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Dans cette conférence donnée pour les Shifters, Jean Marc Jancovici ingénieur polytechnicien cofondateur du Shift Project et expert reconnu des enjeux énergie climat explique les contraintes géologiques qui pèsent sur le pétrole, le gaz et le charbon en Europe et montre pourquoi notre décarbonation est déjà en cours même sans volonté politique.
Il détaille les travaux du Shift Project fondé en 2010 et dirigé aujourd’hui par Maxime Efoui Hébert et rappelle le rôle central de la recherche scientifique dans l’analyse de l’approvisionnement énergétique. Grâce à son experience d’enseignant à Mines Paris et son passé de consultant en énergie carbone Jancovici éclaire les liens entre ressources fossiles déclinantes sécurité d’approvisionnement politique industrielle et justice sociale.
Une analyse claire et pédagogique pour comprendre les enjeux réels de l’énergie, de l’économie matérielle et des futurs possibles de nos sociétés.
#energie #climat #jancovici #transition #petrole
Qui a affirmé que l’empreinte carbone était une arnaque intellectuelle ?
➡ Donald Trump.
Dans quelle décennie la consommation de charbon a-t-elle commencé à décliner en Europe ?
➡ Les années 80.
Quelle part du pétrole consommé en Europe provient des importations ?
➡ 97 %.
Il détaille les travaux du Shift Project fondé en 2010 et dirigé aujourd’hui par Maxime Efoui Hébert et rappelle le rôle central de la recherche scientifique dans l’analyse de l’approvisionnement énergétique. Grâce à son experience d’enseignant à Mines Paris et son passé de consultant en énergie carbone Jancovici éclaire les liens entre ressources fossiles déclinantes sécurité d’approvisionnement politique industrielle et justice sociale.
Une analyse claire et pédagogique pour comprendre les enjeux réels de l’énergie, de l’économie matérielle et des futurs possibles de nos sociétés.
#energie #climat #jancovici #transition #petrole
Qui a affirmé que l’empreinte carbone était une arnaque intellectuelle ?
➡ Donald Trump.
Dans quelle décennie la consommation de charbon a-t-elle commencé à décliner en Europe ?
➡ Les années 80.
Quelle part du pétrole consommé en Europe provient des importations ?
➡ 97 %.
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ÉducationTranscription
00:00Et en fait, quand vous regardez ce qui se passe en Europe, en 2005, la production de gaz de la mer du Nord,
00:05où là c'était facile de poser des tuyaux pour alimenter l'Europe, est passée par un pic, un pic géologique, il n'y a plus assez de gaz, voilà.
00:13Depuis, ça décline, et comme par hasard, la consommation de gaz en Europe, qui augmentait très rapidement jusqu'en 2005,
00:18en 2005, instantanément, elle s'arrête d'augmenter. Et à partir de 2010, elle se met à décliner.
00:25Parce que vous ne compensez, quand dans une zone régionalement, vous avez la production de gaz qui décline,
00:28vous ne compensez pas un pour un par des importations pour pouvoir continuer à augmenter la consommation de gaz.
00:35Donc ce qui se passe depuis cette époque, c'est que les importations sont à peu près constantes,
00:39la production continue de décliner, et donc la consommation de gaz décline de manière subie en Europe.
00:43Même si on n'avait pas de programme pour remplacer les chaudières à gaz par autre chose, etc., ça déclinerait quand même.
00:48Donc on a mené, il y a maintenant quelques années, un travail sur les perspectives d'approvisionnement pétrolier de l'Europe sous seules contraintes géologiques.
01:03Donc admettons qu'on devienne tous trumpistes en France, qu'on dise le changement climatique, c'est un canular, ça n'existe pas.
01:09Jean Covici est une arsouille. De reste, c'est ce qu'a dit Trump, je suis très fier.
01:13Il ne l'a pas dit comme ça, mais c'est ce qu'il a dit. Il a dit l'empreinte carbone, ça a été inventé par des gens malveillants,
01:18et c'est une arnaque intellectuelle. Donc c'est quand même classe, avouer que le président américain fasse ma pub.
