Passer au playerPasser au contenu principal
Dans cet extrait de l’entretien accordé à Thinkerview, Juan Branco analyse la stratégie d’Emmanuel Macron face à la guerre en Ukraine et aux recompositions géopolitiques en Europe.
La France poursuit-elle une ligne claire ou s’isole-t-elle stratégiquement ?
Quels sont réellement nos intérêts géostratégiques dans le conflit Russie–Ukraine ?
Le réarmement allemand change-t-il l’équilibre continental ?
L’Europe puissance est-elle une illusion ?
Une discussion sur la course à l’armement, la fragilité des dirigeants européens et la place de la France entre Washington, Moscou et Berlin.

#Branco #Macron #Ukraine #Geopolitique #Thinkerview

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00On a trois dirigeants politiques qui, dans les trois plus grandes nations européennes, sont extraordinairement fragiles.
00:07Emmanuel Macron, Merz, Starmer.
00:09Ce sont des personnes qui, aujourd'hui, n'ont pas l'approbation de leur population,
00:14qui sont soit fruits de coalitions contre la nature,
00:18soit, comme c'est aujourd'hui le cas en France, gouvernés par des gens qui n'ont pas de majorité
00:22au Parlement
00:23et qui imposent de facto un pouvoir à leur peuple qui est rejeté
00:28et qui cherchent, à travers l'exutoire de la confrontation géopolitique,
00:32une justification à leur maintien au pouvoir et à leur domination.
00:38Et ces gens-là sont capables de nous amener à des grandes catastrophes.
00:42Ils sont capables de nous amener à ouvrir des fronts dans le seul but de se perpétuer au sein du
00:47pouvoir.
00:54La France est perdue et bloquée dans un projet continental français
01:02qui consistait à s'insérer et à renforcer sa force.
01:05C'était l'intention d'Emmanuel Macron, énoncée dans le discours de la Sorbonne dès 2017,
01:10dans mon souvenir, octobre 2017 ou 2018, à vérifier,
01:13et qui consistait en fait à faire l'Europe puissance,
01:16il appelait ça comme ça,
01:17et à donner à la France une place cardinale au sein de cette institution,
01:20de ces institutions,
01:23sans pour autant même essayer d'y défendre le français.
01:26Rappelons que le Royaume-Uni,
01:27enfin pardon, que l'anglais est la langue dominante dans l'Union Européenne,
01:32alors que le Royaume-Uni en est sorti,
01:33et qu'à part l'Irlande, on n'a plus un pays qui parle anglais
01:36dans cette institution en 1927.
01:41Donc on est dans une perspective de courte vue
01:46qui nous met toujours plus en tension avec les grands blocs,
01:50parce qu'en réalité on cherche à exister par nous-mêmes,
01:53mais sans avoir une idée de pourquoi ou dans quelle direction.
01:55Donc on est vu comme des provocateurs arrogants,
01:58un peu énervants et gênants,
02:00ce qui explique la dernière sortie de Vladimir Poutine
02:02par rapport à la coalition des volontaires,
02:03où il annonce qu'en gros la disposition...
02:07C'est là où on voit,
02:08c'est-à-dire que ce qu'il acceptait il y a encore quelques mois,
02:10maintenant c'est fini.
02:11Donc il vient d'annoncer que la présence de soldats
02:18provenant de cette coalition sur le sol ukrainien
02:21serait considérée comme un acte de guerre
02:24et ils seraient des cibles légitimes.
02:30Donc bye bye,
02:31parce qu'évidemment on ne va pas se mettre dans cette position-là.
02:34Donc toute l'agitation proposée par Emmanuel Macron
02:36depuis quelques mois sur ce qui lui apparaissait
02:38comme la nouvelle solution pour avoir de la France
02:41une position dominante sur cette question,
02:45sur cette zone territoriale,
02:48eh bien c'est fondant.
02:49L'une des premières critiques que j'énonce
02:51à l'égard d'Emmanuel Macron sur la position d'Ukraine,
02:52quels sont nos intérêts géostratégiques sur le terrain
02:56et qui nous amènent à prendre cette position-là ?
02:58Qu'est-ce qui fait qu'on cherche à s'impliquer de cette façon
03:00dans le conflit en cours entre la Russie et l'Ukraine ?
03:03Il n'y avait pas d'explication géostratégique ou géopolitique.
03:07La France aujourd'hui est face à une situation critique
03:09pour une raison très simple.
03:11On parle beaucoup du danger russe.
03:13Les Danois encore, il y a six mois,
03:15disaient que la seule menace qui existe pour nous,
03:17c'est la Russie.
03:18Là aujourd'hui, ils ont l'air malins avec les États-Unis
03:21qui veulent saisir le Groenland.
03:23Nous, on s'est centrés sur l'obsession russe
03:25où on se retrouve à arrêter.
03:27Il y a une femme qui s'est faite arrêter il y a quelques semaines
03:30parce qu'elle avait mis des posters autour de l'Arc du Triomphe à Paris.
03:34Elle a peut-être financé des gens dans le Donbass
03:37et ça terminait dans l'escarcelle des gens qui étaient militarisés.
03:41Qu'est-ce qu'elle faisait et pourquoi est-ce qu'elle a été arrêtée ?
03:43Elle mettait des posters à droite à gauche
