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  • il y a 10 mois
BFM BUSINESS PARTENAIRE - Ce samedi 18 octobre, Anne Ramon, directrice Communication, Marque, RSE et Engagements sociétaux chez Malakoff Humanis, Gilles Vermot-Desroches, président de la commission d'Entreprise de la société du MEDEF, et Éric Albert, fondateur et dirigeant de Uside et psychiatre, se sont penchés sur les impacts de la fragilité pour les entreprises, sur sa gestion, et sur les moyens d’accompagnement pour avancer ensemble vers un avenir plus serein, dans l'émission Hors-Série Les Dossiers BFM Business présentée par Carine Dany. Hors-Série Les Dossiers BFM Business est à voir ou écouter le samedi sur BFM Business. Cette émission a été réalisée en partenariat avec Malakoff Humanis.

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Transcription
00:00BFM Business Partenaires
00:01Hors série, les dossiers BFM Business, entreprises et fragilités, le défi de l'adaptation.
00:10Karine Dany
00:10Bonjour à tous, bienvenue dans ce Hors série dédié à une thématique cruciale, celle des fragilités, les étants, les difficultés financières,
00:20les maladies chroniques ou de longue durée, handicap, isolement et aussi le burn-out.
00:24Autant de situations qui touchent bon nombre de salariés.
00:27Alors quel impact pour les entreprises ? Comment doivent-elles gérer ces fragilités ?
00:32Comment les déceler, les traiter mais surtout est-ce leur rôle ?
00:35Comment se faire accompagner pour avancer conjointement vers un avenir plus serein ?
00:40Avec moi pour répondre à ces questions, je suis avec Anne Ramon.
00:44Bonjour.
00:44Bonjour.
00:45Vous êtes directrice de la communication de la marque et des engagements sociétaux chez Malakoff Humanis.
00:51A votre droite, je suis avec Gilles Vernot-Desroges, président de la commission d'entreprise dans la société Omedef.
00:56Bonjour.
00:57Eric Albert, bonjour.
00:59Vous êtes le fondateur et dirigeant de YouSide et psychiatre.
01:03Merci à tous les trois d'être avec nous aujourd'hui pour répondre à cette thématique cruciale.
01:08On le disait, Anne, on va commencer déjà à parler de ce baromètre que vous faites, je crois, une fois tous les deux ans.
01:14Alors très instructif.
01:15Déjà, est-ce qu'on peut revenir sur le cadre du baromètre ?
01:18Alors c'est un baromètre que Malakoff Humanis, qui est un groupe de protection sociale, mène depuis 2018.
01:24Et du coup, ça nous permet de tracer des évolutions dans la durée pour analyser les fragilités des salariés.
01:32Donc c'est un baromètre que nous faisons auprès d'un échantillon représentatif à la fois de salariés.
01:37Et puis on a également en miroir le regard des dirigeants sur les fragilités de leurs salariés.
01:44Donc c'est un baromètre qui nous permet d'analyser ces deux regards et de voir un petit peu quelles sont leurs évolutions.
01:50Allons sur les chiffres maintenant qui sont les plus pertinents.
01:54Quelles sont ces fragilités, les types de profils également ?
01:57Alors les fragilités, d'abord, effectivement, ce qu'on voit dans le baromètre depuis 2021, c'est qu'elles évoluent, elles augmentent.
02:06Depuis, il y a 60% des salariés aujourd'hui qui se disent dans cette situation de fragilité.
02:13Plutôt une fragilité personnelle plutôt que fragilité professionnelle.
02:18Donc c'est une évolution de plus de 17 points par rapport au 2021.
02:23Donc on sent qu'il y a une tendance quand même assez forte.
02:25Ces fragilités, c'est quoi ?
02:26Ce sont des souffrances psychologiques, ce sont des difficultés financières qui aussi augmentent de façon assez significative.
02:35Les problématiques d'isolement social des salariés, des situations d'aidance.
02:41De plus en plus de salariés aident un parent, un proche, avec un impact sur l'entreprise.
02:48Et puis aussi des situations d'addiction qui sont toujours présentes en entreprise.
