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  • il y a 2 mois
Ce mercredi 17 décembre, les statistiques de l'emploi aux États-Unis et la baisse de la consommation chinoise ont été abordées par Victor Lequillerier, économiste et président de BSI Economics, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Et c'est les équipes de BSI Economist qui nous accompagnent et plus particulièrement Victor Lequil-Laurier qui est économiste et président de BSI.
00:07Bonjour Victor, merci de nous accompagner ce matin. Dans un instant nous parlerons de la situation en Chine avec notamment des données de consommation qui nous sont parvenues en début de semaine.
00:16Ce sera l'occasion de faire un point sur vos perspectives pour l'année prochaine.
00:20Avant quand même un mot sur les statistiques de l'emploi qui ont été dévoilées hier aux Etats-Unis.
00:25Des statistiques qui ont été particulièrement retardées avec le shutdown qui a duré plus de 40 jours aux Etats-Unis.
00:31Et in fine, un taux de chômage qui remonte à 4,6%. C'est un plus haut depuis 2021.
00:37Bonjour Etienne. Oui effectivement on les attendait avec impatience des nouvelles données sur les Etats-Unis, sur le marché de l'emploi.
00:43Alors peut-être tout d'abord un petit retour sur les créations d'emplois parce qu'on a eu celle d'octobre et du mois de novembre.
00:49Donc celle d'octobre qui était très mauvaise mais c'était assez attendu parce que c'était les départs différés en lien avec la réduction de la taille de l'administration aux Etats-Unis.
00:57Et effectivement les effets du shutdown.
00:59Les chiffres de novembre eux sur les créations d'emplois ils constituent plutôt une surprise positive.
01:04Donc avec 64 000 emplois créés, 14 000 de plus que ce qui était lié aux anticipations.
01:10Dans le détail on voit que c'est surtout le secteur de la santé et de la construction qui porte ces dynamiques là où dans les services d'industrie c'est plutôt négatif.
01:17Et comme vous le mentionnez effectivement le chiffre qui se dégrade c'est celui du taux de chômage plus de points pour atteindre 4,6%.
01:25Ça reste un niveau qui est faible et c'est pas un chiffre qui va être facile à analyser parce qu'on sait qu'il y a à cause du shutdown une qualité de la récolte d'informations qui est assez dégradée
01:38et qu'il y a un changement de méthodologie.
01:40Donc c'est pas forcément un chiffre très facile à manipuler et en tout cas qu'on peut relativiser parce qu'on a eu en même temps un chiffre sur la hausse de la population active.
01:50Donc ça montre quand même que le marché de l'emploi est dynamique.
01:53Plus que le taux de chômage il y a peut-être d'autres chiffres qui sont à regarder pour capter une détérioration potentielle du marché du travail.
01:59C'est notamment les indicateurs qui montrent qu'il y a une dégradation de la qualité des créations du travail.
02:05C'est notamment la part des personnes à mi-temps par défaut d'avoir un emploi à taux plein.
02:10C'est 19% du marché du travail.
02:13Et aussi le nombre d'heures travaillées moyen hebdomadaire par semaine qui est inférieure à sa moyenne de long terme.
02:19Donc ça, ça montre bien qu'il y a de plus en plus de travail partiel et que les emplois créés sont de moindre qualité.
02:26Et de plus en plus, on a une inquiétude aussi, c'est que le nombre de postes vacants par chômeur, lui, il devient inférieur à 1.
02:32Et ça, c'est aussi un indicateur qui montre bien que le marché du travail se tend un petit peu.
02:38Pour autant, est-ce qu'il faut y voir un signe de détérioration ?
02:41Parce que c'est ça qui est particulièrement attendu en ce moment pour les marchés, de voir si le marché du travail se dégrade,
02:46auquel cas ça pourrait revenir, mettre en cause les trajectoires de baisse de taux de la Fed en 2026.
02:55Quand on met en lien ces signaux, notamment par rapport au salaire moyen et horaire qui a augmenté, 3,5%,
03:03mais qui ralentit par rapport aux précédents mois, on peut se poser des questions sur l'impact que ça peut avoir sur la consommation privée.
03:10On l'a vu, les ventes de détails qui ont été publiées aussi en début de semaine montrent qu'elles sont certainement à un point mort.
03:17Il ne faut peut-être pas non plus surinterpréter tous ces résultats pour l'instant.
03:21On reste proche du consensus qui tape sur deux baisses de taux de 25 points de base en 2026.
03:28Mais on sait qu'au sein de la Fed, les avis sont très partagés, très divisés.
03:34Et ça va être très intéressant de voir dans les mois à venir, et dès la fin de semaine avec l'issue de l'inflation,
03:38comment on confronte ces données du marché de l'emploi et de l'inflation pour se faire une meilleure idée de qu'elles prêtent les orientations
03:43et les choix de politique monétaire ?
03:45Et est-ce qu'on sera au-delà de moins de 50 points de base en 2026 sur les taux Fed funds ?
03:50Voilà donc pour cette situation de l'emploi aux Etats-Unis avec un taux de chômage qui remonte à 4,6%.
03:54Pour rappel, en début d'année, nous étions à 4%.
03:57Du côté de la Chine, cette fois, la consommation a déçu en début de semaine,
04:01avec notamment des ventes au détail qui sont ressorties en hausse de 1,3% au mois de novembre.
