- il y a 9 heures
Ce jeudi 22 janvier, Alexandre Baradez, chef analyste chez IG, et Charles de Boissezon, responsable mondial de la stratégie actions de Société Générale CIB, ont échangé leur point de vue sur la réaction des marchés plutôt positive après le revirement de Donald Trump, qui finalement ne menace plus les pays de l'OTAN s'il n'obtient pas le Groenland, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:01Deux acteurs de marché pour débriefer un petit peu l'actualité qui est une nouvelle fois très riche avec Donald Trump.
00:06Avec ce matin en plateau Alexandre Baradez qui est chef analyste d'IG.
00:09Bonjour Alexandre, vous êtes en compagnie de Charles de Boison qui est responsable mondial de la stratégie action chez Société Générale CIB.
00:15Bonjour Charles de Boison, merci de vous accompagner également ce matin.
00:19Un gros revirement donc hier soir de Donald Trump qui finalement ne menace plus les pays de l'OTAN s'il n'obtient pas le Groenland
00:26et puis surtout Groenland qu'il n'obtiendra pas par la force, c'est ce qu'il a dit hier depuis Davos.
00:32Bon, quelle est la réaction de marché plutôt positive ?
00:35Aujourd'hui Alexandre, on a vu l'Asie bien performer ce matin, on a d'ailleurs l'indice Kospi qui a touché un nouveau record.
00:41On est désormais sur une performance de 19% depuis le début de l'année.
00:44Le Japon a gagné 1,7% quand les grands indices ce matin en Europe, que ce soit le DAX, l'Eurostox ou encore le CAC 40, gagnent un peu plus d'1%.
00:51Une nouvelle fois, les indices se font baloter au gré des déclarations de Donald Trump.
00:56Oui, c'est le mot parce que c'est même un responsable danois qui l'a exprimé ainsi en disant que la journée d'hier c'était mieux terminé qu'elle n'avait commencé.
01:02C'est-à-dire que le matin vous aviez un son de cloche toujours très négatif, la veille vous aviez même des mises en garde à des menaces presque de Scott Bessin
01:09qui invitait les Européens à ne surtout pas réagir et les invitant à respirer un bon coup et de se détendre pour reprendre ces termes.
01:16Et puis le soir, de manière surprenante, Donald Trump sur son réseau annonce une forme d'accord tout en sachant que derrière, quand on creuse un peu dans les détails,
01:24la discussion ne s'est même pas faite directement avec le Danemark.
01:26Apparemment, c'est entre responsables de l'OTAN qu'une forme d'accord a été trouvée.
01:31Tout le monde a appelé, le vice-chancelier allemand a appelé à ne prendre l'information comme elle était mais pour autant ne pas non plus s'enthousiasmer trop fortement.
01:38Le Danemark a expliqué qu'il considérait que les vérités d'acquisition du Groenland par les Etats-Unis n'avaient pas disparu pour autant.
01:45Donc voilà, on voit des réactions de marché qui, effectivement, vous l'avez dit, c'est le mot, se font balader.
01:48Après, il y a des signaux sur les taux par exemple.
01:50Ça, c'est quand même le marché probablement le plus important qu'on a suivi dans cette phase-là où le 10 ans américain était venu chercher les 4,30%, plus haut de 4 mois.
01:58On est ce matin à 4,23, 4,24, donc ça se détend un petit peu sur les taux.
02:02On voit que le dollar retrouve quelques couleurs également, puis les marchés actions.
02:05La question que je me pose, et je vais juste terminer là-dessus, c'est est-ce que le marché peut repartir comme si rien ne s'était passé ?
02:12C'est quand même une question à se poser parce que là, on ne parle plus du Venezuela, ce n'est pas l'Iran.
02:19Ce qui s'est passé, c'est quand même un coup de canif dans la confiance.
02:22Il y en a eu d'autres auparavant, mais celui-ci était quand même particulièrement violent.
02:25Et on a l'impression que le marché peut d'un seul coup repartir sur des bases totalement neutres,
02:30considérant que cet épisode finalement n'était pas si important que ça.
