00:00Auparavant c'est Eric Blaine qui nous rejoint, le directeur de la gestion action de Swiss Life Gestion Privée, 15h43.
00:05Bonjour Eric. Bonjour Guillaume. Vous allez rendre votre diagnostic face au marché et le prononcer dans un instant en direct ce diagnostic. Est-il clair ?
00:13Il est clair, absolument. Alors on écoute votre diagnostic.
00:16On se fait absolument enfoncer par les exportations chinoises.
00:23Voilà. L'Europe est ouverte 24-24 aux surcapacités du monde, on se fait enfoncer par les exportations chinoises.
00:29C'est votre message. On aimerait attirer les capitaux du monde entier, ce n'est pas le cas.
00:32En revanche, on attire l'industrie chinoise, ça oui, les produits chinois.
00:35C'est ce qu'on entend. Je sors d'une conférence organisée par Kepler-Cheveur sur trois jours.
00:39On a eu beaucoup d'entreprises et beaucoup de secteurs d'activité et on voit bien que c'est très difficile.
00:45Les négociations avec les Etats-Unis ont abouti quand même à des déceptions, en tout cas si on écoute les patrons d'entreprise.
00:52Et inversement, les Chinois qui ont du mal à exporter aux Etats-Unis, parce que les barrières tarifaires ont beaucoup monté là-bas,
00:57ont des surproductions et ces surproductions sont aujourd'hui déversées sur l'Europe.
01:04Et on le voit dans différents secteurs comme l'automobile, la chimie par exemple, les matériaux de construction.
01:11Et c'est très compliqué pour les entreprises européennes.
01:15Le dernier avatar de tout ça, et je parle très sérieusement, c'est les laboubous.
01:19Ah, les poupées là, horribles, chinoises, mais qu'on voit, qu'on commence à voir un peu partout.
01:24Le truc...
01:24Du horrible parce qu'elles assument d'être horribles, elles sont moches, mais justement c'est ce qui les rend mignonne.
01:28C'est du plastique, c'est fabriqué en Chine.
01:31On est en pleine réflexion sur notre déficit commercial.
01:34Tout le monde achète des laboubous.
01:36Oui, 80 euros pièce quand même, le truc.
01:37En plus c'est cher.
01:38Alors on va dire, inflation, il faut bien qu'on résiste aux droits de douane, machin.
01:42Mais ils vendent cher maintenant, c'est plus low cost.
01:45Et en face, parallèlement, les droits de douane américains, c'est-à-dire que là, l'Europe est prise en ciseaux dans cette rentrée-là.
01:52Complètement coincée, puisque les droits de douane américains ont fait reculer les Chinois de leur marché.
01:59On le voit sur l'automobile, qui est quand même quelque chose qui est extrêmement complexe en Europe.
02:08Et les Américains disent, on n'a pas ces voitures électriques chinoises.
02:13On les a en Europe, en revanche.
02:15Et là, pour les constructeurs européens, c'est beaucoup plus compliqué.
02:18On le voit avec les Allemands, évidemment.
02:19Mais est-ce que vous sentez, c'était au cœur de cette conférence à laquelle vous avez assisté,
02:23c'était au cœur des échanges manifestement, et ça marque le milieu de l'investissement.
02:26L'Europe aujourd'hui prise en sandwich et en ciseaux entre la Chine qui inonde,
02:30qui va de plus en plus, en tout cas, inonder l'Europe de ses produits, et les droits de douane américains.
02:33Est-ce que vous sentez néanmoins qu'au cœur de cette conférence, on s'est réjoui d'une forme de réaction européenne ?
02:38Allez, d'initiatives.
02:40Il y a des initiatives, notamment on a mis des barrières tarifaires sur les Chinois,
02:44mais ça ne suffit pas, c'est très clair, on reste encore une vraie passoire.
02:48Et il y a quand même des idées qui ont été développées par des politiques,
02:52je pense à Mario Draghi, je pense à Enrico Letta.
