- il y a 3 mois
Aujourd'hui, c'est au tour d'Antoine Léaument, député La France Insoumise de l'Essonne, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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00:00R.M.C. Face aux grandes gueules
00:03C'est le député France Insoumise de l'Essonne, Antoine Léoman, qui est avec nous.
00:08Bonjour M. le député.
00:09Bonjour.
00:10Est-ce que c'est la dernière semaine de Sébastien Lecornu en tant que chef de gouvernement ?
00:14Ça on va voir, mais si vous le permettez, juste avant de commencer, je voudrais avoir une pensée,
00:18parce qu'aujourd'hui c'est les 20 ans de l'anniversaire de la mort de Ziad Ebouna,
00:21et je pense que notre pays a encore beaucoup à faire sur ce sujet,
00:25parce qu'il y a deux ans, Naël Merzouk est mort, et qu'il y a eu de nouveau des révoltes face à cette mort,
00:33et je pense que notre pays a encore beaucoup à travailler sur le sujet, et on ne réglera pas le problème.
00:37Des révoltes ? Il y a eu des émeutes et de la classe aussi.
00:40Oui d'accord, mais il y a eu un mort.
00:41Il y a eu trois hommes qui sont morts pour s'être interposés.
00:44Il y a des gens qui se sont fait tuer encore après, vous avez raison Mme.
00:46Non, je vous parle de personnes qui sont morts en essayant de sauver des gens dans des incendies,
00:51et deux personnes qui sont morts, et un troisième qui est mort après un traumatisme crânien,
00:54après s'être fait tabasser, parce que la personne a été condamnée.
00:58Donc il faudra aussi penser à ces trois personnes qui sont morts au cours des émeutes.
01:00Le sujet c'est que vous opposez les gens madame.
01:02Je ne les omette pas, je les rajoute à Ziad Ebouna auquel il faut penser M. Léaumont.
01:06Vous avez une tendance à l'opposition entre les gens.
01:08Moi ce que je vous dis c'est qu'il faut traiter la question des violences policières,
01:11traiter la question du racisme qui existe dans la police comme il existe dans l'ensemble de la société,
01:15mais qu'on ne parviendra pas à régler le problème tant qu'on le glissera sous le tapis,
01:19tant qu'on fera comme s'il n'existait pas.
01:21Chaque fois que nous portons le problème à l'Assemblée Nationale,
01:23je l'ai fait lorsque M. Darmanin était ministre de l'Intérieur,
01:26on nous dit circuler il n'y a rien à voir,
01:27ben non il n'y a pas rien à voir et il faudra à un moment donné qu'on traite ce problème.
01:30Alors revenons à l'actualité du moment, c'est l'Assemblée Nationale.
01:34Est-ce que c'est la dernière semaine de M. Lecornu en tant que chef de gouvernement ?
01:37Je l'espère, je le souhaite.
01:39Moi plus vite M. Lecornu tombe, plus vite on peut aller vers...
01:42Pourquoi tomberait-il cette semaine alors ?
01:44Parce que le Parti Socialiste a l'air de vouloir déposer une motion de censure cette semaine.
01:48Alors il y a une difficulté avec le Parti Socialiste,
01:50c'est qu'il a tendance à dire une chose un jour et puis le contraire le lendemain.
01:52On en fait les frais, nous les Insoumis,
01:54puisque nous avons eu l'erreur de leur faire confiance sur leur engagement
01:57au sein du programme du Nouveau Front Populaire, tant pis,
02:00pauvres de nous sur ce sujet,
02:01mais ils ont décidé apparemment de déposer peut-être une motion de censure
02:04s'ils ne sont pas entendus.
02:06Je dis peut-être parce que j'ai l'impression que c'est un pistolet à eau,
02:09en l'occurrence, qui est en train de brandir le Parti Socialiste.
02:10C'est un petit jeu de rôle auquel ils sont en train de se livrer avec M. Lecornu.
02:13Moi, c'est mon impression, je vous dis pourquoi,
02:15parce que là, on voit bien qu'ils ont proposé un genre,
02:18ils appellent ça la taxe Zuckman Lite, peut-être qu'on va parler,
02:21c'est plutôt une taxe Zuckman trouée, ou une taxe trouée tout court d'ailleurs,
02:25puisque les plus riches de notre pays ne seraient pas mis à contribution,
02:27contrairement à ce qu'ils disent sur ce sujet,
02:29on pourra entrer dans le détail si vous voulez qu'on le fasse.
02:31Donc j'ai l'impression qu'il y a un peu un jeu de rôle,
02:33où on dit « Ah, attention, je vais vous censurer,
02:35ah pardon, la main sur le cœur, non, non, il ne faut pas,
02:37c'est très important, tout ça, tout ça. »
02:39Et qu'à la fin, il y a des accords de coins de table qui sont en train de se faire.
02:41On a entendu parler d'une négociation secrète
02:44entre M. Atta, le président du groupe macroniste,
02:47entre les socialistes et même les écologistes,
02:49alors ça, je dois dire que ça m'a assez surpris.
02:51Mais voilà, je ne sais pas,
02:53ces gens discutent, non pas à l'intérieur de l'Assemblée nationale et publiquement,
02:56mais apparemment dans des coins de table.
02:58Il faut expliquer effectivement,
03:00parce que les mesures qui vont être débattues cette semaine,
03:03parmi celles-ci, il y a la fameuse taxe Zuckman qui est portée par la gauche.
03:09Là, les socialistes disent « On peut peut-être s'arranger,
03:13effectivement, avoir une taxe Zuckman qui épargnerait certains patrimoines
03:17ou le patrimoine familial et les start-up, si je comprends bien,
03:22pour uniquement aller sur les holdings, c'est ça. »
03:24Donc, elles rapporteraient moins que ce qui était prévu.
03:28Là, ça pourrait rapporter, je dirais, entre 5 à 7 milliards d'euros
03:31et ils en font un point de rupture avec le gouvernement
03:35si cette taxe Zuckman light n'est pas acceptée.
03:38Alors, peut-être pour qu'on explique.
03:40La taxe Zuckman, c'est quoi ?
03:41C'est qu'on va imposer au moins à l'équivalent de 2% de leurs revenus
03:46les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros.
03:49Ça représente 1800 foyers fiscaux, environ 4000 personnes dans notre pays.
03:52L'idée de la taxe Zuckman, c'est qu'il n'y ait aucune exemption possible.
