00:00On peut aussi s'arrêter de vivre, de respirer, d'avoir des voitures.
00:04On peut retourner à la carriole à chevaux.
00:06Si on écoute d'ailleurs les écologistes, c'est à ça qu'on va revenir.
00:08Mieux vaut en rire qu'en pleurer parce que la réalité, c'est que leur vision est une vision de
00:12régression absolument totale de la civilisation.
00:15Alors que, évidemment, les solutions sont dans la science, le progrès.
00:18C'est-à-dire qu'on va trouver demain les solutions pour pouvoir améliorer l'efficacité énergétique.
00:32Quand je vous écoute et que vous nous dites, bon, ok, c'est jouable.
00:34Mais enfin, c'est jouable au prix de la suppression, de beaucoup de choses qui occupent notre quotidien.
00:40Ça ressemble moins à vivre mieux qu'à du sang et des larmes quand même, en tout cas à court
00:45terme.
00:45Alors ça ressemble à vivre différemment.
00:47Et c'est évident qu'à court terme, il va y avoir des efforts significatifs.
00:50Et même plus tard.
00:51En fait, il va y avoir des efforts significatifs à faire.
00:53Et la seule question, je le répète, c'est est-ce qu'on les subit totalement ou largement ?
00:58Et là, pour le moment, c'est plutôt la direction qu'on prend parce qu'on n'anticipe pas.
01:01Ou bien on s'organise de telle sorte qu'on puisse s'en passer plus facilement.
01:04Et à ce moment, il ne faut pas se faire d'illusions sur la façon dont on s'organise.
01:08Vous dites qu'on n'anticipe pas.
01:09Mais enfin, je reprends le discours d'Elisabeth Bornière.
01:13Ça donne le sentiment, en tout cas, qu'elle anticipe.
01:14Non, quand je dis qu'on n'anticipe pas, c'est qu'on n'a pas anticipé.
01:17Il y a une partie des choses aujourd'hui...
01:18On anticipe trop tard.
01:19Il y a une partie des...
01:19Anticiper trop tard, ce n'est pas anticipé.
01:21Oui, c'est ça.
01:21En général, il y a une partie des choses qu'on commence à faire aujourd'hui.
01:25Ça fait 20 ans qu'on aurait dû commencer à s'y mettre.
01:27Donc, en fait, on a fait un refus d'obstacle.
01:30Avec la question de la dépendance, la dernière fois que je vous ai reçue,
01:33j'avais été très frappée par le fait que vous retrouviez dans des archives
01:37le fait qu'il y a déjà 10 ans, vous alertiez sur notre manière
01:40de nous mettre dans les mains des Russes.
01:42On était bien loin de la guerre en Ukraine.
01:44Mais déjà, vous disiez, attention, nous sommes extrêmement dépendants.
01:46Le sommes-nous toujours.
01:47Quand on entend le gouvernement qui dit, ça y est, c'est bon,
01:51nos cuves de gaz sont pleines, nos réserves de gaz sont pleines,
01:55est-ce qu'on peut se dire, c'est bon, on est sauvés ?
01:57C'est probablement un peu plus compliqué que ça.
01:59Avant la guerre en Ukraine, les Russes fournissaient environ 40% du gaz européen.
02:04La question, c'est si on se passe du gaz russe, où est-ce qu'on trouve le gaz ailleurs
02:07?
02:08Trouver le gaz ailleurs, ça veut dire qu'on le fait venir par bateau
02:11de forme liquéfiée plutôt que par tuyau.
02:13Ce qu'on appelle le fameux GNL.
02:14Le fameux GNL, plutôt que par tuyau.
02:16Or, de passer de l'un à l'autre, c'est très long,
02:18parce que les volumes ne sont pas du tout les mêmes.
02:20Et par ailleurs, il faut trouver des États qui veulent bien exporter,
02:23des États producteurs qui veulent bien exporter du gaz en quantité suffisante,
02:28indépendamment du prix en quantité.
02:29Il se trouve qu'au chiffre Project, nous allons présenter dans pas longtemps
02:33un travail très détaillé que nous avons fait sur la base de la connaissance
02:38de l'ensemble des gisements gaziers dans le monde
02:39et qui montrent que la production de gaz dans le monde devrait passer par un pic en 2030
02:43pour des raisons géologiques.
