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  • il y a 3 mois
Ce vendredi 17 octobre, la croissance de la France et sa situation macro-économique, ont été abordées par Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode et secrétaire général de BSI Economics, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Avec Anthony Morlet d'Alvi Dali qui est avec nous, économiste chez Rex & Code et secrétaire général de BSI Economics.
00:07Bonjour Anthony Morlet d'Alvi Dali.
00:10En effet, hier on l'a vu, le gouvernement a résisté à la motion de censure.
00:15Bon maintenant la prochaine étape c'est le budget, tous les yeux sont rivés sur le budget 2026.
00:20Comment vous regardez la situation française d'un point de vue macroéconomique,
00:25sachant que pour rappel la croissance cette année en France devrait être inférieure à 1% ?
00:30Tout à fait, alors un budget qui a été proposé, qui est un budget de consensus,
00:35néanmoins il faut bien avoir en tête qu'on avait fait passer un budget 2025
00:39qui là aussi avait été adopté dans la difficulté et c'était essentiellement par une hausse d'impôt
00:46qu'on avait, doit parvenir à réduire le déficit aux alentours de 5,4% en 2025
00:52avec un point de départ en 2024 qui est à 5,8% de déficit public rapporté au PIB.
00:58Ce qui est assez frappant c'est de voir que dans la copie qui est proposée par le gouvernement Lecornu,
01:04là encore on a pour moitié à minima des hausses d'impôts pour venir consolider le budget.
01:10Ça montre bien quand même en France toute la difficulté qu'il y a à prendre la mesure d'une dépense publique
01:15qui n'est pas sous contrôle, qui est en grande partie sur longue période la résultante de notre déficit public.
01:21Et pour autant ce sont souvent des hausses d'impôts qui sont proposées pour venir corriger ce déficit.
01:26Alors on comprend bien la nécessité d'un compromis pour parvenir à ce que le gouvernement ne soit pas censuré
01:32mais tout de même on est sur deux années où on est en train à pas feutrer de rentrer dans un nouveau choc fiscal
01:39un peu comme on l'avait connu en quelque sorte à fin 2010, 2011, 2012.
01:43C'est un petit peu ce qu'on est en train de reconnaître en France mais cette fois j'allais dire à contre-sens,
01:49à contre-courant de ce qui se pratique dans le reste de la zone euro.
01:52Donc c'est assez frappant à souligner.
01:54Et quand on regarde la situation macroéconomique française, au fond j'allais dire pour l'instant
01:59la croissance est relativement résiliente.
02:01Certes on va faire un petit peu en dessous de 1% de croissance cette année, quelque part entre 0,7 et 0,8%.
02:08Mais ça reste quand même positif, l'économie française n'est pas à l'arrêt
02:11et l'année prochaine pour l'instant le consensus tourne autour de 0,9.
02:16Là aussi il est légèrement en deçà de notre potentiel.
02:19Mais ça montre qu'on a une forme de résilience.
02:21La question c'est un petit peu jusqu'à quand ?
02:23Puisque les hausses d'impôts à la fin finissent quand même par alimenter des situations négatives
02:28notamment du côté des entreprises et je pense qu'il faut être vigilant à ce risque.
02:32Et comment expliquer cette forme de résistance de la situation
02:36sachant qu'en début d'année il y avait un mot qui revenait souvent
02:40c'était le mot récession avec notamment, souvenez-vous, les droits de douane de Donald Trump.
02:44Bon finalement pas de récession en vue.
02:47Alors effectivement je pense qu'on a quand même un petit peu surjoué l'exagération.
02:51De manière générale la tonalité elle a été un petit peu trop négative sur l'économie française.
02:55Et il faut bien voir que la croissance elle est tirée par certains secteurs
02:59et d'autres souffrent beaucoup.
03:00Il est vrai que quand on pense à l'industrie ou la construction on n'a pas de progression de l'activité.
03:05Donc là il est réel de parler de stabilité voire de contraction de l'activité.
03:09En revanche quand on regarde les services marchands qui sont le gros du PIB français désormais
03:14on continue d'enregistrer de l'activité.
03:17Et même si notre écosystème tech est sans commune mesure avec ce qu'on observe aux Etats-Unis
03:23on a quand même le visier le plus dynamique d'Europe.
