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  • il y a 9 mois
Ce mercredi 21 janvier, Claudia Panseri, responsable de la stratégie d'investissement de la banque privée UBS France, et Stéphane Levy, stratégiste et responsable de l'innovation chez Irivest IM, se sont penchés sur le retour de la volatilité du CAC 40, sur la situation du marché face à l'instabilité géopolitique, et sur la flambée des taux longs au Japon, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00À 9h35, c'est l'heure du face-à-face avec deux acteurs de marché ce matin.
00:04Claudia Panseri, responsable de la stratégie d'investissement de la banque privée UBS en France.
00:08Bonjour Claudia Panseri, merci de nous accompagner.
00:11Vous êtes en compagnie de Stéphane Lévy qui est stratégie chez Irivest IM.
00:15Bonjour Stéphane.
00:16Merci à tous les deux d'être là ce matin dans ce contexte un petit peu particulier.
00:20On a des marchés qui sont un petit peu perdus, un petit peu chamboulés.
00:23Hier on a vu Wall Street cédé quasiment 2%, c'est la pire séance depuis début octobre.
00:28Alors certes il n'y avait pas de séance lundi, mais ça y est c'est le retour de la volatilité.
00:32Claudia Panseri, on oublie un petit peu les records et puis on se dirige où l'on peut j'ai envie de dire.
00:39Notamment sur l'once d'or, je le disais en préambule, on est déjà sur un gain de 10% sur l'once d'or depuis le début de l'année.
00:44C'est quand même assez symptomatique.
00:46Alors je pense que la volatilité en début d'année c'est plutôt normal.
00:50On a eu en ligne à droite à une fin d'année et puis en début d'année qui était extrêmement bien orienté.
00:55Donc on a aujourd'hui des nouvelles qui sont, mais un tout petit peu de volatilité liée à l'environnement géopolitique,
01:02à l'imposition des droits de douane qui n'est pas encore certain.
01:06Mais je pense que l'environnement macroéconomique reste toujours bien orienté.
01:10On a des chiffres, que ce soit aux Etats-Unis ou que ce soit en Europe, qui sont toujours positifs.
01:15Ça se prend un tout petit peu à la hausse même, à des niveaux, je dirais, que ce soit les ventes à des détails fin d'année
01:20ou que ce soit des indicateurs avancés, l'économie se porte à bien.
01:25Et donc là, on a un peu de surprise.
01:26On a commencé avec le Venezuela, puis l'Iran et puis le Groenland maintenant.
01:31Et c'est vrai que ça amène un tout petit peu les actions à corriger.
01:37Et les actifs, je dirais, défensifs, à bien performer.
01:40On parle de l'or, mais on a eu le franc suisse, ça s'est apprécié.
01:43On a des secteurs qui n'ont rien fait l'année dernière, comme la consommation non cyclique qui se réveille en ce début d'année.
01:50Donc je pense que c'est vraiment l'opportunité pour essayer de réduire la concentration de son portefeuille
01:55et puis chercher les actifs qui peuvent bien faire dans un environnement un peu plus volatil.
02:00Mais ce sont des actifs qui ont déjà bien performé.
02:03Quand on regarde les valeurs défensives, les utilities, c'était déjà les secteurs phares de 2025.
02:07On voit que c'est à nouveau le cas en 2026.
02:10Ce n'est pas évident quand même aujourd'hui de se positionner sur certains secteurs
02:13et puis savoir quels sont les secteurs qui peuvent plus ou moins performer, surperformer dans ce contexte.
02:19Alors, on est encore au début d'année.
02:20Le secteur des utilities, la performance a été liée à l'intelligence artificielle, plus qu'au secteur défensif.
02:27Quand je vois les secteurs défensifs, pour moi, ça reste à la consommation non cyclique,
02:31à le secteur pharmaceutique qui s'est réveillé seulement une fin d'année.
02:34Donc, il y a encore, parmi certains secteurs, une certaine valorisation qui est plutôt attrayante.
02:41Alors, il faut après être au sein d'une allocation très bien diversifiée.
