Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 10 minutes
Ce mercredi 25 février, la décision de la Cour suprême des États-Unis qui a invalidé les droits de douane imposés par Donald Trump, a été abordée par Lionel Fontagné, professeur à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et membre du Cercle des Économistes, Laurent Vronski, directeur général d'Ervor, et Emmanuel Combe, professeur à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et à la Skema Business School, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Et quand je vous dis qu'on a les meilleurs experts sur le plateau, je ne plaisante pas.
00:04J'ai le plaisir d'accueillir Lionel Fontanier. Bonjour Lionel.
00:08Bonjour.
00:09Professeur à Paris 1, Panthéon-Sorbonne, membre du Cercle des économistes.
00:13À côté de vous, Emmanuel Combe. Bonjour Emmanuel.
00:15Bonjour Raphaël.
00:16Professeur lui aussi à l'Université Paris 1, Panthéon-Sorbonne.
00:20Et à la Schema Business School, vous sortez dans quelques semaines
00:25une nouvelle version du transport aérien aux éditions La Découverte, manuel d'économie,
00:32à décision de tous ceux qui s'intéressent, des étudiants bien sûr,
00:35mais de tous ceux qui s'intéressent de près ou de loin au transport aérien.
00:39Et face à vous, Laurent Vronsky. Bonjour Laurent.
00:42Bonjour à tous.
00:42Directeur général d'AirVor, secrétaire général de Croissance Plus,
00:45qui connaît bien le marché américain pour y exporter beaucoup et depuis longtemps
00:51et qui nous expliquera comment il navigue au milieu de cette instabilité tarifaire.
00:58Pour commencer, tout de suite, allez Lionel, je me tourne vers vous.
01:03On va simplement rappeler, pour poser le décor, je rappelle que pendant une heure,
01:07on va discuter des conséquences de la décision de la Cour suprême américaine
01:12qui a rendu sa décision vendredi dernier.
01:16Qu'est-ce qu'elle nous dit, cette décision des changements qui arrivent ?
01:23Et pourquoi revient-elle sur les droits de douane de Donald Trump ?
01:27Alors, premièrement, s'agit-il d'un coup de tonnerre ?
01:31La météo était quand même très sombre autour de cet accord.
01:34Oui, on l'attendait depuis longtemps.
01:35C'était à l'orage, mais on l'attendait depuis longtemps.
01:37Voilà, donc l'orage était attendu.
01:39Donc il faut rappeler en un mot ce dont il s'agit.
01:42Oui, c'est donc un texte de loi sur le commerce qui avait été utilisé par Donald Trump.
01:49Alors ça s'appelle l'œillepa.
01:51Ça veut dire en français un texte sur l'urgence internationale
01:56qui donne des pouvoirs économiques exceptionnels au président américain.
02:00Et donc ce texte sur l'œillepa avait été utilisé, comme vous l'avez rappelé,
02:03pour mettre des droits de douane en place.
02:05Mais c'était évidemment tout à fait illégal,
02:08puisqu'il n'y avait pas d'urgence internationale évidente.
02:11Donc la Cour suprême, très naturellement, a jugé que ça l'était.
02:14Il avait lié ça au fentanyl Donald Trump,
02:18donc à un trafic de drogue qui arrive.
02:20Oui, oui, tout à fait, oui.
02:21Voilà, pour justifier ces droits de douane.
02:23La migration aussi, en provenance du Mexique.
02:26Enfin, il y avait plusieurs arguments comme ça qui avaient été avancés,
02:28mais qui en tout cas ne relevaient pas d'une urgence internationale.
02:33Alors ça, ça n'est qu'une des possibilités
02:35dont dispose le président américain dans la Constitution.
02:37En réalité, il y a beaucoup de possibilités qui peuvent être exploitées.
02:41Et la discussion que nous allons avoir ce matin tourne autour de la combinaison.
02:45Voilà.
02:46Donc on va faire des combinaisons linéaires de différentes sections.
02:51Et donc la première section qui est apparue le jour même
02:55de l'annonce de la décision de la Cour suprême,
02:59c'est l'utilisation de ce qu'on appelle la section 122,
03:03donc de la loi sur le commerce aux États-Unis.
03:06Alors que dit cette section 122 ?
03:08Elle dit des choses très précises
03:10et qui sont très importantes à comprendre.
03:14La première chose, c'est que la motivation pour activer cette section,
03:18c'est d'avoir des problèmes de déséquilibre de la balance des paiements.
03:23Je vais y revenir.
03:25La deuxième chose, c'est que sur la base de ce constat,
03:28on peut mettre en place des droits de douane qui vont jusqu'à 15%
03:32pendant 150 jours.
03:34Oui.
03:35Est-ce qu'on peut aller au-delà de 150 jours ?
03:37Oui, mais il faut un vote du Congrès ensuite.
03:39Voilà, c'est une loi qui date des années 1970.
03:43En fait, c'est le trade-act de 1974.
03:45Ça a une importance parce que dans les années 1970,
03:48on était en train de sortir du système de Bretton Woods,
03:51donc des échanges fixes arrimés sur le dollar,
03:54du dollar convertible en or, tout ça a disparu en août 1971.
03:58Donc c'est dans ce contexte que ça avait été mis en place.
04:01Maintenant, ça n'est qu'une possibilité à la section 122.
04:05Je vais juste rappeler les autres.
04:07Je ne vais pas être loin.
04:07On va y revenir un peu plus tard.
04:09Mais oui, donc les autres.
04:10Les autres.
04:11Donc la section 200.
04:12On a toute une litanie, la 232, la 300, la 300.
04:15Allons-y dans l'ordre parce que c'est très très important.
04:18La section 201 sur la protection des industries nationales,
04:22donc c'est ce qu'a utilisé Trump pour les panneaux solaires
04:24et les machines à laver lors de son premier mandat.
