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  • il y a 2 jours
Jeudi 8 janvier 2026, retrouvez Bastien Drut (Responsable des études et de la stratégie, CPR AM), Thierry Guille (Président, Raymond James France) et Nicolas Goetzmann (Responsable de la stratégie Macroéconomique, Financière de la Cité) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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00:00...
00:00Trois invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:13Bastien Dreux est avec nous, le responsable des études et de la stratégie de CPR, Asset Management.
00:17Bonsoir Bastien.
00:18Bonsoir.
00:19Nicolas Gotsman est avec nous, le responsable de la stratégie macro, de la financière de la cité.
00:23Bonsoir Nicolas.
00:24Bonsoir.
00:24Et Thierry Guille nous accompagne, le président de Raymond James France.
00:27Bonsoir Thierry.
00:28Bonsoir.
00:28Merci d'être là messieurs, bienvenue Thierry.
00:32Commentaire, vous êtes spécialiste, grand spécialiste du marché américain.
00:36Trump reste quand même imprévisible, c'est vrai que coup sur coup on a des annonces qui impactent le marché immobilier,
00:42en tout cas les grands fonds qui investissent dans l'immobilier américain.
00:45Et puis l'histoire de la défense aussi est très intéressante, je disais, la carotte et le bâton,
00:51enfin tout dépend dans quel ordre on prend les choses.
00:52Il a commencé par taper hier en annonçant qu'il allait interdire les rachats d'actions et les dividendes versés par les grands groupes de défense aujourd'hui.
01:00On en a cité quelques-uns dans le point Bourse de Pauline pour, quelques heures plus tard, annoncer sa volonté de doper le budget de la défense américain,
01:11le premier du monde déjà, de 50% à horizon 2027.
01:16Trump a fait du Trump.
01:17Ouais.
01:18Voilà.
01:19Donc encore une fois, on l'évoquait tout à l'heure, il faudra quand même qu'il passe par l'accord du Congrès,
01:25ce qui va prendre quand même, ce qui va à mon avis risque de, je pense, doucher un petit peu ses ambitions en termes de budget.
01:32Il va essayer de mettre en place 1,5 trillion, qui est effectivement une somme considérable.
01:36C'est un petit peu prématuré, je dirais, aujourd'hui, de savoir exactement quels seront les cibles d'investissement.
01:41On sait qu'il y a une volonté de reconstruire toute la partie de la flotte marine, les porte-avions, etc.
01:47Mais je crois qu'il faudra donner un petit peu de temps au temps pour savoir exactement quels seront les véritables bénéficiaires
01:51par rapport aux acteurs qui ont été cités par Pauline précédemment.
01:55Et l'idée qu'on va aussi, comment dire, garder le contrôle sur la manière dont ces groupes de défense allouent leur cash flow,
02:05enfin, je veux dire, ça aussi, c'est du Trump dans le texte, c'est le trade-off classique trumpien.
02:12Oui, on n'y croit pas. Le plus bel exemple que je puisse vous donner, ça ne concerne pas le secteur de la défense,
02:16c'est le secteur de l'énergie, tout le monde se souvient du drill, baby drill, en fait, personne ne fort.
02:21Donc, il a beau donner des instructions tous en amont, les gens font...
02:25Les groupes ont réagi hier, quand même, les valeurs ont réagi.
02:28C'est une chose, c'est la réaction boursière, beaucoup de traders qui régissent à court terme,
02:31sur le long terme, c'est beaucoup plus compliqué.
02:32Vous êtes dans le pays maître du capitalisme,
02:36et les premières personnes à qui on doit rendre des comptes, ce sont les actionnaires.
02:41S'il n'y a pas de justification aujourd'hui, pour continuer sur le pétrole,
02:45il y a beaucoup de sujets en ce moment qui sont abordés,
02:47compte tenu de ce qu'il s'est passé au Venezuela.
02:50Il faudra des garanties pour tous les acteurs sur place,
02:52d'une stabilité politique, pour être certain qu'un certain nombre d'acteurs vont y revenir.
02:56On ne les reprendra pas à deux fois.
02:57Aujourd'hui, il n'y a plus que Chevron qui est présent sur place.
02:59On a vu, en call, dériver pas mal d'autres acteurs en ont bénéficié,
03:04dont Valero, qui devrait être un des premiers acteurs dans le raffinage en bénéficié,
03:08parce que c'est du lourd, c'est du pétrole lourd.
03:11Donc, les Américains, c'est ce qu'ils savent le mieux raffiner.
03:15En fait, c'est pour ça aussi qu'ils ont...
03:16Pareil pour la matière première.
03:18Le pétrole est beaucoup plus léger, donc mélangez du pétrole lourd et du pétrole léger,
03:23ça peut donner, effectivement, le mix parfait pour les raffineries américaines.
03:26Les plus grosses marges, en fait, sont réalisées sur du lourd.
03:28Voilà, donc, comme c'est le cas du pétrole vénézuélien, ça devrait être bénéfique.
03:32Mais là aussi, il faut se donner un petit peu de temps, mais parce que...
03:35Mais vous dites que ces groupes pétroliers américains,
03:37ils n'iront pas, évidemment, sans condition et sans un environnement
03:41qui leur permettra d'opérer et d'opérer dans la durée dans un pays comme le vénézuélien.
03:47Nous, ce que l'on dit, c'est qu'il y a des acteurs comme Chevron,
03:50qui est déjà présent sur place, c'est le seul,
03:51mais si vous voulez voir arriver d'autres noms comme Exxon, comme Conoco
03:54et d'autres acteurs aussi pour les plateformes pour le forage,
03:59il faudra avoir un petit peu de garantie.
04:01Voilà, ils ne vont pas y aller tout de suite.
04:02Donc, encore une fois, les cours boursiers, on réagit très vite.
04:06Vous savez très souvent comment ça se passe.
04:08On agit d'abord, on réfléchit après.
04:09Il faut donner un petit peu de temps là-dessus.
04:11Pour l'instant, il y a quelques acteurs qui ont tenu sur le rebond,
04:14dont Schloum, dont Chevron, mais il faudra encore un peu quelques temps.
04:18Et sur l'immobilier, parce que là aussi, les cours de bourse de Blackstone,
04:22Kaker ou d'autres ont quand même pas mal dévissé hier
04:26quand Donald Trump a affiché sa volonté de bannir ces grands investisseurs institutionnels
04:31d'une partie du marché immobilier américain, celui des maisons individuelles.
04:34Toujours, je le précise bien sûr, mais toujours avec la logique que les élections arrivent
04:39et que le sujet principal domestique aux Etats-Unis, c'est celui de l'ufordability, comme ils disent.
04:44Voilà, c'est la capacité qu'ont les acteurs de pouvoir acheter leurs biens.
04:47Il faut savoir, alors c'est les données qu'ont données nos analystes américains ce matin,
04:50sur le secteur de l'immobilier locatif, je le précise,
04:54les institutionnels ont moins de 1% du marché.
04:56Donc, c'est pas eux qui font la main, qui font en fait vraiment la véritable tendance.
05:00Sur le reste, ça sera à voir.
05:01C'est un des sujets, en fait, comme vous l'avez souligné à l'instant,
05:04sur les enjeux des élections de mi-mandat,
05:06que, en théorie, je dis bien en théorie, Trump devrait perdre,
05:09vu que depuis maintenant 24 ans, il n'y a eu qu'une seule fois un président élu
05:12dont la majorité a été reconduite, sinon il les perdent systématiquement.
05:16Et vu les majorités relativement faibles qu'il a, tant au Sénat qu'à la Chambre des représentants,
05:20il y a peu de chances qu'il les emporte.
05:22Donc, il faut qu'il arrive à reconvaincre une base de son électorat.
05:25Aujourd'hui, il est beaucoup plus focus sur l'international que sur le domestique.
05:28Les mesures d'hier devraient aller dans ce sens-là.
05:30Sur l'immobilier, un des points clés, c'est les taux des mortgages,
05:34des prêts immobiliers, le 30 ans.
05:36Vous êtes sur des niveaux de 6-3, 6-30, on dit qu'il y a un effet de seuil
05:40si on passe en dessous de 6.
05:41Je ne sais pas si on ira, si les données économiques continuent à être aux Etats-Unis
05:44aussi bonnes qu'elles le sont.
05:46Il y a peu de chances que les taux de mortgages baissent de manière sensible.
