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  • il y a 3 mois
Samedi 18 octobre 2025, retrouvez Benoît Arrivé (maire, Cherbourg-en-Cotentin), Clarisse Maillet (présidente, CPME 71), David Fofi (Directeur du département Robotique, Polytech Dijon) et Jean-Marc Borello (Fondateur et Président du Directoire, Groupe SOS) dans SMART TRENDS, une émission présentée par Thomas Hugues.

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Transcription
00:00Ce programme vous est présenté par la communauté urbaine du Creusot-Monceau, le territoire de tous les possibles.
00:16Bonjour, bonjour à toutes et à tous. Bienvenue, c'est Smart Trends depuis les journées nationales France Urbaine,
00:23l'association de référence des grandes villes, des métropoles, des communautés et agglomérations urbaines.
00:29C'est la huitième édition qui se tient ici au Creusot, la communauté urbaine, le Creusot-Monceau et dont Be Smart for Change est partenaire.
00:38Smart Trends, c'est l'émission des mutations et des tendances. On s'installe, vous le savez, tous les 15 jours au cœur des événements qui font bouger la France, bouger les filières.
00:45Et donc, on devait être ici en Saône-et-Loire pour analyser ces nouveaux défis qui attendent les territoires.
00:52On va parler reconversion, innovation, résilience. Bienvenue dans Smart Trends.
00:59Smart Trends est donc au Creusot-Monceau puisque l'événement est organisé par la communauté urbaine Creusot-Monceau.
01:10On est au Journée nationale France Urbaine dans ce territoire qui est emblématique de l'histoire industrielle française.
01:17On est donc au bon endroit pour parler de reconversion, pour parler de résilience et d'innovation.
01:23Et je vous présente tout de suite mes invités. Benoît Arrivé, le maire de Cherbourg. Bonjour et bienvenue.
01:28Heureux de vous accueillir. Clarisse Maillet, bonjour et bienvenue.
01:30Vous êtes la présidente de la CPME Saône-et-Loire et vice-présidente de la CPME au niveau national.
01:36Jean-Marc Borrello, bonjour et bienvenue. Le président du groupe SOS.
01:39Et David Fofi, bonjour, bienvenue. Vous êtes le directeur département robotique de Polytech Dijon.
01:45C'est l'école polytechnique de l'Université de Bourgogne.
01:48Peut-être d'un mot ce que vous attendez de ces journées nationales.
01:51France Urbaine, qu'est-ce que ça représente pour vous, monsieur le maire ?
01:54Écoutez, d'abord, je suis très heureux d'être ici au Creusot.
01:57Je salue mon ami le maire David Martin.
02:00Il y a des liens historiques entre cette ville et celle de Cherbourg-en-Cotentin.
02:05Notamment sur la question, bien sûr, du métal.
02:07On y reviendra peut-être tout à l'heure, puisqu'on va parler d'industrie et de décarbonation.
02:11Mais les journées de France Urbaine, c'est un moment, c'est les dernières journées de la fin du mandat.
02:15Un mandat qui a été compliqué, extrêmement compliqué, entre la Covid, les crises énergétiques et puis maintenant une crise institutionnelle.
02:24Donc c'est l'occasion de se retrouver, de préparer à la suite et d'échanger sur les éléments communs que l'on retrouve au niveau national,
02:30quelle que soit la taille de l'intercommunalité ou de la commune.
02:32Moi, je suis très heureux d'être là et les débats sont toujours de qualité.
02:36Clarisse Maillet, qu'est-ce que vous attendez finalement des grandes villes, des agglomérations, des communautés de communes ?
02:43Alors pour le monde de l'entreprise, ce qui est important, c'est cette cohésion entre tous les acteurs économiques,
02:49c'est-à-dire les entreprises, l'État, mais également les collectivités territoriales, puisque nous avons besoin de tous les acteurs pour pouvoir innover et progresser sur un territoire.
03:01C'est vraiment pour nous très important d'être là aujourd'hui et de montrer que l'entreprise est concernée et qu'elle a également des idées tant au niveau innovation que d'autres secteurs.
03:11Jean-Marc Borrello, vous avez déjà été invité de plusieurs de mes émissions sur Bsmart.
03:18Et avant qu'on démarre l'enregistrement, vous me disiez que les associations souffrent particulièrement depuis quelques mois.
03:25Donc cette émission, on va parler d'adaptation aux crises.
