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  • il y a 9 minutes
Mardi 10 février 2026, retrouvez Abdoullah Sardi (Gérant actions, Amplegest) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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Transcription
00:00Musique
00:00Le dernier quart d'heure de Smartbourg chaque soir c'est le quart d'heure thématique.
00:13Le thème ce soir c'est celui de l'intelligence artificielle et de cette crise du secteur des logiciels
00:18que certains analystes ont baptisé le Sasspocalypse ou le Sassmageddon.
00:23Terme que j'ai déjà beaucoup utilisé dans l'émission donc je vous l'épargne en bandeau en tout cas de cette interview.
00:29Abdoula Sardi est à mes côtés pour en parler, gérant chez Amplézèche, vous gérez le fonds Digital Leader chez Amplézèche.
00:34Bonsoir Abdoula.
00:35Bonsoir.
00:35Merci beaucoup. L'histoire n'est pas tout à fait nouvelle, ça fait déjà des trimestres tout au long de 2025 que le marché s'est focalisé de manière assez obsessionnelle
00:42sur les losers de l'IA, identifiant ce secteur des logiciels comme étant une victime principale.
00:50Cette vue un peu obsessionnelle s'est renforcée encore il y a une dizaine de jours avec la sortie de nouvelles fonctionnalités dans un des derniers modèles d'Anthropic.
00:57J'allais dire en attendant les prochains modèles et les prochaines fonctionnalités qui ne vont pas manquer d'arriver.
01:03Que penser de cette logique de marché qui dure quand même mois après mois, trimestre après trimestre Abdoula ?
01:09Et est-ce qu'effectivement c'est la fin programmée à horizon de quelques années de ces modèles de boîtes de logiciels et de ces modèles Sass ?
01:18C'est une vraie question. Il faut dire que le début du derating du software a commencé à partir du mois de septembre.
01:26Donc dès le lancement des derniers modèles d'Anthropic, le marché s'est rendu compte, en tout cas les spécialistes se sont rendu compte,
01:34qu'il y avait des avancées assez majeures en termes de compréhension de l'écosystème, etc.
01:39Et là ça s'accélère vraiment avec les derniers modèles qui viennent sortir et surtout le fait d'avoir quasiment un début d'agent, un début...
01:48Il y en a qui disent qu'on commence à avoir en fait des débuts d'AGI, mais je ne suis pas d'accord.
01:54Mais donc voilà, on a des modèles qui poussent...
01:55C'est l'intelligence artificielle générale, c'est ça ?
01:57Oui, c'est-à-dire un modèle qui comprend vraiment, qui fait mieux que l'humain et qui comprend son écosystème et qui a une maîtrise totale des outils
02:03et qui arrive à innover au-delà de ce que peut faire un humain.
02:06On n'y est pas, mais on a des modèles qui comprennent les logiciels, un spread feed Excel, un Photoshop et donc qui arrivent à utiliser l'outil tout seul.
02:14Et on en vient à se poser la question, quid des SaaS ? Si on demande à un Anthropik ou à un Cloud de créer un add-on, un add-on Internet avec une connexion à un moteur de paiement
02:27ou un système de paiement en API, un connecteur, c'est Shopify. Donc quid de Shopify ?
02:32Si on arrive à le connecter à un gestionnaire de CRM et de le connecter directement à une base de données, ça fait un HubSpot.
02:41Donc on en vient à se poser la question, quid de la barrière à l'entrée ? Quid de chiffres d'affaires réalisés par ces sociétés-là ?
02:48Est-ce qu'il y aura une remise en question de leur hégémonie ?
02:50Ça c'est la question de fonds effectivement. Jusqu'où on est allé dans cette logique ?
02:56Quand vous regardez les valorisations par exemple du secteur des logiciels, est-ce qu'on est déjà dans une forme d'excès
03:05ou est-ce qu'on est encore dans une phase de price discovery, de découverte du juste prix, de la bonne valorisation de ce secteur
03:11face à une concurrence qui n'existait pas il y a encore quelques mois ou quelques années ?
03:16C'est la vraie question. Jusqu'où ça peut aller ? Qui sont les acteurs qui sont réellement remis en question ?
03:24Et donc le software c'est vraiment galvaudé. Il y a plusieurs sous-segments du software et il faut les scinder.
03:31Pour savoir qui est remis en question, il faut les scinder.
03:33Donc il y a la cybersécurité. C'est pas remis en question.
03:37Donc le thème qui revient à chaque fois c'est le vibe coding.
03:40Donc on demande à un logiciel, on va dire, un agent de...
03:45On imagine le logiciel et l'agent nous le vibe code, c'est-à-dire qu'il fait le code tout seul et connecte.
03:50Aujourd'hui, il est quasi impossible pour nous d'imaginer au fait que la cybersécurité soit vibe codée
03:56parce qu'il y a trop de risques.