05:51Et là, il part perdant, pour vous, à ce stade,
05:54en vue des élections de mi-mandat.
05:55L'histoire nous dit qu'il part perdant.
05:56Non, parce que perdre pour Trump, ce n'est pas une option.
05:59Non.
05:59Ce n'est jamais une option.
06:00Et même quand il perd, il dit qu'il a gagné, vous le savez.
06:02Non, non, Trump, nous on le dit depuis un an déjà.
06:05Chez nous, c'est une conviction.
06:06On a fait nos analystes, enfin encore une fois,
06:08notre analyste politique qui est à Washington, Ed Mills,
06:10a fait une étude assez profonde à ce sujet-là.
06:14Et en fait, il perd toujours les élections.
06:17Il y a un tiers du Sénat qui va être réélu.
06:19Il n'a que trois sièges d'avance.
06:20Les dernières élections qui sont intervenues récemment,
06:23en novembre, décembre, il les a toutes perdues.
06:25Alors, il ne faut pas dégager de ce qui s'est passé là
06:27une tendance plus lourde.
06:28Mais je crois qu'il va devoir, dans les prochains mois,
06:32mener une vraie politique vis-à-vis de son électorat.
06:35Et il a quand même été élu aussi pour reconstituer du pouvoir d'achat
06:39pour ces gens-là.
06:40Il ne le voit pas aujourd'hui.
06:41Il a la croissance économique américaine.
06:42Et le temps pour redresser ou modifier la perception est un temps relativement court,
06:47je ne sais pas, en jouant sur le pétrole, en jouant sur les maisons,
06:52sur les mortgages, sur les taux de la fête, bien sûr.
06:54On aura l'occasion d'en discuter.
06:55Mais en essayant d'actionner tous ces leviers en même temps,
06:57est-ce que ça peut passer en novembre ?
07:00Alors, je n'ai pas la réponse exacte à cette question.
07:03On sait que lorsqu'il est arrivé au pouvoir,
07:05il voulait que le pétrole baisse.
07:06Il a baissé, je crois, près de 20% l'année dernière.
07:09Les taux baissent, mais est-ce que le mouvement va se poursuivre ?
07:14On en parlera peut-être tout à l'heure.
07:15Nous, il y a une repontification de la courbe des taux.
07:17Les taux courts vont probablement baisser encore,
07:19à définir 25-50 BP.
07:21Les taux longs, pas forcément beaucoup.
07:24Voilà, donc tout ça va faire en sorte...
07:26Mais le consommateur américain,
07:28quand on regarde la picture globale,
07:31se tient bien.
07:32Sauf qu'il y a vraiment ceux dans le haut du panier
07:35qui se tiennent bien,
07:36et les autres sont laissés pour compte.
07:37Et ça, c'est un vrai sujet.
07:39Et il faut qu'il aille rassurer ces gens-là.
07:41Si jamais l'emploi poursuit sa dégradation,
07:44ça va être compliqué pour lui.
07:46Bon, parlons de ce qui va être le fil rouge
07:47de cette année de 2026, Nicolas.
07:49Oui, la perspective des élections de mi-mandat.
07:52Mais je reviens quand même à l'idée
07:53de doper le budget de la défense.
07:56Un des moyens de le faire, suggéré par Trump,
07:58c'est d'utiliser par exemple la manne des tarifs.
07:59Alors, la manne des tarifs, elle peut servir à tout
08:02dans le monde de Trump.
08:04La question très immédiate, c'est de savoir
08:06est-ce que cette manne des tarifs, elle est réelle
08:08ou est-ce qu'elle disparaît demain
08:10avec une décision de la Cour suprême ?
08:12Effectivement, demain, on a cette décision-là.
08:14Par contre, ce qui est effectivement assez amusant,
08:16c'est que je pense que cette manne-là,
08:17elle a déjà servi à plusieurs fois dans la tête
08:18à plusieurs choses différentes.
08:20Donc, la dernière chose, c'est pour soutenir la défense.
08:23Mais le problème là maintenant, je pense qu'il est plus global
08:25parce que si on enlève les tarifs pour Trump,
08:28évidemment, le premier point, c'est qu'il pourrait en remettre
08:30d'autres avec d'autres sections, d'autres supports légaux.
08:34Donc, on repart dans un brouillard tarifaire.
08:37Justement, je pense que pour les midterms,
08:38ça va être très compliqué parce que de se remettre
08:40dans ce schéma-là, devoir faire des enquêtes d'abord
08:43par le Trésor et les remettre en place.
08:46On les remettrait en place juste avant les élections,
08:48donc avec un risque encore de propulser encore un petit peu
08:50l'inflation un petit peu supérieure,
08:51alors qu'elle pourrait baisser là maintenant
08:52si on n'avait pas les tarifs.
08:54Donc là, on a un problème, on va dire, plutôt politique
08:56qui l'encouragerait à ne pas le faire.
08:57Mais quand on regarde la stratégie américaine
08:59et surtout la photo globale de ce qui se passe
09:03au niveau macro, c'est extrêmement compliqué
09:05parce qu'on a...
09:07Si on prend le monde depuis 2020,
09:09on va dire que tous les pays ont dû s'ajuster
09:11d'abord à la situation inflation Covid,
09:15donc avec des taux réels relativement élevés,
09:16sauf un acteur, la Chine.
09:18Et cet acteur-là, justement la Chine,
09:20produit une guerre commerciale sur le monde entier
09:23avec des excédents qui sont absolument hallucinants aujourd'hui,
09:26avec une devise qui est extraordinairement faible,
09:28avec des taux également très faibles,
09:29et donc qui a une position d'agresseur,
09:31on va dire en chef dans le commerce mondial.
09:33Par rapport à cela, on a différents acteurs.
09:35Alors en Asie, la réponse par rapport à cette situation-là,
09:38c'est principalement des devises très faibles.
09:41On le voit au Japon, on le voit à Taïwan, en Corée,
09:43enfin à peu près partout,
09:43justement pour pouvoir essayer d'absorber une partie du choc.
09:46Au Japon, on va également essayer de relancer par rapport à ça.
09:49Et aux États-Unis, la réponse était d'une,
09:51on a relevé les taux réels, mais pas au point de casser la demande.
09:54Donc on a une demande qui reste là,
09:55mais si cette demande-là sert à alimenter la Chine,
09:58ce n'est pas forcément une bonne solution.
09:59Et donc les tarifs étaient justement un rempart par rapport à ça.
10:02On garde une demande consistante, mais avec des tarifs.
10:06Par contre, si on enlève les tarifs,
10:07du coup on a quelque chose qui est plus problématique,
10:08on va dire dans la structure,
10:09et donc je pense qu'il va avoir besoin de faire quelque chose.
10:11Et donc, soit on pourra avoir une réponse
10:13de la part du Forex, en gros, par le Trésor.
10:18On n'a pas décidé comme ça,
10:19mais c'est un ajustement qui pourrait se faire.
10:21Mais ce qui permet, en fait, quand on voit ça,
10:23ça permet aussi de relativiser ce qui se passe aujourd'hui en Europe,
10:26parce que tout le monde réagit,
10:28sauf un acteur,
10:29qui est là et qui arrive,
10:30qui est sans tarifs,
10:32qui a une politique monétaire
10:33qui est pour moi extraordinairement stricte
10:35et qui est même aujourd'hui la plus stricte du monde,
10:38et qui donc se présente dans ce monde-là
10:40avec la devise la plus forte,
10:42et donc qui est sans protection,
10:43avec la devise la plus forte,
10:44qui ne réagit pas
10:45et qui se fait tailler en pièces de tous les côtés.
10:48Dans un monde de prédateurs,
10:49la proche est assise.
10:50C'est l'Europe.
10:51On fera, on va dire, c'est l'Europe.
10:52Mais je reviens sur la question
10:53de la décision de la Cour suprême.
10:55Il y a des attentes particulières.
10:57Oui, c'est très attendu comme décision,
10:59mais on a déjà un biais
11:02par rapport au rendu de la décision elle-même.
11:05Pour l'instant, le consensus,
11:06c'est que, oui,
11:07les tarifs qui reposent sur le AIPAS,
11:09donc sur cette législation-là,
11:10vont tomber.
11:11Par contre, pas forcément de remboursement.
11:13D'accord.