03:55C'est-à-dire, vous payez au moins 2% de votre patrimoine en impôts
03:59et comme ça, on s'assure du fait qu'il n'y ait pas une fuite possible
04:02vis-à-vis de l'impôt.
04:02Là, et bien, boum, ils inventent la fuite possible de la taxe Zuckman.
04:06Alors, que disent-ils ?
04:07Ils disent, on ne va pas taxer ceux dont la détention en action d'une entreprise
04:12est supérieure à 50%, sous-entendu.
04:14Bon, c'est des entreprises familiales, si c'est 50%.
04:17Oui, mais M. Bolloré, par exemple, M. Bolloré détient 70% du groupe Bolloré.
04:21Pas taxé.
04:22M. Bernard Arnault, il détient 48,2% du groupe LVMH.
04:27Il suffit qu'il rachète 1,8% du groupe LVMH, pouf, pas taxé.
04:32Et dans le chiffrage que vous avez donné, sachez que sur le seul M. Bernard Arnault,
04:35on pourrait récupérer 4,5 milliards d'euros si la taxe light, ou la taxe trouée plutôt,
04:41était appliquée.
04:42Bon, vous voyez, M. Bernard Arnault, il va sans doute acheter des actions LVMH
04:45pour sortir de l'imposition. Donc, c'est une feinte, c'est une blague,
04:48c'est une manière de faire en sorte qu'on dise qu'on taxe sans taxer réellement.
04:52Et le problème principal dans notre pays, c'est justement qu'il y a besoin.
04:55Non, on n'est pas exigeant, on demande juste à ce que les plus riches
04:58payent la juste part d'impôts qu'ils doivent aux Français.
05:02Bon, on a eu le sujet ce matin, c'est un autre exemple,
05:04mais ce matin, il y a un sujet.
05:05On propose un amendement pour que ceux qui gagnent plus de 250 000 euros par an
05:09participent au moins à hauteur de 30% sur l'impôt sur le revenu.
05:13La moyenne, ça devrait être 33% pour ces personnes-là.
05:15Or, en réalité, avec les exemptions fiscales qu'ils arrivent à avoir,
05:18ils sont à 20%.
05:19Donc, on demande juste à ce qu'ils payent leur juste part d'impôts.
05:21Qui s'y oppose ?
05:22Le RN, les macronistes, les LR, main dans la main, pour empêcher,
05:26et encore une fois, pas un truc excessif,
05:27pour empêcher que les plus riches payent leur juste part d'impôts.
05:29Mais vous dites, ils y échappent, mais ils y échappent comment ?
05:32Avec des dispositifs légaux.
05:34Tout à fait.
05:34Aujourd'hui, c'est ce qu'on appelle de l'optimisation fiscale.
05:37Et c'est là tout l'enjeu qu'il y a autour de la taxe Zuckmann et de cette question-là.
05:42Il n'y a rien d'illégal.
05:44Si on vous propose de rénover des appartements,
05:46d'investir à tel endroit ou à tel endroit,
05:48ce sont des dispositifs légaux,
05:49et vous êtes en partie exonéré d'impôts.
05:51Et c'est justement tout l'enjeu qu'il y a.
05:53Il y a même un dispositif qui est de la gauche,
05:55le dispositif du flot, notamment.
05:57Tout à fait.
05:58Le dispositif d'immobilier, il y en a eu plein.
05:59Tout à fait, notamment pour encourager la rénovation thermique du bâti,
06:03parce que là, on va faire des niches fiscales
06:06dont on estime qu'elles peuvent être utiles pour générer des comportements,
06:10notamment la rénovation thermique du bâti.
06:11Je pense que tout le monde peut être d'accord avec le fait
06:13qu'on paye moins d'impôts si on met des portes ou des fenêtres
06:17qui vont moins faire s'échapper l'énergie.
06:19Il y a plein de sujets sur lesquels on peut envisager des dispositifs fiscaux.
06:23Le problème qu'il y a, c'est quand il y a des dispositifs très spécifiques
06:26qui sont littéralement des niches.
06:28L'exemple que je vous donnais sur la prétendue taxe Zuckman-Light,
06:30la taxe à trous, c'est typiquement ça.
06:33Et Zuckman l'explique très bien, d'ailleurs.
06:35Il dit que le principal problème qu'on a avec les plus riches,
06:37c'est qu'en fait, il y a tellement de dispositifs existants
06:39pour contourner l'impôt que le moyen simple de faire,
06:41c'est un dispositif où on met une règle,
06:43une règle infranchissable, incompressible.
06:45Vous payez au moins l'équivalent de 2% de votre patrimoine
06:48en impôt sur le revenu quand vous dépassez 100 millions d'euros.
06:51Ça va, quand on dépasse 100 millions d'euros,
06:53c'est pas une somme considérable.
06:54C'est souvent une valeur virtuelle, c'est pas une valeur que vous avez dans vos poches,
06:58ces 100 millions d'euros.
06:59C'est précisément l'argument que donnent les plus riches de notre pays
07:02qui ne veulent pas payer la taxe Zuckman.
07:03C'est une réalité qui a été évoquée par bon nombre d'avocats fiscalistes,
07:06des patrons d'industrie.
07:08En fait, le sujet qui est posé, c'est que,
07:10contrairement à ce qu'on pense avec la taxe Zuckman,
07:13c'est pas qu'on impose le patrimoine, c'est pas ça.
07:15C'est qu'on exige de ceux qui ont un patrimoine supérieur à 100 millions d'euros
07:19qu'ils payent au moins 2% d'impôt sur le revenu,
07:23l'équivalent de 2% de leur patrimoine en impôt sur le revenu.
07:27Attention, s'ils payent déjà 1,7% de leur patrimoine en impôt sur le revenu,
07:32eh ben, ils payent que 0,3%.
07:34C'est-à-dire que c'est un complément pour atteindre au moins ce chiffre-là.
07:37Pourquoi est-ce qu'on tolérerait pour les plus riches
07:38des choses qu'on ne tolère pas pour les plus pauvres ?
07:41Et d'une certaine manière, j'allais vous dire,
07:42c'est un peu ce qu'on entend à l'Assemblée nationale.
07:44On nous dit, ah mais si on taxe les riches, ils vont partir.
07:46Ah ben donc, on taxe les pauvres parce qu'eux, ils ne peuvent pas partir.
07:48Non, les pauvres, ils ne payent pas d'impôts.
