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  • il y a 3 mois
Ce jeudi 23 octobre, Gilles Moëc, chef économiste du groupe AXA, a abordé les priorités économiques de la Chine et l'économie américaine dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Gilles Mouek nous rejoint, chef économiste du groupe AXA. Bonjour Gilles, on est ravis de vous retrouver.
00:08On va parler des Etats-Unis dans un instant, juste un mot quand même sur la Chine,
00:11parce qu'on espérait le communiqué à l'issue du plénum du Parti communiste.
00:15On pensait qu'il arriverait demain, on nous avait dit demain 10h, et finalement il est arrivé aujourd'hui.
00:20Voilà, ce communiqué après le plénum du Parti communiste,
00:22qui fixe quand même le cap des cinq prochaines années en matière économique.
00:25Alors on peut citer un ou deux extraits de ce communiqué.
00:27La priorité est d'obtenir des résultats significatifs en matière de développement de haute qualité
00:33et d'améliorer considérablement l'indépendance scientifique et technologique.
00:38Bon, il est un peu plus long que ça, le communiqué, mais voilà, une petite synthèse.
00:41Qu'est-ce que vous retenez, vous Gilles, de ce qu'annonce la Chine et de sa volonté des cinq prochaines années ?
00:45Non, je pense que le message était intéressant.
00:48Il y a d'autres messages que celui-là.
00:49Il y a le rappel, par exemple, que la Chine continue à s'impliquer dans la transition écologique.
00:55Je pense que ça, c'est une pierre dans le jardin américain que le leadership chinois s'est permise de poser.
01:01Mais c'est vrai que le point principal, celui qui va faire réagir tout le monde,
01:06c'est la réaffirmation de la nécessité d'une autonomie technologique.
01:10Je crois que c'est la traduction officielle qui est sortie aujourd'hui.
01:13Et ça, ça nous dit que finalement, toute cette stratégie dite de qualité productive,
01:20où les efforts gouvernementaux, les efforts des régions, les efforts du secteur bancaire
01:25se dirigent de manière prioritaire vers quelques secteurs tirés par les exportations
01:30et des secteurs à forte valeur achetée technologique, ça reste en fait le modèle.
01:34Je ne crois pas me tromper en disant qu'il n'y a pas une seule fois le mot « consommation »
01:40dans le communiqué du plénum.
01:43Donc on reste sur cette stratégie tirée par les exports, tirée par l'investissement,
01:50et on continue à ne pas vouloir aller dans ce que 90% des économistes du monde entier
01:55voudraient que la Chine fasse, à savoir passer, comme toutes les autres grandes économies,
02:02à un certain stade de leur développement, un modèle tiré par la consommation.
02:06Et ça, c'est intéressant dans la perspective d'une rencontre entre Xi Jinping et Donald Trump,
02:13parce que là, on est toujours sur une trajectoire de collision.
02:16Si vous prenez cette notion d'indépendance, d'autonomie technologique,
02:21et ce renforcement de cette recherche de dominance technologique,
02:26on est parti pour, à un moment peut-être assez sportif, assez houle entre les deux leaders.
02:31Pour l'instant, leur rencontre est maintenue, peut-être fin de semaine prochaine, en Corée du Sud.
02:36D'ailleurs, Scott Bessent, le secrétaire au Trésor américain,
02:39doit rencontrer là, en fin de semaine, le vice-premier ministre chinois
02:41pour préparer cette rencontre entre les leaders américains et chinois.
02:45Un mot, justement, des États-Unis, quand même, parce qu'on est toujours en shutdown.
02:4823e jour de shutdown aujourd'hui, ça devient le deuxième plus long shutdown de l'histoire.
02:52Ça y est, on y est.
02:52On va jouer, enfin, si ça vous dit, bien sûr, Gilles, un petit jeu,
02:57le jeu du coût-bénéfice-risque.
03:01On va y aller déjà sur le shutdown.
03:02Un compteur a même été installé devant la Maison-Blanche
03:04pour afficher le nombre de jours, d'heures et de secondes que dure ce shutdown,
03:07comme si la Maison-Blanche y prenait un certain plaisir.
03:10Est-ce que Donald Trump a intérêt à rendre ce shutdown le plus durable possible
03:14pour en profiter, pour supprimer plein d'emplois fédéraux,
03:17comme le voulait, le prétendait le Doge d'Elon Musk, par exemple ?
03:21Je ne pense pas qu'il y ait intérêt.
03:25Je ne pense pas qu'il y ait intérêt.
03:26Non pas que l'impact macroéconomique soit particulièrement élevé.
03:30On connaît les chiffres.
03:32On perd à peu près aux États-Unis 0,1 point de croissance par semaine de shutdown.
03:35Pour l'instant, c'est absorbable.
03:38Et en plus, en général, c'est rattrapé le trimestre suivant.
03:41Donc là, il n'y a pas d'urgence particulière.
03:44Mais j'ai quand même surtout l'impression que la difficulté pour la Maison-Blanche,
03:50ce n'est non pas simplement de trouver un terrain d'entente avec les démocrates,
03:53c'est de trouver un terrain d'entente avec une partie du camp républicain.