11:13Mais ça veut dire
11:14qu'ils ne pourraient pas reproduire
11:15la base légale, en tout cas.
11:16Ils devraient aller sur d'autres bases légales
11:18qui, pour le coup,
11:18ce que c'est intéressant,
11:19c'est que les tarifs actuels,
11:20notamment sur la Chine,
11:21reposent sur d'autres législations,
11:22principalement.
11:23Et donc, ce serait plutôt des tarifs,
11:24notamment ce qui repose sur l'Europe,
11:26sur le Japon,
11:29qui soit un peu plus conforme
11:31à ce qu'on avait précédemment,
11:32également.
11:33Et donc, la question après,
11:34ce sera de voir si Trump
11:35voudra continuer
11:36à vouloir sanctionner tout le monde
11:37ou si, vraiment,
11:38on se concentre sur la Chine ou pas.
11:39C'est une décision importante
11:40de la Cour suprême ?
11:42Oui, bien sûr.
11:42Non, mais Bastien, oui, oui.
11:44Bien sûr que c'est une décision importante.
11:46Après, bon,
11:47je pense qu'on est à peu près tous d'accord
11:48sur le fait que
11:49les droits d'hommes réciproques
11:51vont se faire retoquer demain
11:53par la Cour suprême.
11:54Après, la question du remboursement,
11:57on ne sait pas.
11:58C'est vraiment une wildcard, quoi.
12:01Si ça arrive,
12:02ça voudrait dire qu'il devrait y avoir
12:05un remboursement
12:06aux alentours de 150 milliards
12:07dans ces eaux-là,
12:08ce qui fait que même pour un pays
12:09comme les USA,
12:10c'est beaucoup, quoi.
12:11Ça fait une bonne partie,
12:13une bonne fraction, on va dire,
12:14du déficit.
12:16Et on pourrait avoir
12:18des tensions sur les taux longs
12:20fortes
12:21qui suivraient
12:22cette décision de remboursement,
12:25enfin, de demande de remboursement, quoi.
12:26Donc ça, c'est quelque chose
12:28qui pourrait arriver demain.
12:31On ne sait pas, franchement,
12:33pour le remboursement.
12:34Après, je pense qu'on aura plus
12:37une phase de volatilité,
12:39de court terme,
12:39sur le sujet des droits de douane,
12:41parce que,
12:43il y a les mi-termes,
12:44on en a déjà parlé,
12:45qui vont être très compliqués pour lui.
12:46Évidemment,
12:48il y a d'autres sections
12:49qu'il va
12:50et qu'il peut actionner,
12:51mais comme la section 122,
12:53qui lui permet de remonter
12:54les droits de douane
12:55de 15 points
12:55pendant 150 jours
12:58sur tous les pays du monde
12:59en cas de crise de liquidité importante.
13:01Donc ça, c'est quelque chose
13:02qu'il pourrait faire.
13:04Mais redevenir aussi agressif
13:06ou plus agressif
13:07qu'il nous l'a été...
13:07Richman, à ce moment-là,
13:09ce n'est pas la bonne idée politique.
13:10Ce n'est pas la bonne idée
13:10par rapport au mi-termes
13:13qui arrive.
13:14Il est déjà très mal
13:16dans les sondages.
13:17En fait, depuis la Seconde Guerre mondiale,
13:19il y a, sur les 20 mi-termes,
13:20il y en a 18
13:21pour lesquels les présidents
13:22en exercice ont perdu des sièges.
13:25Bon, ben voilà.
13:26Les choses sont très compliquées pour lui.
13:28Il y a un truc presque physique,
13:29mécanique,
13:29autour de ces élections de mi-mandat.
13:31Oui, exactement.
13:33Et puis, il y a, de toute façon,
13:35on parlait un peu tout à l'heure,
13:37l'économie en cas.
13:39Les ménages les plus défavorisés
13:41souffrent pour plein de raisons différentes
13:43en même temps.
13:44Parce qu'il y a l'affordability,
13:45l'immobilier coûte cher,
13:47parce que les droits douanes,
13:48c'est surtout eux qui les subissent,
13:49parce qu'eux n'ont pas d'effet de richesse
13:50qui proviennent des actions.
13:52Alors que les ménages les plus aisés,
13:53les choses se passent relativement bien pour eux.
13:56Et toutes ces choses-là,
13:58mises bout à bout,
13:59le pénalise très fortement.
14:01Et on le voit dans les élections spéciales
14:02qu'il y a eu,
14:03les élections locales
14:05qui a pu y avoir,
14:05intermédiaires,
14:06qui a pu y avoir en 2025.
14:07Les républicains ont perdu à chaque fois
14:09au moins 20 points.
14:10Au moins.
14:11Donc les choses risquent d'être
14:13très compliquées pour lui.
14:15Et il faut...
14:16Et sa belle et grande loi budgétaire
14:18ne permet pas de...
14:20Non seulement ne permet pas de...
14:21Non, pas du coup.
14:22... de réconcilier les deux cas de l'économie,
14:24mais ça risque de les accroître.
14:26C'est même complètement le contraire.
14:27Parce que, de toute façon,
14:28ça a surtout reproduit l'existant
14:30pour les plus aisés.
14:31Et pour les plus défavorisés,
14:34on a des coupes
14:35dans les subventions d'assurance santé,
14:38dans les bons alimentaires,
14:40il y a des petites coupes aussi.
14:42Et donc,
14:42cette partie,
14:43finalement,
14:43de l'électorat
14:44serait très défavorisée,
14:46finalement,
14:47par cette grande loi
14:49budgétaire américaine.
14:50Bon, et puis,
14:51peut-être aussi
14:52une perception des ménages,
14:54de l'électeur américain
14:56vis-à-vis du marché du travail
14:57qui est différente aujourd'hui.
14:58C'est la semaine
14:59des données du travail américain.
15:01La perception,
15:02elle est mauvaise.
15:03La perception de...
15:05L'entrée sur le marché du travail
15:06est quelque chose
15:06de plus compliqué aujourd'hui.
15:07Ah oui, mais clairement.
15:08Alors là,
15:08ce qui se passe
15:09sur le marché du travail,
15:10il y a beaucoup de raisons
15:11pour lesquelles
15:12la lisibilité des chiffres
15:13est très compliquée,
15:14avec ce qui s'est passé
15:15avec le shutdown,
15:16le fait qu'on n'ait pas eu
15:17la moitié du job report
15:18d'octobre.
15:19Donc, on a pas mal
15:20de problèmes de lisibilité.
15:23En revanche,
15:24quand on regarde
15:24à peu près toutes les données
15:25qu'on peut avoir,
15:27ce qu'on voit,
15:28c'est que depuis le Liberation Day,
15:29à peu près,
15:29le marché du travail
15:30est à l'arrêt aux Etats-Unis.
15:31Donc, ce n'est pas catastrophique
15:32parce qu'on n'a pas
15:33une explosion du chômage.
15:35C'est gelé.
15:36C'est complètement gelé.
15:37Et en fait,
15:38s'il y a eu des créations d'emplois,
15:39c'est uniquement
15:39dans le secteur de la santé,
15:41hors secteur de la santé,
15:42il y a eu plutôt...
15:43Si on prend tout le reste
15:44du secteur privé,
15:45c'est à peu près 80%
15:46quand même du secteur privé.
15:48On a plutôt
15:49eu des destructions d'emplois.
15:50Donc, c'est très léger.
15:51Ce n'est pas beaucoup.
15:53Mais on voit que,
15:54finalement,
15:55le temps n'est pas aux embauches.
15:56Le chiffre qui est sorti hier,
15:58l'ADP,
15:59c'était 41 000 créations d'emplois
16:01dans le secteur privé
16:01sur le mois de décembre,
16:03dont 39 000
16:04dans les services à la santé.
16:05Si on arrive à la santé,
16:06ça fait à peu près
16:07presque zéro.
16:08Et là,
16:09il y a vraiment
16:09un marché du travail
16:10qui est à l'arrêt.
16:11On est complètement
16:12dans cette phase
16:13de low hiring,
16:14low firing,
16:15qu'a exposé
16:16Jérôme Poel
16:17plusieurs fois.
16:18Ça, on l'a vu
16:18dans le rapport Joltz d'hier,
16:20qui montrait
16:20que le taux d'embauche
16:21est le plus bas
16:22depuis 15 ans.
16:23Mais dans le même temps,
16:24le taux de licenciement
16:25est historiquement bas.
