- il y a 2 jours
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Avec Arnaud Benedetti, directeur de la Nouvelle revue politique
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NewsTranscription
00:00Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face-à-face.
00:06Chère vieille France, la bonne cuisine, les folies bergères, le guéparis, la haute couture et de bonnes exportations.
00:19Du cognac, du champagne et même du Bordeaux ou du Bourgogne. C'est terminé.
00:25Vous avez reconnu la voix du président Georges Pompidou. C'est une conférence de presse qu'il fait peu avant de mourir en 1973.
00:35C'était une interview. Il en avait fait une autre dans laquelle il dit, là il était en 69, et il dit
00:42« Nous ne sommes peut-être pas les plus riches, nous ne sommes peut-être pas les plus puissants, nous ne sommes peut-être pas, j'allais dire, les plus intelligents,
00:49mais nous sommes les plus heureux, la France, c'est ce que je connais de meilleur. »
00:55Il affirme, bon, ensuite cette phrase avait un peu défrayé la chronique en disant cette espèce de façon cocardière
01:01de présenter la République française et la France. Est-ce que le président Pompidou n'allait pas un peu trop loin ?
01:06Et puis là, nous avons une étude, une étude produite par le laboratoire d'idées Destin commun,
01:14qui révèle que la fierté française est un sujet d'actualité et qu'elle se porte bien.
01:20Pour en discuter, en ce lundi 2 février 2026 sur Sud Radio, je reçois, j'ai voulu que cette étude très importante,
01:30elle a défrayé la chronique, je trouve qu'on n'est pas allé au fond de cette étude très importante,
01:35à un moment de l'histoire où, évidemment, on se sent quelquefois malheureux, les nouvelles ne sont pas bonnes,
01:39la France passe pour un pays qui a perdu de sa puissance, de sa superbe.
01:45La classe politique est contestée, notre situation économique est dramatique,
01:49et pour autant, vous avez 8 Français sur 10 qui disent « Non, je reste fier d'être Français ».
01:53Je voulais en discuter avec Arnaud Benedetti.
01:55Arnaud Benedetti dit « On vous connaît sur Sud Radio et partout, on vous entend, vous êtes ce qu'on appelle un politologue,
02:00vous êtes directeur de la nouvelle revue politique, vous êtes surtout un observateur hors pair.
02:05Non seulement pas tenté, mais lorsqu'on vous entend, on aime votre franc-parler, vous prenez du recul,
02:11et on voit bien que vous présentez les choses telles qu'elles sont. »
02:14Et c'est pour ça que je voulais vous avoir aujourd'hui sur Sud Radio pendant une heure,
02:17pour discuter, vous voyez, je vous remets entre les mains ce dossier fragile et sensible des fiertés françaises,
02:21et je commence tout simplement, Arnaud Benedetti, est-ce qu'aujourd'hui, le 2 février 2026,
02:27en votre âme et conscience, vous considérez qu'il y a encore des raisons d'être fier, d'être Français et d'aimer la France ?
02:34Il y a certainement des raisons de l'être, mais ce qui est très intéressant dans ce sondage,
02:39c'est que finalement, c'est une analyse, une sorte de plan de coupe, mais à partir du bas,
02:44et ce n'est pas du tout péjoratif dans ma bouche, c'est-à-dire que finalement, c'est le ressenti des Français,
02:50à partir de traits qui sont d'ailleurs des traits, ce qui est assez significatif dans cette étude,
02:56qui sont des traits culturels.
02:57C'est-à-dire qu'en fait, d'ailleurs, ils le disent, les deux...
03:01Alors, je le rappelle, Florence Denerveau, elle est directrice générale de Destin commun,
03:06et puis elle est accompagnée par Raphaël Liorca, qui est un essayiste,
03:09et le thème fière des Françaises, au-delà du mythe d'un pays fragmenté.
03:12Voilà, alors les deux analystes disent que ce n'est pas à partir du prisme du politique
03:18qu'il faut lire ce sondage, parce que les questions n'ont pas été posées à partir de ce prisme-là.
03:26Et c'est-à-dire que quand on demande finalement aux Français les raisons de leur fierté,
03:31mais les raisons de leur fierté, elles reposent beaucoup sur de la culture,
03:35et sur de la culture populaire, on le voit.
03:37C'est-à-dire notamment la gastronomie, un sujet qui vous est fait.
03:39C'est pour ça que je voyais que ce soit les mots de Georges Pompidou.
03:42C'est seulement la culture populaire, le cinéma populaire aussi,
03:46qui est un moyen finalement de créer de l'adhésion à une culture commune.
03:52C'est aussi la géographie, c'est aussi l'histoire.
03:55Alors quoi que l'histoire c'est un peu plus compliqué,
03:56parce que l'histoire est très souvent clivante,
03:58et les récits historiques parfois s'entrechoquent,
04:00parce qu'ils sont très politisés.
04:01Oui mais quand même, ils mobilisent.
04:03L'idée que finalement, on vient de loin,
04:08qu'il y a un fil de transmission,
04:10qui malgré les divisions, continue à perdurer,
04:15est une idée qui est partagée finalement par plus de 8 Français sur 10.
04:20Alors c'est vrai qu'il y a parfois, j'allais dire...
04:23Avec des petites nuances selon la sensibilité politique.
04:25Il y a évidemment des nuances en fonction des sensibilités politiques.
04:28C'est assez bien montré dans l'étude.
04:33Mais en fait c'est une étude qui d'une certaine manière poursuit un objectif.
04:36Alors là il y a peut-être un petit biais,
04:38c'est-à-dire de dire finalement, regardez, ce pays que l'on dit désenchanté,
04:42que l'on dit déprimé, que l'on dit en déclin,
04:45finalement ne l'est pas tant que ça,
04:47puisque les Français finalement sont fiers de leur pays.
04:50Au-delà du mythe d'un pays fragmenté,
04:52parce que les enquêteurs disent quoi ?
04:54A priori c'est que le pays est fragmenté.
04:56Oui le pays est fragmenté.
04:58C'est-à-dire que le pays est fragmenté,
05:00si l'on se réfère par exemple aux analyses de quelqu'un
05:02comme Jérôme Fourquet sur l'archipel français,
05:05ou Christophe Gulli par exemple,
05:08il montre qu'il y a aujourd'hui un pays
05:11qui est constitué de divisions sociales,
05:14culturelles, territoriales,
05:16qui sont très fortes,
05:17et que ces divisions elles-mêmes sont parfois fragmentées.
05:21C'est-à-dire qu'il y a des divisions dans la division.
05:24Eux ce qu'ils essayent de nous montrer,
05:26c'est que finalement il y a quelque chose qui transcende ces divisions,
05:30c'est finalement le sentiment d'appartenance.
05:31Parce que qu'est-ce que permet de mesurer la fierté ?
05:34Elle ne dit pas que les gens considèrent que le pays va bien.
05:37Ce n'est pas ce qu'ils disent.
05:38Ils disent qu'ils ont un sentiment d'appartenance commun.
05:42Malgré leur différence, malgré leur divergence,
05:45malgré leur division.
05:46Et à partir du moment où on est fier d'appartenir finalement à une collectivité,
05:51on dit qu'on partage un certain nombre moins de valeurs,
05:55même si ces valeurs ne sont pas toujours très explicitées dans l'étude,
05:58même s'ils le disent d'une certaine manière aussi.
06:01mais je crois que c'est ça qu'il faut retenir de ce sondage.
06:04Le sondage dit, l'analyse dit, il y a un stock de fierté,
06:08un stock de fierté qui existe et sur lequel finalement on peut rebondir,
06:12on peut rebondir pour finalement projeter le pays dans l'avenir.
06:15C'est ça je crois la principale leçon de ce sondage.
06:17Alors justement, Florence Denervaux et Raphaël Liorca,
06:20lors de leurs différentes interventions,
06:22parce que eux, à Grand Continent, ils ont fait une contre-étude,
06:26un complément, plutôt ils ont fait une note de description de cette étude.
06:30Leur conclusion, et c'était le thème qu'ils rappelaient à chaque fois qu'ils intervenaient,
06:36attention c'est une fierté patriotique, c'est pas une fierté nationaliste.
06:40Est-ce que la nuance est importante ?
06:42Qu'est-ce qu'une fierté patriotique par rapport à une fierté nationaliste ?
06:45C'est-à-dire qu'en fait, si vous voulez, le nationalisme en tant que tel
06:48a été tellement abîmé historiquement au XXe siècle
06:52qu'il ne constitue pas une valeur aujourd'hui positive.
