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  • il y a 4 mois
Ce mardi 28 octobre, la taxe Zucman allégée a été abordée par Jean-Marc Daniel et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Bonjour Jean-Marc, bonjour Emmanuel Lechypre. On va parler de cette taxe Zucman allégée, light, un impôt de 3% sur les patrimoines à partir de 10 millions,
00:09en lieu et place d'un impôt de 2% sur les patrimoines de plus de 100 millions. On en pense quoi Emmanuel Lechypre ?
00:16On en pense que si la dose de poison paraît moins forte, elle n'en est pas moins toujours aussi nocive, voire plus nocive même que la première taxe Zucman.
00:27D'abord, c'est quand même un modèle du genre cette proposition de 3% de surtaxe sur les patrimoines de plus de 10 millions,
00:39donc 10 fois moins que ce qui était initialement prévu, parce qu'il faut quand même voir, moi j'ai besoin de l'avis du professeur Jean-Marc Daniel sur la définition exacte.
00:49Alors déjà les entreprises innovantes, puisque l'idée c'est que cet amendement précise que les personnes qui détiennent plus de 51% des droits de vote d'une entreprise seraient exonérées,
01:02mais à condition que finalement tout ce qui est revenu financier, donc dividende, loyer ou plus-value, ne dépasse pas la moitié des produits totaux de l'entreprise.
01:14Alors j'ai essayé de trouver ce que c'était qu'une définition des produits totaux de l'entreprise, il y a une définition économique mais qui je ne trouve pas très pertinente,
01:22donc je ne sais pas ce qu'on entend par là.
01:23Les entreprises innovantes telles qu'elles sont définies, ce sont des entreprises jeunes, mais quel que soit leur secteur d'activité,
01:31donc c'est quand même un truc qui est extrêmement bancal, cet amendement socialiste.
01:36L'impact, ce serait pour le résumer, grosso modo ce serait la taxe Zuckman sans certains avantages de la taxe Zuckman,
01:48et avec tous les inconvénients du vieil impôt sur la fortune, et ça c'est quand même le pire qu'on puisse imaginer.
01:55Qu'est-ce qu'il y avait, l'argument qui était recevable dans la taxe Zuckman et qui était intelligent,
02:00c'était de dire qu'on frappe vraiment les ultra-riches, c'est-à-dire les énormes patrimoines,
02:06et là où Zuckman a raison, c'est de dire finalement où qu'ils aillent dans le monde,
02:10les Bernard Arnault, les Dassault, les Bolloré, etc. seront taxés quoi qu'il arrive,
02:15donc le risque de les voir partir monter leur petite entreprise à l'étranger est faible,
02:20donc ça c'était assez pertinent.
02:21Mais là, en frappant des entreprises qui font plus de 10 millions de chiffres d'affaires,
02:26même s'il y a certaines exemptions, vous tapez le cœur des ETI,
02:29donc vous tapez des entreprises dont on a besoin en France et qu'on n'en a pas assez,
02:34donc c'est le pire de l'ISF et le pire de la taxe Zuckman en fait.
02:38Est-ce que vous êtes contre cet avis ? Je ne suis pas sûre Jean-Marc Daniel.
02:42Écoutez, je suis assez sidéré de tout ça, il y a deux réflexions qui me viennent à l'esprit assez naturellement.
02:47Vous savez que Christine Lagarde, au moment de la crise des dettes publiques en Europe,
02:52s'était illustrée un jour en nous demandant est-ce qu'il y a un adulte dans la pièce ?
02:56La question se pose au Parlement et dans le monde médiatico-mondain qui nous entoure.
03:02Est-ce qu'il y a un adulte dans la pièce ? Il y a quelqu'un qui va calmer un peu ce jeu.
03:05Et la deuxième réflexion, c'est ce que je cite assez souvent sur ce plateau,
03:09c'est Rousseau, non pas Sandrine mais Jean-Jacques,
03:11qui rappelle que impôt et imposteur c'est le même mot,
03:14et que l'accent circonflexe sur le haut de impôt c'est le S de imposteur.
