:06Et dans ce cycle naturel,
08:07il y a le cycle de l'eau
08:08ce qui fait que le sol
08:10devient de plus en plus
08:11poussière,
08:12ce qui fait qu'il y a
08:13de moins en moins
08:14de végétaux
08:14qui, par un phénomène
08:16multiple,
08:17dont un qui s'appelle
08:18la gutation,
08:18l'évapotranspiration.
08:21Bref, ce sol
08:22ne redonne pas de l'eau
08:23à de l'atmosphère.
08:23Là, on sent un ingénieur
08:24agronome qui parle.
08:25Il y a moins d'eau
08:26dans les nuages,
08:27il y a moins de pluie
08:28qui retombe
08:29et vous voyez là
08:30le cercle vicieux.
08:31Et en fait,
08:32évidemment,
08:33cet ouvrage,
08:34c'est un conte,
08:35ce champ du sol
08:37n'est pas du tout
08:37un essai agronomique,
08:39c'est vraiment
08:40un conte
08:41de littérature.
08:42Je le confirme,
08:43ce n'est pas
08:44un traité scientifique
08:45que, je ne dis pas rasoir,
08:47c'est un récit merveilleux
08:48avec des éléments
08:49de votre vie personnelle,
08:50de votre enfance.
08:51Vous mettez en scène
08:52cet enjeu
08:53avec de façon poétique.
08:55Alors, vous avez
08:55des talents littéraires
08:56que je ne soupçonnais pas
08:57qui sont indéniables
08:58et Éric Orsena,
08:59votre compère
09:00et complice,
09:01c'est pour ça
09:01qu'il vous soutient
09:02parce que vous êtes
09:02un vrai écrivain
09:03et le message
09:04que vous envoyez
09:05malgré tout
09:05est très fort.
09:07Julien Denormandie,
09:08on va rentrer
09:09dans le vif du sujet.
09:11Un dernier mot,
09:12est-ce que nous avons
09:13les moyens
09:14aujourd'hui
09:15de tenir compte
09:17de vos enseignements ?
09:18Est-ce qu'aujourd'hui
09:19on peut encore
09:20prendre les mesures
09:21pour faire en sorte
09:21que notre sol
09:22continue à nous rendre heureux ?
09:24À nous nourrir ?
09:25À nous protéger ?
09:25Je pense,
09:26alors moi je suis un éternel
09:27optimiste,
09:28je pense,
09:30je pense que d'abord
09:30il y a une considération.
09:32Ça parlera à ceux
09:33qui nous écoutent
09:34mais regardez
09:35ceux qui sont en voiture
09:36en ce moment
09:36et qui sont sur
09:37Waze par exemple,
09:39regardez la couleur du sol
09:40qui est indiquée
09:41sur l'application.
09:42Pour les plus anciens
09:43d'entre nous,
09:44regardez les cartes Michelin
09:45dans la boîte à gants
09:46de la voiture.
09:47À chaque fois,
09:48le sol est blanc.
09:48Oui, neutre.
09:49Neutre, blanc,
09:50la couleur du vide.
09:52Le sol,
09:53c'est 60%
09:55des espèces vivantes
09:56connues sur Terre
09:57sont dans le sol.
09:59Dans une cuillère à soupe,
10:00je dis bien
10:00une cuillère à soupe
10:01de sol.
10:02De terre,
10:03on va dire.
10:03De terre.
10:04Prenez la terre
10:04de votre jardin.
10:05Vous prenez une cuillère à soupe.
10:07Dans cette cuillère à soupe,
10:08il y a plus d'êtres vivants.
10:10en ombre
10:10qu'il n'y a d'humains
10:11sur la Terre.
10:12Pour vous donner là
10:13la puissance
10:14de la vie
10:15de ce sol.
10:16Et en fait,
10:16depuis tout petit,
10:18on nous présente le sol
10:20comme un personnage neutre,
10:21inerte,
10:22qui n'est pas vivant.
10:23Le sol,
10:24c'est vivant.
10:25Vous avez en tête
10:27cette odeur du sol
10:28qui d'ailleurs
10:29a un mot magnifique
10:30qui s'appelle
10:31le pétricor,
10:32qui veut dire
10:32étymologiquement
10:33le sang
10:34des dieux
10:35qui coulent dans les pierres.
10:37Quelle image !
10:37Et ce pétricor,
10:39c'est l'odeur du sol.
10:41Quand vous vous baladez
10:42en forêt un matin
10:42après une averse,
10:44quand il a fait un peu chaud,
10:45on est saisi
10:46par cette odeur.
10:47Et en fait,
10:48cette odeur,
10:48elle est liée à quoi ?
10:49Elle est liée à des êtres,
10:51en l'occurrence,
10:51des bactéries
10:52qui sont dans le sol,
10:53qui sont actives
10:53et qui dégagent des odeurs
10:55au contact de l'eau.
10:57Mais tout ça,
10:57c'est magnifique.
10:58Donc oui,
10:58moi je suis optimiste.
11:00Il faut en revanche
11:01considérer que ce personnage,
11:02cet ami,
11:04il faut en prendre soin,
11:05il faut le considérer
11:07tel qu'il est,
11:08c'est-à-dire un être vivant
11:10et un écosystème vivant,
11:12dirait les biologistes.
11:13Et donc,
11:14par cet ouvrage,
11:15j'ai essayé
11:16de faire cette rencontre.
11:19Je me suis beaucoup inspiré
11:20parce que pour moi,
11:21c'est un modèle immense.
11:22L'homme qui plantait
11:26des arbres
11:26de Jean Junot,
11:28qui est probablement
11:28l'un des plus
11:29belles ouvrages
11:30contes environnementaux
11:32du siècle dernier,
11:34écrit en 1953,
11:36L'homme qui plantait
11:37des arbres.
11:37On va continuer à...
11:38Et vraiment,
11:39autour de l'arbre,
11:41dans cet ouvrage
11:42de Jean Junot,
11:43je me suis dit
11:43qu'il y avait peut-être
11:44quelque chose à faire
11:45sur le sol.
11:45On va continuer
11:46à pétricorer avec vous,
11:47donc on va faire le culte
11:48du sang des dieux.
11:50Vous nous appelez
11:51au 0-826-300-300.
11:54Emmanuel Galasso
11:54attend votre appel.
11:55J'ai en face de moi
11:56Julien Denormandie.
11:58Ce n'est pas facile
11:58de l'avoir.
11:59Il se réserve beaucoup.
12:01Il ne parle pas inconsidérément.
12:03Et vous pourrez
12:03lui poser des questions
12:04sur l'avenir de la planète,
12:05sur le sol,
12:06sur la nature,
12:07tout ce qui est l'écologie.
