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  • il y a 3 mois
Ce lundi 6 octobre, Ombretta Signori, macroéconomiste chez Ofi Invest AM, et Pierre-Olivier Beffy, chef économiste de Boussard et Gavaudan, ont débattu sur les impacts de la crise politique sur les marchés, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Le face-à-face de Good Morning Markets avec un CAC 40 en recul, toujours 8 018 points,
00:06moins 0,78% avec les bancaires parmi les plus fortes baisses du CAC 40 à l'heure actuelle,
00:13au moins 3,31% pour Société Générale, au moins 2,48% pour Crédit Agricole,
00:18au moins 2,32% pour BNP Paribas.
00:20On a le plaisir d'avoir retrouvé deux experts des marchés financiers en plateau.
00:24Ombretta Signori tout d'abord. Bonjour Ombretta Signori.
00:26Bonjour.
00:26Merci d'être avec nous. Vous êtes macro-économiste chez Ofi Invest AM
00:30et nous avons le plaisir d'accueillir également Pierre-Olivier Beffy.
00:33Bonjour Pierre-Olivier Beffy.
00:34Bonjour Nicolas.
00:34Chef économiste de Boussard et Gavodan.
00:38Bonjour. On va commencer avec vous Pierre-Olivier Beffy rapidement.
00:41Un CAC 40 qui ouvre en recul ce matin, 8 017 points, moins 0,80%,
00:46un peu plus ce que les futurs laissés entendre sur la tendance du jour.
00:51Et surtout, on a une OAT 10 ans, un 10 ans français qui, lui, continue à se tendre.
00:57On était à 1,65 tout à l'heure. On est passé à plus 2% à l'heure actuelle.
01:02C'est une réaction directe à l'annonce du nouveau gouvernement,
01:05enfin nouveau si je puis dire, enfin en tout cas du gouvernement de Sébastien Lecornu ?
01:09Oui, je pense que de toute façon, ce qui est assez clair maintenant pour les marchés,
01:12c'est que pour que la situation s'améliore, il faut une situation politique claire.
01:15Et il y a très peu de chances qu'on l'ait avec ce gouvernement.
01:18Donc chaque fois qu'il y a une nouvelle qui n'est pas forcément positive,
01:20les gens se disent, autant vendre un peu la France.
01:24Je pense que c'est la tendance qui va se passer.
01:27Alors s'il n'y a pas de dissolution ou de grand changement de régime,
01:30ce sera ce qui va se passer jusqu'aux élections présidentielles de 2027.
01:34Voilà, donc jusque là, c'est très compliqué, surtout pour les investisseurs étrangers,
01:37et de se dire, on a envie de parier sur la France à ce stade-là.
01:41Mais alors c'est quoi l'inquiétude des marchés vis-à-vis de ce sujet politique français ?
01:46C'est quoi ? C'est la difficulté à trouver un budget ?
01:48C'est l'instabilité fiscale ?
01:50C'est potentiellement la remise en cause de réformes
01:52qui permettaient de réduire la dette du pays, c'est ça ?
01:55Oui, de manière générale.
01:58Il faut voir qu'aujourd'hui, la dette française,
02:00elle coûte à peu près 2000 euros par ménage par an.
02:03C'est beaucoup.
02:04Bien sûr.
02:04On est en crise de pouvoir d'achat.
02:06On sent que c'est très compliqué de réformer le pays aujourd'hui.
02:09Et donc dans ce cadre-là, ce qui est très important,
02:12c'est de dire qu'à un moment, on a un projet clair,
02:16qu'il fasse consensus, et on arrive à redresser les finances publiques.
02:19Le marché ne demande que ça.
02:20Mais en attendant, c'est un poison lent.
02:22Donc tant qu'on n'a pas cette solution, on ne l'a pas pour l'instant,
02:24parce que ce qui reste quand même un pseudo-gouvernement technique,
02:26c'est compliqué, et bien on va continuer de dériver.
02:29Malheureusement, on perd du temps.
02:30La dette, c'est un poison lent.
02:31Ça fait plusieurs années qu'on a des...