06:56Souvenez-vous, la fameuse phrase de Mitterrand,
06:59les nationalistes c'est la guerre, l'Europe c'est la paix.
07:02Alors, ils préfèrent parler de patriotisme.
07:04Ce qui est intéressant avec la notion de patriotisme, c'est la notion de père.
07:08C'est-à-dire l'antériorité.
07:10C'est-à-dire, d'une certaine manière, l'idée qu'on est le produit d'une filiation
07:14et d'un enracinement, ce qui est quand même assez intéressant.
07:18Merci de soulever le problème.
07:19Est-ce qu'un quelqu'un qui vient de l'étranger,
07:21est-ce qu'Emile Zola ou Eugène Ionesco,
07:24ou quelqu'un qui vient d'Afrique du Nord,
07:26qui s'intègre, qui s'assimile,
07:28est-ce que pour autant la France est sa patrie,
07:30puisque ce n'est pas la terre de son père ?
07:32Est-ce qu'il n'y a pas une petite anomalie dans la définition
07:35de ce qu'est le patriotisme ?
07:36La terre de mon père, en plus ça veut dire un territoire
07:38où je suis enraciné,
07:40et si tu ne viens pas de là, tu n'es pas patriote ?
07:42C'est la fameuse formule de Barrès,
07:44les vivants et les morts.
07:46Mais en l'occurrence, il y a bien évidemment cela
07:48dans la construction d'un patriotisme.
07:51Il y a le fait qu'on se réfère en effet à une généalogie.
07:54Mais même chez les historiens,
07:56qui étaient les historiens que l'on pourrait qualifier aujourd'hui
07:58de nationalistes, par exemple quelqu'un comme Bainville,
08:01lisez l'histoire de France de Bainville,
08:03Bainville ne définit pas la France
08:06par des caractères ethniques,
08:09par des caractères qui seraient liés
08:12à une souche commune.
08:15Il dit, la France, un peu comme De Gaulle d'ailleurs,
08:17et De Gaulle est de ce point de vue-là assez Bainvilleen,
08:19il dit, la France est une personne.
08:21C'est-à-dire que ce n'est pas
08:23par une identité qui serait une identité
08:26liée en effet à une généalogie
08:29que l'on peut définir la France.
08:31Et d'ailleurs c'est assez vrai,
08:32en l'occurrence,
08:33parce que le problème de la France
08:35a toujours été son unité.
08:38Et d'ailleurs c'est pour ça que l'on a
08:39à la fois centralisé le pays,
08:44que l'on a fait la laïcité aussi,
08:46en référence aux guerres de religion.
08:48Birabeau dit à la veille de la Révolution française,
08:50il dit, la France est un agrégat de peuples désunis.
08:53Ce qui est très intéressant,
08:54c'est que la France a un État,
08:56mais que finalement la Révolution va construire une nation.
08:59Et elle va construire une nation
09:01où progressivement, à travers l'État,
09:03on va créer une culture civique commune,
09:07qui a été d'ailleurs imposée durement
09:08sous la Troisième République.
09:10Oui, par les hussards noirs.
09:11Par les hussards noirs de la République.
09:12On va réprimer les langues régionales
09:16de manière très dure,
09:17afin justement d'unifier par la langue le pays.
09:20Et ça, cette question, elle est essentielle.
09:22Parce que quand on en rappelle finalement,
09:24on en appelle à la question de la fierté,
09:25on va chercher ce qui, en effet,
09:28fait commun dans la nation,
09:31malgré nos différences.
09:32Donc on peut très bien venir d'ailleurs
09:34et se sentir français.
09:36On peut d'ailleurs, de toute façon,
09:38l'histoire du XXe siècle en France,
09:40avec des communautés européennes
09:41qui arrivent d'un peu partout,
09:42de Pologne, d'Italie, d'Espagne, du Portugal,
09:45font que ces communautés s'intègrent
09:47sans aucune difficulté dans la communauté nationale.
09:51Alors, aujourd'hui, c'est vrai qu'on est face à un autre sujet,
09:54parce qu'on est avec des immigrations
09:55qui sont d'ordre extra-européenne
09:57et qui, parfois, reposent les questions
10:01de notre modèle culturel,
10:02où là, on voit qu'il y a plus de difficultés
10:04et plus de tensions.
10:06Mais rien n'empêche,
10:07quelqu'un qui est né au Maroc,
10:09qui est né en Algérie,
10:10on en connaît tous,
10:10de se sentir pleinement français.
10:12Et les exemples ne manquent pas, Arnaud Benedetti.
10:15Vous restez avec nous,
10:15vous êtes sur Sud Radio.
10:17Je reçois Arnaud Benedetti.
10:18Nous décryptons cette étude sur la fierté française.
10:20Est-ce que vous êtes fier
10:22d'être français, auditrice et auditeur de Sud Radio,
10:25ou au contraire,
10:26êtes-vous un petit peu déçu par la France ?
10:27Est-ce que vous aimez votre pays ?
10:28Est-ce que vous avez de bonnes raisons
10:30d'aimer la République
10:31et de dire à ceux qui en doutent,
10:34vous vous trompez,
10:34on est encore un grand, beau et fier pays.
10:37Vous nous appelez au 0826 300 300,
10:39Emmanuel Galasso attend votre appel.
10:41Et si vous avez le moindre doute,
10:42ou au contraire,
10:43si vous avez une conviction à affirmer,
10:45Arnaud Benedetti sera là pour en discuter avec vous
10:47et au nom du Parle-on-Vrai,
10:49vous dira ce qu'il a sur le cœur.
10:50Sud Radio,
10:53la France dans tous ses états.
10:54Mais vous êtes très bien sur Sud Radio,
10:56tous les jours,
10:57mais aujourd'hui,
10:58il y a quelque chose en plus,
10:58parce que j'ai Arnaud Benedetti en face de moi,
11:00il m'a fait l'honneur,
11:02il m'a concédé un entretien,
11:04mais parce que le sujet était important,
11:05l'affiché française,
11:07cette étude,
11:07cette étude commandée par Destin Commun,
11:11qui est un laboratoire d'idées,
11:12et ensuite Grand Continent,
11:14sous la plume de Florence de Nervaux
11:15et Raphaël Jurquin,
11:17a fait une note pour décrypter,
11:19mais l'avis d'Arnaud Benedetti
11:21est encore plus important,
11:23parce qu'il a une vision plus globale,
11:25il a du recul,
11:26et puis il n'est pas impliqué par l'étude,
11:27donc il dit ce qu'il pense,
11:29et appelez-nous au 0826 300 300,
11:31si vous voulez échanger avec lui,
11:32ou nous dire si vous êtes fiers d'être français.
11:36Arnaud Benedetti,
11:36la fierté française,
11:38on va donner les clés quand même,
11:40ça passe d'abord évidemment par une bonne intégration,
11:42alors soit on est natif depuis toujours,
11:46et on est fiers d'être français,
11:47avec des gens qui vous disent de plus en plus,
11:49on n'est pas fiers d'être français,
11:51la France elle est moche,
11:52la France elle est sale,
11:53c'est un pays colonial,
11:55la police tue,
11:56on crève dans les hôpitaux,
11:57les trains arrivent en retard,
11:58et puis il y a ceux qui vous disent,
11:59comme vous nous l'avez expliqué,
12:01il y a un ADN tellement fort,
12:03en fait vous faites bien la nuance
12:04entre le résus sanguin et l'ADN,
12:07c'est pas une histoire matérielle,
12:08c'est une histoire de conscience,
12:10et puis il y a ceux qui vous disent,
12:11non malgré tout ça,
12:12malgré tout ça j'aime la France,
12:14est-ce que pour autant il peut y avoir une fierté française,
12:17s'il n'y a pas une souveraineté française,
12:18une vraie souveraineté ?
12:20C'est une vraie question,
12:21parce qu'en fait,
12:22quand on regarde le processus historique
12:23de construction de la France,
12:26comparativement par exemple à d'autres pays européens,
12:29comment la France finalement se coagule,
12:31comment elle se construit,
12:32comment elle émerge,
12:33comment elle naît,
12:34c'est essentiellement par l'État,
12:36c'est l'État qui fait la nation,
12:37d'ailleurs on dit très souvent,
12:38l'État précède la nation à la différence,
12:39si vous voulez de l'Italie.