16:26Donc, on a un équilibre
16:27qui est très bizarre.
16:29Mais il y a vraiment
16:31un marché du travail
16:31qui est complètement gelé.
16:33Et il ne faut pas
16:33grand-chose
16:34pour faire dérailler
16:36la machine.
16:37Et la fête
16:37doit se préparer à ça
16:38et baisser les taux.
16:39Qu'est-ce que vous en dites,
16:40Thierry,
16:41de cet équilibre
16:42du marché du travail ?
16:42Est-ce que
16:43ce low firing,
16:46est-ce que ça peut durer ?
16:47Est-ce que c'est soutenable ?
16:48Et à ce moment-là,
16:49la Fed reste vigilante,
16:50mais sans avoir besoin
16:51d'en faire peut-être
16:52plus que nécessaire.
16:53Ou est-ce que
16:54c'est un équilibre
16:55forcément un peu instable
16:56et qui amènera
16:58la Fed à aller plus loin
16:59que 25 ou 50 BP
17:01de baisse de taux ?
17:03Alors, sur l'évolution,
17:05encore une fois,
17:05sur les taux,
17:06je me rappelle souvent
17:07quand je viens vous voir,
17:08la Fed fera ce qu'il y a à faire.
17:09C'est-à-dire qu'en fait,
17:10on est tous en train
17:11de parier à chaque fois
17:11sur une,
17:12deux,
17:12trois baisses de taux.
17:14C'est un exercice
17:14dans lequel je ne rentre pas
17:15parce que la Fed,
17:16d'abord,
17:16on a tendance à peu...
17:17C'est-à-dire ce qu'il y a à faire.
17:18Ce qu'il y a à faire,
17:19c'est quoi ?
17:20C'est ramener l'inflation
17:20à 2% ?
17:22C'est soutenir la croissance ?
17:23C'est permettre
17:24au gouvernement fédéral
17:26de s'endetter
17:27si d'autant plus
17:28on n'a plus la manne des tarifs ?
17:30C'est quoi le job ?
17:31Ça a été à un moment donné,
17:32je lutte contre l'inflation.
17:34Aujourd'hui,
17:34la priorité,
17:35c'est l'emploi
17:35depuis six mois.
17:37C'est ça.
17:38Depuis Jackson Hole, quoi.
17:38Au mois de mai,
17:39il n'est plus là.
17:40Moi, ce qu'on essaie
17:41de dire à nos clients,
17:42c'est de dire
17:42qu'ils sont 12 à voter.
17:44Il y a 7 membres
17:44du Board of Governors.
17:46Le reste,
17:46c'est des présidences tournantes.
17:48Il n'est pas tout seul,
17:49le président.
17:49Il insuffle forcément
17:51la grande tendance,
17:52mais lors du dernier résultat
17:54des votes qui a eu lieu,
17:56il y a quand même
17:56deux d'entre eux
17:57qui voulaient...
17:58qui mettaient
17:58pour une hausse de taux.
17:59Donc, Miran,
18:00qui est un petit peu
18:01le sous-marin de Trump
18:03au sein de la Fed,
18:05à tout seul,
18:05il ne fera pas bouger les choses.
18:07Donc, on se dit,
18:08voilà,
18:08si la Fed fera ce qu'il y a à faire...
18:11On ne croyez pas à l'idée,
18:13ou en tout cas,
18:14l'idée que le marché
18:15se mettrait à percevoir la Fed
18:16comme étant totalement
18:18aux ordres de Trump,
18:19totalement...
18:20ayant totalement capitulé
18:22sur l'idée d'indépendants.
18:23On ne croyez pas à ce risque-là.
18:25Moi, j'ai envie de vous dire,
18:26pour faire simple,
18:27Powell a eu raison sur tout.
18:29Mais depuis un an,
18:30il a eu raison sur tout.
18:31C'est-à-dire qu'en fait,
18:32il a eu raison de freiner Trump
18:34dans ses ardeurs
18:34de baisser les taux.
18:35Vous imaginez aujourd'hui,
18:37on a un taux de croissance
18:38qui est au-delà de 4.
18:39En fait, bon,
18:40en réel ou nominal,
18:42les chiffres ne sont pas les mêmes,
18:42mais on a un taux de croissance
18:43qui est assez fort.
18:45Vous avez une inflation
18:46qui est relativement conjurée
18:47entre 2,5 et 3 %.
18:49On aimerait 2,
18:50mais voilà.
18:51Donc, ça marche.
18:53Le bateau ne coule pas du tout.
18:55Les faits ont l'air
18:55de lui donner raison.
18:56Si vous aviez écouté Trump,
18:58s'il a écouté les sirènes de Trump
18:59de baisser les taux,
19:00vous seriez dans une situation
19:01de surchauffe,
19:02de croissance économique,
19:03une inflation beaucoup plus élevée.
19:05Donc, voilà.
19:06Alors, ça ne veut pas dire
19:06qu'il aura raison encore cette année.
19:08Il est parti dans quelques mois.
19:10Je dis juste que
19:10on va avoir,
19:12là, en 2026,
19:13on va avoir les effets,
19:15théoriquement,
19:15enfin, même pas que théoriquement,
19:17bénéfiques
19:17du One Big Beautiful Bill Act.
19:20Il ne faut pas se mentir.
19:23beaucoup de choses
19:24existent déjà.
19:25La baisse des taux
19:26qu'il avait appliquée
19:27sur l'impôt des sociétés
19:28et des personnes physiques
19:29lors de son premier mandat
19:30ont été prorogées par Biden.
19:32Donc, il n'y a pas tellement de choses.
19:33Il y a d'autres choses
19:34qui viennent en supplément.
19:35On verra un petit peu
19:36quel sera l'impact.
19:38Voilà.
19:39Et ça, je pense que
19:40c'est ce qui va, à mon avis,
19:42mener la Fed
19:42à être plus ou moins agressive
19:44dans les prochains mois.
19:46Pour résumer,
19:48pour parler sans langue de bois,
19:50on est sur nous,
19:51sur un scénario 2026,
19:53d'une croissance soutenue.
19:54En fait, pour tout vous dire,
19:55c'est un petit peu
19:56à pleurer d'ennui.
19:57Tout le monde pense la même chose
19:58dans ce début d'année
19:58aux Etats-Unis.
19:59Tout le monde parait
20:00sur une croissance soutenue,
20:01une poursuite de l'IA,
20:02on en parlera peut-être
20:03tout à l'heure.
20:04Alors, un des gros sujets,
20:06c'est de savoir...
20:06C'est bien,
20:06parce qu'on sait déjà
20:07que ça ne va pas se dérouler
20:08comme ça, du coup.
20:09Non, il y a...
20:10Et oui, je ne sais pas,
20:12il y a un des sujets...
20:13Il y a un truc
20:14qui lâchera quelque part.
20:15Il y a quelque chose
20:16qui ne fait pas consensus,
20:17c'est l'histoire
20:17de la rotation du marché.
20:19Je le sens,
20:19il y a beaucoup de résilience.
20:20On est dans un métier
20:21où les gens ont du mal
20:22à changer de logiciel.
20:24Lorsqu'ils ont gagné
20:25sur une thématique,
20:26basculer sur une autre,
20:27c'est très compliqué.
20:28Il faut vendre l'idée
20:30au sein des...
20:31On a un début d'année
20:32et toutes les gestions
20:33dans tous les institutions financières.
20:34C'est cher de mobiliser.
20:35Voilà, comme si...
20:36C'est tout qui démarrait
20:37le 1er janvier.
20:37Ce qui n'est pas le cas
20:38et on verra ce que ça donne.
20:39Bon, sur...
20:40Oui, si, sur la Fed quand même.
20:42Enfin, l'emploi, la Fed
20:43et entre 25...
20:46Enfin, entre une ou deux
20:47baisses de taux complémentaires
20:48et 150 points de base
20:51de baisses de taux
20:52comme plaide encore
20:53Steven Mayran aujourd'hui.
20:55Où est-ce que le curseur
20:55peut atterrir selon vous, Nicolas ?
20:57Je pense que ça peut être agressif.
20:59Je partage ce que vous avez dit
21:00sur le fait qu'il y a vraiment
21:02un risque sur l'emploi.
21:03Je pense que les données
21:03qu'on a eu hier sur le Joel
21:04sont vraiment inquiétantes.