07:49Eh ben si, les pauvres, ils payent la TVA.
07:51Ah oui, mais ça, tout le monde paye la TVA.
07:52Tout le monde paye des impôts dans ce pays.
07:54La TVA, on paye des impôts.
07:55L'essence, on paye des impôts.
07:57On paye des impôts sans arrêt sur tout et n'importe quoi.
07:59C'est même 70% sur l'essence.
08:01Oui, et précisément, ou sur les cigarettes,
08:03il y a tout un tas de produits sur lesquels vous payez des impôts sans le voir.
08:07Et d'ailleurs, petit à petit, pour faire les cadeaux...
08:08Donc, on en paye déjà beaucoup, M. Léomant.
08:10Mais savez-vous pourquoi on en paye autant ?
08:11Parce que pour faire les cadeaux aux plus riches qu'a fait Emmanuel Macron,
08:14il a décalé une partie de ce qui était prélevé en impôts sur le revenu
08:17vers les taxes.
08:18Et l'affectation de la TVA, par ailleurs,
08:20elle ne va pas totalement dans le budget de l'État.
08:23Et c'est comme ça aussi qu'on arrive à avoir, au final, de l'argent qui part.
08:27Il faut savoir que chaque année, on nous demande s'il faut faire des économies.
08:29Chaque année, on verse plus de 200 milliards d'euros d'aide aux entreprises.
08:33Pareil, sans contrôle.
08:34Alors, il y a une partie qui peut être intéressante parfois.
08:36Je ne vous dis pas que toutes les aides aux entreprises sont insupprémées.
08:39Ce n'est pas mon sujet.
08:40Mon problème, c'est quand il y a des aides aux entreprises.
08:42Je vous prends un exemple.
08:43Le groupe Sanofi.
08:45On leur verse du crédit impôts recherche.
08:47Que font-ils ? Ils licencient dans notre pays.
08:49Ben non.
08:49Pas d'accord avec ça.
08:50Pas possible de dire qu'on paye pour des licenciements.
08:53Qui peut être d'accord avec ça ?
08:55Je veux dire, quand on est honnêtement constitué,
08:57qui peut être d'accord avec ça ?
08:58Charles Consigny.
08:59Les aides aux entreprises, à 97%, ce sont des exonérations de cotisations et de taxes.
09:08Déjà, vous présentez la chose de manière un peu biaisée,
09:11parce que vous dites qu'on leur verse.
09:13On ne leur verse pas.
09:14C'est juste qu'ils payent un peu moins d'impôts et de taxes qu'ils le feraient s'il n'y avait pas ces dispositifs.
09:22Donc bon, c'est un peu biaisé.
09:24Ensuite, moi, tout ça est très intéressant.
09:26Sans doute que les plus riches ne sont pas très patriotes pour certains d'entre eux.
09:32Peut-être pour certains d'entre eux.
09:34Il y en a d'autres qui le sont.
09:35Vous voyez, moi, je trouve que Bernard Arnault, il est très patriote.
09:37Et on a de la chance de l'avoir, en réalité.
09:40Il en faudrait plus.
09:41Même Bolloré, je trouve, très patriote.
09:43En réalité, ces mecs-là, ben oui, ils construisent.
09:46On a une version différente du patriote.
09:47Excusez-moi, ils créent plus d'emplois que...
09:52Vous allez dire ça aux ouvrières de Poids-du-Nord.
09:53...que M. Zuckmann.
09:55Non, mais dites ça aux ouvrières de Poids-du-Nord qui ont vu leur usine.
09:59Dites ça aux ouvriers des ateliers Vuitton, aux vendeurs des magasins...
10:03Je ne vous dis pas le contraire.
10:04Je ne vous dis pas le contraire.
10:05Mais M. Bernard Arnault, il a commencé sa carrière en fermant l'usine de Poids-du-Nord
10:10qui fabriquait des costumes Kenzo.
10:12Et pourquoi il a fait ça ?
10:14Pour aller délocaliser en Pologne.
10:15C'est un drôle de patriotisme.
10:16Il y a énormément de familles qui se sont trouvées sur le carreau.
10:19Oui, en l'occurrence, c'est un des derniers à fabriquer en France pour beaucoup de ses produits.
10:23Ah oui ?
10:24Mais voyez-vous, on arrive à un endroit qui est très intéressant.
10:26Parce que M. Bernard Arnault, que vous dites patriote, il n'y a pas très très longtemps,
10:30il est allé aux Etats-Unis, il a dit c'est fantastique.
10:32Et si ça continue comme ça, je vais finir par aller aux Etats-Unis.
10:36C'est un drôle de patriotisme que de dire qu'on va aller dans un pays où on paye moins d'impos.
10:38Parce que Trump met des droits de douane énormes.
10:40Oui, mais justement, la question qui est posée pour M. Bernard Arnault,
10:45quelle est la spécificité mondiale de Bernard Arnault ?
10:48Il fait du made in France.
10:50Comment voulez-vous faire du made in France ailleurs qu'en France ?
10:52Ça n'est pas possible.
10:53Donc M. Bernard Arnault...
10:54Mais il faut lui mettre encore plus de bâtons dans les roues.
10:56Mais il ne faut pas lui mettre des bâtons dans les roues.
10:58Au lieu de féliciter d'avoir créé ce qu'il a créé.
11:00Mais M. ce n'est pas ça le sujet, ce n'est pas ça dont je vous parle.
11:02Il n'a rien créé si jamais il n'y a pas les travailleuses et les travailleurs qui font les sacs Louis Vuitton.
11:05Ça, d'accord, ça on est d'accord.
11:06Ben voilà, donc la réalité...
11:07Mais c'est un tout, les travailleurs et les travailleuses ont besoin de créateurs, d'investisseurs, c'est un tout, c'est une chaîne.
11:13Moi, je ne vous dis pas le contraire.
11:14Et par ailleurs, je n'en veux pas spécifiquement à M. Bernard Arnault.
11:18Mon seul sujet, c'est qu'ils payent ça juste par d'impôts.
11:20Pourquoi je demande ça ?
11:22Parce qu'après, qu'est-ce qui se passe ?
11:23On va demander aux petites entreprises de payer pour les impôts que M. Bernard Arnault ne paye pas entièrement.
11:28Mais si, c'est exactement ça qui se passe.
11:30Mais donc c'est une question de fiscalité qui n'est pas normale.
11:32Il vaut mieux alléger sur les petites entreprises.
