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  • il y a 2 semaines
Aujourd'hui, c'est au tour de Yoann Maras, délégué national Alliance Police nationale, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.

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00:00R.M.C. Face aux grandes gueules
00:03C'est Yohann Marat du syndicat Alliance Police Nationale qui est avec nous.
00:09Bonjour Yohann Marat.
00:10Bonjour.
00:1090 000 policiers sur le pont ce soir, 90 000 personnes qui ne vont pas profiter de leur soirée familiale aussi,
00:17il faut quand même le souligner, on rappelle beaucoup de monde.
00:21Laurent Nunes a dit, bon, avec ce que l'on a déployé, avec ce que j'ai demandé de la réactivité, de la fermeté,
00:27ça va bien se passer. C'est votre souhait aussi que ça se passe bien ?
00:31Est-ce qu'on peut arriver à avoir une soirée du 31 où ça se passe bien ?
00:35Ça c'est un très grand débat en France aujourd'hui, mais depuis, on le voit, une quinzaine, vingtaine d'années,
00:44il n'y a pas un 31 qui se passe bien.
00:46La réalité c'est qu'on a affaire à des violences urbaines qui éclatent un petit peu de partout.
00:51Ces dernières années, c'est même plus uniquement en Ile-de-France ou dans les grandes agglomérations,
00:56c'est même dans les petites villes de province, vous avez une course à la dégradation,
01:03aux voitures brûlées, aux poubelles brûlées.
01:07On a ce soir-là...
01:08Une chasse aux flics aussi ?
01:09Oui, bien sûr, j'allais y venir. Ce soir-là, on le sait, on a des guets tapants qui sont organisés
01:15pour se faire du flic, pour tirer sur les policiers avec des mortiers d'artifice.
01:21Et malheureusement, c'est récurrent et le 1er janvier, on se glorifie de temps en temps
01:30d'avoir moins de voitures brûlées, mais chaque voiture brûlée, c'est une voiture de trop.
01:36Et on n'a jamais un 31 qui se passe calmement.
01:41Mais aujourd'hui, ce n'est pas que le 31.
01:43Malgré tout ce qui est pris, c'est-à-dire les saisies de mortiers d'artifice, de protoxyde d'azote et autres,
01:48malgré tout ce qui est mis en place en amont, en fait ?
01:50Oui, bien sûr.
01:52La problématique de tout ça, c'est qu'aujourd'hui, les mortiers d'artifice,
01:57vous pouvez les commander sur Internet, sur le Darknet.
02:00Avant, ils passaient la frontière pour aller en Allemagne, en Belgique, se fournir,
02:06où la législation est différente par rapport à chez nous.
02:09Mais aujourd'hui, avec Internet, vous trouvez très facilement, malheureusement,
02:15ce matériel-là, et qui est détourné contre mes collègues.
02:22Qu'on fasse exposer des pétards, ou qu'on envoie des feux de Bengale,
02:25ou des feux d'artifice ce soir du Nouvel An, ça, c'est...
02:28Enfin, moi, je l'ai fait, on l'a tous fait ici.
02:30Le problème, c'est qu'aujourd'hui, vous dites qu'ils sont détournés,
02:32c'est-à-dire qu'on vise les policiers, quoi. C'est ça, avec...
02:35Les policiers, les commissariats...
02:37Je pense que vous avez tous à l'image des commissariats en Ile-de-France,
02:44notamment dans le Val-de-Marne, qui sont attaqués aux mortiers d'artifice.
02:48Champigny-sur-Marne, c'est devenu presque un jeu régulier.
02:53Eh bien, justement, quand on vous attaque aux mortiers d'artifice,
02:56quelles sont les instructions de votre hiérarchie ?
02:57Parce que réactivité, moi, si on me tire à vue avec un mortier d'artifice,
03:02on veut me blesser très gravement, voire on veut m'arracher la tête ou m'arracher un bras.
03:08Donc, quels sont les ordres que vous recevez en termes de réactivité ?
03:12Parce que c'est bien joli de vous dire d'avoir de la réactivité.
03:14Quelle est cette réactivité ?
03:16Qu'est-ce que vous avez le droit de faire, en gros ?
03:18Les ordres, c'est des ordres globaux sur les violences urbaines.
03:23On nous demande, effectivement, de la présence accrue des patrouilles dynamiques,
03:28de ne pas laisser des situations dégénérer.
03:31Maintenant, sur chaque situation, elle est différente.
03:36Et c'est le fonctionnaire de police, sur l'instant,
03:40qui va se considérer ou non en danger de mort
03:43ou en situation d'être blessé gravement et qui va réagir.
03:49Ce n'est pas un canevas qui est écrit de manière...
03:52Mais est-ce qu'on vous laisse la latitude, si vous vous sentez en danger de mort,
03:55de pouvoir réagir, d'avoir la réactivité qui soit au niveau de la menace de mort que vous subissez ?
04:02Ou est-ce que vous vous censurez d'avance,
04:05en sachant que derrière, c'est votre réaction qui va être criminalisée
04:08et non pas forcément l'acte en soi ?
04:10Moi, je vais vous faire un parallèle aujourd'hui.
04:12L'affaire Naël, dans le texte,
04:14si vous prenez le code de la sécurité intérieure,
04:18moi, mon collègue, il a appliqué le texte.
04:20Regardez le déferlement politico-médiatique
04:23qui a eu suite à l'affaire Naël.
04:28Ça, ça marque les esprits de mes collègues policiers.
04:31Et aujourd'hui, avant de sortir son arme,
04:33effectivement, on a des affaires comme ça, retentissantes,
04:36qui ne vont pas forcément empêcher.
04:39Vous pourriez sortir votre arme pour un tir de mortier d'artifice ?
04:43Mais si on vous vise en pleine tête avec un mortier d'artifice
04:46à très courte distance,
04:49c'est quelque chose qui peut effectivement soit vous blesser très gravement,
04:52soit vous tuer.
04:54Donc, dans le cadre de la légitime défense,
04:55vous pourriez répliquer avec une arme létale,
04:58ce que les collègues ne font jamais, effectivement.
05:01Le principal problème aujourd'hui en France,
05:06ce n'est pas forcément des instructions.