02:34Si on peut remonter un peu plus loin, que les politiques nous disent
02:37« Ah là, c'est le dernier grand soir, si on ne fait rien, c'est l'horreur. »
02:39Non, c'est un poison beaucoup plus lent.
02:41Et puis un jour, ça peut coûter très cher comme en Grèce.
02:43Bon, je pense qu'on n'est pas encore là en France,
02:45mais on est dans la phase du poison lent.
02:46Donc évidemment, le marché, comme vous le dites,
02:48dès qu'il y a une mauvaise nouvelle, ou une nouvelle qui n'a pas dans son sens,
02:51eh bien, il vend la France.
02:52– Ambretta Seignori, rapidement, également, sur la situation française.
02:56On regarde ce qui se passe du côté des marchés.
02:57Les marchés n'aiment pas cette annonce gouvernementale,
03:01peut-être en lien avec le fait que le gouvernement de Sébastien Lecornu
03:05ressemble très étrangement quand même au gouvernement de François Béroux,
03:08et donc avec peut-être ce risque de se dire que le gouvernement peut chuter dans les prochains jours.
03:13C'est ce que se dit le marché à l'heure actuelle ?
03:15– Les marchés, en général, n'aiment jamais l'instabilité et l'instabilité politique,
03:19surtout en France, vu le contexte politique difficile depuis plus d'un an maintenant.
03:25Ça veut dire que le budget est difficile à faire
03:27et la situation budgétaire de la France est quand même dégradée.
03:31La France aura probablement encore l'an prochain un déficit supérieur à 5%,
03:36donc le plus large de la zone euro.
03:39Clairement, les marchés regardent ça,
03:41ont en tête que la trajectoire de la dette est dégradée.
03:46Nous, on a fait des simulations en interne
03:48et la dette sur PIB pourrait arriver au-delà de 125% du PIB à horizon 2030.
03:56Donc il faut un ajustement budgétaire pour stabiliser cette trajectoire-là,
04:01d'accumuler d'environ 100 milliards d'euros.
04:07Dans ce contexte politique, il paraît difficile à faire.
04:12Donc c'est ça que les marchés ont en tête.
04:15Ceci dit, voilà, pour nous, on n'est pas dans le scénario du pire
04:19et tant qu'il n'y a pas de crise politique aiguë,
04:25un écartement du spread,
04:28ça peut vouloir dire aussi une meilleure opportunité d'achat.
04:32– Avec notamment un CAC 40 qui est passé sous la barre des 8 000 points
04:39en recul de 1,75%.
04:42Un mot des États-Unis, peut-être Pierre-Olivier Béfi,
04:46là pour le coup, l'instabilité politique,
04:49ou en tout cas l'incertitude politique,
04:51on l'a puisqu'on est toujours en période de shutdown,
04:53ça n'inquiète pas les marchés financiers.
04:55– Non, parce que d'abord, c'est un shutdown qui est assez télégraphié.
04:58D'ailleurs, c'est un shutdown qu'on ne fait même pas
04:59pour augmenter le plafond de la dette, je rappelle.
05:02C'est juste pour des histoires d'ajuster à la marge
05:06la composition du budget les prochaines.
05:09Donc je pense que ce n'est pas vraiment un shutdown qui est très dommageable.
05:14La deuxième chose, c'est que les marchés,
05:16surtout les marchés actions, ils voient loin.
05:19Donc oui, à court terme, ça va peser un peu sur la croissance.
05:21Et on va avoir aussi les statistiques du chômage
05:25qui vont exploser sans doute actuellement.
05:27– Pardon, Pierre-Olivier Béfi, on va revenir en France
05:29puisque je lis à l'instant que Sébastien Lecornu
05:32a remis sa démission à Emmanuel Macron,
05:34qu'il l'a accepté à l'Élysée.
05:35On le découvre tous les trois ensemble.
05:37Ça explique pourquoi…
05:39– On s'amuse en ce moment.
05:39– Comment ?
05:40– On s'amuse en ce moment.
05:41– On s'amuse, c'est ce qu'il faut dire.
05:43Enfin, on voit surtout que ça explique pourquoi
05:45le recul était si marqué, effectivement,
05:48sur le CAC 40 depuis quelques minutes,
05:50à moins 1,43% à 7 965 points.