02:46L'or joue toujours, je dirais, son atout.
02:50Les classes d'actifs qui aujourd'hui jouent un peu moins l'atout, c'est peut-être les bons du trésor américain.
02:56On voit les réactions hier à des rendements obligataires qui sont plutôt à la hausse et pas à la baisse.
03:02Donc, là, c'est quelque chose qu'on a bien alerté les investisseurs en disant, faites attention,
03:07les actifs diversifiants et les actifs défensifs ne sont plus les actifs traditionnels.
03:13Dans le sens qu'aujourd'hui, il y a une certaine inquiétude par rapport à l'évolution de la dette aux États-Unis,
03:17par rapport à la politique commerciale et au risque d'inflation suite à la politique commerciale.
03:22Et donc, on a une tension sur la partie longue de l'accord d'État américain.
03:27Claudia Panseri, signaler le cas du Venezuela, de l'Iran, ça nous paraît déjà très loin.
03:32Aujourd'hui, Stéphane Lévy, c'est vrai que l'actualité est tellement forte qu'on a aujourd'hui un focus qui est fait sur Donald Trump
03:39et une actualité en chasse une autre.
03:40Et aujourd'hui, l'actualité, c'est Donald Trump.
03:42Alors bon, il devait prendre la parole à 14h30.
03:44Air Force On a eu un problème, l'avion a fait demi-tour.
03:46Finalement, ce sera plutôt aux alentours de 17h30-18h.
03:49Et ça se voit bien ce matin en Europe.
03:50Les indices ne font rien.
03:52Bref, les marchés ne regardent qu'une seule chose aujourd'hui, Stéphane Lévy, c'est Trump.
03:55Oui, c'est clairement le principal événement de la journée.
03:57On commence à avoir l'habitude.
03:58Alors, on avait une année, vous l'avez mentionné, Claudia, 2025 extrêmement agitée.
04:04On pensait presque avoir tout vu.
04:06Et bien, 2026 démarre encore plus fort.
04:08Donc, on a une succession d'événements qui est absolument incroyable.
04:12On a commencé l'année que depuis trois semaines.
04:16Et par ailleurs, on a sur les marchés, je crois, des comportements également très intéressants.
04:23Très, très intéressants.
04:24Moi, ce qui me marque depuis le début de l'année, c'est la forte dispersion, effectivement,
04:28qu'on peut observer à l'intérieur d'une classe d'actifs telle que celle des actions, que ce soit en Europe ou aux États-Unis.
04:36Je vais vous donner un exemple.
04:37On parlait au mois de novembre des GAFAM et de l'opportunité de s'intéresser à la cote américaine.
04:44En fait, ce qui se passe, c'est qu'on a une rotation extrêmement puissante qui est en train de s'opérer sur le marché américain.
04:51On est, depuis le début de l'année, par exemple, sur une performance de 8% sur les small caps américaines,
04:56alors que les GAFAM sont en baisse.
04:58Elles sont à moins de...
04:59On a 10 points d'écart depuis le début de l'année en faveur de ces petites et moyennes valeurs américaines
05:05dont on avait plutôt mis en avant l'intérêt dans ce contexte, je dirais, de polarisation des valorisations aux États-Unis.
05:12Et je crois que dans un contexte qui est quand même assez incertain, dans lequel la croissance mondiale est menacée,
05:17il n'est pas complètement aberrant de penser que ce phénomène de normalisation fondamentale
05:26sera une des grandes thématiques de l'année pour les investisseurs américains.
05:31Et ça, c'est, je crois, une excellente nouvelle pour les gérants actifs que nous sommes.
05:37En Europe, la donne est un peu différente.
05:42La normalisation fondamentale, elle s'est faite l'an dernier.
05:44On est arrivé, quelque part, à faire converger les différents segments du marché européen
05:49vers leur standard de valorisation historique.
05:53Néanmoins, on constate également depuis le début de l'année une très puissante dispersion des performances.
