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  • il y a 7 semaines
Ce mardi 16 décembre, Aymeric Diday, directeur de la gestion chez Pergam, s'est penché sur les banques en tant que secteur à suivre en 2026, et les éventuelles impacts de plus long terme sur des dynamiques de marché avec les avancées des négociations de paix sur la guerre en Ukraine, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Emmerick Didet nous rejoint, directeur de la gestion de Pergam. Bonjour Emmerick.
00:03Bonjour.
00:03Ravi de vous retrouver. Vous allez rendre votre verdict face au marché.
00:06Ce moment qu'on va vivre ensemble, ce verdict, est-ce que vous l'assumez ?
00:11Totalement. Alors j'estime et je l'assume que le secteur bancaire,
00:15malgré une performance de 60% cette année, il risque d'être encore intéressant pour 2026.
00:21Oh, encore ! Vous ne vous arrêtez jamais encore le secteur bancaire en 2026.
00:25Pour vous, la plus grande prise de risque quand on est investisseur en 2026
00:28serait de ne plus acheter les valeurs bancaires.
00:30Exactement. C'est ce qui a tiré beaucoup d'indices à la hausse cette année.
00:34Et c'est un secteur qui continue de se réformer, d'avancer, de se restructurer.
00:38Donc il offre du potentiel aux investisseurs.
00:42Et il offre du potentiel parce que c'est encore un secteur qui est très éparpillé.
00:46Il y a beaucoup de banques. Il y a beaucoup de rapprochements qui devraient avoir lieu,
00:51continuaient d'avoir lieu. On le voit, ce sont des mouvements qui sont extrêmement longs,
00:55sur lesquels il y a beaucoup d'acteurs qui interviennent, puisque c'est soumis à beaucoup de régulations.
00:59Et donc c'est un secteur où on en est quelque part un petit peu au début des grandes manœuvres dans le secteur.
01:05Donc c'est pour ça qu'on a plutôt tendance à penser qu'il y a encore beaucoup de choses à faire.
01:10Début de grandes manœuvres.
01:11Attendez, vous êtes en train de miser sur les fusions acquisitions des rapprochements entre acteurs bancaires
01:14pour justifier de continuer à les acheter les banques ?
01:16Ou il y a d'autres raisons peut-être plus, on va dire, plus certaines ?
01:20Fondamentalement, elles ne sont pas chères.
01:22Donc ça, c'est le côté fondamental qui nous pousse à imaginer que le secteur peut continuer d'évoluer et d'avancer.
01:30Mais ce qui nous pousse également, c'est que c'est un secteur qui doit se réinventer et qui sait se réinventer.
01:35Donc c'est pour ça qu'aujourd'hui, on continue d'être présent là-dessus.
01:39Et puis encore une fois, c'est un secteur dans lequel on a, pour beaucoup d'acteurs,
01:42par retrouver forcément les niveaux qu'on avait en 2007-2008 ou au plus haut des marchés avant les problématiques bancaires.
01:53Donc c'est pour ça qu'aujourd'hui, on pense qu'il y a encore du potentiel pour tout ce secteur.
01:58Oui, un environnement de taux amené sans doute à continuer à apporter un peu plus d'argent encore.
02:03Il suffit que les banques ne fassent rien pour que, quelque part, elles gagnent de plus en plus,
02:07ne serait-ce qu'en raison des politiques monétaires.
02:08Exactement. Tant que les taux restent à des niveaux qui ne sont plus, qu'on n'est pas au taux zéro,
02:12les banques gagnent de l'argent. Tant qu'il y a de la courbe, de la pontification sur les courbes de taux,
02:16les banques gagnent de l'argent.
02:18Et puis, ces banques, c'est le canal de transmission de la politique monétaire jusque dans l'économie de réel.
02:23Donc tout sera mis en œuvre pour que le système bancaire fonctionne correctement.
02:28Donc c'est pour ça qu'on continue à penser qu'à un moment donné où les banques centrales doivent plus que jamais être présentes dans l'économie
02:37et faire que l'économie réelle tourne, marche correctement, il faut avoir un secteur bancaire fort et puissant.
02:45Et c'est ce qui nous incite à rester présents sur ce secteur.
02:48D'autant que les perspectives de croissance en zone euro sont un peu meilleures que ce qu'on aurait pu imaginer.
02:52La BCE, après-demain, on verra, mais pourrait même relever sa prévision de croissance pour l'an prochain.
02:56C'est un autre moteur en faveur des banques ?
02:57C'est un très, très bon facteur.
03:01Et puis, ça, c'est la chose qu'on n'a pas le droit de dire à beaucoup d'endroits, et particulièrement en France,
03:05où on parle beaucoup de mauvaises nouvelles.
03:08Finalement, si vous regardez l'état des économies, ce n'est pas si mal.
03:12Et aujourd'hui, la France en est un exemple où finalement, on a quand même, malgré le marasme politique dans lequel on est,
03:18finalement, on a quand même un peu de croissance.