02:44Pas pour des raisons climatiques, pour des raisons géologiques.
02:48Donc de toute façon, se retourner vers d'autres pays, ça va durer un temps.
02:51Ça ne sera qu'un pis allé.
02:54Ça ne pourra pas être éternel, indépendamment du fait que, de toute façon,
02:58si on veut être neutre en 2050, il n'y aura plus de gaz du tout à cet échec,
03:02plus de gaz fossile du tout à cet horizon de temps.
03:04C'est-à-dire que soit il n'y en aura plus parce qu'il n'y en aura plus,
03:06soit il n'y en aura plus parce qu'on s'interdira de l'utiliser.
03:09Alors le plus probable, c'est qu'il y en aura toujours un peu,
03:12mais moins qu'aujourd'hui, ça c'est clair.
03:13Avec cette question évidemment qui est notamment dans notre quotidien,
03:16la question de la voiture et de la mobilité qui reste un des grands enjeux.
03:21Je voudrais que vous écoutiez ce que Marine Le Pen disait hier.
03:23Je vais l'interroger sur la question du 110 km heure auquel elle est opposée.
03:26Voilà sa réponse.
03:29On peut aussi s'arrêter de vivre, de respirer, d'avoir des voitures.
03:33On peut retourner à la carrière à la chevaux.
03:35Si on écoute d'ailleurs les écologistes, c'est à ça qu'on va revenir.
03:37Mieux vaut en rire qu'en pleurer parce que la réalité,
03:39c'est que leur vision est une vision de régression absolument totale de la civilisation.
03:44Alors que, évidemment, les solutions sont dans la science, le progrès.
03:48C'est-à-dire qu'on va trouver demain les solutions
03:50pour pouvoir améliorer l'efficacité énergétique.
03:55Comment on trouve le juste équilibre ?
03:56Comment on trouve le juste équilibre entre cette moquerie, cette ironie
03:59sur le fait qu'en gros, si on écoute les écolos, on arrête tout
04:03et puis, en même temps, l'importance d'innover, de croire au progrès ?
04:06Je vais commencer par une remarque sur la confusion des rôles
04:09qui est très fréquente dans le discours des politiques
04:12entre l'écologie en tant que discipline,
04:15c'est-à-dire qu'il y a des gens qui font des constats sur l'état de l'environnement,
04:19et l'écologie en tant que mouvement politique.
04:22Vous, vous êtes dans la première catégorie ?
04:23Beaucoup de gens sont dans la première catégorie.
04:25C'est-à-dire qu'en fait, les deux ne sont pas les mêmes.
04:26Donc, il faut bien voir de quoi on parle.
04:28Quand on dit les écolos, en général, on parle plutôt soit des politiques, soit des militants.
04:32Oui, mais on parle souvent des militants qui invoquent les scientifiques.
04:35Et quand les militants invoquent les scientifiques,
04:37des fois, ils les invoquent bien, des fois, ils les invoquent mal.
04:38D'accord ? Donc, il faut essayer de revenir en fait.
04:41Alors, Mme Le Pen n'échappera pas plus que les autres
04:44au fait que les combustibles fossiles sont épuisables.
04:47Donc, même si on ne veut pas, je le redis,
04:51de toute façon, il va falloir faire avec moins de combustibles fossiles.
04:53En ce qui concerne le 110 sur autoroute,
04:56il y a plein de pays étrangers qui sont déjà à des limitations de vitesse de cet ordre.
04:59Je n'ai pas l'impression que les gens s'y suicident.
05:01Je n'ai pas l'impression qu'ils soient extrêmement malheureux.
05:03Donc, je ne pense pas que ce soit majeur.
05:06Vous comprenez que le gouvernement, Elisabeth Borne,
05:08était invité à répondre à cette question lundi soir sur BFM TV.
05:12Elle refuse de passer du 130 au 110 km heure.
05:16Sans doute aussi par crainte d'une forme de colère
05:20comme il y avait eu quand on est passé du 90 au 80 km heure.
05:23Et vous vous dites, cette colère n'aurait pas lieu pourtant.
05:25Alors, je pense que ça, tout dépend de la pédagogie du problème.
