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  • il y a 1 an
Ce vendredi 5 septembre, François Gobron, gérant actions européennes chez Generali Investments, s'est penché sur la question de la place centrale de l'Europe dans l'intelligence artificielle et sa chaîne de valeur, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:06L'intelligence artificielle sera aussi européenne, c'est sa conviction.
00:10François Gobron nous rejoint, gérant actions européennes pour Generali Investment.
00:14Bonjour François.
00:15Bonjour Guillaume.
00:15Bienvenue, l'IA se joue autant en Europe qu'aux Etats-Unis ou en Chine,
00:18c'est ce que vous venez tenter de nous expliquer.
00:21C'est un vœu pieux pour l'avenir ou c'est déjà vrai ?
00:24Alors dire que c'est autant, c'est un petit peu un vœu pieux.
00:26On est quand même dans une structure où il y a toute une verticalité dans l'intelligence artificielle.
00:34On part en fait du silicium et on va jusqu'à l'utilisateur final.
00:38Et tout au long de cette chaîne de valeur, l'Europe est présente avec des champions qui sont déjà bien établis,
00:42d'autres qui sont en train de s'établir.
00:44Alors justement, on va remonter l'ensemble de la chaîne de valeur,
00:46plutôt on va descendre la chaîne de valeur en partant de l'amont.
00:48Dans l'amont, comment l'Europe est-elle présente ?
00:51Alors dans le silicium, les puces sont écrites sur du silicium
00:55et il y a une société allemande qui s'appelle Siltronic
00:57qui est un des leaders mondiaux dans la fabrication des lingots de silicium.
01:02C'est en quelque sorte les feuilles de papier sur lesquelles on vient écrire la puce.
01:06Soitech, un leader français, vient les doper, les booster pour améliorer leur performance.
01:12Et à partir de là, ces wafer vont être écrits par les machines d'ASML
01:17qui font de la lithographie à très très fine échelle.
01:20ASML, une société hollandaise qui est archi-leader sur son marché.
01:24Et clairement, aujourd'hui, on peut dire que sans ASML, il n'y aurait pas d'IA.
01:29Les wafers, les gaufres, c'est pratique d'écrire dedans, par lithographie.
01:35Donc on est bien placé dans l'amont.
01:38Est-ce qu'on est présent aussi au cœur de l'IA ?
01:40C'est vrai qu'on connaît Mistral et ses entreprises.
01:44Est-ce qu'il y en a d'autres qui devraient nous sauter aux yeux
01:46et qui pour l'instant ne nous sautent pas aux yeux ?
01:47Alors, c'est vrai que sur la partie cœur de l'intelligence artificielle, on est très en retard.
01:52On a des leaders qui sont américains, avec évidemment NVIDIA pour les puces,
01:58Tchad GPT, OpenAI pour les modèles.
02:02En Europe, on a Mistral, qui n'est quand même pas si petit que ça.
02:05C'est 14 milliards de valorisation, 2 millions d'utilisateurs,
02:09mais c'est vraiment européen, européen.
02:12C'est pas très utilisé à l'extérieur de l'Europe.
02:14C'est gentil de dire européen, c'est surtout français.
02:16Franco-français, on peut le dire.
02:18Et en termes de nombre d'utilisateurs, on a 2 millions d'utilisateurs pour Mistral
02:25et on a plutôt 800 millions pour Tchad GPT.
02:28Donc on est dans une autre échelle.
02:31Autre chose qui est assez intéressante,
02:33c'est que la consommation d'énergie de Tchad GPT,
02:38pour fabriquer le modèle, le faire, l'entraîner,
02:42c'est 45 gigawattheures, ce qui est à peu près estimé.
02:45On n'a pas les chiffres précis, mais 45 gigawattheures,
02:48c'est 2 tranches de centrales nucléaires pendant 2 jours.
02:51C'est quand même énorme.
02:53Alors que Mistral, c'est 1000, 2000, 4000 fois moins.
02:56Encore une fois, les chiffres ne sont pas très précis,
02:58mais on est dans un ordre de milliers de fois moins d'intensité énergétique.
03:02Ce qui est en fait très intéressant,
03:04et ce qui prouve que dans le futur,
03:06on aura peut-être des modèles d'intelligence artificielle
03:08qui seront beaucoup moins larges au spectre.
03:12Ils seront peut-être un peu plus spécialisés.
03:13Et Mistral a sa carte à jouer là-dedans.
03:15On va aller dans l'aval de l'intelligence artificielle,
03:17parce qu'on voit que sur le cœur de l'IA,
03:18peut-être que Mistral a une carte à jouer,
03:20mais Mistral n'est loin d'être un acteur dominant.
03:22Dans l'amont, on a quelques géants européens,
03:24et dans l'aval, il paraît que la vague 2 de l'IA,
03:26la prochaine grande vague de l'IA,
03:27sera dans les logiciels.
03:29Est-ce que sur ce segment du marché de l'intelligence artificielle,
03:31les logiciels, là, l'Europe a une carte à jouer
03:33peut-être plus importante ?
03:35Oui, alors là, en fait, quand on pense aux logiciels,
03:37on pense évidemment, encore une fois,
03:39Microsoft, avec un milliard de PC Windows,
03:43500, quasiment 500 millions d'utilisateurs
03:45de Microsoft Office,
03:46ce qui est une très belle base installée
03:47pour vendre vers de l'upselling,
03:50vendre un peu plus de licences dans l'IA.
03:53On a des sociétés qui ne sont pas ridicules en Europe.
03:56On a SAP, SAP, c'est 200 millions d'utilisateurs.
03:59200 millions d'utilisateurs à qui ils peuvent vendre
04:01de l'intelligence artificielle.
04:03Donc là aussi, il y a des business models
04:04qui vont grossir.
04:06En France, on a Dassault Systèmes,
04:08c'est beaucoup plus petit,
04:09c'est plutôt une vingtaine de millions d'utilisateurs,
04:12mais avec beaucoup de valeurs ajoutées.
04:15Donc là aussi, on va avoir des sociétés
04:18qui vont en bénéficier.
04:19Oui, mais à vous entendre, on se dit,
04:22c'est plutôt comme client,
04:23client des grands acteurs mondiaux de l'IA
04:25que l'Europe va peut-être finir à terme
04:28par retourner la hiérarchie
04:29et peut-être finir par imposer ses vues,
04:32c'est beaucoup dire,
04:32mais malgré tout parvenir à son tour
04:35faire infuser ses nécessités à elle,
04:38en tant que client,
04:39par son aspect client final.
04:41C'est vrai, on a ce problème-là.
04:43Comme on n'est pas au cœur du réacteur,
04:45on est plutôt dans une relation client-fournisseur.
04:48Et parfois, on dit que le client est roi.
04:51Le client, en fait, ça va être des sociétés
04:54ou des utilisateurs finaux comme vous et moi,
04:57mais ça va être des sociétés
04:58qui vont utiliser l'IA
04:59pour améliorer leur marge
05:01ou faire de la R&D un petit peu optimisée.
05:05Et ce qu'on voit, c'est que dans la pharma,
05:06par exemple,
05:07on a des sociétés comme Novartis
05:08qui vont en fait faire des partenariats
05:12avec Microsoft et NVIDIA directement.
05:17Donc, on ne va pas faire plier l'IA,
05:19on ne va pas la conformer à nos besoins,
05:20mais il va y avoir des partenariats
05:22entre les grosses sociétés européennes
05:24et les géants américains.
05:27François Gobouron,
05:28merci beaucoup d'être passé nous voir aujourd'hui.
05:30Géant Action Européenne pour Generali Investment.
05:32Merci.
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