12:08Alors,
12:08l'écologie idéologique,
12:10l'écologie punitive,
12:10la bonne écologie,
12:12la préservation
12:12de notre bonne vieille terre,
12:14la mer,
12:14comme disait le général de Gaulle
12:15dans son discours de Bailleux,
12:16notre bonne vieille terre,
12:18la mer à qui nous devons
12:19toute notre vie
12:19et notre espoir.
12:20A tout de suite
12:20sur Sud Radio.
12:22Midi 14h,
12:24Sud Radio,
12:25la France dans tous ses états.
12:27Et oui,
12:28je suis en face-à-face cordial.
12:31On échange
12:32à bâton fleuri,
12:33à bâton terrestre
12:35avec Julien Denormandie,
12:36auteur
12:36Le Chant du Sol,
12:38préfacé par Eric Orsena
12:39aux éditions du Seuil
12:42qui sort demain.
12:44Merci Julien Denormandie
12:45d'être venu sur Sud Radio
12:46présenté en primeur.
12:47C'est le premier média
12:49sur lequel vous intervenez
12:50pour expliquer cette mission
12:53parce qu'il y a un sacerdoce
12:54dans votre livre,
12:55ce conte,
12:56donc c'est un conte,
12:57un récit,
12:58tout le monde peut le lire,
12:59y compris les enfants
13:00et les grands scientifiques
13:02s'y retrouveront aussi
13:03parce que les termes
13:04sont d'une telle précision,
13:05les enjeux sont parfaitement décryptés,
13:07le message passe
13:09avec un avertissement.
13:10On ne sort pas forcément rassuré
13:12parce que ce n'est pas violent,
13:13mais on comprend bien
13:14que si on ne réagit pas tout de suite,
13:15Dieu sait s'il y a des sujets
13:16de préoccupations
13:17sur cette planète aujourd'hui.
13:19Là, monsieur le ministre,
13:20vous mettez le doigt
13:20sur ce qu'il y a de plus crucial,
13:22surtout en France
13:22où la terre est importante,
13:24la terre de France,
13:26la terre d'Europe,
13:26la terre du monde,
13:28préservons-la comme notre...
13:29On parle de la patrie,
13:32la matrie,
13:33et là on pourrait dire
13:33la solerie,
13:34la terrerie,
13:35c'est le socle
13:36de notre civilisation.
13:37La première phrase,
13:39alors c'est le gimmick,
13:41c'est le gimmick de l'ouvrage,
13:42le bruit commença un matin.
13:46Et en fait,
13:46vous expliquez
13:47que le sol se met en grève,
13:50mais comme un mouvement social,
13:51il en a ras-le-bol
13:52qu'on l'exploite,
13:53qu'on le traite mal,
13:54il fait la gueule,
13:55il pousse un coup de gueule
13:56et il se met en grève.
13:57Dites-nous en plus
13:57un petit peu
13:58sur ce bruit
13:58qui commença un matin.
14:00En fait,
14:01pour parler de ce personnage
14:03qui me tient
14:04si profondément à cœur,
14:08je me suis posé la question
14:09« Fallait-il faire un essai ? »
14:12C'est-à-dire expliquer...
14:14Un traité classique
14:15de démonstration.
14:15Exactement,
14:16expliquer en quoi le sol
14:17à mes yeux est important,
14:20qu'est-ce qu'il nous apporte,
14:21quels sont les enjeux actuels
14:22et qu'est-ce qu'il va se passer
14:24si nous ne réagissons pas.
14:26Et puis je me suis dit,
14:26en fait,
14:27c'est probablement pas
14:28la bonne manière.
14:30Mon objectif était
14:31d'avoir une représentation
14:32poétique de ce personnage.
14:34Une représentation
14:35à la fois poétique,
14:37c'est-à-dire un conte,
14:38avec beaucoup d'enseignements,
14:40je crois,
14:41dedans.
14:42Mais si un conte
14:44ne relate pas
14:44une histoire vraie
14:45à l'évidence,
14:47il peut,
14:47en revanche,
14:49ne reposer que
14:50sur des faits réels.
14:51Et c'est cet ouvrage
14:53qui ne repose
14:54que sur des faits réels.
14:56Mais,
14:56évidemment,
14:57comme c'est un conte,
14:58il fallait
14:58épaissir le trait
15:01et je me suis dit
15:02peut-être que
15:02le meilleur des moyens,
15:04c'est ce bruit,
15:06cette trinité sonore
15:07comme en théâtre
15:08qui débute dans la capitale
15:10un 22 septembre
15:11au moment où
15:13un ingénieur,
15:15celui de la Régie Autonome
15:16des Transports Parisiens,
15:18M. Victor,
15:20capte ce message,
15:21le comprend.
15:22Et en fait,
15:23c'est un message
15:23du Morse
15:24qui est...
15:27Le sol s'exprime
15:28en Morse.
15:29Et lui,
15:29il est sous sol,
15:30tout le monde panique,
15:31le gouvernement,
15:31la préfecture,
15:32la RATP,
15:33et lui,
15:33il écoute le son
15:34papapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapapap
16:04Une dame, chef de projet
16:06Il y a 5-6 personnages, Victor, Abel, Mathilde
16:09Ils jouent chacun un rôle précis
16:10Exactement, une chef de projet dans le monde
16:12de la promotion immobilière, un chef d'entreprise
16:14de la marque de vêtements
16:16Pimcaille, et puis une jeune enfant
16:18Un patron de supermarché qui dit je continue à faire
16:20la viande locale, ma direction parisienne
16:22m'engueule mais je continue à rendre la viande solaire
16:24Et ces personnages vont vivre
16:26ce moment, cette grève du sol
16:28et chacun va faire
16:30son propre enseignement
16:31du moment
16:33Et évidemment dans ces personnages
16:36c'est beaucoup de mes ressentis
16:38c'est beaucoup de choses que j'ai pu vivre moi aussi
16:40c'est évidemment beaucoup de mes réflexions
16:42mais c'est aussi je crois
16:44des personnages dans lesquels n'importe qui
16:46peut se retrouver
16:48et c'était ça que je voulais faire passer
16:51comme message, en fait
16:52la leçon de ce conte est au final
16:54très humble
16:55elle vise à sonner
16:58une forme de réveil
17:00de conscience sur cet ami précieux
17:03qui nous veut du bien
17:03qui est le sol
17:04tout en n'étant jamais
17:06dans la leçon de morale
17:07et vraiment
17:09de laisser le lecteur
17:11à la fin de se dire
17:12absolument
17:12c'est le cri du sol
17:14à portée de tous
17:15Julien de Normandie
17:16nous avons Claude
17:16qui nous appelle d'Arcachon
17:18à Arcachon
17:19il y a la dune du Pila
17:20Claude
17:20est-ce que la dune du Pila
17:21elle chante quelquefois ?
