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Chaque week-end, Emilie Broussouloux vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Mais il faut qu'on parte vers le Groenland, vers lequel tous les regards sont rivés.
00:05Ce territoire dépendant du Danemark, on le rappelle, dont Donald Trump veut absolument s'emparer.
00:10Ces dernières heures, le président américain s'est à nouveau exprimé à ce sujet.
00:13Antoine Hollard, bonsoir. Vous êtes notre correspondant à Washington.
00:18Donald Trump, ce soir, appuie là où ça fait mal. Il brandit à nouveau la menace des taxes.
00:23Exactement, menace de droit de douane contre les pays qui se mettraient en travers de son chemin
00:31et qui s'opposeraient à son plan d'annexion du Groenland.
00:34En fait, Donald Trump voit bien qu'il y a une solidarité qui s'organise en Europe autour du Danemark et du Groenland.
00:40Il a bien vu qu'il y a ces exercices militaires qui sont organisés au Groenland, notamment par l'armée française.
00:47Tout cela ne lui plaît pas du tout et il tient à le faire savoir.
00:50Hier, déjà, sa porte-parole avait indiqué que les manœuvres européennes n'avaient aucun impact sur la volonté du président.
00:56Et donc, aujourd'hui, Donald Trump le confirme. Il persiste et signe.
00:59Il dit qu'il a besoin du Groenland, que c'est une question de sécurité nationale.
01:03Et il menace donc de représailles ceux qui voudraient l'empêcher de s'emparer du territoire danois.
01:08Écoutez.
01:10Je vais peut-être imposer des droits de douane sur les pays qui ne jouent pas le jeu sur le Groenland.
01:15Parce qu'on a besoin du Groenland pour la sécurité nationale.
01:17Je vais vous donner un petit peu...
01:47On a été à Copenhague pour rencontrer les autorités danoises et groenlandaises.
01:52Une façon d'afficher leur soutien et leur solidarité.
01:54Et puis, toujours au Congrès, il y a en début de semaine un projet de loi qui a été déposé.
01:58Là encore, un projet de loi bipartisan soutenu à la fois par les démocrates et les républicains
02:02pour interdire à Donald Trump d'utiliser l'armée pour envahir le Groenland.
02:06Alors, pas sûr que ça suffise à freiner Donald Trump.
02:09Mais on voit qu'il y a aussi ici une forme de résistance et de contestation, en tout cas, sur le dossier groenlandais.
02:15Merci beaucoup Antoine Eulard.
02:17Restez bien avec nous.
02:18On aura d'autres questions à vous poser en direct de Washington.
02:22On est avec Bertrand Gallichet.
02:23Bonsoir.
02:24Bonsoir.
02:24Grand reporter, spécialiste des relations internationales.
02:28Maurice Safran est resté avec nous, ainsi que Thierry Arnaud.
02:31J'en profite pour rappeler votre podcast, Le Monde selon Trump,
02:34à découvrir toutes les semaines.
02:35Vous plongez dans le monde de Trump.
02:37Et évidemment, il en est beaucoup question ces derniers mois.
02:41Première question, Thierry.
02:43Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas entendu Donald Trump brandir son arme préférée.
02:48Ça nous avait presque manqué.
02:50C'est un peu plavelevien comme réflexe, mais effectivement, ça n'est pas surprenant.
02:53Il est très déterminé.
02:55On vient de l'entendre.
02:56Il l'a dit à l'occasion de cette réunion à la Maison Blanche.
02:58Il l'a redit un peu plus tard sur la pousse de la Maison Blanche avant de monter à bord de son hélicoptère.
03:02Il considère qu'il est indispensable de planter le drapeau américain sur le territoire du Grand-Henland.
03:08C'est vital, dit-il, c'est le mot qu'il emploie pour les États-Unis.
03:12C'est vital pour sa défense.
03:14C'est vital en particulier pour pouvoir déployer ce qu'il appelle, vous savez, ce dôme d'or,
03:18c'est-à-dire ce système de protection du ciel américain.