03:27À quel point vous, avec un groupe aussi puissant que le groupe SOS, vous avez besoin des territoires pour accompagner les associations dans cette période qui est compliquée ?
03:36Bonjour. Nous sommes les partenaires naturels des territoires et nous avons besoin des territoires comme les territoires considèrent, pour un certain nombre d'entre eux, que nous pouvons leur être utiles.
03:49Et on peut leur être utiles en apportant des services aussi essentiels que la gestion des hôpitaux, ce qui est le cas au Creusot, avec un très bel établissement,
03:56qui, grâce à une coopération forte avec David Marti et la commune et l'agglo, continue de grandir, continue d'offrir des services nouveaux, est un bel exemple de ce qu'on peut faire pour lutter contre les déserts médicaux.
04:09Mais nous gérons des crèches, nous gérons des maisons de retraite.
04:12On crée aussi de la revitalisation économique dans un certain nombre de territoires.
04:16On est présent dans 80 départements français et d'outre-mer, avec des sujets aussi différents que réouvrir des bistrots dans des petites communes de 3 500 habitants.
04:26On a un programme qui s'appelle 1000 Cafés, 400 sont ouverts dans des toutes petites communes et ça permet d'avoir des lieux de convivialité, ça permet que les citoyens se rencontrent.
04:35On travaille évidemment beaucoup avec les entreprises. Nous sommes une entreprise, une entreprise un peu particulière.
04:40Le groupe SOS n'a pas d'actionnaire, n'a pas donc de dividende et donc nous sommes au service de l'intérêt général entre les services publics et les entreprises qui sont depuis toujours des grands partenaires du groupe SOS.
04:55Donc notre place est ici, tant pour travailler sur services essentiels, revitalisation des commerces de proximité.
05:02Dans des villes moyennes, on a inventé des concepts rigolos de co-selling, donc des boutiques partagées entre plusieurs commerçants que nous gérons avec les collectivités qui permettent à des jeunes commerçants de se lancer sans avoir à prendre un bail, sans avoir à s'engager trop loin.
05:20On fait des concours. Mon commerce a un incroyable talent dans les villes avec les collectivités et on aide de jeunes commerçants à s'installer.
05:28On les accompagne. Et encore une fois, grâce aux collectivités, on fait en sorte que les centres-villes ne soient pas en difficulté.
05:36Alors, on va pouvoir donner plein d'exemples pendant cette émission parce que plus on est concret, mieux c'est.
05:41Je veux bien, David Fovic, que vous nous présentiez un peu votre école, Polytech Dijon, et puis à quel point elle dépend finalement de ce maillage territorial et de cette communauté urbaine dont on parle.
05:55Polytech Dijon, c'est une vieille école qui a une trentaine d'années, mais son département robotique, celui qui est aujourd'hui au Crozeau, n'a que 5 ans.
06:05Et depuis un an, il est hébergé par le Technopole, le Bengo.
06:09Donc, nous, on fait la robotique.
06:10Ici même, dans ses locaux.
06:12Vous êtes chez nous.
06:12On forme des étudiants à Bac plus 5.
06:17On a 113 étudiants, élèves ingénieurs, dont le tiers est apprenti.
06:21On a aussi 50 étudiants internationaux dans nos masters qui sont plus à vocation recherche.
06:27On mène une activité de recherche également en robotique, en perception pour la robotique, en intelligence artificielle.
06:33Et le passage de notre vie qui était universitaire dans les locaux de l'université à une vie qui est dans un technopole.
06:45C'est symbolique, évidemment.
06:46Et ça change un peu la donne.
06:47Ça ancre aussi nos activités dans un contexte sociétal, dans un contexte économique, dans un contexte politique, avec lequel on est rarement confronté ou pas toujours confronté quand on est universitaire.
07:00Dans un contexte industriel, on côtoie des startups, on côtoie des acteurs qu'on n'a pas toujours l'occasion de côtoyer.
07:07Et c'est d'une richesse incroyable pour nos étudiants, pour nous aussi.
07:11Et ça met en perspective l'impact à la fois de notre activité de recherche et de nos développements en tant qu'ingénieurs.
07:20Et ça permet aussi à nos étudiants de se frotter à une réalité économique, industrielle et pas simplement être dans une salle de classe.
07:28Et ça, c'est super.
07:30Alors, on va parler de réindustrialisation, on va parler de décarbonation dans cette émission.
07:34Vous le disiez tout à l'heure, il y a des points communs entre la ville de Cherbourg et le Creusot,
07:39notamment en termes de capacité de se réinventer face aux crises.
