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  • il y a 5 semaines
Ce jeudi 15 janvier, le remboursement de plus de 27 milliards d'euros de médicaments par la Sécurité sociale en 2024 a été abordé par Jean-Marc Daniel et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Face à le chiffre, c'est Jean-Marc Daniel aujourd'hui.
00:02Plus de 27 milliards d'euros de médicaments remboursés par la Sécurité sociale en 2024.
00:06C'est une hausse de 7% par rapport à 2023.
00:09C'est ce que nous a dit hier l'assurance maladie qui faisait le panorama des dépenses.
00:13Comment on fait pour réduire la facture, Emmanuel ?
00:15La question qui devient la question qu'on ne peut plus contourner,
00:21quand on regarde les chiffres de l'assurance maladie,
00:23c'est la question des traitements les plus chers.
00:26puisqu'on a maintenant 21 traitements qui coûtent plus de 100 000 euros par an.
00:31Et la question qu'on ne va plus pouvoir éluder, c'est un,
00:33est-ce qu'on va pouvoir tout rembourser indéfiniment, quel que soit le prix ?
00:37Est-ce qu'un système solidaire peut survivre
00:40quand on a de plus en plus de traitements qui coûtent 100 000, 200 000, 300 000 euros par an ?
00:45Et moi, ma position, c'est que le principe cardinal doit rester la solidarité.
00:51La solidarité, elle est non négociable.
00:52En revanche, l'inefficacité, elle est parfaitement incompréhensible.
00:59Et il faut absolument lutter contre l'inefficacité
01:02et trouver d'autres moyens d'aller maîtriser ces dépenses de santé
01:06qu'on ne peut plus d'ailleurs maîtriser simplement avec un objectif comptable.
01:10Donc, la bonne idée, par exemple, ce serait de hiérarchiser,
01:14ce qu'on ne fait pas assez,
01:16de hiérarchiser les médicaments selon leur service médical rendu,
01:21selon leur efficacité.
01:22Et si vous avez, par exemple, une innovation majeure,
01:24mais qu'elle apporte véritablement plus de confort, plus de durée de vie, etc.,
01:29ben oui, vous remboursez intégralement.
01:30Sinon, hop, vous ne remboursez plus.
01:34Alors, je ne reviens pas sur la litanie qu'on a déjà fait,
01:37sur le gaspillage presque invisible,
01:40mais on a quand même 10 à 15 % des dépenses de santé
01:43qui sont là-dessus complètement inutiles.
01:48Négocier dur, parce que oui, il faut négocier aussi le prix avec les labos
01:52et que le prix des médicaments, ce soit, c'est l'expression de Jean-Marc,
01:56je lui emprunte, il la reprendra peut-être,
01:58que le prix du médicament soit un vrai prix et pas un tarif.
02:01Bref, il y a beaucoup de façons de faire, mais on ne touche pas à la solidarité.
02:04Mais alors, attendez, parce que vous m'avez vendu un débat, oui,
02:06avec Jean-Marc, on n'est absolument pas d'accord.
02:07Non, on n'est pas d'accord.
02:08Vous me dites qu'il faut rembourser en fonction de l'efficacité.
02:11Jean-Marc, vous n'allez pas me dire le contraire, non ?
02:13Oui, je suis tout à fait d'accord.
02:15Simplement, je pense que derrière le mot solidarité,
02:17on met tellement de choses que ça finit par être totalement contre-productif.
02:20Je pense que la solidarité, il vaut mieux préférer la vérité,
02:24c'est-à-dire la vérité de ce que ça coûte.
02:26Il y a longtemps qu'on n'a pas parlé latin,
02:27il y a une formule célèbre dans les pièces de Plott et de Terrence,
02:32il y a le cœur qui n'arrête pas de dire « quiz paguit ».
02:35Ce qui veut dire, mais à la fin, qui paie ?
02:37Et donc la solidarité, c'est quand même l'ensemble de la population qui paie.
02:41Et je pense que le problème des dépenses de santé à l'heure actuelle,
02:43et notamment des dépenses de médicaments,
02:45c'est qu'effectivement, par rapport au message initial du Conseil national de la résistance,
02:49d'abord, les prescriptions et les médications ont considérablement évolué
02:52avec un écart dans l'évolution des coûts considérable.
02:55C'est-à-dire que les prix des médications des années 50-60
02:58étaient dans une fourchette qui est beaucoup moins élargie que la fourchette actuelle.
03:03Et la deuxième chose, c'est qu'on s'est orienté systématiquement
03:05vers un refus de la vérité au travers de deux éléments.
03:08Le premier élément, c'est qu'on refuse de faire payer aux assurés sociaux
03:11les cotisations sociales qui correspondent à l'assurance maladie.
03:15Mais il veut augmenter les cotisations sociales ?
03:16C'est une assurance.
03:17Donc l'assurance maladie, ça se paie, il faut la payer.