04:05Le consensus était placé à près de 2-3%.
04:08D'une façon globale, comment vous regardez les dynamiques en Chine,
04:12avec un pays qui se développe beaucoup dans l'intelligence artificielle ?
04:15On l'a encore vu cette nuit avec l'APO de MetaX qui a gagné près de 700% pour sa première séance à Shanghai.
04:21Il y avait une séance qui était similaire au début du mois de décembre avec son concurrent Morseways.
04:26Quand vous regardez aujourd'hui la dynamique chinoise,
04:28comment vous regardez les perspectives pour 2026 chez BSI, Victor Lequil-Aurier ?
04:33Moi, je trouvais que le chiffre attendu de 3%, il était un peu boursouflé
04:38parce qu'on constate déjà depuis plusieurs mois maintenant,
04:41les ventes de détail, dont on le sert pour voir la consommation, ont tendance à décélérer.
04:49Et ça, c'est intimement en lien avec la fin du programme de subvention
04:53sur certains types de biens, équipements rétro-ménagers, les loisirs immobiliers,
04:58qui en fait s'estompent parce que c'était vraiment des politiques de court terme,
05:01des politiques de demande qui ont stimulé et porté la croissance de la consommation privée
05:05au premier semestre, mais là, qui se sont arrêtées.
05:08Et très rapidement, du coup, on s'aperçoit que la consommation privée décline progressivement.
05:14Et ça, c'est peut-être symptomatique d'une consommation à tonnes
05:17qui se manifeste notamment par une inflation faible
05:21et une préférence forte pour l'épargne.
05:23C'est 33% du revenu disponible brut de la population.
05:27C'est extrêmement élevé. En France, c'est déjà très élevé, il y en a autour de 19%.
05:31Et ça, c'est des questions qui sont un peu plus structurelles,
05:34qui sont liées à l'insuffisance des flux de sécurité sociale
05:37ou l'incapacité des autorités à vraiment résoudre les problèmes liés au marché de l'immobilier.
05:43Et ça, ça pèse sur la confiance.
05:45Et en revanche, quand on regarde les autres composantes de la croissance pour 2026,
05:51donc la consommation peut-être qu'il y aura un nouveau stimulus du même type,
05:54mais ce qu'on attend vraiment, c'est une vraie politique de demande
05:56qui joue sur les aspects structurels.
05:59Et là, il y a un petit peu plus de doutes sur la capacité vraiment à faire ces réformes
06:03pour justement diminuer ces propensions à toujours davantage épargner.
06:08Les coûts de pouce monétaire ou budgétaire,
06:10peu de chances qu'ils soient vraiment efficaces pour soutenir la consommation privée.
06:14Et l'autre préoccupation forte, en fait, elle concerne les exportations.
06:17Parce que les exportations, c'est elles qui ont porté la croissance en 2025
06:20et avec l'application des droits de douane américains,
06:25les effets de second tour, parce qu'on sait que le commerce mondial devrait ralentir
06:28et par ailleurs, il y a aussi peut-être une montée globale du protectionnisme vers les produits chinois.
06:33On s'attend à ce que même si les exportations pourront rester d'une certaine manière dynamique,
06:37elles vont fortement ralentir.
06:38Et ça, ça pose une question, parce que si vos deux moteurs de la croissance en 2025,
06:41que sont la consommation privée et les exportations déclinent,
06:45il va falloir se reposer sur une troisième composante.
06:48Et ça, c'est la composante sur laquelle la Chine base sa croissance depuis des années,
06:53mais qu'elle aimerait un petit peu faire évoluer, c'est l'investissement.
06:57L'investissement privé, il ne faut pas forcément s'attendre à ce qu'il soit très dynamique,
07:01parce qu'il est déjà en repli en 2025.
07:03Il y aura peut-être des performances très solides, comme vous le mentionnez,
07:06tout ce qui peut être lié à l'intelligence artificielle, aux technologies,
07:09ou peut-être des secteurs à l'export qui pourraient continuer d'être performants,
07:12les équipements électroniques, l'automobile, la chimie.
07:16Mais ce à ce qu'on peut s'attendre, c'est que ça soit surtout porté par l'investissement public.
07:21Et ça, on voit déjà maintenant, en fait, ralentissement de l'activité au quatrième trimestre.
07:26Ça signifie en Chine qu'il va y avoir une intensification de l'investissement public,
07:29notamment porté par les collectivités locales.
07:32Et ça, ça va être de l'investissement dans l'infrastructure et une poursuite d'une politique d'offres,
07:36ce que sait très bien faire la Chine, mais on sait ce qu'elle a besoin.
07:39C'est une politique de demande.
07:40Merci beaucoup, Victor, nous a accompagné ce matin.
07:42Victor Lecuy, Laurier, économiste et président de Bessie Economics,
07:45pour faire un point sur la situation de l'emploi aux États-Unis et sur la situation en Chine,
07:49avec une consommation qui déçoit à nouveau, mais néanmoins,
07:52un discours plutôt volontariste pour l'année prochaine, une nouvelle fois, du pouvoir chinois.
07:57Ça sera bien sûr à suivre sur BFM Business.
07:59Les prévisions pour l'année prochaine, nous en reparlerons également d'ici une demi-heure,
08:02avec Stéphane Lévy, stratégie chez Irivest IEM,
08:05et Pierre Sabatier, économiste et fondateur de PrimeView.
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