01:26C'est quand même l'accomplissement de ma vie.
01:28Donc l'idée, nous, c'est qu'on ne se met pas en porte-à-faux avec les constats scientifiques,
01:37et on s'appuie sur l'expertise. Donc pour le travail qu'on a fait sur l'approvisionnement pétrolier,
01:42on a demandé à des pétroliers de nous dire qu'est-ce qu'ils pensaient qu'on pourrait avoir comme hydrocarbures au maximum,
01:49même si on se contrefichait du climat.
01:51Même si on se contrefiche du climat, le pétrole étant épuisable,
01:54il y a entre 50 et 300 millions d'années pour se former, à un moment, il y en a moins.
01:59Et la question, c'est est-ce qu'on peut avoir une idée de ce qui va se passer plus tard
02:01sur la seule base des inventaires disponibles aujourd'hui des ressources restantes ?
02:07Et donc, je vous en parlerai un tout petit peu,
02:09parce que c'est quelque chose qui nous est propre dans le monde environnemental,
02:12qui s'intéresse au climat.
02:13On est les seuls à avoir cette double casquette où on regarde à l'aval,
02:16c'est-à-dire les émissions de gaz à effet de serre,
02:18mais on regarde aussi à l'amont, c'est-à-dire ce qui permet d'émettre des gaz à effet de serre.
02:21Si vous n'avez plus de pétrole à brûler, vous aimez le CO2 qui sort du pot d'échappement de votre voiture,
02:27c'est nécessairement du pétrole qui est rentré dans le réservoir.
02:29Pas de pétrole, pas de CO2.
02:30Donc, on regarde cet aspect-là aussi,
02:34et encore une fois, là, on a une particularité.
02:40Sur ce deuxième aspect, justement,
02:43le constat qu'on fait, et après je vous dirai comment on y est arrivé,
02:46le constat qu'on fait, nous,
02:47c'est que même si on se contrefichait du climat en Europe,
02:52nous sommes de toute façon déjà dans une décrue énergétique subie.
02:54Quand vous regardez l'approvisionnement énergétique en Europe,
02:58il reste constitué à 75% d'énergie fossile,
03:00et quand vous regardez du reste l'énergie qui permet à la France de vivre comme elle vit aujourd'hui,
03:06si vous additionnez ce qu'on produit, entre guillemets, en France,
03:11c'est-à-dire l'électricité, la biomasse et les dérivés de la biomasse,
03:15biogaz, biocarburant, etc.,
03:16si vous additionnez ça, plus les combustibles fossiles importés,
03:19plus l'énergie grise contenue dans les biens et services importés,
03:22ce qui a servi à fabriquer les gourdes que vous avez là,
03:26vos vêtements, vos chaussures, etc.,
03:29vos voitures, les canapés chez vous, etc.,
03:32eh bien en fait, 80% de cette énergie est fossile.
03:36C'est-à-dire en fait, le mode de vie français est alimenté à 80% par des énergies fossiles
03:39si j'ajoute ce qui est contenu dans les biens et services importés,
03:43ce qu'on importe directement sous forme d'énergie,
03:45et ce qu'on produit en France.
03:47Donc on est aussi carboné que les autres, à peu de choses près,
03:49un peu moins à cause de la production électrique des carbonés françaises,
03:52mais pas trois fois moins.
03:57Cette énergie fossile, en Europe, on est déjà sur une baisse subie.
04:03Alors pourquoi je dis ça ?
04:04Parce que vous avez trois énergies fossiles.
04:07Le charbon, c'est un pondéreux solide.
04:10Donc là, on va revenir à la physique de base.
04:11Donc ça pèse lourd par unité d'énergie et c'est solide.
04:14Donc la logistique du charbon est compliquée.
04:16Quand vous regardez historiquement où s'utilise le charbon,
04:19il s'utilise pour l'essentiel sur le carreau de la mine.