04:27La section 232 sur laquelle nous reviendrons,
04:30qui est la section sur la sécurité nationale,
04:33et donc qui est utilisée pour l'acier,
04:35pour l'aluminium, pour l'automobile.
04:37Et là, ce sont des droits de douane qui ne tombent pas du tout avec les droits de douane qui
04:42ont été mis en place,
04:43ne tombent pas du tout du fait de la décision de la Cour suprême.
04:45Ils restent là.
04:46Les 25% sur l'auto, les 50% qu'il peut y avoir sur certains aciers, etc.
04:50Donc ça, c'est la 232 sur la sécurité nationale.
04:54Et puis, il y en a une troisième ou une quatrième,
04:57selon que l'on compte la 122 ou pas.
04:59Cette dernière, c'est la section 301 sur la concurrence déloyale,
05:03qui là touche un large éventail de produits,
05:06des produits mécaniques, des produits électroniques, etc.
05:09et qui sont donc largement utilisés contre des partenaires comme la Chine.
05:15Cible pays par pays, ça.
05:16Voilà.
05:17Et j'en aurais fini, et après, je laisse la parole aux autres,
05:20en disant simplement que ce qui a été décidé avec la décision de la Cour suprême
05:23et l'annonce qui a été faite ensuite par la présidence américaine,
05:27c'est un, les tarifs, y est pas, disparaissent.
05:29Oui.
05:31Deux, primauté de la section 232 sur la section 122.
05:41On va y revenir dans la discussion, c'est très important,
05:44notamment pour les voitures.
05:46Troisièmement, le Canada et le Mexique,
05:49pour tous les produits qui rentrent dans l'accord nord-américain,
05:52sont protégés de cette nouvelle section 122.
05:57Et il y a 1100 produits.
05:58Je pourrais vous en lister quelques-uns, pas les 1100 tout à l'heure.
06:01On ne va pas tous les faire.
06:02Voilà.
06:02On n'a pas le temps, malheureusement.
06:03Donc, il y a des produits qui sont exemptés.
06:06Et les produits qui sont exemptés nous disent quelque chose de ce qu'il y a.
06:10La dépendance.
06:11Voilà.
06:12De la dépendance et de l'imaginaire,
06:15donc, de l'administration américaine et de Donald Trump.
06:18Juste avant de faire réagir Emmanuel Comte,
06:21je voudrais l'avis du chef d'entreprise, Laurent Wonsky.
06:23Quand on entend que tombe cette décision de la Cour suprême,
06:29qui change à nouveau les règles du commerce international,
06:31notamment avec les États-Unis, comment on réagit ?
06:34C'est le retour de l'incertitude.
06:35C'est ça qui est le plus préjudiciable.
06:37Effectivement, il y a évidemment un impact fiscal.
06:39Monsieur l'a très bien expliqué.
06:40Mais je veux dire que le rôle d'un chef d'entreprise,
06:43c'est de prendre des risques.
06:44Et les risques se mesurent.
06:45Là, on est dans l'incertitude.
06:46Et l'incertitude ne se mesure pas.
06:48Donc là, c'est un petit peu retour à la case départ.
06:51Nous, on doit travailler sur des temps moyens et sur des temps longs.
06:54Donc je rappelle que nous, on fabrique des biens d'équipement.
06:56Donc c'est des produits qui sont commandés par d'autres entreprises
06:59pour construire d'autres biens d'équipement plus importants.
07:02Et on doit prendre des décisions impactantes sur 5 ans, 10 ans.
07:06Donc là, on est de nouveau dans une incertitude.
07:08Parce que, comme l'a expliqué monsieur,
07:10je veux dire qu'il y a énormément de quilles en l'air.
07:12Il y a énormément de parties prenantes qui peuvent s'inviter au débat
07:15et avoir un impact.
07:16Et dans le cas de produits substituables,
07:19et j'insiste là-dessus,
07:21quand vous avez par exemple un produit qui est quasiment unique
07:24ou qui a, je dirais, une proposition de valeur qui est telle
07:28qu'on peut difficilement trouver un produit de substitution.
07:31Là, vous pouvez imposer le prix.
07:32Alors, vous êtes, je dirais, dans une position plus favorable
07:36lors d'une négociation commerciale.
07:38Mais si vous vendez des t-shirts
07:39et que vous avez 25 concurrents sur la planète,
07:43là, vous êtes dans une position très délicate.
07:45Alors, j'ai plaisir à dire que nos produits,
07:47qui sont des produits de niche et de créneau,
07:49et c'est un effort de 30 ans,
07:50on ne l'a pas, si vous voulez, décidé
07:52avec l'élection de M. Trump,
07:54nous permet d'avoir une position un peu plus favorable.
07:57Bon, Emmanuel Combe.
07:58Je rebondis exactement sur ce que disait Laurent,
08:00puis après, je vais revenir, en effet, sur la Cour suprême.
08:04Passer, par exemple, de 10 à 15 % un droit de douane,
08:07ce qui est le cas de certains pays d'Afrique.
08:08Je disais un très bon papier dans « Jeune Afrique »
08:11de Alix Lavoué là-dessus.
08:12Vous avez, par exemple, des pays comme le Bénin et le Sénégal
08:14qui avaient réussi à avoir 10 %.
08:15Passer de 10 à 15, on pourrait dire, bon, 5 %,
08:17enfin, c'est déjà 50 % de plus.
08:19Mais quand on est sur des produits, en effet,
08:21super concurrencés, cacao, textile, bas de gamme,
08:25vous pouvez avoir, en fait, des effets extrêmement puissants.
08:28Donc, ce n'est pas complètement neutre pour tous les pays.
08:30Oui, il faut rentrer dans la capillarité des produits, évidemment.
08:31Ceux qui perdent, ça peut être notamment des pays pauvres
08:33qui avaient eu, pour certains, des droits de douane,
08:36entre guillemets, négociés préférentiellement.
