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  • il y a 2 heures
Ce mercredi 18 février, Karl Pettersen, Managing Director chez Scope Group, s'est penché sur le risque de crédit pour les entreprises en 2026, la position de la France dans ce paysage risqué, et la vague de départ de patron dans les grandes entreprises en 2025, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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00:01BFM Bourses, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:06En tout cas, l'ordre mondial lui aussi est en train d'évoluer et l'Europe doit s'adapter.
00:10Cependant, difficile d'établir un lien avec le risque entreprise en 2026.
00:14Lui va le faire le lien. Comment va évoluer le risque entreprise dans ce monde qui bouge très vite ?
00:18Karl Peterson est avec nous pour Scope Group. Bonjour Karl.
00:21Bonjour Guillaume.
00:22Le risque de crédit va-t-il augmenter pour les entreprises européennes cette année ?
00:25Oui, oui. Mais cela va se produire aussi d'une manière assez inédite.
00:30Car certains changements structurels très profonds se produisent en ce moment et simultanément.
00:36Et ce sont des changements que les marchés ont du mal à prévoir et du mal à valoriser aussi.
00:42Et donc ça on le constate déjà sur certains indicateurs de marché qui ont tendance à diverger assez facilement aujourd
00:48'hui.
00:49Par exemple, si on regarde certains indicateurs macroéconomiques,
00:52tels que la croissance ou une inflation plutôt bien contrôlée ou une forte liquidité de marché,
00:57ce sont des signaux plutôt porteurs.
00:59Mais en même temps, les faillites, les prêts non performants chez les banques,
01:04les indicateurs de confiance chez les consommateurs et chez les entreprises s'érodent et nous montrent un paysage assez différent.
01:11Donc on commence à avoir une bifurcation qu'on voit aussi chez les secteurs.
01:15Et cette bifurcation que vous commencez à avoir, on parle bien des entreprises européennes,
01:19est-ce qu'elles se reflètent déjà dans les notations de crédit ?
01:22Tout à fait, tout à fait.
01:24Et d'ailleurs, lorsqu'on entame 2026,
01:27nos statistiques montrent déjà que les entreprises à notation élevée aujourd'hui seront sans doute restées solides.
01:35Mais on voit déjà un affaiblissement dans les entreprises qui ont des notations plus basses.
01:40Et on s'attend certainement à ce qu'en 2026, elles continuent à afficher cette dégradation,
01:45en partie à cause de tous ces changements structurels, justement.
01:48En termes de changements structurels, il y a un petit peu de géopolitique qui agite les cerveaux
01:55quand on étudie ce genre de sujet.
01:59Un peu beaucoup, oui.
02:00Oui, oui, légèrement.
02:02Oui, en fait, la géopolitique, c'est un des grands sujets.
02:05Il y a quatre sujets qui ont lieu simultanément.
02:08Mais il ne faut pas se leurrer, la géopolitique aujourd'hui est en train de remodeler
02:12la compétitivité des industries européennes.
02:16Et ça, c'est à travers des coûts qui deviennent plus élevés et durablement plus élevés.
02:22C'est un besoin pour beaucoup d'entreprises de repenser leur chaîne d'approvisionnement globale,
02:28ce qui est complexe et ce qui coûte cher.
02:30Et aussi, ce qu'on voit, une forte augmentation,
02:33une augmentation soudaine de la compétition internationale sur les marchés.
02:36Donc là, nouvelle dialectique d'allocation de capital,
02:41dans un environnement où l'arithmétique traditionnelle des rendements et des risques
02:46devient beaucoup moins fiable, donc beaucoup plus de risques.
02:49Bon, puis il y a autre chose, il y a l'intelligence artificielle.
02:52Alors ça, comme bousculade structurelle, c'est quand même...
02:55Oui.
02:56Et l'IA, d'ailleurs, est une bousculade structurelle, mais très particulière.
03:02Dans le sens que l'IA a su générer des valorisations boursières vraiment sans précédent.
03:08Par contre, les rendements sur tous ces investissements,
03:11et le rendement est une base fondamentale de la qualité de crédit,
03:15tous ces rendements restent totalement inconnus aujourd'hui.
03:18Donc c'est un double risque pour les entreprises.
03:19Il y a un risque de correction de marché, potentiellement,
03:22qui nuira de manière disproportionnée aux entreprises les plus faibles,
03:25et aussi une vraie perturbation des activités liées à la nouvelle technologie.
03:29Et voilà pourquoi le risque entreprise est amené à évoluer.
03:32On n'est peut-être qu'au début de cette grande évolution,
03:34l'évolution des entreprises face à un monde qui bouge,
03:37des technologies aussi disruptives.
03:39Au milieu de tout ça, quelle place occupe la France ?
03:42Position particulière dans ce paysage risqué,
03:44ou finalement un pays un peu loti comme les autres ?
03:46Non, non, la France a une vraie carte à jouer.
03:49Car l'Europe reste un marché très hétérogène,
03:51et la France, en tant que deuxième puissance de l'Union Européenne,
03:56occupe une place vraiment unique.
03:58Donc il y a certains atouts qu'on peut envisager très facilement pour la France,
04:02notamment en termes de défense, de santé, d'immobilier,
04:07et de produits de luxe aussi.
04:09Reste à savoir comment jouer cette carte.
04:11Oui, comment jouer cette carte, avec en plus des questions,
04:13par exemple sur le luxe, la clientèle du luxe a souvent un portefeuille action
04:16à Wall Street, assez important.