05:10Notre travail, mes collègues sur le terrain, ils savent le faire.
05:13C'est les textes, l'interprétation des textes.
05:17Et je vais être un petit peu cliché,
05:20mais la réalité de la justice derrière.
05:25Si vous voulez que le 31, il se passe bien,
05:27toutes les personnes qui sont interpellées le 31,
05:29mettez de la prison ferme, vous verrez que le 31 suivant,
05:32les choses seront beaucoup plus calmes.
05:34Moi, j'ai une question plus large, effectivement.
05:36Vous commencez d'y répondre.
05:38Mais répondez en vérité, s'il vous plaît.
05:41Vous avez 20 ans de police.
05:42On n'est pas là pour se dire des trucs,
05:44se faire plaisir ou noyer le poisson.
05:46Est-ce que vous pensez que c'est encore possible en France
05:49de reprendre le dessus sur la délinquance et la criminalité ?
05:54Moi, je pense oui.
05:56Mais ça fait, chez Alliance Police Nationale,
05:58on le réclame depuis de trop nombreuses années,
06:01il faut un électrochoc d'autorité.
06:03Il faut donner les moyens à la police de travailler.
06:06Il faut que les services de police et les services de justice
06:09travaillent de concert,
06:11qu'il y ait une fermeté automatique
06:14chaque fois que vous avez quelqu'un qui s'en prend aux forces de l'ordre.
06:17Le garde des Sceaux, aujourd'hui,
06:18a passé une consigne sur les magistrats
06:21pour que chaque attaque contre les forces de l'ordre
06:25soit réprimée de manière ferme par la justice.
06:31On a parfois l'impression que c'est trop tard,
06:35mais vous avez l'air de dire que ce n'est pas encore trop tard.
06:38Non, encore une fois,
06:39on peut prendre la parenthèse dorée des Jeux Olympiques.
06:43Les Jeux Olympiques,
06:44tout le monde pensait que ça allait être un carnage en France.
06:48Tout s'est très bien passé.
06:50Pourquoi ? On y a mis les moyens.
06:53On a effectivement donné plus de latitude aux fonctionnaires de police.
06:57La seule réalité, c'est que moi, mes collègues,
06:59n'ont pas eu de congé pour pouvoir assurer
07:01la sécurité des Jeux Olympiques.
07:04Ça démontre juste une chose,
07:05c'est que si demain,
07:06on mettait des effectifs suffisants sur la voie publique,
07:10on arriverait à canaliser.
07:12Mais encore une fois,
07:13la police toute seule, elle ne peut rien faire.
07:15Elle peut interpeller.
07:16Mais en termes de moyens aujourd'hui,
07:19je vais faire un petit parallèle
07:22qui n'a rien à voir avec cette situation.
07:26Mais quand on parle de moyens,
07:28on demande pour nos collègues qui gèrent l'investigation
07:30depuis six mois,
07:32un plan pour réattirer les collègues
07:37à venir en service d'investigation.
07:39Ce plan, il a été présenté à M. Rotaillot.
07:41Tout était ficelé.
07:42On a changé de ministre.
07:43Ce plan, il est sur le bureau du ministre.
07:45On est aujourd'hui à plus de deux mois
07:49et il ne se passe strictement rien.
07:52On demande des moyens pour nos collègues en judiciaire.
07:57La réponse, c'est une réponse qui ne peut être que politique,
08:01budgétaire, parce qu'on a de gros problèmes de budget.
08:03Là, le budget qui vient d'être appliqué pour la police nationale,
08:09on sait que l'année prochaine,
08:10on n'aura pas de réhabilisation de commissariat,
08:12on n'aura pas de nouveaux véhicules,
08:15puisque tout ça s'est passé à la trappe dans le budget.
08:17Comment vous voulez que mes collègues travaillent sur la voie publique avec ça ?
08:21Pas de nouveaux véhicules ?
08:22Non.
08:22Pas de réhabilitation de commissariat ?
08:23Parce que je me souviens, quand il y avait eu le hashtag Balance ton commissariat,
08:27où les policiers, anonymement bien sûr sur les réseaux sociaux,
08:32avaient envoyé des photos des conditions de leurs conditions de travail,
08:35des murs dégradés, du mobilier, etc.
08:38Il n'y a pas grand-chose qui s'est passé depuis ?
08:42Alors, on a chaque année un plan de renouvellement de véhicules,
08:46un plan de réhabilitation ou de construction de commissariat.
08:49Là, on sait qu'il y a des commissariats qui ne seront pas réhabilités
08:53ou pas construits, faute de budget.
08:56Et après, on attend toute la police aujourd'hui,
08:58et les Français demandent plus de sécurité.
09:00Donc, effectivement, il y a un paradoxe.
09:01Il y a un paradoxe, et encore une fois,
09:04la sécurité, c'est devenu dans la bouche de beaucoup de politiques
09:08un sujet principal, un sujet capital.
09:13Mais au-delà des déclarations,
09:16les preuves d'amour, ça passe par des actes.
09:19Et en fait, aujourd'hui, ces actes-là, on ne les voit pas,
09:22on ne les constate plus sur le terrain.
09:25Barbara ?
09:25Mais la situation du travail au quotidien des policiers,
09:28je ne sais pas si...
09:29Bon, j'imagine qu'il y a beaucoup de Français
09:31qui se rendent dans les commissariats.
09:32Moi, hélas, je suis souvent obligée de m'y rendre
09:35pour déposer des plaintes, etc.
09:37Franchement, je suis admirative des conditions de travail
09:39de vos collègues,
09:40qui fonctionnent avec des ordinateurs datant de 1990,
09:44des imprimantes qui marchent une fois sur deux,
09:46des bureaux où ils sont à trois dans à peine 9 mètres carrés,
09:50avec un radiateur à bain d'huile qui marche à peine.
09:54Moi, je vous dis honnêtement,
09:55je suis effarée des conditions de travail matérielles,
09:59déjà de nos policiers.
10:01Je ne parle donc pas même des véhicules, etc.,
10:02mais quand on vient dans un commissariat,
10:06je me dis des fois,
10:07un étranger qui vient pour déposer plainte,
10:08parce qu'on lui a piqué,
10:10il doit se dire,
10:10mais où est-ce que je suis ?
