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  • il y a 1 an
Ce vendredi 12 septembre, Éric Bleines, directeur de la Gestion Actions chez SwissLife Gestion Privée, s'est penché sur l'ouverture de l'Europe aux surcapacités du monde avec les surtaxes américaines, principalement les produits chinois, l'arrivée d'Euronext dans le CAC 40 prochainement, la France et l'Italie au coude-à-coude sur leur taux 10 ans, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Auparavant c'est Eric Blaine qui nous rejoint, le directeur de la gestion action de Swiss Life Gestion Privée, 15h43.
00:05Bonjour Eric. Bonjour Guillaume. Vous allez rendre votre diagnostic face au marché et le prononcer dans un instant en direct ce diagnostic. Est-il clair ?
00:13Il est clair, absolument. Alors on écoute votre diagnostic.
00:16On se fait absolument enfoncer par les exportations chinoises.
00:23Voilà. L'Europe est ouverte 24-24 aux surcapacités du monde, on se fait enfoncer par les exportations chinoises.
00:29C'est votre message. On aimerait attirer les capitaux du monde entier, ce n'est pas le cas.
00:32En revanche, on attire l'industrie chinoise, ça oui, les produits chinois.
00:35C'est ce qu'on entend. Je sors d'une conférence organisée par Kepler-Cheveur sur trois jours.
00:39On a eu beaucoup d'entreprises et beaucoup de secteurs d'activité et on voit bien que c'est très difficile.
00:45Les négociations avec les Etats-Unis ont abouti quand même à des déceptions, en tout cas si on écoute les patrons d'entreprise.
00:52Et inversement, les Chinois qui ont du mal à exporter aux Etats-Unis, parce que les barrières tarifaires ont beaucoup monté là-bas,
00:57ont des surproductions et ces surproductions sont aujourd'hui déversées sur l'Europe.
01:04Et on le voit dans différents secteurs comme l'automobile, la chimie par exemple, les matériaux de construction.
01:11Et c'est très compliqué pour les entreprises européennes.
01:15Le dernier avatar de tout ça, et je parle très sérieusement, c'est les laboubous.
01:19Ah, les poupées là, horribles, chinoises, mais qu'on voit, qu'on commence à voir un peu partout.
01:24Le truc...
01:24Du horrible parce qu'elles assument d'être horribles, elles sont moches, mais justement c'est ce qui les rend mignonne.
01:28C'est du plastique, c'est fabriqué en Chine.
01:31On est en pleine réflexion sur notre déficit commercial.
01:34Tout le monde achète des laboubous.
01:36Oui, 80 euros pièce quand même, le truc.
01:37En plus c'est cher.
01:38Alors on va dire, inflation, il faut bien qu'on résiste aux droits de douane, machin.
01:42Mais ils vendent cher maintenant, c'est plus low cost.
01:45Et en face, parallèlement, les droits de douane américains, c'est-à-dire que là, l'Europe est prise en ciseaux dans cette rentrée-là.
01:52Complètement coincée, puisque les droits de douane américains ont fait reculer les Chinois de leur marché.
01:59On le voit sur l'automobile, qui est quand même quelque chose qui est extrêmement complexe en Europe.
02:08Et les Américains disent, on n'a pas ces voitures électriques chinoises.
02:13On les a en Europe, en revanche.
02:15Et là, pour les constructeurs européens, c'est beaucoup plus compliqué.
02:18On le voit avec les Allemands, évidemment.
02:19Mais est-ce que vous sentez, c'était au cœur de cette conférence à laquelle vous avez assisté,
02:23c'était au cœur des échanges manifestement, et ça marque le milieu de l'investissement.
02:26L'Europe aujourd'hui prise en sandwich et en ciseaux entre la Chine qui inonde,
02:30qui va de plus en plus, en tout cas, inonder l'Europe de ses produits, et les droits de douane américains.
02:33Est-ce que vous sentez néanmoins qu'au cœur de cette conférence, on s'est réjoui d'une forme de réaction européenne ?