04:21Et quand il ne s'utilise pas sur le carreau de la mine,
04:23il ne s'utilise pas loin.
04:24Donc on a construit les centrales électriques à charbon
04:27à côté des mines de charbon.
04:28En général, c'est comme ça qu'on a fait.
04:30Et quand il y avait une distance entre les deux,
04:32c'était une voie de chemin de fer dédiée.
04:34Une des raisons pour lesquelles il y a plus de frais de ferroviaire
04:36aux États-Unis qu'en Europe,
04:37c'est notamment parce qu'ils transportent du charbon par train.
04:40C'est un excellent frais de ferroviaire.
04:42Ou bien vous avez une mine en Bordeaux,
04:47des vraquiers et une centrale électrique en Bordeaux.
04:50Mais si vous n'avez pas un mode lourd de transport,
04:52vous ne transportez pas le charbon,
04:53vous ne le transportez en particulier pas par camion
04:55sur des grandes distances.
04:57Ça n'existe pas, le transport de...
04:59Parce que c'est un pondéreux solide.
05:01En Europe, la production de charbon a commencé à décliner
05:03dans les années 80.
05:04La production.
05:07En 1980, tout le monde se contrefoutait du changement climatique
05:10à part Keeling qui mesurait son CO2 sur un volcan à Hawaï.
05:13Mais sinon, ça n'existait pas dans le débat public.
05:16Donc c'est pour des pures contraintes géologiques.
05:18Et vous vous rappelez que Charbonnage de France
05:19a fermé la dernière mine en France au début des années 2000.
05:22Enfin, pour ceux qui ont des cheveux gris dans cette salle,
05:23vous vous en rappelez.
05:24Ou pas de cheveux du tout, ce qui est une variante.
05:26Ou les deux à la fois.
05:28Eh bien, vous vous rappelez qu'au début des années 2000,
05:31donc on a le job du patron de charbonnage de France.
05:34En France, c'était très sympa.
05:35C'était fermer des mines les unes derrière les autres.
05:37Et de se prendre des grèves de mineurs.
05:38C'est un très sympa comme job.
05:40Donc, il y a de moins en moins de charbon en Europe produit.
05:43Et la consommation de charbon en Europe décline
05:45depuis le début des années 80.
05:46Rien à voir avec le climat.
05:48Il n'a strictement rien à voir avec le climat.
05:50Maintenant, je vais remonter un peu le gaz.
05:52On consomme également du gaz en Europe.
05:54Le gaz est gazeux.
05:55Ça ne vous aura pas échappé.
05:57Et la quantité d'énergie que vous avez dans un mètre cube de gaz
06:00à température et pression ordinaires,
06:01est mille fois plus faible que la quantité d'énergie
06:04que vous avez dans un mètre cube de pétrole
06:05à température et pression ordinaires.
06:06Parce que le gaz est gazeux et le pétrole est liquide.
06:08Donc, considérablement plus dense énergétiquement.
06:11Ce qui veut dire que le gaz,
06:12c'est facile de le transporter sur une grande distance
06:14quand vous êtes capable de poser un tuyau
06:15entre le producteur et le consommateur.
06:18Sinon, ce n'est pas facile du tout.
06:20La liquéfaction du gaz vous emmène
06:21à moins de 170 degrés Celsius.
06:24C'est très énergivore.
06:26La cryogénie, c'est très énergivore.
06:29Donc, le GNL, ça demande des infrastructures très lourdes
06:32et vous avez des déperditions énergétiques en cours de route
06:34qui sont loin d'être marginales.
06:36Donc, ça ne fera jamais 100% du transport du gaz dans le monde.
06:40Et en fait, quand vous regardez ce qui se passe en Europe,
06:42en 2005, la production de gaz de la mer du Nord,
06:45où là, c'était facile de poser des tuyaux pour alimenter l'Europe,
06:48est passée par un pic.
