00:00Emmerick Didet nous rejoint, directeur de la gestion de Pergam. Bonjour Emmerick.
00:03Bonjour.
00:03Ravi de vous retrouver. Vous allez rendre votre verdict face au marché.
00:06Ce moment qu'on va vivre ensemble, ce verdict, est-ce que vous l'assumez ?
00:11Totalement. Alors j'estime et je l'assume que le secteur bancaire,
00:15malgré une performance de 60% cette année, il risque d'être encore intéressant pour 2026.
00:21Oh, encore ! Vous ne vous arrêtez jamais encore le secteur bancaire en 2026.
00:25Pour vous, la plus grande prise de risque quand on est investisseur en 2026
00:28serait de ne plus acheter les valeurs bancaires.
00:30Exactement. C'est ce qui a tiré beaucoup d'indices à la hausse cette année.
00:34Et c'est un secteur qui continue de se réformer, d'avancer, de se restructurer.
00:38Donc il offre du potentiel aux investisseurs.
00:42Et il offre du potentiel parce que c'est encore un secteur qui est très éparpillé.
00:46Il y a beaucoup de banques. Il y a beaucoup de rapprochements qui devraient avoir lieu,
00:51continuaient d'avoir lieu. On le voit, ce sont des mouvements qui sont extrêmement longs,
00:55sur lesquels il y a beaucoup d'acteurs qui interviennent, puisque c'est soumis à beaucoup de régulations.
00:59Et donc c'est un secteur où on en est quelque part un petit peu au début des grandes manœuvres dans le secteur.
01:05Donc c'est pour ça qu'on a plutôt tendance à penser qu'il y a encore beaucoup de choses à faire.
01:10Début de grandes manœuvres.
01:11Attendez, vous êtes en train de miser sur les fusions acquisitions des rapprochements entre acteurs bancaires
01:14pour justifier de continuer à les acheter les banques ?
01:16Ou il y a d'autres raisons peut-être plus, on va dire, plus certaines ?
01:20Fondamentalement, elles ne sont pas chères.
01:22Donc ça, c'est le côté fondamental qui nous pousse à imaginer que le secteur peut continuer d'évoluer et d'avancer.
01:30Mais ce qui nous pousse également, c'est que c'est un secteur qui doit se réinventer et qui sait se réinventer.
01:35Donc c'est pour ça qu'aujourd'hui, on continue d'être présent là-dessus.
01:39Et puis encore une fois, c'est un secteur dans lequel on a, pour beaucoup d'acteurs,
01:42par retrouver forcément les niveaux qu'on avait en 2007-2008 ou au plus haut des marchés avant les problématiques bancaires.
01:53Donc c'est pour ça qu'aujourd'hui, on pense qu'il y a encore du potentiel pour tout ce secteur.
01:58Oui, un environnement de taux amené sans doute à continuer à apporter un peu plus d'argent encore.
02:03Il suffit que les banques ne fassent rien pour que, quelque part, elles gagnent de plus en plus,
02:07ne serait-ce qu'en raison des politiques monétaires.
02:08Exactement. Tant que les taux restent à des niveaux qui ne sont plus, qu'on n'est pas au taux zéro,
02:12les banques gagnent de l'argent. Tant qu'il y a de la courbe, de la pontification sur les courbes de taux,
02:16les banques gagnent de l'argent.
02:18Et puis, ces banques, c'est le canal de transmission de la politique monétaire jusque dans l'économie de réel.
02:23Donc tout sera mis en œuvre pour que le système bancaire fonctionne correctement.
02:28Donc c'est pour ça qu'on continue à penser qu'à un moment donné où les banques centrales doivent plus que jamais être présentes dans l'économie
02:37et faire que l'économie réelle tourne, marche correctement, il faut avoir un secteur bancaire fort et puissant.
02:45Et c'est ce qui nous incite à rester présents sur ce secteur.
02:48D'autant que les perspectives de croissance en zone euro sont un peu meilleures que ce qu'on aurait pu imaginer.
02:52La BCE, après-demain, on verra, mais pourrait même relever sa prévision de croissance pour l'an prochain.
02:56C'est un autre moteur en faveur des banques ?
02:57C'est un très, très bon facteur.
03:01Et puis, ça, c'est la chose qu'on n'a pas le droit de dire à beaucoup d'endroits, et particulièrement en France,
03:05où on parle beaucoup de mauvaises nouvelles.
03:08Finalement, si vous regardez l'état des économies, ce n'est pas si mal.
03:12Et aujourd'hui, la France en est un exemple où finalement, on a quand même, malgré le marasme politique dans lequel on est,
03:18finalement, on a quand même un peu de croissance.
03:20On a un chômage qui continue d'être plutôt à des niveaux très faibles par rapport aux dix dernières années.
