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  • il y a 2 jours
Ce mercredi 14 janvier, Benoit Peloille, CIO chez Natixis Wealth Management, s'est penché sur le principal enjeu politique de 2026 sur les marchés et pour les investisseurs, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Benoît Pelloual nous rejoint, il va nous y aider. Bonjour Benoît.
00:02Bonjour Guillaume.
00:03Directeur des investissements de Nantixis West Management, vous allez rendre votre verdict face au marché.
00:07Cet instant qu'on va vivre, ce verdict que vous allez rendre, est-ce que vous l'assumez ?
00:10Oui, parfaitement.
00:11On vous écoute.
00:12Eh bien, j'invite les investisseurs à se montrer vigilants et à ne pas se tromper de risque politique.
00:21Les marchés, les investisseurs ne doivent pas se tromper de risque politique.
00:24On parle beaucoup de géopolitique, c'est peut-être pas dans la géopolitique que réside pour les marchés en tout cas le plus grand risque.
00:29C'est votre message.
00:30C'est ça, exactement.
00:32C'est vrai que le début d'année est considérablement animé par la politique et surtout la géopolitique,
00:37avec l'intervention américaine au Venezuela, ce qui se passe actuellement avec le soulèvement en Nian
00:41et ce qui se profile probablement.
00:45Mais aussi spectaculaire que ça puisse paraître, on voit bien que la réaction des marchés est très modérée à ces événements.
00:51Depuis le début de l'année, on voit que les marchés prennent ça avec beaucoup de calme.
00:55Et en réalité, on invite en tout cas les investisseurs, nos clients à être vigilants
01:02parce qu'on est assez persuadés que le vrai risque n'est pas là.
01:05Le vrai risque pour les marchés, ce qui pourrait faire bouger les marchés, il est plus aux Etats-Unis.
01:08Il ne faut pas oublier qu'effectivement, aux Etats-Unis, 2026 est une année électorale
01:12et on a des élections demi-mandats qui sont très importantes pour Trump.
01:17Et c'est vraiment ça qui peut faire bouger les marchés.
01:18– Oui, on va en parler dans un instant, on se demandera si l'interventionnisme de Trump
01:22commence à déplaire à Wall Street.
01:23On l'attendait comme grand libérateur de l'économie, il met l'État fédéral au centre de tout.
01:27Il vient réglementer plein de secteurs, il veut faire baisser les prix des cartes de crédit,
01:31les prix de l'immobilier, les prix des médicaments.
01:32Est-ce que ce n'est pas un peu trop pour Wall Street ?
01:34C'est une question qu'on va se poser.
01:35Mais juste avant, Benoît, est-ce que vous n'évacuez pas un peu trop vite la question géopolitique ?
01:40Le pétrole par exemple, il remonte fort, encore en hausse aujourd'hui.
01:43Sur une semaine, on gagne 9% sur les cours du pétrole.
01:46Ce qui se passe en Iran ravive les craintes, peut-être d'un blocage à venir du détroit d'Ormouz.
01:50On en entend parler à nouveau.
01:52Si le régime iranien se sent menacé, peut-être voudra-t-il saboter ce détroit d'Ormouz.
01:55Et les questions autour du pétrole et de l'énergie se reposeront.
01:58Bref, est-ce que la géopolitique, quand même, même si aujourd'hui les marchés n'y ont pas su réagir, reste une menace ?
02:03– C'est très clair, la géopolitique compte évidemment.
02:06Et à chaque fois, il ne faut pas perdre comme boussole d'analyse d'essayer de déterminer
02:11si les événements vont avoir un impact assez significatif ou pas sur la croissance mondiale.
02:14Toujours est-il qu'à ce stade, effectivement, une fermeture du détroit d'Ormouz aura un impact considérable.
02:21Mais elle est loin d'être aussi évidente.
02:22Il ne faut pas oublier toutes les forces américaines qui sont présentes dans la région.
02:25Donc, ce n'est pas quelque chose d'aussi automatique.
02:28Mais il ne faut pas perdre de vue que l'économie américaine et la politique interaméricaine
02:31est très importante pour l'ensemble des marchés.
02:33C'est le premier marché mondial.
02:34Et l'économie américaine va driver vraisemblablement l'économie mondiale.
02:40Donc, c'est bien la politique interaméricaine qui va compter, à notre avis.
02:42– Oui, c'est le principal risque.
02:44Et c'est là que risque de se passer des choses spectaculaires s'il doit s'en passer.
02:48– Il s'en passe déjà, en fait.
02:49En réalité, on voit en tout cas deux sujets qui émergent de façon assez nette.
02:54C'est cette affordability crisis, cette crise du pouvoir d'achat
02:58qu'on évoque souvent aux États-Unis et qui, immédiatement, Trump essaie d'y répondre.