11:35Exactement, merci de le dire.
11:36Alors, alléger sur les petites entreprises.
11:37J'ai pas vu de projet d'allègement sur les petites entreprises.
11:39Parce que vous ne nous écoutez pas assez.
11:41Alors, qu'est-ce qu'il y a comme projet d'allègement sur les petites entreprises ?
11:44Il y en a deux qui sont les plus centraux pour nous.
11:48Mais je suis vraiment très content de pouvoir en parler.
11:50Parce qu'on n'a jamais l'occasion de présenter nos propositions pour les petites entreprises.
11:53Et justement, ça me fait plaisir de pouvoir le faire.
11:54Petit 1, l'impôt progressif sur les entreprises.
11:56C'est pas normal que les petites et les grandes payent un taux d'impôt sur les sociétés qui est à 25%.
12:02D'autant que les grandes, en plus, ont encore une fois des moyens d'éviter une partie de l'impôt.
12:06Et bien, c'est pas normal que la boulangerie paye plus d'impôts au fond de ce qu'elle gagne que Carrefour.
12:11C'est drôle parce que vous vous battez pour qu'il y ait le même taux pour les très grandes fortunes
12:15et pour les fortunes intermédiaires, etc., moyennes.
12:19Mais par contre, il faudrait qu'il y ait un taux différencié pour ceux qui gagnent moins que les autres.
12:24Non, M. Consigny, c'est pas tout à fait...
12:26C'est ce que vous venez de dire.
12:26Non, je vous finis l'explication sur les petites entreprises et je vous explique pourquoi ce que vous dites est faux.
12:31Donc, petit 1, il faut un impôt progressif sur les sociétés.
12:34Petit 2, nous, ce qu'on propose...
12:35Souvent, les patrons, ils vous disent, on a trop de charges, on paye trop de charges, etc., sur les salaires, les cotisations patronales.
12:40Nous, ce qu'on propose, c'est qu'il y ait une caisse de péréquation interpatronale
12:43dans laquelle les grandes entreprises abondent davantage pour payer la juste part de cotisations,
12:48parce que c'est pas des charges, c'est des cotisations, et que les petites payent moins.
12:51Maintenant, je veux vous dire pourquoi...
12:52Oui, bien sûr.
12:53Les grandes entreprises vont surcotiser ?
12:55Oui, exactement.
12:56Et alors, j'ai vraiment aucun problème avec le fait que Amazon surcotise, que Carrefour surcotise...
12:59Ah non, mais Amazon ne paye pas ses impôts, ici.
13:01Ah ben voilà, donc il y a un autre problème, c'est que les grandes entreprises payent pas l'argent.
13:04Mais il y a un problème d'égalité devant l'impôt.
13:06Mais merci de l'avoir dit, merci de l'avoir dit.
13:08Amazon ne paye pas ça juste par l'impôt.
13:10La faute de l'Europe, c'est pas la faute ni du gouvernement, ni de nous.
13:13On peut tout à fait décider qu'on impose correctement les entreprises pour les bénéfices qu'elles font.
13:17Alors, allez-y, finissez, mais on n'a pas non plus...
13:19Si, si, on reste avec nous, la deuxième part.
13:21Simplement sur ce que...
13:22Pourquoi c'est faux ce que vous dites ?
13:23La taxe Zuckmann, c'est un impôt minimal, mais ça ne change rien par rapport aux règles de l'impôt sur le revenu.
13:29C'est-à-dire, nous, par ailleurs, on propose une tranche marginale d'impôt sur le revenu pour les revenus supérieurs...
13:33À 90% ?
13:34Non, 70, sur les revenus supérieurs à 400 000 euros.
13:36Et ça ne vous paraît pas délivrant ?
13:38Non, mais monsieur, enfin...
13:39Vous prenez 70% de ce que quelqu'un gagne, et vous trouvez que c'est normal ?
13:43Alors ça, c'est encore le truc qu'on essaye de nous faire dire.
13:45C'est pas ça, on prend 70% sur la tranche...
13:47Sur la tranche, oui, j'ai bien compris.
13:49Oui, sur la tranche marginale.
13:50Mais ça ne vous paraît pas un problème.
13:53Combien il y a de gens qui gagnent plus de 400 000 euros dans notre pays ?
13:55On est combientième, à votre avis, de l'OCDE en termes d'attractivité fiscale ?
13:59On est devenu beaucoup plus attractif qu'avant.
14:01Non, mais en termes d'attractivité de sécurité sociale, on est combientième ?
14:05Il y a 38 pays, il y a 38, où elle a bon goût la sécu.
14:09L'attractivité de la sécu, s'il vous plaît.
14:11Alors on est d'accord qu'on est attractif, oui.
14:13S'il vous plaît, on est combientième de l'OCDE en termes d'attractivité fiscale.
14:18Vous savez qu'il y a une petite concurrence entre les pays ?
14:20Oui, tout à fait.
14:21On est combientième ?
14:22Ce n'est pas mon sujet.
14:22On est 38e sur 38.
14:24Eh bien, c'est...
14:25On est 38e sur 38.
14:27Super, on prélève de l'info.
14:28Qu'est-ce que vous faites de ce que l'Italie est en train de faire, à savoir piller nos riches ?
14:31Mais non !
14:32Piller nos riches, piller nos chefs d'entreprise, tout le monde se barre en Italie.
14:36Vive l'exemple fasciste italien.
14:37Voilà !
14:38C'est pas le fascisme en Italie, monsieur.
14:40C'est pas le fascisme en Italie, écoutez, madame Léonier.
14:42Mais c'est la définition du fascisme.
14:44Quelle est votre définition ?
14:46Non, non, alors là, j'aimerais entendre votre définition du fascisme.
14:49Eh bien, tout à fait, on va la faire directement.
14:50Expliquez-nous.
14:51C'est une négation de la lutte des classes.
14:52Et c'est le fait que vous alliez dire...
14:53Le fascisme, c'est une négation de la lutte des classes.
14:54Attends, mais c'est moi...
14:55Attends, monsieur Léonier.
14:56Ah non, le fascisme, dans l'histoire, c'est les nazis et les italiens.
14:59Ah bah je sais pas.
14:59C'est un autre sujet.
15:00Ah d'accord, il y a deux définitions du fascisme.
15:02Non, pardon, je vais vous dire ce qu'ont fait les nazis et ce qu'ont fait les fascistes italiens,
15:05si vous le voulez bien.
