Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 6 heures
Samedi 28 février 2026, retrouvez Patrice Denizard (fondateur -, The School Garage), Samuel Lee (chef, restaurant SENsation), Véronique Milande (Conservatrice en chef du patrimoine, Ville de Paris), Julie Benetti (Rectrice de la région académique Île-de-France, rectrice de l'académie de Paris, chancelière des universités de Paris et d'Île-de-France) et Mathilde Augé (Directrice exécutive, World Monuments Fund France) dans EXPERIENCES, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:08Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Expérience, l'art de vivre comme vous ne l'avez jamais vécu.
00:14Quelle sera votre prochaine inspiration ?
00:16Chaque mois, on embarque avec nos invités, nos chroniqueurs pour une heure d'immersion au cœur du luxe, de l
00:21'élégance et de l'art de vivre.
00:22Et on commence par Culturoscope.
00:24Gem nous fait découvrir le off-fébruary. Le concept, se déconnecter des réseaux sociaux, une tendance off qui ne s
00:31'arrête plus depuis le mois de janvier.
00:33Dans Tempolux, on parle de belles voitures. Le salon rétromobile a fêté ses 50 ans ce mois-ci. Nous explorons
00:39ainsi le marché des voitures de collection.
00:42Février, c'était aussi le nouvel an chinois.
00:45Béatrice Constant est allée rencontrer dans Bouche-Bée, Samuel Lee, ancien chef étoilé du Shangri-La, dans son restaurant Sensation,
00:53au menu Gastronomie et Créativité Culinaire.
00:57Et pour finir, on prend de la hauteur. Direction la chapelle de la Sorbonne, fermée au public depuis 20 ans.
01:03Nous suivons toutes les étapes d'un projet titanesque de restauration au cœur de l'université parisienne, dans une interview
01:10perché sur des échafaudages.
01:12Expérience, c'est parti.
01:18La tendance off ne s'arrête plus depuis janvier. Après le dry january, c'est la place au off-february.
01:25Et Jamel Gould nous en parle dans Culturoscope. Merci d'être avec nous.
01:29Bonjour Sybille. Alors oui, le off-february, le concept est simple. C'est réduire son temps d'écran pendant un
01:35mois.
01:36Ça passe par lever le pied, par exemple, sur les réseaux sociaux, supprimer les applications qu'on n'utilise plus,
01:42voire désactiver les notifications. Alors quoi qu'il en soit, le mouvement, il circule beaucoup en ligne.
01:49On annonce sa pause, on partage ses statistiques de temps d'écran.
01:54On promet de revenir sous peu.
01:56Alors le paradoxe est un petit peu risible.
01:58C'est vrai, puisque la déconnexion, elle commence par une publication, comme si l'absence elle-même devait être validée
02:05par le réseau.
02:06En tout cas, j'imagine que les gens doivent ressentir qu'ils passent beaucoup trop de temps sur leur écran.
02:11C'est ça l'élément principal.
02:13L'initiative, elle ne sort pas de n'importe où. Et si elle trouve autant d'écho, c'est qu
02:17'elle intervient dans un contexte bien particulier.
02:20En France, près d'une personne sur deux estime passer trop de temps sur les écrans, selon le baromètre du
02:26numérique 2025.
02:27La fatigue, elle n'est donc pas marginale, elle est collective.
02:32Et le off-february, il faut garder à l'esprit que ce n'est pas un mouvement radical technophobe.
02:37Pas du tout. Ce n'est pas une rupture spectaculaire ou alors un rejet brutal des écrans.
02:43C'est plutôt une tentative de rééquilibrage de nos usages à travers une discipline qui est plutôt douce, volontaire et
02:51qui est limitée dans le temps.
02:53On a donc un mois pour profiter du silence numérique, sachant quand même que 72% des gens passent plus
03:00de deux heures.
03:01par jour devant les écrans. C'est énorme. C'est énorme. Surtout que c'est un temps qui est souvent
03:07fragmenté,
03:09qui se manifeste par des regards brefs, souvent répétés aussi. C'est de l'ordre du réflexe presque, l'écran.
03:19Quelques minutes par-ci, quelques secondes par-là et au bout de la journée, on se retrouve avec un temps
03:24cumulé
03:24qu'on n'a pas réellement décidé et qui s'est insufflé à notre insu.
03:29Et puis, Jiménie, il doit y avoir des personnes qui sont plus ou moins affectées par cette trop-plein de
03:35réseaux sociaux aussi.
03:36Les jeunes et le mouvement, ils résonnent avec une autre actualité qui est la proposition de loi
03:42portant sur l'interdiction des réseaux sociaux avant l'âge de 15 ans,
03:46qui a été adoptée le 26 janvier dernier à l'Assemblée nationale.
03:50On s'inscrit là dans une réflexion un peu plus large,
03:52de la place du numérique dans la construction des jeunes publics.
03:57Cette mesure, elle rejoint d'autres dispositifs qui concernent les adultes, cette fois,
04:02comme le droit à la déconnexion dans le monde professionnel.
04:05Ça traduit en tout cas une même préoccupation, encadrer les pratiques numériques.
04:10Pourquoi ? Parce que l'hyperconnexion, elle n'est plus du tout perçue comme un phénomène neutre.
04:15Elle s'inscrit dans un environnement où l'attention, c'est devenu une ressource assez précieuse.
04:21On se rend compte en fait que le numérique influence les rythmes, les sociabilités,
04:27mais aussi les représentations qu'on peut avoir,
04:30au point de devenir d'ailleurs un objet de régulation politique.
04:34Est-ce qu'on sait si ça fonctionne vraiment, ces poses numériques ?
04:37Ça dépend un peu de l'objectif en fait.
04:40Si ce que vous souhaitez, c'est transformer en profondeur le modèle économique des plateformes,
04:45ou alors la logique des algorithmes, là ce n'est pas la peine.
04:48Le february, ça restera quelque chose d'assez symbolique.
04:50Par contre, si on a envie de réajuster son propre rythme,
04:55là l'expérience, elle peut avoir des effets tangibles,
04:58et les retours qu'on a vont dans ce sens,
04:59puisque beaucoup de personnes parlent d'une sensation de temps retrouvé,
05:03on se réapproprie un peu notre quotidien,
05:06une concentration plus stable aussi,
05:08et du plaisir renouvelé dans la conversation.
05:12Voilà, l'art de la conversation, c'était toute une pratique dans les siècles précédents.
05:19On a vraiment là un déplacement culturel qui est intéressant à observer.
05:23On passe d'une culture de l'accès au numérique,
05:26qu'on n'a pas totalement quitté,
05:28mais qui peu à peu glisse vers une culture du dosage de ce numérique,
05:32du contrôle de ce numérique.
05:34Pendant longtemps, l'univers du numérique,
05:36il était associé à l'idée de progrès permanent,
05:39d'accélération aussi.
05:41Aujourd'hui, avec le off-fébruary,
05:43on voit que la maturité ne consiste plus à être partout, rapidement,
05:47mais plutôt à savoir quand s'absenter.
05:50Merci beaucoup, Jem.
05:51Et tout de suite, on passe à Tempolux avec Laurent Meffre.
05:58Plus de 180 000 visiteurs se sont retrouvés à Rétromobile,
06:01le salon des voitures de collection qui se tenait en février à Paris.
06:05Un salon qui fêtait ses 50 ans.
06:07Et pour parler de ce marché, je laisse la parole à Laurent Meffre et son invité.
06:11Merci, Sibyl.
06:12Alors, je reçois aujourd'hui Patrice Denizard,
06:14qui est le fondateur de The School Garage.
06:16Il nous expliquera pourquoi The School Garage.
06:19Parce que moi, c'était ma première fois à Rétromobile.
06:22Et j'ai été impressionné par la magnitude de l'événement
06:27et par les différents publics qui s'y pressaient.