03:20On a un chômage qui continue d'être plutôt à des niveaux très faibles par rapport aux dix dernières années.
03:25C'est des gros mots qu'on n'a pas le droit de dire, quelque part.
03:28Alors que pourtant, ils sont des très bons signes pour l'économie réelle.
03:31Donc, c'est pour ça qu'on aurait envie d'un peu de positivisme.
03:35Et là-dessus, quand on est investisseur, on doit regarder les choses un peu froidement
03:41et enlever un petit peu le bruit qu'on a du côté quotidien politique
03:46pour se concentrer sur la vraie réalité des entreprises.
03:51On a coutume de dire que quand le bâtiment va, tout va.
03:54On a envie d'ajouter, quand les banques vont bien, tout tient.
03:57Alors, il y a aussi quelque chose qu'il ne faut jamais oublier,
04:00c'est que c'est souvent le dernier secteur à monter.
04:02Donc, quand on regarde souvent les grandes crises qu'il y a eu financières dans le passé,
04:07le dernier secteur qui a, ce qu'on appelait en anglais, on dit « overshooting »,
04:11qui monte de façon très puissante au-dessus des moyennes habituelles,
04:16c'est le secteur bancaire et souvent, on a des retracements assez forts avec ça.
04:21Bon, en plus, les banques sont peu exposées, les banques européennes,
04:24au risque dollar, au risque d'effet de champ, au risque tarifaire aussi,
04:27ça ne les concerne pas, les politiques douanières.
04:29On est plutôt internes aujourd'hui sur le secteur bancaire
04:31et la dérégulation va potentiellement continuer.
04:34Alors, dérégulation, enfin en Europe, pas sûr,
04:37la BCE plaide pour une simplification de la régulation,
04:40mais pas un assouplissement, c'est assez subtil.
04:42Ça, c'est l'Europe, oui, en effet.
04:43C'est le côté européen, toujours, à chercher à réguler,
04:46peut-être un petit peu moins, je pense, quand même.
04:48On voit quand même qu'on est arrivé à un point d'inflexion
04:52sur tout ce dogmatisme réglementaire
04:55où on sent qu'il y a quand même un changement d'état d'esprit.
05:00Alors, je ne dis pas que ça se traduit encore
05:02dans les faits de nos institutions réglementaires,
05:08mais on sent quand même qu'il y a une volonté d'arrêter,
05:12de vouloir réguler à tout prix, tout, tout le temps
05:15et de penser qu'en empêchant les personnes de prendre du risque,
05:19ça sera la solution à tous les problèmes.
05:22Alors, on entend aussi parler d'une prime IA sur le secteur bancaire.
05:25Ce serait le secteur bancaire avec les pharmaces, l'ONUBS,
05:27le secteur amené à adopter le plus rapidement l'IA
05:29et en tirer le plus de bénéfices.
05:32Est-ce que vous partagez cette idée ?
05:33Oui, ça fait partie des secteurs qu'on sent avoir un taux d'acceptation,
05:38d'un taux d'adoption de l'intelligence artificielle assez élevé.
05:42On est plutôt favorable à ça,
05:43parce que le secteur tertiaire est celui qui bénéficie le plus
05:46de l'intelligence artificielle et qui va le plus en bénéficier.
05:50On le voit, les gains de productivité sont extrêmement importants
05:53sur le secteur bancaire, sur les financières
05:56et on le voit même dans notre métier à tous les jours,
05:59dans les sociétés de gestion,
06:00où utiliser de l'intelligence artificielle,
06:04ça permet de gagner en productivité.
06:07On le voit, on sortait des reportings avant,
06:09il fallait 15 jours, le temps que tous les gérants
06:10écrivent leurs textes et calculent toutes leurs contributions.
06:15Aujourd'hui, on en crée un module, un agent IA
06:17qui va calculer toutes ces données
06:19et prendre notre savoir, notre connaissance
06:22qu'on lui aura donnée.
06:24C'est-à-dire que les arguments que vous êtes en train de porter
06:26aujourd'hui en faveur du secteur bancaire,
06:27ces arguments, c'est l'IA qui vous les a livrés ?
06:29Non, non, non, ça fait partie.
06:31Alors, ce n'est pas l'IA qui nous aide
06:34dans nos décisions quotidiennes de gestion.
06:36Par contre, il est vrai qu'aujourd'hui,
06:38on utilise de plus en plus de technologies,
06:40d'algorithmes pour valider certains choix d'investissement
06:43afin de voir si les sociétés dans lesquelles
06:45on a envie d'investir ont des momentum positifs.
06:47Alors, secteur bancaire, il y a tout dans le secteur bancaire.
06:49Cette année, Société Générale a pris 130%, BNP 30%.
06:52C'est bien 30%, mais c'est rien par rapport à 130%.