03:03Il est en difficulté dans les sondages.
03:05La plupart des sondages montrent que les démocrates gagnent du terrain
03:07et pourraient justement l'emporter aux élections de mi-mandat.
03:10Et puis, historiquement, dans 80% des cas, l'administration au pouvoir perd des sièges
03:15et très souvent la majorité au Congrès.
03:17Et il semble bien l'avoir compris, ces actions à l'international,
03:20elles intéressent assez peu les Américains.
03:21Seul un tiers des Américains soutiennent l'intervention au Venezuela.
03:24Ce qui intéresse les ménages Américains, c'est cette crise du pouvoir d'achat.
03:28D'où l'activisme aujourd'hui de Trump qui ne cesse d'intervenir dans l'économie.
03:32Et ses interventions dans l'économie américaine sont probablement
03:34beaucoup plus importantes pour les marchés et la perception des marchés
03:36que les interventions dans la géopolitique internationale.
03:39– Mais pourquoi l'interventionnisme de Donald Trump
03:41peut poser un problème au marché financier ?
03:43Est-ce que relancer le pouvoir d'achat, c'est positif pour l'économie en soi ?
03:45Alors, je ne sais pas s'il y parviendra, mais la volonté, l'interventionnisme
03:48au service de la consommation, ça devrait être positif, a priori.
03:51– Alors, il ne faut pas oublier que justement, la problématique actuelle
03:53de l'économie américaine, c'est qu'elle est très fragmentée.
03:56On a d'un côté le top 10% des ménages les plus aisés
03:59qui ont profité de la bonne santé des marchés
04:01et le reste de la population qui est plutôt en difficulté
04:06et qui fait surgir cette problématique de pouvoir d'achat.
04:09Et on le voit à travers des indicateurs bien concrets,
04:11la remontée des taux de défaut, les crédits consommation
04:13qui sont quasiment à l'arrêt et surtout l'accessibilité
04:17à la propriété privée qui est historiquement difficile aux États-Unis.
04:20Pour l'instant, ça ne se voit pas trop d'un point de vue économique
04:22puisque ces 10% les plus riches représentent à peu près la moitié de la consommation,
04:26il y a énormément d'investissements dans la tech,
04:28donc l'économie tient bien, mais d'un point de vue électoral,
04:30les mathématiques ne sont pas tout à fait pareilles
04:31et la majorité, elle est bel et bien en difficulté.
04:34Et donc, ça incite effectivement Donald Trump à intervenir beaucoup dans l'économie
04:37avec tout un tas d'annonces assez spectaculaires.
04:38Le problème, c'est que cette analyse, il ne faut pas oublier
04:41que la cause de cette situation, de cette économie fragmentée,
04:44c'est précisément des interventions incessantes dans l'économie.
04:46En réalité, on a remonté les taux d'intérêt, on a resserré la politique monétaire,
04:50mais en même temps, on a cessé de dépenser énormément dans l'économie
04:54à travers des politiques budgétaires expansionnistes, sous Biden,
04:57et également encore aujourd'hui avec Trump,
04:59et même du point de vue de la politique monétaire.
05:01On a cessé de défendre l'idée d'un soutien quasi implicite
05:05de la part de la réserve fédérale,
05:06ce qui a alimenté justement ces effets richesses
05:09et la liquidité justement sur les marchés.
05:11Donc au final, c'est précisément à cause de toutes ces interventions dans l'économie
05:14qu'on a une économie américaine qui n'a pas freiné,
05:16en tout cas pas assez pour regagner la maîtrise de l'inflation,
05:19et c'est le consommateur moyen qui en fait les frais aujourd'hui,
05:21avec une inflation plus persistante,
05:23et surtout des taux d'intérêt qui ne peuvent pas s'ajuster
05:25puisque la réserve fédérale n'arrive pas à baisser ses taux.
05:28Oui, parce que la croissance n'a pas suffisamment freiné,
05:30c'est ce que vous nous disiez il y a un instant.
05:31N'empêche, la principale encre, l'encre vitale, on va dire,
05:35tient toujours, c'est le dollar.
05:36Il avait un peu baissé, c'est vraiment au début d'année,
05:38mais depuis, il tient, il y a eu des attaques.
05:44En fait, Jérôme Powell, le dollar a à peine reculé.
05:46Est-ce que ça, c'est le signe quand même que le marché
05:48ne croit pas à une dérive complète,
05:51et encore moins à une perte d'indépendance complète de la Fed ?
05:53C'est ça, c'est ce qui est rassurant,
05:55et c'est le deuxième sujet qui est éminemment politique,
05:58ce sont ces pressions sur la réserve fédérale américaine.