06:30Des jeunes, des moins jeunes, des très jeunes, des bien moins jeunes.
06:34Et donc, je me suis dit que c'était intéressant.
06:37de voir le luxe par ce prisme de la voiture de collection.
06:46Ce n'est pas que, on va définir un petit peu ce que ça veut dire aujourd'hui avec Patrice.
06:53Que je vais laisser d'ailleurs se présenter.
06:55Bonjour Patrice et merci d'être avec nous.
06:57Merci.
06:58Oui, alors, c'est vrai que mon histoire, elle est un peu particulière.
07:02The School Garage, ça vient de mon passé.
07:05Et du fait que j'étais dans une école maternelle, dans le Bourbonnet.
07:09Et qu'en tant que collectionneur de voitures, je cherchais de la place.
07:13Donc, j'ai voulu trouver un endroit qui était suffisamment grand pour mettre mes voitures de collection, mes motos de
07:19collection.
07:20Et donc, à ce moment-là, il y avait l'école maternelle de mon village natal qui était à vendre.
07:26Et donc, j'ai donc acheté, j'ai mis mes jouets dedans et j'ai créé The School Garage en
07:31mai 2022.
07:32Ça va faire quatre ans.
07:34Voilà, donc, la voiture de collection ou la voiture un peu exclusive, c'est devenu ma passion.
07:42Ce n'est comment cette passion ?
07:45Je suis un garçon, donc quand on est petit, on joue aux petites voitures.
07:49Et quand on est plus grand, on essaie de les avoir en vrai.
07:51Et j'ai toujours été passionné par les voitures de course, de sport.
07:56Et je n'étais pas très loin d'un endroit qui est magnifique qui s'appelle le Mât du Clos.
07:59Et très régulièrement, j'allais là-bas voir les Ferrari tourner.
08:03Et ceux qui connaissent l'automobile et les véhicules de collection savent que le Mât du Clos et la famille
08:07Bardinon
08:09étaient peut-être les plus grands collectionneurs de Ferrari au monde.
08:13Au monde ?
08:14Au monde, voilà.
08:15Pas en termes de quantité, mais d'exclusivité des véhicules qu'ils avaient dans leur collection.
08:21Et c'est très marrant, on en parlait en préparant l'émission,
08:23parce que les circuits en France qui accueillent soit des courses, soit des particuliers,
08:31qui viennent tourner avec leur véhicule, sont principalement dans le centre de la France.
08:36Il y a une espèce de triangle d'or dans le centre de la France pour les circuits automobiles.
08:42Et c'est là, d'ailleurs, c'est au centre de ça que vous avez créé le School Garage.
08:48Exactement. En fait, ce n'est pas qu'une histoire d'école maternelle.
08:53C'est une histoire aussi que le positionnement géographique de l'endroit est assez incroyable,
09:00parce que je pense qu'on a 80% des circuits français autour.
09:03Manicourt, Lorsi-Lévis, Charade, le Mât du Clos, Mornay à côté de Guéret.
09:11Donc, ça permet d'avoir pas mal d'endroits pour faire rouler les bolides.
09:15Et ça me permet aussi de recevoir des collectionneurs dans un endroit très privé.
09:22Il y a quand même pas mal de discrétion autour de ça.
09:24On n'a pas envie d'être embêté, on a envie de profiter de sa passion et d'avoir le
09:28confort et les accès nécessaires pour cela.
09:32Donc, ça explique le positionnement aussi de School Garage à Estivareil, dans l'Allier.
09:37J'allais parler de cette discrétion, justement, parce que c'est la passion un peu anti-urbaine.
09:42Aujourd'hui, la voiture de collection, parce qu'à Paris, on en voit assez peu.
09:49Dans les grandes villes françaises, en général, on en voit assez peu.
09:52Et c'est plutôt les campagnes, aujourd'hui, qui recèlent, justement, tous ces modèles un peu iconiques.
09:58De la classique à la GT des années 2000 et, bien sûr, au Young Timer, qu'on va définir après.
10:09C'est le mot de l'année en termes de collection automobile.
10:14Et alors, justement, par rapport à ça, définissons un tout petit peu pour nos spectateurs.
10:21On entend beaucoup parler de Young Timer, qui sont des modèles automobiles.
10:27Qu'est-ce que c'est, Patrice ?
10:29C'est la voiture à partir des années 80, de 80 à 2000.
10:35On dit toujours que les collections suivent les générations.
10:39Donc, on parle des avant-guerres, on parle des voitures des années 60-70.
10:43Et maintenant, on parle des Young Timers, donc la Golf GTI, la 2-chevaux,
10:49toutes ces voitures qui ont été des voitures plutôt...
10:51On n'est plus vraiment dans l'exclusivité et la rareté.
10:54On est plus dans la voiture iconique d'une génération.
10:58Qui joue sur la nostalgie.
11:00Nostalgie, voilà.
11:01Et c'est pour ça qu'il y a...
11:01Quand on regarde le résultat des enchères, qui est un peu un miroir de l'économie,
11:06de la voiture de collection, on se rend compte qu'il y a des années,
11:10comme les années 60-70, qui sont un peu moins demandées.
11:14Par contre, tout ce qui est Young Timer, on a vu le prix d'une 4L, par exemple,
11:18qui a fait 95 000 euros.
11:22Alors que la valeur intrinsèque du véhicule, c'est vrai que c'est un modèle un peu rare,
11:25c'est un modèle cabriolet.
11:26Mais ce n'est pas une Ferrari, c'est pas...
11:28Par contre, l'offre et la demande, c'est toujours pareil.
11:30On est dans un cadre économique.
11:31Et s'il y en a, dans un cadre aussi, dans un système d'enchères,
11:36c'est là où ça s'emballe et qu'on peut avoir des prix un peu surnaturels,
11:40comme ces 95 000 euros qui ont été donnés pour une 4L.
11:43Donc, bon, ça ne définit pas trop les Young Timers.
11:46C'est plus un cas exceptionnel.
11:48Mais ça montre, en tout cas, l'évolution du marché de la collection
11:52vers des modèles iconiques et qui sont maintenant dans...
11:56qui commencent dans les années 80 et qui vont jusqu'au début des années 2000.
11:59En tout cas, le luxe peut reposer sur des voitures qui sont plus populaires maintenant.
12:03Oui.
12:03La Méhari, par exemple, qui est devenue aussi...
12:07Beaucoup de gens dans le sud veulent une Méhari parce que ça rappelle les belles années aussi.
12:12On est un peu dans un environnement économique difficile.
12:16Les gens ont envie de revivre les bonnes années.
12:19Et alors, le marché, si je fais un parallèle avec l'horlogerie,
12:25on achetait potentiellement ces cinq dernières années une montre pour investir
12:30en se disant, pour se cacher un peu derrière la dépense
12:36et dire que ce n'était pas pour rien, que c'était un investissement.
12:41Donc, ça, c'est un petit peu fini aujourd'hui.
12:43Si on prend la voiture de collection aujourd'hui, il y a dix ans, aujourd'hui,
12:48ce qui se passe, les comportements d'achat sont tournés vers quoi aujourd'hui ?
12:53C'est du pur plaisir, c'est un peu d'investissement, ça dépend des segments.
12:56Comment ça se passe ?
12:57Alors, je pense que ça s'est rééquilibré.
12:58Il y a eu un moment donné, après la crise des subprimes,
13:01où les gens ne savaient plus trop mettre où investir.
13:05Et la voiture était devenue un élément d'investissement.
13:09Donc, on voyait des gens, par exemple, qui achetaient des voitures à plusieurs.
13:12Et il y avait même des fonds pour des voitures.
13:15C'est-à-dire qu'on collectait de l'argent pour acheter des parts d'une Ferrari GTO, par exemple.
13:21Donc, ce qui est quand même quelque chose de complètement, comment dire,
13:26ça n'existait pas avant, c'était nouveau.