15:06L'objectif des fascistes et des nazis, ça a été de faire en sorte d'invisibiliser les rapports de classe
15:11et de dire, il y a une unité de la race, c'était ça, la logique des fascistes.
15:15Et donc, il y a des intérêts communs entre les patrons italiens et les salariés italiens.
15:18Et il faut qu'on soit tous ensemble.
15:20Et ça, c'est la politique de Mme Meloni.
15:22C'est exactement ce qu'elle fait.
15:23Vous venez de le dire, ils sont en train de nous prendre nos riches.
15:25Ils sont en train de nous prendre nos riches.
15:26Pourquoi vous voulez absolument opposer les patrons ?
15:28On n'a pas le droit de qualifier de fasciste des gens qui s'en revendiquent.
15:35C'est quand même un peu particulier.
15:37Mme Meloni, elle s'inscrit dans la longue histoire du fascisme italien.
15:40Et avant d'essayer de se donner un visage plus doux,
15:44elle était tout à fait dans cette lignée-là.
15:46Mais par ailleurs, le fascisme à visage humain, vous savez ce que c'est ?
15:49On a les mêmes en France.
15:51Le totalitarisme à visage humain, vous savez ce que c'est ?
15:53On a les mêmes en France.
15:55On a des gens qui essayent de faire oublier
15:57qu'à l'intérieur de leur programme, il y a la suppression du droit du sol,
16:00comme l'a fait le gouvernement de Vichy dès qu'il est arrivé au pouvoir,
16:03en dénaturalisant des gens qui avaient été naturalisés,
16:06qui étaient des Italiens qui étaient venus et qui avaient été dénaturalisés,
16:09et en participant à la collaboration, en envoyant des Juifs dans les trains.
16:13Donc vous voyez...
16:14Non, pas dans les trains.
16:15Si, si, dans les trains, dans les camps de la mort.
16:16Oui, dans les camps de la mort.
16:17Oui, mais je pense que tout le monde a compris ce que je voulais dire en parlant des trains.
16:20Parce que c'est ce qu'a fait le régime de Vichy.
16:22Il y a un parti dans notre pays qui a été fondé par des Waffen-SS
16:25et par des anciens collabos.
16:27Et aujourd'hui, ce parti s'est racheté une jolie tête bien gentille
16:31avec Mme Le Pen et avec M. Bardella.
16:33Mais à l'intérieur de leur programme, il y a toujours la suppression du droit du sol.
16:35Et aujourd'hui, quel est le parti en France que les Juifs craignent le plus ?
16:38Et là, je ne crois pas que ce soit le Rassemblement National,
16:40je crois que c'est plutôt vous.
16:41Mais madame...
16:41Non, non, mais regardez simplement les enquêtes d'opinion.
16:44Mais je ne vous dis pas qu'il n'y a pas une campagne de...
16:46Donc, vous avez raison, le fascisme peut se transformer
16:49et avoir différents visages autour de la mesure de l'histoire.
16:51Vous êtes en train de me traiter de fasciste ?
16:52Non, vous avez apparemment une définition très élastique du fascisme.
16:56Non, non, je n'ai pas une définition élastique du fascisme, peut-être ?
16:58Non, je vous écoute, vous nous expliquez ce qu'est le fascisme.
17:00Allez jusqu'au bout de l'idée, madame.
17:02Moi, je vous explique, vous invoquez maintenant...
17:04On vous parle de l'Italie.
17:05Charles Consigny vous pose une question sur l'économie italienne.
17:08Vous nous parlez des fascistes, donc on vous demande une explication du fascisme.
17:10Je qualifie madame Mélanie politiquement.
17:11On arrive maintenant à le Rassemblement national qui sont les héritiers de ceux qui ont mis les Juifs dans les trains.
17:16Donc, je vous écoute dans votre démonstration qui fait des sauts dans l'histoire extraordinaire.
17:21Et je vous pose juste une question.
17:22Aujourd'hui, en France, en 2025, les Juifs de France ont peur de quel parti,
17:26d'après les dernières enquêtes d'opinion, de la LFI et pas du Rassemblement national ?
17:29Donc, vous m'accusez ?
17:30Non, je vous demande, je vous dis juste de quel parti les Juifs ont-ils peur aujourd'hui
17:34puisque vous nous parlez de partis qui ont mis des Juifs dans les trains il y a 80 ans.
17:38Aujourd'hui, les Juifs vivants en France en 2025, c'est de vous.
17:41Vous voyez madame, vous essayez de continuer une campagne de propagande qui existe contre la France insoumise.
17:47Nous, notre enjeu fondamental, c'est l'unité du peuple français, indépendamment des questions de religion,
17:52indépendamment des questions d'origine.
17:55Non, je viens de vous dire précisément cette chose-là.
17:56Non, je viens de vous dire précisément cette chose-là.
17:57Alors, on va faire une pause.
17:58Sinister, mettre en temps les patrons et les salariés.
18:01Non, notre enjeu principal, c'est précisément de faire en sorte qu'on travaille à l'unité populaire,
18:06qu'on lutte contre la question du racisme, qu'on lutte contre la question de l'antisémitisme,
18:11qu'on lutte contre la question de l'islamophobie.
18:13Parce que tout ce qui divise le peuple français est un énorme problème précisément
18:18pour aller chercher l'argent là où il est, c'est-à-dire dans les poches des puristes.
18:21Et écoutez-moi bien, ceux qui nous écoutent, chaque fois qu'on essaye de vous faire regarder
18:25votre voisin, votre voisine, la personne qui gagne moins que vous,
18:28la personne qui porte un voile ou celle qui porte une kippa,
18:31chaque fois que quelqu'un essaye de faire ça, il est en train d'essayer de diviser le peuple
18:34pour faire en sorte à la fin que nous ne soyons pas solidaires les uns des autres
18:37et que nous ne puissions pas nous rassembler pour tenir des objectifs politiques,
18:40à savoir lutter contre le changement climatique, obtenir une sixième république
18:43et aller chercher l'argent là où il est, dans les poches des plus riches.
18:46Alors justement, et c'est ce qui fera peut-être la chute du gouvernement de Sébastien Lecornu,
18:51avec la taxe Zuckman-Light que propose le Parti Socialiste.
18:55On va continuer d'en discuter avec le député France Insoumise de l'Essonne, Antoine Léaumant.