17:22moi je n'ai entendu chanter
17:23la dune du Pila
17:24quand le vent du sud
17:25vient la frôler sur le sommet
17:27bonjour Térico
17:28bonjour Claude
17:29oui oui
17:30surtout en ce moment
17:31avec toutes les tempêtes
17:32que nous avons
17:32alors Claude
17:34qu'est-ce qui vous
17:36qu'est-ce qui
17:36j'allais dire
17:37qu'est-ce qui vous amène
17:38à interpeller
17:39Julien de Normandie
17:40alors Julien de Normandie
17:42le 30 octobre 2020
17:44alors qu'il était ministre
17:45de l'agriculture
17:46avait autorisé
17:48les néonicotinoïdes
17:51pour justement
17:53la filière sucrière
17:56le bêta sucrière
17:57et il avait dit à l'époque
17:59qu'on ne pouvait pas
18:01empêcher
18:02ce produit
18:07du fait même
18:08qu'il y avait
18:0846 000 personnes
18:10qui vivaient
18:10de cette filière
18:11sucrière
18:12donc je suis un petit peu
18:14étonnée que maintenant
18:15il nous chante
18:16les
18:17comment dirais-je
18:19les louanges
18:19de la terre
18:20alors que
18:21je vous dis
18:22le 30 octobre 2020
18:24il avait fait une réponse
18:24parlementaire
18:25qu'on peut voir
18:26sur internet
18:27donc à l'époque
18:28ça m'a cessé déjà
18:29de bondir
18:29et là
18:30en l'entendant
18:315 ans après
18:33faire les
18:35comment dirais-je
18:35le chantre
18:37du sol
18:39alors que
18:39c'est quelque chose
18:40qui est dénoncé
18:41depuis très longtemps
18:42par des personnes
18:43qui sont
18:44proches du terroir
18:45et qui nous disent
18:46effectivement
18:47que le sol
18:47s'est rouvri
18:48qu'il n'y a plus
18:49d'insectes
18:50donc je voudrais savoir
18:51comment monsieur
18:51Denormandie
18:52a réagi
18:54maintenant
18:555 ans après
18:56après avoir défendu
18:57merci Claude
18:58je transmets
18:59enfin il vous a écouté
18:59il va répondre
19:00le sénateur Duplomb
19:01revient à la charge
19:02d'ailleurs en disant
19:02qu'il faut réutiliser
19:04certains produits
19:05qui étaient interdits
19:06on est dans l'ilemme
19:07monsieur le ministre
19:07le choix
19:08est-ce qu'il y a des priorités
19:10est-ce qu'on préserve
19:11l'environnement
19:11le sol
19:12au nom de valeur
19:12est-ce que pour autant
19:14on prend le risque
19:14de j'allais dire
19:15d'interdire
19:16ou d'empêcher des filières
19:17vous avez été confronté
19:18à cette réalité
19:19vous avez arbitré
19:20dans un sens
19:21expliquez-vous
19:22quel était votre choix
19:23je suppose
19:23qu'il n'a pas été
19:24ni diété de coeur
19:27et d'ailleurs c'est un choix
19:28sur lequel j'explique
19:31les raisons de ce choix
19:32que j'assume totalement
19:33et je l'assume encore aujourd'hui
19:34et merci beaucoup Claude
19:36pour votre question
19:36parce que c'est évidemment
19:37un sujet incroyablement important
19:40et j'explique toutes ces raisons
19:43dans l'ouvrage précédent
19:44que nous avions fait
19:45avec Eric Orsona
19:46Nourrir sans dévaster
19:47à quelle situation
19:50j'étais confronté
19:50on était confronté
19:52à une production
19:53de la betterave
19:54ravagée par un puceron
19:56qui s'appelle
19:57le puceron vert
19:58qui donne la jaunisse
19:59de la betterave
20:00et il n'y avait pas de solution
20:02est-ce que c'est bien
20:04est-ce que c'est pas bien
20:04est-ce qu'il y avait eu
20:06des erreurs de fait
20:07les années précédentes
20:08à l'évidence
20:09oui
20:09il n'y avait pas de solution
20:10certains disaient
20:12si si
20:12la culture bio le permet
20:14c'est pas vrai
20:15même la culture bio
20:16ne le permettait pas
20:17il n'y avait pas de solution
20:18face à ce ravageur
20:19qui est le puceron
20:20et donc en fait
20:21on avait
20:22des cultures françaises
20:24qui étaient ravagées
20:24alors que
20:25au même moment
20:26en Europe
20:27je dis bien en Europe
20:28en Belgique
20:29en Pologne
20:30en Allemagne
20:32nos voisins
20:32utilisaient non seulement
20:34le produit que j'ai réintroduit
20:36mais d'autres produits
20:37encore plus graves
20:39plus nocifs
20:40plus nocifs
20:40pour nos sols
20:42et notre environnement
20:43et là
20:43on est face à un dilemme
20:46parce que
20:46évidemment
20:46moi j'ai jamais nié
20:47l'impact de ces néonicotinoïdes
20:50sur l'environnement
20:51et notamment
20:52sur les abeilles
20:53mais j'ai essayé
20:55de le faire
20:55d'une manière
20:56la plus raisonnée possible
20:57c'est-à-dire
20:58je veux bien
20:59qu'on se dise
20:59nous en France
21:00on va arrêter
21:01de produire tout ça
21:02mais est-ce que la réalité
21:03c'est que vous
21:04Claude
21:04Péricault
21:05moi-même
21:06tous ceux qui nous écoutent
21:07allions arrêter
21:08de manger du sucre
21:09à l'évidence non
21:10en fait ce qui allait se passer
21:11c'est qu'on allait importer
21:12de pays européens
21:13des productions de sucre
21:15qui dégradaient
21:16encore plus
21:16le sol
21:18l'environnement
21:18est-ce que je l'ai fait
21:20avec des conditions
21:21qui visaient
21:23à minimiser
21:24au maximum
21:24le risque
21:25oui
21:26en investissant
21:27beaucoup
21:27sur des solutions
21:28qui d'ailleurs
21:29aujourd'hui
21:29commencent à avoir le jour
21:30en limitant
21:31les cultures
21:32je l'ai refusé
21:32par exemple
21:33sur la moutarde
21:34parce que c'est ce qu'on appelle
21:35des plantes
21:36mélifères
21:36c'est-à-dire qu'on les récolte
21:38après floraison
21:39donc les abeilles
21:40sont très impactées
21:41là où la betterave
21:42est récoltée
21:43avant floraison
21:44donc il n'y a que
21:45lorsque les abeilles
21:47viennent boire
21:47sur les gouttes d'eau
21:48qui sont sur les plantes
21:51etc
21:51et tout ça montre
21:53que sur ces sujets écologiques
21:56en fait
21:56rien n'est blanc
21:57rien n'est noir
21:58c'est parfois très compliqué
21:59évidemment qu'il y a un sujet
22:01qui est de se dire
22:02il faut prendre à chaque fois
22:03la moins mauvaise
22:04des décisions