13:27Parce que les prix avaient tellement monté qu'on ne pouvait plus se permettre
13:30d'acheter en tant qu'individu une voiture qui coûtait 10, 15, 20,
13:35on est arrivé jusqu'à 70 millions une voiture de dollars.
13:39Donc, maintenant, ça s'est bien sûr un peu régulé.
13:45La passion est redevenue quand même le moteur numéro un.
13:49Et on a vu aux dernières ventes aux enchères que tous les modèles,
13:53les grandes marques, Ferrari, Porsche, continuent à atteindre des sommets.
13:57Mais ça ne s'est pas arrêté. Ça s'est juste un peu plus segmenté.
14:01Le modèle passion, enfin le passionné a quelque part moins de moyens
14:05ou du moins il est un peu plus raisonnable.
14:08Quand on est dans de la spéculation, c'est là qu'on commence à atteindre des montants incroyables.
14:12Ce qui est sûr, c'est qu'il y a de plus en plus de milliardaires dans le monde.
14:16La voiture reste quand même un marqueur.
14:19Les grandes fortunes mondiales aiment avoir des collections de voitures.
14:24Elles en ont toutes presque. Et c'est ce qui fait aussi monter les prix.
14:28Oui, parce qu'aujourd'hui, c'est un actif comme un autre.
14:31C'est-à-dire que la voiture va venir prendre sa place dans la collection
14:34en même titre que l'horlogerie, que l'art et que l'immobilier quasiment.
14:38Oui, alors l'horlogerie, pour faire le parallèle, c'était la question par rapport à l'autobus.
14:42On a eu le même phénomène.
14:43C'est-à-dire qu'il y a encore 15-16 ans, quand on est chez un bijoutier pour acheter
14:48une Rolex,
14:49on a vu le prix normal.
14:51Maintenant, quand on va chez un bijoutier pour acheter une Rolex, on vous dit qu'il n'y en a
14:53pas.
14:54Donc, on se demande comment les bijoutiers font pour vivre.
14:56Parce qu'en fait, tous les modèles que le marché demande, la Daytona, la GMT2, etc.
15:02Sur son liste d'attente.
15:03Sur son liste d'attente.
15:04Et on vous dit, je ne vous mets même pas sur les listes d'attente.
15:06Parce que le dernier que j'ai mis, ça fait déjà deux ans qu'il y est.
15:10Et tout ça monte.
15:12Il y a un côté un peu, à un moment donné, on se demande comment ça peut fonctionner.
15:15Donc, c'est là où ils sont obligés de relâcher un peu les brides et de refaire que ces montres
15:21-là redeviennent achetables.
15:25Sinon, il n'y a plus de transaction.
15:27On a vu ça aussi quelque part dans l'immobilier.
15:29C'est-à-dire que quand les prix arrivent à des hauteurs trop hautes, on n'arrive plus à toucher
15:35le client.
15:36Donc, la voiture, c'est aussi pareil.
15:38Après, il y a des cas particuliers.
15:40Les voitures exceptionnelles qui ont été faites à 3, 4, 5 ou 30 exemplaires.
15:44Celles-ci vont toujours être dans des proportions de prix sur un marché très, très haut.
15:49Par contre, le Main Street, ça va toujours rester par rapport au client lambda, au chef d'entreprise, au chef
15:57de PME.
15:57qui, lui, est un client qui aime les voitures, qui aime collectionner.
16:00Ce qui est mon cas.
16:02Avant de devenir marchand de voitures, j'étais d'abord un collectionneur.
16:08Alors, je rebondis là-dessus parce que ça, c'était une question qui me tenait à cœur.
16:15C'est-à-dire, vous n'êtes pas un marchand de voitures à la base.
16:20Non.
16:20Vous venez de l'industrie.
16:22Oui.
16:24Comment on opère le changement ?
16:26Parce que ça fait rêver tout le monde de se dire, demain, on va vendre des Porsche, on va vendre
16:31des Ferrari, on va vendre des Lamborghini.
16:34Comment s'est opérée la transition ?
16:36Un long cheminement.
16:38Disons que j'ai travaillé plus de 30 ans dans l'industrie, un peu partout dans le monde.
16:44Je n'avais pas spécialement le temps de vivre ma passion.
16:48Mais la passion était là.
16:49Parce qu'une passion, elle existe depuis son plus jeune âge.
16:53Et à un moment donné, je me suis posé la question.
16:57J'allais avoir 54 ans.
17:02J'avais une collection dans cette fameuse école, School Garage.
17:07Et je me suis dit, d'accord, tu as ces objets, tu as beaucoup d'objets, beaucoup de voitures, beaucoup
17:14de motos.
17:14Mais tu en fais quoi ?
17:15Et je me suis dit, il faut que j'en profite.
17:18Et pour en profiter, il faut que je sorte de mon travail actuel qui était très prenant.
17:22Donc, j'ai décidé d'arrêter, de créer ma société et de, quelque part, devenir un dealer de voitures de
17:29collection.
17:30Parce que j'avais acquis la compétence et j'avais le temps maintenant de m'en occuper.
17:34Et je pouvais aider toute personne qui souhaitait investir dans un véhicule d'exception.
17:39Et puis, vous aviez le réseau aussi.
17:41Oui, j'ai construit le réseau par le fait que j'étais collectionneur.
17:44Et que pour collectionner et pour acheter les véhicules, il fallait que j'ai un réseau à côté pour m
17:48'aider.
17:48Parce que, comme je voyageais beaucoup, je n'avais pas le temps d'aller voir les voitures, de les expertiser,
17:52de les rapatrier.
17:54Donc, ça m'a permis, derrière, de construire très rapidement un réseau de personnes qui m'informaient sur les voitures,
18:00me les expertisaient.
18:02Et je m'occupais, ma société s'occupe, elle, de faire que les voitures arrivent à bon port.
18:07Principalement chez des gros marchands, en fait.
18:11Je fais plus de B2B que de B2C.
18:13Parce que, voilà, je suis une petite société.
18:15Et puis, surtout parce que c'est très...
18:18Enfin, la grosse partie, en fait, du travail est de trouver la voiture, de l'expertiser et de bien l
18:24'acheter.
18:25Vous la trouvez ? Comment est-ce que vous vous sourcez, justement ?
18:27On est très off-market.
18:28C'est-à-dire que c'est là le réseau qui intervient.
18:31C'est-à-dire qu'il y a toute une génération de personnes aujourd'hui qui ont aimé la voiture,
18:36qui sont visistantes et qui ne veulent pas mettre leur voiture sur des supports comme le Boncoin ou la centrale.
18:43et qui donnent, en fait, un mandat pour qu'on puisse trouver un acquéreur.
18:49Donc, moi, je fais essentiellement du off-market.
18:52Bon, j'ai un site internet comme tout le monde, mais je ne publie aucune annonce.
18:55Donc, tout ce que j'achète, ce n'est pas un réseau.
18:57Et tout ce que je vends, ce n'est pas un réseau.
19:00Vous tournez vers quoi en premier ?
19:02Vous avez une spécialité dans les...
19:04Essentiellement, les deux plus grosses marques, donc les Porsche et les Ferrari.
19:09Et à la fois les modernes et les voitures de collection.
19:14Les classiques.
19:15Les classiques, quoi.
19:16Les classiques.
19:17OK.
19:18Le marché aujourd'hui, si on prend les segments, avec le moins de 30 000 sur les Young Timers,
19:27le milieu de marché et les classiques intouchables,
19:31les modèles iconiques aujourd'hui, là, à l'instant T, qu'on va avoir sur les trois segments ?
19:37Alors, dans les Young Timers, toutes les GTI, qu'elles soient allemandes ou françaises,
19:42c'est vraiment ce qui est demandé le plus.
19:45Alors, moi, je ne fais pas les Young Timers.
19:47Je laisse ça à d'autres qui le font très bien.