05:53Ça explique pourquoi ça s'est encore plus tendu,
05:55effectivement, sur les marchés obligataires,
05:57notamment le 10 ans français,
06:00plus 2,05%.
06:01Retour en France, Pierre-Olivier Béfi,
06:03réaction à chaud d'une information
06:04que vous n'aviez pas il y a quelques minutes
06:06avant de rentrer en plateau.
06:07Ça va créer encore plus d'instabilité financière
06:10et économique,
06:11cette démission surprise de Sébastien Lecornu ce matin.
06:15– Oui, alors je ne connais pas du tout les raisons.
06:16– Je ne les ai pas encore non plus,
06:18pour l'instant j'ai que l'info,
06:19mais dès que j'ai les raisons, je vous les donnerai.
06:20– Et elle a été acceptée, c'est ce que vous me dites.
06:22– Et elle a été acceptée, effectivement,
06:23le PS laissait entendre qu'il allait censurer le gouvernement.
06:27On imagine donc que Sébastien Lecornu s'est rendu compte
06:29que le gouvernement ne passerait pas,
06:32ce que prisaient effectivement les marchés.
06:34Et donc Sébastien Lecornu vient de remettre sa démission.
06:39– Alors à mon sens, à chaud,
06:41je me dis qu'il n'y a plus que deux solutions.
06:43Il a quasiment essayé tous les fusils au niveau des ministres.
06:46Peut-être qu'il peut encore essayer un ministre de gauche,
06:50socialiste,
06:51mais je pense que les LR ne resteront pas au gouvernement.
06:54Donc il y aura une minorité encore plus minoritaire.
06:58Donc je ne sais pas trop comment il s'en sort de ce côté.
07:00Donc maintenant qu'il a essayé toutes ses cartouches de ce côté,
07:02c'est que soit on va avoir un gouvernement technique,
07:04soit là quand même,
07:06on peut quand même la probabilité d'une dissolution de l'Assemblée
07:09à nouveau se poser.
07:11Donc ça c'est quelque chose qu'il faut à mon avis,
07:13c'est ce qui va rendre nerveux les marchés je pense.
07:15– Avec notamment, je lis en même temps qu'on se parle,
07:18mais c'est cette demande d'Olivier Faure,
07:21donc du Parti Socialiste,
07:23de revenir sur cette réforme des retraites de 2023,
07:26ou en tout cas de rouvrir la discussion sur cette réforme.
07:31Ça veut dire que,
07:32est-ce que la réforme des retraites va devenir l'arbitre des...
07:35Alors, des sujets politiques, ça c'est une évidence,
07:37mais est-ce que du coup,
07:38ça va nous créer de l'instabilité sur les marchés
07:40jusqu'à la fin de l'année,
07:41voire potentiellement plus,
07:43Pierre-Olivier Beffy,
07:44et ensuite Ombretta Signori ?
07:45– Cette réforme des retraites,
07:47d'abord elle a été très malmenée,
07:49c'est pour ça aussi qu'elle a beaucoup marqué les Français.
07:52On fait des réformes paramétriques
07:53sur un système qui a à bout depuis très longtemps,
07:55donc je pense que les Français,
07:57ils en ont marre, voilà.
07:58Et la deuxième chose,
08:00c'est qu'aujourd'hui c'est une marotte de l'opposition,
08:03en permanence,
08:03pour dire, voilà,
08:05elle a été tellement impopulaire,
08:06c'est très facile de dire,
08:07on veut revenir là-dessus.
08:08Moi je pense que de toute façon,
08:09vu la situation budgétaire,
08:10ça va être très compliqué de revenir
08:12complètement sur cette mesure.
08:15Voilà, donc il va y avoir des ajustements
08:17pour dire, vous voyez,
08:18on a bien changé,
08:19on a bien fait quelque chose pour les retraités,
08:20qui sont aussi un point important dans l'électorat,
08:23donc il faut aussi…
08:24– Bien sûr, oui.
08:24– C'est important de les garder
08:25pour la prochaine élection.