03:23Et effectivement, lorsqu'on regarde une carte, on s'aperçoit que si d'aventure venait aux Russes
03:28l'idée de tirer des missiles balistiques vers les États-Unis,
03:30la trajectoire passe vraisemblablement par le Grand-Henland et c'est donc ça l'idée.
03:36Alors évidemment, tout le débat, et vous avez entendu les arguments qui sont opposés au président américain
03:40depuis le début de ces velléités, consiste à dire qu'il n'a pas besoin de faire du Grand-Henland le territoire américain.
03:48Il a déjà une base militaire sur cette vaste île et il a surtout, depuis 1951,
03:54un traité de défense avec le Groenland et avec le Danemark qui l'autorise à déployer
04:00tous les moyens militaires qu'il souhaite sur ce territoire.
04:04Voilà où on en est.
04:05Pourquoi est-ce que ça ne lui suffit pas ?
04:07Parce qu'il considère que le Danemark est un pays trop fragile pour assurer la sécurité de ce territoire,
04:14qu'il considère comme stratégique, que la nature géopolitique, c'est comme la nature tout court à la horreur du vide,
04:20et que s'il n'y a pas une grande puissance qui s'appelle les États-Unis qui vient s'installer au Groenland,
04:25ce sera une autre grande puissance qu'il fera, c'est-à-dire soit la Chine, soit la Russie,
04:30et c'est donc pour lui, de ce point de vue, incontournable.
04:34Et il y croit vraiment à ce narratif, Bertrand Gallichet ?
04:38Je ne sais pas s'il y croit, mais en tout cas, sa détermination est absolument intacte.
04:42Mais ça pourrait être un prétexte.
04:44Ce qui est certain, en tout cas, c'est qu'il veut atteindre cet objectif
04:48et on voit à quel point, d'ailleurs, l'argument des taxes qu'il brandit ce soir est un argument facile
04:55et c'est finalement l'argument le plus simple et le plus évident,
04:59celui qui peut faire éventuellement fléchir les Européens,
05:04même si du côté des Européens, il y a quand même un début de réaction,
05:07vous l'avez vu, avec cet envoi de quelques troupes françaises, allemandes, danoises,
05:13et qui, peut-être, vont quand même freiner les ardeurs du président américain.
05:20Mais vous savez, sur le fond, tout ce que vous venez de dire, Thierry Arnaud,
05:24est naturellement le fond du sujet.
05:27C'est-à-dire que Trump n'a pas besoin d'être le maître du Groenland.
05:33Il a envie d'être propriétaire plutôt que locataire parce qu'il estime que,
05:40je dirais, presque de droit divin, les États-Unis ont la nécessité pour se défendre,
05:46pour se protéger, d'avoir les pleins pouvoirs sur ce territoire.
05:51Que va-t-il se passer maintenant ? On n'en sait encore rien,
05:54mais je pense que le fait que des pays de l'OTAN soient présents militairement,
05:59même de façon symbolique, va quand même, sans doute, le faire réfléchir.
06:05Et puis, il y a ce que disait...
06:06Pour vous, ça peut le faire réfléchir, même s'il a déclaré que ça ne changeait rien.
06:11Oui, mais en même temps, ce n'est pas tout à fait vrai.
06:13Parce qu'en réalité, vous savez, si l'OTAN devait imploser,
06:18je pense que ce qui a été décrit par votre correspondant à Washington tout à l'heure
06:22serait naturellement amplifié.
06:25C'est-à-dire que la classe politique américaine,
06:27qui est déjà extrêmement tiède, voire réticente sur le sujet,
06:30n'accepterait pas de prendre le risque de voir l'OTAN voler en éclats
06:35pour l'affaire du Groenland.
06:37Et vous savez, je reviens des États-Unis, j'ai parlé avec beaucoup d'Américains
06:40qui, sur ce sujet, écarquillent un peu les yeux et se disent
06:44« Mais quelle mouche a piqué Trump, finalement ? »
06:47On a quand même d'autres préoccupations, d'autres problèmes.