06:49C'est un pic géologique, il n'y a plus assez de gaz.
06:53Depuis, ça décline.
06:54Et comme par hasard, la consommation de gaz en Europe,
06:56qui augmentait très rapidement jusqu'en 2005,
06:59en 2005, instantanément, elle s'arrête d'augmenter.
07:02Et à partir de 2010, elle se met à décliner.
07:05Parce que vous ne compensez,
07:06quand dans une zone régionalement,
07:07vous avez la production de gaz qui décline,
07:09vous ne compensez pas un pour un par des importations
07:11pour pouvoir continuer à augmenter la consommation de gaz.
07:15Donc, ce qui se passe depuis cette époque,
07:16c'est que les importations sont à peu près constantes.
07:18La production continue de décliner
07:20et donc la consommation de gaz décline de manière subie en Europe.
07:23Même si on n'avait pas de programme
07:25pour remplacer les chaudières à gaz par autre chose, etc.
07:27Ça déclinerait quand même.
07:29C'est en train d'être fait de manière subie.
07:33Et enfin, en ce qui concerne le pétrole,
07:35la production mondiale de pétrole conventionnelle,
07:39donc tout ce qui n'est pas le shale oil américain
07:41et les sables bitumineux du Canada,
07:43est passé par un pic en 2008.
07:45Ça, ça a été documenté par l'Agence internationale de l'énergie
07:48dans un rapport qui est sorti en 2018.
07:51De temps en temps, l'Agence internationale de l'énergie
07:53sort un rapport sur le pétrole.
07:55Alors, c'est des jésuites complets, l'AIE.
07:58Donc, pour bien comprendre ce qu'ils veulent dire,
08:01il faut bien surveiller la différence
08:02entre les conditionnels et les autres mots
08:05et bien lire les notes de bas de page.
08:07Si vous ne faites pas ça,
08:09vous ne comprenez pas ce qu'il y a dans un rapport de l'AIE.
08:12C'est vraiment dit pour que les gens qui connaissent bien
08:15y retrouvent leurs petits
08:16et que les autres n'y comprennent rien.
08:17C'est vraiment fait pour ça.
08:18Pourquoi ?
08:19Parce que l'Agence internationale de l'énergie,
08:21comme vous ne le savez peut-être pas,
08:22c'est le cartel des consommateurs.
08:25C'est une agence qui a été créée
08:26pour assurer la sécurité d'approvisionnement
08:28des importateurs
08:29en réponse à la création de l'OPEP.
08:31Donc, c'est des gens qui sont tétanisés
08:34à l'idée qu'on puisse manquer.
08:37Donc, ce n'est sûrement pas eux
08:38qui vont vous dire,
08:39attention, la production de pétrole
08:41est obligée de décliner
08:42pour des raisons géologiques un jour
08:43et donc, on aura du manque.
08:45Ils sont intellectuellement incapables de dire ça.
08:48Donc, de temps en temps,
08:48il y a des petites échappées à droite à gauche.
08:50Il y a des petits bouts qui échappent au contrôle.
08:53Mais globalement, c'est leur discours,
08:55c'est d'être complètement centré
08:56sur la sécurité d'approvisionnement.
08:59Et donc, tout ce que l'Agence internationale
09:01de l'énergie raconte sur le pétrole,
09:02quand vous allez bien regarder,
09:03l'essentiel du temps, c'est
09:05qu'ils s'intéressent à la demande
09:06et ils prolongent la demande.
09:08Donc, en gros, ils disent
09:09on a des envies
09:09et elles seront satisfaites.
09:10Voilà, c'est en gros ça,
09:11le discours de l'AIE.
09:14Il n'empêche que de temps en temps,
09:15ils sortent quand même une alerte.
09:16Et là, il n'y a pas longtemps,
09:18ils ont sorti une alerte
09:19sur le taux de déclin naturel
09:20des gisements déjà en exploitation
09:22qui aujourd'hui déclinent
09:23de 8 à 10 % par an.