02:33On n'a qu'à vue à Davos, le secrétaire au commerce américain, se faire, pas huer,
02:38mais il y a eu quelques mécontentements clairement affichés.
02:40Christine Lagarde avait d'avoir quitté la soirée, le dîner.
02:45Donc voilà, on a quand même cette impression que même entre les chefs d'entreprises européens et les Etats-Unis,
02:49il y a quand même une forme de méfiance qui s'installe.
02:51Donc moi, je note que le marché rebondit.
02:54Est-ce que je suis confiant qu'on va aller chercher des records sur les indices américains
02:57et faire comme si rien ne s'était passé ?
03:00Ce n'est pas mon sentiment.
03:01Et puis il y a de plus d'autres sujets après,
03:02domestiques, sur les cartes de crédit, les banques, etc.
03:04Les résultats d'entreprises qu'on va surveiller.
03:05Donc je reste assez neutre pour l'instant en termes de sentiments.
03:08Raphaël Lejean vous proposera une émission spéciale Davos,
03:11dans les experts, dans une vingtaine de minutes,
03:13à partir de 10 heures, pour revenir un petit peu sur les tenants
03:15et les aboutitions de ces tensions géopolitiques.
03:18En tout cas, ce qui est intéressant de voir aujourd'hui, Charles de Boison,
03:21c'est que le marché ne panique pas, il prend du recul.
03:25On n'est pas du tout dans le même scénario qu'en avril dernier.
03:29Oui, il est certain que l'incertitude est la nouvelle certitude.
03:33Ce qu'on peut néanmoins noter, c'est ce que fait le marché de la volatilité.
03:38Lorsqu'on regarde quelque part, tout le monde regarde le VIX,
03:42mais il est un peu intéressant de regarder toute la courbe de volatilité.
03:44Ce qu'on constate, c'est qu'on a eu plutôt un marché
03:46qui était à la fois haussier, mais avec de la volatilité qui grimpait.
03:49Alors qu'en général, on a une relation inverse entre les deux.
03:53Et puis surtout, sur des maturités un petit peu plus longues.
03:55Pourquoi je dis ça ?
03:56Ça veut dire que, quelque part, les investisseurs restent un petit peu longs le marché,
04:02mais se disent, je ne suis pas hyper confortable avec ce qui se passe,
04:05avec cette incertitude-là.
04:06Donc, il y a un mélange de la crainte de ne pas faire partie,
04:10je dirais, de la soirée festive,
04:12qui est arrosée de liquidités par diverses banques centrales.
04:15Et en même temps, de se dire que ce caractère un peu erratique des politiques américaines
04:20crée du risque.
04:22En d'autres termes, nous pensons que la volatilité va grimper,
04:25et peut-être plus que se concentrer sur la direction de marché.
04:28Il faut aussi regarder du côté de la volatilité,
04:30qui envoie parfois des signaux, on en parlera peut-être,
04:32trompeurs, avec des niveaux qui sont optiquement faibles.
04:36Mais si on regarde en dessous, la volatilité des single stocks,
04:39des valeurs individuelles, elle, est très forte.
04:41Il y a là quelque chose à regarder,
04:42du côté de ce qu'on appelle la corrélation,
04:44on en parlera peut-être.
04:45Mais en tout cas, la volatilité, elle, sur les indices,
04:48était relativement basse,
04:49au point même que le CAC 40 a aligné 7 séances dans le rouge.
04:52Alors qu'on dit 7 séances, comme ça, ça peut paraître beaucoup,
04:54ce n'est pas arrivé depuis des mois.
04:56Mais en fait, l'indice avait perdu 3%, même pas en 7 séances.
05:00Parfois, c'est des séances pour rien, entre guillemets, c'est du 0%.
05:03Alors, c'est du 0%, mais si vous appelez Stellantis, par exemple,
05:07pas forcément.
05:08Oui, sur les indices.