08:38Mais pour revenir sur la Cour suprême,
08:39la manière dont je lis la décision,
08:41d'abord, comme l'a dit Lionel,
08:43quand on lit le texte, pas l'arrêt de la Cour suprême,
08:45mais le texte n'y est pas,
08:47en fait, juridiquement, il fallait, je cite,
08:50« une menace inhabituelle et extraordinaire ».
08:52Et ce que dit la Cour suprême,
08:53c'est qu'il n'y a pas de menace inhabituelle et extraordinaire.
08:56Mais comment je lis cette décision ?
08:58Pour moi, c'est quand même le retour du droit,
09:00à double titre.
09:01D'abord, du droit au niveau interne,
09:02puisque la Cour suprême a beau être majoritairement composée de Républicains,
09:06ils ont quand même rappelé son fait au président Trump,
09:08qu'il y a…
09:09À six voix contre trois.
09:10Exactement, donc c'est quand même le retour du droit.
09:12Et secondement, retour du droit aussi, d'une autre manière,
09:14toutes les sections dont on vient de parler,
09:16plus l'anti-dumping, on n'en a pas parlé,
09:18plus l'anti-subvention,
09:19ça fait partie des règles, entre guillemets,
09:22« acceptables » dans le commerce mondial.
09:23Vous lisez la charte du GATT,
09:25il est prévu que, dans des cas très particuliers,
09:27dans des circonstances particulières,
09:29on peut, par exemple, se protéger
09:31pour des déséquilibres de balance des paiements.
09:33Ce qui veut dire qu'il va falloir motiver, quand même,
09:35les décisions.
09:36Et pour le coup, quand on regarde l'arsenal américain,
09:38il n'est pas sur la même…
09:40Juridiquement, il n'a pas le même statut.
09:42La section 122 du Trade Act,
09:44il n'y a pas besoin de motiver, d'enquête.
09:46Par contre, les autres sections,
09:48il faut d'abord une enquête préalable,
09:50c'est-à-dire une investigation,
09:51ça prend du temps,
09:52il va y avoir un débat contradictoire,
09:54peut-être un recours potentiel.
09:57Alors, devant l'OMC, on va y revenir,
09:59les États-Unis ne font pas partie de l'organe d'appel,
10:01car il existe un organe d'appel alternatif,
10:03personne n'en parle.
10:04Qui existe encore.
10:05Mais il y a quand même ce retour de la règle de droit.
10:07Et je trouve ça paradoxal, finalement, et rassurant.
10:09Donald Trump, qui vous dit, finalement,
10:11j'ai le droit…
10:12Parce que ce n'est pas les droits de douane
10:13qui ont été annulés,
10:13c'est les tarifs réciproques,
10:15ce qui n'est pas tout à fait la même chose.
10:16C'est-à-dire des tarifs, premièrement, discriminatoires,
10:19ce qui viole la clause de la nation la plus favorisée.
10:23Discriminatoires,
10:24qui s'appliquent sans limite de temps,
10:26qui s'appliquent quasiment à tous les secteurs,
10:28c'est tout le contraire de l'esprit du GATT
10:31qui vous dit quoi ?
10:32A priori, vous ne vous protégez pas.
10:33Mais si vous vous protégez,
10:35il faut, un, le justifier.
10:37Deux, c'est plutôt sectoriel.
10:40Troisièmement, c'est motivé et c'est temporaire.
10:43Donc je trouve qu'il y a quand même un retour,
10:44me semble-t-il.
10:45En tout cas, la Cour suprême nous rappelle
10:47qu'il existe des règles de droit,
10:49y compris dans le commerce international.
10:50Et je trouve que c'est plutôt rassurant.
10:52Laurent ?
10:52Oui, il y a une chose,
10:53si on prend un peu de recul,
10:54il y a quand même une chose assez extraordinaire.
10:56C'est-à-dire que là, effectivement,
10:57il y a matière à s'inquiéter
10:59avec les gesticulations fiscales
11:01du président américain.
11:02Mais quand on regarde 2025,
11:04d'une part, le commerce mondial
11:05ne s'est jamais aussi bien porté.
11:07Donc finalement,
11:08ce n'est pas du tout la fin de la mondialisation.
11:11Et puis la deuxième chose,
11:12c'est qu'il y a un déficit
11:13de la balance commerciale américaine
11:15qui est record.
11:15Oui, ça, on va y venir.
11:16Donc, je veux dire,
11:17Monsieur Trump peut faire tout ce qu'il fait.
11:19Il faut bien comprendre une chose.
11:21Les chaînes de production aujourd'hui,
11:23d'un point de vue mondial,
11:24sont parfaitement intégrées,
11:26notamment dans des produits complexes.
11:28L'automobile, c'est celui
11:29que l'on connaît le plus
11:30parce que c'est un produit,
11:31je dirais que tout le monde connaît.
11:32Mais dans des produits très industriels,
11:34aujourd'hui,
11:35vous avez des chaînes industrielles
11:36qui se sont constituées
11:37pendant des décennies.
11:38Je vais prendre un exemple.
11:40Regardez Airbus.
11:41Avec le Covid,
11:42toute la chaîne industrielle
11:43a été perturbée.
11:44Il n'arrive toujours pas,
11:45six ans après,
11:46à revenir à la normale.
11:47Donc, le commerce,
11:49si vous voulez,
11:50est en place,
11:50est prospère,
11:51et résilient.
11:52Et c'est adapté.
11:54Oui, oui, oui.
11:55Et donc,
11:56malgré ce que dit Monsieur Trump,
11:57en 2025,
11:58les États-Unis
11:59n'ont pas réussi
12:00à réduire
12:00leur déficit commercial.
12:01Je voudrais qu'on avance.
12:02On a cette carte
12:03qu'on peut remontrer
12:05à l'écran.
12:06Alors, ce n'est pas 15%,
12:07puisqu'on a découvert
12:08qu'en réalité,
12:08l'administration
12:09n'avait tarifé que 10%.