22:05celle qui impacte
22:06le moins l'environnement
22:07tous ceux qui disent
22:08il n'y a qu'un
22:10il suffit d'eux
22:11en fait sur l'environnement
22:13et la nature
22:14de manière générale
22:15ça ne marche pas
22:16comme ça malheureusement
22:17donc oui c'était des décisions
22:19difficiles
22:19mais que j'assume
22:20et vous savez
22:21qui n'enlève en rien
22:22mon engagement
22:23moi depuis
22:23comme le disait Perigo
22:25je suis ingénieur agronome
22:26c'est à dire qu'à 14 ans
22:28je voulais aller travailler
22:29sur les forêts
22:29j'ai fait des études de bio
22:31j'ai fait tout ça
22:32pour protéger l'environnement
22:34pas du tout
22:35par souci
22:36de soutenir
22:37un tel
22:37ou un tel
22:39on continue
22:40à en discuter
22:40Julien Denormandie
22:41passionnément
22:42vous parlez avec le coeur
22:43vous avez vu
22:44nos auditeurs
22:44vous interpellent
22:45ça va revenir
22:46inévitablement
22:47dans la conversation
22:48les enjeux politiques
22:49et puis la protection
22:50de l'environnement
22:50à tout de suite
22:51vous restez sur Sud Radio
22:52vous nous appelez
22:52au 0 826 300 300
22:54Emmanuel Galasso
22:55attend vos appels
22:56et Julien Denormandie
22:58se fera
22:58un bonheur
22:59et un honneur
23:00de vous répondre
23:00avec la franchise
23:01qui est la sienne
23:02La France dans tous ses états
23:04vous êtes sur Sud Radio
23:05La France dans tous ses états
23:06qui reçoit aujourd'hui
23:07Julien Denormandie
23:08ancien ministre
23:09de l'agriculture
23:10auteur du Chant du Sol
23:12publié aux éditions
23:13du Seuil
23:14avec la préface
23:15d'Éric Orsena
23:16je rappelle d'Éric Orsena
23:17parce que vous avez écrit
23:18un précédent ouvrage
23:19avec lui
23:19nourrir sans détruire
23:22la planète
23:23donc là c'est un essai
23:24pour le coup
23:25où vous faites bien comprendre
23:27il faut nourrir la planète
23:28c'est essentiel
23:29la souveraineté alimentaire
23:31je l'ai dit
23:31planétaire
23:32sera un enjeu
23:33majeur de notre civilisation
23:34c'est bien la civilisation
23:35et qu'il faut trouver le lien
23:37entre le fait de produire
23:39de façon raisonnable
23:40en respectant les sols
23:41la terre
23:42en donnant de quoi vivre
23:43aux agriculteurs
23:44tout en préservant
23:46l'environnement
23:47il y a un enjeu
23:48et évidemment
23:48qu'on a des responsabilités politiques
23:50on est obligé de trancher
23:51et de prendre des arbitrages
23:52vous avez été interpellé
23:53tout à l'heure par Claude
23:54qui vous a dit
23:54quand vous avez été ministre
23:55vous avez autorisé
23:57les nicotinoïdes
23:59et vous expliquez
23:59on a des arbitrages
24:01à faire quelquefois
24:02douloureux
24:03et si on ne les fait pas
24:04on peut interdire
24:05mais l'Union Européenne
24:07telle qu'elle est faite
24:07et on le voit avec le Mercosur
24:08et bien on ira les chercher ailleurs
24:10où ils seront peut-être
24:11encore pires
24:11et encore plus
24:12nocifs
24:13c'est pas facile
24:14de gérer le ministère
24:15d'agriculture
24:15c'est un ministère
24:17en France en particulier
24:18un ministère très difficile
24:19vous en savez quelque chose
24:21c'est le plus beau des ministères
24:22je dirais
24:23quand vous êtes ingénieur agronome
24:25passionné par l'agriculture
24:26et le vivant depuis toujours
24:28c'est le plus beau des ministères
24:30après est-ce que c'est difficile ?
24:31oui c'est dur
24:32vous avez à la fois
24:34beaucoup de crises à gérer
24:35des crises environnementales
24:38je me souviens en 2021
24:40ce gel atroce
24:42ce gel tardif
24:43atroce
24:43ravageur
24:44plus grande catastrophe agronomique
24:46depuis le début du 21ème siècle
24:47j'ai perdu tous mes fruits
24:48dans mon jardin
24:49et ma petite vigne
24:50que j'avais entourée
24:51l'ingelée
24:51mais je dirais
24:52que vous Perico
24:53vous ayez perdu
24:54c'est pas très grave
24:55j'ai touché
24:55j'ai touché du doigt
24:57ce que je croyais
24:57être une information extérieure
24:59quand on est touché
25:00il n'y a plus rien
25:01quand c'est votre métier
25:02que vous avez des amandiers
25:03que vous avez mis des années
25:04à faire planter
25:04et qu'il n'y a plus rien
25:05et puis la nature
25:06met du temps
25:06à se remettre de ça
25:08vous avez les épisotis
25:10la grippe aviaire
25:11ou aujourd'hui
25:13la dermatose nodulaire
25:16et donc oui
25:17c'est un ministère difficile
25:18c'est un ministère
25:19absolument passionnant
25:20et puis
25:20vous savez
25:21c'est un ministère
25:23qui est au plus profond
25:24du quotidien des français
25:25l'alimentation
25:26moi je crois beaucoup
25:27et c'est aussi
25:28un des liants
25:30dans ce compte
25:31le champ du sol
25:32moi je crois beaucoup
25:33au fait qu'il n'y a
25:35qu'une seule santé
25:36la santé environnementale
25:38la santé animale
25:39et la santé humaine
25:40tout est lié
25:41dans le compte
25:43il y a un de ces personnages
25:44qui est un jeune agriculteur
25:46et qui
25:46et qui
25:47du fait de la grève du sol
25:49n'a d'autre solution
25:50que d'importer
25:50du tourteau de soja brésilien
25:53on y est
25:53on y est
25:54exactement
25:55et des tourteaux de soja
25:56issus de déforestation
25:57et non pas
25:59cette belle herbe
26:00et cette belle prairie
26:01permanente
26:02du cantal
26:03et bien en fait
26:04il n'y aura pas
26:05les mêmes pourcentages
26:07d'oméga 3
26:07et d'oméga 6
26:08dans la viande
26:09de son élevage salaire
26:11et ce qui est vrai
26:12sur l'alimentation
26:13des animaux
26:14les pratiques
26:15culturelles
26:16et donc
26:17tout ça
26:17cette seule santé
26:19elle est au coeur
26:20de tout
26:21et peut-être
26:22là encore
26:22le sol
26:23est ce lien
26:25entre
26:25la santé unique
26:27celle de l'environnement
26:28des humains
26:29et des animaux