02:54Ces fragilités, c'est important de les étudier.
02:55Parce qu'on voit que ces fragilités personnelles, finalement, elles ont un impact de plus en plus fort sur le travail et la vie professionnelle des salariés.
03:06Alors ce qu'on voit, c'est que les dirigeants, les chefs d'entreprise en ont conscience.
03:09Mais est-ce qu'ils ont conscience de l'ampleur du phénomène ?
03:13Je crois qu'on peut dire qu'ils ont conscience de l'ampleur du phénomène.
03:15On voit que, en tout cas, les chiffres de notre étude montrent qu'ils s'en sont de plus en plus conscients.
03:20Et aujourd'hui, il y a près de 80% des dirigeants qui disent qu'être confrontés à des situations de fragilité de leurs salariés.
03:30Et ils sont conscients aussi que ces fragilités ont un impact sur l'entreprise, avec un impact sur l'engagement des salariés,
03:41un impact sur le climat social, un impact aussi sur l'absentéisme.
03:46On voit qu'en France, l'absentéisme évolue de façon un peu problématique.
03:51Donc voilà, ce sont quand même des notions qui, nécessairement, les intéressent et dont ils sont de plus en plus conscients.
04:00Ce qu'on voit aussi, c'est que ça touche certaines typologies de salariés, comme les jeunes notamment, et la psychologie mentale, en fait.
04:07Alors, les jeunes, effectivement, vous avez raison.
04:10Et ça, ce n'est pas forcément quelque chose d'évident.
04:13C'est de se dire que les jeunes de moins de 25 ans sont particulièrement concernés par des fragilités,
04:19qui peuvent être aussi des fragilités liées professionnelles.
04:23L'impact de la vie professionnelle chez les jeunes a des répercussions sur leur santé mentale.
04:29Beaucoup les femmes et les salariés entre 35 et 45 ans.
04:33Donc, finalement, c'est cette catégorie de salariés les plus actifs et qui sont dans la force de l'âge,
04:41qui sont finalement plus concernés par les fragilités personnelles.
04:44Éric Albert, vous qui êtes sur le terrain, vous qui êtes un peu le porte-parole en quelque sorte,
04:48vous travaillez beaucoup sur ces notions. Qu'est-ce que ces chiffres vous évoquent ?
04:51D'abord, la première action, c'est que c'est inquiétant.
04:55On se dit qu'on a des chiffres très importants.
05:00Et puis après, il faut prendre un peu de distance, parce que la fragilité, ce n'est pas la pathologie mentale.
05:08Ce n'est pas la même chose.
05:09que chacun d'entre nous, quand on nous interroge et qu'on nous pousse un peu, on nous dit
05:15« Mais vous n'avez pas un petit peu des problèmes d'argent ? »
05:19Oui, enfin, donc, c'est déclaratif.
05:23Et donc, il faut qu'on prenne aussi un tout petit peu de distance par rapport à ça.
05:28C'est qu'il y a évidemment des fragilités.
05:32Il y a un contexte social extrêmement fragilisant, incontestablement.
05:36Il y a un niveau d'insécurité dans lequel on se trouve et d'incertitude qui n'a jamais existé à ce niveau-là
05:46et qui, évidemment, perturbe énormément.
05:50Et puis après ça, vous avez les événements de vie, des proches qui ne sont pas avec qui ils sont malades,
05:56des situations de séparation, de divorce, etc., qui font qu'on a un certain nombre de fragilités.
06:02Les fragilités ne sont pas forcément toujours totalement négatives.
06:07Ça peut être aussi, j'ai fait chez vous aussi, un début de créativité.
06:11Là, ce qu'on essaie, c'est de faire le lien justement avec la situation en entreprise et l'impact que ça peut avoir.
06:18Les chefs d'entreprise parlent d'un impact sur l'engagement dans la société, la performance, le climat social, la qualité de vie.
06:24Est-ce que, pour vous, c'est primordial, important que les entreprises s'attellent encore plus à ce sujet ou n'aient pas des œillères ?
06:33Alors, deux choses.