06:51Pourquoi s'entêter sur cette volonté de conquérir le Groenland ?
06:55C'est la résidence la plus importante aujourd'hui et la plus problématique pour Donald Trump.
07:01Quand on regarde les sondages pour aller dans le sens de ce que c'est Bertrand à l'instant,
07:04on constate que seulement 20% des Américains trouvent que c'est une bonne idée
07:08de se lancer à l'assaut du Groenland.
07:11Et d'autre part, il y a aussi aujourd'hui au Groenland une délégation de parlementaires américains,
07:15des élus du Congrès, des représentants, des sénateurs,
07:18parmi lesquels il y a deux sénateurs républicains,
07:22le sénateur de Caroline du Nord et la sénatrice de l'Alaska,
07:26qui sont là pour aller manifester leur solidarité
07:29et disent-ils la solidarité des États-Unis vis-à-vis de l'allié danois.
07:34Donc, de ce point de vue, sur le front intérieur,
07:37il y a une résistance très forte
07:39et évidemment c'est aussi un obstacle dont il est obligé de tenir compte.
07:44– Oui, justement, je voudrais juste faire réagir Dominique Simonnet aussi,
07:47qui est écrivain et journaliste spécialiste des États-Unis.
07:50Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?
07:53Tous les Américains ne sont pas d'accord avec ce que fait en ce moment Donald Trump.
07:57Beaucoup déclarent que c'est une folie.
08:00– Oui, oui, tout à fait.
08:02Bertrand Gallifé et Thierry Arnaud ont très bien résumé la situation.
08:05C'est exactement ça.
08:06Là, c'est un coup de force de Donald Trump, comme d'habitude.
08:10Il tape du pied, il veut quelque chose.
08:12Là, il veut le Groenland, il le veut vraiment.
08:14Et puis, il menace, il fait du chantage.
08:18Et puis après, éventuellement, il négociera.
08:22Mais c'est vrai que la situation là est assez particulière
08:24parce que les Américains ne le suivent pas.
08:27Il y a 18 à 20%, effectivement, d'après les différents sondages,
08:31seulement qui seraient en sa faveur pour une action au Groenland.
08:37Et puis, il y a une autre donnée, c'est qu'il y a les Européens.
08:44Vous l'avez dit, les Européens, quand même, ils sont un peu concernés par cette histoire.
08:48Le Danemark fait partie de l'Union européenne.
08:50Le Groenland, non.
08:51Mais il a un rôle stratégique évident.
08:57Cela dit, il faut aussi prendre la mesure des choses.
09:02Ce n'est pas complètement idiot, les prétentions de Donald Trump,
09:07ou en tout cas, ses préoccupations.
09:09Le Groenland, c'est un enjeu sécuritaire stratégique.
09:12C'est vraiment le choc des futurs empires.
09:16Il n'y a pas de menace immédiate de la Russie et de la Chine,
09:20mais on peut anticiper qu'il y en aura.
09:22Il y a aussi tout le point de vue économique.
09:24Il serait trop long d'en parler, mais il y a ces nouvelles routes de l'Arctique qui s'ouvrent.
09:28La Chine, d'ailleurs, parle de routes de la soie arctique.
09:31Il y a les ressources propres au Groenland, des terres rares, par exemple.
09:35Et puis, il y a cet égo de Donald Trump.
09:37C'est sans doute la motivation la plus forte.
09:40Il adhère à cette doctrine que les États-Unis doivent s'étendre,
09:45d'avoir leur territoire de sécurité, leur zone d'influence sur tout le territoire.
09:50Ça va jusqu'au Groenland pour lui.
09:52Et puis, peut-être cette idée aussi que ce serait bien d'avoir un État supplémentaire
09:55pour les 250 ans de l'indépendance américaine
09:58qu'il va célébrer en grande pompe en juillet.
