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  • il y a 4 mois
Aujourd'hui, c'est au tour d'Ingrid Levavasseur, ancienne figure du mouvement des Gilets jaunes, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.

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00:00R.M.C. Face aux grandes gueules
00:03Demain 10 septembre, c'est le mouvement Bloquons-Tout, avec des craintes de la part des autorités qu'il y ait des actions plutôt radicales.
00:12Et ce mouvement, on va en parler avec Ingrid Levavasseur, ancienne figure du mouvement des Gilets jaunes.
00:18Bonjour Ingrid Levavasseur.
00:19Bonjour, bonjour l'équipe.
00:21Ingrid, le mouvement Bloquons-Tout, c'est le retour des Gilets jaunes ?
00:25Je ne pense pas que ce soit le retour des Gilets jaunes, même si c'est semblable.
00:28Les Gilets jaunes, c'était un mouvement inattendu, surprenant, spontané.
00:33Là, il y a déjà une attente importante et on sent bien que c'est une crainte parce que, évidemment, ça a été explosif aussi en 2018.
00:42Mais en fait, je ne pense pas que c'est du tout le retour des Gilets jaunes, pour la simple et bonne raison que beaucoup de personnes soutiendront,
00:49mais n'auront pas envie de porter le Gilet jaune parce que le Gilet jaune, hélas, a été beaufisé et personne n'a envie d'être apparenté un Gilet jaune.
00:56Alors, je pense que c'est un nouveau mouvement, certes, qui peut taper très fort et qui peut avoir beaucoup d'incidences.
01:02Vous en serez ?
01:02Je serai solidaire, mais je ne pourrai pas être dans les manifestations.
01:06Pour toutes les raisons que l'on connaît, j'ai moi-même été prise à partie et donc je veux bien en parler, mais je n'y serai pas.
01:15Alors, je suis gérante d'une guinguette dans l'heure à Enfreville-sur-les-Monts, pour être exacte.
01:21J'ai repris cet établissement parce que j'avais à cœur d'ouvrir un café.
01:24J'ai repris des études après le Covid parce que le Covid étant passé par là, je suis aussi retournée en tant qu'aide soignante à ce moment-là.
01:33Et j'ai pris conscience que ce n'était plus du tout ce que j'avais envie de faire.
01:36Et donc, j'ai repris des études.
01:37J'ai passé un bac pro couture pour pouvoir donner des cours à mon tour.
01:40Et donc, j'ai repris un établissement qui est juste à côté de chez moi, qui est une magnifique guinguette.
01:45Mais est-ce qu'aujourd'hui, les raisons de se mobiliser du temps des Gilets jaunes sont toujours là ?
01:49A savoir la difficulté de s'en sortir même quand on travaille ?
01:54A savoir l'impression de ne pas être entendue par ceux d'en haut, par ceux qui sont à Paris et qui gouvernent ?
02:00A savoir le côté parfois mépris social qui peut s'exprimer dans la bouche de ceux qui nous dirigent ?
02:08Absolument.
02:08Et moi, j'en parle souvent avec mes clients d'ailleurs.
02:11Quand vous faites vos courses, vous avez l'impression que c'est toujours plus cher, toujours plus difficile.
02:16Les fins de mois sont difficiles pour tout le monde et surtout pour ceux qui se sont mobilisés pendant les Gilets jaunes.
02:22Je pense toujours à eux quand je fais mes courses.
02:24Je me dis toujours comment les font les gens qui gagnent un SMIC ?
02:27Comment font ceux qui n'ont pas pu être augmentés ?
02:29Comment font ceux qui se battent tous les jours ?
02:31Et notamment, je pense aux familles monoparentales.
02:33C'est une cause que je défends toujours, que j'ai toujours défendue et que je défendrai toujours.
02:36Même si ma situation personnelle est différente aujourd'hui, pour moi, c'est encore une fois les oubliés.
02:43Et je pense qu'il faut les mettre encore et toujours en lumière pour que ça avance.
02:47Joël, Jean-Loup, Jérôme.
02:50Oui, vous, vous avez une expérience d'un mouvement social qui a été assez long sur la durée.
02:56Sur ce mouvement social-là, pour ceux qui se mobilisent, comme vous dites, ce n'est pas vraiment les Gilets jaunes,
03:01est-ce que vous avez justement un conseil à leur donner ?
03:03Est-ce que vous avez vu des erreurs peut-être que vous avez faites en tant que Gilets jaunes
03:07et qu'il ne faudrait pas reproduire de sorte à ce que vraiment les choses changent ?
03:11Je n'ai pas de conseil à donner à personne, si ce n'est le fait d'être vigilant et se méfier des flashballs.
03:19Vraiment, c'est pour moi essentiel d'essayer de ne pas être dans la violence.
03:23Après, j'ai beau dire tout ce que je veux, chacun fait son expérience.
03:28Et encore une fois, il ne faut pas oublier, et je l'ai déjà dit plusieurs fois, mais je le répète aujourd'hui,
03:32chacun vient avec son histoire personnelle, chacun vient avec sa propre souffrance.
03:35Personne n'a les mêmes difficultés que l'autre, et tout le monde vient avec sa douleur, avec son problème, avec ses difficultés.
03:44On met tout ça dans un checker, et ça fait un mouvement social.
03:47Quelles sont les revendications ?
03:49Les Gilets jaunes avaient revendications, mais elles étaient un peu différentes en fonction de ceux qui étaient dans la rue.
03:54Et puis, dès qu'un Gilet jaune, comme vous ou d'autres, émergeait,
03:59et finalement faisait office de porte-parole, il était immédiatement critiqué, insulté, incendié par les autres,
04:07parce qu'il ne fallait surtout pas le leader.
04:09Mais dans la vie, il y a toujours des leaders.