06:34D'abord, dans ce monde dans lequel on est dans l'incertitude totale, l'endroit de stabilité qui reste, c'est l'entreprise.
06:44Et on est très tenté de vouloir faire jouer à l'entreprise tous les rôles.
06:48Et là, quand j'écoute votre question, je me dis en filigrane, est-ce que vous êtes en train de me dire que l'entreprise doit soigner ses collaborateurs ?
06:56L'entreprise, elle est là avant tout pour organiser un système efficace.
07:02Et de fait, pour que ça soit efficace, il faut que les collaborateurs soient en forme et soient bien dans leur tête, contents d'être là et soient épanouis.
07:11Donc, elle est là, effectivement, à prendre, à se poser la question sur comment je fais pour que mes équipes s'engagent, se sentent bien,
07:26malgré le fait que, de toute façon, le contexte social est un contexte de fragilisant, c'est sûr.
07:31Gilles Vermanderoche, même question. Est-ce que pour vous, c'est le rôle de l'entreprise de devoir, évidemment, identifier, mais surtout agir ?
07:41Est-ce que ça ne déstabilise pas une organisation quand on a, justement, décelé ses fragilités et mettre en place des plans d'action ?
07:49Est-ce qu'il n'y a pas aussi un rôle plus global de la société ? Qu'est-ce que vous en pensez, justement ?
07:54En tous les cas, une idée me venait en vous écoutant l'un l'autre. Moi, je suis rentré chez Schneider Electric il y a 30 ans.
08:01Et Henri Lackmann, qui en était le patron à ce moment-là et qui l'est resté longtemps, ne commençait pas une réunion sans dire « my business is people ».
08:09C'est-à-dire que quand on est manager, quand on est leader d'entreprise, s'occuper des gens de son équipe, c'est sa première priorité.
08:17Parce qu'au fond, on reviendra à ce qu'est l'entreprise aujourd'hui dans la société, mais c'est de toute façon une communauté d'action, un lieu relationnel.
08:27On y passe quand même beaucoup d'heures de sa journée quand on est au travail.
08:34Et donc, il y a à la fois la nécessité pour l'entreprise de prendre en compte l'humain et de savoir qu'ensemble, on va plus loin.
08:42Et puis, à la fois pour les salariés, et en particulier ceux qui sont fragiles et qui peuvent aussi l'être parce qu'ils sont plus isolés que les autres,
08:51l'entreprise, c'est le lieu où on rencontre des collègues, des gens très différents et où on peut avoir envie d'avancer.
08:58Et pour finir sur Schneider Electric, avant de venir sur la vision qu'on peut avoir dans la commission au MEDEF,
09:04on a un service qui est un service de santé dans lequel il y a aussi des psychologues, des ergonomes et des assistants sociaux.
09:13Parce qu'il y a un intérêt objectif pour l'entreprise à gérer ce sujet.
09:16La fragilité, merci pour votre baromètre, on en parle peut-être plus aujourd'hui dans l'entreprise qu'hier,
09:21parce que peut-être plus qu'hier, on a conscience d'abord que ça peut arriver à chacun d'entre nous.
09:26Et c'est bien de rappeler à ceux qui ne vivent pas de fragilité qu'un jour ou l'autre, plus vite que prévu, dans l'imprévu,
09:33on peut soi-même être touché par ce sujet et que ce n'est pas le sujet des autres. Premier point.
09:38Deuxième point, probablement que le manager d'aujourd'hui, dans un monde où on attend plus de performances,
09:43mais qui est aussi très changeant, il a peut-être plus de facilité à dire qu'il n'a pas réponse à tout, que parfois il ne sait pas.
09:49La fragilité, ce n'est pas exactement ça, mais c'est quand même un esprit global dans lequel on considère
09:54que s'intéresser au sujet, c'est important. Quand on est à la commission, l'entreprise dans la société du MEDEF,
09:59on se dit, par rapport à cette question de fragilité, c'est que probablement qu'on voit le sujet un peu de manière nouvelle aujourd'hui,
10:08en agrégant des situations très différentes, qu'on séparait complètement dans le passé.