10:01Donc, vous voyez, il y a beaucoup de choses.
10:03Et je rajoute juste un mot avant, pour ne pas être trop long.
10:06Ce que disait Bertrand Gallichet sur le propriétaire.
10:09Il a assisté sur ce mot encore, il y a quelques heures, en disant « je veux être propriétaire ».
10:14Propriétaire, ce n'est pas pareil, vous comprenez.
10:17Ce n'est pas comme d'avoir un droit d'usage non-propriétaire si on fait ce qu'on veut.
10:21Alors qu'il a toutes les possibilités, d'après les traités, de pouvoir déployer des troupes
10:25et même de multiplier les bases.
10:27Mais pour lui, propriétaire, c'est autre chose, c'est quelque chose.
10:30Voilà, le businessman revient.
10:33Vous avez dit beaucoup de choses qui étaient intéressantes.
10:36Justement, Mathieu Landrieu, vous vouliez peut-être réagir dessus.
10:40Vous êtes, on le rappelle, directeur de l'Observatoire de la politique et la sécurité de l'Arctique
10:44à l'École nationale d'administration publique.
10:46Est-ce qu'il a complètement tort, Donald Trump, quand il dit que le Groenland est trop fragile
10:52pour assurer la défense des États-Unis?
10:56Oui, en grande partie, il a tort.
10:59Il y a beaucoup d'exagérations dans ce qui est présenté par M. Trump.
11:02Je pense que les alliés de l'Ottawa l'ont bien souligné.
11:05La menace russe et chinoise qui est présentée comme partout au Groenland n'existe pas.
11:12Elle n'est pas là.
11:13Elle est fortement exagérée.
11:16Et comme ça a été rappelé par plusieurs qui m'ont précédé,
11:20les États-Unis pourraient ouvrir le nombre de bases militaires qu'ils veulent.
11:24C'est en fait ce que la marque leur suggère.
11:27Parlons, discutons, regardons les possibilités pour augmenter l'empreinte militaire américaine au Groenland.
11:35Et les États-Unis ne le font pas.
11:37Regardez le nombre de bases militaires américaines qu'il y avait au Groenland dans les années 50 et 60.
11:42Regardez maintenant, il n'y en a qu'une.
11:45Là, on est descendu de plusieurs à seulement une marginale.
11:49Il y a seulement 200 soldats américains, surtout pour la surveillance balistique.
11:56Donc, ces arguments-là ne tiennent pas beaucoup la route.
12:00L'argument des ressources minérales tiendra un peu plus la route, mais ça a été trouvé par d'autres experts.
12:06Les États-Unis ont beaucoup de terres rares sur leur propre territoire et extraire des minéraux au Groenland, c'est très, très difficile.
12:14Alors, ça ne se fait pas comme ça se fait à des latitudes plus au Sud.
12:19Donc, il ne reste que deux hypothèses, à mon avis.
12:22Je pense qu'on avait souligné auparavant l'égo de Donald Trump, donc cette idée de réputation, de vouloir dire « j'ai étendu le territoire américain ».
12:34Ou l'autre hypothèse, qui est peut-être l'influence de certains hommes d'affaires du milieu technologique dans le sac rapproché de Donald Trump,
12:47qui, eux, ont des visées sur le Groenland très ambitieuses.
12:53Vous, vous penchez pour quelle option, Maurice Safran ?
12:56L'option sur quoi ?
12:57Ben, de Donald Trump. Pourquoi est-ce qu'il veut absolument s'en emparer ?
13:02Les raisons économiques, géostratégiques, son égo.
13:06Mais ce qui est très intéressant dans ce qu'a dit Thierry, c'est que la résistance, elle est plutôt américaine, elle est interne aux Etats-Unis, mais que dit l'Europe ?
13:15On a l'impression d'une Europe totalement tétanisée.
13:17L'Europe a envoyé des militaires.
13:20Nous avons envoyé, nous les Français, 15 militaires.