18:59Question d'Abel Boyi qui a écouté tout le monde, qui a écouté Charles Consigny et Barbara Lefebvre,
19:04avec le député, suite de la discussion dans un instant.
19:07AMC, Alain Marchal, Olivier Truchot,
19:11Les Grandes Gueules.
19:121, 2, 3, 4 !
19:16Les gigiets, les grandes gueules avec l'avocat Charles Consigny, l'enseignant de Barbara Lefebvre,
19:25l'éducateur Abel Boyi et notre invité, et le député France Insoumise de l'Essonne, Antoine Léaumant,
19:30pour parler de cette semaine où ça va beaucoup ferrailler à l'Assemblée Nationale,
19:35autour du budget, du volet notamment des taxes, et de la taxe Zuckman,
19:39avec ce que nous explique le député Léaumant,
19:41peut-être un tour de passe-passe de la part des socialistes,
19:44avec la majorité, enfin la majorité, avec le gouvernement actuel,
19:47pour éviter la censure et accepter une taxe Zuckman à trous,
19:51ou taxe Zuckman light.
19:53Aël Boyi, question.
19:54Alors on voit qu'entre vous et le Parti Socialiste, ce n'est plus le grand amour,
19:57alors comment est-ce que vous les définiriez PS, parti des surdoués ou des sous-doués ?
20:02Mouillez-vous, vous n'avez pas votre langue dans votre poche.
20:05Non, j'aime pas rentrer dans ces...
20:07Eux, ils nous font des blagues sur la France insoumise,
20:10je ne sais plus, j'ai vu une blague de Philippe Brun,
20:11je ne me souviens même plus, c'était nul.
20:13Mais moi, je ne fais pas ça.
20:14Moi, mon sujet, c'est qu'est-ce qu'ils font politique ?
20:16Or, en train, vous disiez les gros nazes.
20:17Non, ce n'est pas vrai !
20:19Je précise que c'est un mensonge.
20:21Je précise que c'est un mensonge.
20:23Moi, ce que j'ai entendu, c'est gros nazes du PS.
20:26Ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai.
20:27Jamais je ne ferais ça.
20:28Et il a dit des trucs sur les écoles aussi, mais on va pas te faire.
20:30Je précise à vos auditeurs que c'est faux.
20:33C'est l'ouzure de faux.
20:34C'est vrai, c'est faux, c'est faux.
20:36C'est faux.
20:38Non, non, je peux dire...
20:39C'est plaisant.
20:41Allez-y, je suis allé au moment.
20:43C'est une blague.
20:44Sociotraitre ?
20:45Je ne me jette pas dans ce type de jeu-là.
20:49Mais vous le pensez.
20:50Parce que, disons que la direction du Parti Socialiste
20:55a pris l'habitude de dire une chose et de faire son contraire.
20:57Ça, c'est ça qui m'embête.
20:59Parce que, pourquoi il y a un enjeu dans la période ?
21:01Précisément, tout à l'heure, on parlait du fascisme.
21:03Et moi, je vous dis, je continue à considérer
21:04que le Rassemblement National est un parti extrêmement dangereux pour notre pays.
21:08Là, ce qu'on a réussi à faire en 2024,
21:10c'est que tout le monde se dise,
21:11OK, il y a une force politique, le nouveau Front Populaire,
21:14une force sur laquelle je peux m'appuyer
21:15pour pouvoir gagner les élections
21:18et changer ce qui se passe dans notre pays.
21:19Non, après, il n'existe plus.
21:21Voilà, le problème du comportement du Parti Socialiste aujourd'hui,
21:24en essayant de sauver M. Lecornu pour sauver leur place,
21:27c'est qu'il donne l'impression d'une dislocation,
21:29d'une désagrégation de ce nouveau Front Populaire.
21:31Or, je pense que ce qui nous a amenés à avoir autant de députés,
21:34ça reste là.
21:34Il y a toujours un problème posé à la démocratie,
21:36il y a toujours un problème de richesse.
21:37Le travail ne paye pas assez.
21:39Les riches ne payent pas, ne financent pas assez.
21:42Les problèmes écologiques qui sont posés,
21:43ils n'ont pas disparu, magiquement.
21:44Pourquoi le gouvernement Lecornu tomberait
21:46puisqu'il n'y a plus de 49-3 ?
21:48Comment est-ce qu'il pourrait tomber, alors ?
21:49Il peut tomber sur un 49-2,
21:51c'est-à-dire une motion de censure spontanée
21:53déposée par les députés.
21:55Le problème qu'il y a, c'est qu'on ne peut en déposer
21:56qu'un nombre limité chaque année.
21:58Chaque député peut signer que trois motions de censure spontanées,
22:02on ne peut faire ça que trois fois dans l'année.
22:05On en a déjà fait une, la dernière fois, nous, les Insoumis,
22:07parce que, justement, on voulait qu'il y ait un vote de confiance.
22:09Le RN en a fait une aussi.
22:10Le RN en a fait une aussi.
22:12Ça veut dire qu'il nous en reste deux.
22:14Donc, il faut que chacun fasse l'émotion de censure
22:16au moment où il espère pouvoir effectivement
22:18faire tomber le gouvernement.
22:19Là, le Parti Socialiste, ils ont l'air de vouloir
22:21mettre un coup de pression au gouvernement.
22:22Donc, c'est des sociaux traîtres.
22:24Je n'aime pas utiliser ces mots-là.
22:26Je vais vous dire pourquoi je n'aime pas utiliser ces mots-là.
22:28Parce qu'il y a des gens, encore, des militants socialistes,
22:31qui sont attachés au Parti Socialiste.
22:33Et je comprends, c'est une longue histoire,
22:34c'est un parti qui a fait beaucoup de choses dans l'histoire
22:36et qui a des grandes figures comme Jaurès et comme Blum.
22:38Là, ils ont obtenu des trucs, quand même.
22:40Bah non.
22:41Sur la réforme des retraites, c'est quand même eux qui l'ont obtenu.
22:43Je veux juste aller jusqu'au bout de ça.
22:44Moi, je ne dirais pas du mal du Parti Socialiste en tant qu'entité.
22:47Dire du mal de ce que fait Olivier Faure,
22:49ce que font Philippe Brun, etc.
22:50Oui, bien sûr.
22:52Moi, mon problème, c'est que j'espère convaincre
22:54les militants socialistes que maintenant, il faut rompre
22:55et qu'il faut venir avec nous, nous donner le coup de main,
22:57nous aider, parce que ça ne va pas tenir longtemps comme ça.