04:11Ça n'existe pas. La politique, c'est des leaders. Dans les entreprises, il y a des leaders.
04:15Et ce refus, finalement, de faire émerger des figures, à mon avis, ça a tué aussi les Gilets jaunes.
04:21Et j'ai l'impression que Bloquantout passe par un peu sur ce principe, où il ne faut surtout pas...
04:25Oui, mais ça n'existe pas.
04:26On est d'accord sur le fond et sur la forme.
04:29On ne peut pas être apartisan et se dire, voilà, pas leader, leader, on reste sur une ligne horizontale.
04:37On le sait, c'est vrai, vous le dites, dans la politique, c'est comme ça.
04:40Et de toute façon, on fait de la politique, c'est un mouvement politique dans la vie, c'est comme ça.
04:44Et on a beau dire, de toute façon, à partir du moment où on construit quelque chose,
04:47il y a toujours un peu de leaders qui sortent et qui émergent.
04:50Ceux qui ont les capacités de parler, j'ai eu cette chance.
04:52Et moi, ça a été une mise en lumière et j'ai mis ma cause en lumière pour justement...
04:57Mais je pense qu'il en faut, il y en aura, de toute façon.
05:00Après, vous me demandiez quelles sont les demandes et les revendications, c'est toujours les mêmes.
05:04Moi, j'ai toujours l'impression d'avoir les doigts coincés dans la porte quand j'entends les infos.
05:08Je me dis, mais bordel, ça ne changera jamais.
05:10Rien n'a changé depuis...
05:11Rien n'a changé. Après, ça change, il y a certaines choses qui changent, mais elles sont tellement minimes par rapport aux demandes
05:17qu'effectivement, cette sensation d'avoir envie d'agir et de rien pouvoir faire, il y a eu la dissolution.
05:22On s'est dit, ouais, ça va changer. On s'est mobilisés quand même.
05:25Il y a eu pas mal de résultats pour ces votes-là.
05:28Et en fait, c'est toujours pareil.
05:30Emmanuel Macron est toujours là.
05:31Emmanuel Macron est toujours là.
05:32C'est l'entre-soi qui agit.
05:35Voilà, on embauche les copains et on continue.
05:38On fait la même chose.
05:39Donc, il y a encore toujours les mêmes raisons de se mobiliser aujourd'hui.
05:42Ce mouvement du 10 septembre, vous l'avez un peu suivi sur les réseaux sociaux, sur les boucles Télégramme ?
05:47Est-ce que vous sentez quand même monter une radicalité, l'envie de...
05:51Non.
05:52Non ?
05:52En fait, c'est assez semblable à ce qu'on a vécu il y a six ans presque.
05:56C'est la même chose.
05:58C'est cet agacement.
05:59Sauf que là, il y a un peu plus d'organisation.
06:02Moi, je ne suis pas les boucles Télégramme.
06:03Par contre, j'ai toujours des contacts, pas avec les gens médiatisés qui l'ont été comme moi,
06:08mais avec des gilets jaunes dès le premier jour.
06:11Là, dès le début du mouvement, il y a quand même une récupération, voire un détournement, par un parti politique.
06:16Ce qui n'existait pas à l'époque.
06:18Les gilets jaunes ont mis des mois à être récupérés.
06:22C'est le cas.
06:23Ensuite, il y a eu une récupération politique du mouvement aussi.
06:27Mais là, elle y est dès le début.
06:28Alors, tout va plus vite parce que le mouvement est né il y a deux mois.
06:31Et il est déjà presque morné dans son indépendance.
06:36C'est aujourd'hui, c'est Mélenchon qui a mis la main là-dessus, qui a détourné complètement le truc.
06:40Et quoi qu'il se passe, c'est aujourd'hui, on le voit dans la classe politique, c'est le mouvement.
06:46On ne parle que d'un mouvement d'extrême gauche, ce qui est faux en plus.
06:48C'est faux, mais en fait, il y a aussi ce mouvement que l'on connaît déjà.
06:56Et en fait, il était déjà dès le départ, ce mouvement des gilets jaunes.
06:59Mais il y avait beaucoup plus de gens qui, comme moi, militaient pour la première fois,
07:03sortaient dans la rue pour la première fois et n'avaient pas cette lucidité sur la prise de position des uns et des autres.
07:11Moi, je ne pense pas que ce soit un parti politique.
07:14Je pense qu'encore une fois, on veut caractériser ce mouvement d'extrême gauche ou d'extrême droite.
07:19Moi, ce que je peux vous dire, c'est qu'il y a des milliers de Français
07:21qui sont encore dans les mêmes situations, à galérer tous les mois, à remplir leur caddie.
07:26En fait, la fin de mois commence de plus en plus tôt, c'est-à-dire vers le 10-12.
07:31On le voit d'ailleurs, on l'a vu cet été.
07:33Les gens sont très peu partis en vacances, ont privilégié le chez-soi.
07:36Ils vont au restaurant, mais ils mangent une glace et ils boivent un verre.
07:38Ils ne prennent pas l'addition entière.
07:40En fait, tout le monde fait un peu plus attention.
07:42Il y a cet inconfort et cette instabilité qui perdurent.
07:45Et on ne parle pas là de parti politique.
07:47Et sans perspective.
07:48Sans perspective, exactement.
07:50Et puis, de toute façon, ce climat d'instabilité politique française et mondiale
07:55fait aussi que les gens ont très peur.
07:57Et ce n'est pas ceux qui s'expriment le plus.
07:59Et donc, ce bloc qu'on touche, je pense que c'est ces gens-là qu'il faut aussi aller voir et écouter.
08:03Pas seulement écouter, les entendre et prendre partie de ça.
08:09Jean-Louis Bonami.
08:10Moi, ce qui me fascine, ce qui m'effraye, c'est vraiment l'inertie française.
08:15On disait tout à l'heure qu'on avait l'impression d'être dans le film un jour sans fin.
