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  • il y a 18 heures
Alors que la connexion continue structure nos journées, le OFF February invite à expérimenter le retrait. Un mouvement révélateur d’une mutation plus large de notre culture numérique.

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00:04La tendance off ne s'arrête plus depuis janvier. Après le dry January, c'est la place au off
00:10February et Jamel Gould nous en parle dans Culturoscope. Merci d'être avec nous. Bonjour
00:14Sybille. Alors oui, le off February, le concept est simple, c'est réduire son temps d'écran
00:20pendant un mois. Ça passe par lever le pied par exemple sur les réseaux sociaux, supprimer les
00:26applications qu'on n'utilise plus, voire désactiver les notifications. Alors quoi qu'il en soit, le
00:31mouvement circule beaucoup en ligne. On annonce sa pause, on partage ses statistiques de temps d'écran,
00:39on promet de revenir sous peu. Le paradoxe est un petit peu risible, c'est vrai, puisque la
00:44déconnexion commence par une publication, comme si l'absence elle-même devait être validée par le
00:51réseau. J'imagine que les gens doivent ressentir qu'ils passent beaucoup trop de temps sur
00:56leur écran, c'est ça l'élément principal. L'initiative, elle ne sort pas de n'importe où et si
01:01elle trouve autant d'écho,
01:03c'est qu'elle intervient dans un contexte bien particulier. En France, près d'une personne sur deux
01:08estime passer trop de temps sur les écrans, selon le baromètre du numérique 2025. La fatigue, elle n'est donc
01:14pas marginale, elle est collective. Et le off February, il faut garder à l'esprit que ce n'est pas
01:21un mouvement
01:21radical technophobe. Pas du tout, ce n'est pas une rupture spectaculaire ou alors un rejet brutal des
01:28écrans. C'est plutôt une tentative de rééquilibrage de nos usages à travers une discipline qui est
01:34plutôt douce, volontaire et qui est limitée dans le temps. On a donc un mois pour profiter du silence
01:42numérique, sachant quand même que 72% des gens passent plus de deux heures par jour devant les
01:48écrans. C'est énorme, c'est énorme, surtout que c'est un temps qui est souvent fragmenté, qui se
01:56manifeste par des regards brefs, souvent répétés aussi. C'est de l'ordre du réflexe presque, l'écran.
02:04Quelques minutes par-ci, quelques secondes par-là et au bout de la journée, on se retrouve avec un temps
02:09cumulé qu'on n'a pas réellement décidé et qui s'est insufflé à notre insu.
02:15Et puis, Jiménie, il doit y avoir des personnes qui sont plus ou moins affectées par cette trop-pleinte
02:20réseaux sociaux aussi.
02:21Les jeunes, et le mouvement, ils résonnent avec une autre actualité qui est la proposition de loi
02:27portant sur l'interdiction des réseaux sociaux avant l'âge de 15 ans, qui a été adoptée le 26 janvier
02:33dernier à l'Assemblée nationale. On s'inscrit là dans une réflexion un peu plus large de la
02:39place du numérique dans la construction des jeunes publics. Cette mesure, elle rejoint
02:45d'autres dispositifs qui concernent les adultes cette fois, comme le droit à la déconnexion
02:49dans le monde professionnel. Ça traduit en tout cas une même préoccupation, encadrer
02:54les pratiques numériques. Pourquoi ? Parce que l'hyperconnexion, elle n'est plus du tout
02:59perçue comme un phénomène neutre. Elle s'inscrit dans un environnement où l'attention
03:04c'est devenu une ressource assez précieuse. On se rend compte en fait que le numérique
03:09influence les rythmes, les sociabilités, mais aussi les représentations qu'on peut
03:14avoir, au point de devenir d'ailleurs un objet de régulation politique.
03:19Est-ce qu'on sait si ça fonctionne vraiment, ces poses numériques ?
03:23Ça dépend un peu de l'objectif en fait. Si ce que vous souhaitez c'est transformer
03:28en profondeur le modèle économique des plateformes ou alors la logique des algorithmes, là c'est
03:33pas la peine, le off-february ça restera quelque chose d'assez symbolique. Par contre, si on
03:38a envie de réajuster son propre rythme, là l'expérience elle peut avoir des effets
03:43tangibles et les retours qu'on a vont dans ce sens puisque beaucoup de personnes parlent
03:47d'une sensation de temps retrouvé, on se réapproprie un peu notre quotidien, une concentration
03:52plus stable aussi et du plaisir renouvelé dans la conversation. Voilà, l'art de la
03:59conversation c'était toute une pratique dans les siècles précédents. On a vraiment
04:05là un déplacement culturel qui est intéressant à observer. On passe d'une culture de l'accès
04:11au numérique qu'on n'a pas totalement quitté mais qui peu à peu glisse vers une culture
04:15du dosage de ce numérique, du contrôle de ce numérique. Donc pendant longtemps, l'univers
04:21du numérique, il était associé à l'idée de progrès permanent, d'accélération
04:26aussi. Aujourd'hui avec le off-february, on voit que la maturité ne consiste plus à
04:31être partout, rapidement, mais plutôt à savoir quand s'absenter.
04:35Merci beaucoup James et tout de suite on passe à Tempolux avec Laurent Meffre.
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