12:11Peut-être,
12:12Lionel Fontanier,
12:13vous allez nous le dire,
12:14peut-être que ça va monter
12:15à 15% assez rapidement.
12:16Mais il y a des gagnants
12:18et des perdants
12:19dans cette décision.
12:20Bon, globalement,
12:21on ne va pas faire
12:22pays par pays,
12:23mais qui sont-ils ?
12:24Alors, je pense
12:26qu'il faut faire
12:26très attention au fait
12:27que c'est très granulaire
12:29cette décision,
12:30parce que, d'une part,
12:31il y a d'autres sections
12:34qui comptent,
12:34comme la 232 qui reste.
12:36Donc ça,
12:36il faut en tenir compte
12:37quand on fait les calculs.
12:38Puis il y a tout un tas
12:39d'exemptions.
12:39Je voudrais juste citer
12:41les exemptions
12:42parce qu'elles sont
12:42très importantes.
12:43Ce qui vient d'être dit
12:43sur les chaînes de valeur
12:44est tout à fait évident.
12:46Donc, tout ce qui est
12:47l'aéronautique...
12:48L'aéronautique était
12:49le grand gagnant
12:49de l'exemption,
12:50effectivement.
12:51Est-ce qu'elle perd
12:53cette exemption
12:54de fait ou pas ?
12:55Maintenant,
12:56l'aéronautique est exemptée
12:58du 122.
12:59D'accord ?
13:00Donc, les Européens
13:01perdent le bénéfice
13:02qu'ils avaient obtenu
13:04lors de l'accord
13:04de l'été dernier.
13:05Donc ça,
13:05ce n'est pas une bonne nouvelle
13:06pour Airbus.
13:07Mais Airbus,
13:08de toute façon,
13:09et Boeing ont besoin
13:10chacun des pièces.
13:12Airbus achète des pièces
13:14aux Etats-Unis
13:15et Boeing en Europe.
13:16Donc, à la fin,
13:17c'était évident
13:18qu'il fallait être
13:19à zéro pour les avions.
13:19Et puis Raphaël,
13:20quand je t'interroge
13:20du temps,
13:20il y a pénurie d'avions.
13:22Oui, oui.
13:23Donc, la pharmacie,
13:25dans la partie aéronautique,
13:27on a rajouté les drones,
13:28cette fois,
13:28qui n'y étaient pas.
13:29Donc, on a découvert
13:30que ça existait.
13:31Donc, la pharmacie.
13:33Mais il y a tout un tas
13:34d'autres exceptions
13:34qui sont importantes
13:35parce que Trump,
13:36en même temps,
13:36a un problème
13:37de pouvoir d'achat
13:38par rapport au mid-terme.
13:39Et donc,
13:39tout ce que les Américains
13:40consomment au déjeuner
13:42est exempté.
13:44Donc, le bœuf,
13:45les tomates,
13:46les avocats,
13:47les oranges,
13:48le café,
13:49le thé,
13:50tout ce qui est indispensable,
13:51ainsi que les livres religieux
13:53et les hosties.
13:54Donc,
13:56il y a également
13:57– C'est très politique.
13:58– Il y a également
13:58les branches de myrte.
14:00Mais uniquement
14:00si elles sont utilisées
14:02pour des offices religieux.
14:03C'est vraiment écrit comme ça.
14:04J'ai lu le détail du décret.
14:07Donc, ces exceptions montrent
14:08qu'il faut aller vraiment
14:10dans le détail.
14:11Et quand on va vraiment
14:12dans le détail,
14:13on s'aperçoit
14:14que le plus grand gagnant,
14:15c'est probablement le Brésil.
14:16– Ah, le Brésil
14:18qui voit donc
14:19en termes de points de pourcentage
14:21donc le tarif moyen
14:23une fois tous les calculs faits
14:24qui baisse de plus que 13%,
14:26presque 14%,
14:27enfin 14 points de pourcentage.
14:2914 points de pourcentage.
14:30– D'accord.
14:30– La Chine,
14:31ça baisse de 7 points de pourcentage.
14:33Donc, c'est quand même un paradoxe.
14:35C'est-à-dire que l'un des objectifs
14:36de Trump était d'affaiblir la Chine
14:38et du fait de la décision
14:40de la Cour suprême
14:41et de la combinaison
14:42de toutes les sections,
14:43le droit de douane opposé
14:45à la Chine
14:45va baisser de 7 points de pourcentage.
14:47– C'est ce qu'on voit
14:48sur la carte
14:49qu'on peut remontrer à l'image.
14:51L'Asie, globalement,
14:53grand concurrent.
14:53– L'Inde gagne.
14:55– Les Etats-Unis.
14:56– Le Vietnam gagne.
14:57La Thaïlande gagne.
14:58Vous avez tout à fait raison.
14:59Parmi les perdants,
15:01eh bien,
15:04le Royaume-Uni
15:05qui voit
15:07les tarifs qui sont opposés
15:08à ces produits
15:09en moyenne augmenter
15:09de 2 points de pourcentage.
15:11L'Italie,
15:13presque 2 points de pourcentage.
15:14La France,
15:15un point de pourcentage.
15:17L'Allemagne,
15:17un peu moins d'un point de pourcentage.
15:19Et le Japon.
15:20Donc, fondamentalement,
15:22ce qui s'est passé,
15:22c'est qu'on a diminué
15:23la protection américaine
15:25vis-à-vis des pays d'Asie
15:26et on l'a augmenté,
15:27en gros,
15:28vis-à-vis des pays européens.
15:29Est-ce que c'était
15:29ce qu'on cherchait à faire ?
15:31Pas forcément.
15:32Alors,
15:32est-ce que c'est une bonne
15:33ou une mauvaise nouvelle ?