26:30Julien Denormandie
26:31si vous étiez
26:32appelé
26:33par la république
26:35à occuper
26:35de nouvelles responsabilités
26:37si
26:37il était urgent
26:38que vous repreniez
26:39la gestion
26:40de ce ministère
26:42quelle part
26:43du contenu
26:43de ce traité
26:45vous livrez
26:46votre âme
26:46vous lancez
26:47un cri d'alarme
26:48absolu
26:49avec des solutions
26:50très précises
26:51et des enjeux
26:52très clairs
26:52est-ce qu'aujourd'hui
26:53le ministre de l'agriculture
26:54de la république française
26:55peut appliquer
26:56tout ou partie
26:57de ce qui est inscrit
26:58et suggéré
26:59dans le champ du sol
27:00où c'est pas si évident
27:01que ça
27:01si moi je pense
27:03que d'abord
27:03tout est la politique
27:05en premier lieu
27:06et doit reposer
27:07sur une vision
27:08le drame
27:09c'est quand vous n'avez
27:10pas de vision claire
27:11quand vous n'avez pas de cap
27:12il peut y avoir
27:13des visions et des limites
27:13je viens de le dire
27:14je suis bien d'accord
27:15mais déjà
27:15quand vous avez
27:16une vision claire
27:17vous pouvez après
27:19prendre des décisions
27:20qui sont critiquées
27:22ou qui ne sont
27:23pas forcément
27:24soutenues
27:26ou d'autres
27:26au contraire
27:27qui le sont
27:28on le voit
27:29avec l'interpellation
27:30de Claude
27:31tout à l'heure
27:31je pense que
27:32ce qui est aussi difficile
27:33parce que
27:34dans ce compte
27:35le champ du sol
27:35il y a une part
27:36sur l'agriculture
27:37il y a aussi
27:37une grande part
27:38sur le logement
27:39il y a une grande part
27:40sur l'économie
27:41l'investissement
27:43le fonctionnement
27:44du capitalisme
27:45tel qu'il est aujourd'hui
27:47des échanges commerciaux
27:48il y a une grande part
27:49également
27:50sur nous
27:51en tant qu'individus
27:52et en fait
27:53ce qui est très difficile
27:54c'est
27:55est-ce que
27:55en somme
27:56une fois qu'on a pris
27:58conscience
27:58qu'on avait besoin
28:00de protéger
28:01cet ami précieux
28:02est-ce qu'on est prêt
28:03à un certain nombre
28:03de changements
28:04c'est pas évident
28:06c'est pas évident
28:07en termes d'alimentation
28:09de la nature
28:09de l'alimentation
28:10c'est pas évident
28:11c'est pas évident
28:11en termes de logement
28:12par exemple
28:13sur l'artificialisation
28:15des sols
28:15nos modes de vie
28:17il y a un mode de vie
28:18et c'est frappant
28:19dans le compte
28:21il y a un des personnages
28:22donc une chef
28:23monsieur Firmin
28:24alors en l'occurrence
28:26c'est madame
28:27Alexandra Germain
28:28qui elle est
28:29madame Germain
28:29voilà
28:29madame Germain
28:30elle est promoteur immobilier
28:31et en fait
28:32on se rencontre
28:34du fait
28:35de cette grève
28:36du sol
28:37à quel point
28:38il devient
28:38de plus en plus
28:39difficile de bâtir
28:40et en fait
28:41quand on va
28:41dans les retranchements
28:42etc
28:43on se rend compte
28:43qu'aujourd'hui
28:44encore notre urbanisme
28:45repose sur ce qu'on a appelé
28:47la charte d'atel
28:48de 1933
28:49alors justement
28:49monsieur le ministre
28:50vous avez été
28:51en tant que membre du gouvernement
28:52confronté
28:53aux gens qui font du mal au sol
28:55auxquels vous avez tenté
28:56de résister
28:57on est dans le parlons vrai ici
28:58on parle sincèrement
28:59à coeur ouvert
29:00je suppose que
29:02dans votre mandat ministériel
29:03votre mission ministérielle
29:04il y a des fois
29:05vous avez eu gain de cause
29:06sur des lobbies
29:07qui n'allaient pas dans le sens
29:08de ce que vous voulez
29:08et des fois
29:09vous avez dû
29:10j'allais dire vous soumettre
29:11vous adapter
29:12ou plier
29:12parce qu'ils étaient plus forts que vous
29:14est-ce que l'agriculture française
29:15est encore en prise
29:17soumise à des enjeux économiques
29:19entre la grande distribution
29:20l'industrie agroalimentaire
29:21qu'ils ont besoin de développer
29:23on est dans une logique libérale
29:24vous êtes libéral
29:24vous êtes démocrate
29:25est-ce qu'il y a un libéralisme
29:26compatible avec la protection du sol
29:28et un mauvais libéralisme
29:30un néolibéralisme
29:31pas compatible
29:31avec la protection des sols
29:33en fait moi je pense
29:33qu'on a tous une responsabilité
29:35parlez franchement
29:35mais je sais que vous êtes fort
29:36non je pense qu'on a tous
29:37une responsabilité
29:38oui il y en a qui jouent pas le jeu
29:41c'est évident
29:42moi j'aime pas trop
29:43le concept de lobbyisme
29:44parce qu'on est tous
29:45on défend tous
29:46vous m'avez compris
29:46des puissances économiques
29:47qui ont besoin de défendre leurs intérêts
29:49mais peut-être de bonne foi
29:50je ne dis pas
29:50c'est pas des salauds
29:52mais ils ont des parts de marché
29:53à conquérir
29:54mais il y en a tous
29:55moi je me souviens de ceux
29:56qui ont avait porté une loi
29:58qui s'appelle la loi Egalim
29:59et des gens
30:00deux
30:01c'est vous qui êtes à l'origine
30:01de la loi Egalim
30:02ils ont de la grande distribution
30:03qui est le jour même
30:05je disais
30:06de toute manière
30:06nous on a nos centrales
30:09à l'extérieur de la France
30:10et comme ça
30:11on pourra contourner la loi
30:12alors que la loi
30:13justement leur imposait
30:14y compris
30:15lorsqu'ils étaient en dehors de l'Europe
30:16et aujourd'hui
30:17c'est traité en justice d'ailleurs
30:19donc oui il y en a
30:20qui jouent pas le jeu
30:20à l'évidence
30:21mais la responsabilité
30:23elle est commune
30:24aux chefs d'entreprise
30:25aux consommateurs
30:26moi je pense qu'il y a
30:27un point essentiel
30:28un point essentiel
30:29et je le dis très sincèrement
30:31j'ai pas réussi à faire bouger
30:32les lignes là-dessus
30:33je pense que notre modèle
30:34je suis profondément un libéral
30:37je crois
30:38à la possibilité