12:40Un fondatrice Arnaud Bénetti,
12:41si l'État fait la nation,
12:42donc c'est un État-nation absolu.
12:44C'est un État-nation absolu,
12:46et c'est véritablement le premier État-nation,
12:48même avant peut-être l'Angleterre en l'occurrence,
12:50c'est-à-dire que c'est quelque chose
12:51qui se construit dans un processus
12:53de centralisation multiséculaire,
12:55comme le disait le général de Gaulle,
12:57qui fait que vous allez avoir
12:58une colonne vertébrale,
12:59qui est la colonne vertébrale de l'État,
13:02qui va progressivement imposer
13:05sa vision d'une société donnée
13:08sur un territoire donné qui est la France.
13:09Vous diriez le modèle d'État-nation ?
13:11La France, c'est vraiment
13:12le modèle de l'État-nation,
13:14j'allais dire chimiquement
13:15et historiquement pur,
13:17d'une certaine manière.
13:18Scientifiquement.
13:18C'est presque,
13:19c'est quelque chose
13:20de tout à fait spécifique
13:22et singulier
13:22à notre histoire,
13:25et c'est ce qui fait que,
13:26à la différence par exemple,
13:26les Italiens,
13:27comment font les Italiens ?
13:28Les Allemands font leur unité,
13:29les Allemands font leur unité,
13:30beaucoup plus tard,
13:31mais si vous voulez,
13:32le sentiment d'appartenance nationale
13:33nationale en Italie
13:35et en Allemagne
13:36se manifeste
13:38non pas par le politique,
13:39mais par la culture.
13:40Une unité dans la diversité,
13:41Arnaud Bénédetti,
13:41les Landers allemands
13:43et les Italiens
13:43entre les autres journaux
13:44la Sicile,
13:45la Sardaigne,
13:46la Toscane,
13:46voilà.
13:46C'est les États fédéraux.
13:48Nous, on a jacobilisé,
13:49on a jacobilisé.
13:49Est-ce qu'on n'est pas
13:50un petit peu trop loin
13:51dans cette centralisation culturelle ?
13:54Alors après,
13:54si vous voulez,
13:55c'est lié à notre propre histoire,
13:56c'est-à-dire que
13:57la France aussi est un pays
14:01qui a connu des divisions
14:02très fortes,
14:03sans revenir aux guerres de religion,
14:05mais on voit très bien
14:05que c'est un pays
14:07où les tensions
14:08ont été très fortes
14:10et où finalement
14:11le monopole politique
14:13de la monarchie
14:14a été très longtemps
14:16contesté par les grands du royaume.
14:19Jusqu'à l'épisode
14:20de la fronde
14:22qui va profondément marquer
14:23un roi comme Louis XIV
14:24qui lui va parachever
14:26finalement le processus
14:28de centralisation
14:29par une absolutisation
14:30du pouvoir royal.
14:33Beaucoup l'ont connu,
14:34Charles VII
14:34avec les armagnacs
14:35et les bourguignons,
14:36Louis XI
14:36avec Charles Téméraire.
14:37La guerre de Cent Ans
14:38est pleine de divisions
14:39en France
14:40entre le parti pro-anglais
14:41et le parti patriote.
14:44Déjà,
14:45on a déjà
14:45cette division,
14:47cette tension
14:47qui existe.
14:49Donc,
14:49en effet,
14:50la question de la souveraineté
14:51est absolument
14:51indissociable
14:53du sujet
14:55parce qu'en fait,
14:56on est fiers
14:57d'une certaine manière
14:58parce que nous avons
14:59un État
14:59qui non seulement
15:00est capable
15:01de nous protéger,
15:02c'est la mission
15:02de l'État partout,
15:04mais aussi
15:04de nous projeter,
15:06de nous projeter,
15:06c'est-à-dire
15:07de dessiner
15:08un avenir
15:09pour le corps social
15:10que constitue la nation.
15:12Pourvu qu'il y ait une vision.
15:13Pourvu qu'il y ait une vision.
15:14Par exemple,
15:14quelqu'un comme Stéphane Rosès,
15:16avec qui moi j'ai écrit
15:16un livre sur les imaginaires,
15:18que je recommande.
15:19L'explique très bien,
15:20l'explique très bien.
15:21Il dit
15:21comment finalement
15:22le processus d'assemblage
15:23se fait.
15:24Et le processus d'assemblage,
15:25il se fait
15:25parce que la France
15:27invente une vision
15:28de la société
15:29par le haut
15:30à laquelle finalement
15:31va adhérer
15:33la nation
15:34parce que tout simplement
15:35c'est l'État
15:36qui projette
15:36dans l'avenir
15:38la nation.
15:39Attention aux éléments
15:40perturbateurs
15:40qui peuvent fragiliser
15:41cette homogénéité.
15:42Nous sommes en ligne
15:43avec Jean-Paul
15:44qui nous appelle
15:44de Toulouse.
15:45Bonjour Jean-Paul.
15:47Oui, bonjour
15:48Perico.
15:49Bonjour, merci de nous appeler
15:50Jean-Paul.
15:50Est-ce que vous êtes fier
15:51d'être français ?
15:52Bonjour, donc Arnaud
15:54des Bénédétis aussi.
15:55Donc c'est un plaisir.
15:56Merci de me prendre.
15:57Fier d'être français,
15:58oui,
15:59comme beaucoup de Français,
16:02je suis fier.
16:02De vos compatriotes.
16:03De vos compatriotes.
16:04De vos compatriotes.
16:06Donc je suis fier
16:07pour l'histoire.
16:10Je suis fier
16:11de la littérature.
16:12Il n'y a pas un pays
16:13en Europe
16:14qui a une littérature
16:15comme la France a
16:17depuis le 16e siècle.
16:18Regardez les livres
16:21La Gare des Michards.
16:24La Gare des Michards.
16:26Donc voilà,
16:27qui est une très bonne référence.
16:29La cuisine aussi.
16:30Donc oui,
16:32effectivement,
16:33on a toute raison
16:34d'être fier.
16:34Et le décalage
16:36est d'autant plus fort
16:37qu'à l'heure actuelle.
16:38L'image de la France
16:39est dégradée
16:40honteusement
16:42par nos dirigeants.
16:46Par exemple,
16:47un autre dirigeant
16:48qui joue à Top Gun
16:49au niveau international,
16:51la France est ridicule.
16:53Avec le Groenland,
16:54la France est ridicule.
16:55On envoyait
16:5610 bonhommes
16:57ou 20 bonhommes de neige.
16:58Non mais,
16:59on ferait mieux
16:59de s'occuper un petit peu
17:00de ce qui se passe chez nous.
17:01Est-ce que vous êtes inquiet,
17:02Jean-Paul,
17:03vous êtes un petit peu inquiet
17:04pour la préservation
17:05ou la pérennité
17:06de cette fierté française ?
17:08Oui et non.
17:09Non,
17:10parce que
17:11les Français
17:12ont toujours
17:13ce sentiment,
17:16cette appartenance
17:17dans la ciné.
17:19Oui,
17:20parce qu'il y a
17:20des coups de boutoir
17:21qui,
17:22entre autres,
17:23viennent de l'étranger,
17:25sont dirigés
17:26par l'étranger.
17:28Je ne parle pas
17:29des Américains
17:30ou des Russes,
17:31c'est des faux problèmes.
17:33Donc,
17:33il y a des problèmes
17:34effectivement
17:34beaucoup plus graves
17:35avec le péril islamique,
17:39par exemple,
17:39ou la France
17:42qui pourrait
17:42s'assujettir
17:43à des pays
17:44comme la Chine.
17:47Merci,
17:47merci Jean-Paul,
17:48pour votre témoignage.
17:49Arnaud Benedetti,
17:50est-ce qu'il y a
17:51une fierté française
17:53fragile
17:53et est-ce qu'il y a
17:54un socle
17:55inaliénable
17:56qui fait qu'il y aura
17:57toujours des fiertés françaises ?
17:59Il y a une partie
17:59mortelle du pays
18:00et une autre qui est mortelle.
18:01C'est ce que semble dire
18:02ce sondage,
18:03qu'il y a en tout cas,
18:04je ne sais pas
18:04s'il est inaliénable,
18:05mais en tout cas,
18:06il y a un socle
18:07très solide
18:08qui sert
18:08de repère
18:09de reconnaissance.
18:11Encore une fois,
18:12c'est entre autres
18:13la culture.
