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  • il y a 2 mois
Ce lundi 22 décembre, dans sa chronique USA Today, John Plassard, associé et responsable de la stratégie d’investissement de Cité Gestion, s'est penché sur l'éventualité d'une approche d'un rallye de Noël sur les marchés, les analyses confiantes sur l'indice S&P 500 pour 2026, ainsi que l'enchaînement des records pour l'or, l'argent et le platine. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Paul sur BFM Business.

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Transcription
00:0015h30, Antoine Largue-Audrey est avec nous. Bonjour Antoine.
00:02Bonjour Guillaume.
00:03Et on vient d'ouvrir les portes du côté de Wall Street à l'instant.
00:06Oui, et la tendance est franchement positive.
00:08Avec un Nasdaq qui gagne 0,67%, on est à 23 464 points.
00:12Plus 0,23% pour le Dow Jones, 48 245 points.
00:16Plus 0,47% pour le S&P 500, 6 865 points.
00:20La volatilité retombe assez nettement sous les 15 points.
00:24Et pendant ce temps-là, vous l'avez dit, le CAC 40 en baisse,
00:26moins 0,52%, 8 108 points.
00:29Noté une petite hausse de la tech européenne,
00:31plus 0,04% pour l'Euronext Tech Leaders.
00:34Et puis l'actualité sur les marchés obligataires,
00:37avec un taux français 10 ans qui est au plus haut de l'année.
00:40Ça y est, 3,62 après.
00:42Désormais, le chemin tout tracé vers une loi spéciale pour le budget.
00:45Et on rappelait ce matin, je crois, sur BFM Business,
00:47qu'en la matière, on est hors fèvres en Europe, dans la zone euro.
00:51À part la Slovaquie, j'ai vu ça, qui a encore un taux à 10 ans supérieur au nôtre.
00:54Mais sinon, on est les meilleurs de notre catégorie.
00:57On y est, c'est ça.
00:593,60 pour la dette italienne, 3,34 pour la dette espagnole,
01:043,19 pour la dette portugaise.
01:05On est vraiment classé maintenant dans les pays du Sud.
01:09Bon, c'est devenu maintenant, c'est passé dans les choses normales du moment.
01:12Merci beaucoup Antoine.
01:13Bon, on va raconter tout ça, plus bien d'autres choses,
01:15d'ici à 18h sur BFM Business.
01:17En attendant, on va retrouver John Plassard qui est avec nous.
01:20Bonjour John, pour faire un petit point notamment sur Wall Street,
01:23associé responsable de la stratégie d'investissement de Cité Gestion.
01:26Bonjour John, merci d'être avec nous cet après-midi sur BFM Business.
01:30Bon, on le disait, côté statistiques macroéconomiques,
01:32on ne va pas avoir grand-chose à se mettre sous la dent cette semaine.
01:35John, ça va s'énerver un petit peu demain quand même.
01:37Oui, exactement.
01:39Bon, il ne faut pas oublier, vous savez qu'on parle toujours du shutdown,
01:42on a l'impression qu'il s'est arrêté le plus long des États-Unis.
01:46L'histoire américaine s'est arrêtée il n'y a pas très longtemps,
01:48mais on est toujours en train de rattraper certaines données économiques,
01:53et notamment sur l'immobilier américain.
01:54On va avoir ça à partir de 16h aujourd'hui.
01:57Demain, on aura encore un rapport en retard qui est l'ADP de l'emploi.
02:01Je vous rappelle quand même que la réserve fédérale américaine,
02:04lors de la réunion la semaine passée,
02:06a vraiment mis un point d'ordre en disant que c'est l'emploi qu'on surveille
02:10puisque l'inflation est plus ou moins maîtrisée
02:14qu'on avait vu dans les dernières statistiques économiques
02:17que l'inflation avait même baissé.
02:18On est toujours au-dessus des 2% qui est le mandat de la Fed,
02:24mais on est dans une stabilisation.
02:26On va avoir, vous l'avez dit, la dernière estimation de croissance américaine.
02:32Alors, normalement, c'est quelque chose qui est un peu anodin
02:34parce qu'elle ressemble à l'estimation précédente.
02:38Mais là, si on se réfère au consensus,
02:42on devrait passer de 3,8 à 3,2%.
02:46Donc, une révision nette à la baisse
02:50pour le troisième trimestre aux États-Unis
02:56qui serait due, entre autres, à une consommation
02:59qui est un tout petit peu moins vigoureuse.
03:03Mercredi, on aura les demandes continues de l'emploi,
03:05le 24 décembre.
03:08Et puis, jeudi, c'est congé.
03:09Vendredi, c'est ouvert.
03:10Les marchés américains sont ouverts,
03:12mais sans aucune statistique.
03:14Alors, faire quand même attention à cette semaine
03:17parce qu'évidemment, on n'attend rien.
03:19Vous savez, Guillaume, lorsqu'on n'attend rien,
03:21c'est toujours lorsque quelque chose pointe le bout de son nez,
03:24notamment sur les statistiques économiques.
03:27Alors, oui, justement, c'est une question qu'on voulait vous poser.