02:54Des idées, on en a.
02:55Oui, des idées, on en a, mais ça n'avance pas.
02:56C'est ça le problème, en fait.
02:58L'idée d'un marché unique, quelque chose qui semble quand même essentiel
03:02pour trouver de la force et de la forme, ça n'avance pas.
03:06Donc le sujet là, il est que la Commission européenne, elle est lente,
03:09on a du mal à se mettre d'accord, et tout ça fait créer des lenteurs,
03:13et les dissensions aussi au sein des différents pays,
03:16avec leurs différents intérêts personnels, fait que l'Europe reste en retard.
03:22Et du coup, comment on traduit ça boursièrement ?
03:24Est-ce qu'il y a des secteurs dont vous vous dites que ceux-là sont en danger ?
03:26Parce que ça va encore plus, le problème que vous soulignez va encore plus s'aggraver,
03:30et d'autres au contraire resteront plutôt à l'abri.
03:32Alors on a quand même l'impression que sur l'automobile, par exemple,
03:35c'est complètement dans les cours, c'est quelque chose de connu.
03:38Je pense que sur la chimie, il faut encore se méfier,
03:41parce qu'en plus de cela, les prix de l'énergie sont en train de baisser,
03:44le dollar a baissé, donc tout ça a quand même des pressions énormes sur ce secteur-là,
03:49qui d'ailleurs ne performe pas bien en bourse,
03:50mais dans les variations, ce sont bien supérieurs à ceux de l'automobile.
03:52Et du côté positif, on voit que sur certains secteurs qui sont plus locaux,
03:59sont plus tranquilles, on va dire.
04:03Ça permet d'avoir notamment les valeurs de luxe rebondi récemment,
04:07parce qu'il y avait un petit peu de relance attendue en Chine,
04:11et on a vu des LVMH, des Hermès rebondir,
04:13et ce n'est pas surprenant, effectivement, ils sont moins gênés.
04:15On évoquera dans quelques instants également Fitch,
04:18qui pourrait dégrader la note de la France,
04:19on en parlera dans quelques minutes.
04:20Mais d'abord, on va coller au marché, justement,
04:23et Euronext, qui, le titre, je parle du titre Euronext,
04:26sur les marchés, qui est titre coté, l'opérateur pan-européen,
04:28et c'est coté en bourse, c'est une valeur qui va intégrer le CAC 40,
04:31figurez-vous, ce sera le 22 septembre,
04:32Euronext va remplacer Téléperformance,
04:34et puis dans le SBF 120, on aura Excel Technologies,
04:36qui va l'intégrer aussi.
04:38Ça vous donne envie d'encore acheter Euronext ou pas ?
04:40Il y a quand même cette malédiction des nouveaux entrants
04:42qui se confirme aujourd'hui, alors qu'on a appris son entrée au CAC 40,
04:45le titre Euronext recule.
04:47Ah oui, c'est une tradition.
04:49Ce n'est pas étonnant de voir un titre qui va rentrer dans le CAC 40,
04:52qui recule, et l'autre qui va sortir, qui monte,
04:54ce n'est pas tout à fait surprenant.
04:55Mais Euronext, c'est quand même un titre qui a fait
04:57une très belle performance dans le temps,
05:00il est donc au cœur, comme on le sait,
05:03de l'infrastructure européenne des marchés de capitaux.
05:06Ils ont donc la cotation, la négociation,
05:08ils ont aussi la compensation,
05:10le règlement livraison des marchés actions,
05:13ils ont aussi la négociation des marchés obligataires,
05:15ils ont acheté ça en Italie.
05:19Ils ont aussi le marché européen de l'électricité
05:21avec l'ensemble de la négociation Nordpoul.
05:24Donc il y a quand même une forte dynamique d'ATA derrière,
05:26c'est très rentable, il y a une bonne rentabilité.