08:26– Complètement, oui, bien sûr.
08:27– Mais moi je pense que c'est quand même,
08:30c'est agité en permanence par les oppositions,
08:33parce que c'est un sujet facile, voilà.
08:35Ça permet de ne pas parler du reste,
08:36qu'il y ait la réforme de l'État-providence,
08:39des administrations publiques dans leur ensemble,
08:41voilà.
08:42Enfin, le gouvernement Macron,
08:44sur les deux derniers mandats,
08:45a bien sûr fait deux grosses erreurs
08:47avec les gilets jaunes,
08:49et puis après aussi avec le Covid,
08:52ils ont mis beaucoup de mesures en place,
08:55et beaucoup de mesures qui sont indexées
08:56sur l'inflation.
08:56Donc c'est terrible,
08:57parce qu'après vous avez le tendanciel
08:58des dépenses publiques qui explosent.
09:00Voilà, donc ça, ça a été deux erreurs.
09:02Enfin bon, ça fait 30 ou 30 ans
09:04qu'en fait, on ne fait plus d'efforts
09:05au niveau budgétaire, voilà.
09:06C'est juste que là,
09:07on arrive au money time, en quelque sorte,
09:09et les deux mondes,
09:10ça commence à coûter cher,
09:11et on se dit,
09:12mince, il va vraiment falloir faire quelque chose, voilà.
09:14– Ombretta Signori,
09:15beaucoup de nouvelles ce matin,
09:17alors qu'on parle, nous,
09:18des marchés financiers.
09:19Un CAC 40 qui est à 7 949 points,
09:22on reste quand même sur des niveaux élevés
09:23par rapport aux derniers jours,
09:26il se stabilise,
09:27mais il est quand même en recul de 1,63%.
09:30Réaction au gouvernement,
09:31au risque de censure du gouvernement,
09:33à la démission du Premier ministre Sébastien Lecornu.
09:37Comment est-ce que vous analysez cette séquence à chaud
09:39en la découvrant avec nous ?
09:41– À chaud, ce qu'on peut dire,
09:43dans ce flou politique-là,
09:47évidemment, en notre vie,
09:49il peut y avoir des cas de tensions aiguës
09:52sur les marchés.
09:53Le premier, c'est peut-être la dissolution éventuelle.
09:58Et dans ce cas-là, par exemple,
09:59on pourrait voir un écartement plus prononcé
10:02du spread français,
10:05mais ou une sous-performance du CAC 40
10:09par rapport aux autres marchés européens.
10:12– Avec des marchés européens
10:13qui sont tous orientés dans le rouge ce matin.
10:14Enfin, je vois que le DAX, notamment,
10:15est en recul de 0,32%
10:17et l'Eurostock 50, lui, pour le coup,
10:20en recul de 0,68%.
10:21Donc, on est sur une tendance
10:23beaucoup plus marquée en France,
10:24mais qui est partagée
10:26par d'autres places boursières aujourd'hui.
10:27– Oui, mais le scénario du pire,
10:30ce n'est probablement pas la dissolution.
10:33Ce sont les démissions du président Macron.
10:36On n'en est pas encore là.
10:37– Bien sûr.
10:38– Parce que c'est vraiment ce scénario-là
10:40qui pourrait entraîner une crise de confiance
10:43dans le pays.
10:44Et donc, par exemple,
10:45une fuite des investissements des étrangers
10:48sur les obligations françaises.
10:51mais on n'en est pas là.
10:53Donc, il peut y avoir encore
10:56un stress sous les marchés.
10:58À suivre, après,
10:59si jamais il y a une dissolution,
11:02comment les sondages vont évoluer.
11:04Ça, c'est aussi très important
11:05pour voir quels seraient éventuellement
11:08les rapports de force entre les parties.
11:13Donc, voilà.
11:14C'est difficile de faire des scénarios comme ça.
11:18Mais on n'est pas encore dans le scénario du pire.
11:21– Mais on voit quand même
11:22que les marchés réagissent
11:23à ce blocage politique en France à l'heure actuelle
11:27et cette difficulté d'avancer
11:28dans une direction ou dans l'autre
11:30avec une majorité suffisante.