03:26Et ça permet de tirer en partie la croissance française.
03:29Donc attention à ne pas surjouer le tableau négatif ou noircir ce même tableau
03:34puisqu'on a quand même des temps de l'activité en France qui continuent de progresser.
03:38Et ça ça doit rester une bonne nouvelle et un cap à tenir pour le gouvernement
03:42avec notamment peut-être plus d'efforts à faire du côté des baisses de dépenses que des hausses d'impôts.
03:47Sinon ça va finir par se gripper même dans cet écosystème là qui est très résilient.
03:51Preuve quand même qu'aujourd'hui les français sont prudents.
03:54Le taux d'épargne est sur des records historiques.
03:57Alors bon si on retire bien sûr la période Covid on est au-delà des 19%.
04:00C'est bien ça Anthony Morley-Lavidali.
04:03Alors tout à fait on a un taux d'épargne qui est record
04:05mais on vient de publier une étude hier qui montre
04:07qu'en fait c'est très alimenté par le comportement des retraités.
04:12Quand vous regardez la hausse du taux d'épargne que l'on a eu depuis 2019
04:1565% s'explique par le simple fait de plus de 65 ans.
04:21Donc en réalité on a une surépargne qui est très localisée
04:24et qui a été alimentée à la fois par le fait que les pensions ont été largement indexées sur l'inflation
04:29ce qui n'a pas été le cas bien sûr des salaires pour les actifs
04:32et que les revenus financiers sont évidemment essentiellement captés là aussi par les retraités
04:38puisque assez logiquement le patrimoine financier est concentré chez les seniors.
04:43Donc peut-être que là quand on, et on le voit bien le budget Lecornu le propose
04:46une année blanche ou une sous-indexation des retraites
04:49est peut-être une des mesures qui à la fois permettrait de faire des économies
04:52et pénaliserait peu la croissance.
04:54Donc je pense que là on tient une voie ou une piste
04:56qui pourrait être conduite à terme pour consolider les finances publiques françaises.
05:01Dans un instant nous serons avec Mathieu Serron qui nous attend depuis Galiléo Trading
05:05avec donc cette baisse d'un peu plus d'un pour cent du CAC 40.
05:07Nous reviendrons bien sûr sur les plus 9% des cilers
05:10et tout au long de l'émission sur ce stress bancaire
05:12qui est intervenu hier en séance aux Etats-Unis.
05:15Juste pour terminer Antony Morley-Davis
05:17juste quand même un mot sur la situation en zone euro
05:20puisque si on regarde en dehors de nos frontières
05:22là aussi la situation est assez difficile.
05:27Alors ça dépend où si on regarde l'Espagne
05:293% de croissance attendue cette année
05:31par contre du côté de l'Allemagne
05:32là aussi comme en France ça reste fragile à court terme
05:35même s'il y a des espoirs pour l'année prochaine.
05:38Effectivement hormis l'Espagne qui est une forme d'îlot de croissance en zone euro
05:41on a une zone euro qui sous-performe, qui est en sous-régime
05:44et je pense qu'il y a vraiment une...
05:47La raison principale c'est que probablement on pratique des taux d'intérêt
05:50aujourd'hui qui sont anormalement restrictifs
05:53alors qu'on a peu de tensions inflationnistes
05:55voire même on commence à reparler de risques désinflationnistes voire déflationnistes.
05:59Il est probable qu'une politique monétaire un petit peu plus stimulante
06:03au moment où certains pays comme l'Allemagne
06:05commencent également à relancer la machine budgétaire
06:09un policy mix comme on dit plus favorable
06:11serait probablement l'une des meilleures choses que l'on pourrait avoir
06:15pour relancer la demande interne en zone euro
06:17c'est au fond ce qu'appelait à faire Mario Draghi
06:20et je pense que ça serait une excellente manière de procéder.
06:23Voilà donc petite dose d'optimisme quand même
06:26la situation n'est pas si catastrophique que cela en Europe
06:28c'est le message à retenir.
06:30Exactement, il faut voir des fois le verre à moitié plein.
06:32Merci beaucoup Anthony Morley, Lavi Dali
06:35de nous avoir accompagné ce matin
06:36économie chez Rex & Code et secrétaire général de BSI Economics
06:40donc sur ce focus de la France et plus globalement de la zone euro.
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