05:29Quand on regarde les concurrents américains,
05:31londoniens et allemands,
05:33les performances sont bonnes,
05:35ils ont eu des politiques d'acquisition audacieuses
05:37et donc ils sont en train d'essayer de racheter la bourse d'Athènes.
05:41Ça pourrait être suivi par d'autres bourses,
05:42donc il y a encore des acquisitions de la consolidation à faire,
05:44ils sont en train de fabriquer quand même le marché unique des capitaux.
05:49Là, c'est la négociation de capitaux, c'est intéressant.
05:52Et en termes de valorisation, on est aujourd'hui à 18 fois,
05:55le maximum a été 21,5 fois, le minimum 15 fois,
05:58donc on est au milieu.
05:59Mais cette annonce, ça ne tombe pas au pire moment, je dirais,
06:01donc pourquoi pas continuer à s'intéresser à Euronext.
06:04Euronext qui, je me suis trompé d'une ligne,
06:05non, non, il n'y a pas de malédiction,
06:06qui progresse, qui progresse, pardon,
06:08plus 1% aujourd'hui Euronext,
06:09avec cette entrée au CAC le 22 septembre prochain.
06:12On regardera ce jour-là si Euronext recule du coup.
06:14X7 depuis son introduction en bourse, le titre Euronext,
06:16c'est en 2014.
06:18X7, impressionnant.
06:20Téléperf, c'est l'inverse,
06:21moins 35% là sur un an avec l'IA qui vient disrupter le modèle.
06:24Oui, le marché est très dur avec un téléperformance,
06:27extrêmement dur,
06:28parce que les résultats sont loin d'être catastrophiques,
06:30ils sont stables,
06:32et on est à 4 fois le cash flow,
06:34alors que le cash flow continue de progresser.
06:36Je trouve que la bourse est très dure avec Téléperf,
06:37ce n'est pas rare de voir aussi les sociétés qui sortent des grands indices
06:40et qui montent derrière.
06:43Téléperf aujourd'hui,
06:44après l'annonce de sa sortie à venir du CAC 40,
06:47ce sera dans quelques jours.
06:48Le 22 septembre, recule pour le coup,
06:49Téléperformance perd 0,9% en ce moment,
06:52dans un marché qui lui progresse, Antoine.
06:54Bon, ce qui va faire la tendance aussi,
06:56vaguement,
06:57et ce qui va nous laisser éveiller,
06:58à mon avis, tard ce soir,
07:00c'est le rendu de décision de Fitch.
07:02Bon, globalement,
07:05qu'il se passe quelque chose ou pas,
07:06la vraie news,
07:07et la vraie news étonnante,
07:09ce serait qu'il ne se passe rien, finalement.
07:11Oui, complètement.
07:12Parce que, globalement,
07:13c'est inscrit dans les cours, déjà,
07:15qu'on est quand même dégradé
07:17par rapport à nos dernières évaluations.
07:20Le marché l'a déjà pris en compte,
07:21si on regarde les courbes de taux.
07:23C'est complètement pricé,
07:24on le sait,
07:25on est un passager clandestin,
07:27c'est pas nouveau.
07:28On est pleu-mède,
07:29on est Europe du Sud, maintenant.
07:30Voilà, c'est clair.
07:32Donc là, l'idée,
07:34bon, dégradé ou pas dégradé,
07:36c'est déjà dans les cours.
07:37Le sujet, maintenant,
07:38c'est ce qui se passe politiquement,
07:40puisqu'on est sur un climat politique
07:42extrêmement compliqué,
07:43on le voit tous.
07:45Est-ce que M. Lecornu,
07:46en tant que Premier ministre,
07:48arrive à faire un budget
07:50et former un gouvernement
07:51qui tient ou pas ?
07:53S'il ne tient pas
07:53et qu'on passe par des réélections,
07:55je pense que le spread peut augmenter.