05:10L'indice, c'est un agrégat de valeurs,
05:13mais ce qu'on constate, c'est une très forte dispersion des performances.
05:16Et finalement, qu'est-ce que votre volatilité de l'indice ?
05:19C'est une fonction de deux choses,
05:20la volatilité des valeurs individuelles et la corrélation entre elles.
05:24Et ce que l'on voit, c'est qu'il y a une corrélation extrêmement faible
05:27qui écrase optiquement la volatilité de l'indice.
05:30Et même aux États-Unis, en fait, la contribution à la volatilité du S&P,
05:34pour moitié, ce sont les 10 grands champions des US.
05:37Si je prends le secteur de la tech, au sens un peu large,
05:40j'inclus quelques valeurs de com',
05:41c'est les deux tiers de la volatilité.
05:43Donc, en fait, on a vraiment ce...
05:45On se dit, il ne se passe rien à l'est ou à l'ouest,
05:48en l'occurrence, rien de nouveau.
05:49Mais en fait, là-dessous, on a des écarts de performance massifs.
05:53Autrement dit, le risque, si on regarde un petit peu plus loin dans l'année,
05:56si on a cette corrélation qui reprend,
05:59à ce moment-là, le vrai danger sera là.
06:00C'est qu'on verra à source une volatilité indicielle
06:02qui montera fortement.
06:03Et pour nous, ça veut dire quoi ?
06:05On a envie d'être long volatilité.
06:07Et c'est vraiment ça le message que j'essaie de faire passer ce matin.
06:09C'est attention à cette volatilité au niveau de l'indice.
06:12Tout le monde dit le VIX, le VIX, le VIX.
06:14C'est très trompeur.
06:15Plus 1,16% hier soir à la clôture pour le S&P 500.
06:18C'était la meilleure séance en l'espace de deux mois.
06:21Pourtant, 1,16%, c'est pas pharaonique.
06:24Alexandre, ça montre bien qu'on est dans un marché
06:26où il y a des séances à petits pas.
06:27À petits pas.
06:28Et puis, il y a aussi l'aspect un peu automatique, algorithme.
06:31C'est vrai qu'on a eu des gaps qui ont été créés.
06:32Donc, dans le jargon, c'est les trous de cotation
06:34entre la clôture de vendredi et l'ouverture lundi
06:36avec les propos de Trump ce week-end.
06:37Et c'est ça que le marché surveillait.
06:39C'est effectivement le fameux taco.
06:40S'il y a taco, les algos achètent tout de suite la news.
06:43Et puis, généralement, on va chercher un peu mécaniquement
06:45les trous de cotation qui ont été formés le week-end.
06:47Donc là, c'est ce qu'on est en train de faire actuellement
06:48sur le Nasdaq, tous les indices américains qui ont gappé à la baisse.
06:52Donc, je dirais que pour l'instant,
06:53moi, je vois ça plutôt comme un rattrapage un peu technique,
06:55plus qu'effectivement, ce que vous disiez,
06:56une volonté d'aller de l'avant.
06:58Et j'aime beaucoup ce que vous avez expliqué sur la disparité.
07:01C'est vrai que c'est même des sets magnifiques, par exemple.
07:03À une époque, on avait un espèce de bloc quand même.
07:05Ça avançait de manière assez corrélée.
07:07Il y avait des écarts de performance.
07:08Mais là, il y a des écarts très significatifs.
07:10Microsoft, par exemple, aujourd'hui.
07:11L'autre jour, on était à moins de 17 par rapport au sommet.
07:13Je pense qu'avec ces derniers jours,
07:14on a pu passer brièvement en bear market.
07:16C'est-à-dire qu'on est à quasiment 20% d'écart
07:18entre le sommet historique d'il y a quelques mois sur Microsoft
07:20et les niveaux actuels,
07:21alors que vous avez une valeur comme Alphabet, par exemple,
07:23qui est sur ses niveaux records.
07:24Il y a Tesla également qui est en repli assez marqué.
07:27Même Nvidia n'est plus sur ses records.