19:49Moi, je suis plus dans le milieu.
19:52Et si je devais donner un conseil comme ça, rapide, ce qui est toujours très demandé,
19:57c'est la Porsche Turbo.
19:59La Porsche Turbo, elle a fait rêver des générations.
20:01Même si aujourd'hui, elles sont toutes Turbo, les Porsche modernes.
20:04Mais les fameuses Porsche Turbo avec le bloc MS-Gare,
20:09celle qui est indestructible et surtout très puissante,
20:13c'est toujours un très bon investissement.
20:15Même si aujourd'hui, les prix ont quand même pas mal flambé.
20:18Dans ce cœur, enfin, dans ce milieu de marché,
20:20on va dire ce milieu de segment plutôt,
20:22on a aussi toutes les Porsche des années 90,
20:27ce qu'on appelle la 900-1964,
20:30qui est vraiment la Porsche à son origine.
20:32Il y a encore une petite carrosserie.
20:36Les Porsche aujourd'hui, elles ont une inflation de leur taille.
20:42Alors qu'une 911, à la base, c'est une petite voiture.
20:44Donc la 964, comme on dit, est devenue un peu le symbole de la Porsche.
20:50C'était encore une voiture qui était en dessous des 30 000 il y a 10 ans.
20:55Et maintenant, on commence à atteindre les 100 000 euros sur les modèles peu kilométrés.
21:00Donc là, on voit en 10 ans comment l'évolution du prix a évolué.
21:05Donc ça, c'est devenu maintenant un must-buy, comme on dit.
21:09Et ça, ce sont les voitures que tout le monde aime.
21:12Oui.
21:13La voiture ringarde aujourd'hui, qui sera dans 10 ans iconique.
21:20C'est quoi ?
21:21Je n'ai pas de boule de cristal.
21:23Parce qu'on le voit surtout sur les Young Timers.
21:28Une Fuego, par exemple,
21:30c'est une voiture qui a été beaucoup décriée,
21:33mais qui reste iconique à beaucoup d'égards.
21:35Et rien ne dit que dans 10 ans, ce ne soit pas la classique qu'il faut avoir absolument.
21:44Allez, une 928 de chez Porsche, aujourd'hui.
21:51Alors, la 928, c'est une voiture qui a toujours été voiture de l'année.
22:00Quand on dit voiture de l'année, on pense plus à une Citroën, à une Renault.
22:04Mais je crois que c'est en 1981, elle a été voiture de l'année, la 928.
22:06Parce qu'elle a amené beaucoup d'avancées technologiques et des performances de dingue.
22:11Mais elle n'a pas eu un grand succès commercial.
22:13Elle était censée remplacer la 911 qui devait disparaître.
22:16Et pour sauver Porsche, en fait, ils ont décidé de remettre la 911 sur le marché,
22:23qui était d'une architecture extrêmement ancienne.
22:28Donc la 928, oui, ça reste quand même quelque chose avec du potentiel.
22:33Mais ce ne sera jamais comme la 911.
22:35La 911 va rester quand même un bon investissement.
22:40C'est un peu comme la Rolex GMT.
22:41Donc c'est abordable encore.
22:44Et c'est un véhicule qui est iconique, qui a fait rêver des générations.
22:49Pas qu'une génération, mais plusieurs générations.
22:52Parce que du coup, iconique, ce n'est pas forcément succès commercial.
22:55Vous pouvez justement vous baser sur le fait que c'était un marqueur en termes de technologie ou d'avancée.
23:01Après, a posteriori, on va se rendre compte.
23:04Oui, alors moi, je pense qu'il y a iconique, malgré tout, il faut quand même, quand on dit iconique,
23:08ça représente une génération, ça représente un milieu.
23:13Et la 911, ça l'a été depuis les années 60, parce que les premières, c'est 63, je crois.
23:20Et elles sont encore fabriquées aujourd'hui.
23:22Parce que c'est vraiment un marqueur.
23:25Quand on dit 911, c'est devenu vraiment une marque.
23:27On ne parle plus de Porsche, on parle de 911.
23:30Après, il y a d'autres qui deviennent un peu plus comme la Fuego.
23:36On peut prendre d'autres exemples.
23:37Oui, oui, l'AMI 8, c'est quand même pas une très jolie voiture.
23:42Désolé pour ceux qui aiment les AMI 8.
23:44Mais qui maintenant se vend aussi à des prix fous.
23:49Donc, il faut surtout les aimer quand on les achète.
23:51Oui, moi, je ne pense plus trop.
23:54C'est toujours la règle.
23:55La passion, ce n'est pas la raison, on le dit bien.
23:58C'est un peu mon problème aujourd'hui.
24:01Disons qu'il faut que, quand on gère une activité, il faut être pragmatique.
24:06Le pragmatisme et la passion, ce n'est pas spécialement compatible.
24:10C'est pour ça que les enchères, souvent, s'emballent.
24:12Parce que je pense qu'il y a déjà de l'ego, parce que les gens veulent gagner la voiture.
24:16Et puis, il y a la passion, je la veux, je la veux, je la veux.
24:17Et je suis prêt à payer.
24:19Ce n'est pas le meilleur moyen, je pense, les enchères, d'acheter une voiture à bon prix.
24:22Parce que, justement, il y a cette compétition qui fait qu'à la fin, on est capable d'acheter une
24:25voiture deux fois son prix réel de marché.
24:29Oui, on va terminer là-dessus.
24:30Merci beaucoup à tous les deux de nous avoir présenté le marché des voitures de collection.
24:34Merci d'avoir été avec nous.
24:36Et tout de suite, on passe à Bouche B.
24:42Tout de suite, on rejoint Béatrice Constant, qui va nous faire goûter le meilleur de la cuisine asiatique pour célébrer
24:47le nouvel an chinois.
24:49C'est parti, c'est Bouche B.
24:50En février, on célèbre le nouvel an chinois, l'occasion rêvée pour cette année du cheval de feu de découvrir
24:56l'adresse du chef Samuel Li, qui s'appelle Sensation.
25:00Samuel Li, on l'a connu à la tête des cuisines du Shangri-La, où il avait une étoile, des
25:05aromées.
25:05Il a son propre restaurant, où il a développé une cuisine traditionnelle chinoise, légèrement modernisée, complètement au goût du jour,
25:14qui est excellente.
25:15Et on va particulièrement découvrir le canard laqué, qui est une recette toujours un peu mythique de la cuisine chinoise.
25:22Alors, c'est un canard laqué pas comme les autres.
25:24Je vous invite à découvrir ça.
25:26So, thank you very much for receiving us here.
25:30You spent many years in the Palace Kitchen at Shangri-La.
25:33Why did you decide to open your own restaurant?
25:37Because we would like to create a nice environment, a French touch, like you see in here.
25:46Also, we have a Chinese element, we can buy together.
25:51Let more people can discover a nice Chinese cuisine in Paris.
25:57Yeah, this is what we would like to present to the client.
26:02Actually, for my cuisine, it's keep authentic tradition and cooking technique.
26:11But we will consider the nice French product to come by together.
26:16But when you eat, you will finalise.
26:21It's a real Chinese cuisine.
26:24Something you will use to have, like cheese, like oyster.
26:30So, make the client is more easy to understand what I would like to present.
26:39In some days, it's going to be Chinese New Year.
26:43What are the main qualities of the Year of the Horse?
26:47Well, actually, some dishes we will have linked with horse, but in the Chinese, like the water
26:57transplant, we will call Ma Tai, like horse feet.
27:03Oh, yes.
27:04Yes.
27:06And you're going to have a menu, a special menu for the Chinese New Year during how many
27:12days approximately?
27:14Only one week.
27:15Oh.
27:15And starting when?
27:17Starting in the first of the Chinese New Year.
27:20Okay.
27:20Amazing.
27:22And what are the main dishes that we're going to see on the menu?
27:27Of course.