02:38Allez, d'initiatives.
02:40Il y a des initiatives, notamment on a mis des barrières tarifaires sur les Chinois,
02:44mais ça ne suffit pas, c'est très clair, on reste encore une vraie passoire.
02:48Et il y a quand même des idées qui ont été développées par des politiques,
02:52je pense à Mario Draghi, je pense à Enrico Letta.
02:54Des idées, on en a.
02:55Oui, des idées, on en a, mais ça n'avance pas.
02:56C'est ça le problème, en fait.
02:58L'idée d'un marché unique, quelque chose qui semble quand même essentiel
03:02pour trouver de la force et de la forme, ça n'avance pas.
03:06Donc le sujet là, il est que la Commission européenne, elle est lente,
03:09on a du mal à se mettre d'accord, et tout ça fait créer des lenteurs,
03:13et les dissensions aussi au sein des différents pays,
03:16avec leurs différents intérêts personnels, fait que l'Europe reste en retard.
03:22Et du coup, comment on traduit ça boursièrement ?
03:24Est-ce qu'il y a des secteurs dont vous vous dites que ceux-là sont en danger ?
03:26Parce que ça va encore plus, le problème que vous soulignez va encore plus s'aggraver,
03:30et d'autres au contraire resteront plutôt à l'abri.
03:32Alors on a quand même l'impression que sur l'automobile, par exemple,
03:35c'est complètement dans les cours, c'est quelque chose de connu.
03:38Je pense que sur la chimie, il faut encore se méfier,
03:41parce qu'en plus de cela, les prix de l'énergie sont en train de baisser,
03:44le dollar a baissé, donc tout ça a quand même des pressions énormes sur ce secteur-là,
03:49qui d'ailleurs ne performe pas bien en bourse,
03:50mais dans les variations, ce sont bien supérieurs à ceux de l'automobile.
03:52Et du côté positif, on voit que sur certains secteurs qui sont plus locaux,
03:59sont plus tranquilles, on va dire.
04:03Ça permet d'avoir notamment les valeurs de luxe rebondi récemment,
04:07parce qu'il y avait un petit peu de relance attendue en Chine,
04:11et on a vu des LVMH, des Hermès rebondir,
04:13et ce n'est pas surprenant, effectivement, ils sont moins gênés.
04:15On évoquera dans quelques instants également Fitch,
04:18qui pourrait dégrader la note de la France,
04:19on en parlera dans quelques minutes.
04:20Mais d'abord, on va coller au marché, justement,
04:23et Euronext, qui, le titre, je parle du titre Euronext,
04:26sur les marchés, qui est titre coté, l'opérateur pan-européen,
04:28et c'est coté en bourse, c'est une valeur qui va intégrer le CAC 40,
04:31figurez-vous, ce sera le 22 septembre,
04:32Euronext va remplacer Téléperformance,
04:34et puis dans le SBF 120, on aura Excel Technologies,
04:36qui va l'intégrer aussi.
04:38Ça vous donne envie d'encore acheter Euronext ou pas ?
04:40Il y a quand même cette malédiction des nouveaux entrants
04:42qui se confirme aujourd'hui, alors qu'on a appris son entrée au CAC 40,
04:45le titre Euronext recule.
04:47Ah oui, c'est une tradition.
04:49Ce n'est pas étonnant de voir un titre qui va rentrer dans le CAC 40,
04:52qui recule, et l'autre qui va sortir, qui monte,
04:54ce n'est pas tout à fait surprenant.
04:55Mais Euronext, c'est quand même un titre qui a fait
04:57une très belle performance dans le temps,
05:00il est donc au cœur, comme on le sait,
05:03de l'infrastructure européenne des marchés de capitaux.
05:06Ils ont donc la cotation, la négociation,
05:08ils ont aussi la compensation,
05:10le règlement livraison des marchés actions,
05:13ils ont aussi la négociation des marchés obligataires,
05:15ils ont acheté ça en Italie.
