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  • il y a 2 mois
Ce vendredi 19 décembre, la BCE qui a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour 2026 et 2028, a été abordé par Michel Martinez, chef économiste Europe chez Société Générale CIB, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Un taux de dépôt qui reste à 2% pour la Banque Centrale Européenne.
00:05Pour nous éclairer ce matin, c'est Michel Martinez qui est avec nous,
00:07chef économiste Europe chez Société Générale CIB.
00:10Bonjour Michel Martinez, merci de nous accompagner ce matin.
00:14La BCE qui a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour cette année,
00:18mais même pour 2027 et 2028, plus de croissance, mais également plus d'inflation.
00:23Et une BCE qui estime aujourd'hui être en bonne position,
00:26un statu quo qui devrait perdurer pour Christine Lagarde.
00:28Oui, alors la BCE aime depuis quelques temps à nous rappeler qu'elle est en bonne position,
00:36une good place.
00:38La BCE, Christine Lagarde nous a rappelé hier que l'environnement restait incertain
00:44et que la BCE ne pouvait pas offrir un guidage de politique monétaire,
00:49donc donner des indications sur où allait la politique monétaire en 2026.
00:55Le marché maintenant anticipe quasiment plus de mouvements pour 2026,
01:03voire peut-être une petite probabilité de remonter les taux.
01:07Mais comme vous l'avez dit, le message principal hier, il est venu des prévisions économiques de la BCE.
01:15Et là, je crois que c'est assez clair, la BCE se sent plus confortable,
01:21voire moins de risques baissiers, tant du côté de la croissance que du côté de l'inflation pour 2026.
01:27Beaucoup de déficits à financer, nous en reparlerons dans un instant.
01:31Mais pour rappel, la boussole de la BCE, c'est l'inflation.
01:34Aujourd'hui, c'est son principal curseur.
01:36Et sachant qu'on est proche de la cible de 2%,
01:38aujourd'hui, il n'y a pas de raison d'espérer une baisse des taux à court terme ?
01:43Non, non, non.
01:46Comme vous le dites, l'inflation est légèrement supérieure à 2%.
01:50La BCE prévoit une inflation à 1,9% l'an prochain,
01:56mais il y a beaucoup d'incertitudes.
01:57Et plus que l'inflation totale, c'est la dynamique de l'inflation domestique.
02:03Elle est peut-être un peu plus facile à prévoir parce qu'elle est moins volatile.
02:06Elle dépend moins, par exemple, des variations des prix de l'énergie.
02:09Et en ce qui concerne l'inflation sous-jacente,
02:12on est encore au-dessus de la cible.
02:15On est à 2,4% cette année.
02:18Les prix des services augmentent de l'ordre de 3,5% l'an.
02:23Et surtout, au troisième trimestre de cette année,
02:27la hausse des salaires en zone euro a été de 4% l'an.
02:334% l'an, beaucoup plus que ce que la BCE prévoit.
02:36En septembre, elle attendait 2,7% l'an.
02:39Donc, une grosse surprise qui, d'après les modèles économiques,
02:44va avoir des conséquences pour 2026,
02:46donc avec une inflation domestique qui restera au-dessus de la cible.
02:50Et donc, ça, à priori, ça limite les capacités de la BCE de baisser les taux.
02:57– Et quelles sont vos prévisions ?
02:59Vous, aujourd'hui, Michel Martinet, vous êtes chef économiste d'Europe
03:01chez Société Générale CIB pour 2026.
03:04On voit quand même que les économistes, pour l'instant, ont du mal à trouver un consensus.
03:08Est-ce que vous faites partie plutôt team hausse de taux,
03:11statu quo ou plutôt baisse de taux ?
03:13– Alors, nous, on anticipe une hausse des taux fin 2026
03:19et une autre hausse des taux fin 2027.
03:24Donc, je crois qu'on est d'accord sur le fait que,
03:28par rapport à la plupart des équipes d'économie,
03:30est-ce que la BCE va rester en bonne position ?
03:33On ne va pas bouger ces taux pendant longtemps.
