00:00...
00:00ADP s'engage depuis 10 ans sur le sujet de l'inclusion avec sa fondation.
00:11Quel regard portez-vous sur votre action alors que nous fêtons cette première décennie ?
00:15Je porte un regard plutôt positif, mais avec un goût de... c'est pas encore suffisant.
00:24Donc effectivement, 10 ans de fondation avec un couloir de nage qui est l'éducation,
00:31prévention de l'illettrisme et du décrochage scolaire sur nos territoires, autour de nos plateformes.
00:36C'est vraiment la caractéristique chez nous, c'est que toutes nos actions sont tournées vers nos parties prenantes territoriales.
00:46Je ne vais pas m'occuper du territoire de Toulouse, je ne gère pas les aéroports de Toulouse et je ne connais pas le territoire de Toulouse.
00:51Et donc, je travaille avec le territoire que je connais.
00:55C'est forcément un choix de long terme que nous avons fait.
01:0010 ans, c'est une première étape, c'est une première étape de maturité, on va dire.
01:06Et on s'attaque à partir de cette année à mieux mesurer l'impact des actions que nous menons en partenariat avec nos associations, avec les associations.
01:18Et c'est un travail de co-construction que nous avons fait pendant toute l'année 2024-2025 et qui va, là, à partir de maintenant, nous permettre vraiment de mesurer cet impact
01:30et de savoir où on a des trous dans la raquette, où on a des biais, qu'est-ce qu'on peut améliorer, qu'est-ce qu'on peut augmenter, qu'est-ce qu'on doit arrêter,
01:40parce que des fois, on a des fausses bonnes idées.
01:42Voilà, donc c'est vraiment un travail au quotidien avec les territoires, avec nos parties prenantes,
01:47pour faire en sorte que les jeunes de ce territoire, tous les jeunes de ce territoire, aient les mêmes chances d'orientation, d'accès à la formation, d'accès à l'emploi,
01:58et notamment sur l'écosystème aéroportuaire.
02:01Alors vous connaissez bien cette fondation pour la diriger depuis sa création, on vient de parler du bilan,
02:06parlez-nous des 10 prochaines années et de la chose que vous devez adresser et qui reste à bâtir.
02:11La petite enfance, alors ça va vous paraître étrange vu notre activité, mais on est convaincus que plus on attaque tôt ce sujet de l'éducation,
02:27de l'accès au savoir, de l'accès à l'apprentissage avec les parents, dès la naissance des enfants,
02:35plus on explique aux parents à quel point la dimension cognitive de leur enfant se fait dès la naissance,
02:42qu'ils peuvent leur parler dans n'importe quelle langue, ça n'a absolument aucune importance,
02:47si ce n'est pour leur culture évidemment familiale, mais que ces connexions neuronales sont hyper importantes.
02:56Le gamin, il apprendra le français quand il rentrera à la maternelle,
02:58et c'est des cerveaux, on le sait, de 0 à 5 ans qui sont des éponges absolues où ils peuvent apprendre plusieurs langues, etc.
03:07Par contre, la connexion neuronale, elle se fait jeune.
03:11Et donc expliquer à des mères seules, souvent sur nos territoires, à des pères, aux professionnels de la petite enfance,
03:21que parler, raconter des histoires, lire, chanter, tout ça va être un bagage fabuleux pour leurs enfants
03:30quand ils vont rentrer dans la période plus académique qu'on considère aujourd'hui encore au CP,
03:36plus ces jeunes seront sur deux, seront en capacité de faire des choix, seront à l'aise, si j'ose dire,
03:50aussi avec la société dans laquelle ils vivent, et plus, et je raccorde, c'est comme ça que je raccorde aussi l'inclusion,
03:58c'est que quand ils arrivent en emploi, ils auront cette sécurité, si j'ose dire, à la fois de leurs compétences,
04:10parce qu'ils auront eu des études qu'ils auront choisies, quelles qu'elles soient.
04:14Je ne parle pas forcément d'études Bac plus 12, je parle de tout niveau d'études, de tout niveau socioculturel,
04:22et qu'il n'y ait plus cette espèce d'auto-censure qu'il y a beaucoup encore aujourd'hui chez les jeunes,
04:28qui fait que quand ils arrivent dans une entreprise, quand ils ont réussi le recrutement,
04:34qu'ils arrivent dans une entreprise, ils ne se sentent pas forcément à l'aise avec les codes de la société,
04:39avec les codes de l'entreprise. Alors ça nécessite par ailleurs que l'entreprise fasse une intégration,
04:45qui soit une intégration adaptée, bien évidemment, mais qu'ils se projettent et qu'ils se disent,
04:51« Oui, moi, je peux devenir directeur. »
04:54J'ai le droit.
04:55J'ai le droit, j'ai parfaitement le droit. Je suis dans cette société, au sens large du terme,
05:00je suis dans cette entreprise et donc j'ai cette capacité à me projeter et j'en ai les moyens
05:05et on va m'aider aussi à les acquérir en interne.