03:25C'est des gros mots qu'on n'a pas le droit de dire, quelque part.
03:28Alors que pourtant, ils sont des très bons signes pour l'économie réelle.
03:31Donc, c'est pour ça qu'on aurait envie d'un peu de positivisme.
03:35Et là-dessus, quand on est investisseur, on doit regarder les choses un peu froidement
03:41et enlever un petit peu le bruit qu'on a du côté quotidien politique
03:46pour se concentrer sur la vraie réalité des entreprises.
03:51On a coutume de dire que quand le bâtiment va, tout va.
03:54On a envie d'ajouter, quand les banques vont bien, tout tient.
03:57Alors, il y a aussi quelque chose qu'il ne faut jamais oublier,
04:00c'est que c'est souvent le dernier secteur à monter.
04:02Donc, quand on regarde souvent les grandes crises qu'il y a eu financières dans le passé,
04:07le dernier secteur qui a, ce qu'on appelait en anglais, on dit « overshooting »,
04:11qui monte de façon très puissante au-dessus des moyennes habituelles,
04:16c'est le secteur bancaire et souvent, on a des retracements assez forts avec ça.
04:21Bon, en plus, les banques sont peu exposées, les banques européennes,
04:24au risque dollar, au risque d'effet de champ, au risque tarifaire aussi,
04:27ça ne les concerne pas, les politiques douanières.
04:29On est plutôt internes aujourd'hui sur le secteur bancaire
04:31et la dérégulation va potentiellement continuer.
04:34Alors, dérégulation, enfin en Europe, pas sûr,
04:37la BCE plaide pour une simplification de la régulation,
04:40mais pas un assouplissement, c'est assez subtil.
04:42Ça, c'est l'Europe, oui, en effet.
04:43C'est le côté européen, toujours, à chercher à réguler,
04:46peut-être un petit peu moins, je pense, quand même.
04:48On voit quand même qu'on est arrivé à un point d'inflexion
04:52sur tout ce dogmatisme réglementaire
04:55où on sent qu'il y a quand même un changement d'état d'esprit.
05:00Alors, je ne dis pas que ça se traduit encore
05:02dans les faits de nos institutions réglementaires,
05:08mais on sent quand même qu'il y a une volonté d'arrêter,
05:12de vouloir réguler à tout prix, tout, tout le temps
05:15et de penser qu'en empêchant les personnes de prendre du risque,
05:19ça sera la solution à tous les problèmes.
05:22Alors, on entend aussi parler d'une prime IA sur le secteur bancaire.
05:25Ce serait le secteur bancaire avec les pharmaces, l'ONUBS,
05:27le secteur amené à adopter le plus rapidement l'IA
05:29et en tirer le plus de bénéfices.
05:32Est-ce que vous partagez cette idée ?
05:33Oui, ça fait partie des secteurs qu'on sent avoir un taux d'acceptation,
05:38d'un taux d'adoption de l'intelligence artificielle assez élevé.
05:42On est plutôt favorable à ça,
05:43parce que le secteur tertiaire est celui qui bénéficie le plus
05:46de l'intelligence artificielle et qui va le plus en bénéficier.
05:50On le voit, les gains de productivité sont extrêmement importants
05:53sur le secteur bancaire, sur les financières
05:56et on le voit même dans notre métier à tous les jours,
05:59dans les sociétés de gestion,
06:00où utiliser de l'intelligence artificielle,
06:04ça permet de gagner en productivité.
06:07On le voit, on sortait des reportings avant,
06:09il fallait 15 jours, le temps que tous les gérants
06:10écrivent leurs textes et calculent toutes leurs contributions.
06:15Aujourd'hui, on en crée un module, un agent IA
06:17qui va calculer toutes ces données
06:19et prendre notre savoir, notre connaissance
06:22qu'on lui aura donnée.
06:24C'est-à-dire que les arguments que vous êtes en train de porter
06:26aujourd'hui en faveur du secteur bancaire,
06:27ces arguments, c'est l'IA qui vous les a livrés ?
06:29Non, non, non, ça fait partie.
06:31Alors, ce n'est pas l'IA qui nous aide
06:34dans nos décisions quotidiennes de gestion.
06:36Par contre, il est vrai qu'aujourd'hui,
06:38on utilise de plus en plus de technologies,
06:40d'algorithmes pour valider certains choix d'investissement
06:43afin de voir si les sociétés dans lesquelles
06:45on a envie d'investir ont des momentum positifs.
06:47Alors, secteur bancaire, il y a tout dans le secteur bancaire.
06:49Cette année, Société Générale a pris 130%, BNP 30%.
06:52C'est bien 30%, mais c'est rien par rapport à 130%.
06:54Vous choisissez quoi ? Plutôt BNP, Crédit Agricole
06:56ou Société Générale qui a déjà cartonné cette année ?
