00:0015h30, Antoine Largue-Audrey est avec nous. Bonjour Antoine.
00:02Bonjour Guillaume.
00:03Et on vient d'ouvrir les portes du côté de Wall Street à l'instant.
00:06Oui, et la tendance est franchement positive.
00:08Avec un Nasdaq qui gagne 0,67%, on est à 23 464 points.
00:12Plus 0,23% pour le Dow Jones, 48 245 points.
00:16Plus 0,47% pour le S&P 500, 6 865 points.
00:20La volatilité retombe assez nettement sous les 15 points.
00:24Et pendant ce temps-là, vous l'avez dit, le CAC 40 en baisse,
00:26moins 0,52%, 8 108 points.
00:29Noté une petite hausse de la tech européenne,
00:31plus 0,04% pour l'Euronext Tech Leaders.
00:34Et puis l'actualité sur les marchés obligataires,
00:37avec un taux français 10 ans qui est au plus haut de l'année.
00:40Ça y est, 3,62 après.
00:42Désormais, le chemin tout tracé vers une loi spéciale pour le budget.
00:45Et on rappelait ce matin, je crois, sur BFM Business,
00:47qu'en la matière, on est hors fèvres en Europe, dans la zone euro.
00:51À part la Slovaquie, j'ai vu ça, qui a encore un taux à 10 ans supérieur au nôtre.
00:54Mais sinon, on est les meilleurs de notre catégorie.
00:57On y est, c'est ça.
00:593,60 pour la dette italienne, 3,34 pour la dette espagnole,
01:043,19 pour la dette portugaise.
01:05On est vraiment classé maintenant dans les pays du Sud.
01:09Bon, c'est devenu maintenant, c'est passé dans les choses normales du moment.
01:12Merci beaucoup Antoine.
01:13Bon, on va raconter tout ça, plus bien d'autres choses,
01:15d'ici à 18h sur BFM Business.
01:17En attendant, on va retrouver John Plassard qui est avec nous.
01:20Bonjour John, pour faire un petit point notamment sur Wall Street,
01:23associé responsable de la stratégie d'investissement de Cité Gestion.
01:26Bonjour John, merci d'être avec nous cet après-midi sur BFM Business.
01:30Bon, on le disait, côté statistiques macroéconomiques,
01:32on ne va pas avoir grand-chose à se mettre sous la dent cette semaine.
01:35John, ça va s'énerver un petit peu demain quand même.
01:37Oui, exactement.
01:39Bon, il ne faut pas oublier, vous savez qu'on parle toujours du shutdown,
01:42on a l'impression qu'il s'est arrêté le plus long des États-Unis.
01:46L'histoire américaine s'est arrêtée il n'y a pas très longtemps,
01:48mais on est toujours en train de rattraper certaines données économiques,
01:53et notamment sur l'immobilier américain.
01:54On va avoir ça à partir de 16h aujourd'hui.
01:57Demain, on aura encore un rapport en retard qui est l'ADP de l'emploi.
02:01Je vous rappelle quand même que la réserve fédérale américaine,
02:04lors de la réunion la semaine passée,
02:06a vraiment mis un point d'ordre en disant que c'est l'emploi qu'on surveille
02:10puisque l'inflation est plus ou moins maîtrisée
02:14qu'on avait vu dans les dernières statistiques économiques
02:17que l'inflation avait même baissé.
02:18On est toujours au-dessus des 2% qui est le mandat de la Fed,
02:24mais on est dans une stabilisation.
02:26On va avoir, vous l'avez dit, la dernière estimation de croissance américaine.
02:32Alors, normalement, c'est quelque chose qui est un peu anodin
02:34parce qu'elle ressemble à l'estimation précédente.
02:38Mais là, si on se réfère au consensus,
02:42on devrait passer de 3,8 à 3,2%.
02:46Donc, une révision nette à la baisse
02:50pour le troisième trimestre aux États-Unis
02:56qui serait due, entre autres, à une consommation
02:59qui est un tout petit peu moins vigoureuse.
03:03Mercredi, on aura les demandes continues de l'emploi,
03:05le 24 décembre.
03:08Et puis, jeudi, c'est congé.
03:09Vendredi, c'est ouvert.
03:10Les marchés américains sont ouverts,
03:12mais sans aucune statistique.
03:14Alors, faire quand même attention à cette semaine
03:17parce qu'évidemment, on n'attend rien.
03:19Vous savez, Guillaume, lorsqu'on n'attend rien,
03:21c'est toujours lorsque quelque chose pointe le bout de son nez,
03:24notamment sur les statistiques économiques.
03:27Alors, oui, justement, c'est une question qu'on voulait vous poser.
03:29Comment est-ce que les marchés évoluent historiquement
03:31durant les semaines de naël ?
03:33Effectivement, c'est des semaines un peu piégeuses,
03:34John, mine de rien.
03:37Oui, exactement.
03:38C'est le fameux Christmas rally.