05:09Laure Carmen, quel est le préjugé qui vous met en rogne aujourd'hui et qui doit être vaincu en priorité ?
05:13Ce n'est pas vraiment un préjugé, c'est un mot, le mot impossible, mais insupportable.
05:19Une phrase qui commence par « C'est impossible, c'est difficile, ça va être compliqué »,
05:29c'est insupportable.
05:30Qu'on puisse me dire « Ok, je comprends ce que tu veux dire, je comprends où tu veux aller,
05:37on va se donner les moyens », quitte à se dire à un moment donné « On n'y arrive pas »,
05:42mais au moins se donner les moyens, mais commencer une phrase sur la base d'une idée à développer
05:50et qu'on me dise « C'est impossible », alors là pour moi c'est le pire de ce qu'on peut me dire.
05:55On entend aujourd'hui que l'inclusion c'est une opportunité et c'est vrai,
05:58mais on a ce challenge quand même de la mesure. Comment mesure-t-on ?
06:02Là je parle donc à la directrice de l'engagement sociétal, côté groupe, côté corporate.
06:08Comment est-ce qu'on mesure l'impact économique mais aussi extra-financier d'une politique d'inclusion ?
06:12C'est un sujet méga ardu, on se creuse tous la tête et on essaie de trouver des indicateurs
06:18qui soient les plus pertinents possibles.
06:20Notre diversité dans l'entreprise a un instant T, et donc en 2026 ou en 2025,
06:27c'est ça, c'est factuel, c'est un point de départ.
06:31Je pense que l'enjeu ça va être comment on recrute pour les dix prochaines années,
06:38et ça tombe bien puisque nous avons un renouvellement de nos effectifs de 50% chez ADP dans les dix prochaines années.
06:44Donc c'est le moment ou jamais de se poser les bonnes questions et de poser les bons indicateurs,
06:50et de se dire est-ce que notre performance économique, modulée du contexte économique, etc.,
06:57qui est, vous l'avouerez en ce moment, pas le plus funky du monde,
07:00mais quand même, est-ce que dans dix ans, notre performance est meilleure ?
07:06Je suis convaincue que oui.
07:07Est-ce qu'on aura fait de ce virage générationnel une opportunité ?
07:11Absolument, absolument.
07:12Si les participants devaient repartir aujourd'hui avec une seule conviction après ce sommet,
07:16laquelle souhaiteriez-vous que ce soit ?
07:18C'est possible.
07:19C'est possible, c'est votre baseline ?
07:21Évidemment. Au possible, nous sommes tenus.
07:23Comment est-ce qu'on va chercher les invisibles et les isolés ?
07:26Comment est-ce qu'on va leur dire que c'est possible ?
07:28Je ne parle pas de ceux que vous aurez pu accompagner dès la fondation,
07:31je parle des autres, ceux qui n'ont pas eu cette chance.
07:32Absolument.
07:33Ils sont invisibles, ils ne sont pas là.
07:34Absolument.
07:35Comment on y va ?
07:36On y va avec un dispositif qu'on a mis en place qui s'appelle AeroWork,
07:42qui est une plateforme de recrutement complètement atypique.
07:45On ne vous demande pas votre CV, on ne vous demande pas où vous habitez.
07:50On vous pose 20 questions.
07:53Des questions aussi surprenantes que les copains débarquent à 19h,
07:58vous faites quoi ?
07:58Est-ce que vous allez commander chez Uber ?
08:01Ou est-ce que vous faites un melting pot de ce qu'il y a dans votre frigo ?
08:04Enfin, voilà.
08:0520 questions de ce type-là qui vont faire ressortir des soft skills.
08:09Et en fait, c'est ça qu'on va aller chercher.
08:11C'est ça qu'on va aller matcher avec des compétences dont on a besoin.
08:15Quitte à former ensuite.
08:17Ce n'est pas dur finalement de former.
08:19Le plus dur, c'est les compétences intrinsèques de base que peuvent avoir les gens.
08:23Et comment on a fait ça ?
08:25On a créé ce logiciel, évidemment, cette plateforme.
08:29Mais on a surtout été faire appel à des influenceurs territoriaux.
08:34Ce n'est pas dans notre mindset d'aller chercher, recruter avec des influenceurs territoriaux
08:39qui sont très connus sur notre territoire.
08:41Et qui, eux, arrivent à toucher ces jeunes qui ne sont ni chez Pôle emploi,
08:46ni chez France Travail, pardon, ni dans les missions locales,
08:50qui sont sous les radars.
08:52Et là, on a vu émerger par le biais des réseaux sociaux,
08:56via TikTok, via Insta, via des réseaux qui ne sont pas les réseaux habituels de recrutement,
09:04on a vu émerger tout un tas de candidatures assez étonnantes
09:10et dont un certain nombre ont intégré les entreprises de la communauté aéroportuaire
09:16sur des postes où ils n'auraient jamais imaginé qu'ils puissent être et qu'ils puissent candidater.
09:22Ce n'était même pas envisageable pour eux.
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