27:28Always the duck?
27:29Of course the duck.
27:31Yeah.
27:31This one is many people looking for.
27:34Yeah.
27:34Yeah.
27:34I know that a lot of people are coming here, not during the Chinese New Year, but every day
27:42of your, since the opening of the restaurant, for the roast duck.
27:47Yeah.
27:47Can you explain to us why it is not a classical roast duck, why it is not Cantonese, why it
27:54is not from Beijing?
27:58Because we would like to create the duck is delicious and also have a story behind.
28:05I used the Cantonese technique combined with the Beijing technique to create the duck.
28:12because the Beijing duck origin is used, the duck is like the cherry duck is more fatty.
28:20So we choose the duck is different, more slim, like the roast duck in Cantonese.
28:27So we are marinated and then roast before the surface, we will cook again with the hot oil,
28:35to make the skin is super crispy.
28:38So that's why it cannot call it, it's Beijing duck.
28:42Yeah.
28:42And on the menu, it is written.
28:45I'm not Beijing duck.
28:47I'm not, I'm not Beijing duck.
28:49Yeah.
28:49And how it is served?
28:51It's served in two different ways.
28:53One with the crepe and one with…
28:56And one with the…
28:56In the wonton soup.
28:58Okay.
28:58We use the wonton soup to represent the duck bones.
29:03We make the very clear block to make the wonton inside.
29:09And you have the duck with the crepes and some cucumber, right?
29:15Yes, cucumber and leek.
29:16And leek and the brown sauce.
29:18Actually the brown sauce, we have green sauce inside, have hoisin sauce, have sesame sauce,
29:27have sugar mixed together.
29:31We have our own recipe.
29:33What?
29:34If we have to wish you something for this upcoming new year, what's going to be?
29:42Maybe one Michelin star as you used to have at Shangri-La, but in your own place?
29:50Yeah.
29:50Yeah?
29:51Of course.
29:52We hope we will put more effort.
29:56Yeah.
29:56Great.
29:57So…
29:58It's good.
29:59And…
30:00Enjoying to cook in your…
30:01Of course, yeah.
30:02In your home.
30:03Yeah.
30:04Of course.
30:04We are really enjoying opening this restaurant to welcome all the clients coming
30:12because in 11 hours this morning.
30:15In here we feel it's very active for the wine bar, for the restaurant.
30:23So the clients coming here, they are very happy.
30:26because they have more choice for the Chinese cuisine in here.
30:29Thank you so much for having us.
30:31And I wish you all the best for the new year.
30:35Okay, thank you so much.
30:36Thank you for coming.
30:37Looking forward, you come again.
31:07Thank you.
31:08And today's day of the river, the chapelle of the Sorbonne,
31:11the chapelle of the Sorbonne, the chapelle of the Sorbonne,
31:11which is part of this event in January 2025,
31:14along with the peninsula of Noto, Japan,
31:16or in the reservoirs of the Eau of the Medina of Tunis for no citer qu'eux.
31:21I have the pleasure to have you at the heart of this chapelle in course of restauration,
31:26pour des interviews exclusives avec toutes les parties prenantes du projet.
31:30Nous allons essayer de comprendre comment un projet comme celui-ci est mené
31:34alors que la sélection des projets pour 2027, elle, est ouverte.
31:37C'est parti, suivez-moi.
31:38Merci beaucoup à toutes les deux de vous être rendues disponibles pour cette interview assez exceptionnelle.
31:44Mathilde Auger, vous êtes directrice exécutive du World Monuments Fund en France.
31:48Donc on va expliquer ce que c'est, ses missions, etc.
31:50Et Véronique Milande, vous êtes conservatrice en chef du patrimoine,
31:54responsable de la conservation des œuvres d'art religieuses et civiles de la ville de Paris.
31:59Merci beaucoup d'être avec nous.
32:00Je me tourne vers vous Véronique Milande parce que forcément on se demande où nous nous trouvons.
32:05Est-ce que tout d'abord vous pouvez nous expliquer assez rapidement l'histoire de ce lieu ?
32:09En quoi est-ce que c'est un lieu exceptionnel qui a mérité tous ces échafaudages,
32:17tout ce temps de travaux de restauration qui a lieu en ce moment même ?
32:20Oui, nous sommes à la fois dans un lieu hautement symbolique et totalement artistique et magnifique.
32:26Nous sommes dans la chapelle Saint-Ursule, la chapelle de la Sorbonne,
32:31qui évidemment symbolise le savoir en France, l'enseignement depuis le Moyen-Âge.
32:39Cette chapelle a été reconstruite au XVIIe siècle sur la demande du cardinal de Richelieu,
32:45qui a fait ses études au Collège de la Sorbonne, qui en a été le proviseur
32:49et qui a reconstruit sur ses deniers personnels le Collège de la Sorbonne, y compris cette chapelle.
32:57Et c'est un haut lieu parce qu'il s'est adressé à un des meilleurs architectes français du XVIIe
33:02siècle,
33:02Jacques Lemercier, que l'on connaît aussi pour ses travaux au Louvre, au Val-de-Grâce,
33:08au château de Richelieu, dans divers édifices très prestigieux,
33:12et qu'ensuite, pour les décors intérieurs, il s'est adressé aussi à un des peintres les plus célèbres du
33:17XVIIe siècle,
33:18Philippe de Champagne.
33:20Donc c'est à la fois, voilà, ça rassemble absolument tous ces points.
33:25On parle de chapelle, mais est-ce que, justement, au cours de l'histoire,
33:29comment est-ce qu'a évolué le lieu ? Est-ce que c'est toujours consacré ?
33:33Est-ce qu'on célèbre encore des messes ici ? On est quand même à la Sorbonne.
33:37Comment cette histoire a évolué à ce niveau-là ?
33:39Alors, le Collège de la Sorbonne, on y enseignait, évidemment, la théologie,
33:43il était tout à fait normal qu'il y ait une chapelle.
33:46De plus, la volonté de Richelieu, qui aimait tellement ce lieu,
33:50ça a été non seulement d'en faire la chapelle de l'université,
33:52mais son lieu de sépulture.
33:54Il y a ici le tombeau du cardinal de Richelieu,
33:57qui a été réalisé après sa mort par un des grands sculpteurs du temps de Louis XIV,
34:04François Girardon.
34:05Donc cette chapelle, c'est pour ça qu'elle est conçue,
34:07pour s'ouvrir à la fois sur la ville,
34:09et avec également une ouverture dans la cour de l'université elle-même.
34:16Et donc, voilà, c'est un point très important.
34:20Elle a été chapelle de la famille Richelieu jusqu'à l'extinction de la branche des Richelieu.
34:26Aujourd'hui, évidemment, on ne célèbre plus de culte dans le cadre de la loi sur la laïcité dans les
34:32universités.
34:33Mais, voilà, elle continue à s'appeler chapelle de la Sorbonne,
34:37et va trouver différents usages après sa restauration.
34:41Mathilde Logie, je le disais en introduction,
34:44la chapelle est désormais dans cette watch list réalisée par le World Monuments Fund.
34:50Est-ce que vous pouvez nous rappeler l'émission du World Monuments Fund ?
34:54Et qu'est-ce que cette watch list ?
34:55Bien sûr.
34:56Alors, le World Monuments Fund, c'est une des principales ONG dans le monde consacrée à la protection du patrimoine.
35:02On a un siège à New York, des bureaux un peu partout dans le monde,
35:05et on travaille là aussi un peu partout.
35:07On a des projets actifs aujourd'hui dans une trentaine de pays environ.
35:12Et la World Monuments Watch, c'est vraiment le principal programme du World Monuments Fund.
35:17C'est un appel à candidature qu'on lance tous les deux ans.
35:20Tout le monde peut candidater pour nominer des sites exceptionnels
35:24qu'on va accompagner, soutenir à travers le monde.