10:11Moi, je suis allée dans des commissariats de police
10:14à Madrid et en Angleterre.
10:16À chaque fois que je vais quelque part,
10:17je perds un truc.
10:18Bon, bref, franchement,
10:19ce n'est pas du tout le même système.
10:21Et ça va beaucoup plus vite.
10:22Un dépôt de plainte en Espagne,
10:24je crois qu'on a dû rester une demi-heure à peine.
10:27En France, ça prend une plombe.
10:28Donc, vraiment, moi, je suis effarée,
10:30surtout quand, par ailleurs,
10:31on voit le nombre de subventions
10:33qu'on accorde à certaines associations
10:35dans certains quartiers.
10:36Eux, ça va, apparemment,
10:37ils vont bien passer le 31.
10:38Par contre, nos policiers,
10:39eux, ils sont sur le terrain.
10:40Non seulement, ils se font cracher dessus,
10:41mais en plus, ils n'ont rien pour travailler.
10:43Et on a des députés
10:45avec le drapeau tricolore
10:46qui viennent nous dire,
10:47la police tue, moi, je vous dis,
10:48il y a un sacré ménage à faire.
10:49Mais le dispositif de sécurisation,
10:51il va commencer à quelle heure ?
10:52Que ce soit à Paris ou partout en France ?
10:54Ce n'est pas à partir de 20h, j'imagine.
10:56Ça, ça va se mettre en place
10:57tout au long de l'après-midi et de la journée, quoi.
10:59Oui, oui, le dispositif,
11:00il a déjà même démarré sur Paris.
11:03Vous avez déjà un barriérage
11:04qui a été mis ce matin.
11:06Les forces de police vont arriver
11:08dans l'après-midi, effectivement.
11:10On a aussi des matchs d'Afrique, des nations.
11:14Il y a l'Algérie qui joue à 17h.
11:16Effectivement.
11:16Et la problématique aujourd'hui,
11:21c'est que tout événement festif est devenu...
11:23Dégénère.
11:23Peu dépôt potentiellement dégénéré.
11:25Oui, est devenu un prétexte.
11:27C'est un prétexte.
11:28C'est un prétexte pour aller casser.
11:30Si vous avez une famille qui est en train de nous écouter
11:32et qui se dit, moi, ce soir,
11:33j'irais bien aux alentours des Champs-Elysées
11:36ou pas très loin, regarder le feu d'artifice.
11:38Ils peuvent y aller, quand même.
11:39Je veux dire, il ne faut pas tomber non plus
11:40dans la parano, quoi.
11:41Non, c'est pas ce que je suis en train de vous dire.
11:44Moi, mes collègues, ils seront mobilisés.
11:47Vous avez un gros dispo
11:49qui est mis autour des Champs-Elysées.
11:50C'est un dispo avec des fouilles.
11:53Ce qu'on fait, le dispo de cette année,
11:55il n'est pas disproportionné.
11:57C'est un dispo, c'est un gros dispositif,
12:00mais c'est un dispositif classique.
12:02Les seules choses qui ont été rajoutées
12:04sont liées à ce qui s'est passé l'année dernière
12:06sur les Champs-Elysées avec des mouvements de foule
12:08où il y a des gens qui se sont fait piétiner.
12:10Donc, on a des sortes de sasses de sorties
12:12avec des ballons qui vont indiquer les sorties
12:16dans le cas où on aurait des mouvements de foule.
12:19Maintenant, chaque année sur les Champs-Elysées,
12:21ça se passe bien jusqu'à une certaine heure.
12:23Et passé une certaine heure, effectivement,
12:26vous avez des gens qui ne sont pas là pour faire la fête.
12:28Vous avez des gens qui sont là pour casser,
12:30pour dégrader.
12:31Mais on le voit pour le 31.
12:34Avant, moi, quand je suis rentré dans la police,
12:36vous aviez le 14 juillet et le 31 décembre
12:41où vous aviez effectivement des situations,
12:44on va dire, tendues pour mes collègues.
12:48Aujourd'hui, ce n'est plus que le 14 juillet et le 31.
12:51C'est toute l'année.
12:52C'est dès qu'il y a un prétexte.
12:54Je vous renvoie à la victoire du PSG
12:56sur la finale de Ligue des Champions,
13:00envahir le périph, s'en prendre aux forces de l'ordre.
13:03Tout est devenu un prétexte
13:04et tous les événements dits festifs
13:06sont un prétexte pour aller dégrader, casser.
13:10Et toute une voyoucratie
13:12qui est maintenant expérimentée dans ce domaine.
13:17Oui, mais encore une fois,
13:18je pense que tant qu'on n'aura pas
13:21une réelle fermeté au niveau des peines...
13:26Je ne comprends pas, on nous dit que les prisons sont pleines.
13:30L'année dernière...
13:30Tous les gens qui nous écoutent
13:32sont à 90% d'accord avec vous, monsieur.
13:35Mais on n'arrête pas de mettre du monde en taule,
13:36on a eu de la surpopulation carcérale.
13:3831 décembre l'année dernière,
13:40984 voitures brûlées,
13:42c'était 300 de plus que l'année d'avant.
13:44Il y a eu 310 gardes à vue.
13:46Quelle est la suite de ces gardes à vue ?
13:48Si sur 310 gardes à vue,
13:49tu as peut-être en plus la moitié de mineurs,
13:51c'est rentre à la maison,
13:52maman ne va rien te dire,
13:53où papa va te dire,
13:55il ne fallait pas faire ça,
13:56mais le problème,
13:57c'est de taper au portefeuille.
13:59La limite, pas de prison,
14:01si c'est des actes de purs...
14:04On rend financièrement les parents responsables.
14:06Et si eux, ils sont majeurs,
14:09bien sûr, tu les prélèves à hauteur de leur revenu
14:11et tu les prélèves pendant 20 ans.
14:13Crois-moi que ça va les calmer.
14:14Si tu leur prends 100 balles par mois pendant 20 ans,
14:16ça va peut-être les calmer.
14:17On va continuer d'en parler,
14:18il y a une question de Bruno Poncet aussi.