06:54Vous choisissez quoi ? Plutôt BNP, Crédit Agricole
06:56ou Société Générale qui a déjà cartonné cette année ?
06:59Ou autre ?
06:59Alors, c'est très très dur aujourd'hui
07:01parce que Société Générale a fait un énorme rebond
07:05et c'est une pique incroyable,
07:08un peu à l'image de ce qu'on avait vu en 2007.
07:11Donc, on aurait plutôt tendance à la mettre de côté
07:13et à ne pas penser que ça...
07:14Je préfère aller chercher BNP à la limite
07:15qui est le grand acteur classique, tranquille,
07:18la force tranquille,
07:19mais avec des fondamentaux très forts, très puissants.
07:22Mais d'une manière générale, sur le secteur bancaire,
07:24parce que c'est un secteur qui est très décrié
07:26et qui a beaucoup d'intervenants.
07:29On ne sait pas qui va faire être le consolidateur, le consolidé.
07:32Là, pour le coup, on utilise des ETF
07:33et ça marche très très bien dans la gestion.
07:36L'actualité qu'il faut suivre, évidemment,
07:38c'est la perspective, encore un petit peu floue,
07:42mais d'un accord de paix entre Ukraine et Russie.
07:45On voit qu'à court terme,
07:46ça fait baisser le secteur de la défense,
07:48le pétrole, ça fait monter le secteur du tourisme,
07:51des compagnies aériennes.
07:52Quel impact de plus long terme
07:53ça peut avoir comme dynamique de marché ?
07:56Alors, on le voit d'ailleurs,
07:57pour faire la transition avec les banques,
07:59une de celles qui réagit le mieux souvent,
08:00c'est Raiffeisen Bank,
08:01qui est très impactée à chaque fois.
08:03C'est un signe pour nous montrer
08:06si on s'achemine un tout petit peu
08:07vers des accords de paix ou pas.
08:09Donc, on regarde un petit peu ce que fait Raiffeisen
08:10et c'est assez parlant en termes d'impact.
08:14Mais c'est vrai que sur le long terme,
08:16nous, on est plutôt à se dire
08:17que s'il y a un vrai accord de paix qui intervient,
08:23on va avoir toute la cote qui va en profiter,
08:27quelque part sûrement à l'exception
08:29du secteur de l'armement
08:31qui peut baisser assez fortement
08:32dans un premier temps
08:33et qui sera la meilleure opportunité
08:36pour en mettre dans les comptes
08:38parce que là,
08:39les dépenses qui ont été votées
08:40vont enfin être allouées
08:42aux acteurs de l'armement.
08:44Donc, il peut y avoir, pour le coup,
08:46une gestion très active à avoir
08:48au moment d'une paix réelle signée
08:52et ça va sûrement être intéressant
08:55pour les investisseurs.
08:55Encore, s'il paie, il y avait baissé les cours du pétrole,
08:58on voit le pétrole aujourd'hui sur les plus bas de six mois,
09:00encore en baisse, dans la perspective peut-être,
09:02mais alors très conditionnelle,
09:03d'un possible accord de paix, on ne verra, rien n'est fait.
09:05Mais le pétrole se détend, le gaz aussi.
09:07Si ce mouvement se poursuit,
09:08ça pourrait booster encore plus la croissance européenne,
09:10pour le coup.
09:11Exactement.
09:11C'est un game changer.
09:12Ça serait une super bonne nouvelle
09:14pour la croissance européenne,
09:15pour toute l'industrie allemande également.
09:16Donc, c'est ça qui nous fait être positifs
09:19sur l'Europe pour l'année 2026
09:21parce qu'on espère quand même
09:23qu'à un moment donné,
09:24cet accord de paix sera signé
09:26et qu'on aura beaucoup de visibilité
09:28grâce à ça sur les marchés financiers
09:30et particulièrement pour les actions européennes
09:31et les actions allemandes.
09:32Oui, le pétrole qui recule
09:33parce que si accord de paix il y avait,
09:35le pétrole russe pourrait peut-être
09:36revenir sur le marché.
09:37C'est l'une des hypothèses
09:38dont plus d'offres
09:39et donc détente des cours.
09:39Beaucoup et puis de toute façon,
09:41le pétrole aujourd'hui,
09:42on continue d'en trouver,
09:44on continue d'en avoir
09:45donc on n'est pas forcément
09:46très haussier sur les cours du pétrole.
09:47Si les cours du pétrole
09:48venaient à continuer de reculer,
09:50vous qui possédez peut-être
09:51des titres Total Energy,
09:52que devrez-vous faire
09:52de vos titres Total Energy ?
09:54Est-ce que Total Energy
09:54va sous-performer
09:55avec cette baisse des cours
09:56encore durablement ?
09:57Question qu'on posera,
09:58ce sera dans quelques minutes
09:59à partir de 16h.
10:00Merci beaucoup Emry
10:01d'être passé nous voir.
10:01Merci.
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