05:59On a près de 20 points d'écart en trois semaines entre le meilleur secteur européen,
06:04les matières premières, les basic resources,
06:07l'industrie ou les utilities, d'ailleurs, ne sont pas très loin,
06:11des thèmes très en lien avec la souveraineté,
06:14et des secteurs plus dégradés comme les médias, comme l'automobile,
06:18qui affichent des performances, déjà, qui sont sensiblement négatives.
06:21Je parle aussi, je pense aussi, aux biens de conso.
06:24Donc, quelque part, en Europe, je dirais qu'on est dans une situation, là encore,
06:29où la dispersion, où le momentum sont probablement la promesse d'une bonne performance des gérants actifs.
06:37Ça, c'est l'élément important. Sur la directionnalité des marchés, on aura l'occasion d'en parler.
06:42Mais les fondamentaux au milieu de tout ça ? Parce que là, on va rentrer dans la période des résultats annuels.
06:46Normalement, c'est une période qui est importante.
06:48Et là, on le voit notamment aux États-Unis ou sur certaines sociétés en Europe.
06:52Ce n'est pas le catalyseur.
06:53Alors, ce n'est pas le catalyseur, parce qu'on est déjà dans le passé.
06:57Les publications, par essence même, c'est le bilan de ce qui s'est passé dans le passé.
07:01Et comme on sait, les marchés sont plutôt dans la projection.
07:04Et on comprend, dans le contexte géopolitique, politique actuelle, que ce soit le cas.
07:08Les résultats vont être bons, sans aucun doute.
07:12Vous l'avez mentionné, Claudia, il y a aujourd'hui une dynamique macroéconomique
07:16qui, objectivement, est très, très, très positive.
07:19Nos indicateurs de momentum économique, par exemple, en Europe,
07:22continuent, et c'est le cas depuis plus de trois ans,
07:24à signaler un environnement porteur.
07:27Ça peut paraître surprenant, mais c'est encore le cas.
07:29Donc, il y a eu des révisions assez sensibles, de l'ordre de 20 centimes,
07:33des croissances du PIB prévues pour cette année, pour l'année prochaine,
07:36en l'espace de simplement quatre mois.
07:39Donc, je ne suis pas très, très inquiet sur les publications.
07:43Et on commence un peu à s'habituer dans ce, je dirais,
07:46cet environnement politique et géopolitique changeant.
07:50Ce qui sera, je crois, le plus important, c'est évidemment d'écouter très attentivement
07:57la communication des entreprises.
07:59Alors, peut-être un point, je pense que ce qui est très important aussi,
08:02c'est le fait que l'imposition des droits des douanes,
08:05qui est souvent un impact sur les marchés,
08:07l'année dernière n'a pas eu d'impact macroéconomique,
08:10ce qui fait qu'aujourd'hui, sur la menace,
08:13la réaction des marchés n'est pas aussi négative qu'on a vu l'année dernière.
08:17Par contre, si je reviens sur un point, je pense que c'est particulièrement important
08:21parce que moi, ma lecture du marché est un peu différente.
08:24Cette performance des petites capitalisations américaines
08:28m'inquiète un tout petit peu parce que nous ne sommes pas au début du cycle
08:31et nous sommes plutôt à la fin de la baisse des taux d'intérêt.
08:35Donc, le fait de voir des valeurs cycliques qui ne sont pas encore profitables aujourd'hui
08:39fait un peu questionner la très bonne performance
08:43qui a eu une fin d'année et un début d'année.
08:45Et donc, il faudra voir, en ce début d'année,
08:48si ces sociétés-là sont capables, en fait, d'élever la croissance des profits.
08:52Et là, dans le stock picking, on fait toute la différence.
08:55En tout cas, le marché ne panique pas là depuis lundi.
08:58Certes, on a eu une hausse des rendements obligataires,
09:00une petite réaction sur le delà.
09:02Wall Street a perdu 2% hier,
09:04mais on n'est pas du tout dans le même scénario qu'en avril.
09:06Les marchés ont visiblement pris l'habitude un petit peu de Donald Trump et de ses méthodes.
09:11Oui, parce qu'effectivement, on a vu l'année dernière
09:13que l'impact final, que ce soit sur l'inflation ou que ce soit sur la croissance,
09:17je dirais, n'est pas très important.