15:34Les Européens,
15:35notamment les Français,
15:36perdent le bénéfice
15:38de la marge de préférence
15:39qu'ils avaient obtenue
15:39l'été dernier
15:40puisque,
15:41grâce à l'accord,
15:45mais en même temps,
15:46puisque la Chine
15:47se voit moins imposée
15:49de taxes
15:50en rentrant aux Etats-Unis,
15:51les produits chinois
15:52vont pouvoir retourner
15:53aux Etats-Unis,
15:53ce qui est probablement
15:54une bonne nouvelle
15:55pour les industriels européens
15:56puisque la pression chinoise
15:58sur l'Europe
15:59va diminuer du même pas.
16:00Donc, à la fin,
16:02quel est l'impact de tout ça ?
16:03C'est très difficile à dire
16:04mais probablement,
16:05en termes macroéconomiques,
16:06pour la France,
16:07pas grand-chose.
16:08Si ce n'est...
16:08C'est un peu la question
16:09que j'allais vous poser.
16:10Quand on change
16:10de 0, pouillème,
16:12est-ce que ça change ?
16:13Voilà,
16:13mais par contre,
16:14l'incertitude
16:15qui est créée
16:15autour de tout ça,
16:16le problème n'est pas
16:17qu'il y a beaucoup
16:17de catégories de tarifs,
16:19il y a des milliers
16:19de catégories de tarifs.
16:20Le problème,
16:20c'est que ça change tout le temps.
16:22Donc, pour les industriels,
16:23c'est vraiment très,
16:24très difficile.
16:24L'industriel,
16:25on l'a autour de la table,
16:26c'est Laurent Wonski.
16:26Et ensuite, Emmanuel ?
16:28Je trouve qu'il y a
16:28une chose intéressante
16:29parce que les premiers
16:30qui voient les conséquences
16:31de toutes ces gesticulations
16:32fiscales,
16:33c'est le consommateur américain.
16:34Il ne faut pas oublier
16:35une chose,
16:35c'est qu'il y a 95%
16:38des entreprises exportatrices
16:40dont je fais partie
16:40qui n'ont pas réduit
16:41leur marge
16:42pour absorber
16:43le différentiel fiscal.
16:44Ce qui veut dire
16:45qu'on a continué
16:46à vendre nos produits
16:46comme avant
16:47et puis après,
16:48c'est soit l'importateur,
16:49soit le client final
16:50qui s'en est accommodé.
16:51Et donc,
16:52qui a payé ?
16:53Et c'est là toute l'ironie.
16:55On veut protéger
16:57les Etats-Unis,
16:58le consommateur américain
17:00en lui faisant
17:01payer plus de taxes.
17:02Contrairement à ce qu'a raconté
17:03Donald Trump.
17:03Le raisonnement
17:04me dépasse un peu.
17:05En fait,
17:06ce n'est pas seulement
17:06le consommateur américain,
17:07c'est l'économie américaine
17:08en général parce qu'il y a eu
17:09des études notamment de Cavallo
17:10qui ont montré
17:10que les importateurs
17:11et les distributeurs
17:12ont absorbé.
17:1390% du coup,
17:14effectivement.
17:15Ce qui est intéressant,
17:16c'est que les mêmes causes
17:16ayant les mêmes effets,
17:18Trump 1 a été évalué.
17:19C'est une étude de Cavallo
17:20qui montre qu'en réalité,
17:21les Chinois ont tout reporté
17:22alors que les Américains, eux,
17:24ont dû baisser leur prix hors-taxe
17:25parce qu'ils vendaient du soja
17:26notamment en Chine.
17:27Et donc paradoxalement,
17:29la Chine a reporté intégralement
17:30la taxe sous Trump 1
17:31et sous Trump 2,
17:32vous l'avez dit,
17:32il y a eu deux études,
17:33l'étude du Kill Institute
17:34et puis la note
17:35de la réserve de New York
17:38qui arrivent à peu près
17:38à la même conclusion.
17:39Alors on peut jouer
17:40sur le Pouyème,
17:40il y en a qui est 94,
17:42l'autre qui vous dit 95.
17:43Mais vous avez raison,
17:45en très grande majorité,
17:46c'est le consommateur américain.
17:48En tout cas,
17:48l'économie américaine
17:50qui va supporter la taxe.
17:52Je voudrais juste revenir
17:53sur un tout petit point.
17:54Le grand gagnant,
17:54c'est quand même la Chine
17:55du point de vue symbolique.
17:57D'abord, 7 points,
17:57ce n'est pas négligeable
17:59et puis surtout,
17:59c'est un peu l'arroseur arrosé.
18:02Et vous l'avez peut-être vu,
18:03les Chinois ont annoncé
18:04juste après Donald Trump,
18:05j'ai l'impression
18:06que c'est passé un peu
18:06sous le radar,
18:07qu'ils supprimaient
18:08tous les droits de douane
18:09pour 53 pays d'Afrique
18:11à partir de mai 2026.
18:13Donc il y a un côté,
18:14non seulement...
18:14Ils en profitent.
18:15Ils sont opportunistes.
18:15Ils en profitent,
18:16donc il y a un côté
18:16quand même comme très fort.
18:18Je voudrais juste revenir
18:18un instant sur le déficit
18:20commercial américain.
18:21Vous l'avez vu en bien,
18:22je ne parle pas des services,
18:24ça doit être 1 200 milliards.
18:251 241 milliards.
18:26Un peu de 1 200 milliards.
18:27Et ce qui est assez amusant,
18:28c'est qu'on voit bien
18:29le déficit commercial bilatéral
18:30avec la Chine
18:31qui baisse fortement,
18:32logiquement.
18:32Mais par contre,
18:33vous avez d'autres pays
18:34qui ont pris la relève,
18:36que ce soit le Vietnam,
18:37que ce soit le Mexique.
18:38Donc à nouveau,
18:39on va revenir là-dessus.
18:40Le contournement,
18:41le détournement,
18:42c'est des choses
18:43assez connues en économie.