09:25Donc, on est sur le tapis, vous savez,
09:26on court contre le tapis roulant là.
09:27Et donc, si on n'investit pas massivement
09:30entre 500 et 1 000 milliards de dollars
09:31tous les ans,
09:32rien que pour maintenir la production,
09:33actuellement, la production ne se maintient pas.
09:37Et l'analyse qu'on a faite au Ship Project,
09:39quand on regarde les 16 premiers
09:41fournisseurs de l'Europe,
09:43qui sont par ailleurs les 16 premiers
09:44producteurs mondiaux de pétrole,
09:46hors Brésil et Canada,
09:48la projection qu'on fait nous,
09:50alors pour ça, on a utilisé
09:51une base de données
09:52de l'ensemble des gisements dans le monde,
09:54qui est une base de données
09:54qui n'est pas publique.
09:56Et du reste, l'ensemble du débat
09:57sur l'approvisionnement en hydrocarbures
09:59se base sur des données
10:00qui sont privées,
10:01à la différence du débat
10:01sur le climat
10:02qui se base sur des données publiques.
10:04Dans le domaine du climat,
10:05c'est que le monde de la recherche
10:06qui publie.
10:07Donc, tout est public,
10:07tout est sur la table.
10:09Donc, M. Trump,
10:09s'il a quelques cachets d'aspirine
10:10sous la main
10:11et qu'il change un peu d'avis,
10:12il se farcit un rapport du GIEC,
10:13c'est public,
10:14tout est sur la table.
10:15Rien n'est caché.
10:17En ce qui concerne
10:17les ressources géologiques,
10:19tout est privé.
10:20Il n'y a pas une information publique.
10:22Les informations publiques
10:23sont non fiables.
10:26Il n'y a que l'opérateur minier
10:28qui sait combien
10:28il reste éventuellement
10:29dans sa mine.
10:30Et il n'a aucune obligation
10:31whatsoever de publier ça.
10:33Aucune.
10:35Il n'y a que l'opérateur
10:36d'un gisement pétrolier
10:37qui sait combien il reste
10:38de pétrole dans son gisement.
10:40Et quand je dis
10:40il n'y a que lui qui le sait,
10:43en fait, même lui
10:43a une approche probabilistique.
10:45Même lui ne sait pas exactement.
10:47Il saura exactement
10:48combien de pétrole
10:48il a fait sortir
10:49le jour où il cimente le puits
10:50en disant j'abandonne.
10:52Il n'y a que ce jour-là
10:52qui sait.
10:53Avant, il ne sait pas.
10:55Donc, c'est sur base
10:57de données privées.
10:58Et nous, ce qu'on a fait,
10:59c'est qu'on a accédé
10:59à une de ces bases de données
11:00qu'on a fait retraité
11:01par l'ancien patron
11:03de l'exploration à Total
11:04et l'ancien patron
11:05de l'évaluation
11:06des gisements à Total.
11:08Ces deux personnes-là
11:09nous ont dit
11:10sur la base des informations
11:11qui sont dans la base de données,
11:13qui sont des bases
11:14de données privées,
11:15encore une fois,
11:15qui ont été constituées
11:16pour que les pétroliers
11:16sachent ce que font
11:17leurs petits copains.
11:18C'est à ça qu'elles servent
11:18ces bases de données.
11:20Et l'abonnement typique,
11:21c'est 100 000 dollars
11:21ou 200 000 dollars par an.
11:23Enfin, l'abonnement de base.
11:25Ils nous ont dit
11:27pour les 16 premiers fournisseurs
11:28de l'Europe,
11:29sous seule contrainte géologique,
11:31leur production est divisée
11:32par deux d'ici à 2050.
11:34Alors, si la production
11:35est divisée par deux
11:36d'ici à 2050,
11:37ça veut dire que leurs exportations
11:39seront divisées par n'importe quoi
11:40entre deux et 50.