07:28Et quand vous regardez effectivement l'indice,
07:30on est quoi ?
07:30À 2% des records historiques sur le Nasdaq ou l'OSP 500.
07:33Merci Alphabet.
07:34Voilà.
07:35Mais c'est intéressant de noter.
07:37C'est quand même ces très gros écarts de performance
07:39au sein des gros moteurs historiques du Nasdaq.
07:42Et il y a aussi l'aspect un peu calendaire qu'il faut regarder
07:44parce qu'on est sur une année de mid-terme.
07:46Et quand vous regardez sur un mandat de 4 ans présidentiel,
07:49généralement la première année, ça se passe plutôt bien.
07:51L'année mid-terme, en moyenne,
07:52ce sont des moyennes constatées sur plusieurs décennies,
07:55l'année mid-terme est une année un peu chahutée.
07:57C'est-à-dire une année qui est plutôt flatte en général,
07:58mais qui est droit au donne,
07:59c'est-à-dire des variations au cours de l'année
08:00qui peuvent être assez significatives.
08:02Moi, j'ai l'impression que c'est ça qu'on va avoir cette année-là.
08:04Je pense que vu le rallye qu'on a eu à partir d'avril dernier,
08:06qui est un peu stagné sur le dernier trimestre,
08:08on a quand même eu un rallye très significatif sur plein d'indices.
08:11Et avoir un peu de latéralisation,
08:13un peu de déhésitation comme ça,
08:14me semble plutôt pas mal.
08:15D'ailleurs, pour même écraser un peu les valorisations,
08:17parce qu'il y a 22 fois les bénéficiaires anticipés.
08:20Alors effectivement, si tout se passe bien,
08:21selon les plans américains,
08:22que la croissance s'accélère ou autre,
08:23mais les prévisions aujourd'hui de croissance pour les États-Unis,
08:25c'est d'ordre de 2% pour l'année en cours.
08:27Et c'est à peu près 2% probablement l'année dernière.
08:28Donc, ce n'est pas la croissance que dépend de Donald Trump.
08:31Ce n'est pas la meilleure croissance de l'histoire des États-Unis.
08:33C'est une croissance qui est correcte,
08:34mais qui n'est pas extraordinaire.
08:35Et il me semble que les multiples de valorisation aujourd'hui
08:37intègrent déjà ces niveaux de croissance sur les cours actuels.
08:40Il y a beaucoup d'actualités en ce moment.
08:41C'est vrai que Donald Trump a pris un petit peu tout le monde de cours
08:43avec ses droits de douane.
08:44S'est un petit peu chassé l'actualité en début de semaine
08:46sur la remontée des polons au Japon.
08:49Hier, il y avait l'audition de Lisa Cook à la Cour suprême.
08:52Alors bon, ça va prendre du temps.
08:54Visiblement, ce ne sera pas avant fin juin la décision de la Cour suprême.
08:57La Cour suprême également,
08:57qui devrait rendre prochainement sa décision concernant les droits de douane.
09:01succession de Jérôme Paul.
09:03Bref, on a plein de sujets.
09:04Pour vous aujourd'hui,
09:05quels sont les sujets vraiment à avoir en tête
09:06qu'il faut suivre, Alexandre Baradès ?
09:08Parce qu'en fait, là, le marché réagit beaucoup au bruit.
09:11On est vraiment dans le très très court terme.
09:12Oui, il y avait quand même les sujets...
09:13Avant, quand on est dans l'histoire du Groenland,
09:15il y avait les sujets domestiques qui étaient quand même très présents.
09:17La question de plafonner.
09:18D'ailleurs, c'est encore en cours de dire aux banques et aux prêteurs
09:21les cartes de crédit à 20%, c'est fini.
09:23Pendant un an, il faut les amener à 10%.
09:24Il y avait le sujet d'interdire aux institutionnels
09:27l'achat de maisons individuelles.
09:28Vous aviez effectivement la pression sur la Fed.
09:31Il y a la question de la légalité des droits de douane aussi.