21:07Et ce qui est intéressant,
21:07c'est qu'on va avoir quand même
21:08des mouvements assez importants.
21:09Donc, Miran devrait sortir
21:10de la Fed ce mois-ci.
21:12Donc, on va avoir
21:13le remplacement qui aura lieu.
21:15Alors, il y a deux solutions.
21:16Soit, on aura aussi...
21:17On va avoir le nom
21:18ce mois-ci, a priori,
21:19du prochain chair de la Fed.
21:21Alors, donc...
21:21Attends, hein !
21:21Pour l'instant, les probabilités,
21:23donc, c'est les deux Kevin,
21:24avec Kevin Asset et Kevin Warsh.
21:26Très bien.
21:26Et faible probabilité,
21:28mais on va dire que je croise des doigts,
21:30on va dire, on espère toujours,
21:31avec Chris Waller.
21:33Mais de toute façon,
21:34je pense que Chris Waller
21:35va écraser intellectuellement
21:36le prochain chair.
21:37Donc, de toute façon,
21:38ça sera plutôt...
21:39Il sera une voie importante toujours.
21:40Il sera la voie la plus importante,
21:41à mon avis.
21:42Et il l'a été sans doute aussi
21:44ces dernières années.
21:46Et qu'il va avoir
21:47un ascendant intellectuel
21:48sur qui...
21:50Enfin, peu importe la personne,
21:51sur la personne qui arrive.
21:52C'est lui le shadow gouverneur, quoi,
21:53en fait.
21:53Oui.
21:54Shadow président.
21:55Donc, la meilleure solution,
21:56ce serait qu'il soit chair,
21:57évidemment.
21:58Et sinon, ça va être
21:59quelque chose d'un peu plus compliqué.
22:01Mais le problème,
22:02c'est que s'il met Kevin Asset,
22:04qui est donc le plus proche
22:05de Trump là-dedans,
22:06je pense qu'on a vraiment
22:07quelque chose qui devient un peu,
22:08je dirais pas guignolesque,
22:09mais c'est pas digne de la Fed,
22:12à mon avis.
22:13Kevin Warsh, à mon avis,
22:13n'est pas beaucoup plus digne de la Fed,
22:15même s'il l'a déjà été.
22:17Parce qu'il a une vision
22:18qui est tellement radicalement opposée
22:19à comment la Fed a évolué
22:20sur les 15 dernières années
22:21qu'il y a vraiment un problème
22:22de ce côté-là.
22:23Par contre, s'il mettait,
22:24effectivement, Chris Waller,
22:25et même, je pense que la bonne solution,
22:27peut-être, pourquoi pas garder Miran,
22:28parce que même si on s'est pas mal
22:29moqué de lui,
22:29j'ai trouvé qu'il était
22:31plutôt intéressant conceptuellement
22:33et qu'en fait,
22:34il a apporté pas mal au débat.
22:35Donc, très bien.
22:35Et que si on avait un board
22:39qui était dirigé par ces gens-là,
22:40on aurait sans doute
22:41quelque chose qui serait très réactif.
22:42Évidemment, hyper procroissance.
22:45Donc, à mon avis, très bien.
22:46Mais très réactif,
22:47c'est-à-dire des jumbo cuts s'il faut ?
22:49Je pense qu'il y a le moindre risque.
22:50Je pense qu'il n'y a aucun problème.
22:52Et quand on voit d'ailleurs
22:52ce qui a été fait,
22:53notamment sur la structure
22:54du QE,
22:56qui n'est pas un QE,
22:57mais qui est quand même vaguement un QE,
22:58qui a été annoncé le mois de l'année.
23:01Comment il s'appelle ça ?
23:01C'est le programme ?
23:03C'est quoi le RM Management Programme ?
23:07Oui, d'accord, RMB.
23:08Oui, c'est ça.
23:09Parce que le QE,
23:10c'est en gros,
23:10on achète de la dette de long terme
23:12et donc on fait de la demande
23:14et là, ce qu'on fait,
23:15c'est qu'en fait...
23:15On ne cherche pas à manipuler
23:16les taux longs, là.
23:17En fait, on propose au Trésor
23:19de venir le placer sur le cours
23:20et donc, en fait,
23:21on réduit l'offre.
23:22Donc, en fait,
23:22au lieu d'augmenter la demande du long,
23:24on réduit l'offre
23:25et donc, en fait,
23:25oui, on fait du QE.
23:26Et donc, ce qui permet
23:27de mettre un cap sur les taux,
23:28éventuellement,
23:29d'avoir un effet sur le Forex,
23:30donc sur la baisse du dollar
23:31si jamais il y avait un problème.
23:33Mais voilà,
23:33mais on soutient la croissance
23:34et ce qui manque,
23:34on a des autorités
23:35qui sont quand même alignées
23:37sur le besoin
23:37de ce qu'il doit être fait.
23:38Et tout ça,
23:39sans risque inflationniste supplémentaire ?
23:42Moi, je ne vois pas de risque
23:42inflationniste aux États-Unis
23:43aujourd'hui.
23:43On a eu les tarifs,
23:45effectivement,
23:45on a une croissance
23:46qui est très forte.
23:46Donc, la Fed admet
23:47que l'objectif,
23:48maintenant, c'est 3%
23:48et c'est plus 2, alors.
23:49Et puis là, en fait...
23:50Non, mais c'est une vraie question, Nicolas.
23:52Et il faut regarder...
23:52Implicitement,
23:54elle accepte que ce soit 3%
23:55et plus 2%.
23:55Eh bien, on a eu
23:56le Père Noël
23:56pendant les vacances.
23:57On a eu Bessence
23:59qui a fait une interview
24:00que j'ai trouvée
24:00assez intéressante.
24:01Ah, vous avez été gâté.
24:02Voilà, qui nous a dit
24:03qu'il avait...
24:04Enfin, que lui,
24:05considérait que le jour,
24:06on en retournait à 2%,
24:07en fait, on pourrait avoir
24:08une cible qui était
24:08entre 1 et 3%.
24:10Évidemment, le 1%,
24:11c'est au cas où
24:12vous avez une productivité
24:12super forte
24:13qui vous permet
24:13d'avoir quelque chose
24:14qui est en nominal
24:15et stable entre 4 et 5%.
24:17Mais si jamais
24:17on n'y arrive pas,
24:18on n'hésite pas
24:18d'avoir une inflation à 3%
24:19et donc on supporte
24:20la croissance,
24:20quoi qu'il en soit.
24:21Mais quand on prend
24:22ce cadre-là,
24:23en fait, ça vous fait
24:23ce qu'on appelle
24:24le nominal GDP.
24:25Enfin, du target
24:26du nominal GDP.
24:27Le PIB nominal.
24:28On cible le PIB nominal.
24:29Voilà, on cible
24:30le PIB nominal
24:31et ce qui, en fait,
24:32quand on regarde
24:32les données américaines
24:33depuis pas mal d'années,
24:34en fait,
24:34ce qui correspond à peu près
24:35à ce qui a déjà été fait
24:36dans la réalité
24:38et donc il y a
24:39effectivement une poursuite
24:39de la croissance
24:40et qui est exactement
24:41l'inverse de ce qui est fait
24:42en Europe, par exemple.
24:42Ah ouais.
24:44Je vous promets,
24:45on va parler d'Europe,
24:46mais on en parle en creux
24:47déjà d'une certaine...
24:48Non mais d'accord avec l'idée
24:49parce qu'il y a quand même
24:50des gens dans le marché
24:51qui s'inquiètent,
24:52légitimes,
24:53qui s'inquiètent,
24:54oui,
24:55d'une résurgence
24:56du risque inflationniste
24:57dans le cas d'une Fed
24:58qui couperait aveuglément
25:00ses taux
25:00ou en tout cas,
25:01peut-être,
25:02avec un biais
25:03trop orienté
25:04sur un soutien
25:06à la croissance
25:07par rapport à une inflation
25:09qui n'est pas revenue
25:10à la cible,
25:11encore une fois.
25:12Alors déjà,
25:12je voudrais dire
25:13que j'étais 100% d'accord
25:14avec ce que Nicolas a dit
25:15sur la Fed.
25:15Ce truc que je pourrais ajouter,
25:17c'est le...