10:12Pour parler de la fragilité qui n'existe pas, il n'y a pas une définition de la fragilité, on vient de le voir avec vous,
10:18il est question parfois de fragilité financière, il est question aussi parfois de fragilité personnelle,
10:23qui ont des conséquences dans la vie professionnelle, parce que sa vie a changé, parce qu'on a eu un décès dans sa proximité,
10:29parce que sa situation familiale a changé, il y a celle qui est liée à la maladie.
10:33C'est intéressant pour l'entreprise, à un moment où on dit qu'un salarié sur quatre est aussi un salarié aidant,
10:40de prendre en compte ces sujets, parce que les prendre en compte, c'est aussi avec ces équipes,
10:45probablement assurer plus de confiance. Ce n'est pas facile à gérer, on ne va pas dire tout à coup qu'il faut gérer ça,
10:51que c'est simple pour n'importe quel manager, etc. Mais en tous les cas, si on se pense dans le moyen terme,
10:57s'intéresser à cette réalité de ses collègues, c'est probablement la meilleure manière d'être ensemble de main
11:03et performant aussi, y compris avec ce qu'apportent ces fragilités.
11:07J'entends à vous écouter que la fragilité, entre guillemets, puisqu'il y a plein de types justement de fragilité,
11:13n'est plus un tabou. On ose en parler, d'ailleurs on l'a vu dans notre premier hors-série,
11:18que la jeune génération, en tout cas les 25-35 ans, en parle de façon totalement, je veux dire, libre,
11:25pose des arrêts dès qu'ils en ont besoin. Il y a plus cette espèce de rapport à absentéisme, manque de productivité.
11:33Il y a une évolution, j'ai l'impression, de ce que vous dites ça.
11:36En tous les cas, dans la jeune génération, il n'y a pas cette fierté d'une génération qui est plus proche de la mienne,
11:40qui est de dire, je n'ai jamais pris un jour de congé. On connaît tous ça des gens qui sont plutôt seniors.
11:46Mais ce sujet touche, on l'a vu, différemment les jeunes. Il y a aussi l'anxiété des jeunes aujourd'hui,
11:50un certain nombre d'entre eux, face au climat, face aux situations actuelles.
11:53Probablement que les situations politiques ne permettent pas aussi de réduire cette anxiété.
12:00Et puis toutes les générations, la question des seniors aussi dans l'entreprise, etc.
12:04De fait, je pense qu'on les met plus sur la table avec l'envie de les gérer.
12:08Il y a probablement, et on n'est pas encore à cet endroit-là dans les entreprises, et pas assez,
12:13on a y travaillé ensemble, à comprendre ce que ces fragilités peuvent apporter.
12:17Elles ne sont jamais des opportunités, c'est des moments durs à vivre, etc.
12:20Et il faut pouvoir les poser sur la table, voir comment on s'organise pour les prendre en compte.
12:26Mais là aussi, ça peut créer sur des enjeux de résilience, sur des enjeux d'innovation,
12:31sur des enjeux de cohésion d'équipe, quelque chose sur lequel l'entreprise doit réfléchir.
12:38– Éric, on vient de l'entendre, créativité, ça passe par les opportunités, l'innovation, la cohésion.
12:44– Oui, alors, pour rebondir sur ce que vous venez de dire,
12:50vous avez beaucoup m'assisté sur la relation dans l'entreprise.
12:56Et de fait, un des éléments qui a beaucoup fragilisé les acteurs,
13:02ça a été le télétravail, c'est suite au Covid.
13:04Pourquoi ? Pour une raison très simple, c'est que ce qui nous permet de faire face,
13:11entre guillemets, au stress auquel on est soumis,
13:14c'est la relation qu'on a les uns avec les autres, et ce qu'on appelle le soutien social.
13:18– Quand vous êtes tout seul face à votre machine chez vous,
13:23et que vous avez été un peu choqué par ce qu'a dit un collègue ou un manager,
13:29avec qui vous en discutez ?
13:32– Avec personne.