04:18Alors si Wall Street tient, ça va, si Wall Street baisse,
04:20attention, quel impact sur les consommateurs qui achètent du luxe, justement,
04:23et donc sur les valeurs du luxe ?
04:24Bon, donc la France, un pays quand même un peu à part,
04:27mais un gros pays de la zone euro.
04:29Deuxième plus grosse économie de la zone euro.
04:31C'est une force ou c'est une faiblesse ?
04:33Parce que justement, ça nous expose quand même à toutes ces bourrasques.
04:36C'est les deux.
04:37C'est les deux.
04:38La France étant, encore une fois, la deuxième économie de l'Europe,
04:43reste complètement exposée à tous ces changements structurels dont on parlait.
04:47Donc, à ce moment-là, au niveau des entreprises,
04:50il s'agit vraiment d'avoir une analyse très approfondie, très sobre,
04:54et d'agir sans compromis, en fait, d'être très décisif.
04:57Et je pense que le plus grand défi pour la France aussi,
04:59c'est que ça, ça se répète à l'échelle nationale,
05:02savoir qu'il va falloir savoir être très décisif sur les décisions,
05:07et surtout ne pas se mettre nous-mêmes des bâtons dans les roues, en fait.
05:12Exactement.
05:13S'aider un peu, se faire confiance, s'aimer,
05:15il y a un truc comme ça, s'aimer soi-même.
05:16Non, mais c'est vrai, on se fait du bien quand on s'aime bien, quoi.
05:19Au milieu de tout ça, on voit une vague de départ
05:21à la tête des grandes entreprises cotées à l'échelle mondiale.
05:24C'est le Wall Street Journal qui a sorti cette étude.
05:26L'an dernier, en 2025, un patron sur neuf d'entreprises cotées,
05:30les plus grandes, les 1500 plus grandes,
05:31un sur neuf a quitté son poste.
05:33C'est le ratio le plus élevé depuis 2010.
05:35Alors, 2010, on comprend, on sortait de la destruction de l'Eman, quoi.
05:39C'était un tsunami énorme.
05:40Et du coup, on a renouvelé les directions à l'issue de la crise d'Eman.
05:43C'était en 2010.
05:44Là, qu'est-ce qui explique cette vague de départ de patrons ?
05:47Je pense que c'est deux choses.
05:48C'est d'abord un signal très fort, justement,
05:50de tous ces changements qui ont lieu aujourd'hui,
05:52qui exigent de nouvelles compétences
05:55dans la direction des entreprises.
05:57Tout simplement, les anciennes méthodes
05:59pour gérer toutes ces grandes entreprises
06:01ne fonctionnent plus très bien aujourd'hui.
06:03Donc, c'est un nouveau monde.
06:04Avec ce nouveau monde, il faut un nouveau souffle,
06:07très clairement.
06:07Et aussi, très honnêtement, je pense qu'il y a un effet d'annonce.
06:10Car aujourd'hui, chaque entreprise se doit de démontrer
06:13à ses investisseurs
06:14à quel point ils embrassent le changement.
06:18Et quel meilleur signal
06:19que de dire on remplace le PDG.
06:21Ah oui, c'est une stratégie...
06:23Changer le PDG, c'est aussi un argument,
06:26une stratégie marketing.
06:27C'est une stratégie de communication.
06:28Dans un monde qui bouge,
06:28il faut montrer qu'on est bien sur la vague.
06:31Et aussi, ça achète du temps.
06:32Ça nous achète deux ans
06:33pour livrer la nouvelle stratégie.
06:35Ah oui.
06:3680% de ceux qui remplacent ces patrons,
06:38partant donc en 2025,
06:3980% sont des novices,
06:41n'avaient jamais été à ce niveau de responsabilité.
06:44C'est un peu historique, 80% de novices.
06:46Et donc, c'est un pari sur ces nouvelles compétences
06:49technologiques, commerciales,
06:50sur ce nouveau monde, etc.
06:52Ah oui.
06:52Certains de nos experts,
06:53nos intervenants nous disent
06:54le fait qu'il y ait autant de novices
06:55à la tête des entreprises
06:57ouvre sans doute le champ
06:58à des fusions acquisitions.
07:01Vous voyez un lien,
07:02une logique des fusions acquisitions plus nombreuses
07:03parce qu'à la tête des entreprises,
07:05on aurait des novices ?
07:05Sans aucun doute,
07:06et aussi très difficile à prévoir.
07:08Mais qui dit changement
07:09à l'échelle qu'on voit en ce moment ?
07:11Et surtout avec les valorisations boursières,
07:13il suffit d'une correction,
07:14même assez modeste,
07:15dans les valorisations.
07:17Et là, tout se prête
07:18à la consolidation très rapidement.
07:21Les novices à la tête de l'entreprise,
07:23c'est aussi plus d'ouverture d'esprit,
07:24d'ouverture aux autres,
07:25et pourquoi pas de passerelles à venir
07:27et de fusions acquisitions.
07:29Merci beaucoup de nous avoir accompagnés.
07:31C'est passionnant.
07:31Le risque entreprise,
07:32comment les entreprises évoluent
07:33dans ce monde qui bouge.
07:34Carl Peterson,
07:35Scope Group,
07:35régulièrement à nos côtés.
07:36Merci Carl d'être passé nous voir.
07:37Merci beaucoup.
07:38Merci.
07:38Merci.
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