03:39Puis, il faut se rappeler parce que, vous savez,
03:41il y a une confusion qui est faite souvent
03:44lorsqu'on dit Christmas rally.
03:45Tout le monde pense que c'est tout le mois de décembre.
03:48Ben, pas du tout.
03:49C'est les dernières.
03:50Lorsqu'on parle du Christmas rally,
03:51c'est les dernières séances de décembre,
03:54les cinq dernières séances de décembre
03:55et les deux premières de janvier.
03:58Et depuis 1950, la moyenne sur cette durée
04:03est de plus 1,3 pour la S&P 500.
04:07Donc, c'est plutôt favorable.
04:09Évidemment, on est dans une situation
04:12où la semaine de naël et ses derniers jours
04:14avant le 31 décembre,
04:17on a des volumes plus faibles,
04:19on a une réallocation de portefeuille,
04:21on a un biais psychologique qui est assez positif,
04:25normalement,
04:26et un réinvestissement de liquidité,
04:29si on a de la liquidité.
04:31Et ce qui est assez intéressant de remarquer,
04:34c'est la question un peu psychologique.
04:35Parce que, normalement,
04:37lorsque le mois de décembre est marqué
04:39par une forte volatilité,
04:42et Antoine vient de dire que la volatilité,
04:45en fait, est en train de descendre,
04:46décembre, eh bien,
04:48on a un rallye de Noël,
04:50le fameux Christmas rallye,
04:52qui est écourté, voire absent.
04:55Et dans l'autre cas,
04:57c'est-à-dire lorsque la volatilité est basse,
05:00eh bien, les marchés ont tendance à monter.
05:02C'est intéressant aussi de noter
05:04sur cette statistique de fin d'année
05:07que si on n'a pas ce rallye,
05:11souvent, eh bien,
05:12le mois de janvier est mauvais.
05:15Et au contraire,
05:16si on a ce fameux rallye du Père Noël,
05:19eh bien, le mois de janvier est plutôt positif.
05:23Donc, on est dans une situation
05:24où on va vraiment regarder ces derniers jours,
05:27on ne va pas fêter trop tôt Noël
05:30ou la progression du S&P 500 cette année,
05:35mais vraiment regarder les statistiques
05:37jusqu'au dernier jour de transaction de cette année.
05:39– Ça pourrait nous donner une indication
05:41de ce que sera le début de janvier.
05:42Eh bien, justement,
05:43si on se projette un petit peu, John,
05:44sur le début d'année 2026,
05:46est-ce qu'il y a chez vous des estimations
05:48qui commencent à émerger forcément
05:51sur ce que pourraient être les performances
05:53des principaux indices américains,
05:54le S&P 500 ?
05:55Est-ce qu'on commence à faire des pronostics
05:56chez vous pour 2026 ?
05:58– Oui, mais surtout dans les…
06:00Alors, chez nous,
06:01oui, on est assez positif pour cette année,
06:052026, mais si on regarde
06:06ce qu'on appelle les grandes banques
06:09comme Goldman Sachs, Citigroup et JP Morgan,
06:12eh bien, si on prend ces neuf,
06:14les neuf plus grandes banques,
06:16eh bien, en moyenne, sur le S&P 500,
06:19elles ont un objectif de 7500 points
06:23pour la fin 2026.
06:25Ça veut dire concrètement, aujourd'hui,
06:26on est environ à 6800 points sur le S&P 500,
06:29un tout petit peu plus,
06:31eh bien, c'est une progression de 10% sur l'année seulement,
06:36alors qu'à aujourd'hui, on est à plus 16%.
06:40Et cette hausse de 10% serait tirée
06:43par la croissance des bénéfices
06:45plutôt que la croissance des multiples.
06:47Intéressant de voir, évidemment, les banques,
06:50ce qu'elles parient.
06:51On a Morgan Stanley qui parie sur 7800 points,
06:53la Deutsche Bank, c'est 8000 points,
06:56c'est l'objectif, c'est l'objectif le plus agressif,
07:00alors que Bank of America ne parie seulement,
07:03ne parie seulement sur un S&P 500 à 7100 points,
07:07donc il n'y a pas beaucoup de choses à gratter.
07:10Et puis, chose assez intéressante,
07:12c'est peut-être pour l'anecdote,
07:14eh bien, lorsqu'on regarde Citigroup,
07:16ils ont un objectif de 7700 points,
07:19c'est plutôt dans la bonne partie,
07:21mais avec un potentiel scénario haussier
07:28de 8300 points et un scénario baissier
07:32de 5700 points.
07:35Donc, dans leur scénario baissier,
07:37qui n'est pas le scénario core, comme on dit,
07:39eh bien, on verrait les indices américains
07:41et le S&P 500 potentiellement baisser
07:44d'environ 20% par rapport au taux d'aujourd'hui,
07:49qui serait notamment dû à une explosion,
07:52c'est eux qui le disent, c'est pas moi,
07:53à une explosion, évidemment,
07:55de la bulle liée à l'intelligence artificielle.