11:32Quand on voit le 10 ans français plus 2,05,
11:35le 30 ans qui, lui,
11:37se tend encore un petit peu plus,
11:39aux alentours de 4,43, plus 2,31%.
11:42Les marchés sanctionnent quand même
11:45cette difficulté à avancer
11:48budgétairement ou politiquement
11:50en France à l'heure actuelle.
11:52– Oui, c'est une situation qui est dégradée
11:55depuis quelques années en France.
11:59Et la France, pardonnez-moi,
12:04est un mauvais élève en termes de budget
12:08puisqu'elle n'a pratiquement jamais eu
12:13un surplus primaire,
12:15c'est-à-dire dépenses recettes
12:18moins dépenses en positif.
12:21Et donc, il faut qu'il y ait
12:24une stabilité politique
12:25avec une majorité qui puisse garantir
12:28des réformes et des améliorations
12:33d'un point de vue budgétaire
12:34pour que les marchés inversent
12:37cette tendance-là.
12:38– Mais on l'a vu d'ailleurs,
12:39Pierre-Olivier Béfi,
12:40la semaine dernière,
12:40on avait les chiffres de l'inflation
12:42en zone euro.
12:43On voit que l'inflation en Allemagne
12:45pour le mois de septembre,
12:46en première estimation,
12:47était à 2,4%.
12:49En France, on est à 1,2%.
12:51On peine à retrouver de l'inflation.
12:53Les analystes nous disent,
12:53bah oui, on peine à retrouver
12:54de l'inflation parce qu'on peine
12:55à retrouver de la croissance
12:56et donc de l'activité économique.
12:59La France fait partie
13:00des moins bons élèves économiques
13:02aujourd'hui en Europe.
13:04Alors, toute proportion gardée
13:05par rapport à la taille des économies,
13:06mais quand même,
13:07c'est la France qui aujourd'hui
13:08est plutôt en queue du peloton
13:10de la reprise économique
13:11en Europe aujourd'hui.
13:12– Oui, moi je dirais
13:13que c'est toujours assez classique.
13:15Moi, j'étais chef de la conjoncture,
13:16ça remontait,
13:17j'ai bien vieilli depuis,
13:18mais je me rappelle,
13:19on se disait toujours,
13:20être chef de la conjoncture en France,
13:22c'est un boulot assez pénible
13:24parce que ça ne barille pas beaucoup
13:25en France.
13:25C'est très mou,
13:26on n'a pas les récessions
13:27des autres non plus.
13:28Donc, on est un pays
13:29très diversifié,
13:30très défensif,
13:31avec beaucoup d'amortisseurs
13:33aussi sociaux et fiscaux.
13:35Donc, oui, c'est normal aussi
13:36que dans les phases de reprise,
13:37on est moins moins que les autres.
13:38En plus, là,
13:39ce n'est même pas une reprise,
13:40il y a l'Allemagne
13:40qui va faire un énorme
13:41stimulus budgétaire.
13:42Donc, c'est évident
13:43qu'on va paraître,
13:45en termes de perspectives
13:46de croissance,
13:47beaucoup plus marqués
13:48en recul.
13:49Moi, je dirais juste
13:50par rapport au débat,
13:51et c'est intéressant,
13:52vu qu'en face de moi,
13:53j'ai quelqu'un d'origine italienne
13:54qui va pouvoir nous donner
13:56des leçons,
13:56mais voilà, c'est que l'Italie,
13:58il y a un taux de chômage
13:59moins bas,
13:59il y a des finances publiques
14:00qui sont un peu mieux.
14:02Bon, oui,
14:03ils ont beaucoup tiré
14:04sur les fonds européens,
14:05mais malgré tout,
14:06voilà, on est vraiment devenu
14:07le cran aujourd'hui
14:09d'un point budgétaire.
14:11Et quand on commence
14:12à avoir ces problèmes budgétaires,
14:13là, on est à un point
14:14où on peut vraiment
14:16perdre la confiance.
14:17Vous voyez,
14:17tous les pays,
14:18l'Argentine,
14:19ça a été le cas
14:20pendant très très longtemps,
14:21c'est des pays, en fait,
14:23qui ne marchaient pas
14:24parce que les gens
14:24ne réinvestissaient pas
14:25dans le pays.