18:14Vous avez parlé
18:15de la littérature
18:16qui...
18:17La France est un pays
18:17de lettres,
18:18c'est le pays des arts
18:18et des lettres.
18:20C'est un pays
18:21aussi qui,
18:22par sa diversité géographique,
18:24ça c'est extrêmement important.
18:25Les territoires.
18:26Les territoires.
18:27Et les terroirs.
18:29La France est une terre
18:30de contraste
18:30qui géographiquement
18:32est d'une certaine manière
18:33assez béni des dieux
18:34dans sa disposition
18:36territoriale,
18:38fait que ces éléments
18:39qui sont des éléments
18:40en apparence,
18:41finalement,
18:41qui pourraient fragmenter
18:43les appartenances,
18:44sont des éléments
18:46qui nous réunissent.
18:47C'est-à-dire que,
18:48en fait,
18:48les Français sont aussi fiers
18:50de leur géographie.
18:52Ils sont aussi fiers
18:52de leur patrimoine.
18:54Ils sont aussi fiers,
18:55bien évidemment,
18:56de leur culture intellectuelle.
18:57Ils sont aussi fiers
18:58de leur histoire.
18:59Ils sont aussi fiers,
18:59on l'a dit déjà,
19:00de leur gastronomie.
19:01Il suffit de voir,
19:02par exemple,
19:02le succès que rencontre
19:03chaque année un salon
19:05comme le Salon de l'Agriculture
19:06pour témoigner
19:07que lorsque,
19:08je veux dire,
19:09il y a des foules
19:10qui se rendent
19:11pour aller visiter
19:12les stands
19:12et visiter,
19:13notamment,
19:15les différentes expositions
19:18liées aux animaux
19:19et aux différents produits
19:20du terroir,
19:21ils manifestent
19:21un attachement
19:22à cette France
19:23qui est extrêmement diverse.
19:24Oui, mais périssable,
19:25Arnaud Benedetti.
19:26Elle est périssable.
19:27Vraiment,
19:27la question de la souveraineté
19:28est importante.
19:29En effet,
19:30il y a ce socle
19:30qui est important.
19:31Mais moi,
19:32ce qui me frappe
19:32dans ce sondage,
19:33il y a tout ce qui,
19:34finalement,
19:34relève du hors-champ
19:35ou du non-dit.
19:36C'est-à-dire que tout se passe
19:37comme si on était fier
19:39d'une France
19:41qui n'existait plus
19:42vraiment
19:43comme elle l'était
19:44auparavant.
19:45Il y a quelque chose
19:46qui relève aussi
19:47du sentiment
19:48de la nostalgie,
19:49voire d'une forme
19:50de mélancolie française.
19:51C'est-à-dire que
19:52on va...
19:53La continuité menacée
19:55dont parle
19:55la continuité menacée
19:58menacée
19:59par le choc
20:00de la mondialisation.
20:01Parce qu'en fait,
20:01si vous voulez,
20:02le gros sujet
20:03pour un pays
20:04comme la France
20:04qui a été un pays
20:05souverain
20:06dans tous les domaines
20:06d'ailleurs,
20:07parce que la France
20:08était un petit pays,
20:09finalement,
20:10géographiquement,
20:10par rapport
20:11à d'autres mastodontes,
20:12mais très souverains,
20:13mais qui était
20:14très structuré,
20:15encore une fois,
20:16par l'État
20:16et qui était souverain
20:17quasiment
20:18dans tous les domaines.
20:20Et on voit bien
20:21que, finalement,
20:22ce qui s'est passé
20:23depuis un demi-siècle,
20:24ce sont les chocs
20:25de la mondialisation
20:26qui ont progressivement
20:27désindustrialisé le pays,
20:29qui progressivement
20:31désagriculturisent
20:33le pays également.
20:35On le voit
20:35avec la crise,
20:36déruralisent le pays.
20:40Finalement,
20:40il n'y a qu'une seule exception
20:41qu'on défend,
20:43j'allais dire,
20:44corps et âme,
20:45c'est l'exception culturelle.
20:48Encore,
20:49comme si, finalement,
20:50on se ramassait
20:52sur ce dernier socle
20:54pour, finalement,
20:56résister au processus
20:57de mondialisation.
20:58On va y revenir,
20:58Arnaud Benedetti.
20:59Vous restez avec nous,
21:00vous êtes sur Sud Radio,
21:01je suis avec Arnaud Benedetti.
21:02On décrypte l'étude
21:04sur les fiertés françaises
21:06de destin commun
21:07avec tout ce qu'elle signifie,
21:10comment elle suscite
21:12à la fois un émoi,
21:13une inquiétude,
21:15mais en même temps,
21:16elle nous rassure,
21:17elle est le reflet
21:17de la fragmentation,
21:19quand même,
21:19de notre société.
21:20Vous nous appelez
21:21au 0 826 300 300,
21:23Arnaud Benedetti répondra
21:24à vos suggestions
21:26ou à vos questions
21:27si vous avez des doutes.
21:28A tout de suite.
21:30Sud Radio,
21:31midi 14h,
21:33Sud Radio,
21:34la France dans tous ses états.
21:36Je reçois Arnaud Benedetti
21:38pour, on peut dire,
21:39pas décrypter,
21:40nous dissertons,
21:41parce que la hauteur de vue
21:42d'Arnaud Benedetti
21:43qui prend du recul
21:44et qui est aujourd'hui
21:47à même de faire un point,
21:48justement,
21:48c'est quoi la fierté française,
21:51c'est quoi la gloire de la France.
21:52Tout simplement,
21:53on peut utiliser
21:53les grandes phrases
21:54et nous attendons
21:56vos appels
21:56au 0 826 300 300
21:58parce que je suis persuadé
21:59que sur Sud Radio,
22:00vous avez une idée
22:01sur la question.
22:01Arnaud Benedetti,
22:02on finissait
22:03la séquence précédente
22:04sur le concept
22:05d'exception culturelle.
22:07Alors,
22:08il y a des gens
22:08qui vous disaient,
22:08je me souviens,
22:09Jean-François Cagnes
22:09me disait déjà
22:10d'établir le concept
22:11d'exception,
22:12c'est noter une fragilité.
22:15Pour autant,
22:15l'exception culturelle française,
22:16c'est une réalité.
22:18Est-ce qu'elle a seulement
22:18besoin d'être défendue
22:20parce qu'elle est descendue ?
22:22Est-ce qu'elle n'est pas liée
22:23quand même, Arnaud,
22:24à la qualité
22:25de l'enseignement scolaire,
22:27de l'école de la République ?
22:29Est-ce que le socle culturel,
22:30ce n'est quand même pas
22:30l'enseignement et l'apprentissage
22:32et la transmission des savoirs ?
22:33Il est clair que,
22:34si vous voulez,
22:34dans l'histoire de France,
22:36ce qui a fini
22:37d'unifier le pays,
22:40c'est à la fois la conscription,
22:41il ne faut jamais l'oublier,
22:42quand même,
22:43le service militaire
22:45qui était quand même égalitaire,
22:47en tout cas à ses débuts.
22:49Il est devenu un peu moins
22:50par la suite.
22:51Tout le monde y passait,
22:52en tout cas.
22:52Tout le monde y passait.
22:54Et d'ailleurs,
22:55c'est très intéressant,
22:55la guerre de 14-18
22:56est une guerre
22:58qui frappe
22:58toutes les classes sociales.
22:59C'est une révolution.
23:00De ce point de vue-là,
23:01c'est une frappe.
23:02Tout le monde,
23:02je veux dire,
23:03le sacrifice traverse
23:06l'ensemble des strates
23:07de la société,
23:09du paysan
23:09jusqu'aux aristocrates.
23:11Le film La Grande Évasion
23:12de Renoir.
23:13Il y a l'aristocrate
23:14et le goyeur de banlieue.
23:16En effet,
23:17avec Pierre Freinet.
23:18Très beau film.
23:20Ensuite,
23:21ce qui parachève
23:21véritablement
23:22et qui même,
23:23j'allais dire,
23:24finit par la solidifier
23:25et la consolider,
23:26c'est l'école.
23:27On l'a parlé notamment
23:27à travers la langue,
23:28mais aussi à travers
23:29un niveau d'exigence.