25:18Même si c'est peu probable,
25:21c'est le 21 janvier,
25:22c'est une date
25:23qui est super importante
25:24pour la Fed
25:24parce qu'il y aura
25:25l'audition
25:26qui concernera
25:28le limogéage
25:29de Lisa Cook.
25:30Ah, oui.
25:30Et c'est peu probable
25:32à mon avis
25:32que le limogéage
25:33soit validé
25:34et si ça l'était,
25:36là,
25:36Trump change tout le monde,
25:37change l'équipe, quoi.
25:38On fait sortir,
25:39voilà,
25:40on remet l'équipe
25:40des remplaçants.
25:41La Cour suprême
25:42a quand même déjà
25:43limité la possibilité
25:44de...
25:45Non,
25:45elle a simplement posé...
25:47Enfin, voilà,
25:48dans le cas de la Fed,
25:49ils ne se sont pas prononcés.
25:50D'accord.
25:50Ils ont mis en suspens
25:52le limogéage
25:53de Lisa Cook
25:54et le 21 janvier
25:56pourraient apprendre,
25:58donc ils ne rendront pas
25:59leur jugement ce jour-là,
26:00mais on entendra
26:01les positions un peu
26:02des uns et des autres
26:02à la Cour suprême,
26:03on pourrait apprendre
26:04qu'il y a une majorité
26:05qui se dessine
26:05en faveur du limogéage
26:07de Lisa Cook.
26:08Et dans ce cas-là,
26:09là, ça deviendrait...
26:10C'est une porte ouverte
26:10qui se rendra en cas.
26:11Ça ne changerait vraiment tout.
26:13Probabilité faible,
26:14mais quand même
26:15vraiment à suivre.
26:16Sinon, après,
26:19moi, ma position
26:20par rapport à ça,
26:20c'est que
26:21actuellement,
26:23la croissance américaine,
26:24elle est faible.
26:25Ça fait quand même
26:26deux ou trois ans
26:26qu'elle est faible.
26:27Il n'y a rien de catastrophique,
26:30mais il y a vraiment
26:31des sables
26:33qui cachent la forêt.
26:34On a vraiment
26:35les investissements
26:36dans l'IA
26:36qui ont été très forts
26:37sur 2025,
26:38qui ont tiré très fortement...
26:39Sur un ou deux trimestres,
26:40d'ailleurs.
26:42Oui, mais...
26:43Quand je regardais
26:43la décomposition trimestrielle,
26:45c'est vrai qu'en fin d'année,
26:47c'est...
26:47Oui, c'était...
26:48Ce que je veux dire,
26:49c'est qu'il y a encore
26:50d'autres soutiens
26:50dans la croissance américaine.
26:52Oui, oui, il y en a,
26:53mais si on regarde,
26:55par exemple,
26:55le scénario de la FED
26:56pour 2026,
26:57ce qu'il expliquait
26:58en conférence de presse
26:58de Jean Powell,
26:59c'était quand même
26:59que la croissance serait forte,
27:01surtout parce qu'il y aurait
27:02des investissements dans l'IA.
27:03Enfin, leur scénario,
27:04à eux, c'est ça.
27:05Ça repose là-dessus, quoi.
27:06C'est en bonne partie ça,
27:07il n'y a pas que ça,
27:08mais c'est en bonne partie ça.
27:10Et en fait,
27:11quand on regarde,
27:11déjà, un peu le marasme
27:13sur le marché du travail,
27:14c'est plutôt une dégradation,
27:15très lente dégradation
27:16du marché du travail,
27:17déjà depuis trois ans,
27:18ça ne correspond pas
27:19avec une économie
27:20qui est en plein boom, quoi.
27:21Donc, je pense que la progression
27:24de l'activité économique
27:25est relativement faible
27:26aux Etats-Unis,
27:28qu'il y a pas mal de secteurs
27:29qui sont à l'arrêt,
27:30et puis, tout simplement,
27:30si on regarde les profits
27:31et les entreprises hors tech,
27:33franchement, ça fait deux,
27:35ça fait trois, quatre ans
27:37qu'il ne s'est pas passé grand-chose.
27:38Alors, c'est seulement
27:39en train de changer.
27:40C'est seulement sur la fin 2025,
27:42on a vu des choses
27:43qui étaient en train
27:43de s'améliorer
27:44sur les profits hors de la tech
27:46aux Etats-Unis,
27:46en particulier sur le secteur
27:48de la santé,
27:49mais je pense qu'il y a quand même
27:50une bonne partie
27:50de l'économie américaine
27:51qui a besoin, finalement,
27:53de ces baisses de taux.
27:54Il ne faut pas qu'il y ait
27:55de problème sur la capacité
27:57de ces groupes
27:57à dépenser encore
27:58dans les infrastructures d'IA,
27:59il ne faut pas qu'il y ait
28:00de problème de marché
28:01qui empêcherait
28:02ou qui freinerait
28:03la capacité de ces groupes
28:04à déployer des CAPEX.
28:06Ça fait partie des risques
28:07de l'année 2026.
28:08Est-ce qu'il y aura
28:09assez d'électricité ?
28:10Oui, oui, oui.
28:10Par exemple, voilà.
28:12Entre autres.
28:13Oui, oui.
28:13Est-ce qu'il y aura
28:14assez de capacité de mémoire aussi ?
28:15C'est des questions qui se posent.
28:16Bon, oui, il y a un problème
28:17d'offres, de ce point de vue-là,
28:18effectivement.
28:19Bon, ça nous amène
28:20à l'idée de la rotation
28:21ou non du marché américain, Thierry.
28:23Vous commencez à en parler
28:24tout à l'heure.
28:24Qu'est-ce que vous en dites ?
28:25Alors, notre stratégiste
28:26a fait un papier en décembre
28:27qui était assez intéressant.
28:28Il a posé la question suivante.
28:30Il a fait le constat
28:31que depuis 2023,
28:32sur la crise des banques
28:33qu'on a eue à l'époque,
28:34on a eu quatre faux départs
28:35sur les thématiques décycliques
28:37quand on parle de rotation.
28:38Alors, l'histoire
28:39des small cap ou mid cap,
28:42je ne rentre pas
28:42dans cette granularité-là.
28:43Je me demande juste
28:44si, en fait, effectivement...
28:46Parce que les dernières années,
28:47en fait, n'ont pas été linéaires
28:49sur l'univers des magnifiques sets.
28:51On parle de l'IA
28:52depuis fin 2022.
28:5423, c'est vraiment les sets.
28:5724, c'est beaucoup Nvidia
28:59qui a porté le marché.
29:00Et quand vous regardez
29:01l'année qui vient de s'écouler,
29:02sur un marché,
29:03le SPI qui fait 17% d'offres,
29:05vous en avez que deux
29:05qui ont surperformed.
29:06Oui, c'est ça.
29:06C'est Google et Nvidia.
29:08Les autres, c'est en dessous.
29:09Donc, il faut nuancer.
29:11Donc, la contribution relative
29:12des magnifiques sets
29:13à la perte du SPI
29:14ne fait que décélérer.
29:16Donc, le travail
29:17qu'a fait mon stratégiste
29:18était assez intéressant.
29:20Il fait le constat
29:20qu'on a eu quatre faux départs
29:22et il fait le constat
29:23qu'on évoquait à l'instant
29:24depuis octobre dernier.
29:25De nouveau, on constate
29:26qu'il y a un espèce
29:27de rattrapage,
29:28vous voyez, sur les années...
29:29C'est le Dow Jones
29:29qui bat des records en ce moment.
29:30Le Dow Jones,
29:31vous avez le S&P Callaway,
29:33les mid cap
29:34qui refont un record.
29:35Donc, il y a pas mal d'éléments.
29:36On peut déjà le constater,
29:38on ne peut pas le nier.
29:40La question, c'est
29:41est-ce que c'est
29:41un cinquième faux départ ou pas ?
29:43Et donc, pour répondre
29:43à cette question,
29:45il a fait une chose,
29:45il a créé un indice.
29:46Alors, il a un indice
29:47de cyclicité,
29:48comme il l'a appelé,
29:49et il a mis dedans
29:5020 paramètres.
29:51Alors, on peut débattre
29:52des paramètres,
29:52il y a un peu de tout.
29:53Il y a les mises
29:55en chantier de logement,
29:56les applications
29:57pour les hypothèques,
29:58vous avez la masse monétaire,
29:59vous avez les ventes
30:00de véhicules neufs,
30:01anciens, etc.
