Ce lundi 12 janvier, la baisse du CAC40 et l'ouverture des marchés européens vis-à-vis des questions sur l'indépendance de la Fed, ont été abordées par Alexandre Baradez, chef analyste chez IG, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
00:01En direct au Desmarchés, aujourd'hui c'est avec Alexandre Baradez, chef analyste chez IG. Bonjour Alexandre.
00:07Bonjour Nicolas, bonjour à tous.
00:08Merci d'être avec nous, un CAC 40 qui ouvre en recul à moins 0,37% à 8331 points, un DAX qui restait proche de l'équilibre mais qui recule également à l'heure actuelle en recul de 0,3%.
00:19Comment analysez-vous cette ouverture des marchés européens, Alexandre Baradez, dans ce contexte de questionnement encore plus grand vis-à-vis de l'indépendance de la Fed ?
00:29Oui effectivement, déjà revenir rapidement sur ce qui a permis au marché de marquer un record en fin de semaine dernière.
00:34On a vu deux composantes qui ont participé à ça, la première c'est la valeur du luxe qui sur les dernières 48 heures de la semaine dernière,
00:40jeudi et vendredi ont connu un rebond plutôt significatif, on pensait à des LVMH ou à d'autres, ça ça a permis au CAC 40 de se redresser,
00:48mais aussi sur un sujet malheureusement moins, plus important j'ai envie de dire et moins joyeux, les questions de la défense.
00:55On a vu autour de ces tensions par rapport à ce qui se passe en Iran, au Groenland aussi, par rapport aux suites de l'après-Venezuela,
01:03on voit que les valeurs de la défense ont reconnu à nouveau une phase de rallye relativement soutenue.
01:09Donc ces deux composantes-là ont permis au CAC 40 de marquer un record avec quelques dizaines de points,
01:13et si on regarde ce matin pourquoi ce CAC 40 est en léger repli, c'est pas énorme, moins 0,3, moins 0,4,
01:19et bien on remarque deux choses, la première c'est que d'un côté vous avez toujours les valeurs qui grimpent dans le top 5 du CAC 40,
01:26toujours quelques valeurs du luxe, on retrouve du Hermès notamment, ou du L'Oréal,
01:29et en revanche il fait baisser le CAC 40 un petit peu ce matin, vous remarquez que c'est la composante banque,
01:34vous avez pas mal de banques dans le top 5, top 10 des plus mauvaises performances du CAC 40,
01:39et ça c'est lié à un élément qu'il va falloir surveiller de près, c'est Donald Trump qui en fin de semaine dernière a indiqué,
01:44alors est-ce que c'est faisable ou pas, ça on verra, mais le marché en tout cas, je pense que les marchés américains vont s'enquêter un petit peu
01:50sur la partie bancaire et financière, c'est la volonté de Donald Trump de limiter le taux des cartes de crédit aux Etats-Unis à 10%,
01:57alors on rappelle le taux moyen sur les cartes de crédit aujourd'hui aux Etats-Unis, il est au-delà de 20%,
02:02donc si une telle mesure venait à être appliquée, ça veut dire que vous auriez effectivement d'un seul coup un affaissement
02:08à la fois des systèmes de paiement des banques ou autres sur les marges, mais aussi le risque que beaucoup d'Américains
02:15se retrouvent simplement sans carte de paiement parce que les banques n'accepteraient plus de leur prêté.
02:19On rappelle que les taux élevés, effectivement, c'est pas terrible pour la consommation,
02:22mais c'est aussi une forme de couverture pour les banques par rapport au risque de perte.
02:25Donc oui, c'est des annonces assez fracassantes de Trump, et bien ça fait pression,
02:29et alors vous allez dire, mais quel rapport avec l'Europe ?
02:31Parce que très probablement dans quelques heures sur les marchés américains, quand ils vont ouvrir,
02:34vous verrez que les valeurs bancaires seront réservées à la baisse.
02:36D'accord, donc une annonce de Donald Trump qui a un impact sur les valeurs bancaires aux Etats-Unis,
02:41enfin un impact estimé sur les valeurs bancaires aux Etats-Unis, a un impact sur les valeurs bancaires européennes.
02:46Voilà, exactement. Et puis l'autre sujet, effectivement, vous en avez probablement parlé ce matin sur BFM,
02:50c'est évidemment ce communiqué de Jérôme Powell. On rappelle que Jérôme Powell, jusqu'à présent,
02:54était assez réservé quand il était attaqué par Trump ou par les membres de son administration
02:58par rapport aux baisse de taux, par rapport aux travaux de rénovation de la Fed.
03:01Et là, effectivement, ce communiqué qui a été publié il y a quelques heures,
03:04il est marquant par le fait que Jérôme Powell, cette fois-ci, met les deux pieds dans le plat.
03:07Il cite très clairement pourquoi il y a cette assignation, finalement, à comparaitre,
03:12de la Fed devant un grand jury. Donc il y a clairement des risques de poursuite pénale derrière ça.
03:18L'argument officiel, c'est par rapport aux travaux de rénovation de la Fed qui auraient été trop coûteux.
03:22Mais Jérôme Powell lui dit très clairement, c'est pas ça le sujet.
03:24Le vrai sujet, c'est moi, c'est la Fed, c'est la politique monétaire, c'est les baisses de taux.
03:28Et en gros, il dit, même pas en substance, il dit très clairement, en gros, ça ne plaît pas à l'administration en place.
03:34Donc c'est pour ça que nous avons cette poursuite.
03:35Donc ça, en revanche, on voit que c'est beaucoup plus affirmé, beaucoup plus direct,
03:39comme ton de communication de Jérôme Powell.
03:41Et on voit que là, les futurs Américains se replient un petit peu là-dessus ce matin.
03:44C'est pas énorme, ça va de moins 0,5 à moins 0,8 selon les indices.
03:47Mais probablement, ça pèse aussi un petit peu sur le CAC 40 à l'ouverture.
03:51Merci Alexandre Baradez de nous avoir accompagné en direct au Desmarchés.
03:53Je rappelle que vous êtes chef analyste chez IG.
Écris le tout premier commentaire