23:00Les socialistes, aujourd'hui, on voit bien que leur tactique,
23:04comme pour LR, d'ailleurs, et pour le Bloc Central,
23:06c'est garder leur poste, garder leur siège,
23:09auquel ils se cramponnent comme des moules à leur rocher
23:13ou des berniques à je ne sais quoi.
23:14Apparemment, les écolos sont en train de glisser légèrement aussi.
23:19Ils ne font donc, a priori, plus confiance à la LFI
23:22pour être la force motrice du NFP.
23:27Donc aujourd'hui, finalement, il y a deux forces motrices
23:29dans cette Assemblée qui assument le vote populaire,
23:32c'est la LFI et le Rassemblement National.
23:35Sauf que la LFI toute seule et le Rassemblement National tout seul,
23:39le Rassemblement National risque quand même de faire un score
23:41légèrement supérieur à la LFI tout seul.
23:43OK.
23:44Donc maintenant, comment vous allez faire pour raccrocher
23:46les socialistes et les écologistes,
23:49puisqu'apparemment, eux aussi, ils sont en train de s'en aller,
23:50alors qu'ils sont en train de se raccrocher au Bloc Central ?
23:52Vous êtes de plus en plus isolés.
23:54Comment est-ce que vous allez faire ?
23:55Et vous auriez raison de les traiter de traîtres,
23:57parce que finalement, c'est votre programme, le NFP.
23:59Le NFP, c'est le programme de la France nationale.
24:00Oui, oui, largement.
24:01Là, ils sont en train de vous trahir dans les grandes largeurs.
24:05Comment est-ce que vous allez continuer à essayer de leur tendre la main ?
24:07Vous êtes masochiste ou quoi ?
24:09Non, mais est-ce que vos électeurs,
24:10est-ce que vous pensez vraiment que le militant insoumis,
24:12il a envie que vous tendiez la main aux sociaux prêtres ?
24:15Alors, je peux vous dire que les militants insoumis,
24:17ils n'ont pas envie,
24:18et que les remontées de terrain,
24:21mais ce n'est pas que les militants insoumis,
24:22on va être parfaitement honnêtes.
24:24Moi, toutes les remontées de terrain que j'ai en ce moment,
24:26c'est en gros ce que vous dites.
24:27Il y a deux forces politiques qui sont lisibles,
24:29le Rassemblement national d'un côté et la France insoumise de l'autre,
24:31et au milieu, on ne comprend rien.
24:32Donc, allons à une présidentielle, ça ira plus vite.
24:35Exactement ce que...
24:35Alors, mais merci de le dire,
24:37parce que c'est exactement ce qu'on veut.
24:38Nous, on veut que Macron dégage,
24:39parce qu'il faut qu'il y ait une élection présidentielle.
24:40Je voudrais juste expliquer pourquoi,
24:42parce que c'est un peu compliqué.
24:43Ce n'est pas...
24:44Je n'ai pas peur de la dissolution, moi.
24:45Ce n'est pas un sujet.
24:46De toute façon, si je dois perdre mon siège,
24:47ça veut dire que je ne suis pas légitime politiquement.
24:48Je ne vois pas bien pourquoi je serai à l'Assemblée nationale.
24:50Ça n'a pas de sens.
24:51Si on perd son siège,
24:52c'est parce que c'est les électeurs qu'on a décidé.
24:54Point barre, c'est tout.
24:54Je ne suis pas là en train de m'accrocher à mon mandat.
24:58Moi, je m'accroche à une idée politique.
24:59Si, mettons, Macron dissout l'Assemblée nationale,
25:02et on se retrouve avec la même situation.
25:04Un bloc extrême droite, un bloc central,
25:06et un bloc de gauche assez important.
25:09Et pas de majorité politique.
25:10On ne peut pas dissoudre l'Assemblée nationale pendant un an.
25:13Il y a un an de bordel en plus.
25:15Et, attendez,
25:16c'est que si la situation de blocage conduit Macron à démissionner,
25:18il démissionne, il y a une élection présidentielle,
25:21le nouveau président de la République élue
25:22ne peut pas dissoudre l'Assemblée pendant un an.
25:25Donc, tout ça,
25:25on est dans une situation de blocage politique.
25:28Personne ne dira le contraire dans ce pays, je pense.
25:30Mais la situation de blocage, elle vient de l'Élysée.
25:32Il faut qu'on ait une élection présidentielle
25:33pour pouvoir décider des orientations qu'il y a dans notre pays.
25:36Soit on gagne, soit on perd.
25:37On verra bien.
25:37Moi, je ne fais pas des campagnes pour les perdre.
25:39Je fais des campagnes pour les gagner.
25:40Et puis, ensuite,
25:42une dissolution de l'Assemblée nationale,
25:43du nouveau président
25:44ou de la nouvelle présidente élue
25:46pour qu'on puisse retrouver une majorité politique dans le pays.
25:48J'ai une question, après,
25:49on va en donner la parole, Charles.
25:51Parce que vous avez parlé au Rassemblement national
25:52en disant, bon, ce sont des fascistes.
25:54Vous avez voté avec eux
25:55le dégel du barème de l'impôt sur le revenu.
25:58Donc, c'est là où j'ai du mal à comprendre votre logique.
26:00Alors, à l'Assemblée nationale.
26:02Alors, attendez.
26:03Vous avez voté avec eux
26:05le dégel du barème de l'impôt sur le revenu.
26:06Super. Ou alors, c'est eux qui ont voté avec nous.
26:08Alors, vous étiez ensemble.
26:09En l'occurrence, c'était un amendement Wauquiez.
26:11Donc, c'était un amendement LR.
26:12Et là, vous avez voté avec Wauquiez aussi ?
26:14Bah, Wauquiez, je ne considère pas que c'est un fasciste.
26:16Je considère que c'est quelqu'un qui nous...
26:17Donc, ça, il veut l'union des droites de Cnafaux à Darmanin ?
26:19Laurent Wauquiez, je considère que c'est quelqu'un
26:20qui nous coûte très cher en restaurant.
26:22Parce qu'il fait des repas à 1000 euros.
26:23Donc, c'est un peu beaucoup, si vous voulez.
26:25Moi, c'est plutôt ça, mon problème que j'ai avec Laurent Wauquiez.