35:28Depuis le lancement 1996, on a accompagné plus de 900 sites
35:32qui ont été inclus sur la World Monuments Watch.
35:35Et aujourd'hui, l'appel à candidature est ouvert jusqu'au 20 mars.
35:39Et la chapelle de la Sorbonne, ici, c'est un dossier qui a été présenté par la Ville de Paris
35:44en partenariat avec la chancellerie des universités
35:47et qui a été incluse dans la World Monuments Watch 2025.
35:51Comment est-ce qu'on mesure l'urgence patrimoniale ?
35:53Parce que c'est tous les deux ans, 25 sites, c'est quand même assez peu.
35:57Ce sont les sites les plus, j'imagine, en urgence patrimoniale.
36:01Comment est-ce que ça a été évalué, par exemple, pour un lieu comme celui-ci ?
36:04Alors, le premier point, c'est qu'effectivement, la compétition est très, très rude.
36:07On ne sélectionne que 25 sites et on a beaucoup de candidatures.
36:11On a trois critères principaux.
36:13Le premier, c'est vraiment l'importance d'un site.
36:15On ne travaille que sur des sites exceptionnels
36:17par leur qualité artistique, historique, symbolique.
36:20Le deuxième, c'est l'importance du projet.
36:22Effectivement, est-ce que c'est un projet urgent ?
36:24Est-ce que c'est un projet qui aura un impact sur la vie des gens ?
36:27Est-ce que c'est un projet qui peut avoir un impact au-delà du site lui-même ?
36:31Le troisième critère, c'est la faisabilité du projet.
36:35Il y en a beaucoup qui, pour des raisons très, très variées dans le monde, ne sont pas possibles.
36:40Il y a un élément indispensable, c'est qu'il faut que le site soit ouvert au public
36:43ou bien que ce soit justement l'objet de la candidature, comme c'était le cas ici,
36:47un site fermé à rouvrir au public.
36:49Et après, le processus d'études des candidatures est long.
36:53Précisément, l'appel à candidature est ouvert jusqu'au 20 mars pour la Watch 2027.
36:57Il y a des études internes des équipes du WMF, nos experts.
37:01On s'appuie sur des experts externes également.
37:04On a en France, par exemple, un comité scientifique présidé par Stéphane Bern
37:08qui étudie l'ensemble des candidatures liées à la France.
37:12Ils ont un bon dossier à étudier en général.
37:15Et enfin, c'est un jury indépendant qui fait la sélection finale des 25 sites.
37:19Véronique Milan, qu'est-ce qui était en urgence, on va dire, dans ce lieu ?
37:25Pourquoi est-ce que, justement, ce lieu a été sélectionné dans cette watchlist ?
37:30Est-ce qu'il y a des points d'attention de restauration urgents ?
37:34Alors, le but de cette restauration, c'était vraiment de pouvoir réouvrir ce lieu
37:39qui a été par le passé aussi un lieu d'exposition temporaire
37:42et de le rendre à la fois au public et aux étudiants de la Sorbonne
37:47et aux enseignants de la Sorbonne pour en faire un lieu divers,
37:51mais toujours lié à la culture, au savoir,
37:55dans ses dimensions les plus nobles et les plus internationales.
37:59Donc, pour cela, il fallait en effet le restaurer.
38:04Le site, alors on ne va pas retracer toute l'histoire de ce qu'il a subi
38:07comme tous les édifices au cours des révolutions, guerres, etc.
38:11Mais disons que ce site avait beaucoup souffert de la tempête de 1999
38:16qui a conduit à restaurer l'extérieur du bâtiment.
38:20Ça s'est terminé dans les années 2010
38:22et a donc renforcé et restauré l'extérieur du bâtiment.
38:28Maintenant, il restait la partie intérieure à restaurer.
38:32Qui, elle, était fermée du coup ?
38:33Voilà, et du coup, c'était fermé au public
38:36tant que ses travaux de restauration n'étaient pas conduits.
38:39Donc, voilà, nous avons commencé par restaurer les décors,
38:44mais il y a aussi l'épargne intérieur,
38:48d'autres parties qui seront prises en charge
38:50par un architecte du patrimoine
38:52pour rendre le lieu vraiment utilisable et ouvert à tous.
38:57Comment est-ce que vous travaillez ?
38:59J'imagine que le World Monuments Fund
39:01s'engage aussi dans toute cette campagne de restauration autour du lieu.
39:05Comment ça s'organise, une campagne de restauration ?
39:08C'est sur plusieurs années ? Comment ça se passe ?
39:10Alors, le temps du patrimoine est souvent assez long.
39:13Donc, en général, oui, ça prend longtemps.
39:15Je pense que dans la chapelle de la Sorbonne,
39:16on peut dire plusieurs années.
39:18À partir du moment où un site est sélectionné sur la Watch,
39:21on commence à travailler vraiment en partenariat avec les partenaires.
39:24On n'est jamais propriétaire des sites.
39:26Et on évalue les besoins,
39:29les calendriers qui sont réalistes
39:31et les besoins en financement qui sont associés.
39:34Là, précisément, l'enjeu de cette candidature,
39:37c'était de pouvoir ouvrir la chapelle de la Sorbonne dès que possible.
39:40Donc, on a aussi voulu pouvoir commencer à rendre le bâtiment vivant
39:43en commençant les travaux dès qu'on pouvait.
39:46Donc, c'est pour ça qu'on a commencé dès l'été
39:48avec un geste très symbolique de restauration des portes
39:51de la chapelle de la Sorbonne sur la place.
39:54On peut le voir déjà depuis l'extérieur.
39:57Et ça a aussi permis de pouvoir les rouvrir symboliquement
39:59au moment des journées du patrimoine.
40:01Donc, ça, c'était déjà un moment symbolique très fort
40:04de tout de suite commencer à ouvrir ça.
40:06Après, donc là, c'est un travail vraiment de long terme
40:09où on évalue les besoins de financement
40:12et on commence une campagne de levée de fonds
40:15pour pouvoir soutenir les chantiers.
40:18Là, en l'occurrence, sur la chapelle de la Sorbonne,
40:20on peut s'appuyer sur cette première phase de restauration
40:23qui porte sur les décors et la porte,
40:26sur un certain nombre de partenaires avec qui on travaille
40:28et on continue à chercher.
40:30Mais notamment, le fonds AXA pour le progrès humain
40:33qui est le premier partenaire de la Watch,
40:35le Wilson Trust, Accor qui est notre partenaire
40:38tourisme durable pour la Watch
40:40et d'autres mécènes individuels, un anonyme,
40:43JP Molineux Studio, Dina Kay, Alex Goldé,
40:47Alexis Kugel et Renaud Delesquin.
40:50Parce que pour la campagne de financement,
40:52est-ce que le World Monument Fund a un fonds ?
40:55Comment est-ce que vous participez à ce niveau-là ?
40:58Alors, on a, en fait, on fait des campagnes
41:00de levée de fonds spécifiques par site et par programme.
41:03Donc, on a des partenaires qui nous accompagnent
41:05notamment sur l'ensemble de la Watch,
41:07ce qui permet de, tout de suite, pouvoir accompagner des sites.
41:10Et en plus de ça, on fait des campagnes
41:12de levée de fonds spécifiques.
41:14Donc, on a des partenaires un peu à tous les niveaux,
41:17des individuels, des fondations, des entreprises,
41:19en France et partout dans le monde.
41:21C'est vraiment notre grande force.
41:22C'est que, comme on est cette ONG internationale,
41:25on est capable de travailler partout pour partout.
41:28On revient.
41:30Yéronique Mylande,
41:30comment est-ce que la question du patrimoine
41:33peut être une question contemporaine ?
41:37Parce que c'est vrai que c'est toujours des choses
41:39qui sont pensées sur des siècles et des siècles.
41:42Nous, on arrive à la fin de toute cette histoire.