13:33– Et donc, le télétravail, et là, c'est un vrai sujet des jeunes,
13:38qui est vraiment une posture qui est à la fois confortable,
13:42je reste en chaussette.
13:45– Mais isolement.
13:46– Dépressogène, on a bien clairement montré que ça a favorisé la dépression.
13:52Donc, attention aussi au fait que le travail est d'abord, avant tout,
13:58souvenons-nous de ça, un élément de santé mentale.
14:01Voilà, les gens qui travaillent vont mieux que ceux qui ne travaillent pas.
14:05– Ils ont un rythme, ils ont…
14:07– Ils vont largement mieux que ceux qui ne travaillent pas.
14:10Deuxième chose, le travail doit être un endroit de plaisir.
14:15Et le plaisir, il passe avant tout dans la relation.
14:19Et pour ça, il faut y être.
14:22Mais il faut que l'entreprise crée des conditions où on se soutient,
14:27on est très attentifs les uns aux autres, ce que vous disiez,
14:31et on construit une communauté dans laquelle on a envie.
14:38Et donc, il doit se passer quelque chose dans le travail.
14:40Ça, c'est très nouveau depuis le Covid.
14:42Si je viens au travail pour rester dans des réunions Teams toute la journée,
14:47de fait, ça ne va pas le faire.
14:50Donc, il y a à inventer quelque chose dans le jeu collectif,
14:56dans le plaisir relationnel à construire au travail aujourd'hui.
15:00On repère d'ailleurs profondément que dans les entreprises,
15:03les jeunes viennent plus au travail que les générations plus…
15:08D'abord, parce qu'on n'est pas tous identiques par rapport au logement,
15:11surtout si on est en Ile-de-France, à l'isolement.
15:15Et que pour les jeunes, le fait de se retrouver au travail,
15:18c'est aussi quelque chose d'assez important.
15:19à toutes les générations dans l'entreprise de considérer qu'elles ont aussi une responsabilité
15:24d'être là, aussi parce qu'elles managent.
15:26Elles, elles peuvent le faire très bien en étant peut-être plus dans le télétravail.
15:30Mais se rappeler que si « my business is people » est présent auprès des jeunes,
15:34c'est quelque chose d'important.
15:35Alors, pour créer justement des solutions, il faut déjà repérer,
15:39Gilles Vermond-des-Roches et Adramon,
15:41comment est-ce qu'on décèle ces situations ?
15:43Comment est-ce qu'on, justement, arrive à identifier une sorte de problématique ?
15:49Est-ce que c'est fatalement par le rôle du manager ?
15:52En tous les cas, il y a un mot qui me paraît aussi…
15:54Vous donnerez votre avis, je crois que ça m'intéresse beaucoup.
15:57Je parlerais assez volontiers de l'authenticité.
15:59On est probablement dans un monde où,
16:03alors quand on est français, on fait une très grande séparation
16:05entre sa vie privée et sa vie professionnelle,
16:07plus que les autres.
16:09À nouveau, je suis dans une entreprise internationale.
16:11On sait tous que quand on est plutôt en Angleterre,
16:14tous les collègues vont le soir au café ensemble pour discuter, pour avancer.
16:19Boire une bière.
16:19Boire une bière, excusez-moi, boire une bière.
16:22Ce qui se fait moins dans la pratique française.
16:26Mais on voit, en tous les cas, dans les espaces plus internationaux,
16:29qu'il y a quelque chose qui se joue du côté de l'authenticité,
16:32là où hier, on cachait ses problèmes, on cachait sa réalité, le travail, c'est ça.
16:37Probablement que dans cette ouverture-là,
16:39ça inscrive plus facilement les fragilités.
16:41Je pense qu'il vaut mieux les dire d'ailleurs que les cacher,
16:44parce que d'abord, ce n'est pas bien pour les traiter, premièrement.
16:47Et puis deuxièmement, de fait, les entreprises peuvent avoir des démarches
16:50pour les accompagner.
16:51J'ai parlé des aidants.
16:53Il y a un sujet sur le sujet, sur cette question des aidants
16:56dans beaucoup d'entreprises.
16:57Et puis, il y a toutes les autres questions.