05:19Ils ont aussi le marché européen de l'électricité
05:21avec l'ensemble de la négociation Nordpoul.
05:24Donc il y a quand même une forte dynamique d'ATA derrière,
05:26c'est très rentable, il y a une bonne rentabilité.
05:29Quand on regarde les concurrents américains,
05:31londoniens et allemands,
05:33les performances sont bonnes,
05:35ils ont eu des politiques d'acquisition audacieuses
05:37et donc ils sont en train d'essayer de racheter la bourse d'Athènes.
05:41Ça pourrait être suivi par d'autres bourses,
05:42donc il y a encore des acquisitions de la consolidation à faire,
05:44ils sont en train de fabriquer quand même le marché unique des capitaux.
05:49Là, c'est la négociation de capitaux, c'est intéressant.
05:52Et en termes de valorisation, on est aujourd'hui à 18 fois,
05:55le maximum a été 21,5 fois, le minimum 15 fois,
05:58donc on est au milieu.
05:59Mais cette annonce, ça ne tombe pas au pire moment, je dirais,
06:01donc pourquoi pas continuer à s'intéresser à Euronext.
06:04Euronext qui, je me suis trompé d'une ligne,
06:05non, non, il n'y a pas de malédiction,
06:06qui progresse, qui progresse, pardon,
06:08plus 1% aujourd'hui Euronext,
06:09avec cette entrée au CAC le 22 septembre prochain.
06:12On regardera ce jour-là si Euronext recule du coup.
06:14X7 depuis son introduction en bourse, le titre Euronext,
06:16c'est en 2014.
06:18X7, impressionnant.
06:20Téléperf, c'est l'inverse,
06:21moins 35% là sur un an avec l'IA qui vient disrupter le modèle.
06:24Oui, le marché est très dur avec un téléperformance,
06:27extrêmement dur,
06:28parce que les résultats sont loin d'être catastrophiques,
06:30ils sont stables,
06:32et on est à 4 fois le cash flow,
06:34alors que le cash flow continue de progresser.
06:36Je trouve que la bourse est très dure avec Téléperf,
06:37ce n'est pas rare de voir aussi les sociétés qui sortent des grands indices
06:40et qui montent derrière.
06:43Téléperf aujourd'hui,
06:44après l'annonce de sa sortie à venir du CAC 40,
06:47ce sera dans quelques jours.
06:48Le 22 septembre, recule pour le coup,
06:49Téléperformance perd 0,9% en ce moment,
06:52dans un marché qui lui progresse, Antoine.
06:54Bon, ce qui va faire la tendance aussi,
06:56vaguement,
06:57et ce qui va nous laisser éveiller,
06:58à mon avis, tard ce soir,
07:00c'est le rendu de décision de Fitch.
07:02Bon, globalement,
07:05qu'il se passe quelque chose ou pas,
07:06la vraie news,
07:07et la vraie news étonnante,
07:09ce serait qu'il ne se passe rien, finalement.
07:11Oui, complètement.
07:12Parce que, globalement,
07:13c'est inscrit dans les cours, déjà,
07:15qu'on est quand même dégradé
07:17par rapport à nos dernières évaluations.
07:20Le marché l'a déjà pris en compte,
07:21si on regarde les courbes de taux.
07:23C'est complètement pricé,
07:24on le sait,
07:25on est un passager clandestin,
07:27c'est pas nouveau.
07:28On est pleu-mède,
07:29on est Europe du Sud, maintenant.
07:30Voilà, c'est clair.
07:32Donc là, l'idée,
07:34bon, dégradé ou pas dégradé,
07:36c'est déjà dans les cours.
07:37Le sujet, maintenant,
07:38c'est ce qui se passe politiquement,
07:40puisqu'on est sur un climat politique
07:42extrêmement compliqué,
07:43on le voit tous.
07:45Est-ce que M. Lecornu,
07:46en tant que Premier ministre,
07:48arrive à faire un budget
07:50et former un gouvernement
07:51qui tient ou pas ?