41:45Est-ce que, voilà, comment est-ce qu'on fait
41:46pour que les étudiants se sentent investis dans ce sujet ?
41:50Est-ce que cette question les touche ?
41:53Comment est-ce qu'on peut rendre cette histoire contemporaine ?
41:57Bien sûr, forcément, le patrimoine touche les étudiants
42:01et plus particulièrement les étudiants de la Sorbonne
42:03qui étudient l'histoire, qui étudient l'histoire de l'art
42:06et l'histoire des arts en général.
42:09Forcément, c'est un lieu de découverte.
42:14Et quand on découvre le talent de si grands artistes,
42:17c'est forcément aussi un lieu d'inspiration.
42:19On a de nombreux exemples de nos jours
42:23d'expositions d'artistes contemporains
42:26dans des lieux historiques.
42:27Et ça permet de voir combien ils arrivent à entrer
42:30en résonance avec les maîtres du passé.
42:33Voilà, c'est le cas de Versailles
42:35qui a exposé récemment Guillaume Bresson.
42:38Guillaume Bresson qui d'ailleurs travaille sur un tableau
42:41pour l'église Saint-Eustache
42:43qui répondrait à un tableau de Simon Vouet,
42:46le grand contemporain artiste le plus célèbre du XVIIe siècle
42:49avec Philippe de Champagne.
42:51Donc, en effet, redonner tout cela,
42:54c'est revivifier en fait l'inspiration
42:58et puis aussi la motivation.
43:00Parce qu'on a toujours besoin des travaux des étudiants
43:03pour faire des recherches,
43:05pour continuer tout ce qu'ont fait nos prédécesseurs.
43:09Parce qu'un chantier de restauration,
43:10ça s'accompagne de toute une recherche.
43:13Évidemment, il y a un côté très matériel,
43:17penser des plans d'échafaudage,
43:18envisager la sécurité.
43:19Mais il y a aussi la compréhension de la matérialité,
43:23de ce qu'on a, de l'état dans lequel elle est,
43:25et de la matière,
43:27et ce qu'on va envisager pour le restaurer
43:30à la fois de manière respectueuse du passé,
43:33de manière réversible,
43:34parce qu'on sait qu'une restauration n'est jamais pérenne.
43:36Donc, il faut que, quand ce sera repris par...
43:40Voilà, plus tard,
43:40ils comprennent ce qu'on a fait, comment on l'a fait,
43:43et comment ils peuvent améliorer ce qu'on a fait.
43:46Et vraiment, notre rôle,
43:48c'est de transmettre ce patrimoine aux générations futures.
43:51Et là, est-ce qu'on a déjà une date de finalisation ?
43:55Comment on se projette ?
43:56Alors, je pense que c'est un peu trop tôt pour donner une date,
43:59une date, mais dès que possible.
44:03Tout est mis en oeuvre.
44:04Voilà, on avance autant qu'on peut.
44:07Vous qui avez une question peut-être un petit peu parallèle,
44:10vous qui avez une vision, un regard très international,
44:14je me demandais justement,
44:15à l'échelle du patrimoine mondial,
44:17comment est-ce qu'on se situe ?
44:19C'est-à-dire qu'on a entendu beaucoup
44:22des histoires terribles liées à des guerres,
44:25des histoires géopolitiques,
44:26des situations géopolitiques très graves.
44:29Est-ce que le patrimoine, dans ces cas-là,
44:31est aujourd'hui le patrimoine mondial ?
44:33Quel est l'état des lieux ?
44:34Alors, c'est aussi l'intérêt de ce programme de la Watch,
44:37c'est que tous les deux ans,
44:38on reçoit les demandes des gestionnaires de sites,
44:40des amoureux du patrimoine,
44:41et ils nous font part de leurs préoccupations premières,
44:44quand ils nous demandent de l'aide.
44:46Donc, ça nous permet de faire une sorte d'état des lieux du patrimoine.
44:48Je ne voudrais pas être pessimiste,
44:50parce qu'il y a quand même des grands chantiers aussi de restauration
44:52qui sont mis en œuvre un peu partout dans le monde,
44:55et on voit qu'il y a beaucoup d'endroits
44:57où on commence à mieux saisir l'importance du patrimoine
45:01dans la vie des gens.
45:02Le revers de la médaille, c'est exactement ça,
45:04c'est que le patrimoine est aussi pris.
45:06On le voit dans les derniers conflits,
45:08directement pour cible,
45:09puisqu'on mesure son importance symbolique.
45:12Donc, on a des grands chantiers comme ça,
45:13par exemple à Mossoul,
45:14qui permettent de redonner un peu d'espoir.
45:16Là, c'est un site qui a été très, très endommagé
45:21par Daesh en 2016.
45:23Et on restaure le bâtiment lui-même du musée
45:27avec le soutien d'Alif.
45:28Et là, c'est quelque chose qui va ouvrir,
45:31pour le coup, assez prochainement.
45:33Donc, il y a des choses qui s'améliorent.
45:35Après, les besoins de patrimoine sont absolument immenses.
45:39On inclut aussi là-dedans le patrimoine moderne
45:41qui commence à une architecture contemporaine
45:43aussi à avoir besoin de restauration.
45:46Il y a des nouveaux défis.
45:47Il y a un tourisme de masse qui abîme des sites,
45:49le réchauffement climatique.
45:51Mais il n'y a pas que la situation géopolitique, en fait,
45:53qui abîme le patrimoine.
45:54Non, non.
45:55En fait, tout abîme le patrimoine.
45:57Et en même temps, le temps, tout simplement.
46:00Mais dès qu'on aide les gens à s'occuper de leurs sites,
46:02en général, il y a vraiment une volonté de le faire.
46:05Donc, je voudrais quand même finir sur une note un peu optimiste.
46:09Je ne pense pas que ce soit en déclin.
46:11En revanche, il y a des besoins qui sont vraiment immenses.
46:13Et il y a un travail qui est colossal.
46:16Et malgré toute cette situation-là,
46:18il y a toujours des gens, en tout cas, qui sont alertés
46:20et qui vont vous communiquer une urgence patrimoniale.
46:24C'est ça qui est intéressant aussi.
46:26Nous, c'est complètement fascinant.
46:27On reçoit tout le temps, tout le temps des candidatures.
46:29Mais on étudie vraiment les dossiers
46:31au moment des campagnes de candidature de la Watch.
46:34Et on note la passion des gens pour leur patrimoine,
46:38leur volonté de le soutenir.
46:40Donc, c'est un programme qui est vraiment intéressant
46:42pour soutenir les sites,
46:44mais aussi pour cet état des lieux du patrimoine mondial
46:46qu'il nous permet d'avoir.
46:48Merci beaucoup à toutes les deux.
46:50Mathilde Auger, vous êtes directrice exécutive
46:51du World Monuments Fund en France.
46:53Véronique Milande, conservatrice en chef du patrimoine,
46:56responsable de la conservation des œuvres d'art religieuse et civile
46:58de la ville de Paris.
47:00Merci pour cet échange.
47:01Et tout de suite, nous allons retrouver Julie Benetti,
47:04qui est rectrice de la région Académie Île-de-France,
47:06pour qu'elle nous apporte son regard sur tout ce projet
47:10au niveau de la chapelle de la Sorbonne.
47:12Julie Benetti, bonjour.
47:13Merci beaucoup d'être avec nous.
47:14Bonjour.
47:15Vous êtes rectrice de la région Académie Île-de-France,
47:18rectrice de l'Académie de Paris,
47:19chancelière des universités de Paris et d'Île-de-France.
47:23On se trouve dans un lieu exceptionnel,
47:26la chapelle de la Sorbonne.
47:28Est-ce que tout d'abord, vous pouvez nous raconter
47:29comment est né ce projet de soumettre la restauration de la Sorbonne
47:34au World Monuments Fund pour commencer ce projet de restauration ?