17:00Il faut se dire que pour l'entreprise, me semble-t-il,
17:03la santé n'est pas qu'une question d'absence de la maladie.
17:06C'est une question qui est importante dans le collectif qu'est l'entreprise
17:10pour être performants tous ensemble.
17:12Donc, il faut traiter les questions qui sont plus complexes sur ce sujet-là.
17:16Après, il y a quand même des fragilités qui sont beaucoup plus difficiles
17:18à exprimer en entreprise.
17:20Et on le voit aussi dans l'entreprise.
17:22Comme le burn-out, j'imagine.
17:23Le burn-out, la souffrance psychologique, quand elle est aussi plus personnelle
17:28que professionnelle, même si on sait qu'il y a un cercle vicieux
17:31qui peut vite se mettre en place et que les fragilités personnelles
17:34et professionnelles, elles se combinent, elles s'entremêlent
17:38et finalement, elles se superposent.
17:39Il y a quand même, effectivement, les fragilités psychologiques,
17:44l'isolement social.
17:46On voit des chiffres quand même extrêmement importants de monter.
17:50Alors, vous parliez du télétravail tout à l'heure.
17:54Est-ce que ça contribue à une forme d'isolement social ?
17:56Mais c'est plus 9 points, la souffrance psychologique plus 13 points.
18:00Donc là, c'est des tendances qui évoluent.
18:02Oui, qui évoluent négativement.
18:05Et donc ça, c'est quand même des fragilités qui sont plus difficiles à déceler,
18:08qui sont souvent assez tues, finalement, en entreprise.
18:12Le chef d'entreprise et le manager a plutôt tendance à s'intéresser
18:17et à percevoir, à appréhender des fragilités
18:20qui sont effectivement les situations d'aidance.
18:22Aujourd'hui, je pense que c'est des sujets dont on a beaucoup parlé
18:25et qu'on prend en compte.
18:26Il y a le sujet de la monoparentalité, qui est un vrai sujet aussi.
18:30Là, il y a une attention peut-être particulière.
18:33Donc, ce n'est pas encore facile d'aborder l'ensemble de ces fragilités
18:38lorsqu'elles sont très personnelles.
18:40Allons sur les actions.
18:42Vous qui êtes sur le terrain auprès des chefs d'entreprise
18:44qui avez des plans d'action, j'imagine.
18:47Qu'est-ce qui marche ? Qu'est-ce qui fonctionne ?
18:49Alors, on sait maintenant très très bien travailler.
18:52Alors, vous parliez de santé.
18:53La santé, ce n'est pas la maladie.
18:57Parlons de santé mentale.
18:59Comment on permet aux gens d'être dans une bonne santé mentale au travail ?
19:04Deux dimensions majeures.
19:06Une première dimension, qui est tout ce qui est de l'organisation,
19:10le mode de management, je dirais,
19:11les enjeux globaux, systémiques de l'entreprise,
19:14la façon dont on traite les collaborateurs,
19:17la relation qu'on a avec eux,
19:19l'attention qu'on a à eux sur différentes dimensions.
19:22Et puis après, il y a la haute dimension,
19:24c'est comment les collaborateurs eux-mêmes
19:26ne se positionnent pas en victimes,
19:30mais sont des acteurs de premier plan
19:35concernant leur santé.
19:38Là, on est sur la responsabilité.
19:40Mais bien sûr, attention à...
19:43Parce que dans tout ce qui se passe,
19:46notamment dans la génération qui monte,
19:47la génération qui monte se positionne volontiers en victime.
19:50Mais si je veux être dans une santé,
19:56y compris pas forcément la santé mentale,
19:57la santé tout court,
19:59je sais que le sommeil est important,
20:01que la façon de me nourrir, de faire du sport,
20:03d'avoir une qualité relationnelle.
20:05Donc, il faut qu'on donne aux collaborateurs
20:07toute une série d'armes, d'informations,
20:12d'ateliers très concrets
20:14qui leur permettent de gérer
20:17ces différentes fragilités en...
20:20Tout ça, le problème des fragilités,
20:22c'est le retentissement émotionnel
20:23qu'elles ont sur nous.