05:28Je pense que les gens ne sont pas complètement idiots.
05:30Et si on leur dit, de toute façon, il va falloir faire avec moins de pétrole,
05:32est-ce que vous préférez qu'il y en ait un peu pour tout le monde et on roule à
05:35110 ?
05:35Ou que ceux qui peuvent, qui ont les moyens, on roule à 130 ?
05:38Et les autres, ils ne roulent pas du tout ?
05:39Qu'est-ce que vous préférez ?
05:40Ça devient un problème social d'inégalité des ressources, d'inégalité des richesses ?
05:46Évidemment que ça devient un problème social.
05:47C'est-à-dire qu'à partir du moment où ceux qui peuvent consomment 20% de carburant de plus
05:50quand ils roulent, ça en laisse moins pour les autres
05:52si la quantité donnée, si la quantité totale est finie.
05:54Donc, l'intérêt, ce serait de passer, si je vous écoute bien,
05:56aux 110 km heure pour tous ?
05:58Oui, absolument.
05:58Et en plus, ce serait moins cher, évidemment, quand on fait le plein.
06:01Alors, on ferait des pleins, disons, de manière plus épisodique.
06:04Il y a quelque chose qui est avéré, c'est que plus vous freinez la voiture,
06:07plus vous favorisez le report sur les modes alternatifs.
06:10C'est-à-dire que ça devient d'autant plus intéressant,
06:11où les gens sont d'autant plus motivés à prendre le train
06:14que vous leur dites, sur autoroute, ça sera 110 au lieu de 100.
06:16Mais le train est très cher.
06:17C'est-à-dire que pour le coup, si ça devient une question d'économie,
06:20le train en France est cher.
06:21Alors, ça dépend comment vous comptez.
06:23C'est toujours pareil.
06:24Si vous comptez juste le coût marginal de la voiture,
06:26c'est-à-dire juste le plein d'essence et le péage,
06:27quand vous prenez l'autoroute, oui, le train est plus cher.
06:29Si vous comptez l'amortissement de la voiture,
06:31c'est-à-dire le fait que vous devez l'acheter,
06:32que vous devez l'assurer, etc.,
06:34et que vous faites une comparaison entre voiture et pas voiture,
06:37à ce moment, ce n'est pas si évident que ça.
06:38Vous avez peut-être vu que la région Occitanie
06:40va mettre en place tous les déplacements à 1 euro
06:43le premier week-end par mois.
06:44Une voiture, c'est quand même quelques milliers d'euros par an.
06:46Oui, vous vous rappelez, j'ai bien compris,
06:48que vous prenez toute la chaîne,
06:50c'est-à-dire non seulement l'achat du véhicule,
06:52le plein, l'assurance, les réparations,
06:55le fait d'aller régulièrement chez le garagiste,
06:56le contrôle technique.
06:57Et il y a beaucoup de gens qui achètent des voitures
07:00qui sont dimensionnées pour le départ en vacances
07:02et qui, toute l'année, servent
07:04entre la moitié de leur capacité
07:06et on est tout seul dedans.
07:07Mais est-ce que vous invitez les responsables
07:09qui disent qu'il faut privilégier le train
07:12à baisser le prix ?
07:13Je le rappelle, depuis hier,
07:15en Occitanie,
07:16le premier week-end par mois,
07:19tous les déplacements,
07:20c'est-à-dire vraiment les transports en commun,
07:22le train, tout est à 1 euro.
07:24C'est une question.
07:25Il y a deux manières
07:26si on veut avantager économiquement
07:27le train par rapport à la voiture.
07:29La première manière,
07:30c'est de monter le prix de la voiture.
07:31La deuxième manière,
07:32c'est de baisser le prix du train.
07:33Et comme il n'y a pas de repas gratuit,
07:34si on baisse le prix du train,
07:36il faudra bien que l'argent vienne de quelque part.
07:38Donc, est-ce que ça doit venir de nos impôts ?
07:40Mais ça, c'est un débat qu'il faut avoir.
07:41C'est-à-dire qu'à un moment,
07:42il faut faire les comptes,
07:42il faut voir ce que ça coûte
07:43et il faut regarder la solution qu'on préfère.
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