14:19Puis on a un sapeur-pompier du côté du Rhône,
14:22c'est Nicolas qui veut se mêler aussi à notre conversation.
14:25Yohann Marat, vous restez avec nous,
14:27délégué Alliance Police Nationale.
14:29On a encore quelques minutes à passer ensemble
14:31pour parler de la sécurisation du 31 décembre.
14:35Parce que les pompiers seront sur le pont eux aussi
14:37et souvent, malheureusement,
14:39ils tombent dans des guet-apens ou dans des embuscades.
14:41A tout de suite avec les GG.
14:42C'est le policier Yohann Marat qui est avec nous
15:03dans les GG, dans les Grandes Gueules
15:04pour reparler du dispositif 90 000 policiers
15:07déployés à travers toute la France,
15:0910 000 sur Paris qui vont essentiellement
15:12être concentrés autour des Champs-Elysées.
15:14Parce que c'est au-dessus de l'Arc de Triomphe
15:16qu'est tirer le feu d'artifice.
15:19Ce soir, on attend, toujours pareil,
15:20900 000, 1 million de personnes
15:22entre les Champs-Elysées et autour.
15:25La question est de savoir,
15:26la question de la sécurisation,
15:28est-ce qu'on peut passer un nouvel an tranquille
15:30où malheureusement, ça risque encore de dégénérer.
15:33Nicolas, sapeur-pompier,
15:34va intervenir dans la discussion.
15:36Bonjour Nicolas.
15:37Oui, salut les GG, comment ça va ?
15:39Bien, mon cher Nicolas,
15:41notre ami pompier du Rhône.
15:43C'est toujours chaud pour vous le 31 ?
15:46Oui, le 31, c'est toujours chaud.
15:47Cette année, j'ai un petit peu plus de chance,
15:49je suis en congé.
15:50Moi, je vais être à l'abri.
15:52Par contre, je pense que j'ai une chance
15:53pour mes collègues et justement
15:54pour les collègues policiers également
15:56qui assurent notre sécurité sur ces soirées-là.
15:58Parce qu'on ne peut pas intervenir,
16:00nous, sans les forces de l'ordre.
16:01Ce n'est pas possible.
16:02Ce n'est pas possible.
16:03L'époque a changé,
16:04les violences ont changé,
16:05et les tirs de mortier,
16:06nous, on en est également victimes.
16:09Mais ça veut dire que...
16:10On est obligés d'intervenir sous prévue.
16:11Mais comment ça se passe,
16:12les tirs de mortier contre les pompiers ?
16:14Pourquoi ?
16:15Régulièrement, en fait,
16:17on a des guets tapants.
16:18On arrive face à un mur de poubelle
16:20qui brûle au milieu de la route.
16:21On est coincé.
16:22Et là, du coup, ça sort partout
16:23et ils tirent des mortiers à l'horizontale
16:26en direction soit de nos équipes
16:27qui sont descendues du fourgon,
16:29soit du fourgon directement.
16:30Donc, en règle générale,
16:31maintenant, on attend les forces de l'ordre.
16:32On attend que la zone soit sécurisée
16:33et puis on intervient dans un deuxième temps
16:35parce que c'est devenu impossible sinon.
16:38Et ça a dégénéré d'année en année, Nicolas ?
16:42Ah oui, oui, complètement.
16:44Moi, ça fait un peu plus de 20 ans.
16:45C'est 23 ans que je suis pompier professionnel.
16:47J'ai commencé dans des quartiers
16:48comme vous, en velin.
16:49Donc, c'était déjà des quartiers
16:49un petit peu chauds.
16:51On n'en était quand même pas à ce point-là.
16:52Et là, on va dire,
16:53ces 10-15 dernières années,
16:55ça a vraiment augmenté.
16:56On n'avait pas les mortiers d'artifice.
16:58Avant, on avait des cailloux,
16:58on avait des bouteilles de parfum.
17:00Il y a déjà des objets qui volaient,
17:01mais on n'en était pas aux mortiers d'artifice.
17:03Là, maintenant,
17:03on en est sur des tirs tendus
17:05de mortiers d'artifice.
17:06Et je vous assure que
17:06quand ça vous pète devant le nez,
17:08ça fait vraiment un drôle d'effet.
17:09Et ça veut dire qu'aujourd'hui,
17:11chaque sortie que font les pompiers,
17:12vous la redoutez quasiment ?
17:14Sur certains quartiers,
17:17certains endroits.
17:18On parle beaucoup du 31,
17:20mais il ne faut pas oublier
17:21le 13 et le 14 juillet
17:22qui sont un petit peu dans le même genre.
17:24Et il y a également
17:25la fête de la musique et Halloween.
17:26Nous, ça, c'est des dates
17:27qui sont identifiées,
17:29sur lesquelles on a des renforts.
17:30Enfin, voilà,
17:30il y a tout un processus
17:31qui est mis en place
17:32et qui est prêt.
17:34Donc, ça veut dire
17:34que ça fait des années
17:35qu'on sait que ça va arriver.
17:37On se complaît un petit peu là-dedans
17:38puisqu'il n'y a rien qui est fait,
17:39hormis une adaptation
17:40de nos modes d'intervention.
17:42Mais finalement,
17:43au-dessus,
17:43il n'y a rien qui est fait.
17:44Quand j'entendais votre invité
17:45qui disait que
17:46les ordres qu'on leur donne,
17:47c'est des grandes lignes
17:49où on leur dit
17:50qu'il va falloir de la fermeté.
17:51Oui, mais enfin,
17:52la fermeté,
17:52on l'applique comment, en fait ?
17:53Sur le terrain,
17:54eux, ils sont dépourvus
17:55de solutions.
17:56Ils se retrouvent
17:56entre le marteau et l'enclume
17:57et en fait,
17:58on les abandonne au truc.
18:00On croise dans les doigts
18:01en se disant
18:01on verra demain ce qu'il en est.
18:03Ça, je trouve ça
18:03un petit peu dommage.
18:05Merci Nicolas
18:05d'avoir été dans les GG
18:06et Nicolas Saper-Pompier
18:08dans le Rhône.
18:08Merci, à bientôt Nicolas
18:09et bon réveillon.
