00:00 Nous sommes dans la lutte de nos vies et nous perdons.
00:03 Les émissions liées aux combustibles fossiles continuent à augmenter.
00:09 Ils sont donc, et de très loin,
00:13 les premiers contributeurs au réchauffement.
00:15 L'organisation basée à Paris dit que les émissions mondiales
00:22 sont prêtes à atteindre leur pique en 2025.
00:29 L'émission de combustible fossile
00:32 va piquer cette année.
00:34 Un pic désigne en fait un niveau
00:36 au-delà duquel nous devrions observer une tendance baissière.
00:45 Il y a des éléments de rupture sur trois aspects en fait.
00:52 Le volet demande, la précocité et la simultanéité
00:56 pour les trois sources d'énergie considérées.
00:59 Le volet demande est un des éléments
01:01 qui va piquer cette année.
01:03 Dans la tradition du monde de l'énergie,
01:07 sur cette histoire récente plutôt dominée par le pétrole,
01:10 après la Seconde Guerre mondiale,
01:12 on fait plutôt référence à des chocs d'offres
01:14 qui portent sur la production.
01:15 Là, on évoque un pic de demande,
01:17 donc un pic sur la consommation d'énergie.
01:20 Ça marque vraiment quelque part une certaine rupture.
01:23 Le volet demande est un des éléments
01:25 qui va piquer cette année.
01:27 Ça fait plusieurs décennies,
01:31 on est à plus de 80% de ce point de vue-là.
01:34 Les fossiles représentent près de 66%
01:39 de notre consommation à l'échelle mondiale
01:42 de produits énergétiques,
01:43 alors que l'électricité ne représente que 20%.
01:47 Le secteur énergétique, c'est 40% des émissions.
01:50 Ensuite, les transports, c'est 24% de ces émissions,
01:53 de dioxyde de carbone,
01:54 et 19%, on va dire, pour l'industrie.
01:56 Les émissions de dioxyde de carbone
02:02 auraient plutôt tendance à augmenter
02:04 à un rythme qui ralentit.
02:05 Les énergies, c'est 40% de ces émissions.
02:11 Ensuite, les transports, c'est 24% de ces émissions,
02:14 de dioxyde de carbone,
02:15 et 19%, on va dire, pour l'industrie.
02:17 On disposerait d'un budget carbone à l'échelle du monde,
02:27 un peu plus de 400 milliards de tonnes
02:29 de dioxyde de carbone,
02:30 et au rythme où l'on émet le dioxyde de carbone
02:33 dans le monde aujourd'hui,
02:34 il nous faudrait à peine une décennie pour l'épuiser.
02:36 Si l'on veut rester à 1,5°C
02:39 en termes d'anomalies de température,
02:41 donc là, il y a effectivement urgence
02:43 et ralentie, il faut nécessairement une baisse.
02:45 Ces pays proposent des dispositifs réglementaires
02:54 en matière de fiscalité, des outils de marché aussi,
02:57 qui devraient contribuer dans une certaine mesure
02:59 à un alignement des objectifs
03:01 qui irait dans le sens du respect
03:03 de l'accord de Paris sur le climat.
03:05 Il y a à peu près une vingtaine de pays
03:13 qui connaissent une baisse
03:15 de leurs émissions de dioxyde de carbone,
03:17 sachant que ces pays représentent à eux seuls
03:20 près d'un cinquième des émissions mondiales
03:22 de dioxyde de carbone.
03:23 Malheureusement, ces performances-là
03:34 sont largement compensées
03:35 par une augmentation, un rythme soutenu,
03:37 on va dire, de ces émissions.
03:39 Dans un certain nombre de pays,
03:40 à croissance rapide dans le monde,
03:42 il y a un déplacement, on va dire,
03:43 des centres de gravité.
03:45 Ce n'est pas tant le changement qui nous préoccupe,
03:52 mais c'est ce changement accéléré.
03:53 Ce n'est pas nécessairement évident
03:55 que l'on dispose des institutions aujourd'hui
03:56 qui nous permettent finalement une accélération.