03:57Un agent peut injecter une ligne de code qu'on ne voit pas et ouvrir une porte dérobée, c'est pas possible.
04:03Mais le software a subi une remise en question et s'est vu d'irriter.
04:08Il y a les ERP, donc SAP par exemple, qui pour nous, de part le fait que ça soit une plateforme
04:14et que c'est le système nerveux d'une entreprise, ça prend deux ans à cinq ans pour intégrer une solution SAP.
04:20Je vois pas les CEOs des entreprises se dire, je vais vibe coder SAP.
04:25Par contre, dans les outils de productivité, si c'est juste une interface,
04:31si c'est juste une interface qui est derrière, il y a une petite base de données qui est créée, lue et réécrite,
04:37là, il y a une vraie question.
04:38Et c'est pour ça que quand il y a généralement un sell-off, c'est plus les logiciels à faible valeur ajoutée,
04:44productivité, interface qui baissent plus, et les ERP et la cybersécurité qui, elles, résistent.
04:51Mais on le voit par exemple, Datatog aujourd'hui, qui est une société d'observabilité,
04:55on peut dire qu'aujourd'hui, l'observabilité, c'est quoi ?
04:57Si on surveille que tout se passe bien sur le datacenter, on a des logs,
05:00si jamais il y a un logiciel qui tombe ou si jamais il y a une incursion, on fait attention.
05:04Là, il y a une accélération du chiffre d'affaires.
05:06Ce que je disais la dernière fois, c'est que le CEO de Microsoft, Satya Nadella,
05:10a dit que l'observabilité, c'était un peu le nerf de la guerre pour l'implémentation des IA,
05:15parce qu'il va falloir faire vraiment attention à ce qu'elles font au sein des infrastructures.
05:20Donc ça se voit, par exemple, aujourd'hui.
05:22Donc, il faut se poser les bonnes questions.
05:24Il y a des parties qui ne sont pas remises en question, mais par contre, il y a un D-rating,
05:28donc il faut les regarder, il faut peut-être les renforcer dans la logique de gestion de portefeuille.
05:33D'un autre côté, il y a vraiment certains acteurs où on se pose vraiment des questions
05:37et les barrières à l'entrée disparaissent.
05:39Exemple, vous disiez ?
05:40Shopify, HubSpot, Salesforce, Adobe, même si on était amené à croire que les algorithmes
05:47de création 3D, de modification de photos, il y avait de l'IP derrière.
05:53Aujourd'hui, on a un Nano Banana, par exemple, qui est juste exceptionnel.
05:56On a des outils maintenant, l'agent nous crée des interfaces.
05:59On a une réplique d'Adobe avec des IA qui sont très puissantes et qui répliquent la réalité.
06:04Je parle de Nano Banana pour la photo, mais il y a la même chose pour de la vidéo.
06:08Et ça fait vraiment réfléchir.
06:11Donc, on comprend.
06:12Il y a forcément de l'excès parce que le marché aujourd'hui, je ne parle pas des performances,
06:15mais le marché aujourd'hui, il balance, il vend, il se pose la question après.
06:19Généralement, quand on regarde des longs shorts ou des hedges ou des citys,
06:24la partie software, c'est du financement pour l'acheter de l'infra et des semi-conducteurs.
06:30Donc, il y a un delta de performance de 80% sur un an.
06:33Et il y a des multiples qui convergent alors que le software se payait beaucoup plus cher.
06:35Donc, voilà, il y a plein de choses qui se passent en ce moment.
06:38Et c'est vrai qu'on pensait quand même qu'à un moment, le marché allait switcher ou basculer du thème
06:46IA, infra, hardware, puces, memory, tout ce qui continue de bien se tenir,
06:52vers justement la partie plus soft, users, etc.
06:58Bon, on voit plutôt que c'est l'inverse.
07:00C'est-à-dire que le trade se tend encore un peu plus.
07:03C'est vrai, c'est vrai. On avait commencé, on va dire, l'année dernière en se disant qu'on a investi dans l'infra.
07:09Et donc, la partie plateforme...
07:11D'un côté, ça s'est passé, mais sur certains acteurs.
07:17Snowflake, on voit une accélération de chiffre d'affaires.
07:19Datadog.
07:20Donc, Snowflake, c'est parce qu'il sert à centraliser les bases de données, les retravailler, leur donner de la logique pour faire du reinforcement learning,
07:28donc augmenter les connaissances des modèles.
07:30Donc, quand on a une interaction directe avec les laboratoires de frontières ou une interaction directe pour développer des IA en interne, directement,
07:38donc on a une interaction avec les modèles, ça fonctionne.
07:41Quand on surveille les modèles, ça fonctionne.
07:42Mais quand on est juste dans la partie applicative, c'est plus difficile.
07:46Donc, il faut faire du stoppicking.
07:47Ça devient vraiment du sur-mesure.