06:02Ça a été très spectaculaire, ce qui s'est produit en ce début de semaine,
06:05même si ça concerne spécifiquement les marchés financiers,
06:07mais effectivement, cette procédure lancée
06:10contre le président de la réserve fédérale,
06:12et surtout la réponse qu'il y a apportée,
06:14c'est-à-dire que c'est très rare de le voir intervenir directement,
06:17et surtout de faire le lien entre cette procédure,
06:20d'établir un lien direct entre cette procédure
06:22et les pressions qu'il subit de la part de l'administration.
06:25Et tout ça, ça fait suite à une longue série d'intimidations,
06:29de pressions, la nomination de Stephen Miran au bord de la Fed,
06:33le limogéage de Disakouk, une membre de la réserve fédérale,
06:35donc ce n'est pas anodin, il y a bien des pressions
06:37qui s'exercent sur la réserve fédérale américaine.
06:39Le risque de cela, et pourquoi c'est très important pour les marchés financiers,
06:43il est de deux ordres.
06:44C'est que là, pour le coup, on ne parle pas de persistance de l'inflation,
06:46c'est-à-dire que si, bel et bien, on perd confiance,
06:49et ce n'est pas le cas quand on regarde l'évolution du dollar,
06:52fort heureusement,
06:53mais si on perd confiance dans l'indépendance de la réserve fédérale américaine,
06:56on peut être face à un choc d'inflation avéré.
07:00C'est bien documenté d'un point de vue académique,
07:02lorsque les anticipations des agents économiques remontent à long terme sur l'inflation,
07:08ça fait bien remonter l'inflation réelle de façon rapide,
07:10et surtout, ça fait planer le doute quant à la crédibilité de la réserve fédérale,
07:16un peu ce qu'on voit justement dans les pays émergents,
07:18et ça c'est très important,
07:19puisque la perte de confiance éventuelle dans les actifs américains
07:22pourra avoir des conséquences importantes pour les marchés,
07:24puisque c'est la pierre angulaire des marchés financiers globaux.
07:27Et donc si aujourd'hui le dollar ne s'effondre pas,
07:29loin de là, ça peine,
07:31en revanche, l'or a un nouveau record aujourd'hui,
07:33nouveau record de l'or,
07:34aujourd'hui aussi, vraiment, la séance du jour,
07:36nouveau record de l'once d'argent.
07:38Le platinum est aujourd'hui sur un plus haut de 18 ans,
07:41et le cuivre quasiment sur un plus haut historique.
07:43Vous voyez un lien avec ce que vous venez de décrire,
07:45également le risque géopolitique,
07:46quand il y a des risques majeurs comme ça,
07:47on vient acheter des choses physiques, c'est le réflexe ?
07:50C'est encore prématuré de voir une perte d'indépendance
07:53de la réserve fédérale américaine,
07:54mais il y a bien une communauté de signaux
07:57entre la faiblesse du dollar,
07:58mais surtout le prix de l'or aujourd'hui,
08:01mais également ce qu'on appelle les primes de termes,
08:04c'est-à-dire les tensions qu'on peut voir
08:05sur les taux à très long terme,
08:06les taux à 30 ans notamment.
08:08Alors cette hausse des cours des métaux,
08:09elle porte notamment le Chili,
08:11la bourse péruvienne,
08:12la bourse chilienne gagne 9% depuis le début de l'année,
08:14Lima, la bourse du Pérou,
08:15elle gagne 8,8%.
08:17Voilà, pas de jaloux effectivement,
08:18parce qu'en plus le cuivre,
08:19l'argent sont hyper importants dans l'industrie,
08:22et l'industrie électronique.
08:23On en a besoin aussi pour conduire à l'électricité,
08:26on rappelle que l'argent est le meilleur métal conducteur de l'électricité,
08:29plus encore que le cuivre,
08:30et donc un nouveau record de l'argent aujourd'hui,
08:32c'est qu'on a besoin de bâtir de plus en plus de réseaux d'électricité
08:35pour répondre à la hausse de la demande,
08:36les véhicules électriques,
08:38l'IA également très gourmand en électricité,
08:40l'argent aura un rôle à jouer là-dedans,
08:43puisque c'est le métal qui conduit le mieux l'électricité.
08:45Merci beaucoup Benoît de nous avoir accompagné.
08:47Merci.
08:47Benoît Pelloual, Natixis Wealth Management,
08:49le CAC 40 est en toute petite hausse,
08:51pas vraiment de tendance ici en Europe,
08:52il y a des valeurs en revanche qui bougent très fort,
08:54on reparlera de Fusion Group,
08:55promis dans un instant,
08:56qui souffre et qui sur une semaine perd désormais plus de 25%.
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