00:00Bonjour Jean-Marc, bonjour Emmanuel Lechypre. On va parler de cette taxe Zucman allégée, light, un impôt de 3% sur les patrimoines à partir de 10 millions,
00:09en lieu et place d'un impôt de 2% sur les patrimoines de plus de 100 millions. On en pense quoi Emmanuel Lechypre ?
00:16On en pense que si la dose de poison paraît moins forte, elle n'en est pas moins toujours aussi nocive, voire plus nocive même que la première taxe Zucman.
00:27D'abord, c'est quand même un modèle du genre cette proposition de 3% de surtaxe sur les patrimoines de plus de 10 millions,
00:39donc 10 fois moins que ce qui était initialement prévu, parce qu'il faut quand même voir, moi j'ai besoin de l'avis du professeur Jean-Marc Daniel sur la définition exacte.
00:49Alors déjà les entreprises innovantes, puisque l'idée c'est que cet amendement précise que les personnes qui détiennent plus de 51% des droits de vote d'une entreprise seraient exonérées,
01:02mais à condition que finalement tout ce qui est revenu financier, donc dividende, loyer ou plus-value, ne dépasse pas la moitié des produits totaux de l'entreprise.
01:14Alors j'ai essayé de trouver ce que c'était qu'une définition des produits totaux de l'entreprise, il y a une définition économique mais qui je ne trouve pas très pertinente,
01:22donc je ne sais pas ce qu'on entend par là.
01:23Les entreprises innovantes telles qu'elles sont définies, ce sont des entreprises jeunes, mais quel que soit leur secteur d'activité,
01:31donc c'est quand même un truc qui est extrêmement bancal, cet amendement socialiste.
01:36L'impact, ce serait pour le résumer, grosso modo ce serait la taxe Zuckman sans certains avantages de la taxe Zuckman,
01:48et avec tous les inconvénients du vieil impôt sur la fortune, et ça c'est quand même le pire qu'on puisse imaginer.
01:55Qu'est-ce qu'il y avait, l'argument qui était recevable dans la taxe Zuckman et qui était intelligent,
02:00c'était de dire qu'on frappe vraiment les ultra-riches, c'est-à-dire les énormes patrimoines,
02:06et là où Zuckman a raison, c'est de dire finalement où qu'ils aillent dans le monde,
02:10les Bernard Arnault, les Dassault, les Bolloré, etc. seront taxés quoi qu'il arrive,
02:15donc le risque de les voir partir monter leur petite entreprise à l'étranger est faible,
02:20donc ça c'était assez pertinent.
02:21Mais là, en frappant des entreprises qui font plus de 10 millions de chiffres d'affaires,
02:26même s'il y a certaines exemptions, vous tapez le cœur des ETI,
02:29donc vous tapez des entreprises dont on a besoin en France et qu'on n'en a pas assez,
02:34donc c'est le pire de l'ISF et le pire de la taxe Zuckman en fait.
02:38Est-ce que vous êtes contre cet avis ? Je ne suis pas sûre Jean-Marc Daniel.
02:42Écoutez, je suis assez sidéré de tout ça, il y a deux réflexions qui me viennent à l'esprit assez naturellement.
02:47Vous savez que Christine Lagarde, au moment de la crise des dettes publiques en Europe,
02:52s'était illustrée un jour en nous demandant est-ce qu'il y a un adulte dans la pièce ?
02:56La question se pose au Parlement et dans le monde médiatico-mondain qui nous entoure.
03:02Est-ce qu'il y a un adulte dans la pièce ? Il y a quelqu'un qui va calmer un peu ce jeu.
03:05Et la deuxième réflexion, c'est ce que je cite assez souvent sur ce plateau,
03:09c'est Rousseau, non pas Sandrine mais Jean-Jacques,
03:11qui rappelle que impôt et imposteur c'est le même mot,
03:14et que l'accent circonflexe sur le haut de impôt c'est le S de imposteur.