47:39C'est un projet qui a été lancé il y a quelques années
47:42et je m'inscris ici pleinement dans la continuité de mes prédécesseurs,
47:47le recteur Christophe Quérirault, le recteur Bernard Bénier,
47:51qui était très impliqué dans ce projet de restauration de la chapelle de la Sorbonne.
47:55Et donc nous avons la chance aujourd'hui que ce partenariat existe désormais,
48:00que les travaux de restauration aient été engagés
48:03et que donc nous sachions que nous allons pouvoir faire aboutir ce magnifique projet.
48:08Quel est le rôle du recteurat et de la chancellerie dans tout ce projet ?
48:11Alors en réalité, la chancellerie des universités est un partenaire de ce projet
48:17que nous accompagnons, dans lequel nous sommes très investis, très impliqués.
48:21Nous avons réuni tout récemment en Sorbonne le comité stratégique
48:25qui associe justement l'ensemble des partenaires du projet
48:29et tout particulièrement la ville de Paris et le WMF,
48:32de manière à ce que nous puissions déjà réfléchir aux projets culturels, scientifiques,
48:38aux programmations qui pourront être accueillies lorsque ces travaux de restauration seront terminés.
48:43Oui justement, est-ce que vous savez à quel point la question du patrimoine
48:47touche les étudiants et peut-être encore plus largement les personnes qui gravitent autour de la Sorbonne ?
48:55C'est une université qui touche des questions quand même très liées au patrimoine,
48:59mais à quel point ils se sentent investis dans ce projet ?
49:02Alors ce qui est très frappant, c'est que cette chapelle de la Sorbonne,
49:07elle a été très longtemps fermée au public depuis en réalité un peu plus de 20 ans maintenant
49:13et que lorsque nous avons pu rouvrir les portes de la chapelle,
49:18d'abord à l'occasion de la nuit blanche qui s'est tenue au mois de juin dernier
49:20et plus récemment lors des journées européennes du patrimoine,
49:24ce que nous avons pu noter collectivement, c'est le très grand intérêt,
49:28la très forte curiosité de nos parisiens, au-delà d'étrangers, toute génération confondue,
49:39de nos étudiants et même anciens étudiants pour découvrir ou redécouvrir ce site.
49:45Il faut savoir qu'à l'occasion des journées européennes du patrimoine,
49:48nous avons battu cette année un record de fréquentation du site Sorbonne
49:52avec 15 000 visiteurs en deux jours et avec, pour clou de la visite, je puis dire,
49:58la découverte de cette chapelle de la Sorbonne avec la restauration,
50:02des portes qui sont juste face à nous,
50:04si bien que pour ces journées européennes du patrimoine,
50:07cette chapelle pouvait être vue depuis l'extérieur,
50:12à la fois depuis la cour d'honneur de la Sorbonne,
50:15mais également depuis la place de la Sorbonne.
50:17Et c'est pour moi très symbolique du rôle de la chapelle ici, en Sorbonne,
50:24c'est qu'elle était à la fois ouverte vers l'université,
50:27vers la communauté universitaire, la communauté des enseignants-chercheurs,
50:31des personnels administratifs, des étudiants bien sûr,
50:34mais également vers la ville.
50:36Oui, donc c'était 15 000 personnes, c'est extrêmement nombreux,
50:40ça a vraiment attisé la curiosité, j'imagine,
50:42parce que c'était fermé pendant tant de temps.
50:44Absolument.
50:45Comment est-ce que vous pouvez organiser,
50:48peut-être avec les étudiants aussi,
50:51peut-être une médiation future ?
50:53Comment est-ce que ça va être organisé dans l'avenir ?
50:56Tout à fait.
50:57Alors il est prévu que dans le cadre de la construction
50:59de ce projet culturel et scientifique,
51:02bien évidemment, nous puissions associer
51:05la communauté universitaire,
51:07qui du reste, vous le savez,
51:09est représentée au Conseil d'administration
51:12de la chancellerie des universités de Paris et d'Île-de-France.
51:16Et bien évidemment, nous réfléchissons à la façon
51:20de faire en sorte, en réalité,
51:22que nos étudiants, notre communauté universitaire,
51:26s'approprient ou se réapproprient ce lieu.
51:28S'approprient pour ceux qui n'ont jamais eu la chance,
51:31en réalité, de le connaître.
51:33S'approprient pour ceux qui, 25 ans en arrière,
51:36avaient eu la chance de fréquenter ce site.
51:40Mais en tout cas de cause, c'est très important pour nous
51:42que la chapelle de la Sorbonne soit en réalité
51:46le lieu de cette réappropriation
51:49par la communauté étudiante et universitaire.
51:52D'autant qu'il y a cette chapelle,
51:53mais il y a aussi, et je vous invite également
51:56à la faire découvrir à vos téléspectateurs,
51:59la crypte des résistants,
52:01et qui est, pour moi, le symbole essentiel
52:05de cette résistance conduite
52:09par de très jeunes gens, étudiants ou jeunes professeurs.
52:13Et il est fondamental, je crois,
52:15que nous puissions ouvrir davantage ce lieu.
52:18Donc là, on est dans un lieu d'histoire.
52:20Comment est-ce qu'on peut,
52:21vous avez donné un peu de clés,
52:22mais comment est-ce qu'on peut permettre à ce lieu
52:24d'être un lieu aussi de l'histoire contemporaine,
52:28de la contemporanéité des étudiants,
52:31des gens qui vont passer tous les jours devant les portes ?
52:34Eh bien, à l'occasion de visites guidées
52:37que nous organisons d'ores et déjà en Sorbonne
52:40et qui sont évidemment gratuites pour nos étudiants,
52:42à l'occasion d'un certain nombre de conférences
52:45ou bien encore de projets culturels ou scientifiques
52:50et qui seront évidemment conduits en lien étroit
52:52avec nos universités.
52:55C'est précisément ce projet qui est en cours,
52:58de construction, en cours de définition.
53:01Et bien évidemment, comme chancelière des universités,
53:05je souhaite que l'université et à travers l'université,
53:08l'ensemble de la communauté universitaire
53:10puissent y être complètement associées.
53:12Comment, d'une question plus large,
53:14comment se porte le patrimoine des universités ?
53:18Parce qu'on parle de cette chapelle,
53:21mais je pense qu'il y a aussi énormément d'universités
53:23sur les territoires français qui ont un riche patrimoine,
53:26d'un patrimoine historique.
53:28Est-ce qu'on sait justement s'il y a besoin
53:30de beaucoup de restauration,
53:31si c'est très intégré dans la vie étudiante ?
53:34Est-ce que vous avez un regard là-dessus ?
53:36Alors ici, c'est un site tout à fait unique et exceptionnel.
53:41Nous avons évidemment la chance de disposer en Sorbonne
53:45avec également, je dirais, toutes les suggestions
53:48et responsabilités également que cela incombe pour nous.
53:53Mais bien évidemment, les enjeux de patrimoine universitaire
53:57dépassent le seul site Sorbonne,
54:01avec des situations très différentes d'une université à une autre
54:06et toujours en lien, cela va de soi, avec les rectorats.
54:09Merci beaucoup Madame la rectrice.
54:11Julie Bénetti, je rappelle que vous êtes rectrice
54:12de la région Académie Île-de-France,
54:15rectrice de l'Académie de Paris,
54:16chancelière des universités de Paris et d'Île-de-France.
54:19Et merci à vous toutes et tous de nous avoir suivis.
54:22On était donc dans cet épisode exceptionnel
54:24au sein de la chapelle de la Sorbonne.
54:27Expérience, c'est déjà fini.
54:29L'émission qui vous fait vivre la culture autrement.
54:31Merci à nos chroniqueurs, interviewers,
54:34reporters pour cette aventure collective.
54:37Merci à vous toutes et tous de nous avoir suivis.
54:39Au mois prochain.
Commentaires

Recommandations