18:44On va revenir en fin de l'émission
18:44en dressant le bilan
18:45d'un an de guerre commerciale.
18:47N'hésitez pas à réagir
18:49sur mon compte Twitter
18:49arrobase legenral,
18:50là j'ai Davidia
18:51qui nous dit
18:52« Si je suis bien,
18:53le vin pour les offices religieux
18:56pourrait être exempté. »
18:58Lionel Fontanier.
18:59C'est une interprétation correcte.
19:01C'est le moment
19:02d'envoyer beaucoup de Bordeaux
19:03dans les régions.
19:04C'est-à-dire qu'il faut aller plus
19:05à la crise des grandes barres américaines.
19:08Exactement.
19:09Quid des 175 milliards
19:11de dollars de remboursement
19:13qui ont été évoqués.
19:15C'est un plafond.
19:15C'est un plafond.
19:17C'est une étude.
19:17C'est le potentiel.
19:19Est-ce que vous pensez
19:20que les entreprises,
19:21FedEx par exemple,
19:22a déjà déposé un dossier,
19:24mais est-ce que les grandes entreprises
19:26vont oser aller
19:28contre la Maison Blanche ?
19:29On sait que la Maison Blanche
19:31terrorise un peu
19:32le big corp
19:33et le big business
19:34aux Etats-Unis.
19:35Est-ce qu'elles vont oser
19:36déposer les dossiers
19:37ou pas ?
19:38Ça n'a pas terrorisé FedEx
19:40en tout cas.
19:41Les enjeux sont absolument
19:43considérables.
19:43ça va prendre beaucoup de temps
19:45de toute façon
19:45pour être jugé.
19:46Donc si des remboursements
19:48arrivent,
19:48ça ne va pas être tout de suite.
19:49Il va falloir beaucoup,
19:49beaucoup de temps.
19:50Mais c'est une menace
19:52quand même
19:52qui plane sur le budget américain
19:54et qui est tout à fait importante.
19:56Et je suis surpris
19:57que le gouvernement chinois
19:58n'incite pas
19:59ces entreprises
19:59au premier chef,
20:01BYD,
20:01à ne pas demander
20:02des remboursements.
20:04Il y aurait à nouveau
20:05une humiliation politique
20:06pour Donald Trump.
20:07Autre question,
20:08en passant de lié pas
20:09aux différentes sections,
20:11122, 232, 301,
20:13voire la 338
20:14qu'on n'a pas évoquée,
20:15qui est une option
20:16plus incertaine,
20:17mais possiblement,
20:19théoriquement,
20:20on peut imposer
20:20de Dordal jusqu'à 50%
20:22avec cette base juridique.
20:24Est-ce qu'en multipliant
20:25les sections,
20:27on ne va pas vers
20:28un protectionnisme
20:29plus complexe ?
20:30Est-ce que juridiquement,
20:31ça ne va pas être
20:31plus compliqué
20:32pour les entreprises
20:34exportatrices ?
20:35Il faut quand même
20:35une enquête,
20:36la différence entre
20:37ce qu'il a fait
20:38avec les droits réciproques
20:38où il s'est fait retoquer
20:39et les sections
20:40que vous évoquez,
20:41à l'exception du 122
20:43où il n'y a pas besoin
20:44d'enquête.
20:44Il faut que ce soit justifié.
20:45Des enquêtes lourdes,
20:46donc que dit enquête,
20:47dit contradictoire.
20:49Les exportateurs
20:50ne vont pas se laisser faire.
20:51Donc, ce n'est pas
20:52si simple que ça,
20:53mais c'est évident
20:53que de toute façon,
20:54il ne va pas lâcher.
20:54Il ne va pas lâcher
20:55puisqu'il est persuadé,
20:56on va y revenir tout à l'heure,
20:57il est convaincu
20:58que le droit de douane
20:59est un levier
21:00de politique économique
21:01centrale.
21:02À mon sens,
21:03il se trompe complètement.
21:04Mais dès lors
21:05qu'il y croit,
21:06il va y aller.
21:06Et puis n'oublions pas,
21:07il a aussi d'autres instruments
21:08qui sont, entre guillemets,
21:09illicites,
21:09dès lors qu'ils sont motivés,
21:10l'anti-dumping
21:11et l'anti-subvention.
21:13Enfin, c'est des instruments
21:13qui sont utilisés
21:14depuis très longtemps
21:14au niveau de l'OMC.
21:17Il faut bien comprendre
21:18que la fiscalité,
21:19c'est la face visible
21:20de l'iceberg.
21:21Il y a une mesure
21:22anti-protectionniste
21:23par excellence,
21:24c'est l'environnement normatif.
21:26Et celui-ci,
21:28on n'en parle pas.
21:29Enfin, on dit protectionniste
21:30ou protectionniste.
21:31Le protectionnisme
21:32de la norme
21:32est peut-être
21:34l'avenir du protectionnisme.
21:36C'est précisément,
21:37je dirais quelque chose
21:38qui sert à faire
21:38du protectionnisme,
21:39qui passe sous l'écran radar,
21:42qui est la grande guerre sourde.
21:44Mais on n'en parle pas.
21:46Donc, les États-Unis,
21:47par exemple,
21:48ont toute une série de normes
21:49que les industriels
21:50connaissent bien
21:52concernant les aciers,
21:53concernant l'électricité,
21:54qui sont très compliqués,
21:56parfois très mouvants,
21:57et qui, de facto,
22:00peuvent excluer
22:00et exclure certains produits.
22:02Emmanuel ?
22:02Je ne suis pas spécialiste
22:03des normes,
22:04mais attention,
22:05toute norme a néanmoins
22:06une justification objective.
22:07Si on met des normes,
22:09ce n'est pas seulement...
22:09Alors là,
22:09c'est très optimiste.
22:10Non, non.
22:11Je parle de la proportionnalité
22:12de la norme.
