00:00Car les dernières statistiques aux Etats-Unis ont déçu le marché, notamment en ce qui concerne la consommation.
00:07On voit ça tout de suite avec Philippe Trenard, qui est professeur honoraire au CNAM et membre du Cercle des économistes.
00:12Merci d'être avec nous, Philippe Trenard. Comment vous regardez les dernières statistiques aux Etats-Unis ?
00:17Hier, il y avait les prix à la production, l'inflation dans le secteur industriel, également les ventes au détail, la consommation.
00:23Alors bon, il faut se contenter des statistiques du mois de septembre, dans le sens où le shutdown a forcément reporté la publication de ces chiffres.
00:34Oui, absolument. Il faut d'abord recadrer le compte Trex, un chômage qui augmente de façon continue, des prix qui sont de façon persistante autour de 3%,
00:44mais comme vous l'avez dit, c'est septembre, nous ne savons pas octobre, et un ralentissement de l'emploi, le taux de croissance de l'emploi se ralentit.
00:53Et c'est dans ce contexte que sont arrivées de nouvelles lières.
00:58Premièrement, les ventes au détail, qui n'ont progressé que de 0,2%, alors qu'on attendait 0,4% et que le mois précédent, elles avaient augmenté de 0,6%.
01:09Et deuxièmement, un climat de la consommation qui est, lui, véritablement en chute libre.
01:14Moins 7% sur un mois et moins 15% sur 12 mois.
01:21Et globalement, les méchages sont pessimistes, surtout sur les évolutions à venir, sur l'emploi, sur les salaires,
01:30et même sur les prix qui voient galoper à des niveaux supérieurs au niveau de l'inflation aujourd'hui,
01:35même si c'est assez traditionnel d'avoir un décalage.
01:39Donc, au total, on a une persistance de l'inflation d'un côté et de l'autre côté, une demande qui diminue et une activité qui va avoir tendance à ralentir.
01:51Les marchés ont conclu en faveur d'une politique monétaire plus accommodante, peut-être,
01:59mais n'oublions pas que si l'inflation persiste, en même temps, les marges de manœuvre ne sont pas si énormes que cela.
02:04Et en outre, en raison de cette activité moins dynamique, on a toujours ce risque d'éclatement de la bourse sur les techs américaines.
02:15Nous en parlerons dans un instant de la tech américaine, avec notamment Nvidia, hier, qui était en baisse de près de 3%,
02:21avec aujourd'hui, eh bien, peut-être un rival de plus pour Nvidia.
02:25Il s'agit de Alphabet, Alphabet qui était sur un record historique, qui s'approche des 4 000 milliards de capitalisation boursière.
02:32En attendant, Philippe Trénard, ces anticipations de baisse de taux, ces statistiques pas très bonnes aux États-Unis
02:38permettent aux disants américains de revenir à 4% pour la première fois en l'espace d'un mois.
02:44Et pareil, cocher l'ensemble des taux en Europe se détendent.
02:47C'est quand même une bonne nouvelle à l'heure où il y a des inquiétudes budgétaires en France, mais aussi au Royaume-Uni.
02:52Ce sera vraiment le temps fort du jour avec Rachel Reeves qui va présenter sa copie pour 2026.
02:59Oui, absolument. Et Rachel Reeves n'est pas en très très bonne position parce qu'au fond,
03:04le Parti travailliste a été élu sur un programme plus de dépenses publiques, pas de nouvelles taxes et moins de déficit.
03:13Or, on se retrouve certes avec plus de dépenses publiques. Les dépenses publiques ont augmenté de 40 à 45% du PIB.
03:20Mais en revanche, le déficit devrait déraper de l'ordre de 20 milliards d'ici 2030 en raison d'un ralentissement de l'activité,
03:28notamment de la productivité. Et en plus, Rachel Reeves a évoqué l'idée d'accroître le taux de l'IR,
03:36d'accroître sa progressivité, de faire une taxe sur les banques. Donc, toutes choses qui ont beaucoup inquiété,
03:44qui pourraient inquiéter son électorat. Mais on reste encore un petit peu dans l'incertitude et on a quatre points
03:51qu'il va falloir suivre très précisément. C'est premièrement, Rachel Reeves va-t-elle mettre suffisamment
03:57d'argent de côté pour faire front à cette dérive de 20 milliards qui a anticipé des finances publiques
04:03anglaises ? Va-t-elle se donner les moyens de maîtriser les dépenses publiques jusqu'ici ?
04:09Elle l'exclut et si elle l'exclut, ça veut dire qu'il y aura plus de fiscalité, même si ce n'est pas aujourd'hui,
04:15ce sera demain. Et troisièmement, troisième point à regarder, qu'est-ce qu'elle va faire sur la fiscalité ?
04:22Ce qui a transpiré aujourd'hui, c'est qu'elle n'indexerait pas l'impôt sur le revenu,
04:30l'étrange de l'impôt sur le revenu, sur l'inflation et qu'en plus, on plafonnerait la déductibilité
04:36des cotisations sociales à l'impôt sur le revenu. Mais va-t-elle aller plus loin ?
04:41Et là, ça poserait des vrais problèmes. Et c'est le quatrième point à observer.
04:45Est-ce que ce budget va avoir un contenu croissance ? Ou au contraire, est-ce que c'est
04:51un budget, au fond, qui est restreint, qui ne va pas très loin et qui n'est pas capable
04:57d'adresser la croissance qui se ralentit ? Alors peut-être un petit bénol, pour les Français,
05:04la situation anglaise pourrait paraître à beaucoup d'égards idéale.
05:09Nous sommes habitués à bien plier.
05:12Et pour l'instant, vous avez un disant britannique qui se stabilise à 4,5% quand la livre, elle,
05:17pour la cinquième séance consécutive, est en hausse face notamment au dollar, avec
05:22une livre qui progresse de 0,2% à 1,31$. Merci beaucoup, Philippe Trenard, de nous avoir
05:28accompagné ce matin. Je rappelle que vous êtes professeur honoraire au CNAM et membre
05:32du Cercle des économistes. Pour faire un point sur la situation aux États-Unis et sur
05:36le budget qui sera présenté aujourd'hui du côté du Royaume-Uni. Budget, bien sûr,
05:40que vous pourrez suivre en direct sur BFM Business tout au long de la journée.
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