09:33Donc, ça fait quand même un paquet de sujets domestiques aussi.
09:35On rappelle que les indices américains, le SP500,
09:37le plus gros du chiffre d'affaires du SP500,
09:39est quand même fait aux Etats-Unis.
09:40Donc, il y a d'aspects très domestiques aux indices américains.
09:43Et puis, la question mi-terme, effectivement,
09:46parce qu'on voit que Donald Trump, depuis le début d'année,
09:47est parti dans une course comme ça aux annonces.
09:49Ils sont très en retard dans les sondages.
09:50Et donc, il y a une volonté de rattraper tout ça.
09:53La question, pour moi, centrale, c'est le consommateur là-dedans.
09:56Comment il se comporte ?
09:56On le sait, les très riches consomment beaucoup,
09:58mais les moins riches consomment beaucoup, beaucoup moins.
10:00Donc, est-ce que ça peut tenir jusqu'au mi-terme ?
10:02Est-ce que la satisfaction globale peut remonter ?
10:04Il y a un vrai challenge consommateur, je dirais,
10:06sur le premier, deuxième trimestre aux Etats-Unis.
10:08Est-ce qu'il faut particulièrement suivre les résultats
10:10de Procter & Gumball qui seront publiés aujourd'hui
10:13chez Société Générale CIB ?
10:15Comment vous regardez tous ces sujets ?
10:16Ce n'est pas évident de suivre tous ces sujets en même temps.
10:20D'autant plus que certains ont plus ou moins d'impact.
10:23C'est vrai, mais comme le disait Alexandre,
10:25le caractère domestique de l'analyse est important.
10:28Il l'est singulièrement aussi en Europe.
10:30Je pense que quand on voit tout ce bruit médiatique
10:32autour des problèmes douaniers, des tarifs, etc.,
10:35nous, nous avons fait le pari déjà l'année dernière
10:37de se dire, si je suis dans le doute
10:40sur ce qui se passe à l'étranger,
10:42quelle sera la future annonce de Donald Trump ?
10:44Toutes choses étant égales par ailleurs,
10:45je préfère avoir des valeurs domestiques.
10:47Et parfois, des valeurs domestiques
10:49ou qui ne font pas grand-chose,
10:50qui ont l'air comme ça un petit peu ennuyeuses,
10:51boring, ce n'est pas grand-chose.
10:53Moi, je les aime beaucoup.
10:54J'aime beaucoup les services de qualité locale,
10:56les utilities.
10:57Il y a de vraies thématiques long terme.
10:58Vous parliez au-delà du bruit,
10:59de ce qu'on cherche à capter un peu plus sur le long terme.
11:02Le secteur financier aussi.
11:03Je pense qu'on est dans une vraie nouvelle phase
11:05de profitabilité.
11:07Donc, il faut être assez prudent,
11:10parfois avoir certains biais, par exemple aussi,
11:12pas forcément sectoriels, mais de taille.
11:14Je pense aussi aux valeurs
11:15de petites et moyennes de capitalisation.
11:16On pense que c'est leur retour.
11:19En Europe ?
11:19En Europe.
11:20Aux États-Unis, c'est un petit peu plus compliqué
11:22parce qu'on est plus dépendant des politiques de la Fed.
11:25Pourquoi ?
11:25Parce qu'en gros, un tiers du recel perd de l'argent.
11:28Donc, c'est bien quand il y a liquidité dans le système.
11:30Enfin, à partir du moment où on se calmera un petit peu
11:32sur cette thématique-là,
11:33on ira peut-être gratter un peu en-delà de la surface.
11:35C'est-à-dire qu'il y a quand même des boîtes fragiles.
11:37En revanche, en Europe,
11:38on n'a pas ce problème bilancier.
11:40Donc, il y a quelques biais forts que nous avons choisis.
11:43Et le biais domestique fait partie de ces biais-là.
11:46C'est un peu le cas aussi au Japon, par exemple.
11:48Vous avez évoqué ce qui se passait sur les tolons.