23:31C'est-à-dire qu'en fait,
23:32l'école de la Troisième République
23:33est considérée
23:35non seulement
23:36comme,
23:37si vous voulez,
23:38un dispositif
23:39d'unification
23:40du pays
23:41à travers la langue,
23:43à travers
23:44la transmission
23:45des savoirs
23:47fondamentaux,
23:48mais c'est une école
23:50aussi
23:51qui sert
23:52de levier
23:53à l'idéal
23:55républicain
23:55d'égalité
23:56puisque l'école
23:57va devenir
23:58l'instrument
23:59de mobilité
24:01sociale.
24:02Vous avez parlé
24:03de Georges Pompidou.
24:04Georges Pompidou
24:04étant,
24:05en liminaire
24:06de cette émission,
24:07Georges Pompidou
24:07étant véritablement
24:09un emblème politique
24:11de ce processus
24:12de méritocratie,
24:13lui-même fils
24:14d'instituteur,
24:15lui-même petit-fils
24:16de paysans,
24:17qui va devenir
24:19ensuite président
24:20de la République.
24:20À Montboudif
24:21dans le Cantal.
24:22Montboudif
24:23dans le Cantal
24:24et il est,
24:24je crois,
24:26si mes souvenirs
24:26sont bons,
24:27également conseiller
24:28municipal de Cajar
24:29dans le Lot.
24:30Ils avaient une maison
24:31à Cajar.
24:32Donc,
24:33on voit bien que là,
24:34il y a quelque chose
24:35avec l'école
24:35qui est à la fois
24:37profondément socialisant
24:39politiquement,
24:40civiquement,
24:41sur le plan
24:42de la citoyenneté,
24:43sur le plan
24:43de l'unification
24:44et qui est aussi
24:46un instrument
24:47au service
24:47des idéaux
24:48qui sont les idéaux
24:48de la République.
24:49Et le problème,
24:50c'est qu'aujourd'hui,
24:51finalement,
24:52est-ce que ce niveau
24:52d'exigence
24:53de l'école
24:54tel qu'il a été pensé
24:55par les pères fondateurs
24:56de la Troisième République
24:57est le même
24:59aujourd'hui qu'hier ?
25:00Les classements au PISA,
25:01malheureusement,
25:01nous montrent le contraire.
25:02Il y a un autre élément
25:04très important,
25:05c'est le récit national.
25:07Le récit national
25:08qui est inventé
25:10non pas tant
25:11par,
25:12il faut le dire,
25:12la Troisième République
25:13que par Napoléon.
25:14Le premier,
25:15véritablement,
25:16a essayé d'avoir
25:17une vision
25:17qui embrasse
25:19panoriquement
25:19l'histoire de France,
25:20c'est Napoléon.
25:21Il dit quelque chose
25:21d'assez juste,
25:22il dit,
25:22je suis solidaire
25:23de tout,
25:24du baptême de Clovis
25:25jusqu'aux soldats
25:26de l'an 2.
25:27Ça veut dire que lui,
25:28qui est un des produits
25:28de la Révolution,
25:29assume toute l'histoire
25:31de France.
25:32Et le récit républicain
25:33est un récit
25:34qui ne fait pas
25:35le procès
25:35de la monarchie.
25:36Lisez la vice,
25:37lisez les manuels
25:39historiques
25:40que l'on va fournir
25:41aux petits écoliers
25:42de la Troisième République,
25:44on explique qu'il y a
25:45un processus historique...
25:46C'est une pré-laïcité
25:47politique, d'ailleurs.
25:48On tolère
25:49l'autre lecture
25:50de l'histoire.
25:50La question même
25:51de la laïcité
25:51commence avant
25:53la République.
25:53Elle commence dès
25:54les rois de France,
25:54d'une certaine manière,
25:55avec les conflits,
25:57avec la papauté,
25:58avec le gallicanisme,
25:59avec la nomination
26:00des évêques...
26:01La pragmatique sanction
26:02de Bourges,
26:03du roi Charles VII
26:04qui dit c'est le roi de France
26:05qui nomme les évêques.
26:05Voilà, si vous voulez,
26:06tout cela, je veux dire,
26:07fait que la façon
26:09dont on conçoit l'histoire
26:10n'est pas une histoire
26:10saucissonnée.
26:11Il n'y a pas forcément
26:12la bonne et la mauvaise histoire.
26:14On prend tout
26:14et on en fait finalement
26:16un socle sur lequel
26:18les gens vont finalement
26:20adhérer à ce récit
26:21parce que c'est leur récit
26:22et que c'est leur histoire.
26:23Un bloc,
26:24comme aurait dit
26:24Georges Clemenceau
26:25quand il parlait
26:25de la Révolution.
26:27Nous sommes en ligne
26:28avec Marie
26:28qui nous appelle
26:29de Pau,
26:30Pau capitale du Béarn
26:32ou les conseillers
26:34départementaux
26:35sièges au Parlement
26:36de Navarre.
26:36Encore un morceau d'histoire.
26:38Marie, vous êtes béarnaise
26:39ou vous êtes française ?
26:41Alors moi je suis française
26:42mais mon père
26:43et ma mère
26:44étaient nés en Espagne
26:45et mon père
26:46est rentrés
26:46pendant la guerre
26:47de Franco.
26:47Ah ben voilà,
26:48très bel exemple.
26:50Et il a eu
26:52pas mal de personnes
26:53de sa famille
26:53fusillées
26:54par Franco
26:55parce que lui
26:56il était républicain
26:58et il a été dénoncé
27:00par des franquistes.
27:01Donc il est venu en France
27:02terre d'asile
27:03et aujourd'hui
27:04vous êtes fière
27:05d'être la fille.
27:07Mon père était très fier.
27:08Nous on a été élevés.
27:09Moi je suis née en France
27:10je suis née en 50
27:11mais on a toujours
27:13vécu en France
27:14on a toujours adopté
27:15et mon père était
27:16très fier
27:17d'être en France.
27:19Il nous a appris
27:19le respect
27:20il nous a appris
27:21à nous réjouir
27:23de tout ce qu'on avait
27:24et comme je dis
27:25des fois en rigolant
27:26à certaines amies
27:27vu ce qui se passe
27:28aujourd'hui
27:28on se baladait pas
27:29avec des robes à volant
27:30mais des castagnettes quoi.
27:31Alors Marie
27:32vous avez l'air de dire
27:33que cette fierté française
27:34aujourd'hui
27:35elle semblerait moins
27:36partagée que vous-même
27:37vous l'avez vécue
27:38quand vous étiez enfant.
27:39Non vous croyez peut-être ?
27:40Je vous pose la question
27:41et Arnaud va nous donner
27:42son idée.
27:44Disons qu'elle est moins
27:45partagée par certaines
27:46communautés
27:47qui n'ont pas su apprécier
27:48alors pour des raisons
27:49diverses
27:50mais je trouve ça
27:51dommage
27:51parce que bon
27:53moi j'ai vécu
27:54je suis née en France
27:55j'ai fait mes études
27:56j'ai des enfants
27:57maintenant qui ont des situations
27:58Je peux vous demander
27:59le métier que vous avez exercé
28:00Marie
28:00quel métier vous avez exercé ?
28:01Moi j'en ai exercé plusieurs
28:03j'ai été commerçante
28:04c'est 10 ans
28:05et ensuite j'ai divorcé
28:06et je suis rentrée
28:07dans l'immobilier.
28:08Ah mais très bien
28:08donc vous connaissez le terrain
28:09de la société française
28:11ça c'est...