08:19C'est-à-dire qu'il y a des crises, comme les Gilets jaunes.
08:22Et pourtant, rien ne change et on n'en tire pas les leçons.
08:24Et sur tous les domaines.
08:25C'est-à-dire qu'il y avait déjà eu une grave crise des banlieues en novembre 2005.
08:2918 ans après, il y a eu une crise des banlieues en 2023.
08:33Et on n'a rien fait entre-temps.
08:34Alors que pourtant, on avait vu le problème en 2005.
08:37On a vu.
08:38Vous, vous avez bien connu le milieu de l'hôpital.
08:40On a vu que l'hôpital public se portait très mal au moment du Covid.
08:43Et finalement, aujourd'hui, je pense qu'il ne se porte pas mieux, cinq ans après.
08:48Voir, il est même dans un état encore pire.
08:51Et donc, on a vu également, il y a un an et demi, la colère des agriculteurs.
08:55Aujourd'hui, je pense que les problèmes structurels de l'agriculture française ne sont pas réglés.
08:59Et même au contraire, avec l'accord du Mercosur, ça va être encore bien pire.
09:03Et pour les Gilets jaunes, c'est pareil.
09:05Les Gilets jaunes, moi je pense que les causes du mouvement des Gilets jaunes, elles étaient assez claires.
09:09Un, le manque de pouvoir d'achat, vous l'avez dit.
09:11Il y a plein de Français, justement, c'est pour ça que la date du 10 septembre est assez symbolique.
09:15Il y a plein de Français qui sont dans le rouge à partir du 9 ou du 10,
09:19qui n'arrivent plus à boucler leur fin de mois.
09:21Et comme vous l'avez très bien dit, les fins de mois commencent de plus en plus tôt.
09:23C'était l'une des causes des Gilets jaunes.
09:25On voit que ça continue aujourd'hui.
09:27C'était également parmi les causes du mouvement des Gilets jaunes.
09:30L'écart entre ce qu'on appelle la France périphérique,
09:33la campagne, le périurbain, les villes petites et moyennes d'un côté,
09:36et de l'autre, les grandes métropoles, qu'on en fait toujours plus pour les grandes métropoles
09:40et toujours moins pour la France des territoires.
09:42Bon, des terroirs et des territoires.
09:44Et également, la troisième chose, c'était le manque de démocratie.
09:49Les gens, bah oui, il y a beaucoup de problèmes, donc ça prend du temps.
09:51Les gens ne se reconnaissent plus dans la classe politique.
09:55Et donc, que demandaient les Gilets jaunes ?
09:58Ils demandaient des référendums.
09:59Il y a eu zéro référendum en France depuis 2005.
10:02Emmanuel Macron nous avait promis un référendum.
10:03Ah, il avait promis !
10:04Là, en ce moment, en septembre, il n'y a ni référendum d'initiative citoyenne,
10:07ce qui était l'une des revendications des Gilets jaunes,
10:09ni même référendum décidé par le pouvoir.
10:12Ça fait depuis 2005 comme en 2005.
10:13Mais on parle des cahiers de doléances.
10:15Il y a des familles.
10:16Parlons des cahiers de doléances, les cahiers de doléances.
10:19Il y en a beaucoup qui ont joué le jeu.
10:21Il y en a beaucoup qui ont joué le jeu des cahiers de doléances.
10:23Moi-même, je suis allée dans ma commune, qui était Pont-de-Larche à l'époque.
10:26Je suis allée échanger, je suis allée expliquer.
10:28Et j'ai vraiment œuvré pour que ça fonctionne.
10:31On nous a donné des outils qu'on a utilisés pour certains.
10:34Et on a été nombreux, des Français qui n'étaient pas forcément aux Gilets jaunes,
10:37mais qui se sont dit, tiens, on a la possibilité de parole.
10:40Mais aujourd'hui, les cahiers de doléances, ils sont où ?
10:42On en fait quoi ?
10:44Il y a eu une tentative d'ouverture des cahiers de doléances,
10:46mais en fait, on n'y a pas accès.
10:50Excusez-moi, je vais dire, on s'est du foutage de gueule.
10:52En fait, on se fout de nous, tout le temps, tout le temps.
10:54Il y a eu pourtant les grands débats organisés par le gouvernement public.
10:57C'est ceux-là dont je parle.
10:59Et les maires, on en parle des maires de nos communes,
11:01ils ont moins en moins de budget.
11:05Ils doivent faire avec leur couteau et leur bite.
11:08Excusez-moi, article 22, démerde-toi comme tu peux.
11:11Donc à un moment donné...
11:12Il ne faut pas genrer la fonction de maire quand même.
11:14Pardon, bien que ça n'ait rien à voir, effectivement.
11:17Mais en fait, ils doivent faire vraiment avec ce qu'ils ont et ce qu'ils peuvent,
11:21et donc de moins en moins pour les écoles.
11:24C'est comme d'habitude, il a eu très peur au moment des Gilets jaunes.
11:27Et qu'est-ce qu'il a fait ?
11:28La politique du carnet de chèques, il a signé des chèques
11:30pour provisoirement calmer le jeu, parce qu'il a eu très peur.
11:33Ses amis du Medef ont eu très peur.
11:35Ses amis de la caste médiatique ont eu très peur.
11:37Et on voit encore là, les déclarations de Nunez et tout,
11:40qu'ils ont eu ce trauma de la peur des Gilets jaunes.
11:42Donc on a signé des chèques à tout va.
11:44Ça a creusé la dette, mais ça n'a absolument pas réglé les problèmes structurels.
11:47En fait, c'est ça la méthode française.
11:48On achète la paix sociale de manière provisoire en signant des chèques,
11:52on creuse la dette avec l'argent qu'on n'a pas,
11:54et on ne règle jamais les problèmes de fond.