13:24Donc c'est nul ?
13:25Sur le plan symbolique, ça fait même du mal, je trouve.
13:27Il aurait mieux valu ne pas envoyer que d'envoyer 15 militaires.
13:30Et puis, quand il parle de rétorsion économique et des droits de douane,
13:35mais pourquoi on évoque, pourquoi à Bruxelles, Mme Van der Leyen et ses acolytes n'évoquent même pas l'hypothèse de contre-droits de douane ?
13:43Ça serait tout à fait plausible.
13:45Rien pour l'instant.
13:46Le silence le plus absolu.
13:48Alors, ça vient de tomber, cette dernière menace sur les droits de douane.
13:51Oui, mais c'est quand même très inquiétant.
13:53C'est une affaire maintenant qui date de plusieurs semaines, avec notre Europe qui reste extrêmement silencieuse.
14:01Extrêmement silencieuse.
14:02Romain Miel-Carré, bonsoir déjà.
14:04Merci de nous avoir rejoints.
14:05Journaliste de France, BFM TV.
14:07Et enseignant-chercheur, est-ce que vous êtes d'accord avec Maurice Safran quand il dit que
14:13ce n'est pas terrible d'avoir envoyé qu'un soldat au Groenland ?
14:17Alors, pour l'instant, on ne sait pas exactement ce que la France et d'autres pays envoient et pour faire quoi.
14:24Côté français, ce qui est intéressant, ce qui pose question, c'est qu'Emmanuel Macron a annoncé une participation militaire française.
14:34Il a annoncé des moyens terrestres, navals et aériens.
14:38On ne sait pas encore dans quel volume, qu'est-ce que ça va représenter concrètement.
14:45Pour l'instant, on est dans une phase assez en amont où, effectivement, il y a entre 13, c'est ce que les Allemands ont dit,
14:52une quinzaine côté français de militaires qui participent.
14:55La plupart des autres pays parlent d'un ou deux officiers.
14:58Mais qui sont des gens très en amont, qui sont là en fait pour réfléchir à ce que disent la plupart des pays,
15:03comment on participe aux exercices organisés.
15:06Et les Allemands, qui sont les seuls, sauf erreur de ma part, à l'avoir dit pour l'instant,
15:11à comment on réfléchit à faire face à une menace russe ou chinoise sur laquelle il y a un vrai point d'interrogation.
15:17Si déploiement, il doit y avoir, il viendra ensuite, mais on n'en est pas encore là.
15:22Et effectivement, dans un premier temps, il faut réfléchir à ce que concrètement la France, l'Allemagne, la Suède, la Finlande,
15:28pour prendre quelques-uns des exemples des pays participants, peuvent apporter, un, aux exercices du Danemark,
15:34deux, à un déploiement plus durable dans le temps.
15:39Mais ça, ça viendra plus longtemps.
15:40Et alors, la France a aussi envoyé une frégate ?
15:42Alors, elle n'a pas envoyé une frégate.
15:44Il y avait une frégate dans la région.
15:45Il s'avère que le calendrier fait que…
15:47C'est une coïncidence ?
15:48C'est opportun.
15:50C'est une coïncidence, c'est une zone d'intérêt.
15:53Donc, il y a des bateaux en permanence qui tournent dans le secteur,
15:56qui vont régulièrement aussi faire escale à Nouc, au Groenland,
16:01parce que c'est des terrains qui sont intéressants d'un point de vue technique.
16:04Il fait froid, il y a un certain niveau d'hygronométrie, de température, etc.
16:09Là, la frégate, elle n'a pas été envoyée spécifiquement pour ça.
16:14Elle était dans le secteur.
16:15Et à partir du moment où on commence à rediscuter de ça,
16:18elle est au bon endroit au bon moment.
16:20Il y a un aspect qui est intéressant, c'est que les Allemands, par exemple,
16:22ont dit que les moyens qu'eux ont envoyés
16:25ont été envoyés en amont des rencontres
16:27entre le ministre des Affaires étrangères danois et Groenlandais
16:32avec la Maison Blanche.