07:53S'il ne tient pas
07:53et qu'on passe par des réélections,
07:55je pense que le spread peut augmenter.
07:57Donc, l'histoire n'est pas finie,
07:58elle se déroule sous nos yeux.
07:59C'est un sujet de sous-performance
08:01de la bourse française
08:02par rapport à l'ensemble
08:03des autres bourses européennes.
08:06On sous-performe l'Europe,
08:08l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne,
08:11largement.
08:11Donc, on ne baisse pas
08:12parce que les autres montent,
08:13mais on stagne,
08:16alors que les autres avancent.
08:17Et si on arrive à une réélection,
08:21je pense que sur une annonce
08:22telle que celle-ci,
08:24on passerait sur un spread supérieur
08:26à celui de l'Italie
08:27pour se diriger au-dessus
08:30des 100 points de base.
08:31Et ça, ça serait beaucoup plus gênant.
08:33Est-ce qu'on peut imaginer,
08:34parce que là,
08:34on est tout proche de l'Italie,
08:35mais si le 10 ans français
08:37passe au-dessus du 10 ans italien,
08:38est-ce que la prochaine cible,
08:39ce sera le 10 ans américain ?
08:41Est-ce qu'on pourrait imaginer
08:42que dans les prochains mois,
08:43le 10 ans français passe carrément
08:44au-dessus du 10 ans américain ?
08:45Il se trouve que lui est à un plus bas
08:46de 5 mois, le 10 ans américain.
08:47Oui,
08:48il n'a peut-être pas fini de baisser
08:49parce qu'il baisse les taux aux Etats-Unis.
08:51Alors, c'est possible,
08:51pourquoi ?
08:52Parce que là,
08:53on est à 80 points de base,
08:55d'écart,
08:56donc 0,8% d'écart
08:57avec les taux aliments
08:58au niveau des taux italiens.
09:02Et on a 50 points d'écart avec les Etats-Unis.
09:03Il y a 3 ans,
09:03on avait 200 points de différence
09:05avec l'Italie.
09:06Aujourd'hui,
09:07on n'en a plus.
09:08Et avec les Américains,
09:09on n'a que 50 points d'écart.
09:10Et la crise ne va pas vraiment commencer
09:12avant 130 points de base.
09:14Donc, il y a encore 50 points de base
09:15à faire avant qu'on déclenche
09:17vraiment des choses importantes
09:22en termes de refinancement.
09:24Et donc,
09:2450 points de base,
09:25c'est là où sont les taux américains
09:26aujourd'hui.
09:27Donc, s'il y a réélection,
09:28je pense qu'on y va.
09:29Oui, c'est possible.
09:30C'est possible.
09:30Alors, quand,
09:31c'est la question,
09:32quand le 10 ans français passera-t-il ?
09:33Tout dépend là
09:34du cabinet de notre Premier ministre.
09:37Est-ce qu'il pourra réussir ?
09:39Est-ce que les politiques
09:40vont entendre quand même
09:41ce que disent les marchés financiers
09:43et quand même
09:44pas mal de responsables
09:45en disant
09:45soyez responsables
09:46parce que là,
09:46on arrive sur des choses dangereuses
09:48parce qu'après,
09:49ça va être quand même
09:49un autre son de cloche.
09:50Fitch ce soir donc
09:52et puis Moody's au mois d'octobre
09:53et Standard & Poor's
09:54au mois de novembre.
09:55Je pensais que vous alliez nous dire
09:55non mais Fitch,
09:56on s'en fiche,
09:56pas du tout.
09:58Non, vous n'avez pas osé la faire.
09:59Je pensais que vous oseriez.
10:00C'est Eric Blaine.
10:01On aurait pu.
10:02Je sais que vous l'avez pensé fortement.
10:04Vous n'avez pas osé.
10:05Moi aussi.
10:05Eric, merci de nous avoir accompagné.
10:07Avec plaisir.
10:07Bon retour.
10:07Bon week-end.
10:08Swiss Live Gestion Privée.
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