09:20Il ne faut pas oublier qu'à côté, on a un consommateur
09:23qui continue à consommer aux États-Unis.
09:25On a des relances budgétaires qui sont colossales.
09:28Mais est-ce que ça peut durer, ça, les relances budgétaires ?
09:30Aux États-Unis, au moins jusqu'à la fin de l'année, c'est certain.
09:34Après, on a des élections demi-mandats qui vont...
09:36Pour l'Europe, notamment pour les pays du Sud,
09:38on voit notamment que pour l'Italie, la croissance ne sera plus la même.
09:41Non, mais par contre, on a l'Allemagne qui reprend le relais.
09:44Donc, en fait, on commence...
09:45Ça, c'est une promesse.
09:46Oui, mais on commence à le voir.
09:47En fait, dans les carnets de commandes,
09:49quand on regarde les indicateurs des demandes d'équipement,
09:52ça s'envole.
09:53Donc, la mise en place a été très lente.
09:57Nous, on n'attend pas une forte croissance en Allemagne.
10:00Forcément, on attend un point additionnel de croissance.
10:02On passe à une croissance proche des zéros.
10:04Mais c'est un changement.
10:06On n'a pas ce tournant sur les indicateurs manufacturiers
10:09qui reste quand même très important pour la zone euro.
10:11On est un pays qui exporte et qui produit au départ.
10:14Mais le fait d'avoir des niveaux de taux d'intérêt
10:16qui sont faibles, un tout petit peu de relance budgétaire en Allemagne,
10:20et on voit encore qu'il n'y a pas vraiment des restrictions budgétaires en France.
10:25On va voir un budget qui va très probablement seulement passer
10:28à un déficit de 5-4 à 5% si tout va bien.
10:32Donc, on n'a pas vraiment des restrictions financières,
10:35restrictions budgétaires qui font plomber les économies en récession.
10:38Donc, je pense qu'il faut rester quand même globalement positif.
10:41Et la saison des résultats devra nous confirmer
10:43si les sociétés qui ont bien performé,
10:45qui sont en général des sociétés qui ne sont pas encore profitables aujourd'hui,
10:48surtout sur le segment des petites et moyennes capitalisations,
10:53ont effectivement vu cette performance.
10:55Et cette performance est en ligne avec les attentes à des croissances des profits.
10:59Donald Trump occupe beaucoup de place, bien sûr, sur la scène médiatique.
11:02Mais est-ce que l'éléphant dans la pièce, ce n'est pas plutôt le Japon ?
11:06On se souvient déjà qu'en novembre-décembre,
11:08il y avait une remontée des taux japonais.
11:11C'est encore le cas depuis hier.
11:13Sanae Takashi invite sa population à des élections le 8 février
11:18puisqu'elle a dissous hier la chambre basse.
11:20On parlait de relance.
11:21Là, pour le coup, c'est le cas au Japon,
11:23avec notamment ce plan de relance,
11:25mais également des baisses d'impôts, etc.
11:27Ça se voit aujourd'hui, tout ça ?
11:29Alors, en fait, je pense que c'est hyper intéressant
11:32ce qu'il se passe sur la plupart des cours de taux,
11:34sur la partie longue de la cours de taux,
11:36qui soit en Allemagne,
11:37alors que la rente budgétaire ne cause pas une trajectoire de dette négative,
11:43ou que ce soit aux États-Unis,
11:44un peu moins aux États-Unis quand même,
11:45mais que ce soit au Japon,
11:47la partie longue de l'accord de taux,
11:50donc le 10 ans et plus,
11:52n'ont pas beaucoup bougé depuis très longtemps,
11:56voire ils se sont tendus.
11:58Donc, il y a cette sorte de prime de risque,
12:00ce qu'on appelle le terme premier,
12:02qui augmente,
12:03car il y a beaucoup de dettes dans le système
12:05et il y a moins d'intervention de part des banques centrales.
12:09La banque centrale américaine rachète des obligations,
12:12mais rachète des maturités qui sont courtes, jusqu'à 3 ans.