07:44Si on parle de réindustrialisation, c'est quoi la situation dans votre ville et plus généralement dans la communauté urbaine ?
07:50Si vous m'aviez invité en 2012, je vous aurais parlé d'une ville à 12% de chômage avec un certain nombre de difficultés.
07:57Aujourd'hui, Cherbourg-en-Cotentin est l'agglomération.
08:00Du Cotentin, c'est le territoire de France qui a créé plus d'emplois industriels ces cinq dernières années.
08:06C'est aujourd'hui un taux de chômage à moins de 5%.
08:09Et c'est surtout des projets confirmés.
08:12On va devoir créer 20 à 25 000 emplois dans les 15 ans qui viennent.
08:17Et donc, conformément à ce que je viens de vous dire sur le taux de chômage, il faut qu'on fasse venir des gens d'ailleurs.
08:21Donc, c'est un territoire qui a redressé la tête autour de plusieurs secteurs.
08:25La construction de sous-marins, notamment avec la bonne santé de Naval Group.
08:30On construit les sous-marins nucléaires français à Cherbourg-en-Cotentin.
08:35Et puis, la question énergétique, et je salue l'ensemble de mes prédécesseurs.
08:38On est aujourd'hui le territoire du mix électrique décarboné, du nucléaire.
08:42Ce n'est pas la peine que je développe.
08:44On vient de mettre en route le PR.
08:45Jusqu'aux énergies marines renouvelables avec de l'éolien offshore.
08:49On a construit une usine en moins de 5 ans qui emploie aujourd'hui 700 personnes,
08:54qui fabrique les plus grandes pales d'éoliennes offshore, les pales de 107 mètres.
08:58Bientôt, des projets hydroliens.
09:00Et puis, d'autres projets qui sont complémentaires autour de cette question énergétique.
09:05Donc, on a fait le pari.
09:07C'est aussi un débat national.
09:08Mais nous, on considère que la souveraineté nationale passe par du mix électrique décarboné,
09:13sans opposer les énergies.
09:15Et puis, ensuite, on développe d'autres projets.
09:17Puisque nous sommes un territoire qui produit plus d'énergie qu'il en consomme.
09:20Comment on utilise cette énergie ?
09:22Et donc, électrification des navires haquées, lignes de ferroutage que l'on vient de mettre en place.
09:27Et donc, cette question énergétique, plus la question de la navale et la construction de bateaux,
09:31je pense aussi aux constructions mécaniques de Normandie,
09:33fait qu'aujourd'hui, le taux de chômage est extrêmement faible,
09:37que nous avons des projets autour du nucléaire,
09:39ce qu'on appelle le projet aval du futur en partenariat avec Corano.
09:43Et tout ça a permis de recréer de l'emploi, de relever la tête et de redonner de la fierté.
09:48C'est redevenu facile d'attirer des talents dans le nucléaire.
09:50Parce que c'est vrai que comme on est passé par une phase où le message, c'était
09:53on va abandonner l'énergie nucléaire, les ingénieurs de talent, ils allaient plutôt voir ailleurs.
09:58Oui, c'est un peu plus facile qu'il y a quelques années.
10:00Oui, mais parce que justement, localement, on développe vraiment cette question du mix électrique
10:05sans opposer les énergies les unes aux autres.
10:07Ça a été un pari qu'on a pris, nous, il y a une dizaine d'années,
10:10qui porte ses fruits aujourd'hui parce que la complémentarité, elle est essentielle.
10:14On a à la fois notre histoire autour du nucléaire,
10:17et je vous ai dit tout à l'heure, éolien offshore,
10:19bientôt des hydroliennes dans le ras blanchard,
10:21qui est un des plus forts courants au monde.
10:22Et c'est cette complémentarité-là qui permet, je crois, de tirer le territoire vers le haut.
10:26Tiens, un mot là-dessus, David Fofi, sur l'attractivité d'un secteur, le nucléaire ou d'autres.
10:32Est-ce que vous, vous sentez ça, des modes ou des tendances chez vos étudiants ?
10:37Alors, des modes, il y en a.
10:39Une mode négative, ces dernières années, c'est l'électronique.
10:44On est passé d'amphi qui ne désemplissait pas à un désert d'étudiants d'électronique.
10:52Et on ne sait pas trop pourquoi, parce que l'électronique, il y en a quand même partout.
10:57L'informatique, c'est tout le contraire.