11:44Parce que, bien évidemment,
11:46les premiers à se servir
11:47quand la production baisse,
11:48c'est la population domestique.
11:52Quand vous regardez
11:53tous les pays
11:53qui sont déjà passés
11:54par leur pic de production,
11:56prenons l'exemple du Mexique
11:57qui est passé par son pic
11:57en 2005,
11:59eh bien en 2020,
11:59en 2005,
12:00il exportait la moitié
12:01de sa production,
12:01en 2020, plus rien.
12:03Et vous prenez
12:04d'autres pays
12:04qui sont passés
12:05par leur pic,
12:05il y en a beaucoup maintenant,
12:07l'Égypte,
12:08l'Indonésie,
12:09le Venezuela,
12:10etc.
12:11ben en fait,
12:12vous regardez
12:13au moment,
12:1515 ans,
12:1515 ans,
12:1620 ans après le pic,
12:16en général,
12:17ils exportent plus rien.
12:18L'Afrique est passée
12:19par son pic en 2009
12:20et d'ici 10-15 ans,
12:23si les courbes continuent,
12:25la consommation africaine
12:26et la production africaine
12:27sur leur tendance actuelle,
12:28d'ici 10-15 ans,
12:29ils exporteront plus rien.
12:30Donc,
12:31alors ce n'est pas exactement
12:32comme ça que ça va se passer,
12:33mais ça va quand même baisser.
12:34Donc,
12:34ça veut dire que
12:34en ce qui concerne
12:35le pétrole également,
12:37l'Europe importe 97%
12:38de son pétrole,
12:39la France 99%.
12:41Donc,
12:42dit autrement,
12:43on a intérêt
12:44à avoir des idées
12:45parce que du pétrole,
12:46on n'en a pas,
12:46c'est clair.
12:47Et donc,
12:48ça va continuer.
12:49Donc,
12:49ce que je suis en train
12:50de vous dire là,
12:51c'est quelque chose
12:51qui est assez central
12:52dans la façon
12:53dont Chief Project
12:54aborde les problèmes,
12:55c'est que nous pensons
12:56que même si on ne le veut pas,
12:58même si on ne le veut pas,
12:59la décarbonation
13:00est en route chez nous.
13:01Et alors,
13:02pour finir cette introduction,
13:04il y a maintenant deux voies,
13:06enfin,
13:06il y a deux voies.
13:07La première,
13:08c'est de gérer
13:08la décarbonation.
13:10C'est très clair
13:10que c'est gérer
13:11une décrue
13:12de la consommation
13:12matérielle pour partie.
13:13C'est extrêmement clair
13:14que c'est ça.
13:15Mais c'est le gérer.
13:17Ça veut dire
13:17qu'on choisit
13:18ce qu'on hiérarchise,
13:21on planifie,
13:22on choisit
13:22ce qu'on garde,
13:23on choisit
13:24ce qu'on ne garde pas.
13:25Et il faut mettre en place
13:26des processus
13:27dans lesquels,
13:28collectivement,
13:28on est à peu près d'accord
13:29sur ce qu'on garde
13:30et ce qu'on ne garde pas
13:30et la façon
13:31dont on répartit
13:32ce qu'on garde.
13:33C'est très clair.
13:34Il y a un terme,
13:35je n'aime pas trop,
13:36mais quand même,
13:36je vais vous le sortir,
13:37qui s'appelle
13:38la justice sociale.
13:39C'est en fait
13:39le sentiment d'équité,
13:41c'est-à-dire que chacun
13:41se dise,
13:42pardon pour l'expression,
13:43je ne suis pas le baiser
13:44de l'affaire.
13:45Et une bonne manière
13:46d'y arriver,
13:46c'est des processus délibératifs
13:48de type convention citoyenne
13:49parce qu'en fait,
13:49on se rend compte
13:50que quand les gens
13:51sont mis en situation
13:51de responsabilité,
13:52ils deviennent plus collectifs,
13:53ils deviennent plus courageux
13:54que ce qu'ils auraient
13:55accepté individuellement.