11:54Là, on est quand même dans un moment très particulier,
11:56parce que là, tu as un mouvement social qui se déclenche,
11:58mais tu n'as personne en face.
12:00Et tu n'auras personne en face pendant plusieurs semaines.
12:02Donc tu vas le gérer comment ?
12:03Je ne suis pas sûr que le mouvement s'étendre dans la durée.
12:05Ah, hop, hop, ça, ce n'est pas sûr.
12:07Je pense qu'il faut se détromper.
12:08Alors là, c'est le début.
12:10Après, il y a deux mouvements.
12:11Il y a le 10.
12:12Là, on ne sait pas exactement.
12:14Et puis le 18, ce n'est plus classique.
12:16Le 18, ça ressemble à une journée intersyndicale
12:20qu'on a chaque année à peu près la même...
12:21Moi, je n'y crois pas beaucoup non plus à celle du 18.
12:24Concernant le 10, c'est la grande inconnue.
12:26Concernant le 10, à mon avis,
12:28LFI va contribuer au fait que le mouvement de Bloquantou
12:33ne s'installe pas dans la durée.
12:34Parce qu'il y a beaucoup de gens qui se diront
12:35« Ah, c'est LFI, donc je n'y vais pas ».
12:37Oui, peut-être.
12:38Mais en fait, ceux qui ont envie de se mobiliser
12:41et qui ont ras-le-bol, un peu comme moi il y a quelques années
12:44et encore aujourd'hui, je le ressens.
12:46Mais moi, j'ai mon avis personnel
12:48et je soutiens absolument tous ceux qui ont envie de bouger.
12:52Et pour une fois qu'ils y arrivent et qu'ils se disent
12:54« On va y aller », il faut leur laisser la possibilité de faire.
12:58Moi, ce que je regrette fortement,
13:02c'est qu'on fasse payer le prix de la dette aux plus démunis
13:04et aux classes sociales inférieures.
13:06Aujourd'hui, c'est eux qui trinquent en mode « Ah, ils ne travaillent pas ».
13:09Moi, quand je regarde les commentaires sur les réseaux sociaux,
13:11je me dis « Mais c'est hallucinant, les gens n'ont absolument rien compris ».
13:14Quoi, par exemple ?
13:15« Allez-y, bande de cassos, allez tout casser, vous qui ne travaillez pas ».
13:20Mais bordel, quand est-ce que les gens, les Français,
13:23qui sont là derrière leur écran,
13:25en train d'écrire des saloperies, des insanités sur ceux qui vont se mobiliser,
13:29en disant « C'est des gens qui ne bossent pas, qui ne se lèvent pas ».
13:31Pas du tout !
13:32Moi, j'ai encore un des Gilets jaunes qui s'est arrêté dans ma guinguette cette semaine,
13:36qui est venu me voir et qui est paysagiste,
13:38qui s'ennuie, mais comme ce n'est pas possible pour gagner ce qu'il peut gagner
13:41et offrir un train de vie à sa famille,
13:43qui a dit « Moi, le mercredi, je ne travaillerai pas
13:46parce que je veux montrer que je suis mobilisée ».
13:49Donc, à un moment donné, il faut que tous ces gens prennent conscience
13:51que non, le mouvement « Bloquantou », en l'occurrence,
13:54ce n'est pas des gens qui prennent de la bière
13:56et qui grillent des saucisses sur les ronds-points,
13:57c'est bien souvent des travailleurs qui en ont ras-le-bol
14:00de gagner trop peu pour pouvoir vivre dignement.
14:03Vous restez avec nous, Ingrid Levavasseur.
14:05Je rappelle que vous étiez une des figures des Gilets jaunes
14:07et on voulait vous avoir avec nous pour essayer de comprendre
14:09ce qui est en train de se passer
14:11ou ce qui va se passer demain 10 septembre.
14:14C'est une résurgence.
14:15Si ce sont les mêmes que l'on va retrouver demain,
14:19peut-être à bloquer, à se mobiliser, à manifester
14:21ou simplement, j'ai vu qu'il y avait aussi des rassemblements
14:25comme des AG pour discuter, pour essayer de faire remonter
14:28des informations.
14:29Beaucoup disent « Moi, je vais rester chez moi
14:31et je ne consommerai pas ce jour-là,
14:32je n'utiliserai pas ma carte bancaire ».
14:34Alors, ça ne va pas être simple à mesurer cette mobilisation
14:36des gens qui ne vont pas bouger.
14:37Justement, je vous propose de venir continuer d'en discuter avec nous
14:40au 32-16 parce que cette mobilisation,
14:43elle a un but, c'est de se faire entendre.
14:45Mais de se faire entendre pour aboutir à quoi ?
14:48Aussi, 32-16 pour le dire au GG,
14:50il est 11h20, à tout de suite.
14:51On est avec Ingrid Levavasseur,
15:09ex-figure des Gilets jaunes qui est avec nous
15:11pour faire le parallèle avec le mouvement du 10 septembre.
15:15C'est demain le 10 septembre sur « Est-ce que c'est une résurgence des Gilets jaunes ? »
15:19Alors, c'est vrai qu'il y a du côté des autorités,
15:23on regarde à la loupe,
15:24le renseignement territorial a laissé fuiter une note
15:26la semaine dernière sur les risques de sabotage éventuel,
15:31d'action radicale.
15:32C'est ce qu'a répété d'ailleurs le préfet de police Laurent Nunes
15:34avec son patron Bruno Retailleau, le ministre de l'Intérieur,
15:39où on craint effectivement que des groupuscules
15:41ne soient là uniquement pour faire de l'agitation
15:44et des violences.