22:13Je m'inspirs en faux.
22:14Parce que, si vous voulez,
22:15là, pour la question,
22:16c'est très intéressant.
22:17Vous avez des produits
22:18qui sont...
22:19Donc, elles ne viseraient
22:19que les produits importés ?
22:21Logiquement,
22:21elles s'appliquent aussi
22:22aux producteurs nationaux.
22:23Il y a des produits,
22:24bien sûr,
22:24mais je vais prendre un exemple.
22:26Vous avez des produits américains
22:28qui nécessitent
22:29de l'acier américain.
22:31Donc, produits aux Etats-Unis.
22:32Donc, si vous voulez exporter
22:33le même produit
22:33que vous faites en Europe,
22:34c'est-à-dire qu'il faut
22:35récupérer de l'acier américain,
22:37l'incorporer dans vos produits
22:38et le ré-exporter.
22:39La préférence américaine,
22:40la préférence chinoise,
22:41on est les seuls en Europe
22:42à ne pas avoir de...
22:43C'est des clauses
22:46d'intégration locales.
22:47Donc, c'est à la limite
22:49de la régulation.
22:50Ça relève du protectionnisme
22:52au sens habitué du terme.
22:53Je pense qu'il y a
22:53plusieurs points à faire.
22:54Le premier,
22:55c'est qu'il y a
22:55une distinction claire
22:57en général
22:58qui est faite
22:59à l'OMC,
23:00au GATT
23:00et dans toutes les instances
23:01internationales
23:02entre le protectionnisme
23:04et la défense commerciale.
23:05Ah, voilà.
23:06Donc, la défense commerciale,
23:09c'est mettre en place
23:10des droits de douane
23:11ou des mesures
23:12qui visent à compenser
23:14du dumping, par exemple,
23:16ou des subventions.
23:17Voilà.
23:17Donc, quand le partenaire commercial
23:20se comporte de façon
23:22non conforme
23:23par rapport aux règles
23:24du commerce international,
23:26à ce moment-là,
23:26on a le droit de mettre en place
23:27des dispositifs
23:28qui freinent les importations.
23:30Donc, on le fait,
23:31comme ça a été dit,
23:33après enquête.
23:33On le fait ensuite
23:35pour une durée déterminée.
23:36Au bout de cette durée déterminée,
23:38il y a une nouvelle enquête
23:39pour savoir
23:40si on doit continuer, etc.
23:42Donc, tout ça
23:42est parfaitement bordé
23:43au niveau juridique international.
23:46Et ça concerne un produit,
23:48voire même,
23:48quand on parle de l'anti-dumping,
23:50ça ne concerne pas un produit,
23:51ça concerne un produit
23:52par une entreprise.
23:53Donc, ce n'est pas
23:54toutes les entreprises
23:55qui exportent.
23:56Il y a des effets de bord.
23:57C'est-à-dire que
23:57quand les autres entreprises
23:58du même pays
23:59voient qu'une entreprise
24:01est soumise à une enquête
24:03sur l'anti-dumping,
24:03elle lève un petit peu le pied.
24:05Mais, en théorie,
24:06c'est bien une entreprise,
24:08un produit.
24:09Donc, c'est comme ça
24:09que ça se passe.
24:09Donc, il faut bien faire
24:10cette différence
24:11entre le protectionnisme,
24:13et donc,
24:14le Liberation Day,
24:15c'était exactement ça,
24:16et les instruments
24:18de défense commerciales
24:19qui sont parfaitement légitimes
24:21et qui sont encadrés.
24:23Maintenant,
24:23je voudrais revenir d'un mot
24:24sur cette section 122,
24:25puisque c'est quand même
24:26ce dont on parle
24:27cette semaine,
24:28enfin, depuis le week-end,
24:30dans la proclamation
24:31de la Maison-Blanche,
24:32si vous la lisiez.
24:33Donc, surtaxe,
24:33on rappelle,
24:34la section 122,
24:35c'est une surtaxe universelle
24:36de 10%,
24:38peut-être 15,
24:39pendant 150 jours,
24:41ce qui nous amène
24:45au...
24:45dans 5 mois,
24:46voilà.
24:47J'avais la date 24 juillet,
24:49je crois,
24:50et qui permet de restaurer,
24:52alors dites-moi,
24:53si je me trompe,
24:53environ 70% en réalité
24:56du niveau tarifaire pondéré,
24:58perdu,
24:58avec la suppression
24:59de l'YEPA, là.
25:01Et c'est motivé
25:01par le déficit
25:02de la balance des commerciales.
25:04Les commerciales,
25:05c'est ça.
25:05Deux choses.
25:06De combien ça bouge
25:08la protection américaine ?
25:11Oui.
25:11Donc, avant la décision
25:13de la Cour suprême américaine,
25:14quand je fais la moyenne
25:15de tous les droits de douane
25:17américains,
25:18c'est 15%.
25:20Après la décision
25:21de la Cour suprême,
25:22je tombe de 15%
25:23à 8%.
25:25Avec la section 122,
25:28je remonte de 8%
25:29à 13%.
25:31Et si jamais
25:32on s'arrête
25:33au 10%
25:34plutôt que 15%,
25:35c'est-à-dire
25:36où on est aujourd'hui,
25:37on est à 12%.
25:38Donc, on est passé
25:39de 15% à 12%.
25:41C'est ça, le point.
25:42C'est bien ça,
25:42les 70% à proposer.
25:44Maintenant, la justification.
25:46Si vous lisez
25:47la proclamation
25:48de la Maison-Blanche,
25:49vous voyez
25:51que l'on parle
25:52de problèmes sérieux
25:54de déficit
25:55de la balance
25:56des paiements.
25:57Alors, il faut s'asseoir
25:58une minute
25:58et réfléchir
25:59à ce que c'est.
26:00pas seulement
26:00un problème sérieux,
26:01mais ce que c'est
26:02qu'un déficit
26:03de la balance des paiements.