28:11Complètement
28:12complètement
28:13j'ai un fils qui est chez Airbus
28:14j'ai un autre fils
28:15qui travaille dans le médical
28:16voilà
28:17mais nous on a été élevés
28:18en France
28:19et puis voilà
28:19et puis
28:20alors même si bien sûr
28:22au niveau de la cuisine
28:23de certaines choses
28:23on avait encore
28:24des trucs espagnols
28:26à la maison
28:27mais on était en France
28:28et on était français
28:29vous savez faire la tortilla
28:30et la garbure
28:31si je comprends bien
28:32Ah oui
28:32et la paella
28:33et la paella aussi
28:34Arnaud Benedetti
28:36vous le disiez tout à l'heure
28:37le socle de l'identité française
28:39de la société française
28:40ce sont aussi
28:41ses enracinements
28:42ses savoirs
28:43ses connaissances
28:44là on a l'exemple
28:45d'une fille
28:46de républicaine espagnole
28:47réfugiée en France
28:48elle est très fière
28:50d'être française
28:50Emile Zola
28:51elle était aussi
28:52Eugène Ionesco aussi
28:53et pourtant
28:54ils étaient d'origine étrangère
28:55Vous parlez d'immigration européenne
28:56donc il y a aussi
28:58un sentiment
28:59Pour vous demander
28:59est-ce que c'est un peu
29:00plus compliqué
29:00quand on ne vient pas
29:01de l'immigration européenne
29:02Semblablement
29:03parce qu'on voit bien
29:04que c'est le sujet
29:05Alors nous on a
29:06un héritage en plus
29:07ce qui rend encore plus
29:09compliquée la situation
29:10de la France
29:11c'est que contrairement
29:11à d'autres pays européens
29:12on a un héritage colonial
29:13qui quand même
29:15s'est fait aussi au nom
29:16faut-il le rappeler
29:17de la République
29:18Mais oui
29:18La fameuse mission
29:20dite civilisatrice
29:22je dis bien
29:22dite civilisatrice
29:23de la France
29:23C'était de bonne foi ou non
29:25On allait entre guillemets
29:26évangéliser avec les valeurs
29:27humanisées de la République
29:28Je crois que c'était de bonne foi
29:28Alors il y avait
29:29des intérêts économiques
29:30Il y avait des intérêts
29:32géostratégiques
29:33Une concurrence très forte
29:34faut-il le rappeler
29:34avec l'Angleterre
29:36notamment en Afrique
29:38Mais il y avait quand même
29:40derrière si vous voulez
29:42cette entreprise-là
29:43l'idée que
29:45il suffit de voir même
29:46les textes de Blum
29:47qui sont des textes
29:49assez explicites
29:49Je s'en parlais
29:50des textes de Jules Ferry
29:51L'idée que la France
29:53du fait de son universalisme
29:55a une mission spécifique
29:57à l'adresse du monde
29:59Vous savez
29:59c'est la fameuse phrase
30:00de Malraux
30:00La France n'est jamais aussi grande
30:02que lorsqu'elle parle
30:02à l'ensemble de la planète
30:03à l'ensemble du monde entier
30:04Voilà
30:04Donc cette idée
30:06était très ancrée
30:07dans le discours républicain
30:08D'ailleurs il faut le dire
30:09la colonisation
30:09qui aujourd'hui
30:10est dénoncée
30:11par la gauche
30:12est plutôt une idée de gauche
30:13et les gens de droite
30:15à l'époque
30:15dénoncent la colonisation
30:17en considérant
30:17qu'il y a mieux à faire
30:18que d'aller partir
30:19à l'extérieur
30:21Ces peuples
30:22qui se sont libérés
30:23du colonialisme français
30:25ne l'ont-ils pas le fait
30:26au nom des valeurs
30:27qui lui ont été incultées
30:28ou apportées
30:29par la République française ?
30:30Mais totalement
30:31d'ailleurs
30:31les grands leaders
30:33nationalistes
30:34de l'Afrique
30:35sont très souvent
30:36passés
30:37par les écoles
30:38de la République
30:39Auximine, Bourguiba
30:41Auximine, Sangor
30:43qui lui-même
30:44était normalien
30:45et compagnon d'ailleurs
30:46de Norge Pompidou
30:47Il faut le rappeler
30:49tous ces gens-là
30:50ont été formés
30:51par le système
30:53éducatif français
30:56Après si vous voulez
30:57la question
30:58de la...
30:59le vrai sujet
31:01finalement
31:01qui apparaît
31:02à partir des années 70
31:03encore une fois
31:04c'est que
31:05on est rentré
31:07dans un processus
31:07qui est celui
31:08de la mondialisation
31:08et face à ce processus
31:11il est clair
31:12que la France
31:13a un modèle
31:14très à part
31:15par rapport
31:15à d'autres
31:16nations européennes
31:18qui est moins adaptable
31:19vraisemblablement
31:20en la matière
31:22parce qu'encore une fois
31:22lié à cette fonction
31:24suprême
31:25de l'État
31:25qui fait qu'on a
31:26plus de difficultés
31:27et puis alors
31:27il y a en effet
31:28cette deuxième vague
31:29d'immigration
31:30qui apparaît
31:31à un moment
31:32de la décolonisation
31:33où là
31:34on a des populations
31:35qui sont des populations
31:35extra-européennes
31:37et pour certaines d'entre
31:38elles qui n'ont pas
31:39la même religion
31:40qui n'ont pas d'origine
31:41judéo-chrétienne
31:41qui n'ont pas d'origine
31:42judéo-chrétienne
31:43donc se pose un autre problème
31:45qui est la question
31:46de l'assimilation
31:46alors là
31:47l'école
31:47on en parlait tout à l'heure
31:48la machine à intégrer
31:49la machine à fabriquer
31:50du citoyen français
31:51dans les valeurs universelles
31:53c'est l'école de la république
31:54elle est très en panne
31:56Arnaud Benedetti
31:56elle est même malade
31:57est-ce que c'est pas là
31:59la fin principale
32:00alors elle est très en panne
32:01pour des raisons
32:02multiples
32:02et variées
32:04les syndicats
32:05d'enseignants
32:06vous diront
32:06que c'est une question
32:07de moyens
32:07si l'on regarde
32:10de plus près
32:10c'est que d'abord
32:12l'école n'a pas été
32:13en mesure
32:14vraisemblablement
32:16d'amortir
32:19le choc
32:20de l'immigration
32:20pourquoi ?
32:22alors peut-être
32:23parce que aussi
32:24quelque part
32:25alors il y a la question
32:26du nombre
32:27qui pose problème
32:28on ne peut pas la nier
32:29c'est une réalité
32:30ensuite
32:32notamment avec
32:33le regroupement familial
32:33à partir des années 70
32:35et puis il y a quand même
32:36un sujet
32:37qui me paraît
32:38important
32:40c'est que
32:41on a progressivement
32:42abandonné
32:43notamment au début
32:44des années 80
32:45le logiciel
32:47assimilationniste
32:48qui était le nôtre
32:49pour se diriger
32:51vers un logiciel
32:52que l'on voulait
32:53un logiciel d'intégration
32:54qui passait par
32:55le droit à la différence
32:56donc presque
32:57le communautarisme
32:57le droit à la différence
32:58n'est pas fondamentalement
33:00une notion
33:01qui est inscrite
33:02dans l'ADN
33:03républicain
33:04de la troisième république
33:06puisque finalement
33:08la troisième république
33:09c'est une république
33:11qui est très romaine
33:12d'une certaine manière
33:13chez les romains
33:14fait comme les romains
33:15et la république
33:16la France
33:17a été faite par Auguste
33:18beaucoup plus
33:18que par Vercingetorix
33:20bien sûr
33:20et la république
33:21est une machine
33:22qui va plutôt
33:25si vous voulez
33:25activer le ressort
33:27de la ressemblance
33:28que de la dissemblance
33:29c'est pour ça
33:29qu'on réprime
33:30les langues régionales
33:32c'est pour ça
33:32que l'on moque
33:33les cultures régionales
33:35au point
33:36finalement
33:36de les folkloriser
33:37n'étant plus
33:38qu'une survivance
33:39archaïque
33:40d'un ancien monde
33:41qui ne va pas
33:43dans le sens
33:43du progrès
33:44universel
33:45à la Auguste Comte
33:48donc
33:49le problème
33:50c'est qu'on subit
33:51un choc migratoire
33:52extrêmement important
33:53et en même temps
33:54au même moment
33:55au même moment
33:56on est en train
33:56de transformer
33:57notre logiciel
33:58qui est le logiciel
33:59de l'assimilation
34:00puisqu'on va privilégier
34:02le droit
34:02à la différence
34:03sur le devoir
34:05de ressemblance
34:06qui fait cohésion