30:01On peut discuter
30:03de la pertinence
30:03de ces indices.
30:04Ce qui est ressorti
30:05lorsqu'il a un petit peu
30:06secoué le cocotier,
30:07pour parler simplement,
30:08c'est qu'en fait,
30:09il a fait le constat
30:10sur les 12 derniers mois
30:11qu'il y a des
30:13certains indices
30:14qui étaient en forte accélération
30:15et pas d'autres.
30:16Et ceux qui étaient
30:17en forte accélération,
30:17c'était entre autres,
30:19par exemple,
30:19les spot tracking,
30:20c'est les tarifs
30:21pour tout ce qui est
30:21transport routier,
30:22c'est-à-dire une note
30:23de l'accélération
30:24de la croissance.
30:24Il a parlé aussi
30:25des applications
30:26sur les achats immobiliers,
30:27c'est en forte croissance,
30:28etc.
30:28Et tous les indicateurs
30:29qu'il a identifiés
30:30sont des leading indicators,
30:32des indicateurs pour lui
30:33qui donnent une tendance.
30:34Donc, nous,
30:35notre pari sur 26,
30:37c'est de vouloir croire
30:38que, ce que disait
30:40Templeton,
30:41« this time is different »,
30:42cette fois,
30:42c'est différent
30:43et que peut-être,
30:44voilà,
30:44donc, on verra,
30:46dans ce métier,
30:46il faut être parfois aussi...
30:47Et donc,
30:47le marché peut avoir
30:49un profit plus cyclique ?
30:50Oui,
30:51et c'est ce qu'on est
30:51en train de voir
30:52en ce moment sur les US.
30:54Alors,
30:55on se garde toujours
30:55une porte de sortie,
30:56on ne lâche pas l'IA,
30:57on dit, voilà,
30:58vous parliez des CAPEX
30:59à l'instant,
30:59le montant sur les hyperscalers,
31:01on parle de 450,
31:02500 milliards,
31:03c'est beaucoup d'argent,
31:05on attend aussi
31:06un retour sur investissement.
31:08Quand vous voyez
31:09il y a des dossiers
31:09qui ont lâché du terrain
31:11comme Hewlett-Packard,
31:12comme Dell ou autres,
31:13c'est parce que
31:14quand vous avez un acteur
31:15qui était Inix,
31:16je crois,
31:17qui a fait parler
31:17de la forte hausse des prix
31:19sur les puces
31:20de près de 70%,
31:21à un moment donné,
31:22dans la chaîne de valeur
31:22de production,
31:23vous allez impacter
31:24des marges des acteurs
31:26qui vont vous livrer,
31:27on va dire,
31:27le produit fini.
31:28Dell,
31:29ça fait des serveurs,
31:31et voilà.
31:31Et la baisse d'hier,
31:33c'est ça,
31:33c'est une réaction
31:34à ces hausses de prix.
31:35Donc,
31:35il faudra voir aussi
31:36la capacité
31:37qu'auront un certain nombre
31:37d'acteurs dans la tech
31:38de pouvoir,
31:39dans toute la chaîne de valeur,
31:40ou répercuter
31:41les hausses des prix,
31:42ou pas.
31:42Et là,
31:42le marché pourrait être,
31:43à mon avis,
31:44assez sévère.
31:45Et ça,
31:45c'est un rendez-vous
31:46pour 2026.
31:47Ah oui.
31:47C'est l'histoire
31:47de rentabilité,
31:48de rentabilisation
31:49des capex.
31:50Alors,
31:50on aura déjà
31:51un peu de lisibilité
31:52parce que dans 8 jours,
31:53on commence la publication
31:54du Q4 aux US,
31:55on va commencer
31:55avec les grandes banques,
31:56très important.
31:57On verra,
31:58dans un premier lieu,
31:58vu qu'on parlait
31:59du consommateur
32:00tout à l'heure,
32:00est-ce qu'il y a
32:01une dégradation
32:01au niveau
32:01de l'utilisation
32:02des cartes de crédit,
32:06des défauts de paiement,
32:07voilà le mot
32:07que je cherchais,
32:08ou voilà,
32:09c'est une très première indication,
32:10mais sur le reste,
32:10ça sera aussi intéressant.
32:12Bon,
32:13un mot de l'Europe,
32:13du coup,
32:14Nicolas,
32:14effectivement,
32:15c'est le gouverneur
32:18de la Banque du Portugal,
32:19aujourd'hui,
32:20qui nous dit,
32:21mais comme d'autres,
32:23que la BCE
32:23est en position confortable,
32:26qu'il n'y a pas de raison,
32:26si l'inflation poursuit
32:28sa trajectoire
32:28telle qu'on l'observe
32:29aujourd'hui,
32:30qu'il n'y a pas de raison
32:31que la BCE
32:31sorte de ce statu quo
32:33qu'elle juge
32:34toujours confortable,
32:36y compris quand on est
32:37gouverneur d'une banque centrale
32:38d'un pays
32:38dit périphérique.
32:41We are in a good place,
32:43c'est le mot...
32:44C'est une erreur collective
32:45massive.
32:46Oui,
32:47je pense que oui.
32:48Au sein de la BCE,
32:50aujourd'hui.
32:50En fait,
32:50quand on regarde,
32:52si on prend la zone euro,
32:53en fait,
32:53il y a beaucoup de choses
32:53qui ont poussé
32:54la croissance de la zone euro
32:55depuis la période
32:56de Covid
32:57qui sont un peu extérieures.
32:58En fait,
32:59on regarde les données.
33:00Déjà,
33:00si on enlève l'Irlande,
33:01on peut enlever une partie.
33:03Il y a eu le super bonus italien
33:04qui était une partie
33:05assez considérable
33:06de mouvements.
33:08On a ensuite
33:08tous les fonds
33:09qui ont été dépensés
33:10par le NGU.
33:12Et en fait,
33:12c'est difficile
33:13d'avoir des données propres
33:14sur la zone euro.
33:15Et en fait,
33:16ce que j'ai fait,
33:16c'est que je prends juste
33:17la France et l'Allemagne
33:18qui ne sont pas incluses
33:19dans le NGU,
33:20qui est le corps.
33:20En fait,
33:20c'est quand même 50%
33:21de la zone euro.
33:23Et là-dedans,
33:26par les États-Unis
33:27de ce qu'ils appellent
33:28le PDFP.
33:29Donc,
33:29c'est vraiment
33:29où vous prenez
33:30la consommation des ménages
33:31et vous prenez
33:31l'investissement des entreprises.
33:32La demande finale privée.
33:33Le venteur de l'économie.
33:34Et en termes réels,
33:35en fait,
33:35si je prends l'Allemagne
33:36et la France agrégées,
33:38en fait,
33:38depuis 2019,
33:39c'est zéro.
33:40Aux États-Unis,
33:41c'est plus 18.
33:42Donc,
33:42c'est 18% de croissance.
33:44Depuis la première hike
33:45de la BCE,
33:45c'est moins 1% en Europe.
33:47En trois ans,
33:47c'est quasiment plus 9
33:48aux États-Unis.
33:50C'est absolument invraisemblable.
33:51C'est-à-dire que
33:52ce à quoi on assiste,
33:54c'est en fait,
33:54on a de la croissance
33:55qui vient de facteurs exogènes.
33:57Mais par contre,
33:57ce qui dépend vraiment
33:58de la politique monétaire,
34:00c'est-à-dire le secteur privé,
34:01lui, en fait,
34:02sert en gros
34:03d'amortisseur
34:04de tout ce qui se passe
34:05pour le reste.
34:05C'est-à-dire qu'on est en train
34:06de détruire notre secteur privé
34:07en Europe,
34:08on va dire,
34:09pour compenser les effets
34:10de ce qui a été fait,
34:11justement pour contrer
34:11ces politiques-là.
34:13Mais aujourd'hui,
34:13le secteur privé,
34:14encore une fois,
34:14France-Allemagne,
34:15c'est zéro.
34:16Zéro en six ans.
34:16Enfin, il n'y a pas d'équivalent
34:17depuis 45.
34:18Et c'est le sujet
34:18de la politique monétaire
34:19ou pas Nicolas Pereira ?
34:20C'est celui qui parle aujourd'hui.
34:22Donc, c'est pour ça
34:22que je le cite en exemple.
34:23C'est clairement...
34:24Ce n'est plus...
34:25La BCE a fait le job.