06:59Ou autre ?
06:59Alors, c'est très très dur aujourd'hui
07:01parce que Société Générale a fait un énorme rebond
07:05et c'est une pique incroyable,
07:08un peu à l'image de ce qu'on avait vu en 2007.
07:11Donc, on aurait plutôt tendance à la mettre de côté
07:13et à ne pas penser que ça...
07:14Je préfère aller chercher BNP à la limite
07:15qui est le grand acteur classique, tranquille,
07:18la force tranquille,
07:19mais avec des fondamentaux très forts, très puissants.
07:22Mais d'une manière générale, sur le secteur bancaire,
07:24parce que c'est un secteur qui est très décrié
07:26et qui a beaucoup d'intervenants.
07:29On ne sait pas qui va faire être le consolidateur, le consolidé.
07:32Là, pour le coup, on utilise des ETF
07:33et ça marche très très bien dans la gestion.
07:36L'actualité qu'il faut suivre, évidemment,
07:38c'est la perspective, encore un petit peu floue,
07:42mais d'un accord de paix entre Ukraine et Russie.
07:45On voit qu'à court terme,
07:46ça fait baisser le secteur de la défense,
07:48le pétrole, ça fait monter le secteur du tourisme,
07:51des compagnies aériennes.
07:52Quel impact de plus long terme
07:53ça peut avoir comme dynamique de marché ?
07:56Alors, on le voit d'ailleurs,
07:57pour faire la transition avec les banques,
07:59une de celles qui réagit le mieux souvent,
08:00c'est Raiffeisen Bank,
08:01qui est très impactée à chaque fois.
08:03C'est un signe pour nous montrer
08:06si on s'achemine un tout petit peu
08:07vers des accords de paix ou pas.
08:09Donc, on regarde un petit peu ce que fait Raiffeisen
08:10et c'est assez parlant en termes d'impact.
08:14Mais c'est vrai que sur le long terme,
08:16nous, on est plutôt à se dire
08:17que s'il y a un vrai accord de paix qui intervient,
08:23on va avoir toute la cote qui va en profiter,
08:27quelque part sûrement à l'exception
08:29du secteur de l'armement
08:31qui peut baisser assez fortement
08:32dans un premier temps
08:33et qui sera la meilleure opportunité
08:36pour en mettre dans les comptes
08:38parce que là,
08:39les dépenses qui ont été votées
08:40vont enfin être allouées
08:42aux acteurs de l'armement.
08:44Donc, il peut y avoir, pour le coup,
08:46une gestion très active à avoir
08:48au moment d'une paix réelle signée
08:52et ça va sûrement être intéressant
08:55pour les investisseurs.
08:55Encore, s'il paie, il y avait baissé les cours du pétrole,
08:58on voit le pétrole aujourd'hui sur les plus bas de six mois,
09:00encore en baisse, dans la perspective peut-être,
09:02mais alors très conditionnelle,
09:03d'un possible accord de paix, on ne verra, rien n'est fait.
09:05Mais le pétrole se détend, le gaz aussi.
09:07Si ce mouvement se poursuit,
09:08ça pourrait booster encore plus la croissance européenne,
09:10pour le coup.
09:11Exactement.
09:11C'est un game changer.
09:12Ça serait une super bonne nouvelle
09:14pour la croissance européenne,
09:15pour toute l'industrie allemande également.
09:16Donc, c'est ça qui nous fait être positifs
09:19sur l'Europe pour l'année 2026
09:21parce qu'on espère quand même
09:23qu'à un moment donné,
09:24cet accord de paix sera signé
09:26et qu'on aura beaucoup de visibilité
09:28grâce à ça sur les marchés financiers
09:30et particulièrement pour les actions européennes
09:31et les actions allemandes.
09:32Oui, le pétrole qui recule
09:33parce que si accord de paix il y avait,
09:35le pétrole russe pourrait peut-être
09:36revenir sur le marché.
09:37C'est l'une des hypothèses
09:38dont plus d'offres
09:39et donc détente des cours.
09:39Beaucoup et puis de toute façon,
09:41le pétrole aujourd'hui,
09:42on continue d'en trouver,
09:44on continue d'en avoir
09:45donc on n'est pas forcément
09:46très haussier sur les cours du pétrole.
09:47Si les cours du pétrole
09:48venaient à continuer de reculer,
09:50vous qui possédez peut-être
09:51des titres Total Energy,
09:52que devrez-vous faire
09:52de vos titres Total Energy ?
09:54Est-ce que Total Energy
09:54va sous-performer
09:55avec cette baisse des cours
09:56encore durablement ?
09:57Question qu'on posera,
09:58ce sera dans quelques minutes
09:59à partir de 16h.
10:00Merci beaucoup Emry
10:01d'être passé nous voir.
10:01Merci.
Commentaires