03:19Alors il y a des gens qui ne se souhaitent pas du tout, ça n'a rien à voir,
03:22je ne sais pas si ça n'a rien à voir, mais c'est ce que dit Jean-Jacques Rousseau,
03:25et donc manifestement Jean-Jacques Rousseau nous manque.
03:27Quelqu'un qui vient de dire, écoutez, il faut arrêter le délire,
03:30il faut arrêter de partir dans tous les sens.
03:32C'est-à-dire qu'on a commencé en disant 100 millions,
03:34maintenant on descend à 10 millions, mais on va sortir une partie de...
03:36La réalité c'est de vraiment savoir qui est concerné en réalité.
03:42On parlait de gaz là avec Étienne, c'est une usine à gaz nouvelle
03:46qui est en train de se mettre en place,
03:47et donc on est en train effectivement d'imaginer de plus en plus
03:51d'idées les plus farfelues les unes que les autres,
03:55et avec comme conséquence qu'effectivement on jette un discrédit sur ce pays
04:00et sur la capacité effectivement de se développer de ce pays
04:04qui est absolument effarante.
04:05Il y a des choses simples, par exemple, là aussi,
04:09dernière citation, dernier personnage à mettre en avant, Michel Rocard.
04:12Michel Rocard il avait dit, la chose la plus grave qu'on devrait comprendre
04:16c'est de considérer que l'ISF doit être une revanche sur les riches.
04:19On est effectivement, là, son parti n'arrête pas de réclamer
04:23une revanche sur les riches, ce qu'il développe sur le plan idéologique
04:26c'est une revanche sur les riches.
04:27La deuxième chose c'est qu'il a créé la CSG en disant
04:29l'avantage de la CSG c'est que c'est simple.
04:32Alors effectivement un point de CSG c'est 18 milliards,
04:34on sait, tout le monde paie, bon.
04:35Et là, il y a des idées comme quoi il va falloir rendre la CSG progressive
04:39et puis il va falloir supprimer un point de CSG
04:41mais pas pour tout le monde parce qu'il ne faut pas que les riches en profitent, etc.
04:45Donc je reviens à ma première phrase,
04:47mais y a-t-il un adulte au Parlement ?
04:49C'est ça qui est quand même extrêmement préoccupant,
04:52c'est qu'en fait on a des gens qui vous mettent des taux dans des cases de tableur Excel
04:57et puis qui se disent bah tiens, si on augmente le taux ça va rapporter plus
05:00au mépris total de toute la dynamique économique.
05:04Et de la réalité.
05:05Et là ce qu'on voit, mais c'est ça, c'est qu'on voit que finalement
05:07quels que soient les taux d'imposition qui vont être décidés,
05:09cette instabilité, cette frénésie fiscale, elle a un coût économique qui est considérable.
05:15Encore une fois, quand l'OFCE nous dit que ça a coûté 15 milliards de PIB
05:19depuis la dissolution, mais donc 15 milliards de PIB
05:23si on considère que les recettes fiscales c'est 50% du PIB,
05:26ça veut dire qu'on a déjà perdu 7 milliards de recettes fiscales
05:29plus que ce qui est censé rapporter cette taxe usine à gaz
05:33comme l'a expliqué Jean-Marc.
05:35Et encore une fois, rappelez-vous que le problème c'est qu'on ne manifeste jamais
05:39contre une entreprise ou des emplois qui ne sont pas créés.
05:42Et ça c'est le sujet.
05:43Et rappelez-vous toujours cette enquête qu'on fait avec Eurogroupe,
05:46jamais autant de grandes entreprises n'ont eu de projets de développement à l'étranger
05:50et jamais elles n'en ont eu aussi peu en France.
05:53Et tout ça c'est un coût caché qu'on ne maîtrise pas mais qui est majeur.
05:57C'est un grand nom donc sur ce plateau ce matin.
05:59Merci beaucoup messieurs Emmanuel Lechypre, Jean-Marc Daniel.
06:02Merci beaucoup.
06:04Merci beaucoup.
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