34:26On a fait notre travail
34:27pour apporter notre soutien
34:29à l'économie.
34:30Dans le policy mix,
34:31il y a maintenant
34:31la place des gouvernements,
34:33des budgets,
34:34de la réglementation.
34:35C'est à eux
34:35de stimuler la croissance.
34:37Eh bien, je ne crois pas
34:38parce que justement,
34:38c'est ce qui a été fait.
34:44Mais en fait,
34:44ce qui va être fait,
34:45c'est qu'on a...
34:46Et ce qui avait été annoncé
34:46par Schnabel,
34:47l'éventuelle hausse de taux,
34:49par exemple,
34:49qui est pricée plutôt
34:50pour début 2027.
34:52C'est en fait un effet
34:52qui permettrait de compenser
34:53justement le surplus de demande
34:54qui va être généré par l'Allemagne.
34:55Donc, si on vient
34:56contrer cela
34:57pour faire payer
34:58au secteur privé
34:58ce qui est mis en place
34:59par le secteur public,
35:00mais c'est exactement
35:01à la séquence
35:01à laquelle on assiste
35:02depuis six ans.
35:03Le résultat,
35:04c'est qu'en Europe,
35:05la croissance du secteur privé,
35:06encore une fois,
35:06depuis 45,
35:06qu'il n'y a pas d'équivalent.
35:07C'est-à-dire qu'on est en train
35:08de détruire vraiment
35:08notre secteur privé.
35:10On a une banque centrale
35:10qui dit au même moment
35:11« we are in a good place »
35:12et au même moment,
35:13on a un euro
35:13qui est donc au plus haut historique,
35:15qui atteint son plus haut historique
35:16le 16 décembre dernier.
35:17Face à toute devise.
35:18Alors même qu'on est
35:18dans une guerre commerciale
35:20la plus forte aussi,
35:21à ce moment-là.
35:21C'est une stratégie
35:23qui est suicidaire
35:24comme si, en fait,
35:25on ne s'était pas rendu compte
35:26de ce qui est en train
35:26de se passer dans le monde.
35:28Et we are in a good place.
35:29Ouais.
35:30Comment on sort de ça ?
35:31On peut en sortir ou pas ?
35:32De ce statu quo confortable ?
35:34J'ai accueilli très favorablement
35:35l'interview d'Emmanuel Macron
35:37à son retour de Pékin
35:38en disant qu'il y avait
35:39vraiment un problème BCE,
35:40en disant qu'il y avait
35:41un problème aussi
35:42avec les tarifs chinois
35:43et qu'il fallait peut-être
35:44en mettre en place.
35:45Donc ça passe par une pression politique ?
35:47Il y a évidemment
35:48une pression politique
35:48à mettre en place.
35:49On a le G7
35:50qui va être dirigé par la France.
35:52J'ai peur, par contre,
35:52que le poids politique
35:53ne soit pas suffisant
35:54pour qu'on arrive à quelque chose.
35:55Et surtout, je vois qu'en face,
35:57on a une Allemagne
35:57qui aujourd'hui, en fait,
35:59est dans cette situation-là
36:00mais va avoir son plan à elle
36:02qui va protéger l'Allemagne
36:03indirectement, mais relativement.
36:05Donc pourrait bénéficier
36:06la situation en Europe
36:07par rapport aux autres pays européens,
36:09mais tant pis pour les autres.
36:10C'est vrai que du strict point de vue
36:12de l'inflation,
36:12alors il est à 2% aujourd'hui,
36:14mais dans un pays comme la France,
36:16on régresse vite
36:18sous 1% d'inflation
36:19en rythme annuel.
36:22Oui, on y a depuis un moment,
36:23mais encore un dixième en moins
36:25le mois dernier.
36:26En fait, pour continuer
36:30ce que disait Nicolas...
36:32Oui, vous n'êtes pas seul, Nicolas.
36:34Quand je disais erreur
36:35collective massive,
36:36c'est au sein
36:37de la Banque Centrale Européenne.
36:38Parce que dans le monde
36:39des marchés...
36:40Je crois que la BCE
36:41peut se targuer d'être
36:43la banque centrale
36:44la plus indépendante
36:45du monde du pouvoir politique.
36:47On se rend compte
36:47que ça peut avoir
36:49un coût économique.
36:51Vous ne dites pas
36:52qu'on est en train
36:52de préserver quelque chose
36:53qui a de la valeur
36:54sur le long terme ?
36:56Non, je n'en sais rien.
36:57On a quand même
36:57beaucoup débattu
36:58de ces sujets,
36:59de ces questions d'indépendance.
37:00Quand on a vu la FED
37:02commencer à vaciller,
37:03on s'est dit
37:04« Oh là là ! »
37:04Attention, c'est grave.
37:06Ce que dit Nicolas,
37:07c'est qu'il y a...
37:09Vous me dites si je me trompe.
37:10C'est qu'il y a vraiment
37:12une focalisation
37:13sur des chiffres
37:15d'inflation
37:16de très court terme
37:17avec assez peu
37:19d'analyses finalement
37:20de l'évolution,
37:22des grandes masses
37:23et des grandes évolutions
37:25de l'économie,
37:26le tissu industriel,
37:27la guerre commerciale,
37:28etc.
37:29Et ça rentre finalement
37:30assez peu
37:30dans l'analyse
37:31de la BCE,
37:33de ce qui sort
37:34de la déconférence de presse
37:35en tout cas.
37:36et c'est probablement
37:38une erreur.
37:40Quand on voit
37:41l'évolution
37:43des relations commerciales
37:44entre l'Europe
37:45et la Chine
37:45et l'explosion
37:47des exportations chinoises
37:48vers l'Europe,
37:50je ne peux pas m'empêcher
37:50de penser
37:51que c'est quelque chose
37:51qui est très
37:52au moins désinflationniste,
37:54même si ça ne se voit pas
37:56forcément encore bien
37:57dans les chiffres.
37:58Mais c'est quelque chose
37:59qui va arriver.
38:01Nicolas,
38:02il y avait un point
38:03que je trouvais extraordinaire,
38:04c'était Isabelle Schnabel
38:05a parlé le mois dernier
38:06en disant que
38:07les importations européennes
38:09en provenance de Chine
38:10étaient en train de baisser.
38:12Et en fait,
38:12elle a raison,
38:13c'est qu'en nominal,
38:13ça baisse.
38:14Sauf que le déflateur
38:15est à moins 18.
38:16C'est-à-dire qu'en volume,
38:17ça explose.
38:18Mais les volumes explosent.
38:20Et en fait,
38:21c'est un espèce d'angle mort.
38:22Elle est brillante.
38:25Isabelle Schnabel,
38:26elle sait très bien
38:27ce qu'elle dit.
38:27Et en fait,
38:28c'est juste un moyen
38:28de masquer une réalité
38:29qui est en train
38:30d'effacer
38:31la production européenne.
38:32Mais ce qui est un peu
38:33troublant là-dessus,
38:34c'était qu'au
38:35début de la guerre commerciale,
38:36Christine Lagarde
38:37parle des réallocations
38:38des flux commerciaux.
38:39Et là, on se dit
38:40« Waouh ! »
38:41Justement, c'est un facteur.
38:42Oui, on en parlait
38:43au tout début.
38:43Et puis alors,
38:44c'est complètement sorti
38:44du discours.
38:45Ils n'en parlent plus du tout.
38:46Et on voit que
38:47les transferts
38:49de petits colis
38:50de la Chine
38:51vers les États-Unis
38:52se sont effondrés.
38:53En revanche,
38:54vers l'Europe,
38:55ça a explosé.
38:56Ça a complètement
38:56pris le relais.
38:57Et cette histoire de flux,
38:58c'est en train
38:58de se matérialiser.
38:59Il faudra attendre
39:00encore quelques semaines
39:00pour les retours
39:02des banques centrales
39:03un 27-28 janvier
39:04pour la première réunion
39:05de la Fed cette année.
39:06Et ce sera le 5 février
39:07pour la Banque Centrale Européenne
39:08et la Banque d'Angleterre.
39:09Merci à vous trois
39:10d'avoir été les invités
39:11de Planète Marché ce soir.
39:12Bastien Drus,
39:13CPR Asset Management,
39:14Nicolas Gotsman,
39:15la financière de la Cité
39:16et Thierry Guille,
39:17Raymond James France.
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