03:29Comment est-ce que les marchés évoluent historiquement
03:31durant les semaines de naël ?
03:33Effectivement, c'est des semaines un peu piégeuses,
03:34John, mine de rien.
03:37Oui, exactement.
03:38C'est le fameux Christmas rally.
03:39Puis, il faut se rappeler parce que, vous savez,
03:41il y a une confusion qui est faite souvent
03:44lorsqu'on dit Christmas rally.
03:45Tout le monde pense que c'est tout le mois de décembre.
03:48Ben, pas du tout.
03:49C'est les dernières.
03:50Lorsqu'on parle du Christmas rally,
03:51c'est les dernières séances de décembre,
03:54les cinq dernières séances de décembre
03:55et les deux premières de janvier.
03:58Et depuis 1950, la moyenne sur cette durée
04:03est de plus 1,3 pour la S&P 500.
04:07Donc, c'est plutôt favorable.
04:09Évidemment, on est dans une situation
04:12où la semaine de naël et ses derniers jours
04:14avant le 31 décembre,
04:17on a des volumes plus faibles,
04:19on a une réallocation de portefeuille,
04:21on a un biais psychologique qui est assez positif,
04:25normalement,
04:26et un réinvestissement de liquidité,
04:29si on a de la liquidité.
04:31Et ce qui est assez intéressant de remarquer,
04:34c'est la question un peu psychologique.
04:35Parce que, normalement,
04:37lorsque le mois de décembre est marqué
04:39par une forte volatilité,
04:42et Antoine vient de dire que la volatilité,
04:45en fait, est en train de descendre,
04:46décembre, eh bien,
04:48on a un rallye de Noël,
04:50le fameux Christmas rallye,
04:52qui est écourté, voire absent.
04:55Et dans l'autre cas,
04:57c'est-à-dire lorsque la volatilité est basse,
05:00eh bien, les marchés ont tendance à monter.
05:02C'est intéressant aussi de noter
05:04sur cette statistique de fin d'année
05:07que si on n'a pas ce rallye,
05:11souvent, eh bien,
05:12le mois de janvier est mauvais.
05:15Et au contraire,
05:16si on a ce fameux rallye du Père Noël,
05:19eh bien, le mois de janvier est plutôt positif.
05:23Donc, on est dans une situation
05:24où on va vraiment regarder ces derniers jours,
05:27on ne va pas fêter trop tôt Noël
05:30ou la progression du S&P 500 cette année,
05:35mais vraiment regarder les statistiques
05:37jusqu'au dernier jour de transaction de cette année.
05:39– Ça pourrait nous donner une indication
05:41de ce que sera le début de janvier.
05:42Eh bien, justement,
05:43si on se projette un petit peu, John,
05:44sur le début d'année 2026,
05:46est-ce qu'il y a chez vous des estimations
05:48qui commencent à émerger forcément
05:51sur ce que pourraient être les performances
05:53des principaux indices américains,
05:54le S&P 500 ?
05:55Est-ce qu'on commence à faire des pronostics
05:56chez vous pour 2026 ?
05:58– Oui, mais surtout dans les…
06:00Alors, chez nous,
06:01oui, on est assez positif pour cette année,
06:052026, mais si on regarde
06:06ce qu'on appelle les grandes banques
06:09comme Goldman Sachs, Citigroup et JP Morgan,
06:12eh bien, si on prend ces neuf,
06:14les neuf plus grandes banques,
06:16eh bien, en moyenne, sur le S&P 500,
06:19elles ont un objectif de 7500 points
06:23pour la fin 2026.
06:25Ça veut dire concrètement, aujourd'hui,
06:26on est environ à 6800 points sur le S&P 500,
06:29un tout petit peu plus,
06:31eh bien, c'est une progression de 10% sur l'année seulement,
06:36alors qu'à aujourd'hui, on est à plus 16%.
06:40Et cette hausse de 10% serait tirée
06:43par la croissance des bénéfices
06:45plutôt que la croissance des multiples.
06:47Intéressant de voir, évidemment, les banques,
06:50ce qu'elles parient.
06:51On a Morgan Stanley qui parie sur 7800 points,
06:53la Deutsche Bank, c'est 8000 points,
06:56c'est l'objectif, c'est l'objectif le plus agressif,
07:00alors que Bank of America ne parie seulement,
07:03ne parie seulement sur un S&P 500 à 7100 points,
07:07donc il n'y a pas beaucoup de choses à gratter.
07:10Et puis, chose assez intéressante,
07:12c'est peut-être pour l'anecdote,
07:14eh bien, lorsqu'on regarde Citigroup,
07:16ils ont un objectif de 7700 points,
07:19c'est plutôt dans la bonne partie,
07:21mais avec un potentiel scénario haussier
07:28de 8300 points et un scénario baissier
07:32de 5700 points.
07:35Donc, dans leur scénario baissier,
07:37qui n'est pas le scénario core, comme on dit,
07:39eh bien, on verrait les indices américains
07:41et le S&P 500 potentiellement baisser
07:44d'environ 20% par rapport au taux d'aujourd'hui,
07:49qui serait notamment dû à une explosion,
07:52c'est eux qui le disent, c'est pas moi,
07:53à une explosion, évidemment,
07:55de la bulle liée à l'intelligence artificielle.