03:59 Or, cette accélération est fondamentale
04:01 pour répondre à l'urgence climatique.
04:03 Nous sommes sur la route vers la fin du climat,
04:11 avec notre pied toujours sur l'accélérateur.
04:13 Également, le travail fait dans le stockage de l'électricité,
04:24 une baisse assez conséquente du coût des technologies
04:27 qui permettent de déployer à grande échelle
04:29 ces solutions pour la promotion du solaire
04:32 et de l'éolien.
04:33 [Musique]
04:43 Ce déploiement ne se fait pas à un rythme suffisamment rapide
04:45 pour répondre à l'urgence du réchauffement climatique.
04:48 Le solaire et l'éolien, c'est à peu près une dizaine de pourcents
04:51 du mélange électrique mondial aujourd'hui,
04:53 donc c'est bien insuffisant.
04:54 [Musique]
05:00 L'Union européenne est dépendante à près de 90%
05:03 pour ces matières-là.
05:04 [Musique]
05:14 Il y a de nouvelles géopolitiques qui commencent à se déployer.
05:17 L'Agence internationale de l'énergie, en 2021,
05:20 avait publié un rapport sur les matériaux critiques nécessaires
05:24 à l'électrification des transports, notamment.
05:27 Et dans ce rapport, il était évoqué des facteurs de croissance
05:31 particulièrement inquiétants.
05:33 Pour certains métaux, on multiplierait par 40 la demande du lithium
05:38 à l'échelle du monde, par un facteur 20 le cobalt et le nickel,
05:43 et par un facteur 3 la demande de cuivre, par exemple.
05:46 Donc il y a de gros enjeux en matière de sécurisation,
05:49 des approvisionnements en métaux ou minerais
05:52 qui permettraient finalement le déploiement de ces solutions technologiques.
05:56 [Musique]
06:17 On a une véritable problématique de ce que l'on appelle les actifs échoués,
06:21 c'est-à-dire cette nécessité pour ces pays-là de laisser en terre
06:25 les ressources fossiles dont ils disposent,
06:28 et comment valoriser, on va dire, cet effort qui pourrait être consenti par ces derniers.
06:32 [Musique]
06:38 Il y a des secteurs d'activité qui sont fortement dépendants de ces fossiles-là,
06:42 dont il va falloir penser aussi finalement la reconversion
06:45 en termes de formation, en termes de métier.
06:47 Ce sont de grandes questions que l'on se pose aujourd'hui,
06:49 d'autant plus que l'on n'a pas nécessairement le point d'arrivée, si vous voulez.
06:53 On a une diversité, il va falloir investir dans un mélange, dans une diversité.
06:57 Et ça, qu'est-ce que ça veut dire en termes de formation, de métier ?
07:00 Certainement qu'il y a des activités que l'on va qualifier d'activités de transition
07:04 ou des secteurs de transition,
07:05 c'est-à-dire des secteurs qui seront amenés à exister pour quelques années.
07:09 [Musique]
07:20 On dispose d'infrastructures routières aujourd'hui, c'est évident,
07:23 donc on adapte l'existant, mais dans une certaine mesure,
07:26 on rend durable, en fait, durable dans le temps, je dis,
07:29 l'usage de la voiture, même si cette dernière demeure électrique.
07:31 Or là, les questions que l'on se pose sont vraiment des questions de mobilité.
07:34 Et donc la mobilité, c'est la voiture avec le train, le bus, le métro, le vélo,
07:39 plusieurs supports de transport,
07:41 avec certainement une lecture en termes d'aménagement du territoire,
07:44 de reconfiguration des zones urbaines.
07:46 [Musique]
07:57 L'urgence du moment, peut-être que c'est une urgence qui nous verrouillerait
08:00 sur des solutions technologiques que l'on pourrait déployer assez vite,
08:03 mais qui risquerait de nous enfermer sur des trajectoires
08:05 qui ne seraient peut-être pas souhaitables dans une perspective de long terme.
08:08 [Musique]
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