07:57Ça, ça fera aussi partie des questions
07:58qu'on va poser cet après-midi,
08:00parce que c'est une des grandes questions de 2026,
08:02évidemment.
08:03En attendant, dernière question
08:04qu'il fallait que je vous pose.
08:05Je ne vais pas vous laisser partir, John,
08:06pour vous demander comment est-ce que vous regardez
08:07ce qui se passe sur l'or.
08:08On le disait, on a passé la barre
08:09des 4400 dollars l'once ce matin.
08:12Il y a des beaux records aussi,
08:14des belles perfs sur l'argent, le cuivre, le platine.
08:16Qu'est-ce qui nous vaut le plaisir,
08:17globalement, de cette envolée ?
08:19D'abord, vous savez, en fin d'année,
08:21quelques personnes boivent des cocktails.
08:23Là, c'est un cocktail macroéconomique
08:25absolument puissant,
08:28puisqu'on a des perspectives
08:30de nouvelle baisse de taux,
08:32selon le consensus, aux États-Unis pour 2026.
08:35On a une inflation qui se normalise.
08:37On a un marché du travail aux États-Unis
08:39plus fragiles et, normalement, mécaniquement,
08:43ça soutient tous les métaux,
08:46ce qu'on appelle les métaux non rémunérés,
08:48de l'or à l'argent au cuivre.
08:50On a aussi, en force, un retour des valeurs refuge.
08:54On parle de plus en plus du Venezuela.
08:56La guerre n'est bien évidemment pas finie en Ukraine
09:00et on a quelques tensions au Moyen-Orient.
09:03Et puis, aussi intéressant,
09:05c'est toujours un argument de poids,
09:07de dire que c'est toujours les banques centrales
09:09qui continuent à acheter de l'or.
09:11On a aussi les ETF
09:13qui ramènent énormément d'or physique,
09:17parce qu'évidemment,
09:18il faut avoir la contrepartie
09:20en face des ETF.
09:22Et puis, aussi une chose,
09:24parce qu'on oublie souvent,
09:25vous savez, lorsqu'on parle de tous les métaux,
09:27on oublie les fondamentaux.
09:29Si vous regardez l'argent et le cuivre,
09:32vous avez quand même une demande structurelle
09:34qui est liée à la transition énergétique,
09:36aux panneaux solaires,
09:38aux véhicules électriques
09:39et à l'infrastructure
09:41de données d'intelligence artificielle.
09:44Et puis, évidemment, le cuivre,
09:45c'est les tensions qu'on a sur l'offre mondiale.
09:49Et un dernier point sur le platine,
09:51parce qu'au-delà de la thématique
09:53dont je vous ai parlé monétaire,
09:55le platine est aussi porté
09:57par un déficit d'offres avérées
10:00liées notamment aux difficultés de production
10:02en Afrique du Sud.
10:03Et ça, ça fait monter,
10:05évidemment, lorsqu'on a plus de demandes
10:07que d'offres,
10:08ça fait monter les prix mécaniquement.
10:10Donc, toutes ces explications,
10:12pour vous dire, Guillaume,
10:13qu'aujourd'hui,
10:14c'est un actif aussi à avoir
10:16et qui n'est pas seulement tiré
10:19par les problèmes géopolitiques.
10:20Voilà donc pour cette ruée sur les métaux.
10:23Merci beaucoup, John.
10:24Merci d'avoir été avec nous,
10:25John Plassard,
10:26associé responsable de la stratégie
10:27d'investissement de la Cité Gestion.
10:29Antoine, comment est-ce que vous regardez
10:30cette nouvelle envolée sur l'or aujourd'hui ?
10:344 400 dollars l'once quand même.
10:3670% sur l'année quand même.
10:37On a une série de records historiques absolus
10:40sur l'once d'or fin.
10:42C'est aussi très impressionnant sur l'argent,
10:45parce qu'on a l'impression
10:45que l'un a pris le relais de l'autre.
10:47Et puis, au final,
10:49on voit que, vous savez,
10:50traditionnellement, on dit toujours
10:51les mineurs,
10:53il y a beau y avoir des records mondiaux
10:54sur les cours,
10:55ce n'est pas exactement ça
10:58qui va faire grossir leurs bénéfices
10:59ou leurs valeurs.
11:00Là, c'est l'année de l'exception,
11:02étant donné que l'indice mondial
11:03des valeurs minières,
11:05lui, il est en hausse de 100%
11:06depuis le début de l'année.
11:07On commence à voir que les grands miniers
11:09vont être obligés de se regrouper,
11:11de continuer à accélérer leur productivité,
11:13ouvrir de nouveaux gisements.
11:15Bref, face à l'électronique,
11:17l'électrification de la société,
11:18il y a encore énormément,
11:19énormément de choses à faire
11:20et face aux incertitudes monétaires
11:22où on a de plus en plus besoin
11:23de matériaux sonnants et très bouchons.
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