15:46On a quelques affiches d'ailleurs
15:48que l'on voit sur les réseaux sociaux aujourd'hui
15:50concernant ce mouvement « Bloquons tout » du 10 septembre,
15:54où on appelle à la dignité,
15:56où Emmanuel Macron c'est le braqueur de pauvres,
15:58c'est quelques-uns des slogans que l'on peut lire.
16:01Alors c'est assez ésotérique,
16:02parce que ça parle aussi de la justice,
16:04justice à deux vitesses,
16:05c'est-à-dire les cols blancs s'en sortent,
16:07les cols bleus, eux, vont en prison.
16:09Grève générale, vous voyez, avec des affiches rouges,
16:11là on voit bien qu'on est dans des mouvements
16:12qui sont plus proches de l'ultra-gauche,
16:14de la Ligue Révolutionnaire,
16:16on arrête le traitement le 19,
16:17alors le traitement c'est Bayrou-Zor.
16:19Mais tout ça, excuse-moi,
16:20tout ça est dépassé,
16:21puisque Bayrou n'est plus là,
16:22il faut changer les affiches.
16:23Alors est-ce que ça ne va pas désamorcer un peu
16:25la chute du gouvernement Bayrou, Ingrid ?
16:27Je ne pense pas du tout,
16:28en fait,
16:29ce n'est absolument pas en lien juste avec Bayrou,
16:32moi quand je vois cette affiche
16:33avec écrit « Dignité et justice sociale »,
16:35c'est ce que je disais tout à l'heure,
16:36en fait,
16:37ce ne sont pas des gens qui m'en disent,
16:41ils ont envie en fait de justice,
16:43justice dans les soins,
16:44justice dans tous les domaines,
16:47à l'école,
16:47quand on voit ce qui est donné aux écoles
16:50pour élever les enfants,
16:52enfin, moi je suis désolée,
16:53mais en fait,
16:54on manque cruellement de justice sociale
16:56et ça ne va pas du tout désamorcer
16:59le fait que Bayrou ait quitté ce gouvernement
17:01ou va le quitter dans les heures qui suivent
17:03puisqu'il n'a pas encore démissionné.
17:04Ce qui serait plus drôle,
17:05c'est que Macron refuse.
17:08Richard, bonjour,
17:09restaurateur du côté des Bouches-du-Rhône,
17:12est-ce que vous en serez demain 10 septembre
17:15ou pas alors ?
17:16Eh bien, je voulais en être
17:17pour la première fois de ma vie.
17:19Moi, je suis un petit chef d'entreprise,
17:21on était cinq salariés avant le Covid,
17:23aujourd'hui, on n'est plus que trois.
17:25C'était la première fois,
17:27c'était vraiment une occasion pour nous
17:28de dire avec mes salariés,
17:30écoutez, laissez-nous bosser,
17:32s'il vous plaît,
17:33et faites en sorte qu'on puisse
17:34se rémunérer à notre juste valeur
17:36par rapport au travail qu'on fournit.
17:37mes salariés, y compris moi-même.
17:40Et malheureusement,
17:41comme d'habitude,
17:43eh bien voilà,
17:43c'est récupéré par les politiques,
17:45et notamment l'ultra-gauche,
17:47les révolutionnaires,
17:48le Mélenchon.
17:49Donc en fait, ces gens-là,
17:50ils n'en ont rien à foutre.
17:51Eh bien, ils nous empêchent
17:52de manifester.
17:53Vous n'avez pas envie
17:54d'être assimilé
17:55à Jean-Luc Mélenchon ?
17:56Non, pas du tout, non.
17:57Vraiment pas du tout, non.
17:59Et n'y a n'importe quelle
18:00sur l'extrême droite,
18:01ça aurait été pareil.
18:02Et qu'est-ce que vous attendez,
18:03vous voyez,
18:03d'un mouvement comme celui-là ?
18:05Alors bon,
18:05on va mettre Jean-Luc Mélenchon
18:06de côté,
18:07la récupération politique,
18:09mais qu'est-ce que vous en attendez ?
18:10Que ça dise quoi,
18:11ceux qui nous gouvernent,
18:12alors, Richard ?
18:14Bah, ça ne dit rien.
18:15Ça dit encore
18:15qu'on va venir demain
18:17pour travailler,
18:17pour éventuellement payer nos charges.
18:19Et encore, demain,
18:20à mon avis,
18:20on aura un chiffre d'affaires
18:21qui sera quasi nul,
18:23parce que les gens ne viendront pas,
18:24ils se mettront en télétravail
18:25et que ce sera le bordel,
18:26encore une fois.
18:27Ah bah oui,
18:27parce qu'on annonce du blocage,
18:29notamment de routes,
18:30de gares.
18:31Je vois qu'il y a des sites universitaires
18:33qui vont fermer.
18:34Demain, par exemple,
18:35tous les Sciences Po
18:35seront fermés.
18:37Mais moi,
18:38je voudrais revenir, Richard,
18:39sur la violence,
18:39parce qu'on craint la violence.
18:41Et d'ailleurs,
18:41c'est peut-être ça
18:42qui a tué aussi
18:42le mouvement des Gilets jaunes.
18:43Et en même temps,
18:44c'est au moment
18:44où il y a eu de la violence
18:45et de la casse
18:46que tout d'un coup,
18:47il y a eu un réveil des politiques,
18:48notamment lorsque les Gilets jaunes
18:50n'étaient pas très loin
18:51de l'Élysée,
18:52manifestaient sur les Champs-Élysées,
18:54sur l'Arc de Triomphe.
18:55Et là, tout d'un coup,
18:56on était dans une ambiance
18:57un peu insurrectionnelle
18:58et Emmanuel Macron a eu peur.
19:00Et tout d'un coup,
19:00il a réagi,
19:01il a lancé les grands débats.
19:03Et c'est toute l'ambivalence en France.
19:04C'est-à-dire qu'on ne veut pas,
19:05bien sûr,
19:05personne ne veut de la casse
19:06et de la violence.