18:11Bon réveillon Nicolas.
18:12Puis, il y a une nouvelle menace.
18:14On va parler
18:14de la menace terroriste
18:15dans un instant
18:15mais c'est les couteaux.
18:17Ça, c'est quand même
18:18la nouveauté.
18:19On a parlé de ce qui s'était passé
18:20dans le métro
18:21sur la ligne 3
18:21si je me souviens
18:22c'est du terrorisme
18:23la semaine dernière
18:24et maintenant
18:26moi je me dis
18:26ça s'appelle du terrorisme
18:27tu insuffles la terreur
18:29parce que tu as peur
18:30des attaques au couteau isolé
18:32ça s'appelle du terrorisme
18:32c'est vrai que maintenant
18:34on se dit ce soir
18:35ce 31 au soir
18:36est-ce que je ne vais pas
18:37m'exposer à ça
18:38ça c'est la nouvelle menace
18:39maintenant
18:39c'est l'arme blanche
18:40pour un oui
18:41pour un non quoi
18:41Yoann Marat
18:42Alors nouvelle
18:43je ne dirais pas nouvelle
18:44parce que ça fait déjà
18:45malheureusement quelques années
18:46ça s'est amplifié disons
18:47ça s'est amplifié
18:48on a
18:49à la fois
18:51des cas psychiatriques
18:52
18:53c'est un réel problème
18:54aujourd'hui en France
18:55on a énormément d'individus
18:56qui sont dehors
18:57alors qu'ils devraient être
18:58ils devraient être soignés
18:59et on a effectivement
19:01des cas
19:02aujourd'hui
19:03ce qu'on appelle
19:03les loups solitaires
19:04c'est pas des commandos
19:07terroristes
19:07mais c'est aller
19:08aller
19:09tuer des
19:11des personnes
19:12avec
19:13des marteaux
19:15des couteaux
19:15quelque chose
19:16qui est facilement
19:17transportable
19:17Poiture bélier
19:18Exactement
19:19Vous avez les hommes
19:21de Sentinelle
19:23qui seront à vos côtés
19:24ce soir
19:24ils sont mobilisés aussi
19:25Oui oui bien sûr
19:26surtout les gros événements
19:27comme ça
19:28mais on est toujours
19:29dans le même cadre
19:30de Vigipirate
19:32et les Sentinelles
19:33sont déployées
19:34toute l'année
19:34pas que le 31
19:35aux côtés
19:37des forces de l'ordre
19:38maintenant
19:39sur les Champs-Elysées
19:42ce soir
19:42il va y avoir
19:42un barriérage
19:43avec
19:44un filtrage
19:45une fouille
19:46des sacs
19:47justement
19:47pour qu'on n'ait pas
19:48d'armes blanches
19:50qui puissent
19:50rentrer
19:51sur le périmètre
19:53sécurisé
19:54des Champs-Elysées
19:54Moi ça ne contredit
19:56absolument pas
19:57ce que vous venez de dire
19:58mais à ce stade
19:59il devrait y avoir
20:00une loi martiale
20:01on va pas
20:01exposer des dizaines
20:03de milliers de personnes
20:04sur les Champs-Elysées
20:05alors que la sécurité
20:06est presque impossible
20:07à maintenir
20:07c'est à dire
20:08qu'il y a un état d'urgence
20:09on fait la fête
20:10chez soi
20:11mais on interdit
20:12l'espace public
20:12à ce type
20:13de folie
20:14on va pas mettre
20:14le couvre-feu
20:15le 31 au soir
20:16mais pourquoi pas
20:16on l'a bien fait
20:17pour un virus
20:17qui n'était pas mortel
20:18Emmanuel
20:19ça va
20:20on peut sortir
20:21on peut vivre
20:21comme le disait
20:22Johan Marat
20:23jusqu'à ce qu'il y ait
20:24des drames
20:24mais il y aura tout
20:25malheureusement
20:26le riséro n'existe pas
20:27il y aura toujours
20:28quelque chose
20:28qui se passe
20:29on met la police
20:30et les gendarmes
20:31dans des positions impossibles
20:32on leur met
20:33une mission
20:34qui est impossible
20:34oui mais Emmanuel
20:35je comprends
20:36ce que tu dis
20:36d'un point de vue
20:37pratique aux pratiques
20:38mais en même temps
20:38on va pas leur laisser le terrain
20:39on va pas céder
20:40et dire voilà
20:41maintenant on va tous
20:42parce que c'est peut-être
20:43ça qu'ils veulent
20:43ils veulent que
20:44les femmes à la maison
20:45les bonhommes à la maison
20:46tout le monde là
20:47restait dans ton petit
20:48chacun dans sa petite niche
20:50là pour faire sa petite fête
20:51entre soi
20:52c'est peut-être ça qu'ils veulent
20:53c'est qu'on déserte
20:53l'espace public
20:54et ben non
20:54on désertera pas
20:55l'espace public
20:55ce qu'ils veulent
20:56c'est piller
20:56casser
20:57voler
20:57on voit des jeunes
20:59avec des canadagouzes
21:00en ce moment
21:00c'est tout à fait étonnant
21:01quand on connait le prix
21:02de ses vêtements
21:03mais Alain a posé
21:04une bonne question tout à l'heure
21:05il a dit
21:06tout à l'heure
21:07tu demandais aux pompiers
21:08le mot t'es sorti
21:09oui mais pourquoi
21:10et c'est ça qui est intéressant
21:11moi je pense que
21:13ce qui serait bien
21:13c'est que la justice
21:14si madame la justice
21:16voulait bien faire son travail
21:17une fois qu'on a mis
21:18en garde à vue
21:18ces gens là
21:19et qu'on les a judiciarisés
21:21certains de ces jeunes
21:22qui tirent à vue
21:23sur des policiers
21:24qui tirent à vue
21:24sur des pompiers
21:25ou sur des médecins
21:26leur dire voilà
21:27face caméra
21:27on te floute
21:28on te floute
21:29on s'en fout
21:29pourquoi ?
21:30réponds à la question
21:31pourquoi ?