12:16Pour l'instant, on ne rachète pas le 10 ans et plus.
12:19Et effectivement, la banque du Japon aussi fait moins d'intervention par rapport au passé,
12:24ce qui fait que les rendements obligataires sont à la hausse,
12:27lorsque l'on attend plus de relance budgétaire,
12:29les niveaux de dette sont déjà très élevés.
12:31Stimulus massif,
12:33des dépenses accrues également pour relancer la croissance du côté du Japon.
12:38Comment vous surveillez ça, Stéphane Lévy ?
12:41Parce que pendant des années,
12:42on a des acteurs de marché qui se sont endettés au Japon
12:44pour ensuite placer ces actifs ailleurs.
12:46Maintenant, la donne a changé.
12:48Oui, bien sûr, mais c'est un phénomène dont on parle depuis l'été 2024.
12:51Aujourd'hui, on se rappelle des conséquences que ça avait eues,
12:55ces premiers frimats qu'on avait eus sur les tensions obligataires.
13:00Au Japon, moi, je ne suis pas spécialement inquiet
13:03sur le débouclement des carri-trades, ce genre de choses.
13:06Je pense que les choses se sont faites assez progressivement
13:08et que globalement, la pontification de la courbe
13:10est une thématique et partagée dans beaucoup de géographies.
13:14En fait, concernant la partie longue,
13:18je partage ce qui a été dit sur, évidemment,
13:21cette prime de risque qui se tend en lien avec le surendettement des États.
13:25Tout simplement, néanmoins, il ne faut pas perdre de vue
13:29que les banques centrales ont reconstitué des bilans,
13:33ont fait baisser leur bilan assez drastiquement après leur QT
13:36et on est revenu aujourd'hui sur une situation
13:38en termes de capacité des banques centrales
13:41qui est une situation équivalente à celle pré-Covid.
13:45Donc, ce n'est pas aujourd'hui, pour moi, un motif,
13:49c'est quelque chose qu'il faut surveiller,
13:50mais ce n'est pas un motif majeur.
13:52Je trouve assez naturel ce phénomène de pontification de la courbe
13:55qui vient de plein de phénomènes, l'endettement des États,
13:58mais je crois que la révolution industrielle,
14:02qui est celle de l'AI, y participe aussi.
14:05Quand on considère que l'AI est un choc de productivité,
14:09choc de productivité, ça veut dire que pour une croissance équivalente,
14:14vous aurez plus de chômage.
14:15Ce qui veut dire une propension beaucoup plus forte
14:17pour les banquiers centraux à être accommodant sur la partie courte.
14:21Donc, on est plutôt sur des phénomènes de pontification
14:24qui maintiennent une certaine pression sur la partie longue,
14:27mais il y a des pressions baissières sur la partie courte.
14:30Et ça, je crois que c'est un point de débat qu'on peut avoir.
14:32Moi, je suis un peu plus inquiète dans le sens qu'effectivement,
14:35la seule banque centrale aujourd'hui qui a normalisé son bilan, c'est la Fed.
14:39Donc, la seule banque centrale aujourd'hui
14:40qui peut intervenir sur la partie longue de manière...
14:44La BCE ne le fera pas, sauf qu'à extrême,
14:47la Fed se sera plus dans la dynamique...
14:50Ce qu'il faut bien avoir à l'esprit aujourd'hui aux Etats-Unis,
14:52c'est que le scénario aujourd'hui, qui est celui du marché,
14:57c'est entre deux, plutôt deux d'ailleurs aujourd'hui,
14:59et trois baisses de taux d'un quart de point par la Fed en 2026.
15:03Rappelons-nous ce qui s'est passé quand même.
15:052025, c'est assez incroyable ce qui s'est passé au niveau de la Fed.
15:09Rappelez-vous les propos de M. Powell au printemps dernier,
15:11qui nous assurait qu'en raison des risques inflationnistes, je dirais, futurs,
15:15il serait dans l'incapacité de baisser les taux en 2025.
15:18Donc, trois mois après, il l'est baissé d'un quart de point en septembre.