03:20Et donc, effectivement...
03:20Donc en fonction de votre profil ?
03:22Et puis en fonction, effectivement, de votre revenu.
03:24On allège systématiquement les cotisations en disant que c'est des charges.
03:28Ce n'est pas des charges, c'est une cotisation, c'est le paiement d'un service qui est rendu.
03:32Et donc, effectivement, on ruine la sécurité sociale au nom d'un discours en disant
03:36que les charges sont trop élevées.
03:37Non mais Jean-Marc, il trouve que la Sécu rembourse trop.
03:39Je trouve que la Sécu...
03:40Non, c'est Jean-Marc.
03:43Est-ce que vous dites qu'on n'insiste pas assez sur vos points de différence ?
03:45Jean-Marc dit que la Sécu rembourse trop.
03:47Je trouve qu'il y a un déséquilibre entre ce que l'on demande aux gens, aux assurés sociaux,
03:51par rapport à ce que l'on fournit.
03:53Soit la Sécu rembourse trop, soit les assurés sociaux ne paient pas assez.
03:56Et donc, je pense que les politiques d'allègement systématique de charges au nom de...
04:00Il faut baisser la différence entre le brut et le net.
04:02Ils sont en train de ruiner la sécurité sociale et de détruire notre appareil de santé
04:06sur la base d'un discours démagogique de solidarité et d'efficacité.
04:11Mais c'est parce que ce n'est peut-être pas le travail qui doit payer ça.
04:13C'est toute la question, si vous dites...
04:15Mais si, ce n'est pas le travail qui paie.
04:17C'est les gens qui travaillent, mais les gens qui ne travaillent pas
04:20paient aussi des cotisations sociales.
04:22C'est les assurés qui doivent payer.
04:23C'est une assurance.
04:24Le deuxième élément qui est en train de ruiner la sécurité sociale,
04:27c'est qu'effectivement, je maintiens,
04:29c'est que les prix sont déterminés comme des tarifs.
04:32C'est une expression, d'ailleurs, que j'ai empruntée à Alain Madelin
04:34qui le rappelait régulièrement sur ce plateau.
04:36C'est-à-dire que les prix ne correspondent pas à la réalité économique qu'il y a derrière.
04:39Et pourquoi ? Parce que les prix sont fixés
04:41selon une procédure très, très bureaucratique
04:43qui a sa légitimité, qui a fonctionné
04:45et qui n'est pas contestable dans les intentions de ceux qui l'ont mis en place
04:48où il y a une autorisation de mise sur le marché des médicaments.
04:51Et ensuite, on demande à un comité,
04:53donc il y a une autorité de la transparence
04:55qui va demander à un comité de spécialistes
04:57qui s'appelle le Comité économique des produits de santé,
05:01de fixer le prix auquel la sécurité sociale va rembourser.
05:04Et quand vous regardez la composition de ce comité,
05:06vous apercevez qu'il y a énormément de fonctionnaires,
05:08assez peu de pharmaciens ou de médecins.
05:10Et donc, je pense que le véritable problème,
05:12c'est que le monopole de la sécurité sociale,
05:15qui a comme conséquence qu'on ne la finance pas
05:17à hauteur de ce qu'elle devrait être financée,
05:19et qu'on la met entre les mains de décisions bureaucratiques
05:21et technocratiques pour fixer le prix de ce qu'elle va rembourser.
05:24Mais là, vous feriez exploser le prix de médicaments innovants,
05:27donc on parle là de médicaments contre le cancer,
05:29puisqu'a priori, clairement, il coûte plus cher.
05:31Non, je vais vous expliquer pourquoi je ne fais pas exploser le prix des...
05:32Parce que dans tout système, si vous voulez contenir le prix,
05:35il faut de la concurrence.
05:36La concurrence, vous ne pouvez pas la faire porter sur les clients,
05:40puisque les clients, c'est vous et moi.
05:41Il faut la faire porter sur le financeur.
05:43Et donc, ce qu'il faut faire, c'est mettre en place
05:45des systèmes de financement de la sécurité sociale
05:47par des assurances privées en concurrence.
05:50Et elles, elles regarderont le prix du médicament.
05:51Et elles, elles diront à leurs assurés, à leurs clients,
05:55aux gens qui effectivement paieront leur cotisation,
05:57c'est-à-dire leur prime d'assurance,
05:58elles leur diront, voilà ce que ça coûte vraiment.
06:00Et voilà, elles diront au laboratoire,
06:03voilà ce que nous considérons comme devant être le prix.
06:05Donc, ce n'est plus l'État qui négocie le prix du médicament,
06:07c'est les assurances.
06:08C'est les compagnies d'assurance.
06:09Vous voulez dire un dernier mot, Mme Né ?
06:10Ça n'est plus le système français et ça ne me convient pas.
06:14Très bien.
06:14Ce n'est plus le système français et c'est l'avenir.
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