19:07Et en même temps,
19:08souvent,
19:08le responsable politique
19:09ne cède que face à la violence.
19:11Les bonnets rouges,
19:11on a arrêté les portiques
19:12quand il y a eu de la violence.
19:14Et je pourrais multiplier
19:15les exemples,
19:17le nombre de réformes
19:19qui ont été arrêtées
19:20parce qu'à un moment donné,
19:21dans la rue,
19:22ça devenait incontrôlable.
19:23Et c'est ça,
19:24le problème, Ingrid.
19:25Et donc,
19:25les gens pacifiques comme vous,
19:27finalement,
19:27sont un peu...
19:28Comme Richard.
19:29Comme Richard.
19:30Mais de toute manière,
19:31nous, monsieur,
19:32on est baïonnés, en fait.
19:34Pour une fois,
19:34qu'on voulait s'exprimer,
19:35mais voilà,
19:36pacifiquement,
19:37en disant,
19:38laissez-nous bosser.
19:39Nous, on est des petites boîtes,
19:40on est des PME,
19:41on fait 500 000 euros
19:42plus d'affaires.
19:43On gagne 2 000 euros
19:45net par mois.
19:46Nos collaborateurs,
19:47on essaie de les payer 2 000,
19:48ça nous coûte 4 500.
19:49Moi, je pense que les violences...
19:50Mais c'est du salaire différé.
19:52C'est du salaire différé.
19:53Les violences n'étaient pas partout
19:56et contre tout le monde.
19:57Et ça a été quand même...
19:58Enfin, voilà,
19:59il y a eu des cibles,
20:00ça c'est certain.
20:01Mais tout n'a pas été cassé,
20:03tout n'a pas été retourné.
20:04Je pense qu'il ne faut pas non plus
20:05stigmatiser les gilets jaunes.
20:06Et d'ailleurs,
20:08je pense qu'ils ont été
20:09bien plus brutalisés
20:10qu'ils n'ont brutalisés.
20:11Et il ne faut pas généraliser non plus.
20:13Les gilets jaunes
20:14comme moi sont sortis dans la rue.
20:15Par contre, Richard,
20:16il y a un truc
20:16sur lequel je veux revenir.
20:18Si demain,
20:18vous ne pouvez pas manifester
20:19ni même fermer
20:20votre établissement,
20:21peut-être que vous pouvez faire
20:22comme moi,
20:22appliquer une réduction
20:24systématique
20:25à une catégorie
20:27de personnes
20:28que vous avez envie
20:28de privilégier.
20:29Moi, par exemple,
20:29c'est les familles monoparentales.
20:31Et dans mon établissement,
20:32il y a 10 % tout le temps
20:33pour les familles monoparentales.
20:34Et ce n'est pas que le 10 septembre.
20:35C'est 10 % sur l'addition.
20:37En fait,
20:37ce n'est peut-être rien.
20:38Mais par exemple,
20:39moi,
20:39quand j'ai un gilet jaune
20:40qui vient prendre un café chez moi
20:41et avec lequel on échange,
20:42je lui offre le café.
20:43Voilà.
20:44Mais madame,
20:44moi,
20:45j'offre le café
20:46à tous mes clients.
20:47C'est bien.
20:48Donc,
20:48déjà,
20:48c'est résolu.
20:49Non,
20:49le sujet,
20:50il n'est pas là.
20:51Pour boire des cafés gratos,
20:54il faut aller chez Richard
20:55à Aix.
20:57Et j'ai Ingrid
20:57également dans sa guinguette.
20:59Excusez-moi,
20:59mais l'intervention
21:00de notre auditeur,
21:00elle est fondamentale.
21:02Encore une fois,
21:03ce mouvement actuel
21:05a été détourné.
21:07Ce mouvement,
21:07je suis désolé,
21:08mais l'iconographie,
21:09on met les affiches le 19,
21:10on arrête le traitement.
21:11Les affiches,
21:12c'est une iconographie communiste
21:13des années 50.
21:15C'est-à-dire,
21:15c'est totalement déphasé.
21:16On te dit,
21:17la base n'en peut plus,
21:19en haut,
21:19il nous vole,
21:20etc.
21:21Mais c'est qui la base ?
21:22Je veux dire,
21:22le Delta,
21:23il est mis où ?
21:24LFI,
21:24il met le Delta.
21:25L'ennemi,
21:26c'est notre auditeur
21:27pour LFI.
21:28Il est petit.
21:29Ce mouvement
21:31et la violence
21:33qui risque d'en découler
21:33aujourd'hui
21:34est attisé
21:35par un parti
21:35d'extrême-gauche
21:36qui est en train
21:37de bordéliser la France
21:38et qui veut
21:39que les Français
21:39se foutent sur la gueule
21:40en fomentant la haine.
21:41C'est ce qui est en train
21:41de se passer.
21:42Et l'ennemi
21:42est devenu celui
21:44qui avait créé le mouvement.
21:45C'est ça qui est quand même...
21:45Non mais Jérôme Marti
21:46a trois croques mitaines,
21:48Mélenchon, Marine Le Pen
21:49et Vladimir Poutine.
21:50Pour Jérôme Marti,
21:51ah ben voilà,
21:51il le reconnaît en plus.
21:52Pour Jérôme Marti,
21:53tout ce qui va mal dans ce pays,
21:55c'est soit un méchant russe
21:56avec un couteau entre les dents,
21:57soit l'horrible Mélenchon,
21:59soit Marine Le Pen
21:59et l'Alem
22:00et Jérôme Marti.
22:02Ils seront systématiquement
22:06écartés.
22:07Les gilets jaunes
22:07de l'époque
22:08et ceux qui veulent encore
22:09manifester aujourd'hui
22:10les écarteront directement.