13:56Donc, c'est un bon système.
14:00Donc, il y a ce sujet-là.
14:02Et si on ne le gère pas,
14:04il va continuer à se passer
14:05ce qui se passe actuellement,
14:07c'est-à-dire
14:07un sentiment de désarroi
14:09d'une fraction croissante
14:10de la population
14:10qui mènera
14:12à un moment ou à un autre
14:13à ce que le système
14:14politique actuel disjoncte.
14:16Voilà, c'est juste
14:17une question de temps.
14:19Donc, et on en voit
14:20déjà les prémices.
14:21Donc, avec perte de confiance
14:25dans les institutions,
14:26c'est plus grave
14:26que juste un parti donné
14:27qui accède au pouvoir.
14:28C'est quelque chose
14:29qui est plus large.
14:32Et incidemment,
14:34dans tous les partis politiques
14:35actuellement
14:35qui concourent pour les voix,
14:37pour les discussions
14:38qu'on a eues,
14:39il n'y a à peu près personne
14:40qui a une idée claire
14:41de la situation en tête
14:42et personne qui a
14:44un plan clair
14:45pour y faire face.
14:48Il faut savoir
14:48qu'un parti politique,
14:49c'est une éponge à idées.
14:50Ce n'est pas un créateur d'idées.
14:51Ça ne crée rien
14:53comme idée un parti politique.
14:54C'est une machine
14:54pour s'emparer du pouvoir
14:55un parti politique.
14:56Ce n'est absolument pas
14:56un think tank.
14:58Donc, il ne faut surtout
14:59pas compter
15:00sur les partis politiques
15:01pour faire le job
15:03d'une université
15:03ou d'un think tank.
15:04Ce n'est pas leur job.
15:05Ils ne sont pas faits
15:06pour ça.
15:07C'est des éponges à idées.
15:09Ils s'emparent
15:09de ce qui flotte dans l'air
15:10et ils essayent
15:11d'en faire leur miel.
15:12C'est pour ça
15:12que c'est important
15:13d'être dans l'air,
15:14c'est-à-dire
15:14dans la société civile.
15:15Non, mais c'est pour ça
15:16que c'est important.
15:16Voilà un peu
15:19ce qu'on essaye
15:20de faire
15:20au Chiffre Project.
15:23Donc, je résume.
15:24On a d'un côté
15:25à l'aval
15:26un réchauffement climatique
15:27sur lequel
15:28chacun doit prendre sa part
15:29parce que si on attend
15:30que les autres font,
15:32on attend
15:33quelque chose
15:34qui n'arrivera pas.
15:35Et à l'amont,
15:37de toute façon,
15:37une contrainte
15:38qui est déjà à l'œuvre
15:38et qui nous force
15:40à agir
15:40de façon égoïste
15:41quand bien même
15:42Trump et Xi Jinping
15:43diraient
15:44le changement climatique
15:44on s'en fout
15:45ce qui pour l'un des deux
15:45est parfaitement le cas.
15:46Ça ne change
15:47strictement rien
15:48à la contrainte à moi
15:49en ce qui nous concerne.
15:50Rien.
15:51Absolument rien.
15:52Donc, on a de toute façon
15:53nous un intérêt égoïste
15:54à agir
15:54quoi que fassent les autres.
15:56Voilà, c'est ça
15:56qu'il faut qu'on se dise
15:57et c'est sur cette base-là
15:59que nous travaillons
16:01au Chiffre Project.
16:03Tout ce qu'on fait
16:03est public
16:03puisqu'on est une association
16:04d'intérêt général.
16:06Donc, vous avez
16:08sur le site du Chiffre Project
16:09la totalité
16:10de la production
16:11que nous fournissons.
16:17qui est l'un des deux
16:18du Chiffre Project
16:19sur le Chiffre Project
16:19du Chiffre Project
16:20Abonnez-vous !
16:50Abonnez-vous !
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