07:57Donc, l'histoire n'est pas finie,
07:58elle se déroule sous nos yeux.
07:59C'est un sujet de sous-performance
08:01de la bourse française
08:02par rapport à l'ensemble
08:03des autres bourses européennes.
08:06On sous-performe l'Europe,
08:08l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne,
08:11largement.
08:11Donc, on ne baisse pas
08:12parce que les autres montent,
08:13mais on stagne,
08:16alors que les autres avancent.
08:17Et si on arrive à une réélection,
08:21je pense que sur une annonce
08:22telle que celle-ci,
08:24on passerait sur un spread supérieur
08:26à celui de l'Italie
08:27pour se diriger au-dessus
08:30des 100 points de base.
08:31Et ça, ça serait beaucoup plus gênant.
08:33Est-ce qu'on peut imaginer,
08:34parce que là,
08:34on est tout proche de l'Italie,
08:35mais si le 10 ans français
08:37passe au-dessus du 10 ans italien,
08:38est-ce que la prochaine cible,
08:39ce sera le 10 ans américain ?
08:41Est-ce qu'on pourrait imaginer
08:42que dans les prochains mois,
08:43le 10 ans français passe carrément
08:44au-dessus du 10 ans américain ?
08:45Il se trouve que lui est à un plus bas
08:46de 5 mois, le 10 ans américain.
08:47Oui,
08:48il n'a peut-être pas fini de baisser
08:49parce qu'il baisse les taux aux Etats-Unis.
08:51Alors, c'est possible,
08:51pourquoi ?
08:52Parce que là,
08:53on est à 80 points de base,
08:55d'écart,
08:56donc 0,8% d'écart
08:57avec les taux aliments
08:58au niveau des taux italiens.
09:02Et on a 50 points d'écart avec les Etats-Unis.
09:03Il y a 3 ans,
09:03on avait 200 points de différence
09:05avec l'Italie.
09:06Aujourd'hui,
09:07on n'en a plus.
09:08Et avec les Américains,
09:09on n'a que 50 points d'écart.
09:10Et la crise ne va pas vraiment commencer
09:12avant 130 points de base.
09:14Donc, il y a encore 50 points de base
09:15à faire avant qu'on déclenche
09:17vraiment des choses importantes
09:22en termes de refinancement.
09:24Et donc,
09:2450 points de base,
09:25c'est là où sont les taux américains
09:26aujourd'hui.
09:27Donc, s'il y a réélection,
09:28je pense qu'on y va.
09:29Oui, c'est possible.
09:30C'est possible.
09:30Alors, quand,
09:31c'est la question,
09:32quand le 10 ans français passera-t-il ?
09:33Tout dépend là
09:34du cabinet de notre Premier ministre.
09:37Est-ce qu'il pourra réussir ?
09:39Est-ce que les politiques
09:40vont entendre quand même
09:41ce que disent les marchés financiers
09:43et quand même
09:44pas mal de responsables
09:45en disant
09:45soyez responsables
09:46parce que là,
09:46on arrive sur des choses dangereuses
09:48parce qu'après,
09:49ça va être quand même
09:49un autre son de cloche.
09:50Fitch ce soir donc
09:52et puis Moody's au mois d'octobre
09:53et Standard & Poor's
09:54au mois de novembre.
09:55Je pensais que vous alliez nous dire
09:55non mais Fitch,
09:56on s'en fiche,
09:56pas du tout.
09:58Non, vous n'avez pas osé la faire.
09:59Je pensais que vous oseriez.
10:00C'est Eric Blaine.
10:01On aurait pu.
10:02Je sais que vous l'avez pensé fortement.
10:04Vous n'avez pas osé.
10:05Moi aussi.
10:05Eric, merci de nous avoir accompagné.
10:07Avec plaisir.
10:07Bon retour.
10:07Bon week-end.
10:08Swiss Live Gestion Privée.
Commentaires