22:13J'entends bien,
22:13je vois,
22:14j'ai Fabrice Schlegel
22:15pour ne pas le citer
22:16de la dôle
22:17qui met des commentaires
22:18et je l'aime beaucoup ce garçon.
22:20On n'est pas du tout
22:20d'accord politiquement.
22:22On n'est pas du même avis.
22:23On n'a pas les mêmes idées.
22:25Mais je l'entends
22:26et je le comprends
22:27et même socialement,
22:28on n'est pas du même univers,
22:30etc.
22:31Mais je l'entends
22:31et je pense qu'il ne faut pas
22:33aller dans ça.
22:33Oui,
22:34mais c'est récupéré
22:34par l'extrême gauche,
22:35l'extrême droite et tout.
22:37Laissons les gens parler,
22:39en fait,
22:39laissons-leur la possibilité
22:40de s'exprimer
22:40et LFI sera mise de côté
22:42directement dans les manifestations.
22:45Et je l'espère.
22:46Oui,
22:46mais je pense que...
22:47Parce que c'est encore une fois,
22:48moi,
22:48je sais où elle se situe,
22:50la moyenne.
22:50Et la moyenne,
22:51c'est la classe moyenne
22:52qui aujourd'hui paye plus d'impôts
22:53que tout le reste.
22:54Et c'est ceux qui payent le plus,
22:56gagnent moyennement leur vie
22:58et qui ont le moins.
22:59Et c'est eux aussi
22:59qu'il faut entendre.
23:00Ces entrepreneurs,
23:01ces gens qui bossent
23:02pour 2500,
23:033000 euros par mois,
23:05ils sont hyper taxés.
23:06Les ultra-riches ne le sont pas.
23:07Et en fait,
23:08je pense qu'il faut aussi,
23:09à un moment donné,
23:10mettre une carte sur table
23:11et faire table rase
23:12et arrêter de privilégier
23:13les copains.
23:13Il a besoin de gens
23:15comme Richard
23:15et de gens comme moi.
23:17Et moi,
23:17je suis pareil que Richard,
23:19c'est-à-dire que je me suis
23:20posé la question
23:21de participer
23:23pour la première fois
23:24de ma vie
23:24et en fait,
23:25j'ai renoncé.
23:26Je me suis dit,
23:27non,
23:27tu feras un truc léger,
23:29un truc light,
23:30c'est-à-dire,
23:30tu ne consommeras pas
23:31ce jour-là,
23:32pas de carte bancaire,
23:32machin.
23:33Pourquoi ?
23:34Parce que,
23:34tout simplement,
23:36on n'a pas envie
23:36d'être assimilé
23:38soit un parti politique,
23:40soit un...
23:40Ah non,
23:40pas du tout.
23:41Soit un parti politique,
23:42parce que moi,
23:42je l'entends ça.
23:43Non,
23:44soit à de la violence,
23:45à de la casse,
23:46soit à des revendications,
23:48tu te retrouves
23:48au milieu d'un truc
23:49avec des revendications,
23:49tu regardes la pancarte,
23:50tu te dis,
23:50oula,
23:51ce n'est pas du tout moi.
23:52Et donc,
23:52finalement,
23:53je pense que ça va diminuer
23:54l'impact de ce mouvement
23:55parce que ce mouvement,
23:56il a aussi besoin de gens
23:57qui d'habitude
23:58ne se mobilisaient pas,
24:00qui sont entrepreneurs,
24:01qui sont cadres,
24:02etc.
24:03Et malheureusement,
24:04encore une fois,
24:05les gens vont rester chez eux
24:06et faire une action
24:07un peu minime.
24:08Voilà.
24:08Je voulais remercier Richard
24:10d'avoir...
24:10On est une nouvelle fois
24:11baïonnés par les politiques.
24:12On ne peut pas s'exprimer
24:13pacifiquement
24:14et raisonnablement
24:15pour dire qu'une chose,
24:16laissez-nous bosser, quoi.
24:17Alors, Richard,
24:18tiens,
24:18si on veut venir discuter
24:19le bout de gras avec vous,
24:20comment s'appelle
24:20votre restaurant du côté d'Aix ?
24:22Il s'appelle le tout-goût,
24:23je n'aime pas.
24:23La peau saine et gourmande.
24:25Merci, Richard,
24:26d'avoir été avec nous.
24:27À bientôt dans les GG, Richard.
24:29À plus.
24:29On va écouter Cédric
24:31qui est artisan dans le bâtiment
24:32qui est du côté de la Mayenne.
24:34Bonjour, Cédric.
24:35Bonjour, Alain.
24:36Bienvenue.
24:37Demain, 10.
24:38Est-ce que vous en serez ?
24:39Eh bien, non,
24:40je ne peux pas y en être
24:41parce que malheureusement,
24:42j'ai une entreprise
24:43que j'ai créée
24:43il y a trois ans
24:44dans le bâtiment
24:45et c'est toujours
24:46à flux tendu, quoi.
24:48Moi, une journée,
24:49c'est ce que je disais,
24:50c'est 320 euros
24:52ma journée
24:53que je facture
24:54à mes clients
24:54et je ne peux pas
24:55me permettre de les perdre, quoi.
24:56Je ne peux pas,
24:57ce n'est pas possible.
24:58Qu'est-ce que vous en attendez
24:59de ce mouvement, alors, Richard ?
25:00Si vous en attendez
25:01quelque chose,
25:02je ne sais pas.
25:02Ah bien,
25:03j'en attends quelque chose.
25:04c'est que moi,
25:05l'année dernière,
25:05j'arrivais à me sortir
25:061 500 euros de salaire
25:07et je donnais
25:082 000 euros d'URSSAF par mois.
25:10Est-ce que c'est normal ?
25:12Est-ce que c'est normal ?