34:07on y revient
34:07dans quelques instants
34:08nous sommes avec
34:09Arnaud Benedetti
34:11et on disserte
34:12sur cette étude
34:13des fiertés françaises
34:15de l'organisme
34:16destin commun
34:17et j'allais dire
34:18on déploie des idées
34:20et on explique
34:21beaucoup de choses
34:22qui sont en lien
34:23avec la situation
34:24politique et économique
34:25de la France
34:25vous restez avec nous
34:26vous appelez
34:27Emmanuel Galasso
34:280 826 300 300
34:30et Arnaud Benedetti
34:30répondra à vos observations
34:32avec beaucoup de pertinence
34:33à tout de suite
34:34Sud Radio
34:35midi 14h
34:37Sud Radio
34:38la France
34:39dans tous ses états
34:41Perico Légas
34:42reçoit
34:42Arnaud Benedetti
34:44avec lesquels
34:44nous essayons
34:46de comprendre
34:47ce que signifie encore
34:49le terme
34:49fierté française
34:50pourquoi il y a des français
34:52qui sont fiers
34:52d'être français
34:53je redonne les chiffres
34:54par sensibilité
34:5590%
34:56de ceux
34:57qui sont de sensibilité
34:58droite
34:59entre droite
34:59et à gauche
35:00à l'extrême gauche
35:01on monte quand même
35:01à 66%
35:02des lecteurs de la gauche
35:04qui sont fiers
35:05d'être français
35:05c'est quand même
35:05une très bonne statistique
35:07Arnaud Benedetti
35:07on a fait un tour complet
35:09des sources
35:10de l'origine
35:10de la fierté française
35:11l'histoire
35:12les récits
35:12les traditions
35:14les savoirs
35:15les territoires
35:15notre géographie
35:16voilà
35:17on rappelle que
35:19la Gaule
35:19est une entité
35:20assez floue
35:21l'Empire romain arrive
35:22et la civilisation
35:23gallo-romaine
35:24ensuite avec les invasions
35:25barbares
35:26fait qu'on a ce socle
35:27national aujourd'hui
35:27auquel on est profond
35:29attaché
35:29est-ce que Arnaud Benedetti
35:30je vais mettre un peu
35:31les pieds dans le plat
35:31vous êtes politologue
35:33je vais tester
35:34non pas vos compétences
35:36mais est-ce que vous allez
35:36me dire
35:36est-ce que vous allez
35:37aller au fond de mon propos
35:38est-ce que
35:39est-ce que c'est pas
35:40grâce au fait
35:41qu'on a abandonné
35:43à un moment donné
35:43vous vous souvenez
35:44parler de
35:45alors les fiertés françaises
35:46il y a 30 ans
35:46c'était quasiment
35:47un terme néopétiniste
35:49la république
35:50la patrie
35:51c'était indicible
35:51c'était resté à la droite
35:52est-ce que le fait
35:53que la gauche
35:54ou les forces du progrès
35:56est abandonné
35:56au lepénisme
35:58au front national
35:59au rassemblement national
35:59cette thématique
36:00république
36:01patrie
36:01laïcité
36:02fait qu'aujourd'hui
36:03on est obligé
36:04de se la réapproprier
36:05il ne faut pas leur laisser
36:05et que c'est peut-être ça
36:07qui aujourd'hui
36:07fait prendre conscience
36:08à une partie
36:08de la société française
36:09que la fierté française
36:11elle est aussi
36:11dans ces valeurs
36:12qu'on a abandonnées
36:12qu'il ne faut absolument
36:13pas récupérer
36:15il faut la généraliser
36:16il faut devenir
36:17une conscience nationale
36:18est-ce qu'il y a
36:19une conscience nationale
36:20en France aujourd'hui
36:20grâce à cette petite abandon
36:22à l'extra-le-droite
36:23il semblerait qu'il y a
36:23une conscience nationale
36:24à partir du moment
36:25où vous avez une fierté
36:27vous avez un sentiment
36:28d'appartenance
36:28donc vous pouvez penser
36:29qu'il y a une conscience nationale
36:30après la conscience nationale
36:31elle s'exprime jusqu'où ?
36:33oui mais est-ce que
36:34c'est pas l'extra-le-droite ?
36:35la question qu'il faudrait poser
36:37ça serait la question
36:38de savoir
36:38si vous êtes prêt
36:39à vous sacrifier
36:40pour votre pays
36:40alors le général
36:42le général Mandon
36:43suggérait qu'on doit
36:43peut-être un jour
36:44envoyer nos enfants
36:45oui alors ça c'est une vraie
36:46c'est un vrai
36:47alors après il faut savoir
36:48pour quelque chose aussi
36:49il nous donnait
36:51une leçon de patriotisme
36:52en 14 et en 39
36:53on les a envoyés les gamins
36:54si ça recommence
36:55mais est-ce que la situation
36:56est la même ?
36:57je veux dire
36:57on n'est plus du tout
36:57dans la même époque
36:58on n'est plus du tout
36:59dans la même société
37:00nos enfants n'ont pas été
37:01socialisés de la même manière
37:02que les enfants
37:03qui arrivent
37:05dans la conscription
37:07en 1912
37:09ou en 1913
37:10le sentiment patriotique
37:13n'est plus tout à fait
37:14ne s'exprime plus
37:15tout à fait
37:15de la même manière
37:16donc on est véritablement
37:18dans un monde
37:18qui est très différent
37:21ensuite
37:22moi ce que je crois
37:22c'est qu'en effet
37:23si vous voulez
37:24toute une partie
37:25de la gauche républicaine
37:27a abandonné
37:28plusieurs de ses principes
37:30d'abord ils ont abandonné
37:31les classes populaires
37:32il faut quand même
37:34s'en souvenir
37:34c'est très clair
37:35il le péchait
37:35les classes populaires
37:36votées à gauche
37:37François Mitterrand
37:38d'ailleurs le dit
37:39dans un de ses discours
37:40il dit la gauche
37:41n'a jamais pu gagner
37:42que lorsqu'elle avait
37:44le soutien
37:45des classes populaires
37:47et de ce point de vue là
37:47il avait
37:48sur le plan de l'analyse
37:49parfaitement en raison
37:51on oublie les ouvriers
37:53on oublie les paysans
37:54on oublie les petits artisans
37:55on oublie les employés
37:57etc etc
37:58c'est notamment
37:59le tournant
38:00à la fin des années 2000
38:02avec la fameuse note
38:03de Terra Nova
38:04qui dit
38:05il faut abandonner
38:06in fine
38:06il le disparate
38:07exactement dans ses termes
38:08mais ça revient à peu près
38:09c'est une partie socialiste
38:09il faut abandonner le peuple
38:10la sociale d'homéocratie
38:11doit plutôt aujourd'hui
38:13aller chercher des communautés
38:14on ne dit pas trop lesquels
38:16mais enfin
38:16on peut imaginer lesquels
38:17notamment les nouveaux arrivants
38:19voilà
38:19donc là déjà
38:21vous avez un tournant
38:22ensuite
38:23en effet
38:24si vous voulez
38:25la notion même de nation
38:27est devenue
38:29quasi tabou
38:30pour une partie
38:31du camp républicain
38:33parce que
38:34cette notion de nation
38:36est d'abord
38:37assimilée au nationalisme
38:38dont on a parlé
38:39tout à l'heure
38:40voire à l'extrême droite
38:42et finalement
38:43le monde dans lequel
38:43on doit s'ouvrir
38:44est un monde
38:45finalement
38:45plutôt européen
38:47d'ailleurs sans racines
38:48puisqu'en fait
38:49on imagine une Europe
38:50qui n'aurait pas de racines
38:51ce qui est d'ailleurs
38:52une erreur monumentale
38:53parce que l'Europe
38:53a des racines
38:54comme la France en a
38:55et que là
38:58en effet
38:59on crée un espace
39:00pour des formations politiques
39:02qui vont bien évidemment
39:03l'investir fortement
39:04et qui vont revendiquer
39:06in fine
39:07la fierté
39:09d'être français
39:11quand Elisabeth Guigou
39:11ministre socialiste
39:12de la justice
39:13dit
39:13la république
39:14c'est d'un ringard
39:15mais la phrase
39:16est fatale
39:17la phrase est fatale
39:19parce que c'est
39:20la république
39:21qui fait la France
39:22moderne
39:23que la république
39:24est portée
39:25par des forces politiques
39:26historiquement
39:27constituées
39:28à gauche
39:29et
39:30elle abdique
39:31finalement
39:32ce qui
39:32devrait être
39:34le sens
39:35de son combat
39:36politique
39:36puisqu'elle est une femme
39:37de gauche
39:38mais
39:38si vous voulez
39:39dès le début
39:41des années 80
39:42vous avez une conversion
39:43de toute une partie
39:44de la gauche
39:45sociale
39:46démocrate
39:47à un agenda
39:47qui est un agenda
39:48mondialiste