21:32parce que je vais vous dire
21:33certains gamins
21:34comme nous en tant que prof
21:35quand ils ont fait
21:36une grosse bêtise
21:37ou qu'ils ont tenu
21:38des propos inadmissibles
21:38quand on leur demande
21:39pourquoi en tête à tête
21:41là il n'y a plus personne
21:42ils font dans leurs pantalons
21:44parce qu'ils n'ont aucun courage
21:45ils n'ont de courage
21:45qu'en meute ces gens là
21:46et là moi j'aimerais bien
21:47qu'on en aligne une dizaine
21:49et qu'ils viennent nous expliquer
21:50pourquoi
21:50quel est le sens
21:51de leur grande révolte
21:52pour tirer sur un médecin du SAMU
21:55qui vient aider quelqu'un
21:56un pompier ou un policier
21:57parce que vous allez voir
21:58le niveau de leur argument
21:59et je ne parle même pas
22:00du niveau de leur argumentation
22:01syntaxique
22:01vous allez vous marrer
22:02mais même le niveau
22:04de leur réflexion
22:05ça va vous montrer
22:06à quel point
22:06on a une jeunesse
22:07qui est complètement perdue
22:08et abandonnée
22:09qui n'a plus aucun repère
22:10et je suis désolée
22:11je ne me sens pas responsable
22:12en tant que prof
22:13nous ne sommes pas responsables
22:14en tant que société
22:15c'est les parents
22:16qui sont responsables
22:16parce que vous avez
22:17certains parents
22:18qui vivent dans ces quartiers
22:19qui travaillent
22:20les 3-8
22:21leurs enfants
22:22ça file droit
22:23et il y en a d'autres
22:24on ne sait pas pourquoi
22:25c'est à la n'importe nawak
22:26et bien c'est ceux-là
22:27qu'il va falloir sérieusement serrer
22:28et je reviens
22:29et je sais
22:29je martèle là-dessus
22:31mais c'est les parents
22:32les premiers responsables
22:33si à 15, 16 ans
22:3517 ans
22:35leur gamin tire
22:36des tirs de mortier
22:37sur les policiers
22:38c'est que c'est les parents
22:39qui n'ont pas fait leur boulot
22:40la société
22:41elle n'a rien à voir là-dedans
22:41Bruno Ponset
22:42moi je vous entends
22:43tout à l'heure nous dire
22:44que vos collègues
22:46de l'APJ
22:48ont besoin
22:49de l'investigation
22:49ont besoin
22:50de moyens
22:51de personnel
22:51et en fait
22:53ben ouais
22:54tout à l'heure
22:55on parlait de terrorisme
22:55en fait le terrorisme
22:56c'est pas quand vous
22:57vous serez dans la rue
22:57que vous allez pouvoir
22:58en diguer
22:59moi je l'ai vu
23:00Sentinelle
23:01ils n'ont pas le droit
23:01d'intervenir là-dessus
23:02donc s'ils sont à côté
23:04alors en plus Sentinelle
23:04ils ne sont pas formés
23:05au maintien de l'ordre
23:05je ne vois pas trop l'intérêt
23:06qu'ils soient là
23:08peut-être ça va faire peur
23:08à quelqu'un
23:09mais moi pour les avoir vus
23:10ne pas intervenir
23:11au Bataclan
23:11je me dis que des fois
23:12ils sont peut-être mieux
23:13dans leur caserne
23:13ou peut-être à prendre
23:15le maintien de l'ordre
23:16mais c'est vrai qu'aujourd'hui
23:17vous nous dites
23:17que Nunez
23:18qui est quand même
23:18votre premier défenseur
23:19vous Alliance
23:20dès que vous avez un problème
23:21vous tapez Nunez
23:22et Nunez d'entrée de jeu
23:23il vient
23:23le jeu
23:24je comprends que le jeu
23:25vous ait choqué
23:25le commissaire de la BAC raciste
23:27ok
23:28j'entends ça vous choque
23:29mais que Nunez
23:29intervienne là-dessus
23:30pour porter plainte
23:30qu'il porte plainte
23:31contre Pierre-Emmanuel Barré
23:33on peut se dire
23:33ok
23:33s'il a que ça à foutre
23:34ok
23:34par contre
23:35qu'il signe pas
23:36votre demande
23:37d'avoir une vraie PJ
23:38les demandes
23:39moi je côtoie pas mal
23:40de policiers
23:41j'en connais
23:41dans mon assuré privé
23:43qui m'ont dit
23:44vous avez dit tout à l'heure
23:45les JO c'était bien
23:46ouais
23:46vous avez attendu
23:47vos primes
23:48six mois
23:52posez vos vacances
23:53à partir de
23:54allez en mars-avril
23:55ou en octobre-novembre
23:56et puis par contre
23:57vous allez bosser
23:57comme des soudards
23:59pendant des mois
23:59et qu'en fait
24:00après derrière
24:01votre prime
24:01attend on n'a pas d'argent
24:02de donner ça plus tard
24:03moi je trouve qu'aujourd'hui
24:04ceux qui déconsidèrent
24:05votre métier
24:06hormis évidemment
24:08ces voyous
24:08moi je trouve que
24:09la classe politique
24:10à part vous faire
24:11des fausses promesses
24:12mais ils vous considèrent pas
24:13comme ce que vous devriez être
24:14vous êtes des agents de l'Etat
24:15mais surtout
24:16en fait aujourd'hui
24:16vous êtes utile
24:17et vous êtes pas utile
24:18quand vous avez dit
24:18ah oui
24:19Naël fallait le faire
24:20vous êtes pas utile
24:21quand vous tirez
24:22sur un gamin de 17 ans
24:22qu'il ne doit pas conduire
24:23vous seriez utile
24:24plutôt d'être dans son quartier
24:25et quand vous voyez
24:26que le gamin
24:26qui a partir de 15 ans
24:27commence à vriller
24:28de l'attraper
24:29de le ramener aux parents
24:30et s'ils font rien
24:30de continuer à faire des trucs