15:23Il l'a refait en octobre.
15:25Il l'a refait en décembre.
15:27Aujourd'hui, on est dans une situation aux Etats-Unis
15:29qui, à mon sens, est encore trop restrictive d'un point de vue monétaire aux Etats-Unis.
15:34Je parle donc de la Fed.
15:35On est quand même sur des taux réels court terme qui sont à 100 points de base.
15:38C'est à comparer avec un niveau moyen mesuré depuis le début du siècle
15:44qui est à peu près moins 50 points de base.
15:46Donc, on est assez fortement restrictif.
15:50Et par ailleurs, n'oublions pas qu'on est dans l'attente d'un nouveau président de la Fed.
15:54C'est quelque chose qui sera assez majeur.
15:56Et ça peut être assez disruptif, avec tous les risques, évidemment,
15:59qui sont liés sur l'indépendance.
16:01C'est un grand débat.
16:03Mais je pense que la Fed va plutôt surprendre de manière accommodante que l'inverse.
16:08C'est aussi une des raisons pour lesquelles je considère
16:11que le segment des small and me-cap aux Etats-Unis
16:14est un segment qui pourrait satisfaire l'investisseur
16:17durant toute l'année 2026
16:18et proposer des forts niveaux de surperformance,
16:20aussi en raison de valorisations qui sont complètement massacrées.
16:26Un, par rapport à l'ensemble du marché.
16:28Deux, surtout par rapport aux GAFAM, aux Etats-Unis.
16:30On est dans une situation qui est quand même assez incroyable.
16:34C'est qu'on a un indice qui est incroyablement cher,
16:36incroyablement cher, surévalué de 30%.
16:39Je parle du S&P.
16:41Et une majorité des sociétés qui composent la cote américaine
16:43qui, elles, sont sous-évaluées par rapport à leur moyenne historique.
16:47C'est une situation...
16:48Donc dans ce cas-là, on prend du S&P et coup ils pondéraient ?
16:50Par exemple, oui.
16:51C'est ce que je recommande.
16:52C'est ce que je recommande.
16:54Il nous reste, allez, même pas 4 minutes, 2 minutes chacun, là, sur l'allocation.
16:57Comment, aujourd'hui, vous arbitrez les portefeuilles chez UBS France ?
17:00Claudia Ponseri, on en a parlé, là, pendant de longues minutes.
17:04Beaucoup d'incertitudes, beaucoup de questions sans réponses.
17:06On verra ce que ça donne du côté de la FED.
17:08D'ailleurs, il y a des auditions, aujourd'hui, du côté de la Cour suprême,
17:10en ce qui concerne le cas de Lisa Cook.
17:12Alors, nous, on est toujours très exposés.
17:14On est toujours très exposés aux Etats-Unis.
17:16Je pense que la grosse différence entre 2026 et 2025,
17:20c'est la réduction de la concentration.
17:22On a été, essentiellement, pendant 2 ans, sur les Etats-Unis,
17:25avec le secteur technologique.
17:28Depuis, je dirais déjà, fin d'année dernière, post-été,
17:32on a commencé à diversifier davantage,
17:35avoir un peu plus de secteurs, type le secteur pharmaceutique,
17:38le secteur financier.
17:41Les banques, ce n'est pas trop tard ?
17:42Non.
17:42Nous, au niveau global, non.
17:44Et même en Europe, on est toujours exposés.
17:46Mais c'est vrai qu'on a réduit la concentration.
17:48On est beaucoup plus diversifiés.
17:50On a rajouté de l'Europe.
17:51On est positif sur le Japon.
17:52On a rajouté des pays émergents.
17:54On est présents sur la Chine.
17:56Donc, on a une exposition sur le secteur,
17:58sur le segment action,
18:00qui est bien plus diversifié par rapport à 2025.
18:02On est toujours, je dirais, sur la partie obligataire.
18:05Mais on est avec des durations qui sont courtes.
18:07Et plus particulièrement sur la partie corporate
18:10et moi, la partie souveraine.
18:12On a très peu de titres d'Etat.