14:25L'argent ne revenait pas
14:28dans le pays,
14:28soit elle partait à l'étranger
14:29et même quand elle restait
14:30dans le pays,
14:30elle était gelée.
14:31Et nous,
14:32tout ce climat,
14:33je dirais que ça gèle
14:35l'argent en quelque sorte,
14:36donc l'argent ne circule
14:37plus dans le pays,
14:37etc.
14:38Donc c'est pour ça,
14:38si on a de l'inflation
14:39moins forte,
14:40parce que la vitesse
14:40de circulation de la monnaie
14:41baisse en France
14:42et puis en plus de ça,
14:44c'est alimenté
14:45par tout le climat anxiogène
14:47qu'on a tenu.
14:48Le risque de perte de confiance,
14:49on entendait souvent quand même
14:50effectivement quand on voyait
14:51le niveau de...
14:53enfin le taux d'emprunt
14:54de la dette française
14:56se tendre un peu,
14:56on entendait quand même
14:57beaucoup de gens nous dire
14:58ça reste la France,
14:59on continuera à prêter,
15:02les créanciers continueront
15:03à nous prêter de l'argent.
15:04Vous dites quand même,
15:05attention,
15:05il y a un petit risque de confiance
15:06si cette situation,
15:08cette impasse budgétaire
15:09dure trop longtemps.
15:10Moi, les deux risques,
15:11je suis d'accord,
15:11il y a d'abord le risque
15:12endogène à la France,
15:14par exemple si Macron démissionne,
15:16etc.
15:16assez vite,
15:17ça, ça va.
15:17Mais paradoxalement,
15:18bon,
15:19ça peut permettre
15:20de mettre une clarification,
15:21c'est-à-dire qu'on va passer
15:21peut-être par un gros stress
15:22et puis après,
15:23on sera très content
15:23parce qu'on aura enfin
15:24une situation politique claire
15:25qui n'est pas possible aujourd'hui.
15:27Oui, les marchés
15:28aiment des situations prévisibles.
15:30Et puis après,
15:31il y a le choc exogène,
15:33pour moi,
15:33qui est le vrai risque
15:34pour la France
15:35l'année prochaine,
15:35c'est que,
15:37voilà,
15:37on a du stimulus budgétaire
15:38partout en Europe,
15:39dans le monde,
15:39pardon,
15:40pas uniquement,
15:40en Europe,
15:41on a un partout dans le monde.
15:42Et puis,
15:43on a,
15:44maintenant même la fête
15:45s'y est mise,
15:45à part la Banque du Japon
15:47et le Brésil,
15:48la Banque brésilienne,
15:49toutes les banques
15:49ont baissé leurs taux.
15:50Donc,
15:51on a beaucoup de liquidités
15:51dans le système
15:52qui explique aussi
15:53pourquoi les actions
15:53sont à ces hauts niveaux
15:54qu'on a aujourd'hui.
15:56Mais toute cette liquidité,
15:57à moins,
15:57elle peut revenir aussi
15:57dans l'économie.
15:58Donc,
15:58pour l'instant,
15:58le scénario est gentillère,
16:00entre guillemets,
16:00disons que l'inflation
16:01va baisser,
16:01mais si l'année prochaine,
16:02l'inflation remonte un peu
16:03et qu'on remet des pressions
16:05à la hausse
16:05sur les marchés obligataires
16:06mais mondiaux,
16:07nous,
16:07en relatif,
16:08on va se dire,
16:08ah ouais,
16:09non mais attends,
16:09si les taux se tendent partout
16:10en France,
16:11il faut vraiment
16:11qu'ils se tendent beaucoup plus.
16:12Vous voyez,
16:12c'est un niveau relatif.
16:13Là,
16:14on a la chance
16:14d'avoir eu des taux
16:15qui ont baissé,
16:16des taux mondiaux
16:16qui ont baissé,
16:17au moment où on avait le stress.