16:34Ils ont dit qu'on avait déjà commencé à envoyer des gens avant.
16:36Donc, en fait, ces discussions, elles ont lieu depuis au moins avant mercredi.
16:41Bertrand Gallichet, est-ce que vous trouvez en tout cas
16:43que la posture des Européens, elle est suffisamment forte
16:47face à ce qui se passe autour de Donald Trump ?
16:50Est-ce que vous trouvez qu'on réagit de la bonne façon ?
16:52Vous aurez noté dans le discours aux armées,
16:54dans les voeux aux armées du président de la République,
16:56qu'il a soigneusement hésité de nommer les États-Unis
16:59et le président Trump.
17:01Il a, par ailleurs, repris à son compte, et c'est un paradoxe,
17:05la menace russe et chinoise qui pèserait sur le Groenland.
17:08De même que le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius,
17:14qui évoque, au fond, une coïncidence de calendrier
17:17pour l'envoi des troupes allemandes,
17:19des troupes des quelques militaires allemands
17:21qui se rendent en ce moment sur ce territoire,
17:26pour dire, mais en fait, c'est pur hasard
17:30si on les envoie maintenant.
17:32Il n'y a rien à voir avec, en tout cas,
17:35l'intervention possible des Américains.
17:38C'est parce qu'il y a un risque, effectivement,
17:41de confrontation avec la Chine et avec la Russie.
17:43Tout ça, évidemment, ne tient pas debout.
17:45Ça veut dire que, quand même, les Européens sont inquiets,
17:47ils ont peur et ils ne veulent pas d'une confrontation diplomatique,
17:50parce que, pour l'instant, on n'en est heureusement que là,
17:52avec les États-Unis.
17:54Mais ça n'empêche que cette réaction européenne,
17:57on voit bien, quand même, elle est faible.
17:59La seule chose qui pourrait, d'une façon un peu efficace,
18:05faire réfléchir Donald Trump,
18:07ce serait de décider que l'Union européenne
18:10décide l'installation, ou des pays de l'Union européenne,
18:12l'installation d'une base permanente au Groenland,
18:15en accord, naturellement, avec le Danemark
18:17et les autorités groenlandaises.
18:19Ça, c'est peut-être une idée qui va germer
18:21et qui pourrait, quand même, si vous voulez,
18:25ralentir un peu les ambitions de Donald Trump,
18:28dans la mesure où le fait d'avoir sur place
18:32des troupes permanentes, c'est quand même autre chose
18:35que de dire, ben voilà, vous avez envoyé un petit corps expéditionnaire,
18:39il peut repartir aussi vite qu'il est arrivé.
18:40– Je sais que ça fait beaucoup réagir Dominique Simonnet,
18:43ce que vous venez juste de dire.
18:44– Non, non, mais je suis d'accord avec Bertrand Gallichet,
18:47c'est totalement exact.
18:50Simplement, c'est vrai qu'il n'y a pas une confrontation pour l'instant,
18:52c'est pas du tout, on n'en est pas là,
18:55et que ça paraît dérisoire, c'est vrai,
18:5715 Français, 13 Allemands, je crois qu'il y a deux Britanniques,
19:01ça paraît, ça fait un peu grand guignol, quoi,
19:03mais bon, c'est totalement symbolique.
19:05C'est en fait, pour les Européens, c'est de dire,
19:08on est là, on est là, c'est un territoire européen,
19:11et on est là pour assurer la sécurité.
19:14Mais il y a une chose qui est d'ailleurs, c'est le dilemme,
19:17c'est le drame des Européens dans tous les dossiers internationaux,
19:20face à Trump, c'est qu'ils ne peuvent pas se fâcher avec Trump,
19:24à cause de l'Ukraine.
19:25On a besoin des États-Unis, on a absolument besoin.