07:57Ça, ça fera aussi partie des questions
07:58qu'on va poser cet après-midi,
08:00parce que c'est une des grandes questions de 2026,
08:02évidemment.
08:03En attendant, dernière question
08:04qu'il fallait que je vous pose.
08:05Je ne vais pas vous laisser partir, John,
08:06pour vous demander comment est-ce que vous regardez
08:07ce qui se passe sur l'or.
08:08On le disait, on a passé la barre
08:09des 4400 dollars l'once ce matin.
08:12Il y a des beaux records aussi,
08:14des belles perfs sur l'argent, le cuivre, le platine.
08:16Qu'est-ce qui nous vaut le plaisir,
08:17globalement, de cette envolée ?
08:19D'abord, vous savez, en fin d'année,
08:21quelques personnes boivent des cocktails.
08:23Là, c'est un cocktail macroéconomique
08:25absolument puissant,
08:28puisqu'on a des perspectives
08:30de nouvelle baisse de taux,
08:32selon le consensus, aux États-Unis pour 2026.
08:35On a une inflation qui se normalise.
08:37On a un marché du travail aux États-Unis
08:39plus fragiles et, normalement, mécaniquement,
08:43ça soutient tous les métaux,
08:46ce qu'on appelle les métaux non rémunérés,
08:48de l'or à l'argent au cuivre.
08:50On a aussi, en force, un retour des valeurs refuge.
08:54On parle de plus en plus du Venezuela.
08:56La guerre n'est bien évidemment pas finie en Ukraine
09:00et on a quelques tensions au Moyen-Orient.
09:03Et puis, aussi intéressant,
09:05c'est toujours un argument de poids,
09:07de dire que c'est toujours les banques centrales
09:09qui continuent à acheter de l'or.
09:11On a aussi les ETF
09:13qui ramènent énormément d'or physique,
09:17parce qu'évidemment,
09:18il faut avoir la contrepartie
09:20en face des ETF.
09:22Et puis, aussi une chose,
09:24parce qu'on oublie souvent,
09:25vous savez, lorsqu'on parle de tous les métaux,
09:27on oublie les fondamentaux.
09:29Si vous regardez l'argent et le cuivre,
09:32vous avez quand même une demande structurelle
09:34qui est liée à la transition énergétique,
09:36aux panneaux solaires,
09:38aux véhicules électriques
09:39et à l'infrastructure
09:41de données d'intelligence artificielle.
09:44Et puis, évidemment, le cuivre,
09:45c'est les tensions qu'on a sur l'offre mondiale.
09:49Et un dernier point sur le platine,
09:51parce qu'au-delà de la thématique
09:53dont je vous ai parlé monétaire,
09:55le platine est aussi porté
09:57par un déficit d'offres avérées
10:00liées notamment aux difficultés de production
10:02en Afrique du Sud.
10:03Et ça, ça fait monter,
10:05évidemment, lorsqu'on a plus de demandes
10:07que d'offres,
10:08ça fait monter les prix mécaniquement.
10:10Donc, toutes ces explications,
10:12pour vous dire, Guillaume,
10:13qu'aujourd'hui,
10:14c'est un actif aussi à avoir
10:16et qui n'est pas seulement tiré
10:19par les problèmes géopolitiques.
10:20Voilà donc pour cette ruée sur les métaux.
10:23Merci beaucoup, John.
10:24Merci d'avoir été avec nous,
10:25John Plassard,
10:26associé responsable de la stratégie
10:27d'investissement de la Cité Gestion.
10:29Antoine, comment est-ce que vous regardez
10:30cette nouvelle envolée sur l'or aujourd'hui ?
10:344 400 dollars l'once quand même.
10:3670% sur l'année quand même.
10:37On a une série de records historiques absolus
10:40sur l'once d'or fin.
10:42C'est aussi très impressionnant sur l'argent,
10:45parce qu'on a l'impression
10:45que l'un a pris le relais de l'autre.
10:47Et puis, au final,
10:49on voit que, vous savez,
10:50traditionnellement, on dit toujours
10:51les mineurs,
10:53il y a beau y avoir des records mondiaux
10:54sur les cours,
10:55ce n'est pas exactement ça
10:58qui va faire grossir leurs bénéfices
10:59ou leurs valeurs.
11:00Là, c'est l'année de l'exception,
11:02étant donné que l'indice mondial
11:03des valeurs minières,
11:05lui, il est en hausse de 100%
11:06depuis le début de l'année.
11:07On commence à voir que les grands miniers
11:09vont être obligés de se regrouper,
11:11de continuer à accélérer leur productivité,
11:13ouvrir de nouveaux gisements.
11:15Bref, face à l'électronique,
11:17l'électrification de la société,
11:18il y a encore énormément,
11:19énormément de choses à faire
11:20et face aux incertitudes monétaires
11:22où on a de plus en plus besoin
11:23de matériaux sonnants et très bouchons.
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