18:13Le seul titre d'Etat qu'on a dans les portafoilles,
18:15c'est pour une position défensive.
18:17C'est le bon d'allemand parce que c'est extrêmement peu cher.
18:20Aujourd'hui, c'est traite à 2,9 à 2,84.
18:23Donc, c'est vrai que le portage n'est pas très intéressant.
18:26Mais c'est vraiment un actif qui n'est pas cher.
18:29On a rajouté l'année dernière,
18:30fin d'année dernière, les matières premières.
18:32On était déjà sur l'or depuis deux ans.
18:34On garde l'or, même après l'envolée.
18:36Mais on a dans les portafoilles des matières premières,
18:39des cuivres, de l'aluminium, de l'argent.
18:41Donc, on a une exposition d'allocations aujourd'hui
18:43qui est bien plus diversifiée.
18:45Et je dirais, on rajoute à des actifs alternatifs
18:49quand c'est possible.
18:51Et plus particulièrement, des hedge funds
18:53qui sont décorrélés par rapport au reste du marché
18:55et qui, en général, performent bien,
18:57même si la partie longue de la cour des taux
18:59s'emballe un tout petit peu.
19:00La diversification, c'est la clé, également, chez Erivest ?
19:03Oui, chez Erivesti, comme vous le savez,
19:05nous sommes des gérants actifs d'action.
19:07On a un mode de gestion qui est un mode purement algorithmique.
19:10On fait du momentum et on est assez, finalement,
19:12assez satisfait du contexte parce qu'on pense
19:14que le momentum est clairement, aujourd'hui,
19:18dispose d'un positionnement attractif
19:20et nous paraît parfaitement calibré
19:22pour ce type d'environnement.
19:24Ce que je lis en creux,
19:26quand on parle de diversification,
19:28c'est clairement qu'on adopte quand même
19:29un bien un peu plus prudent
19:30et je crois que c'est tout à fait sain, légitime.
19:35Il y a une forme de phénomène de satiété
19:38chez l'investisseur.
19:39Il faut être conscient d'une chose,
19:40c'est qu'aujourd'hui, on a quand même bénéficié
19:43d'un rallye boursier assez rare, assez long.
19:49On grimpe en Europe, je dirais, depuis l'automne 2022,
19:52six mois après l'invasion de l'Ukraine,
19:53quasiment en ligne droite.
19:54On a pris 70%.
19:55Certains secteurs, tels que les banques,
19:57ont fait des parcours absolument stratosphériques.
20:01Depuis 2020, l'Eurostox Bank, c'est x7.
20:03Donc je crois qu'on est sur une classe d'actifs
20:06qui a besoin de moments de respiration.
20:08Je ne vois pas beaucoup de risques à la baisse
20:10à ce stade, malgré le news flow hyper anxiogène.
20:15Mais je ne vois pas non plus un énorme catalyseur
20:18à la hausse pour cette année 2026.
20:20Et je continue de penser, c'est un peu ce que je disais au début de notre échange,
20:25qu'il y a en revanche beaucoup d'espoir sur la capacité de faire de la valeur relative.
20:31Le momentum est, je crois, le comportement des petites et moyennes valeurs
20:36qui me semblent bien positionnées des deux côtés de l'Atlantique pour 2026.
20:40Merci beaucoup à tous les deux de nous raccompagner ce matin.
20:44Stéphane Lévy, donc stratégie chez Irivest IM,
20:46et Closia Pensey, responsable de la stratégie d'investissement
20:49de la banque privée UBS France.
20:51Le CAC 40, après sept séances dans le rouge,
20:54est sur un zéro pointé, sur le même niveau qu'hier soir,
20:57à 8059 points, bien sûr, dans l'attente de la prise de parole
21:00de Donald Trump.
21:01Ce sera ce soir, aux alentours de 17h30-18h depuis Davos,
21:05afin bien sûr d'avoir peut-être des éléments supplémentaires
21:08sur ses intentions concernant bien sûr ces menaces de droits de douane
21:11et sur ses intentions, ce qui concerne le Groenland.

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