24:31avec lui
24:32et peut-être
24:32comme vous étiez dans les quartiers
24:33quand moi j'avais 15 ans
24:34ou 20 ans
24:34et aujourd'hui moi je trouve
24:35que la police
24:36la façon dont on interpruntait
24:37la police
24:38par nos gouvernants
24:39c'est-à-dire
24:39c'est une police de répression
24:40la plupart du temps
24:41et vous ça vous fait pas plaisir
24:42non plus
24:43moi tous mes potes policiers
24:43me le disent
24:44moi je préfère être dans un quartier
24:45voir les gamins grandir
24:46les attrapements
24:47qui font des conneries
24:47avant qu'ils soient attrapés
24:48par les barbus ou les dealers
24:49comme on voit dans beaucoup
24:50de quartiers malheureusement
24:51mais aujourd'hui moi je vois bien
24:52et en fait
24:53on entend tous les polités
24:54vous faire des promesses
24:54je vois bien qu'aussi
24:55le RN aujourd'hui
24:56qui arrête pas
24:57de vous faire des promesses
24:58et on attend
24:58alors j'espère qu'ils seront
24:59pas au pouvoir
25:00ça c'est ma conviction
25:00mais j'espère un jour
25:01qu'ils seront au pouvoir
25:03ils vous écoutent vraiment
25:03et moi j'ai un vrai doute
25:04avec ça
25:05parce que
25:05quand on vous envoie
25:07sur les agriculteurs
25:09vous les CRS
25:10en disant
25:10bah voilà
25:10le seul moyen qu'on a
25:11de calmer les agriculteurs
25:12qui veulent pas
25:12qu'on tue leur bétail
25:13c'est de les tabasser
25:14ou de l'enlever de l'acrymo
25:15je me dis que ça vous fait pas plaisir
25:16moi je sais que je connais
25:17beaucoup de policiers
25:18qui m'ont dit
25:18je voudrais pas être
25:19à la place de mes collègues
25:20et moi je trouve que aujourd'hui
25:21c'est la classe politique
25:21qui vous dénature
25:22et qui veut faire des trucs
25:23dégueulasses
25:24que vous avez pas envie de faire
25:25intervenir correctement
25:26quoi en fait
25:27c'est ça ou pas ?
25:28c'est pas qu'ils nous font
25:30pas intervenir correctement
25:31mais le maintien de l'ordre
25:32est régi par des règles
25:35d'engagement
25:35ça veut dire que
25:36moi mes collègues
25:37sur du maintien de l'ordre
25:38ils agissent sur instruction
25:40c'est comme ça
25:41quand on rentre dans la police
25:42on sait que
25:44le trouble à l'ordre public
25:46ça va se transformer
25:48en maintien de l'ordre
25:48là on dérive un petit peu
25:51le 31 décembre
25:52c'est pas du maintien de l'ordre
25:54c'est des violences urbaines
25:56on est pas du tout
25:57sur le même niveau
25:59encore une fois
26:01la plupart des policiers
26:03effectivement
26:04sur la cause
26:06la cause paysanne
26:08la plupart des situations
26:11se passent très très bien
26:12parce que
26:13on comprend
26:15même la détresse
26:17la détresse
26:18du monde agricole
26:20aujourd'hui
26:20la réalité
26:23c'est de dire
26:24qu'aujourd'hui
26:25on pourrait faire
26:26dans les quartiers
26:27ce qu'on faisait
26:27il y a 20 ans
26:28quand moi je suis rentré
26:29dans la police
26:29c'est mentir
26:31aux français
26:31pourquoi ?
26:32les jeunes ont changé
26:33c'est ça ?
26:33il y a 20 ans
26:36les jeunes dans les quartiers
26:38ils attaquaient pas
26:38les médecins
26:39ils attaquaient pas
26:39les pompiers
26:40ils attaquaient pas
26:41les gens qui venaient
26:42les aider
26:43à la limite
26:44nous on était presque
26:46habitués
26:47en termes d'image
26:49d'autorité
26:49parce que la réponse
26:50qu'on va vous donner
26:51c'est ça
26:51c'est soit un jeu
26:52entre les quartiers
26:53de nous on a allumé
26:56tant de policiers
26:57on a cramé
26:57tant de voitures
26:58et on balance ça
26:59sur les réseaux sociaux
26:59exactement
27:00et c'est une concurrence
27:02entre bandes
27:05soit
27:05c'est juste
27:06on attaque
27:07l'image de l'autorité
27:08en France
27:09à travers la police
27:10les pompiers
27:11les médecins
27:11tout ce qui représente
27:12l'état
27:13ça il y a 20 ans
27:14on le voyait pas
27:16comme aujourd'hui
27:16aujourd'hui refaire
27:18la police de proximité
27:21pourquoi ?
27:21parce qu'il n'aime pas la France
27:24parce qu'il déteste la France
27:25parce que ça fait 20 ans
27:26ça fait 20 ans
27:27qu'on les laisse faire
27:28ça fait 20 ans
27:29qu'il n'y a aucune réponse pénale
27:30et quand vous avez un individu
27:32qui est interpellé
27:3210, 20, 30, 40 fois
27:34qui est présenté
27:3640 fois à la justice
27:37et 40 fois
27:38il prend
27:38aller au maximum
27:40du sursis
27:41vous savez Alliance
27:42on avait réclamé
27:43lors du Beauvau
27:44de la sécurité
27:44l'observatoire
27:46de la réponse pénale
27:47l'observatoire
27:48de la réponse pénale
27:48c'est quoi ?
27:49c'est la peine encourue
27:50la peine prononcée
27:52par un tribunal
27:53parce qu'il faut dire
27:54que beaucoup de tribunaux
27:55aujourd'hui
27:55prononcent des peines
27:56et la peine
27:57réellement exécutée
27:58ces chiffres là
27:59on les a eu
28:01une année
28:01en 2021
28:02depuis on ne les a plus
28:04pourquoi ?