11:00C'est depuis très longtemps à la mode, mais là, c'est...
11:03Encore plus avec l'IA ?
11:05C'est l'IA et c'est de la super mode.
11:08On arrive difficilement à gérer les flux.
11:12Pour ce qui nous concerne en robotique, parce qu'on est aussi confronté à l'IA,
11:17l'IA, c'est le cerveau du robot.
11:19Donc, quand on conçoit un robot aujourd'hui, on conçoit le corps et le cerveau.
11:23Et donc, l'attractivité est plutôt bonne, voire très bonne.
11:28Et il y a finalement très peu de formations centrées sur la robotique.
11:33Il y a des formations mécaniques avec une option robotique, des options automatiques avec une option robotique.
11:38Mais une spécialité complètement robotique, il y en a assez peu.
11:42Donc, on est un petit département d'une école moyenne, mais on attire beaucoup, beaucoup d'étudiants et beaucoup de candidatures quand même.
11:49Intéressants, effectivement.
11:50Alors, on parle de réindustrialisation, Clarence Maillet.
11:54On est vraiment au bon endroit pour le faire.
11:56Le Creusot, c'est vraiment un exemple de résistance au choc.
12:00Oui, complètement.
12:01Et c'est surtout aussi parce que le Creusot, c'est un territoire d'industrie.
12:04Et sur les territoires d'industrie, il y a des vrais modes de pensée.
12:08Il y a des vraies interrogations et des mises en pratique de certaines choses.
12:15Donc, sur le territoire d'industrie, on va travailler plusieurs piliers.
12:18qui sont nécessaires à la réindustrialisation.
12:21Et quand on parle de réindustrialisation, l'objectif, c'est quand même d'augmenter la part de l'industrie dans le PIB de la France.
12:27Alors, nous, on ose le rêver à 12 ou 13 %, même si aujourd'hui, il est en dessous de 11.
12:32Mais on met tout en œuvre sur les territoires.
12:35Pardon, ça passe par des clusters, par exemple, des regroupements d'entreprises sur des secteurs spécifiques ?
12:40Alors, ça passe par des réunions, ça passe par des échanges avec, encore une fois, les acteurs économiques.
12:47Ça passe par des sites clés en main, c'est-à-dire que l'entreprise, aujourd'hui, elle a besoin d'être accompagnée puisqu'on est dans un monde très complexe.
12:56Donc, venir l'aider et décomplexifier les procédures administratives, on a sur le territoire des sites clés en main.
13:04Quand l'entreprise arrive sur un site clé en main, ça lui permet de gagner 18 mois en temporalité.
13:10Donc, quand on construit et qu'on doit faire face à une activité qui repart, par exemple, l'aéronautique qui revient,
13:17donc c'est un temps qui est vraiment inconsidéré.
13:20C'est une richesse pour l'entreprise d'avoir des sites clés en main.
13:24Jean-Marc Borrello, est-ce que la réindustrialisation, ça vous concerne ?
13:28Vous voyez ce que je veux dire ? Parce que vous nous avez donné plein d'exemples d'initiatives locales qui sont parfois des micro-initiatives,
13:37mais qui, démultipliées dans X dizaines ou centaines de communes, évidemment, prennent beaucoup de place.
13:42Mais est-ce que vous êtes un acteur associé à la réindustrialisation ?
13:47J'allais vous dire, rien de ce qui est humain ne nous est étranger, et donc pas la réindustrialisation, évidemment, est un enjeu.
13:55Pour faire venir des talents, pour faire venir de nouveaux habitants, pour faire en sorte qu'une région puisse être aussi dynamique que ce que l'est le Creusot,
14:04il faut qu'il y ait des hôpitaux, il faut qu'il y ait des écoles, il faut qu'il y ait des logements, il faut qu'il y ait des crèches,
14:09et la collaboration avec les collectivités territoriales et les entreprises, parce qu'aujourd'hui, tous les chefs d'entreprise prévoient qu'il va falloir loger des cadres,
14:20les faire venir, que ces cadres ont des enfants, qu'il va falloir des écoles, qu'il va falloir des crèches.
14:25Et on me racontait il y a quelques minutes qu'un chirurgien de talent est arrivé dans notre hôpital au Creusot,
14:31et grâce à la collaboration avec la ville, la ville lui a trouvé un logement, des places pour les crèches et pour les écoles de ses enfants.
14:40S'il n'y avait pas eu cet environnement et ses services, sans doute que ce chirurgien ne serait pas venu.