03:45qui rappelait quoi ?
03:47Qui rappelait que l'Allemagne avait été vaincue grâce à la Russie.
03:52Et qu'en réalité, si nous n'étions aujourd'hui plus sous occupation allemande,
03:56c'était grâce à l'engagement des troupes russes.
03:58Ce qui était quelque chose de très su jusqu'aux années 60-70 en France
04:02et qu'on a complètement oublié
04:04parce que ceux qui ont pris la maîtrise du narratif
04:07avec tous les films, Hollywood et autres, c'est les États-Unis.
04:12Donc on regarde le monde à travers Spielberg.
04:15Et donc on a l'impression que c'est le débarquement
04:17qui a changé le destin de la Seconde Guerre mondiale.
04:19Donc c'est quelque chose de pas fondamentalement nocif.
04:21C'est un pur rappel historique.
04:23Elle se retrouve arrêtée et poursuivie
04:24pour des histoires d'ingérence au sein de l'État.
04:27Et la DGC est très fière d'avoir fait tomber
04:30cette extraordinaire menace pour l'État
04:33tandis qu'elle laisse passer tout le reste sans aucune difficulté.
04:36La France, aujourd'hui, elle a quoi comme adversité ?
04:39Elle a quoi comme danger structurel ?
04:41Elle a le fait que l'Allemagne,
04:43l'Allemagne, en 2026,
04:45va avoir un budget militaire deux fois plus important que le français.
04:49Grâce à quoi ?
04:51Grâce à notre fixation obsessionnelle
04:53sur le conflit russo-ukrainien,
04:55on est en train de réactiver.
04:57C'est pas que le peuple allemand
04:59soit ontologiquement menaçant pour la France.
05:01Enfin, on pense même structurellement sur l'histoire longue.
05:05Les francs étaient germains.
05:06Donc, je veux dire, notre nation est née de cette hybridation
05:09entre nos territoires et nos cultures.
05:11C'est tout simplement que la physique des puissances
05:16fait que quand vous avez une course à l'armement
05:19entre deux grandes puissances économiques
05:21qui sont par ailleurs en difficulté,
05:22qui font face à une crise politique,
05:24à une crise économique et industrielle,
05:26et qui donc font face à un mécontentement grandissant de leur peuple,
05:29qui aujourd'hui se fixent sur la question de l'immigration,
05:32qui est un purgatoire naturel,
05:34vous voyez, de la violence interne.
05:39On va sur le bouc émissaire, la figure de l'étranger,
05:42mais qui, à un moment donné,
05:44peut très rapidement basculer sur la figure du voisin,
05:48et en l'occurrence de l'allemand.
05:51À un moment donné, on est sur un aveuglement
05:54qui est particulièrement dangereux
05:56et qui nous met en difficulté,
05:57parce qu'il ne va pas y avoir de communauté de destin
05:59entre nos peuples quand on sera armé jusqu'aux dents,
06:03et qu'on pensera que notre existence est en jeu
06:08face aux reconfigurations géopolitiques qui sont en cours.
06:12On a trois dirigeants politiques
06:14qui, dans les trois plus grandes nations européennes,
06:17sont extraordinairement fragiles.
06:18Emmanuel Macron, Merz, Starmer.
06:21Ce sont des personnes qui, aujourd'hui,
06:24n'ont pas l'approbation de leur population,
06:25qui sont soit fruits de coalitions contre la nature,
06:30soit, comme c'est aujourd'hui le cas en France,
06:31gouvernées par des gens qui n'ont pas de majorité au Parlement,
06:35et qui imposent, de facto, un pouvoir
06:38à leur peuple qui est rejeté,
06:40et qui cherchent, à travers l'exutoire
06:43de la confrontation géopolitique,
06:44une justification à leur maintien au pouvoir
06:47et à leur domination.
06:49Et ces gens-là sont capables
06:51de nous amener à des grandes catastrophes.
06:54Ils sont capables de nous amener à ouvrir des fronts
06:56dans le seul but de se perpétuer au sein du pouvoir.
06:59Et aujourd'hui, or, géostratégiquement,
07:01la France, par rapport, continentalement d'abord,
07:05c'est le contrepoids à une Allemagne
07:07qui est perçue comme une menace potentielle
07:09par la Russie.
07:11Là encore, pour des facteurs structurels.
07:15Structurellement, par la proximité.
07:17Oui, mais la Pologne
07:19n'a pas l'assise et la puissance aujourd'hui.
07:21Encore, disons le PIB.
07:24Oui, non, le PIB, attention, c'est un flux.
07:27C'est la production à un instant T.
07:29Il y a quand même toute l'accumulation de richesses
07:31qui fait que, quand bien même le PIB,
07:32à un moment donné, croise de façon si massive,
07:36il y a encore tout un effet de rattrapage
07:37à mettre en œuvre sur la structure économique
07:39qui reste en place,
07:41les investissements accumulés sur des décennies.
07:44Mais, à un moment donné,
07:46on va être obligé de réfléchir non plus
07:48d'un point de vue moral,
07:49mais d'un point de vue des dynamiques
07:52de poids géopolitiques.
07:54On est obligé de rétablir un axe franco-russe
07:58si on souhaite stabiliser l'Europe.
08:02c'est un petit peu trop
08:38Abonnez-vous !
Commentaires

Recommandations