07:50Chaque cas d'entreprise peut être différent face au risque de disruption de l'IA.
07:54Question aussi sur ces entreprises qui gèrent et qui accumulent beaucoup de données.
08:01On a beaucoup parlé du côté legal, parce que la fonctionnalité de Cloud, justement, permettait de mettre en place des potentiels concurrents de sociétés de gestion de données légales.
08:16Je pense à une boîte comme Relix au Royaume-Uni, notamment, qui est très connue pour ça, même si la partie légale est une petite partie de leur activité.
08:24Je veux dire que des boîtes qui ont quand même des données et des historiques de données, parfois remontant sur 100 ans et plus, ça doit se valoriser, justement.
08:33Ça doit être...
08:34C'est quand même, à un moment, une partie de la valeur aussi de ce que les modèles vont pouvoir donner derrière, non ?
08:41C'est super intéressant ce que vous dites, parce qu'on peut prendre Walter Kluvers.
08:46Oui, Walter Kluvers, Pays-Bas.
08:47On va sur ça.
08:48Enfin, on était amené à croire qu'ils ont la meilleure base de données de médecine, etc.
08:54Sauf que, encore une fois, si on peut demander à un agent de créer la même base de données avec des données publiques, médicales,
09:06il a la capacité d'agréger...
09:07Ces données-là, elles sont en accès libre ?
09:09Oui, c'est justement ça.
09:10Elles sont en accès libre, ce qui fait que...
09:13Ils n'ont pas de protection de leurs données les plus valuables, les plus valables.
09:18Alors, quand on parle à Walter Kluvers, ils disent...
09:22Ce qu'ils disent, c'est que malgré le fait qu'il y ait des données en libre-service, leur curation est exceptionnelle.
09:30Donc, mais le fait est que le marché adressable, là où un médecin, au lieu de faire 100% de son flux vers Wolters et que ça lui coûte n'importe quoi 100,
09:41il va faire la moitié sur du open source qui lui coûte moins cher.
09:45Et quand il a vraiment une hésitation, il a besoin de certitude, il se dirige vers Wolters.
09:50Mais ça, on peut l'appliquer au legal.
09:52Chaque domaine qui est bien cadré avec une jurisprudence open source, la question se pose.
09:59Comment on est présent sur ce thème du digital avec toutes ces incertitudes, ces grands points d'interrogation qui existent encore ?
10:08Comment on gère ce risque-là dans un portefeuille, dans un fonds et dans une stratégie dédiée à ce thème-là aujourd'hui, Abdoulain ?
10:14Comment on le gère ? On est d'abord exposé sur l'infra.
10:18Donc, c'est un edge naturel, on va dire.
10:20On a vu que les chiffres sur le début d'année étaient vraiment exceptionnels.
10:24Les mémoires, les équipementiers, en fait, les mémoires, on comprend que c'est le fait
10:28que le contexte window, donc la partie live, notre discussion en live avec l'agent ne cesse d'augmenter, est fluide.
10:36Et donc, pour qu'elle reste fluide, on a besoin de mémoire.
10:38Et on fait du stock picking, vraiment, on fait attention sur la partie applicative.
10:42On sort toutes les sociétés qui sont juste dans l'amélioration de productivité interface.
10:47Plus d'Adobe, on réfléchit.
10:50Plus d'Adobe, plus de HubSpot, plus de Shopify.
10:53Et on essaie vraiment d'être sur les sociétés à forte valeur ajoutée.
10:57La cybersécurité, pour moi, il y a un problème.
11:00Parce que, je ne sais pas si vous avez suivi, il y a eu le cas d'un agent libre-service, open-clos.
11:09Donc, c'est un agent libre-service connecté au modèle qu'on veut.
11:12Et il peut se connecter à toutes les bases de données et gérer notre agenda, prendre des rendez-vous pour nous.
11:17Et bien, l'ouverture de cet agent a montré que c'était hyper dangereux.
11:23C'est-à-dire qu'on peut injecter des codes pour une entreprise.
11:26Et donc, la cybersécurité et la complexification.
11:28C'était un point de fragilité de leur système.
11:30Ça, c'est vu.
11:30C'était très bien.
11:32Donc, ça montre que la cybersécurité, c'est un vrai sujet.
11:34Et on privilégie les softwares qui sont plateformes.
11:38Comme les ERP, comme un SAP, comme un ServiceNow.
11:41Et c'est ce genre d'acteurs-là qu'on privilégie.
11:43Merci beaucoup, Abdoula, de nous aider à suivre l'histoire de l'IA qui va quand même très, très vite.
11:51Chaque jour, il se passe évidemment des choses nouvelles, on va le dire, dans ce domaine.
11:55Abdoula Sardi, j'ai ranché en plégès, qui était notre invité dans ce dernier cadreur de Smart Bourse ce soir.
12:00Sous-titrage Société Radio-Canada
12:13Sous-titrage Société Radio-Canada
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