14:45Donc nous, on observe très concrètement au Creusot, depuis une dizaine d'années, l'arrivée de talents venus d'ailleurs,
14:53le développement d'activités économiques, et nous essayons d'accompagner avec la ville, avec David Marty et avec l'AGLO,
14:59tous les services qu'ils font autour, parce qu'évidemment, tout ça ne peut se faire que si les conditions de vie sont convenables pour les gens qu'on veut attirer.
15:09Est-ce que cette réindustrialisation, elle est compatible avec les objectifs de décarbonation ?
15:18Comment vous réussissez à associer les deux objectifs ?
15:22C'est aussi d'ailleurs le lien entre une ville industrielle historique, comme le Creusot et les Cherbourg.
15:28Je vous ai dit, je vous l'ai dit, il y a plusieurs enjeux, il y a d'abord des questions de souveraineté, je vous ai parlé d'énergie et de défense.
15:35Dans le monde où la géopolitique est aujourd'hui complètement perturbée, la France réaffirme sa souveraineté industrielle et énergétique, il était temps.
15:43Et donc des villes comme les nôtres, ils répondent parfaitement.
15:45Et puis je voulais expliquer le choix de Cherbourg, ça a été d'abord de faire un choix, de dire il y a la naval,
15:51il y a la naval groupe, il y a les constructions mécaniques de Normandie, je rajouterai un certain nombre de chantiers qui construisent des fabuleux bateaux de plaisance.
16:00Mais on va axer sur l'énergie et donc on a recréé de l'emploi, rendu de la fierté, réindustrialisé, construit des usines autour de cette question énergétique et donc autour de cette question de décarbonation.
16:11Mais il y a des énergies qui provoquent aussi des crispations, vous parliez des éoliennes, des éoliennes offshore en l'occurrence.
16:18Ici même, dans une autre émission, on avait le maire d'Aras qui expliquait que les projets d'éolien, ils suscitaient quand même pas mal de blocages dans sa région.
16:29Donc il y a aussi une question d'acceptabilité.
16:31C'est pour ça que je vous dis que parfois la réindustrialisation, elle se heurte à un syndrome qu'on connaît tous, ça s'appelle le syndrome NIMBY, not in my backyard, ok on en veut bien mais chez les autres.
16:40Oui mais c'est aussi le rôle des investisseurs, des industriels et des élus, c'est d'expliquer.
16:46Nous on vient de relancer une ligne de ferroutage, une des premières en France qui permet de relier Cherbourg-en-Cotentin et son port, Transmonche, avec Bayonne, Mouguerre exactement.
16:57Ça enlève 25 000 camions de la route par an, mais il a fallu expliquer ça aux riverains du port qui revoient passer un train devant leur fenêtre.
17:05Alors quand je repars de la question de production d'électricité, on est tous d'accord aujourd'hui que l'enjeu numéro un c'est d'arrêter d'émettre des gaz à effet de serre, donc il faut décarboner.
17:16On est aussi tous d'accord sur le fait qu'il faut de plus en plus d'énergie électrique pour répondre à nos besoins.
17:22Et donc une fois que vous avez dit ça, vous dites que la solution c'est donc de produire de plus en plus d'énergie électrique, encore faut-il qu'elle soit décarbonée.
17:30Et donc vous partez du nucléaire jusqu'à l'éolien offshore.
17:35Moi je rajoute l'éolien terrestre qui fait aussi un vrai débat, mais puis il faut débattre avec les gens.
17:40Et puis qu'est-ce qui est beau ou pas, moi quand on me dit qu'une éolienne terrestre c'est pas beau, est-ce qu'une usine c'est beau, c'est pas le sujet.
17:47Pour certains c'est le sujet.
17:48Oui, mais d'accord, mais à un moment donné le rôle des maires, des responsables politiques, des chefs d'entreprise c'est d'expliquer la réalité des choses.
17:57Est-ce que oui ou non, la France dans le cadre de sa souveraineté a besoin de plus en plus d'énergie électrique ?
18:02La réponse est oui. Est-ce que cette énergie doit être décarbonée ? La réponse est oui.
18:06Et donc vous avez une partie de la réponse à la question que vous m'avez posée.
18:10Clarisse Maillet, sur le nucléaire, c'est un moteur économique de la région.
18:16Je parlais de cluster tout à l'heure, il y a une nucléaire valet, c'est ça ?
18:19C'est ça.