20:24Donc, comment est-ce que je gère mes émotions
20:27par rapport à ces fragilités ?
20:28Comment est-ce que je trouve des plans d'action ?
20:30Comment je retrouve de la marge de manœuvre ?
20:33Donc, un enjeu qui est un enjeu systémique
20:35et un enjeu dans tout ce qu'on appelle le care
20:37dans l'entreprise aujourd'hui,
20:39qui est très développé.
20:40Donc, l'attention, vraiment,
20:42cette notion d'attention qu'on a
20:45vis-à-vis de ces collaborateurs,
20:47eh bien, on peut responsabiliser les gens
20:50en les outillant.
20:51Et c'est vraiment comme ça
20:53qu'on fait monter la santé au travail.
20:57J'imagine que vous souhaitez réagir
20:58puisque vous êtes aussi sur le terrain.
21:01Vous constatez à la fois Schneider,
21:03mais aussi au MEDEF,
21:04ce qui est mis en place.
21:06Sur quoi on a vraiment avancé ?
21:09Et qu'est-ce qu'il reste encore à faire ?
21:10Moi, je pense qu'on a mis des mots
21:12sur des réalités,
21:13et ça, c'est déjà une avancée.
21:15Quand on est capable de,
21:16par exemple, le fait de parler des fragilités,
21:18le fait que dans les entreprises,
21:20ça ne soit plus vraiment un tabou,
21:22ça ne rend pas la facilité de le gérer,
21:25ça reste toujours une question,
21:26mais ça change déjà la réalité
21:28parce qu'on peut en parler.
21:30Le fait que l'entreprise,
21:32de plus en plus,
21:33est perçue comme un lieu
21:35important de confiance,
21:36on voit dans les baromètres
21:37qui ont lieu tous les ans,
21:40ça lui donne une certaine responsabilité.
21:43Et le fait que dans ces mêmes entreprises,
21:45on ait une réflexion peut-être nouvelle
21:46sur ce qu'est la performance,
21:48comment la rejoindre,
21:50sur la nécessité de faire équipe
21:54avec les uns et les autres.
21:56Et ce n'est pas en laissant les gens
21:57dans leurs problèmes,
21:58sans s'en occuper,
21:59qu'on va être plus performant demain.
22:01Il y a là un intérêt de l'entreprise
22:04dans la responsabilité qu'elle assume.
22:07Alors il y a des outils
22:07et aux entreprises d'y réfléchir.
22:09Et puis après, il y a des difficultés
22:11parce que comme vous l'avez dit,
22:13derrière le mot fragilité,
22:14et c'est très bien d'avoir
22:15une réflexion globale
22:16et d'embarquer les managers,
22:17les entreprises sur la réflexion globale,
22:19mais après il y a des réalités
22:19très différentes.
22:20C'est très différent d'être aidant
22:22que d'être soi-même en difficulté,
22:24en difficulté économique
22:25ou par une addiction.
22:27Je crois que tous ces sujets
22:27se traitent différemment,
22:28mais c'est bien d'avoir
22:29une vision globale.
22:29On l'a entendu, partenaire,
22:33c'est quoi les relais ?
22:34Quels sont les organismes ?
22:36L'expertise aussi qu'on peut aller,
22:39avec qui on peut travailler ?
22:41Parce que clairement,
22:42vous le faites déjà.
22:43Alors effectivement,
22:43il y a beaucoup de relais à actionner.
22:45Je crois que les dirigeants,
22:46les managers,
22:47les chefs d'entreprise
22:48ne sont pas toujours les mieux placés
22:49et ils n'ont pas forcément
22:51l'expertise pour accompagner.
22:53Je pense qu'il y a des relais
22:54qui sont déjà des relais informels.
22:56On parlait du collectif
22:57et c'est certainement
22:58les relais les plus puissants
22:59donc ça,
23:00il ne faut pas l'oublier,
23:01ce collectif,
23:01et c'est vrai que ce collectif,
23:03il est peut-être un peu mis à mal
23:04avec le télétravail.