11:50Sur la partie domestique, on est assez concentré là aussi.
11:53Donc, oui, se poser la question,
11:55peut-être dans un monde fracturé
11:57où il y a du multipolarité,
12:00se dire, voilà, dimension domestique versus exportateur,
12:04c'est peut-être un vrai axe de discernement
12:08pour 2026 et au-delà.
12:10Est-ce qu'aujourd'hui, ça n'a pas quand même monté
12:11un peu trop vite sur certains secteurs ?
12:13Je pense notamment au secteur des utilities.
12:16Dans le sens où il faut que derrière,
12:17les croissances des profits suivent.
12:19Parce que c'est bien beau d'avoir des parcours de 30-40%,
12:21mais il faut que derrière, les profits suivent.
12:25Et sur certains business,
12:26on est sur des profits quand même relativement stables.
12:28Alors, on est sur des profits stables.
12:30Moi, ce que je constate simplement,
12:32quand je regarde les valeurs cycliques,
12:33au sens large en Europe,
12:35c'est que les attentes de profits qu'évoquait Alexandre,
12:37sur les cycliques en Europe,
12:39elles sont très élevées.
12:39On est en train de parler de croissance à deux chiffres.
12:43Et quand je dis deux chiffres, c'est deux gros chiffres.
12:44Alors qu'on a une croissance du PNB 2% aux US, c'est bien.
12:47Nous, on aura peut-être 1% en Europe.
12:49Ce n'est pas grand-chose.
12:50Avec des valeurs plus élevées.
12:51Les valeurs utilities,
12:53peut-être moins de croissance,
12:54mais elle arrivera.
12:55Et en tout cas, des valorisations plus faibles.
12:58De manière générale,
12:59il faut quand même se regarder dans le miroir.
13:02Nous, en tant qu'Européens
13:03et en tant qu'analyste européen,
13:05ça fait trois ans
13:06que les attentes des analystes sont déçues.
13:09Ça veut dire quoi, une déception ?
13:11On commence l'année en disant
13:12« Ah, la croissance des BPA, ça sera 12%.
13:14Je relève les compteurs à la fin de l'année,
13:16ça c'est zéro.
13:17Zéro l'année dernière,
13:18zéro l'année d'avant,
13:19zéro l'année d'avant.
13:21Donc, un consensus qui est encore cette année,
13:23ça va bien se passer, 12%.
13:24Nous, dans nos modèles,
13:26on dit au mieux, ça sera la moitié.
13:28Les émergents,
13:29on voit la Chine qui continue de surperformer
13:31depuis le début de l'année.
13:32En préambule, je parlais de Séoul,
13:33on est déjà à 18%.
13:35Il y a un pays qui manque à l'appel,
13:36c'est l'Inde,
13:36après avoir touché des records
13:38ces dernières années.
13:39Pourquoi ?
13:40On a certains acteurs
13:41qui, avant, ont boudé la Chine,
13:42donc étaient sur l'Inde par défaut.
13:44C'est moins le cas maintenant.
13:45Comment vous regardez, vous,
13:46cette classe d'actifs sur les émergents ?
13:48Alors, de façon assez spécifique,
13:51pays par pays,
13:52puisque là-dedans,
13:53vous n'avez pas évoqué,
13:54mais il y a aussi la Corée
13:55qui était quelque part un proxy de l'IA.
13:58Sur l'Inde, pour moi,
13:59c'est la prise de profit
14:01après des performances exceptionnelles.
14:03Sur la Chine,
14:03il y a le plan quinquennal
14:04dont on aura un petit peu plus de détails.
14:07Et ce qui nous incite à faire,
14:08c'est à se dire
14:09où est l'axe prioritaire de la Chine
14:11sur les cinq prochaines années.
14:13Ce que je constate,
14:13c'est avant tout
14:14sur la partie industrielle,
14:16les champions domestiques,
14:17la technologie.
14:18Donc nous, on est là encore
14:19à être assez spécifiques
14:22dans nos choix en Chine.