18:20Ici, donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les habitants sont très contents d'avoir des entreprises qui travaillent autour du nucléaire ?
18:28Alors nous, on a travaillé à la CPME sur un livre blanc justement sur la réindustrialisation.
18:32On constate quand même qu'il y a 82% de la population qui est pour l'industrie et qui est plutôt en faveur de la réindustrialisation.
18:42Donc c'est plutôt positif aujourd'hui.
18:44Mais encore une fois, on a le sondage et puis ensuite on a le projet à sa porte.
18:50Alors je rejoins quand même ce qui a été dit, il faut faire de la pédagogie.
18:54Aujourd'hui, tous les projets pour qu'ils soient, alors on traite également le sujet de l'acceptabilité,
18:59pour qu'il y ait une acceptabilité des projets, il faut aller vers le citoyen, vers le voisinage, leur expliquer le pourquoi, du comment.
19:07Et souvent, ils acceptent parce que c'est, et vous l'avez dit tout à l'heure, un emploi dans l'industrie, c'est trois ou quatre emplois indirects.
19:15Donc il n'y a pas que l'industrie qui est importante.
19:17On voit tous les autres secteurs, services, commerce, médical, tout est vraiment embarqué dans ce monde de réindustrialisation.
19:26Jean-Marc Borrello, il y a aussi un autre mot qu'on peut associer à cette réflexion, c'est le mot de coopérative.
19:33Et là, ça rejoint certains modèles d'économie sociale et solidaire.
19:38On voit que ce fonctionnement coopératif permet d'associer parfois les riverains, peut-être même d'ailleurs économiquement,
19:46à certains projets de réindustrialisation, d'éoliennes, etc.
19:51Comment vous participez-vous à cette acceptabilité de la décarbonation dont on est en train de parler tous ensemble ?
19:59Le groupe SOS a évidemment un secteur transition écologique avec les fermes d'avenir, avec les moutons de l'ouest, de l'éco-pâturage.
20:08Nous avons des troupeaux de moutons qui font de l'éco-pâturage, etc.
20:12Donc évidemment, c'est un sujet dans lequel nous sommes investis, mais nous avons aussi un lycée technique à Paris
20:19où on prépare au métier de l'industrie.
20:21Et quand nous l'avons repris parce qu'il était en grande difficulté, il n'y avait pas une entreprise qui collaborait au lycée.
20:27Aujourd'hui, il y a 30 parrains qui sont des grandes entreprises, qui expliquent de qui ils ont besoin, de quelle formation ils ont besoin.
20:34Ils interviennent dans le lycée et nous préparons des jeunes diplômés en BTS et Master 2 pour travailler dans l'industrie.
20:43Donc les métiers de l'éducation, enfin tous ces sujets-là, et éventuellement les messages qu'on est capable de faire passer
20:49sur le mix énergétique, sur la nécessité d'aller du nucléaire à l'éolien,
20:54et sur le fait que je ne suis pas persuadé que la tour Eiffel ait été considérée spontanément comme un miracle de l'art contemporain.
21:04La pyramide du Louvre non plus, on peut citer un certain nombre.
21:05Je me souviens de Paye avec la pyramide du Louvre, je me souviens des colonnes de Burin quand Jaclan les a installées.
21:11Tout ça a commencé par provoquer des polémiques.
21:15Et je crois que travailler avec la population, les élus évidemment, mais au-delà, la population,
21:20expliquer les sujets, les faire progresser, en clair, prendre des attitudes qui sont à peu près à l'inverse
21:27des mouvements populistes qui se développent en ce moment, c'est quand même prendre le pari gagnant.
21:34Prendre le risque, oui, les élus prennent des risques, oui, on affirme des sujets qui ne sont pas forcément,
21:40au moment où on les affirme, qui ne sont pas forcément majoritaires.
21:44Mais si on attendait forcément d'être majoritaires, la peine de mort serait toujours en vigueur dans ce pays.
21:51Et si on a amené Benatar au Panthéon, c'est parce qu'à une époque, des hommes politiques ont décidé de prendre des positions
21:59qui n'étaient pas majoritaires, mais qui permettaient à la population de grandir.
22:03Donc encore une fois, notre sujet, nous, société civile, c'est d'essayer de faire avec les grandes entreprises, les élus,
22:11et aujourd'hui, la population avec laquelle nous passons objectivement beaucoup de temps.