30:40de faire du libre-échange
30:41un libéral toquevillien
30:42avec de l'humanisme
30:43d'exporter
30:44en revanche je pense
30:45que toutes les théories économiques
30:47d'Adam Smith
30:48de David Ricardo
30:50sur ce qu'on appelle
30:51les avantages comparatifs
30:52c'est d'ailleurs en gros
30:53bah moi
30:54dans mon pays
30:55je peux produire à bas coût
30:56tel ou tel truc
30:57je vais inonder les autres
30:58vous les allumez
30:59Julien vous les allumez
31:00dans le bouquin
31:01et donc en fait
31:01c'est pour ça qu'il faut lire ce livre
31:03en ce temps
31:04le président disait
31:05que l'OTAN
31:06était peut-être
31:06en état de mort cérébrale
31:07moi je pense beaucoup
31:08que l'OMC
31:09l'Organisation Mondiale du Commerce
31:10est en état de mort cérébrale
31:12et s'il faut bien mettre
31:13un coup de pied dans la fourmière
31:15c'est là-bas
31:15Julien Normandie
31:16nous avons Simon
31:17qui nous appelle
31:18de Perpignan
31:19du Roussillon
31:21des Alberts
31:22quel beau paysage
31:23bonjour
31:23bonjour Simon
31:24oui bonjour
31:25bonjour monsieur le ministre
31:27qu'est-ce que vous avez envie
31:28de lui dire au ministre
31:29j'aimerais savoir un peu
31:31parce que tout est lié
31:33comment
31:34déjà il accuse les consommateurs
31:36de ne pas faire
31:38de ne pas jouer le jeu
31:39mais les consommateurs
31:40ils font par rapport
31:41à leur pouvoir d'achat
31:42déjà je lui apporte une réponse
31:43donc il va aller vers le moins de 10 ans
31:46s'il n'a pas les moyens
31:47et deuxièmement
31:48comment nous on peut appliquer
31:50des règles absolues
31:51par rapport à l'écologie
31:54quand tous les autres concurrents
31:55et même des propres pays européens
31:57ne respectent pas
31:58les mêmes règles
31:58donc là
31:59la concurrence est faussée
32:01donc nous
32:02la France
32:03on est toujours
32:03les donneurs de leçons
32:05dans beaucoup de cas de figure
32:07il n'y a qu'à voir
32:08les voitures électriques
32:09avec le malus
32:09qui est employé
32:10qui n'est pas le même
32:11dans les autres pays européens
32:12voilà
32:13et on se tire une balle
32:15dans le pied
32:15alors bon
32:16moi je trouve ça
32:17l'écologie
32:18on est tous d'accord
32:19mais il faut que l'écologie
32:20soit équilibrée
32:21et on ne peut pas imposer
32:22aux autres membres
32:24déjà européens
32:24et puis extra-européens
32:26de suivre les mêmes règles
32:28parce que pour eux
32:29ce qui les intéresse
32:30c'est économiquement
32:31nous envahir
32:32on a encore l'exemple
32:33de l'Ukraine
32:34avec les poulets ukrainiens
32:35et bien d'autres
32:35donc tout ça
32:36fait que de toute façon
32:38les gens ne croient plus
32:40en l'écologie
32:41telle que nous
32:42on la voit au niveau français
32:43et parce qu'ils se rendent de compte
32:44que de toute façon
32:45ils seront toujours perdants
32:46dans tous les cas de figure
32:47Simon
32:48Simon
32:49Julien Denormandie
32:50va vous répondre
32:50dans quelques instants
32:51voilà
32:52dans quelques instants
32:53vous répondez à Simon
32:55vous aviez déjà commencé
32:56la réponse
32:57et on se retrouve
32:57dans quelques instants
32:58et vous continuez
32:59à nous appeler
32:59au 0826 300 300
33:01pour poser des questions
33:02à l'ancien ministre
33:03de l'agriculture
33:03je reçois Julien Denormandie
33:11l'échange est pertinent
33:13et courageux
33:13parce que Julien Denormandie
33:14il écrit un livre
33:16un conte
33:17éloquent
33:18sur l'urgence
33:19à sauver le sol
33:20et puis il assume le fait
33:21qu'il a été ministre
33:22de l'agriculture
33:23du gouvernement
33:25sous la présidence
33:29d'Emmanuel Macron
33:29il a été sous le premier ministre
33:32sous Mme Borne
33:34sous Jean Castex
33:36pardon
33:37sous Jean Castex
33:37absolument
33:38et donc on est
33:40dans la confrontation
33:41entre la responsabilité politique
33:42le devoir d'administrer
33:44de prendre des arbitrages
33:45de prendre des décisions
33:46et d'avoir des valeurs personnelles
33:47Julien Denormandie
33:48ce n'est pas parce que
33:49vous avez dû prendre des décisions
33:51en tant que ministre de l'agriculture
33:52qui peuvent être sujet
33:53à polémique
33:53ou à caution
33:54que vous n'avez pas
33:55pour autant des convictions
33:56la foi
33:58et l'espoir
33:59et que dans votre livre
34:00vous dites bien
34:00même si j'ai été
34:01ministre de l'agriculture
34:02ça ne m'interdit pas
34:03de dire que si on ne protège pas
34:04les sols
34:05on va à la catastrophe
34:06on est vraiment
34:07dans cette logique là
34:08et puis
34:08vraiment ce livre
34:11c'est un
34:12c'est un
34:13conte littéraire
34:14qui parle d'agriculture
34:15mais qui parle tout autant
34:16de logement
34:17d'économie
34:18qui
34:19évidemment
34:21repose sur mes expériences
34:22mais
34:23aujourd'hui
34:23je travaille
34:24dans le domaine
34:25de l'environnement
34:26et donc
34:27je suis confronté
34:28tous les jours
34:29à ces questions
34:29que les entreprises
34:30se posent
34:30pour se dire
34:31comment faire en sorte
34:33de limiter
34:34les émissions
34:34de gaz à effet de serre
34:35etc
34:36alors
34:36on répond à Simon
34:38déjà
34:39le point
34:41qui montre bien
34:43toutes les discussions
34:44qu'on a
34:44et ce côté humble
34:46que j'évoquais tout à l'heure
34:47en parlant de ce compte
34:48la question de Simon
34:50est à l'opposé total
34:52de la question de Claude
34:53tout à l'heure
34:54mais à l'opposé total
34:55c'est à dire que
34:56si on écoute Claude
34:57on va dans
34:58dans un sens
34:59si on écoute Simon
34:59on va totalement
35:00dans l'autre sens
35:01et en fait
35:02ce qui est très difficile
35:03sur ces sujets
35:03environnementaux
35:04sur ces sujets
35:05de protection
35:06c'est probablement
35:07c'est plus complexe
35:08que d'aller que dans un sens
35:09ou que dans un autre