03:57Parce qu'on sait comment aboutir à une solution,
04:00c'est de trouver un compromis sur les subventions
04:05à l'achat des assurances privées aux États-Unis.
04:09C'est ça, en fait, le cœur du problème.
04:10C'est ce que les démocrates demandent.
04:11Et certains républicains sont d'accord pour avoir cette conversation
04:15et pour sortir, en fait, par le haut, entre guillemets, de cette crise.
04:20Mais vous avez toute une partie de républicains
04:22qui sont extrêmement nerveux devant la dérive budgétaire américaine,
04:27qui ne veulent pas entendre parler du moindre début de commencement de concession
04:31sur la question des dépenses sociales.
04:34Donc, il ne faut pas se tromper, là.
04:36Il y a évidemment un conflit frontal entre Donald Trump et les démocrates.
04:41Mais il y a aussi, je pense, une vraie difficulté à trouver la voie de sortie
04:45avec un caucus républicain qui, effectivement, en général,
04:50depuis le début de la présidence Trump,
04:51s'est plutôt aligné sur les idératas du président,
04:56mais avec quand même quelques limites.
04:57Je rappelle que le projet de voie de finance est passé avec une seule voie de majorité,
05:02alors que les républicains, normalement, ont trois voies de majorité au Sénat.
05:05Donc, ça veut dire que les choses ne sont pas si simples que cela
05:09en matière budgétaire pour Donald Trump.
05:12Il n'a pas une maîtrise complète de son propre camp.
05:14Gilles, le Trésor américain prévoit 200 milliards de dollars
05:20de recettes des droits de douane pour cette année.
05:24Je dis ça de manière totalement abrupte, ça me semble bien peu.
05:28Est-ce que, du coup, le bénéfice-risque, là, pour le coup,
05:32est-ce que ça valait vraiment le coup ?
05:34Je vous pose la question.
05:36Il ne faut pas se tromper.
05:37C'est-à-dire que les 200 milliards, c'est 195 milliards de dollars, pour être précis.
05:41C'est ce que le rapport annuel du Trésor
05:47nous donne pour les tarifs douaniers collectés sur la dernière année budgétaire.
05:53L'année budgétaire aux États-Unis, ça va d'octobre à septembre.
05:56Donc, d'octobre 2024 à septembre 2025,
05:59les États-Unis ont collecté 195 milliards de dollars de tarifs douaniers.
06:04C'est plus de deux fois plus que ce qui avait été collecté l'année précédente.
06:09Mais souvenons-nous que l'augmentation des tarifs, ça date d'avril.
06:12Si on regarde la tendance des quatre derniers mois,
06:15parce que ça devient assez stable,
06:17on peut compter en année pleine sur à peu près 340 milliards de dollars
06:22de recettes fiscales liées aux tarifs.
06:25C'est un gros point de PIB.
06:27C'est 1,2 point de PIB à peu près.
06:30Mais pour aller dans votre sens,
06:32340, c'est mieux que 200,
06:34mais pour aller dans votre sens, ça ne suffit pas.
06:36C'est-à-dire que si on part du principe que le CBO a,
06:40en général, la meilleure des prévisions possibles
06:42sur les fiscales budgétaires américains,
06:44on est sur plutôt du 7% du PIB.
06:47Et ces recettes liées aux tarifs,
06:49c'est un gros point de PIB.
06:51Il reste six points de PIB à trouver.
06:52Donc, voilà, ça ne suffira pas.
06:55Et il est possible, il est même probable, à mon avis,
06:58que ces 340 milliards de dollars, ça soit le pic.
07:00Parce que si ça marche, entre guillemets,
07:03on verra des importations qui progresseront un peu moins vite que le PIB.
07:06Et donc, les recettes que le gouvernement en tirera
07:10auront également tendance à progresser un peu moins que le PIB.
07:13Donc, 340 milliards au pic,
07:16ce n'est pas négligeable,
07:17mais c'est très, très loin de suffire.
07:19Gilles Mouenck avec nous les jeudis,
07:21le chef économiste du groupe AXA.
07:22Merci, Gilles, de nous avoir accompagné,
07:24d'avoir répondu à l'appel de BFM Bourse.
07:26Wall Street est en petite hausse,
07:28le CAC aussi, plus 0,4%.
07:29Alors, en revanche, Tesla est en baisse de 4% aujourd'hui.
07:32Tesla, ce constructeur automobile,
07:34pricé comme une soucoupe volante,
07:36alors qu'il publie comme un constructeur automobile.
07:38Est-ce que Tesla est un même stock ?
07:40Quand on regarde la publication hier soir,
07:41et surtout le discours d'Elon Musk,
07:43qui a été très, très évasif sur les véhicules autonomes,
07:46sur les futurs robots, l'intelligence artificielle aussi.
07:50Est-ce que Tesla est finalement un même stock ?
07:52Question composée dans USA Today.
07:54Tout à l'heure, cette séquence USA Today avec Karen George
07:56est disponible en replay.
07:57Vous pouvez la retrouver, la consulter sur notre application BFM Business.
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