39:49c'est le fameux
39:51tournant de 1982
39:521983
39:53qui est
39:54impulsé
39:55par François
39:57Mitterrand
39:57et d'ailleurs
39:58ça va fractionner
39:59la gauche
39:59mais ça va fractionner
40:00toutes les forces politiques
40:00toutes les forces politiques
40:02y compris à droite
40:03et la trahison
40:04du 25 octobre
40:05sur la campagne
40:06de Jacques Chirac
40:07en 1995
40:07sur la facture sociale
40:08là aussi
40:09revirement
40:10Arnaud Benedetti
40:12on va arriver
40:13dans quelques minutes
40:14au terme de cette émission
40:15vous reviendrez
40:16c'est un point important
40:16si vous me permettez
40:17dans le sondage
40:18sur lequel je voudrais insister
40:19on en parlait
40:20à la pause
40:20c'est
40:21ce qui est très intéressant
40:22dans cette étude
40:23c'est de montrer
40:23finalement
40:24le rapport très distancié
40:25des français
40:26par rapport au pouvoir
40:27c'est l'ironie
40:28c'est le sarcasme
40:29c'est
40:30la caricature
40:32l'humour
40:32l'humour
40:33oui parce que finalement
40:34quand on demande
40:35qu'est-ce que c'est
40:35que l'identité française
40:36il y a peut-être
40:37deux ou trois éléments
40:38qui la définissent
40:38le premier élément
40:39c'est l'état
40:40et la politique
40:41parce qu'on est un peuple
40:42très politique
40:44le deuxième élément
40:45c'est en effet
40:46une culture commune
40:48qui d'ailleurs
40:49se nourrit
40:50de la diversité
40:51de nos territoires
40:52une culture populaire
40:53puis le troisième élément
40:54c'est en effet
40:54ce rapport au pouvoir
40:56c'est-à-dire que la France
40:57est un pays
40:58qui historiquement
40:59se moque des puissants
41:00on a appelé ça
41:01les gaulois réfractaires
41:02je crois un petit peu
41:02vous vous souvenez
41:03et c'est Rabelais
41:04qui se moque
41:05c'est Rabelais
41:05c'est Scaron
41:06c'est cette grande
41:07tradition française
41:08qui passe
41:09par Beaumarchais
41:10ou par Voltaire
41:11les panfletaires
41:12oui par les panfletaires
41:14par Beaumarchais
41:16par Voltaire également
41:18donc une forme
41:19d'ironie
41:19et de distance
41:20par rapport aux politiques
41:21on est à la fois
41:21un peuple très sérieux
41:23et puis un peuple
41:24qui à un moment donné
41:25est capable
41:26de faire preuve
41:27de distance
41:27par rapport à l'exercice
41:28du pouvoir
41:29ce qui rend d'ailleurs
41:29beaucoup plus difficile
41:30l'exercice du pouvoir
41:31donc un élément très important
41:32de l'ADN identitaire
41:33au sens noble
41:33français
41:34de cette conscience
41:35être français
41:35c'est aussi un état d'esprit
41:36c'est pour ça que la question
41:37des caricatures
41:38est essentielle
41:39elle dit quelque chose
41:40on constate
41:41on constate
41:42Arnaud Benedetti
41:43nous qui cherchons
41:44depuis quelques mois
41:45quelques années
41:46une majorité
41:47il y a une majorité
41:48de français
41:49qui se rassemblent
41:49autour de cette conscience
41:50d'une fierté nationale
41:52ils le sont à différents degrés
41:53mais ils sont très majoritaires
41:54ça dépasse la totalité
41:56des clivages politiques
41:57est-ce que vous pensez
41:59que pour l'avenir
42:01pour l'avenir de la France
42:02pour l'avenir de nos enfants
42:04pour l'avenir de l'école
42:04de tout ce qui fait
42:05qu'on aime être français
42:06est-ce que cette conscience nationale
42:08va pouvoir un jour
42:08se rassembler
42:09autour
42:10d'une personnalité
42:11d'un individu
42:12d'une idée
42:13d'une vision de la France
42:14aujourd'hui on est totalement
42:15à poil
42:15passez-moi l'expression
42:16est-ce que vous gardez l'espoir
42:17vous l'observateur
42:18qu'il y aura un jour
42:19quelqu'une ou quelqu'un
42:20ou quelque chose
42:21qui fera que cet amour
42:23de la France
42:23cette conscience
42:24et la fierté française
42:25se rassemblera
42:26dans un projet politique
42:27alors là vous faites référence
42:28à une figure
42:28qui est une figure politique
42:30classique
42:30de la vie politique
42:31et de l'histoire politique française
42:33on en a quelques-unes
42:33c'est la figure de l'homme
42:35ou de la femme providentielle
42:37oui
42:37c'est-à-dire qu'en fait
42:38l'histoire de France
42:39est aussi scandée
42:40par un certain nombre
42:41de grandes personnalités
42:42qui vont
42:43de Jean d'Arc à de Gaulle
42:44de Jean d'Arc à de Gaulle
42:45si ça vous va comme ça
42:46on peut peut-être remonter
42:46un peu avant
42:47avec un certain nombre
42:47de nos rois
42:49qui sont finalement
42:50des personnalités
42:51qui permettent
42:52de rassembler
42:53et de dépasser l'équivage
42:54mais le problème de la France
42:55c'est que si vous voulez
42:56je dis c'est un peuple politique
42:57parce qu'en effet
42:58il y a l'État
42:58mais n'oubliez pas une chose
43:00ce qu'on oublie trop souvent
43:01qui a inventé
43:02la droite et la gauche ?
43:04qui a inventé
43:05la droite et la gauche ?
43:06c'est la France ?
43:07c'est la Révolution ?
43:07le concept de droite et de gauche ?
43:08le concept de droite et de gauche
43:09qui est d'abord
43:10une répartition au Parlement
43:11vous êtes d'accord ?
43:11entre ceux qui je veux dire
43:12considèrent
43:13qu'il y a un droit de veto
43:15ou pas du roi
43:15oui j'y avais pas pensé ça
43:17la droite et la gauche
43:19est une invention française
43:20alors c'est d'ailleurs
43:21ce qui rend difficile
43:22le rassemblement
43:25mais ces notions-là
43:27sont des notions
43:28qui naissent
43:28dans une culture politique
43:29et la culture politique française
43:31donc la question
43:32est de savoir
43:33si aujourd'hui
43:34il y a des possibilités
43:35de rassemblement
43:36finalement Emmanuel Macron
43:37a essayé de le faire
43:38d'une certaine manière
43:39le en même temps
43:40sauf que la difficulté
43:42du en même temps
43:42c'était un en même temps
43:43qui était au service
43:45d'une seule vision
43:45d'une vision exclusive
43:47De Gaulle y est arrivé en partie
43:48De Gaulle y est arrivé
43:49mais De Gaulle avait une vision
43:50mais une vision
43:50qui s'efforçait malgré tout
43:52de ramasser les morceaux
43:53bon docteur Benedetti
43:54diagnostic
43:54est-ce qu'on peut
43:55espérer ou
43:56est-ce que les conditions
43:57se réunissent pour qu'un jour
43:58cette fierté française
44:00devienne un projet national
44:02alors vous savez
44:02je crois qu'il faut
44:04il faut éviter
44:05toute prospective hâtive
44:07ce qui est sûr
44:07c'est que
44:08quand on regarde encore une fois
44:09l'histoire politique
44:09de la France
44:10c'est qu'elle est capable
44:11de se transcender
44:12de se réformer
44:13qu'à partir de moments
44:14de rupture
44:15c'est notamment
44:16entre autres 1958
44:17qui est très intéressant
44:18de la libération
44:19qui sont des moments
44:20très importants
44:21dans notre vie politique
44:22contemporaine
44:23est-ce qu'on est à ce moment
44:25de rupture
44:25mais pour qu'il y ait
44:26le moment de rupture
44:26il faut aussi à un moment donné
44:27qu'il y ait une offre politique
44:28qui soit là
44:29pour pouvoir recueillir
44:31ce désir de rupture
44:32et tel là
44:33je n'en sais rien
44:33Arnaud Benedetti
44:34vous viendrez nous reparler
44:35du sursaut
44:36qui est en train de se préparer
44:37probablement
44:37cette étude l'indique
44:38et puis
44:39on se réjouira
44:41de savoir
44:41si c'est fait
44:42ou si c'est pas fait
44:43merci d'avoir été avec nous
44:44Arnaud Benedetti
44:44voilà
44:45moi je vous dis à demain
44:46je vous laisse dans les bras
44:47de Brigitte Laé
44:49et puis
44:49on se retrouve
44:50pour la suite
44:51de la France
44:52dans tous ses états
44:53merci
44:53à très vite
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