28:05parce que c'est des chiffres
28:06qui dérangent
28:06aujourd'hui
28:07vous vous en prenez
28:08à un fonctionnaire police
28:10vous risquez 5 ans
28:125, 7 ans
28:13en fonction
28:14des aggravations
28:15la réalité
28:16c'est que
28:17la peine
28:17aujourd'hui
28:19moyenne
28:19c'est 8 mois
28:20c'est 8 mois
28:23c'est pas 5 ans
28:23le jour où
28:24on appliquera
28:25les peines
28:26il ne faut même pas
28:27modifier la loi
28:28le jour où on mettra
28:29des peines
28:30pas forcément des peines
28:31de 5 ans
28:31mais des peines
28:32rapides
28:33fermes
28:34efficaces
28:35
28:36je pense qu'on
28:37changera un petit peu
28:38ce phénomène là
28:40on a David
28:40qui va intervient
28:41dans la discussion
28:42aussi
28:42David
28:43qui est de garde
28:44en tant que réserviste
28:45de la gendarmerie
28:45dans les côtes d'Armor
28:46bonjour David
28:47bonjour Alain
28:48bonjour
28:49bienvenue
28:50donc ce soir
28:51vous êtes de la revue
28:51si je puis dire
28:52mon cher
28:53mon cher David
28:54avec crainte ou pas
28:55alors avec crainte
28:57mais je vais commencer
28:58par un côté positif
29:00je tiens à faire
29:02un gros bisou
29:03à Emmanuel
29:03Barbara
29:04et Bruno
29:05je suis infidèle
29:07j'ai lu
29:085-6 fois
29:09votre livre
29:10et moi aussi
29:11et bien un gros bisou
29:13David
29:13donc ce soir
29:15en tant que réserviste
29:16de la gendarmerie
29:1949 ans
29:20je donne votre âge
29:20vous allez être mobilisé
29:21pour la soirée du 31
29:23c'est ça
29:24c'est ça
29:24je commence à 14h
29:27et j'entends parler
29:30j'entends parler
29:33que Paris
29:34c'est normal
29:35voilà
29:36mais moi
29:38je voulais témoigner
29:39les
29:39comment dire
29:40les zones
29:42rurales
29:43les jardins
29:44moi là
29:46ce soir
29:47je suis de garde
29:48dans une
29:48commune
29:50de 3000 habitants
29:51et ça va être le bazar ?
29:54comment ?
29:55et ça va être le bazar ?
29:56ah ben ça va être le bazar
29:57mais bien sûr
29:58mais quel type de bazar ?
30:00parce que si c'est juste pour
30:01je vais employer l'expression
30:02si c'est juste pour ramasser
30:03de la viande saoule
30:04des gens qui ont trop bu
30:05ou les empêcher de prendre le volant
30:07c'est une chose
30:08mais si c'est le bazar
30:09parce que vous allez être pris à partie
30:11comme le disait
30:11Johan Marat ou autre
30:12est-ce que vous parlez de
30:14des tapons
30:14de choses structurées ?
30:16c'est exactement
30:17c'est exactement ça
30:18il y a
30:19sur une petite commune
30:20de 3000 habitants
30:21il y a deux quartiers
30:22qui sont définis
30:24on va dire
30:25et donc
30:27on sait que pertinemment
30:28on va aller au feu
30:29comme on dit
30:30je pense que
30:31le secrétaire
30:33qui est sur votre plateau
30:34va comprendre
30:37ce que je veux dire
30:37on va être pris à partie
30:40dès qu'ils vont voir
30:41une voiture bleue arriver
30:43on sait qu'on va
30:45on va subir
30:47on va subir
30:49vous allez subir quoi ?
30:51on va subir des tirs
30:52on va subir des cailloux
30:53on va subir des canettes de bière
30:55on va subir
30:55dans un quartier précis
30:58dans un coin
30:59que vous connaissez précisément déjà
31:01qui sont complètement définis
31:03je suis d'accord avec vous Barbara
31:05je suis heureux de parler avec vous
31:06mais
31:08voilà
31:10c'est la vérité
31:10moi ça fait 10 ans
31:11que je suis réserviste
31:12j'ai fait mon service militaire
31:13monsieur de pied
31:15je suis revenu dans la vie civile
31:19j'ai fait un VSL
31:20et après je suis revenu dans la vie civile
31:22et ça fait 10 ans
31:24que je suis réserviste
31:25et chaque année
31:27moi j'y vais
31:29voilà
31:31il n'y a pas de problème
31:32bravo
31:32c'est important ce que dit David
31:35parce qu'il montre bien
31:36qu'aujourd'hui
31:36les zones périurbaines
31:37elles sont touchées aussi
31:39mais c'est pour ça qu'on a
31:40et ces quartiers
31:41qui sont des poches
31:42alors encore une fois
31:43identifiés
31:44oui mais on répétera jamais assez
31:46le problème
31:46c'est toujours pareil
31:47c'est la minorité tyrannique
31:48dans ces quartiers
31:49vous avez 80% des gens
31:50qui veulent vivre tranquilles
31:52qui sont peinards
31:53qui voudraient bien faire le 31e
31:54d'ailleurs peut-être
31:55et qui voudraient bien sortir
31:56peut-être en bas de chez eux
31:57se rassembler
31:58pour boire un petit coup tranquille
31:59ils ne peuvent pas
32:00parce qu'il y a 20%
32:01de toujours les mêmes
32:03dans ces quartiers
32:03qui pourrissent la vie des autres
32:04et qui en plus
32:05donnent une mauvaise image
32:06si ta quantification est exacte
32:0820% c'est considérable
32:09oui c'est considérable
32:10merci David
32:11et on va vous souhaiter
32:14bon courage pour ce soir
32:15un bon réveillon quand même
32:16merci David
32:17d'avoir été des nôtres
32:18et merci de votre fidélité
32:19au GG
32:20a-t-on les moyens
32:21de sécuriser le réveillon
32:22est-ce que vous y croyez ?
32:24vous dites non
32:25il y a une espèce de fatalité
32:26là aussi
32:26à quasiment 77%
32:28merci Johan Marat
32:29policier
32:29Alliance Police Stationnale
32:31venu parler du dispositif
32:33dans les GG
32:33et bravo pour ce discours
32:35clair
32:36et courageux
32:37et vraiment une pensée
32:38à tous nos policiers
32:39et nos gendarmes
32:40ce soir
32:40qui sont mobilisés
32:41pendant que nous
32:42on ne va pas le prendre
32:42policiers, gendarmes, médecins
32:43médecins
32:44mais je veux dire
32:44ceux qui vont être vraiment
32:45au feu là ce soir
32:47vraiment merci à eux
32:48Sous-titrage Société Radio-Canada
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