19:28Alors, pour l'instant, Donald Trump,
19:30on arrive à peu près à le caresser dans le sens du poil
19:33pour qu'il ne parte pas de l'aide à l'Ukraine,
19:39mais c'est extrêmement fragile.
19:40On voit aussi la manière dont, avec l'Iran, par exemple,
19:44il a à la fois encouragé les manifestants,
19:49puis promis de l'aide, l'aide arrive,
19:51et puis maintenant, il recule,
19:53notamment sous la pression des pays arabes.
19:56Donc, c'est très, très compliqué d'arriver à mener à la fois
20:00une détermination, une fermeté européenne,
20:03il faut encore qu'elle prouve sa cohésion,
20:06et en même temps, s'en fâcher Donald Trump.
20:09Et c'est vrai que la situation goéna n'apparaît un peu dérisoire
20:13face aux autres dossiers, notamment de l'Ukraine et l'Iran en ce moment.
20:17Oui, alors, on a entendu Donald Trump, tout à l'heure,
20:21nous menacer directement avec des droits de douane.
20:24Ce soir, que fait-il ? Il est encore occupé,
20:27mais alors, pour toute autre chose,
20:29Antoine Ellard, c'est vous qui allez pouvoir nous raconter ça,
20:31il est en train d'inaugurer une rue qui porte son nom à Palm Beach,
20:35c'est bien ça ?
20:36Oui, c'est un boulevard, précisément,
20:41un grand boulevard de plus de 6 kilomètres
20:43entre l'aéroport de Palm Beach et sa propriété,
20:46son club Mar-a-Lago en Floride.
20:48Ce boulevard qui va donc désormais s'appeler
20:51le boulevard président Donald Trump.
20:54Ce sont les autorités locales qui ont pris cette décision
20:57pour faire plaisir à Donald Trump, flatter son égo.
21:00Il était d'ailleurs tout frétillant tout à l'heure
21:01lorsqu'il a dévoilé cette plaque.
21:03Il faut s'attendre à ce que ce type d'événement
21:04se répète au cours des prochaines années.
21:06Vous savez que Donald Trump, dans 3 ans,
21:08va quitter la Maison-Blanche,
21:09il ne pourra pas se représenter.
21:10Et l'une de ses obsessions, c'est son héritage.
21:13Quelle trace il va laisser dans l'histoire ?
21:15Quelle trace physique il va laisser dans l'histoire ?
21:17C'est ça, notamment, qui le pousse
21:19à entreprendre des grands travaux à la Maison-Blanche.
21:21Alors, vous ne les voyez pas derrière moi
21:22parce qu'il fait nuit,
21:23mais il y a des grandes grues en ce moment
21:24derrière la Maison-Blanche
21:25parce qu'on est en train de construire
21:26une immense salle de balle
21:27à budget de 300 millions de dollars.
21:29Ça fait partie de l'héristage de Donald Trump.
21:31C'est ça aussi qui pousse Donald Trump
21:32à poser son nom au fronton
21:34de plusieurs bâtiments publics ici à Washington.
21:36L'Institut pour la paix s'appelle désormais
21:38l'Institut Trump pour la paix.
21:40La grande salle de spectacle,
21:41le Kennedy Center,
21:42s'appelle désormais le Trump Kennedy Center.
21:43Et si on pousse la logique un peu plus loin,
21:45c'est aussi ça qui le motive sur Groenland.
21:48Donald Trump veut rester dans l'histoire
21:50comme le président qui a agrandi
21:51le territoire américain
21:52comme l'ont fait certains de ses prédécesseurs
21:54lorsque les États-Unis se sont agrandis
21:56en achetant la Louisiane
21:57ou plus récemment l'Alaska.
21:59Oui, alors vous savez qu'à BFM TV,
22:01il y a aussi le boulevard Thierry Arnaud,
22:03Antoine Lard.
22:04Thierry, c'est ça qu'il veut faire Donald Trump ?
22:08Oui, c'est tout à fait juste.
