00:01En direct au Desmarchés, aujourd'hui c'est avec Alexandre Baradez, chef analyste chez IG. Bonjour Alexandre.
00:07Bonjour Nicolas, bonjour à tous.
00:08Merci d'être avec nous, un CAC 40 qui ouvre en recul à moins 0,37% à 8331 points, un DAX qui restait proche de l'équilibre mais qui recule également à l'heure actuelle en recul de 0,3%.
00:19Comment analysez-vous cette ouverture des marchés européens, Alexandre Baradez, dans ce contexte de questionnement encore plus grand vis-à-vis de l'indépendance de la Fed ?
00:29Oui effectivement, déjà revenir rapidement sur ce qui a permis au marché de marquer un record en fin de semaine dernière.
00:34On a vu deux composantes qui ont participé à ça, la première c'est la valeur du luxe qui sur les dernières 48 heures de la semaine dernière,
00:40jeudi et vendredi ont connu un rebond plutôt significatif, on pensait à des LVMH ou à d'autres, ça ça a permis au CAC 40 de se redresser,
00:48mais aussi sur un sujet malheureusement moins, plus important j'ai envie de dire et moins joyeux, les questions de la défense.
00:55On a vu autour de ces tensions par rapport à ce qui se passe en Iran, au Groenland aussi, par rapport aux suites de l'après-Venezuela,
01:03on voit que les valeurs de la défense ont reconnu à nouveau une phase de rallye relativement soutenue.
01:09Donc ces deux composantes-là ont permis au CAC 40 de marquer un record avec quelques dizaines de points,
01:13et si on regarde ce matin pourquoi ce CAC 40 est en léger repli, c'est pas énorme, moins 0,3, moins 0,4,
01:19et bien on remarque deux choses, la première c'est que d'un côté vous avez toujours les valeurs qui grimpent dans le top 5 du CAC 40,
01:26toujours quelques valeurs du luxe, on retrouve du Hermès notamment, ou du L'Oréal,
01:29et en revanche il fait baisser le CAC 40 un petit peu ce matin, vous remarquez que c'est la composante banque,
01:34vous avez pas mal de banques dans le top 5, top 10 des plus mauvaises performances du CAC 40,
01:39et ça c'est lié à un élément qu'il va falloir surveiller de près, c'est Donald Trump qui en fin de semaine dernière a indiqué,
01:44alors est-ce que c'est faisable ou pas, ça on verra, mais le marché en tout cas, je pense que les marchés américains vont s'enquêter un petit peu
01:50sur la partie bancaire et financière, c'est la volonté de Donald Trump de limiter le taux des cartes de crédit aux Etats-Unis à 10%,
01:57alors on rappelle le taux moyen sur les cartes de crédit aujourd'hui aux Etats-Unis, il est au-delà de 20%,
02:02donc si une telle mesure venait à être appliquée, ça veut dire que vous auriez effectivement d'un seul coup un affaissement
02:08à la fois des systèmes de paiement des banques ou autres sur les marges, mais aussi le risque que beaucoup d'Américains
02:15se retrouvent simplement sans carte de paiement parce que les banques n'accepteraient plus de leur prêté.
02:19On rappelle que les taux élevés, effectivement, c'est pas terrible pour la consommation,
02:22mais c'est aussi une forme de couverture pour les banques par rapport au risque de perte.
02:25Donc oui, c'est des annonces assez fracassantes de Trump, et bien ça fait pression,
02:29et alors vous allez dire, mais quel rapport avec l'Europe ?
02:31Parce que très probablement dans quelques heures sur les marchés américains, quand ils vont ouvrir,
02:34vous verrez que les valeurs bancaires seront réservées à la baisse.
02:36D'accord, donc une annonce de Donald Trump qui a un impact sur les valeurs bancaires aux Etats-Unis,
02:41enfin un impact estimé sur les valeurs bancaires aux Etats-Unis, a un impact sur les valeurs bancaires européennes.
02:46Voilà, exactement. Et puis l'autre sujet, effectivement, vous en avez probablement parlé ce matin sur BFM,
02:50c'est évidemment ce communiqué de Jérôme Powell. On rappelle que Jérôme Powell, jusqu'à présent,
02:54était assez réservé quand il était attaqué par Trump ou par les membres de son administration
02:58par rapport aux baisse de taux, par rapport aux travaux de rénovation de la Fed.
03:01Et là, effectivement, ce communiqué qui a été publié il y a quelques heures,
03:04il est marquant par le fait que Jérôme Powell, cette fois-ci, met les deux pieds dans le plat.
03:07Il cite très clairement pourquoi il y a cette assignation, finalement, à comparaitre,
03:12de la Fed devant un grand jury. Donc il y a clairement des risques de poursuite pénale derrière ça.
03:18L'argument officiel, c'est par rapport aux travaux de rénovation de la Fed qui auraient été trop coûteux.
03:22Mais Jérôme Powell lui dit très clairement, c'est pas ça le sujet.
03:24Le vrai sujet, c'est moi, c'est la Fed, c'est la politique monétaire, c'est les baisses de taux.
03:28Et en gros, il dit, même pas en substance, il dit très clairement, en gros, ça ne plaît pas à l'administration en place.
03:34Donc c'est pour ça que nous avons cette poursuite.
03:35Donc ça, en revanche, on voit que c'est beaucoup plus affirmé, beaucoup plus direct,
03:39comme ton de communication de Jérôme Powell.
03:41Et on voit que là, les futurs Américains se replient un petit peu là-dessus ce matin.
03:44C'est pas énorme, ça va de moins 0,5 à moins 0,8 selon les indices.
03:47Mais probablement, ça pèse aussi un petit peu sur le CAC 40 à l'ouverture.
03:51Merci Alexandre Baradez de nous avoir accompagné en direct au Desmarchés.
03:53Je rappelle que vous êtes chef analyste chez IG.
03:55C'est parti.
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