22:15Vous savez, quand nous installions des centres pour accueillir les malades du sida en 85,
22:21l'environnement immédiat n'était pas tout à fait enthousiaste à l'idée que nous installions des centres pour des malades du sida.
22:28Et aujourd'hui, quand dans des grandes villes, on crée des lieux pour accueillir des toxicomanes à la rue,
22:33le travail avec les voisins est un travail qui devient majeur si on veut pouvoir ouvrir le lieu en question.
22:39Donc encore une fois, notre métier, c'est de développer l'acceptation de la population aux différences, à l'innovation,
22:48et au fait que ça n'est pas si simple, et que le nucléaire a quelques inconvénients et beaucoup d'avantages,
22:55et que de toute façon, quand on vit dans un monde qui va vivre d'électricité, soit on est capable, monsieur le maire,
23:01de faire de l'électricité qui soit propre, soit on renonce et on va creuser des prix pour trouver du pétrole.
23:11Mais je crois que ce n'est pas l'idée.
23:12Je crois qu'on n'en trouvera pas. Et effectivement, ça rejoint les enjeux de souveraineté dont on parlait tout à l'heure.
23:17Il y a eu un mouvement dans un certain nombre d'universités, de grandes écoles, d'étudiants qui remettaient en cause à la fois l'enseignement sur des critères environnementaux
23:28et qui disaient ensuite, finalement, au moment de mon diplôme, je ne vais pas rentrer dans des grandes entreprises, etc.
23:34Est-ce que c'est toujours présent ou est-ce que ça s'est un peu estompé, ça ?
23:39Alors, le questionnement est toujours présent. Et ce questionnement, on essaye de le porter et d'y apporter une réponse.
23:47On intègre de plus en plus. Alors, l'ingénierie, c'est très coûteux pour l'environnement. C'est comme ça.
23:55Réindustrialisé, on n'est pas obligé de le faire à l'identique.
23:58Donc, on essaye, nous, de porter des modules, des compétences sur la recyclabilité, le remanufacturing, la robotique verte, l'éco-conception.
24:06C'est des enseignements qui n'existaient pas. Alors, votre école, elle est jeune, je vous l'avais dit, mais qui n'existaient pas il y a une dizaine d'années.
24:12Non, non. Alors, il y a déjà une incitation forte de la commission des titres d'ingénieurs.
24:19Mais il y a aussi le besoin que nous, on ressent par le rapport direct avec les étudiants de leur apporter des réponses sur un questionnement qui peut être.
24:27Est-ce que je veux vraiment être ingénieur, en fait ? Je suis intéressé par une technique, mais quelles seront les conséquences de mon activité professionnelle sur le monde ?
24:36Et là, il faut apporter des réponses. Et là, il ne faut pas apporter des réponses qui soient purement théoriques.
24:42Il faut leur donner aussi des clés et des armes et des outils pour leur montrer que la réindustrialisation, l'industrialisation, la robotisation peut être pas propre,
24:52mais plus propre que ce qu'ils croient. Et qu'il y a une voie peut-être médiane entre l'industrie d'il y a 50 ans et le retour à l'état sauvage.
25:05Effectivement. On ne va pas ressortir les amis chers à notre président de la République, mais je ne vais pas faire de politique.
25:16Non, je voudrais qu'on parle d'attractivité des territoires. Est-ce que vous êtes en concurrence ?
25:19Le maire du Creusot était dans la salle il y a quelques minutes. Est-ce que vous disiez, nous, on a besoin de recruter quoi ?
25:26Je n'ai pas mémorisé le titre. 20 000 personnes. Donc vous êtes forcément en concurrence avec d'autres territoires.
25:32Est-ce que vous le vivez comme ça ?
25:34Moi, ça peut être vécu comme ça. Moi, à titre personnel, dans mes fonctions locales et nationales, c'est quelque chose que j'essaye de réfuter.
25:43Puisque finalement, tout le monde parle d'attractivité. Lorsque vous vous comparez, vous vous dites,
25:48ah, ce territoire est plus attractif que le mien. Et puis quand vous prenez le temps d'aller sur place, rencontrer les élus,
25:53ils vont vous dire qu'ils ne sont pas attractifs, que le voisin est plus attractif.
25:57Je crois que plutôt, et c'est ce qu'on essaye de faire dans le Cotentin, le vrai sujet, c'est de trouver l'équilibre entre un développement économique massif,
26:05ce qui nous arrive à Cherbourg et dans le Cotentin, et de maintenir la question de l'équilibre de vie.
