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  • il y a 5 mois
Ce mardi 26 août, Dominique Carlac'h, vice-présidente d'ABGi France, dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Business, parole de patron.
00:02Dominique Carac, bonjour.
00:04Vous êtes la vice-présidente d'Abgy France,
00:06en charge des relations institutionnelles et du développement.
00:08Vous représentez évidemment aussi le MEDEF
00:10qui fait sa rentrée à partir de demain
00:12à Roland-Garros.
00:14La REF qui commence
00:15avec un contexte, je ne sais pas si ça peut dire
00:18que ça ressemble un peu à l'année dernière, c'est-à-dire qu'on sent
00:20que le gouvernement va tomber,
00:21on est reparti pour de l'incertitude.
00:23En fait, on a intitulé notre rencontre
00:25des entrepreneurs de France cette année, jeu décisif.
00:28Je crois qu'on ne pouvait pas mieux trouver
00:29comme titre. Vraiment,
00:31les services ont été vraiment très bien inspirés
00:34et ce qu'on perçoit
00:35dans les entreprises du terrain
00:37est inspirant.
00:40C'est vrai que
00:41là, on est face
00:43à un discours politique du Premier
00:45ministère qui est fait de lucidité
00:47et le courage politique, c'est
00:49aussi la lucidité. Là, il est
00:51extrêmement courageux et très exposé.
00:55Il a le courage
00:55de dire que ça fait plusieurs décennies
00:57qu'on vit à crédit et
00:59on parlait littérature hier.
01:02Oui, parce que je vous disais, il est un peu
01:03Antigone.
01:05Antigone, oui, sur les bords.
01:06Moi, ça me fait penser à la mort
01:08à crédit de Céline, en fait,
01:09la situation de la France. C'est-à-dire qu'en fait,
01:12on n'est plus
01:13simplement dans un sujet comptable
01:15avec ce problème de la dette. On est dans un vrai
01:17sujet de souveraineté. En fait, il faut expliquer
01:20aux Français que
01:21la dette, aujourd'hui, le service
01:23à la dette, c'est-à-dire le coût de la dette, comme quand
01:25vous empruntez pour votre maison, vous avez un coût
01:27de votre emprunt. Le coût de la dette
01:29en France, aujourd'hui, coûte plus cher que
01:31le budget de l'éducation pour nos enfants
01:33et que le budget de l'armée
01:35pour nous protéger. C'est quand même
01:37quelque chose qui est gravissime,
01:39se dire que le coût de la dette
01:41française coûte plus cher que d'éduquer
01:43nos enfants ou protéger nos concitoyens.
01:46Premier problème. Deuxième
01:47problème, qui paye la dette ?
01:50Qui ? Est-ce que nous sommes
01:51complètement indépendants face à ces dettes ? Pas du tout.
01:53Nous sommes totalement dépendants
01:55parce que nous avons une dette colossale.
01:58Et donc, c'est pour ça que, en ce
01:59moment, ce qu'attendent les patrons,
02:01c'est vraiment un budget qui
02:03soit lucide, courageux,
02:05mais équilibré. Alors, lucide
02:07sur l'État de la France, que je viens
02:09d'expliquer, courageux.
02:12On veut continuer sur ce modèle
02:14d'État-providence. On veut un
02:15système social à la française
02:17et tout le monde le souhaite, ce système français.
02:20Mais du coup, il faut qu'il soit équilibré,
02:21et qu'on puisse le payer. Donc, qu'est-ce qu'on dit ?
02:23Nous, les entreprises, on dit
02:25il faut baisser la dette,
02:27il faut baisser les dépenses,
02:29mais pour autant, il faut pouvoir être en capacité
02:31de créer de la richesse. Donc, il faut
02:33continuer à pouvoir produire plus
02:35et en avoir les moyens. Et c'est là où on dit
02:37équilibré au sens, faisons
02:39attention à nos entreprises, faisons
02:41attention à ce qu'il n'y ait pas des vices cachés,
02:43d'impôts cachés
02:45qui grèveraient les possibilités
02:47des entreprises de créer de la richesse.
02:49Parce qu'encore une fois, on ne peut pas
02:52redistribuer de la richesse
02:53avant de l'avoir créée.
02:54Dominique, vous le dites, c'est courageux,
02:56vous partagez le constat, etc.
02:58Mais on peut y voir aussi un peu d'auto-sabordage,
03:00de dire, de toute façon, le budget
03:02ne passera pas, donc autant partir maintenant
03:04comme un prince, comme ça, pour 2027,
03:06je serai plus tranquille.
03:08Ce matin, Gérald Darmanin dit qu'une dissolution
03:10peut être tout à fait envisagée.
03:12On sait globalement que dans 15 jours, on n'aura plus
03:14de gouvernement. Et que ce débat budgétaire,
03:16il va être remis au calendre grec,
03:18que ce n'est pas pour maintenant qu'on repart
03:20dans une tambouille politique complexe.