16:18Donc,
16:18en quelque sorte,
16:19souvent,
16:19les gens disent,
16:20regardez,
16:20les taux français,
16:21finalement,
16:21ils n'ont pas beaucoup monté.
16:22Oui,
16:22mais parce qu'on avait
16:23des taux généraux
16:25qui baissaient.
16:26Là,
16:26si on a une configuration différente,
16:27les marchés,
16:28enfin,
16:29les spreads peuvent s'écarter
16:29davantage.
16:30C'est ce qu'on a connu
16:31en 2011,
16:32etc.
16:33Ombréda Signori ?
16:34Moi,
16:35j'ai envie aussi
16:36de dire
16:38qu'il ne faut pas tomber
16:39non plus
16:39dans le pessimisme extrême.
16:41Tout à l'heure,
16:41vous avez parlé
16:42de sentiments déprimés,
16:45pertes de confiance,
16:47mais il faut garder à l'esprit
16:49que ça,
16:49c'est vrai,
16:50depuis un moment
16:51en France.
16:52Et si on avait dû
16:54suivre que
16:56les enquêtes
16:57conjoncturelles
16:57de sentiments
16:58et tout ça,
16:59eh bien,
17:00la France,
17:00probablement,
17:01aurait été en récession
17:02depuis plus d'un an.
17:04Alors,
17:04ce n'est pas le cas.
17:04Bien sûr.
17:05Ce n'est pas le cas
17:05et un constat
17:07qu'on peut faire,
17:08c'est que justement,
17:09particulièrement en France,
17:11les enquêtes
17:12conjoncturelles
17:13ont tendance
17:13à sous-estimer
17:14la croissance française.
17:16C'était vrai
17:17en 2024,
17:19on partit en 2023,
17:20et depuis le début
17:21de l'année,
17:21on ne peut pas vraiment dire...
17:22Et les notes de conjoncture
17:23sont en dessous
17:24de la croissance réelle
17:25constatée en fin d'année.
17:25optimiste, oui,
17:26par rapport à la croissance
17:28qu'après,
17:28on mesure.
17:29Et d'ailleurs,
17:30depuis le début de l'année,
17:32c'est vrai,
17:33la France a sous-performé
17:34la moyenne
17:35de la zone euro,
17:36mais,
17:37en fait,
17:39il y a eu des secteurs,
17:40des niches,
17:41comme le tourisme,
17:42par exemple,
17:43qui ont pu combler
17:44l'ensemble de l'économie.
17:46C'est vrai.
17:47Il n'y a pas que...
17:49Il y a l'incertitude politique
17:51en France,
17:52mais il y a eu aussi
17:53l'incertitude mondiale
17:54au niveau de ce qui se passe
17:56avec les États-Unis,
17:57les politiques tarifaires.
17:58Et globalement,
18:00la zone euro,
18:01y compris la France,
18:03ça s'en est plutôt mieux sorti
18:05que prévu,
18:05en tout cas.
18:06Et donc là,
18:07le fait que,
18:08par exemple,
18:08l'incertitude mondiale
18:10au niveau des tarifs,
18:12on peut espérer
18:14que le pic
18:15de l'incertitude
18:16soit derrière nous.
18:18Ça devrait soutenir,
18:19en fait,
18:20l'économie française aussi.
18:23Donc,
18:23tout ça pour dire
18:24qu'il n'y a pas
18:25que des aspects négatifs
18:27qu'il faut regarder.
18:30Merci,
18:31Ambretta Signori,
18:32macroéconomiste
18:32chez Ofi Invest
18:33Asset Management.
18:34Merci,
18:35Pierre-Olivier Beffi,
18:36chef économiste
18:37de Boussard et Gavodan.
18:38Je vous rappelle
18:38que le CAC 40
18:39recule de 7 923 points.
18:42moins 1,96%,
18:45près de moins 2%,
18:47alors que Sébastien Lecornu
18:49a remis sa démission
18:51au président de la République
18:52qu'il a accepté,
18:53qui a généré notamment
18:54une tension également
18:54sur les marchés obligataires.
18:56Le 10 ans français
18:57plus 2,05%,
18:59une tendance à peu près
19:00équivalente
19:00sur le 30 ans français.
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