22:10Et je regardais cette image de la Maison-Blanche
22:11en écoutant Antoine Lard
22:14parce qu'effectivement,
22:15sur cette image qu'on apercevait,
22:17on voyait les colonnades
22:18de cette façade de la Maison-Blanche
22:21avec de l'autre côté
22:22ce qui était jusqu'à présent
22:23ce qu'on appelait l'aile Est
22:24qui a été entièrement détruite.
22:26C'était l'aile qui abritait
22:28les bureaux de la Première Dame des États-Unis.
22:30Également quelques bureaux.
22:31Elle est totalement détruite désormais
22:33et elle va laisser la place en partie
22:35à ce projet de grande salle de balle
22:37de la Maison-Blanche
22:38qui va vraiment écraser pour le coup
22:40le reste de cette demeure historique
22:43de manière assez spectaculaire.
22:45On sait qu'il envisage aussi
22:47des travaux de très grande ampleur
22:50sur la mythique West Wings.
22:52Donc ça, c'est l'aile qui est de l'autre côté
22:53et qui abrite les bureaux du président lui-même,
22:56ce bureau ovale
22:57et les bureaux de ses plus proches collaborateurs.
22:59Où il envisage, dit-on,
23:01de construire un deuxième étage.
23:02Et ça, ça va effectivement
23:05dans le sens de ce qui se passe
23:06du côté de la Floride.
23:07C'est sa volonté de laisser une trace durable
23:10pour ne pas dire permanente dans l'histoire
23:13et être celui qui,
23:14non seulement met son nom partout,
23:15mais à chaque fois qu'on ira voir la Maison-Blanche,
23:19on verra aussi l'œuvre de Donald Trump.
23:21Et ça, pour lui, c'est évidemment très important
23:24et ça occupe une place essentielle
23:27dans son action présidentielle.
23:29Il est en train de réussir son coup.
23:31D'une certaine façon, oui.
23:33C'est-à-dire, l'espèce d'image absolument incroyable
23:36qui est déversée partout dans tous les médias,
23:38de toutes les opérations médias.
23:39Encore, on expliquait aujourd'hui
23:41que les premiers investissements au Groenland
23:44allaient être probablement faits
23:45par des proches de Donald Trump.
23:47Donc effectivement, il occupe tout le terrain médiatique
23:50et là, c'est une leçon absolument incroyable.
23:52Vous vous attendiez à un tel phénomène,
23:56si on peut parler de phénomène Trump ?
23:59Oui, parce que c'est vraiment dans l'essence du personnage,
24:03dans l'ADN, au fond, de Donald Trump.
24:06J'étais encore, il y a quelques jours, à Palm Beach,
24:08alors je n'ai pas vu les plaques...
24:09Vous étiez là pour l'inauguration, alors ?
24:11Non, j'y étais avant et donc je n'ai pas encore vu
24:14les plaques, je n'ai pas vu le boulevard
24:16ou l'avenue président Donald Trump.
24:18Mais enfin, on voit quand même que dans la ville,
24:20sa présence est à peu près universelle,
24:23au sens où, sans lui,
24:26Palm Beach serait une ville complètement différente
24:29et Mar-a-Lago, évidemment, ce serait autre chose.
24:32Mais je crois que s'il y a un élément à retenir,
24:35c'est quand même le fait que Donald Trump,
24:37qui a à peu près tout dans la vie,
24:39il est milliardaire,
24:40il a matériellement tout ce dont il a besoin
24:43et au-delà,
24:44il veut rester comme celui qui aura changé
24:47véritablement le visage des Etats-Unis.
24:50Il veut laisser une trace dans l'histoire
24:52et cette affaire du Groenland,
24:54peut-être l'agrandissement des Etats-Unis,
24:56c'est aussi son dessein le plus cher.
24:59Merci beaucoup.
25:00Allez, dans un instant,
25:01l'information continue sur BFM TV.
25:03A tout de suite.
25:05Merci à tous.
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