26:06Alors, autant le déficit,
26:07je vois à peu près,
26:08sérieux,
26:08ce n'est pas
26:09un terme juridique
26:09très précis.
26:10Non, non, non,
26:11c'est le déficit
26:12de la balance des paiements.
26:13Balance, ça veut dire
26:14équilibre.
26:15Oui.
26:15D'accord ?
26:15Donc, un déficit
26:16de la balance des paiements,
26:17c'est quelque chose
26:17qui n'existe pas.
26:18Ça ne peut pas exister.
26:19Une balance des paiements,
26:20j'explique ça à mes étudiants
26:21en première année.
26:22c'est commerciale, je pense.
26:22Non, non, non, non, non,
26:24déficit de la balance.
26:25Une forme d'oxymore,
26:26déficit de la balance.
26:27Non, non, mais le contexte
26:28historique est très important.
26:29Effectivement.
26:29Donc, ce n'est pas seulement
26:30moi qui dis ça.
26:30Vous auriez dû inviter
26:31Paul Krugman ce matin,
26:32il serait probablement venu.
26:33J'ai oublié.
26:34Voilà, c'est ça.
26:35On y pensera.
26:35Parce qu'avoir un prix Nobel
26:37autour de cette table
26:38nous aurait très intéressé.
26:40Et donc, Paul a mis sur YouTube,
26:44donc tous vos téléspectateurs
26:45et auditeurs peuvent voir ça,
26:48donc une vidéo qui dit
26:50la chose suivante.
26:52Normalement, moi, Paul Krugman,
26:54je devrais savoir ce que c'est
26:55qu'un déficit de la balance
26:57des paiements.
26:58Eh bien, je ne sais pas ce que c'est.
26:59Et non seulement je ne sais pas,
27:01mais personne ne sait
27:02et personne ne peut savoir
27:03puisque évidemment,
27:03ça n'existe pas.
27:04Et donc, qu'est-ce qui se passe
27:05qu'il se passe ?
27:06Il se passe que quand
27:06cette trade acte a été imaginée
27:10dans les années 70,
27:12on était au sortir
27:13d'un système de taux de change fixe.
27:15Et dans un système
27:16de taux de change fixe,
27:17que devaient faire les pays ?
27:18Si les pays avaient
27:19un déficit commercial
27:21qui n'était pas compensé
27:22par un excédent sur les capitaux,
27:24vous êtes en déficit commercial
27:25et c'est compensé
27:26par des entrées de capitaux,
27:27si les entrées de capitaux
27:28ne suffisaient pas,
27:29il fallait maintenir
27:30le taux de change
27:30et pour maintenir le taux de change,
27:32il fallait faire quoi ?
27:33Il fallait donc vendre des dollars.
27:34Ce qui fait que
27:35tous les pays
27:36avaient des dollars
27:37dans les réserves officielles,
27:39voire de l'or,
27:40mais du dollar.
27:41Et donc,
27:43l'idée de cette loi,
27:45c'est que,
27:46effectivement,
27:46dans ce contexte,
27:48il pouvait y avoir
27:48une pénurie de dollars
27:50pour les pays
27:50qui étaient en déficit
27:51par rapport à un certain
27:52nombre de postes
27:53dans la balance des paiements.
27:54Mais de toute façon,
27:56pourquoi cette loi
27:57n'a jamais été adaptée,
27:58adoptée,
27:58enfin,
27:59elle n'a été adoptée
28:00mais jamais utilisée,
28:02pardon,
28:02et c'est tout simplement
28:03parce que les États-Unis,
28:04par construction,
28:05ne peuvent pas avoir
28:06un problème de dollars.
28:08C'est eux qui ont le dollar.
28:09Évidemment.
28:09Et nous,
28:10les problèmes produisent.
28:11Ça ne peut pas exister,
28:12c'est eux qui le produisent.
28:13Donc,
28:13ça n'arrivera jamais.
28:15Donc,
28:15il n'y a pas de problème
28:16de déficit
28:18de la balance des paiements.
28:19Il peut y avoir
28:20un problème
28:20de déficit commercial,
28:22mais qui,
28:23dans le cas américain,
28:24est compensé
28:24par des entrées
28:25de capitaux.
28:26Et si jamais
28:27ça n'était pas le cas,
28:28qu'est-ce qui arriverait ?
28:28Eh bien,
28:29le dollar serait déprécié.
28:31Et la dépréciation du dollar,
28:32c'est écrit
28:34par Donald Trump.
28:35C'est ce qu'il souhaite.
28:35C'est un objectif.
28:36Ils veulent ça.
28:37Ils veulent la dépréciation du dollar.
28:39Donc,
28:39non seulement,
28:39ça ne peut pas arriver,
28:40un déficit de la balance des paiements,
28:41mais si jamais ça arrivait,
28:43eh bien,
28:43ça pousserait le dollar à la baisse.
28:45Très concrètement,
28:45et d'un mot,
28:46parce qu'on est déjà
28:46un petit peu en retard,
28:47mais ça veut dire
28:48quelles conséquences ?
28:50Ça veut dire
28:51que cette section,
28:52si elle est contestée
28:53auprès de la Cour suprême,
28:55sera jugée,
28:56évidemment,
28:57illégale,
28:57mais ça n'arrivera
28:58probablement pas,
28:59parce que le temps
28:59que la Cour suprême
29:01prenne sa décision,
29:02on sera très au-delà
29:03des 150 jours,
29:04donc ça ne vaut pas la peine
29:05d'aller dans cette direction,
29:06mais peut-être le sera-t-elle.
29:07Bon,
29:08allez,
29:08on s'arrête
29:10pour une très courte pause publicitaire.
29:12On se retrouve tout de suite après.
29:13On va continuer
29:14cette discussion passionnante.
29:15Ne t'inquiétez pas.
Commentaires

Recommandations