00:00On est en attendant à cinq minutes de la clôture ici en Europe, on entre dans la data room.
00:12Aussi vrai que tous les chemins mènent à Rome, tout est data, tout être, toute notion, toute poussière, bref tout ce qui existe, donne matière à data.
00:19Alain et Delphine, êtes-vous prêts à enclencher la machine à data ?
00:22Oui.
00:23Voici la data room. Delphine et Alain, vous avez chacun une minute.
00:27Delphine, on va démarrer avec vous. Top chrono, votre chiffre, 27%.
00:3127%, c'est la part des 18-24 ans parmi les demandeurs d'emploi en France. C'est beaucoup.
00:38Ça ne veut pas dire qu'un quart des jeunes sont au chômage. Le taux de chômage des jeunes, c'est 19%, publié par l'INSEE en juin dernier.
00:46Mais 27%, ça veut dire qu'un quart des demandeurs d'emploi ont moins de 25 ans.
00:51Ça reflète le fait que le marché de l'emploi, il ne se tient pas si mal, paradoxalement.
00:57Ça reflète le fait que les autres catégories, les autres tranches d'âge, en fait, ont vu leur taux de chômage se réduire.
01:03L'emploi a été créé, mais plutôt pour les plus de 25 ans.
01:07Et malheureusement, les jeunes sont restés un peu à l'écart de ce marché de l'emploi.
01:11C'est un indicateur qu'on regarde beaucoup, le chômage chez les jeunes, parce qu'il est un indicateur avancé des retournements de cycle.
01:18Et justement, le taux de chômage des jeunes, il commence à réaccélérer.
01:22Il était à 28% en 2016, il est tombé à 16% il y a quelques trimestres, et là, il est en train de remonter vers les 19%.
01:30Ce n'est pas très bon.
01:32Ce n'est pas très bon. Et du coup, qu'est-ce qu'on en déduit ?
01:34C'est un signal que vous nous envoyez, mais en termes de trajectoire, ça dit quoi ?
01:38En termes de trajectoire, ça veut dire que va faire la dette de la France s'il y a un prochain ralentissement,
01:44sachant que malgré les aides à l'apprentissage, malgré les réformes sur le chômage,
01:53malgré finalement un marché de l'emploi qui s'est plutôt bien tenu,
01:56on n'a pas réussi à régler le problème des jeunes.
01:58Ça veut dire moins de cotisations de la part de cette tranche d'âge.
02:02Ça veut dire aussi moins de capital humain, de productivité, d'expérience qui est fournie aussi pour ces gens-là.
02:07Ça veut dire que, prochain ralentissement, ça va dégrader les finances publiques
02:12et ça veut dire que c'est compliqué pour la dette française.
02:16Ça ne va pas dans le sens, effectivement, d'amélioration de la situation budgétaire non plus.
02:20Alain, à vous. Votre data, une minute, plus 4%.
02:24Alors, plus 4%, c'est la croissance des commandes dans le secteur de l'ingénierie en Allemagne au mois de juillet.
02:29C'est pas mal. C'est un chiffre qui paraît correct en soi.
02:32Mais ce qui est intéressant, c'est sa décomposition, en fait.
02:34Il cache une réalité un peu plus inquiétante parce qu'elle est alimentée exclusivement
02:39par les ventes en direction de l'étranger qui sont à plus 7.
02:42Et si on creuse, c'est même les ventes en dehors de la zone euro qui sont à plus 10.
02:47Tandis que les ventes en direction de l'industrie allemande, elles sont à zéro.
02:50Donc, c'est un peu surprenant parce qu'en Allemagne, on a quand même ce plan de relance
02:54qui, visiblement, est annoncé, qui a fait beaucoup bouger les marchés.
02:59Mais on voit bien dans ce chiffre, mais aussi dans d'autres chiffres macro,
03:02que pour l'instant, dans la réalité du quotidien des entreprises industrielles, ça tarde un petit peu.
03:07Alors, on reste confiant.
03:08On pense que l'Allemagne, on se doute bien que ça va mettre un petit peu de temps,
03:12que les budgets vont se déclencher et que ça va arriver.
03:14Mais bon, il faudrait quand même que ça ne tarde pas trop.
03:16Effectivement, et voilà, c'est ce qui explique aussi certaines prises de bénéfices
03:21qu'on observe depuis quelques semaines sur le marché,
03:23le risque de voir certaines commandes arriver plus tard que prévu.
03:26Vous avez battu le chrono, du coup, on a dû supprimer le gong à la fin
03:29parce que vous l'avez battu en l'occurrence.
03:31Non, mais félicitations, c'est rare.
03:32Voilà, et vous l'avez fait.
03:33Judith, merci beaucoup.
03:35Alain Dubrul, Claresco et Delphine Arnault,
03:37qui nous accompagne aussi.
03:38Delphine Arnault pour Edmond Rochilda.
03:40Bonne soirée.
03:41Bonne soirée.
03:42Bon retour.
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