03:19Alors il y a des gens qui ne se souhaitent pas du tout, ça n'a rien à voir,
03:22je ne sais pas si ça n'a rien à voir, mais c'est ce que dit Jean-Jacques Rousseau,
03:25et donc manifestement Jean-Jacques Rousseau nous manque.
03:27Quelqu'un qui vient de dire, écoutez, il faut arrêter le délire,
03:30il faut arrêter de partir dans tous les sens.
03:32C'est-à-dire qu'on a commencé en disant 100 millions,
03:34maintenant on descend à 10 millions, mais on va sortir une partie de...
03:36La réalité c'est de vraiment savoir qui est concerné en réalité.
03:42On parlait de gaz là avec Étienne, c'est une usine à gaz nouvelle
03:46qui est en train de se mettre en place,
03:47et donc on est en train effectivement d'imaginer de plus en plus
03:51d'idées les plus farfelues les unes que les autres,
03:55et avec comme conséquence qu'effectivement on jette un discrédit sur ce pays
04:00et sur la capacité effectivement de se développer de ce pays
04:04qui est absolument effarante.
04:05Il y a des choses simples, par exemple, là aussi,
04:09dernière citation, dernier personnage à mettre en avant, Michel Rocard.
04:12Michel Rocard il avait dit, la chose la plus grave qu'on devrait comprendre
04:16c'est de considérer que l'ISF doit être une revanche sur les riches.
04:19On est effectivement, là, son parti n'arrête pas de réclamer
04:23une revanche sur les riches, ce qu'il développe sur le plan idéologique
04:26c'est une revanche sur les riches.
04:27La deuxième chose c'est qu'il a créé la CSG en disant
04:29l'avantage de la CSG c'est que c'est simple.
04:32Alors effectivement un point de CSG c'est 18 milliards,
04:34on sait, tout le monde paie, bon.
04:35Et là, il y a des idées comme quoi il va falloir rendre la CSG progressive
04:39et puis il va falloir supprimer un point de CSG
04:41mais pas pour tout le monde parce qu'il ne faut pas que les riches en profitent, etc.
04:45Donc je reviens à ma première phrase,
04:47mais y a-t-il un adulte au Parlement ?
04:49C'est ça qui est quand même extrêmement préoccupant,
04:52c'est qu'en fait on a des gens qui vous mettent des taux dans des cases de tableur Excel
04:57et puis qui se disent bah tiens, si on augmente le taux ça va rapporter plus
05:00au mépris total de toute la dynamique économique.
05:04Et de la réalité.
05:05Et là ce qu'on voit, mais c'est ça, c'est qu'on voit que finalement
05:07quels que soient les taux d'imposition qui vont être décidés,
05:09cette instabilité, cette frénésie fiscale, elle a un coût économique qui est considérable.
05:15Encore une fois, quand l'OFCE nous dit que ça a coûté 15 milliards de PIB
05:19depuis la dissolution, mais donc 15 milliards de PIB
05:23si on considère que les recettes fiscales c'est 50% du PIB,
05:26ça veut dire qu'on a déjà perdu 7 milliards de recettes fiscales
05:29plus que ce qui est censé rapporter cette taxe usine à gaz
05:33comme l'a expliqué Jean-Marc.
05:35Et encore une fois, rappelez-vous que le problème c'est qu'on ne manifeste jamais
05:39contre une entreprise ou des emplois qui ne sont pas créés.
05:42Et ça c'est le sujet.
05:43Et rappelez-vous toujours cette enquête qu'on fait avec Eurogroupe,
05:46jamais autant de grandes entreprises n'ont eu de projets de développement à l'étranger
05:50et jamais elles n'en ont eu aussi peu en France.
05:53Et tout ça c'est un coût caché qu'on ne maîtrise pas mais qui est majeur.
05:57C'est un grand nom donc sur ce plateau ce matin.
05:59Merci beaucoup messieurs Emmanuel Lechypre, Jean-Marc Daniel.
06:02Merci beaucoup.
06:04Merci beaucoup.
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