23:06La première ressource,
23:07c'est quand même les collègues
23:07pour parler de ces difficultés.
23:11Quelquefois,
23:11son manager aussi
23:12avec lequel on est en confiance
23:14et donc on a des outils aussi,
23:16nous,
23:16pour accompagner les managers
23:18à plus d'écoute,
23:19à la détection aussi
23:21de ces fragilités
23:22puis à expliquer
23:24qu'il y a des dispositifs
23:25pour les prendre en charge.
23:27Alors il y a plein d'acteurs
23:28en fait,
23:29il y a des acteurs associatifs,
23:30il y a beaucoup de sociétés
23:32qui se spécialisent aussi
23:33dans les questions
23:33de qualité de vie au travail
23:34et tous ces sujets
23:35de fragilité.
23:38Nous,
23:38en tant que mutuel
23:39d'entreprise
23:40et acteur de la prévoyance,
23:43notre rôle,
23:44surtout Malakoff,
23:44qui a une mission sociale
23:46à côté de sa mission d'assureur,
23:48notre rôle a beaucoup évolué
23:49ces derniers temps
23:50et on met en place
23:51des dispositifs d'écoute,
23:53d'accompagnement,
23:54d'orientation,
23:54on met en place
23:55des aides financières
23:56parce que la problématique
23:57des fragilités financières,
23:59elle est de plus en plus présente,
24:01surtout dans certains métiers.
24:04Donc il y a des aides financières
24:05et puis il y a également
24:07l'orientation vers des dispositifs
24:10d'aide au retour à l'emploi,
24:11par exemple,
24:12pour ne pas créer
24:13une forme de désinsertion professionnelle.
24:15Donc il y a plein de dispositifs
24:16qui existent
24:17à la main des RH,
24:19à la main des dirigeants
24:20et puis ce que vous disiez,
24:24je pense que c'est très important
24:25le fait d'en parler
24:26et de mettre à l'argent
24:28à toutes ces questions-là.
24:29Vous avez vu votre métier évoluer
24:31en quelque sorte ?
24:33Bien sûr,
24:33donc notre métier de mutuelle,
24:36la mutuelle d'entreprise,
24:38la prévoyance,
24:39on est là pour accompagner,
24:40protéger les salariés
24:41sur leur santé
24:42et évidemment aussi
24:44sur leurs difficultés sociales
24:46et donc on a
24:48chez Malakoff Humanis
24:50des salariés
24:51qui sont dédiés
24:51à l'accompagnement
24:52et qui sont salariés du groupe
24:54et qui sont des experts
24:56de l'accompagnement social
24:57et qu'on met à disposition
24:59de nos clients
25:00qui identifient
25:02des situations de fragilité.
25:03Donc on a des situations
25:04d'accompagnement.
25:06Effectivement,
25:06il y a des moyens d'agir.
25:07C'est pour ça que nous,
25:08on aime bien le mot fragilité
25:09puisqu'on en parle
25:10plus que vulnérabilité
25:11qui est un terme
25:13qui place vraiment les gens
25:15dans une situation
25:15plus immuable
25:16les fragilités
25:17ça se surmonte
25:18aussi.
25:20Merci à tous les trois
25:21d'avoir été avec nous
25:22aujourd'hui
25:23dans ce spécial hors série.
25:24Nous venons de le voir,
25:25il existe des leviers
25:26d'action efficaces
25:28pour que salariés
25:29et entreprises
25:30puissent faire face
25:31à des situations
25:32de fragilité.
25:33Organismes,
25:34relais,
25:34communication
25:34sont essentiels
25:35pour que chaque partie
25:37puisse évoluer
25:37dans un cadre rassurant
25:39et engageant
25:40qui prenne en compte
25:40les fragilisés
25:42dans leur globalité
25:43pour une meilleure réussite
25:44personnelle
25:45ou professionnelle.
25:46Merci d'avoir été
25:47avec nous aujourd'hui
25:48pour ce spécial hors série.
25:50A très bientôt
25:50sur BFM Business.
25:55Hors série,
25:56les dossiers
25:57BFM Business.
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