03:35Mais après, pourquoi des hausses de taux fin 2026 et 2027 ?
03:40C'est parce qu'en fait, on s'attend à ce que l'inflation reparte à la hausse.
03:45C'est lié au fait que la croissance devrait réaccélérer.
03:49On pense au plan de relance allemand qui devrait porter ses fruits.
03:53La croissance allemande a été proche de zéro depuis 2022, 2023, 2024, 2025.
04:00Et donc, si elle s'accélère, ça devrait aussi porter la croissance en zone euro à la hausse.
04:05Il y a aussi les effets du vieillissement démographique qui vont s'accélérer.
04:11Et enfin, les politiques climatiques, on pense au nouveau marché carbone en Europe.
04:19Tout ça devrait, à l'horizon 2027-2028, repousser l'inflation à la hausse.
04:24Et c'est pourquoi on anticipe que le prochain mouvement de la BCE sera plutôt des hausses des taux.
04:30Mais les risques, à court terme, on est dans un améliorement incertain.
04:35Il peut se passer des choses dans les six prochains mois qui changent un peu le scénario.
04:40Le taux de dépôt qui est donc à 2% a probablement touché un point bas.
04:44Et c'est dans ce contexte aujourd'hui que les États vont se financer.
04:48L'Allemagne a annoncé hier vouloir lever plus de 500 milliards d'euros.
04:51La France va lever plus de 300 milliards.
04:53Vous avez au même moment également cette nuit la Banque du Japon qui annonce remonter son taux directeur.
04:58L'effet est très clair ce matin sur le 10 ans japonais qui est au-delà des 2% quand le 30 ans japonais est à 3,4%.
05:05Ça va être une équation compliquée quand même l'année prochaine pour tous ces États pour lever des centaines de milliards d'euros ?
05:12Je ne sais pas si ça va être compliqué.
05:15Il y a toujours beaucoup d'appétit pour la dette des États.
05:19La question c'est le prix et les taux d'intérêt.
05:22Et oui, on est probablement dans un monde maintenant où il y a un peu plus de pression inflationniste qu'il y en avait il y a 10 ou 15 ans.
05:33A commencer par le Japon qui était en déflation et maintenant l'inflation au Japon est à plus de 3%.
05:38Donc c'est des changements radicals.
05:39Si ça arrive même au Japon, on voit bien qu'on se moque l'environnement.
05:42Et puis effectivement, l'Allemagne qui était traditionnellement très prudente en matière budgétaire, se met à faire des plans de relance.
05:53Donc oui, il y a beaucoup d'émissions.
05:54Nous, on s'attend à ce que les taux d'intérêt à long terme en Allemagne, là vous citiez le Bund légèrement en dessous de 8% d'an,
06:06remontent d'une cinquantaine de points de base d'ici la fin de l'année 2026.
06:11Donc au-dessus de 3%, même 3,2%.
06:15Et en ce qui concerne les taux d'intérêt français, l'OAT a 10 ans pour un moment au-dessus de 4% l'an.
06:23Mais ça, ça reflète d'une part un environnement plus inflationniste et d'autre part des besoins de financement des États qui sont plus élevés et partout dans le monde.
06:34Il y a les besoins de financement, il y a les sujets des dépenses de défense, d'infrastructures, la transition climatique.
06:42Il y a beaucoup de sujets et tous ces besoins d'investissement poussent les taux d'intérêt à long terme à la hausse.
06:50Merci beaucoup Michel Martinez de nous avoir accompagné ce matin, chef économiste d'Europe chez Société Générale CIB,
06:55pour faire donc un point sur la BCE qui a décidé de laisser ses taux inchangés hier et un petit peu de perspective sur 2026,
07:02avec donc l'Allemagne qui a annoncé hier vouloir lever plus de 500 milliards sur les marchés.
07:07A noter l'écart de taux entre la France et l'Allemagne qui est de 70 points ce matin.
07:10Un 10 ans français qui est à la porte des 3,6% à 3,57 et donc le CAC 40 qui est inchangé.
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