26:26Il y avait quand même un attelage
26:28France Insoumise-Rassemblement national Wauquiez
26:30pour le dégel d'impôt sur le revenu.
26:33Pardon, mais il y avait un attelage
26:35des macronistes et du PS
26:37pour ne pas voter ce dégel de l'impôt.
26:40À la limite, l'attelage
26:41le plus surprenant, c'est le vôtre.
26:42Mais non, parce que ce n'est pas un attelage.
26:44En fait, il y a des amendements qui sont proposés
26:45et quand on trouve que c'est bien, on vote pour.
26:47Quand on trouve que ce n'est pas bien, on vote contre.
26:49Ça ne veut pas dire...
26:50Quand ce n'est pas bien, c'est des fascistes.
26:51Mais ce n'est pas ça.
26:52Ça ne veut pas dire qu'il y a un accord.
26:53En plus, personne ne croira à aucun moment donné
26:55qu'on peut s'entendre, nous, avec le Rassemblement national,
26:58aller combiner des trucs dans les croix.
27:01C'est vrai, ils votent nos motions de censure.
27:02Ils ont bien raison de le faire.
27:03Et vous, vous ne le faites pas quand c'est eux.
27:04Vous n'avez pas connu.
27:05Vous avez raison de le dire, parce que précisément,
27:07l'émotion de censure du Rassemblement national,
27:09c'est l'émotion de censure, coup de bouchon, ça ne sert à rien.
27:11Je voudrais juste répondre à la question qui m'était posée,
27:15mais que j'ai oubliée, parce que c'était un truc important.
27:17C'était quoi, le sujet de l'État ?
27:19On était sur la dissolution juste avant, ou sur le départ du président de la République ?
27:20Pardon, sur l'amende invoquée.
27:22Je voudrais dire ce qui s'est passé.
27:23Parce que les socialistes racontent n'importe quoi.
27:25Du coup, ça évite à 200 000 personnes d'entrer dans l'impôt.
27:28Mais en fait, ça évite à 18 millions de personnes de voir leur impôt sur le revenu.
27:32Ça faisait gagner 2 milliards à l'État.
27:33Exactement, mais merci de le dire.
27:34Donc c'est 2 milliards en moins pour les caisses de l'État.
27:36Mais il faut bien expliquer ce dont il s'agissait,
27:38parce que c'est hyper compliqué.
27:40En gros, là, il y avait une réévaluation de toutes les tranches de l'impôt sur le revenu
27:43qui était bloquée alors qu'il y a de l'inflation.
27:46Donc les revenus augmentent un petit peu.
27:48Et normalement, quand les revenus augmentent et qu'il y a de l'inflation,
27:51on réindexe chaque année le barème d'impôt sur le revenu.
27:53Là, ce qu'on a fait, nous, c'est justement de réindexer sur l'inflation.
27:57Alors que les macronistes et les socialistes, apparemment, ne voulaient pas le faire.
28:00Donc là, 18 millions de personnes ne voient pas leur impôt sur le revenu augmenter
28:04et 200 000 personnes qui devaient entrer dans l'impôt sur le revenu
28:07n'entreront pas dans l'impôt sur le revenu.
28:09C'est une belle victoire.
28:09C'est ce qui peut paraître assez paradoxal.
28:11Parce que dans les 18 millions, il y a aussi des gens qui gagnent beaucoup d'argent.
28:14Exactement.
28:15Mais là, ils ne voient pas leur impôt augmenter.
28:17Donc ça peut être assez paradoxal de votre part.
28:18Voilà, alors c'est ce que disent les socialistes.
28:20Merci de vous faire l'avocat de Philippe Brun et de M. Fort.
28:24J'ai déjà sans sosie, par exemple.
28:26C'est vrai qu'il y a un petit quelque chose.
28:30C'est pour ça que Fort se fait pousser la barbe.
28:32C'est vrai, c'est sans doute pourquoi on le différencie dans la rue.
28:35Parce que tout le monde le...
28:36Bon bref, passons sur les...
28:38Donc c'est assez paradoxal.
28:39On nous dit que c'est paradoxal.
28:40Mais regardez comment on pense.
28:42Nous, on veut des règles qui soient universelles.
28:43C'est-à-dire, si jamais il y a une indexation sur l'inflation,
28:47c'est pour tout le monde.
28:48Par contre, on n'est pas contre de dire qu'il y a des tranches
28:51à l'intérieur de l'impôt sur le revenu qui existent déjà.
28:53Nous, par ailleurs, on est pour qu'il y en ait plus
28:55et que ce soit plus lisse l'effort.
28:57Mais qui est des tranches, qu'on augmente ou qu'on diminue.
29:00Parce que là, c'est quelque chose de très spécifique.
29:02Vous dépasser un niveau de revenu, vous pouvez payer.
29:03Vous voulez quand même, dans votre système,
29:04faire payer toujours plus ceux qui payent déjà
29:06et faire payer toujours moins ceux qui ne payent pas.
29:09Non.
29:09C'est quand même pas votre système.
29:11Je le dis d'un mot,
29:13mais ceux qui gagnent moins de 4 000 euros avec notre système sont gagnants
29:16parce qu'on fait un changement de l'impôt sur le revenu
29:17et une progressivité de la CSG
29:20pour que les petits payent moins et que les gros payent plus.
29:22Merci, Antoine Léomand.
29:24Tiens, dans un instant, on va s'intéresser à une proposition
29:26du Rassemblement National
29:28qui veut réduire, voire supprimer,
29:30les frais bancaires du quotidien.
29:32Vous seriez pour ou pas ?
29:32Vous votez pour, monsieur Léomand ?
29:33C'est une proposition de loi qu'on a déposée, nous,
29:36et je n'ai pas encore regardé le détail de la proposition de loi.
29:38Attends, attends, attends.
29:39En général, le Rassemblement National, il y a des arnaques.
29:41Par exemple, sur les parkings,
29:43c'est dans 10 ans et ils ne remettent pas en cause les concessions
29:45parce qu'ils vont déposer une proposition de loi pour essayer.
29:47En fait, ils font ça pour essayer de nous couper de l'herbe sous le pied.
29:49Ils reprennent nos propositions,
29:50ils les transforment en trucs nuls
29:51et après, ils disent « Oh, vous ne les votez pas ».
29:53Forcément, ils les ont transformés en trucs nuls.
29:55Donc, on ne va pas voter des machins
29:56qui sont moins 10 ans par rapport à ce qu'on propose.
29:58Alors,
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