35:10il faut essayer
35:12de trouver des voies de passage
35:13moi je suis
35:14pour répondre à Simon
35:15moi je suis
35:16complètement opposé
35:17mais alors
35:18complètement opposé
35:19à l'importation
35:20de produits
35:20qu'on n'a pas le droit
35:21de faire chez nous
35:22et je suis tellement opposé
35:24donc anti-mercossure
35:25c'est clair
35:25mais anti-mercossure
35:26je suis tellement opposé
35:27que encore
35:29il y a deux ans
35:31je me suis rendu au Brésil
35:32pour écrire
35:33l'ouvrage
35:34avec Eric Orsona
35:35je voulais aller
35:36dans une région
35:36qui s'appelle
35:37le Mato Grosso
35:38la grande région
35:39productiviste brésilienne
35:40et là-bas
35:41on m'a demandé
35:42de ne pas y aller
35:42au motif que ma sécurité
35:44ne pourrait être assurée
35:45parce que j'avais
35:46critiqué le poulet brésilien
35:48à tout va
35:48carrément
35:49à tout va
35:50lorsque j'étais ministre
35:51donc Simon
35:52je partage totalement
35:53ce que vous avez dit
35:54on ne peut pas
35:54ne pas avoir
35:55les mêmes règles du jeu
35:56après vous avez évoqué
35:57un sujet
35:58en disant que
35:59j'accuse le consommateur
36:00pardon
36:01moi je n'accuse
36:02absolument pas
36:03je suis
36:04avant d'être ministre
36:05de l'agriculture
36:05j'ai été ministre
36:06de la ville
36:07j'ai mes propres expériences
36:08j'ai ma propre vie privée
36:10jamais
36:10jamais
36:11je n'accuse quiconque
36:13ou je ne suis pas
36:15dans la morale
36:16ou je ne suis pas
36:16dans l'injonction
36:18je crois que
36:18en revanche
36:19sans accuser
36:21je peux
36:21faire un constat
36:23de se dire
36:23qu'il n'empêche
36:25que vis-à-vis
36:26du monde agricole
36:27nous citoyens
36:28on vote
36:28trois fois par jour
36:29au petit déjeuner
36:30au déjeuner
36:31au dîner
36:31manger c'est voter
36:32manger c'est voter
36:33c'est une formule
36:33qui m'est chère
36:34monsieur le ministre
36:34et on peut le dire
36:36et je le dis
36:37avec beaucoup d'humilité
36:38vis-à-vis
36:39des moyens
36:39de chacun
36:40en revanche
36:41et je me suis
36:42beaucoup battu
36:43là-dessus
36:43et je suis très critique
36:44lorsque ça n'est pas le cas
36:45je considère
36:46que la commande publique
36:47que ce soit au niveau
36:48de l'état
36:48des collectivités
36:49territorielles
36:49la commande publique
36:51elle doit favoriser
36:52l'agriculture française
36:53il me paraît aberrant
36:55aujourd'hui
36:55que lorsque
36:56dans les cantines
36:57il n'est pas servi
36:58il ne soit pas servi
36:59de la viande
37:00à minima européenne
37:01mais surtout française
37:02et faites le test
37:04il s'avère que
37:05quand j'étais ministre
37:06j'ai pris un décret
37:07pour permettre
37:07à n'importe quel parent
37:09de demander
37:10dans les écoles
37:11dans les restaurants
37:12dans vos cantines
37:14y compris lorsque
37:15vous travaillez
37:16dans une entreprise
37:17l'origine des viandes
37:18et pas que le bœuf
37:18toutes les origines
37:19du viande
37:19demandez
37:20demandez d'où vient
37:21le poulet
37:22la traçabilité
37:25la traçabilité
37:25qui existe
37:26sur les produits frais
37:27mais l'Europe
37:28l'interdit
37:28sur les produits
37:29transformés
37:30vous le savez bien
37:30c'est un sujet
37:31que vous avez
37:31déjà
37:31aujourd'hui
37:33par exemple
37:34le poulet
37:34le poulet brésilien
37:35c'est une honte
37:36c'est bourré
37:37d'antibiotiques
37:40de croissance
37:40et pourtant
37:40il compose plus de 50%
37:42des repas servis
37:42dans les cantines
37:43exactement
37:43et donc
37:44à chaque fois
37:45que vous avez un poulet
37:46dans un restaurant
37:47dans une école
37:48dans un restaurant
37:50administratif
37:51ou autre
37:51demandez l'origine
37:52dont une partie
37:53monsieur le ministre
37:54a porté par une filiale
37:54de la FNSEA
37:55il y a avril
37:56vous le savez
37:56mais je veux dire
37:58encore une fois
37:59moi je suis là
38:00pour soutenir personne
38:01et je ne suis pas là
38:02pour donner des
38:03je vous parle de contradictions
38:05dans ce pays
38:05on peut être syndicat majoritaire
38:06des francs agricoles
38:07et à main gauche
38:08on importe du poulet
38:09présumé
38:09on vit d'une cohabitation
38:11de contraire
38:12moi ce que je dis
38:13en revanche
38:13c'est que
38:14voilà
38:14c'est ces règles
38:16qui consistent à dire
38:17ben
38:17en fait
38:18je suis capable
38:21d'importer dans mon pays
38:21des élevages de poulet
38:22qui ont été faits
38:23avec 2 millions
38:243 millions
38:244 millions de poulet
38:25au Brésil
38:26bourrés d'antibios de croissance
38:27pour pas que les animaux
38:28ne tombent malades
38:29alors que nous
38:30on a en moyenne
38:3150-60 000
38:32volailles
38:33dans un poule allié
38:34en France
38:35avec un mal fou
38:36d'ailleurs
38:36et je salue
38:37les agriculteurs
38:38un mal fou
38:39à les élever
38:40ce système
38:41il peut pas marcher
38:42ça peut pas durer
38:44et encore une fois
38:45c'est aussi
38:46ces réflexions
38:48que j'essaye de faire passer
38:48dans le champ du sol
38:49parce que
38:50à la fin
38:50qui en pâtit
38:52c'est tout notre environnement
38:54quand vous bourrez
38:54d'antibios de croissance
38:56en fait c'est tout votre environnement
38:57qui est en pâtit
38:59qu'est-ce que le gouvernement
39:00de la république française
39:01avec vous
39:02dedans ou pas dedans
39:03qu'est-ce que le gouvernement
39:04de la république française
39:05en 2026
39:06peut tirer
39:07du contenu de ce livre
39:08du champ du sol
39:08à mettre d'urgence
39:10en place
39:10pour protéger
39:11nos sols agricoles
39:13nos sols nourriciers
39:14notre environnement
39:15de la terre
39:15est-ce qu'il y a quelque chose
39:16d'urgent à faire
39:17qui serait plus menacé
39:18en France aujourd'hui
39:19qu'ailleurs
39:19il y en a plusieurs