03:22Ça, ça ne vous inquiète pas en tant que chef d'entreprise ?
03:24Évidemment, parce qu'on voit très bien
03:26qu'à la rationalité économique
03:28de l'État et de la situation
03:30de la France, se substituent
03:32des calculs politiques, parce qu'on
03:34rentre dans un truc qui est J-2 ans
03:36par rapport aux élections présidentielles,
03:39et tout le monde commence à se dire
03:40si je ne montre pas mon courage politique
03:42d'opposant, je n'existerai pas sur la scène.
03:45Mais moi, je dois louer, pour le coup,
03:46la réaction des partenaires sociaux,
03:49que ce soit les organisations patronales
03:50ou syndicales, qui ne sont pas
03:52sur ce registre-là. Si vous écoutez les syndicats,
03:54si vous regardez les articles qui sortent
03:56sur la prise de parole des dirigeants
03:59de FO, de la CGT, de la CFDT,
04:01et bien évidemment des organisations patronales
04:03que sont le MEDEF
04:05et les deux autres organisations patronales,
04:07on n'est pas sur ce registre-là,
04:09on est sur le registre de la lucidité,
04:11des comment on peut trouver
04:12des solutions qui permettent
04:14à la fois de ne pas gréver les possibilités
04:17de la croissance pour générer de la richesse,
04:19afin de continuer sur notre modèle
04:20de l'État-providence. Sauf que l'État-providence,
04:22il est en panne, et c'est tout
04:24l'argumentaire qu'on va essayer
04:26de démontrer pendant ces deux jours
04:28de la REF, ce qui est, l'entreprise
04:30reste encore la solution. L'entreprise,
04:32c'est la solution pour créer de la valeur,
04:34pour décarboner, pour former, pour éduquer
04:36les gens qui, parfois,
04:38n'ont pas pris la bonne voie.
04:39Donc, oui, on peut être choqué
04:42de la teneur des débats
04:44par rapport à la lucidité
04:46de la situation de notre pays
04:48et de ce que ça engendre.
04:49Parce qu'on pourrait se dire,
04:50on fait des grands effets de manche
04:51en disant, vous n'êtes pas raisonnable,
04:53vous n'êtes pas lucide.
04:54Mais en fait, les conséquences concrètes
04:56pour les gens,
04:58c'est que moins un pays est indépendant,
05:02plus les règles vont s'imposer à lui
05:05et des règles qui ne sont pas
05:07celles de notre modèle social.
05:08C'est ça qu'il faut comprendre.
05:09C'est que notre modèle économique
05:10et notre modèle social,
05:12tout le monde y tient.
05:12Donc, quelles sont, je dirais,
05:14les concessions que les uns et les autres
05:16vont être capables de faire ?
05:17Sachant que l'an dernier,
05:19les entreprises ont payé
05:2013 milliards de charges de plus
05:21dans le budget 2025.
05:23Voilà.
05:23Donc, j'en viens au sujet quand même majeur,
05:26qui est quand même la question
05:27des aides ou des cadeaux aux entreprises
05:28donnés comme ça dans le débat public,
05:32comme si c'était de l'argent à récupérer.
05:33Il y a deux choses à dire.
05:35D'abord, la première chose,
05:37c'est que l'an dernier,
05:38en 2025,
05:39ça c'est derrière nous,
05:40ce n'est pas le budget 2026,
05:41c'est derrière nous.
05:422025, les entreprises ont payé
05:4413 milliards de charges
05:46de plus que l'année d'avant.
05:48Premier sujet.
05:49Donc, il y a donc du ressenti,
05:52du ressenti sur
05:53pourquoi on aide les entreprises.
05:55Pourquoi on les aide ?
05:56Parce qu'en fait,
05:56les entreprises en France
05:57sont les entreprises
05:58qui payent au monde
05:59le plus de contributions sociales.
06:02Donc, de temps en temps...
06:03Ce n'est pas des aides,
06:03c'est moins de charge.
06:04Ce n'est pas des aides.
06:05C'est exactement ça.
06:06Ce ne sont pas ni des aides
06:07ni des cadeaux,
06:08ce sont des allégements
06:09qui permettent de redonner souffle.
06:11L'exemple typique,
06:12c'est les aides pour l'innovation
06:13et pour la recherche.
06:14Si on n'avait pas ça,
06:16on aurait une recherche
06:16qui serait moins compétitive.
06:18Or, on a une chose en France
06:19qui marche bien,
06:20c'est la recherche.
06:21Elle reste plus compétitive
06:22qu'ailleurs dans d'autres pays
06:23et notamment par rapport aux Etats-Unis.
06:25Merci beaucoup Dominique Carlac
06:26d'être venue ce matin.
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