14:23On n'achète pas forcément
14:23toute la Chine,
14:24mais ces valeurs-là.
14:26Et ce qui est important de dire,
14:27c'est que la Chine,
14:27elle se concentre sur aussi
14:28sa demande domestique,
14:30sa croissance domestique,
14:31sa stabilité domestique.
14:32Les anciennes thématiques
14:34de la Chine,
14:35la consommation chinoise,
14:36c'est mon relais de croissance
14:37pour mes valeurs de luxe,
14:38pour mon secteur automobile,
14:39etc.
14:40Je pense qu'il y a une chose du passé.
14:41Et là encore,
14:42un secteur que beaucoup
14:43d'investisseurs aiment,
14:44le secteur du luxe,
14:46on peut dire qu'il est
14:46relativement chahuté en Europe.
14:48Donc,
14:49le thématique chinoise,
14:51on le regarde de façon,
14:52je dirais,
14:53assez spécifique.
14:54De manière générale,
14:54pour répondre à votre question
14:55sur la classe d'actifs,
14:57sur les US,
14:58quand on a une fête
14:59qui est relativement accommodante,
15:00quand il n'y a pas de récession,
15:01quand on a un dollar
15:02qui fait ce que l'on voit,
15:03c'est plutôt positif
15:04sur la marche émergente
15:05de manière générale.
15:07Le secteur des semi-conducteurs
15:08qui est encore à la fête,
15:09c'est où ?
15:09Plus de 20%.
15:10Intel a pris 12%
15:11hier soir à la clôture.
15:13Alexandre,
15:13Intel qui va publier
15:14ses résultats ce soir.
15:16On en a parlé,
15:16beaucoup de volatilité,
15:18encore sûrement
15:18encore de la volatilité
15:19dans les prochaines semaines.
15:20Comment vous regardez
15:21un petit peu
15:21les niveaux de marché
15:22aujourd'hui ?
15:23La tech est chère
15:26d'un point de vue
15:27des métriques historiques.
15:29Effectivement,
15:29on compare toujours,
15:30on se dit,
15:30oui,
15:30mais ce n'est pas
15:31l'équivalent non plus
15:32de la bulle d'Internet.
15:32C'est ça qui est assez frappant
15:33aujourd'hui,
15:34c'est que nos rapports,
15:35on les fait toujours,
15:35oui,
15:35ce n'est pas la bulle d'Internet,
15:36donc ça va,
15:37ce n'est pas très grave.
15:40Les valorisations
15:40sont quand même
15:41très élevées
15:42sur l'ensemble
15:42des valeurs technologiques,
15:43Nvidia notamment.
15:45Il y a des sujets
15:45qui sont,
15:47il y a des sujets
15:47propres à Nvidia,
15:48parce que là,
15:49on parle des semi-conducteurs
15:49Intel ou autre,
15:51mais Nvidia avec la Chine,
15:52on voit que les Etats-Unis
15:53donnent des petites listes,
15:55enfin des accords partiels
15:56pour exporter
15:56certains types de composants.
15:57La Chine qui était vexée
15:58par l'épisode précédent
15:59dit,
16:00nous,
16:00on n'en prendra que quelques-uns
16:01sur des secteurs thématiques,
16:03la recherche universitaire
16:04ou autre,
16:04mais on voit que ce marché,
16:07et pour moi,
16:08les cours de Nvidia,
16:09on a vu à plusieurs reprises
16:10sur les annonces
16:10de Donald Trump
16:11ou du PDG de Nvidia,
16:12chaque fois qu'on parlait
16:13de la Chine
16:13avec une forme d'ouverture,
16:14les cours montaient beaucoup.
16:15Donc on intégrait l'idée
16:16qu'aujourd'hui,
16:18au niveau bilancier,
16:18ça ne prend quasiment rien
16:19à la Chine pour Nvidia,
16:20mais les cours,
16:21eux,
16:21ont déjà anticipé l'idée
16:22qu'Nvidia allait pouvoir revenir
16:24plus facilement
16:25et fortement sur la Chine.