39:22pas qu'une
39:23un ou deux
39:23un ou deux essentiels
39:24si vous y étiez là
39:26première mesure que vous prenez
39:27moi mon plus grand combat
39:28c'est de mettre
39:28un énorme coup de pied
39:29dans la fourmilleur
39:30de cette organisation mondiale
39:31du commerce
39:31ça n'a aucun sens aujourd'hui
39:33donc vous dites bien
39:34c'est la consommation
39:35qui nous fait abîmer les sols
39:36notre forme de consommation
39:37mais bien sûr
39:38mais de production
39:39mais prenez le textile
39:40on parle trop peu du textile
39:42l'un des personnages
39:43du champ du sol
39:44monsieur Firmin
39:45que vous évoquiez tout à l'heure
39:46Perico
39:47il est à la tête d'une entreprise
39:48qui s'appelle Pimkai
39:49là encore
39:50tout est faux
39:50mais tout est vrai
39:51dans le livre
39:52c'est-à-dire que
39:52évidemment ce personnage
39:53n'a pas existé
39:54mais l'histoire sous-jacente
39:55vous verrez
39:56ce conte
39:58repose sur des
39:59en 2017
40:00l'OMC n'était pas l'ennemi
40:01de la Macronie
40:01le textile aujourd'hui
40:02par exemple
40:03tout à l'heure
40:03on parlait des pesticides
40:0420% des pesticides
40:06à travers le monde
40:06c'est pour le textile
40:08il faut 2700 litres d'eau
40:10pour faire un t-shirt
40:12un t-shirt
40:13et en parallèle
40:15un porté de Chine
40:16un porté de Chine
40:17et on voit
40:18la destruction
40:20que le textile
40:22emporte
40:23sur nos sols
40:24sur notre environnement
40:25et ainsi de suite
40:27et en parallèle
40:28on a 90 millions
40:29de tonnes
40:30de déchets
40:31de textile
40:31par an
40:32tout simplement
40:33parce qu'on utilise
40:34beaucoup moins
40:35de textile
40:36par rapport à tout
40:37ce qui est acheté
40:39et donc là aussi
40:40on voit que
40:41il y a un truc
40:43qui moi me tient
40:43énormément à coeur
40:44c'est de revoir
40:45ces règles du commerce
40:46international
40:47en me disant
40:47je suis pour le libre-échange
40:49mais avec les mêmes règles
40:51mais deuxièmement
40:51oui il faut qu'on
40:53chacun
40:53on se dise
40:54est-ce qu'il y a
40:55des habitudes
40:56que nous devons changer
40:57Julien Denormandie
40:58vous avez grandi
40:58vous avez mûri
40:59normalement vous avez tiré
41:01les conclusions
41:01de cette expérience politique
41:02qui va bientôt avoir 10 ans
41:04depuis le rêve de 2017
41:06donc vous êtes un des co-acteurs
41:07un des concepteurs
41:08je ne vous demanderai pas
41:09aujourd'hui
41:09si vous êtes déçu ou frustré
41:11je sais que pour l'instant
41:11vous occupez du sol
41:13je vous pose quand même
41:13une dernière question
41:14je ne pouvais pas
41:15ne pas vous la poser
41:16puisque vous êtes
41:17un représentant éminent
41:18représentant de la Macronie
41:20à l'époque
41:21où elle était triomphante
41:22qu'est-ce que vous souhaitez
41:23en votre âme et conscience
41:25de bien à la France
41:26aujourd'hui
41:27quel est votre
41:27votre vœu pour la France
41:29aujourd'hui
41:30en février 2026
41:32moi je pense qu'on a d'abord
41:35besoin d'un
41:38d'un apaisement
41:39dans le sens où
41:40on sent que tout le monde
41:41est fatigué
41:42épuisé par tout ce qu'on
41:43peut voir
41:44et par la dinguerie
41:45des débats
41:46mais je pense que
41:47il faut absolument
41:49qu'on ait une ambition
41:50hyper forte
41:50je le vois aujourd'hui
41:52dans le monde de l'entreprise
41:53je le vois aujourd'hui
41:54dans le monde des associations
41:55oui on peut être ambitieux
41:57il ne faut pas avoir honte
41:58d'être ambitieux
41:59moi c'est peut-être ça
42:02le fil conducteur
42:03de tout ce qu'on s'est dit
42:04depuis une heure
42:04moi je crois qu'il est
42:06possible
42:07de trouver
42:07un moyen
42:08de produire
42:09de préserver
42:11protéger
42:13d'innover
42:15donc
42:15tout en
42:16d'avoir cette
42:18très grande ambition
42:19tout en
42:20en préservant
42:21et en protégeant
42:22les plus fragiles
42:23ou nos écosystèmes
42:23vous pourriez la porter ?
42:25je crois que c'est possible
42:25est-ce que vous pourriez la porter ?
42:27moi je
42:28je
42:28je porte à mon humble échelle
42:31un certain nombre de réflexions
42:32comme avec ce
42:33ce livre
42:34mais je
42:36je
42:36voilà je
42:37alors peut-être que certains diront
42:39que je suis un éternel optimiste
42:40mais
42:40mais je pense qu'on
42:41on en a les moyens
42:42après
42:43vraiment
42:44ma plus grande crainte
42:45et à la fois
42:46je suis persuadé que ça passera là-dessus
42:48c'est pour moi l'Europe
42:49l'Europe
42:50elle est très malade
42:51mais oui mais
42:52on n'a pas dit que c'était pas une solution
42:54vous avez le droit de dire qu'elle est très malade
42:55vous avez le droit de reconnaître qu'on s'est trompé
42:57qu'elle est
42:58non mais elle est utile
43:00elle est incontournable
43:01mais pas celle-là
43:02pas celle de Barroso
43:03et de
43:04et de
43:05et de
43:06et de
43:06et de
43:06et de
43:06et de
43:06et de
43:06et de
43:06et de
43:06et de
43:06et de
43:07et de vander l'Eden
43:07moi je pense qu'il faut toujours revenir
43:08à cet esprit des pères fondateurs de l'Europe
43:10qui en 1950
43:125 ans après la fin de la seconde guerre mondiale
43:15se disent
43:15pour que la guerre soit non seulement impossible
43:18mais aussi impossible
43:19on va partager en commun nos richesses
43:22avec celui qui a été notre ennemi
43:24pour cette formidable conclusion
43:26le courage de ces gens
43:27soyons courageux
43:28et poussons l'Europe
43:30Julien Denormandie
43:30merci pour cette conclusion
43:31qui implique immédiatement une nouvelle invitation
43:33à en débattre avec moi
43:35ici sur Sud Radio
43:36un grand merci à vous
43:36je vous salue tous
43:37je vous dis à lundi
43:39et on vous laisse demain
43:40vous avez André Bercoff
43:41qui
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