25:13J'étais employé avant,
25:15je me suis dit
25:16je vais me mettre
25:16à mon compte
25:17pour déjà
25:17un plaisir personnel
25:19parce qu'on essaye
25:20de sortir de ça
25:22et puis faire
25:24un meilleur salaire,
25:25mais ce n'est pas possible.
25:26Ce n'est pas possible.
25:27C'est impossible.
25:29Vous avez des salariés ?
25:30Non, non,
25:30je suis tout seul,
25:31je suis en entreprise individuelle.
25:32je bosse quand même
25:3445 heures par semaine.
25:36Je fais ce que je peux
25:38pour y arriver,
25:39mais j'ai un salaire
25:40qui est correct,
25:41mais qui n'est pas non plus
25:41normal par rapport
25:43à l'énergie que j'y mets
25:44et que j'y donne.
25:45Oui, c'est ça.
25:47Et c'est vous
25:48qui faites tourner le pays ?
25:49Parce que c'est vous
25:49qui remplissez les caisses,
25:50c'est vous qui payez les impôts,
25:51c'est vous qui payez les charges
25:53pour financer le système.
25:54Et vous n'êtes pas délocalisable.
25:55Voilà.
25:55Non, c'est ça.
25:57Et moi,
25:58ça me fatigue
25:59et ça me tue
25:59de voir tout ça en fait.
26:00Et vous avez envie
26:01de vous développer, Cédric,
26:02ou pas ?
26:03Ah non, non, non,
26:03parce que personnellement,
26:05je ne peux pas prendre
26:05un employé
26:06que je vais payer
26:06plus cher que moi.
26:07Je ne peux pas.
26:09Je ne peux pas.
26:09Si je prends un employé,
26:10déjà, chez nous,
26:11il y a une pénurie
26:12dans le bâtiment,
26:13alors je suis obligé
26:13de le débaucher
26:14et je vais le payer
26:15plus cher que moi.
26:16C'est impossible.
26:17Et que pensez-vous
26:18de la situation politique ?
26:20Ah ben moi,
26:21ça me dégoûte.
26:23Ça me dégoûte.
26:24Franchement,
26:24moi, je vous écoute
26:25tous les jours
26:26et je vous écoute
26:28parce que j'aime
26:28les grandes gueules.
26:29la politique,
26:30j'en ai, mais plein les votes.
26:31Alors, le coup d'après,
26:33ça peut être quoi,
26:34alors, Cédric ?
26:35Parce que maintenant,
26:36François Bayrou est parti.
26:38C'est quoi le coup d'après ?
26:40Je ne sais plus.
26:40Pour être honnête,
26:41je n'ai jamais été voté.
26:42Pas parce que je ne voulais
26:43pas y aller,
26:44parce qu'en fait,
26:45je n'ai jamais trouvé
26:46quelqu'un qui me correspond.
26:47Et le vote blanc
26:48n'est pas comptabilisé aussi,
26:49ce qu'il faut bien savoir.
26:51C'était une des revendications.
26:53Mais d'ailleurs,
26:53aujourd'hui,
26:54je pense qu'il faudrait
26:54vraiment en reparler.
26:57À un moment donné,
26:58si on vote,
26:58on vote pour,
27:00contre un parti,
27:02et il y a si peu
27:03de mobilisation,
27:04enfin, je veux dire,
27:05peut-être que c'est
27:06à prendre en considération.
27:07Et c'était une revendication
27:08à l'époque.
27:09Et aujourd'hui,
27:09je pense que ça fait partie
27:10des revendications.
27:11Oui, mais alors,
27:11si le vote blanc est majoritaire,
27:12on fait quoi ?
27:13On se remet en question.
27:15Et peut-être qu'il y a d'autres
27:16qui émergeront.
27:17Et puis peut-être faire aussi
27:18plus de référendums.
27:20Merci.
27:21Le référendum d'initiative citoyenne,
27:23ça avait été...
27:23Je rappellerai que le président Macron
27:25avait annoncé qu'en 2025,
27:26il y aura des référendums.
27:27Tiens, tiens, il n'aurait pas tenu
27:28ses promesses.
27:29Cédric, je vous remercie
27:30d'avoir été avec nous.
27:34Mon cher Cédric,
27:34je vous dis à bientôt.
27:36A bientôt.
27:37Merci d'avoir été dans les GG.
27:39Alors, on a simplement
27:40posé la question, Ingrid,
27:41de savoir si,
27:42pour ceux qui nous écoutent,
27:44ceux qui sentent l'humeur du moment,
27:46c'est une résurgence
27:46des Gilets jaunes,
27:47ce qui va se passer demain,
27:4910 septembre,
27:49est-ce que c'est un retour,
27:50oui ou non ?
27:51Vous dites, voilà,
27:51c'est non à 55%,
27:5344% de oui.
27:58Merci, Ingrid de Bavasseur.
27:59Alors, si on veut venir,
28:00pareil, discuter avec vous
28:02dans votre guinguette,
28:02comment s'appelle-t-elle
28:03et où est-elle ?
28:04La guinguette des Écluses
28:05par Simone,
28:06c'est à Enfreville-Sous-les-Monts.
28:08J'embrasse tous les Enfreville-Ét
28:09et les Pitriens
28:10et mon équipe
28:10qui fait un formidable travail,
28:13l'équipe Simone,
28:14Simone Power.
28:15Et il y a des concerts ?
28:16Il y a des concerts,
28:17c'est plus un lieu de vie
28:19que juste une guinguette
28:20du rock, du jazz
28:21et je fais aussi venir
28:23des artistes
28:24pour faire de la sérigraphie,
28:26des fleuristes aussi
28:27pour faire des ateliers.
28:29J'accueille le public
28:30de zéro à son temps.
28:327 jours sur 7 ?
28:32Du mercredi au dimanche soir.
28:35Merci Ingrid de Bavasseur.
28:36Merci Ingrid de Bavasseur.
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