26:10Et donc, le projet industriel, monsieur le SOS parlait tout à l'heure de l'aspect humain, le discours que l'on porte, que je porte moi,
26:20c'est l'équilibre entre le développement économique et la qualité de vie.
26:23Le projet industriel, le développement économique doit être au service de celles et ceux qui vivent sur le territoire aujourd'hui
26:30et de celles et ceux qui viendront demain, et pas l'inverse.
26:32Et une fois que vous changez un peu la vision des choses et le paradigme, vous répondez à une partie de la question que vous posez.
26:41Le territoire, les gens qui arrivent aujourd'hui à Cherbourg ou dans le Cotentin, ils retiennent la qualité de vie,
26:47le faible taux de délinquance, le fait que l'immobilier soit encore abordable, et ça va être un sujet pour nous.
26:52Comment on fait pour que l'immobilier reste abordable ?
26:56C'est ça les retours que nous disent les gens.
26:58Et les opposants d'ailleurs aux projets, à certains projets industriels, ou à des projets d'éoliennes terrestres,
27:04ou même sur les questions d'éoliennes offshore d'ailleurs, nous disent qu'on ne veut pas que le projet vienne perturber notre qualité de vie.
27:11C'est la même chose que l'exemple du ferroutage dont je vous parlais tout à l'heure.
27:14Donc je pense que le discours des élus, c'est l'attractivité viendra de la capacité à maintenir un compromis acceptable
27:21entre un développement économique et l'environnement des habitants.
27:25Un autre sujet qui nous ramène à France Urbaine, il va falloir beaucoup d'argent public pour financer le développement économique.
27:31Qui c'est qui va se payer l'école, le gymnase, la crèche ?
27:35C'est les collectivités.
27:36Et ça nous ramène au débat de France Urbaine.
27:38Tout à l'heure, il y avait la table ronde finance, parce que le gouvernement est en train de nous taper sur la tête
27:43et de voler aux collectivités de l'argent qui leur appartient.
27:46Et c'est aussi ça qu'il faut dénoncer,
27:48puisque il n'y a pas de développement économique sans capacité de la collectivité locale à accompagner le développement économique.
27:53Un dernier mot, et c'est vous qui allez conclure, Clarisse Maillet, puisque vous êtes chef d'entreprise.
27:58À quel point votre entreprise a besoin de l'attractivité de votre territoire ?
28:02Alors c'est important, en fait, l'attractivité, elle est globale, puisqu'elle est dans l'entreprise, elle est sur le territoire.
28:08Et nous, on a besoin pour recruter et avoir une ressource humaine.
28:12Et généralement, les entreprises, elles vont recruter au niveau local.
28:15Elles vont rester au niveau local.
28:16Et l'objectif, c'est d'avoir les personnes qui vont pouvoir travailler, produire, créer de la richesse,
28:23pour pouvoir avancer et réindustrialiser.
28:26Un dernier mot là-dessus, peut-être, Jean-Marc Borréau ?
28:29Simplement, comme on parle de recrutement et de développement local,
28:34nous avons la chance d'accueillir des milliers de talents venus d'ailleurs,
28:39qui ne demandent qu'à travailler, qu'à être formés.
28:42Et l'intégration d'un certain nombre de migrants, parce qu'on ne fera pas, avec la démographie actuelle,
28:49on n'aura pas les forces vives pour faire fonctionner ce pays.
28:53Une intégration intelligente des migrants respectueux de la République
28:57et un ministre de l'Intérieur normal, ce qui vient de se passer, mais depuis peu,
29:05après un intermède farfelu, ça permet aussi de faire venir des talents qui viennent d'ailleurs,
29:14qui veulent bosser, qui veulent respecter la République, qui ont envie de se former.
29:18Et encore une fois, nous en accueillons des milliers.
29:21On fait en sorte qu'ils puissent accéder à des droits et devoirs de citoyens.
29:26Et nous continuerons à considérer que l'immigration est une chance.
29:30On aura fait aussi de la politique.
29:31Merci beaucoup d'avoir participé à ce numéro de Smart Train.
29:35C'était passionnant.
29:36Merci d'avoir répondu à notre invitation.
29:39On se retrouve évidemment très vite sur l'antenne de BeSmart Fortune.
29:44Merci à toutes et à tous de votre fidélité.
29:46A très vite.
29:47Ce programme vous a été présenté par la communauté urbaine du Creusot-Monceau,
29:51le territoire de tous les possibles.
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