16:26Et moi,
16:26je pense que de ce côté-là,
16:27ce n'est pas fait.
16:28Ce n'est pas fait.
16:29Et voilà,
16:30donc je trouve qu'Nvidia,
16:31même si on est à quoi ?
16:3150 fois les bénéfices aujourd'hui,
16:33ce n'est plus les niveaux
16:33qu'on avait il y a quelques temps,
16:34mais pour une entreprise
16:35qui pèse déjà
16:36pendant 5 000 milliards de dollars
16:38et pour laquelle
16:40les marchés sont habitués
16:40à une croissance assez phénoménale,
16:41je pense que cette année
16:42va être l'année un peu charnière,
16:43un peu révélatrice
16:44des capex à venir.
16:46Donc c'est pour ça que les...
16:46Donc comme Charles de Boison,
16:47vous accompagnez plutôt
16:48les utilities,
16:49les défensives,
16:50l'Europe ?
16:51Oui, ça et puis même
16:52un secteur que je rejoins
16:53un peu tactiquement,
16:54mais c'est la partie auto
16:54parce qu'on parlait de la Chine,
16:55je vais m'arrêter là-dessus.
16:56Ah, c'est qu'on travaille en auto.
16:57Oui, on voit que la Chine,
16:58c'est des signaux très faibles,
17:00mais la Chine met en garde
17:01depuis maintenant quelques semaines
17:02sur ces guerres des prix
17:03en interne
17:04qui sont dangereuses en fait.
17:06Et donc ces messages-là,
17:09ils ont plusieurs destinations.
17:10C'est d'un côté faire en sorte
17:11qu'on n'écrase pas complètement
17:12les prix en Chine,
17:13qu'on n'écrase pas les marges,
17:14ce qui permettrait aussi
17:15de soutenir un petit peu les salaires,
17:16pas trop non plus,
17:16pas gonfler les prix de production,
17:17mais soutenir un peu les salaires.
17:19Donc ça, c'est pas mauvais
17:20pour les entreprises européennes,
17:21typiquement exportatrices,
17:22à moyen terme.
17:23Je pense qu'il y aura des mesures
17:24de soutien pour la demande intérieure
17:25un peu plus ciblées cette année
17:26qu'il y en avait l'année dernière,
17:27donc un peu de soutien
17:28sur la demande intérieure.
17:30Et du coup, on sent que la Chine
17:31veut aussi arrondir
17:31un peu les angles commerciaux
17:33avec l'Europe.
17:33Elle sent bien qu'avec les Etats-Unis,
17:34ça se tente entre l'Europe
17:35et les Etats-Unis.
17:36Et donc il y a quelques gestes
17:36comme ça qui sont faits
17:38pour que, on a l'impression
17:39qu'il y a un côté
17:40de mon prédateur de la Chine
17:41dans ses parts de marché,
17:42ses acquisitions de parts de marché
17:43en Europe, avec des fixations
17:44par exemple de prix planchers
17:45sur certains véhicules ou autres.
17:46Donc j'ai l'impression
17:47qu'il y a une volonté politique
17:48d'arrondir un peu les angles
17:49et ça passe par des prix
17:50à l'exportation,
17:52les véhicules qui rentrent
17:53et certains types de produits
17:54qui rentrent en Europe
17:54où les prix seront un peu
17:56moins écrasés qu'auparavant.
17:57Donc ça je dirais
17:57que c'est un secteur
17:58qui a beaucoup de sphères
17:59comme le secteur auto,
18:00c'est des petits signaux
18:00qui peuvent stabiliser
18:01un petit peu la tendance
18:02et commencer à faire un bottom.
18:04On est pris par le temps.
18:04En tout cas c'était très intéressant.
18:05Merci à tous les deux
18:06de nous avoir accompagnés ce matin.
18:07Alexandre Baradet,
18:08chef analyst d'IG
18:09et Charles Deboison
18:10qui est donc responsable mondial
18:11de la stratégie action
18:12de Société Générale CIB.
Commentaires