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  • il y a 5 mois
Ce mercredi 27 août, le calme relatif qui entoure la dette française a été abordé par Michel Martinez, chef économiste Europe chez Société Générale CIB, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Et notre éclaireur ce matin, c'est Michel Martinez qui nous attend depuis Société Générale CIB.
00:06Michel Martinez qui est chef économiste Europe.
00:08Bonjour Michel Martinez, merci de nous accompagner ce matin.
00:12Afin de faire un petit point en effet sur la situation française, je le disais en préambule,
00:17le 10 ans français se stabilise à 3,5%.
00:19Pour l'instant, il n'y a pas de gros mouvements sur la dette française,
00:22contrairement à certaines valeurs qui ont pu trébucher ces derniers jours.
00:26Comment expliquer ce calme relatif sur la dette française ce matin ?
00:32C'est parce qu'il n'y a pas de panique, comme vous le dites.
00:37Il n'y a pas de panique parce que la situation actuelle politique,
00:41elle reflète une situation de blocage.
00:44Il y a une fragmentation du paysage politique en France, au Parlement.
00:48Le résultat de cette fragmentation, c'est que même si le gouvernement tombe,
00:54a priori, on aura le même type de politique économique,
00:58les déficits publics sont élevés, vont probablement rester autour de 5% du PIB.
01:06Mais il n'y a pas d'erreur manifeste de politique économique.
01:12Et c'est ce type d'erreur de politique non orthodoxe que le marché sanctionnerait.
01:18Mais à ce stade, ce n'est pas envisagé.
01:22Et puis malheureusement, des séances comme on a vu hier,
01:25il y en a eu d'autres au mois de décembre, juste avant la nomination de François Béroud.
01:29Il y a également eu les séances lors de la dissolution de l'Assemblée nationale au mois de juin.
01:33Malheureusement, c'est des séances qui se suivent et qui se ressemblent.
01:36– Oui, alors la situation, qu'est-ce qu'elle reflète ?
01:40C'est que les taux d'intérêt français continuent d'augmenter, 3,5 pour le 10 ans.
01:47On se rapproche de l'Italie, il n'y a plus que quelques bips d'écart,
01:526-7 bips d'écart.
01:55Avec 5% de déficit public, la dette publique française est à 114% du PIB,
02:06donc d'ici 10 ans, elle va peut-être être 125.
02:10Mais à 125% du PIB, on sera toujours à des niveaux d'aides publiques inférieures à ceux de l'Italie,
02:16qui, elle, a réussi à avoir un déficit public autour de 3% du PIB.
02:21Donc, d'une certaine manière, tant qu'il n'y a pas d'erreur manifeste de politique économique,
02:26à chaque fois qu'il y a un bruit politique, donc un changement de gouvernement,
02:31les marchés se disent que la situation des finances publiques françaises va continuer de se dégrader,
02:38mais que, et peut-être qu'on aura des taux d'intérêt en France supérieurs,
02:42légèrement supérieurs à ceux de l'Italie,
02:45mais il n'y a pas de quoi paniquer à ce stade.
02:51Et en particulier, l'Italie agit comme une force de rappel.
02:57C'est difficile.
02:58Il faudrait envisager un scénario d'erreur de politique économique
03:02pour que la France emprunte à des niveaux significativement supérieurs à ceux de l'Italie.
03:083,5% à l'instant pour le 10 ans français,
03:10quand le 10 ans italien est à 3,56%.
03:12C'est dans ce contexte que les entreprises, mais aussi les États, les gouvernements,
03:17doivent faire face à la guerre commerciale avec les États-Unis.
03:20On l'a vu en plein cœur de l'été, ça y est, désormais le tarif c'est 15% pour l'Union européenne.
03:25Qu'est-ce que ça change dans vos modèles chez Société Générale CIB, Michel Martinez,
03:30cette guerre commerciale et ce tarif de 15% ?
03:33De fait, on ne change pas grand-chose parce que quand on tient compte de toutes les exemptions,
03:41il y a des produits qui sont taxés à 50%, comme l'aluminium, l'acier, il y a des exemptions,
03:48il y a 15% pour la plupart des produits, et en moyenne, le taux d'imposition est plutôt de l'ordre de 11%.
03:54Et 11%, si vous vous souvenez, en avril dernier, le jour des Libération Day,
04:01on était plutôt, ou quelques jours après, de l'ordre de 10%.
04:04Donc ça ne change pas grand-chose, et la réalité, c'est que nous, comme la plupart des économistes,
04:09quand vous regardez le consensus des économistes pour l'Europe,
04:12les prévisions ont augmenté.
04:14En début d'année, les prévisions de croissance pour cette année étaient inférieures à 1%,
04:18l'ordre de 0,9%, aujourd'hui, le consensus est à 1,2% pour la croissance de cette année.
04:23Donc, finalement, la situation actuelle ne change pas grand-chose par rapport à celle qu'on craignait début avril.
04:33Et de toute façon, l'impact économique va être modéré,
04:36parce que ça présente entre 0,3% et 0,4% du PIB de l'Europe,
04:44cumulé avec des effets qui sont un peu retardés dans le temps.
04:49C'est un choc tout à fait absorbable.
04:50C'est un choc qui est nettement inférieur à celui de la crise énergétique.
04:55À ce moment-là, la structure énergétique de l'Europe a pas augmenté de 4 points de PIB,
04:59où c'est nettement inférieur au choc du Covid.
05:02C'est un petit choc économique, en fait.
05:04Donc, ça ne change pas grand-chose pour nos prévisions économiques.
05:08Et du côté des entreprises, comment elles agissent dans ce contexte qui était quand même assez incertain,
05:13puisque ce fameux chiffre de 15% de droits de douane a quand même mis plusieurs semaines avant d'être acté.
05:19On voit quand même que l'investissement des entreprises en France, mais pas seulement,
05:23est un petit peu en retrait, puisque toutes ces questions sans réponse n'incitent pas les entreprises à prendre des décisions.
05:28Alors après, il y a la situation particulière de la France, pour les raisons qu'on a évoquées,
05:35la certitude de politique économique, des points de vue budgétaire,
05:39qui incitent à l'attentisme de tous les agents économiques.
05:42Et ce n'est pas simplement les entreprises, ce sont aussi les ménages qui sont prudents, qui épargnent.
05:48Il y a la situation très particulière de l'Allemagne,
05:51qui reflète des problèmes de compétitivité, des chocs structurels.
05:56Mais quand vous regardez le reste de l'Europe,
05:58on ne voit pas ce signe d'attentisme.
06:01On a une croissance en Europe qui est au-dessus de ce qu'on appelle, nous, le potentiel,
06:07au-dessus de la moyenne historique.
06:09Donc ça va bien au reste de l'Europe.
06:12Si les économistes ont raison, cette année, 1,2% de croissance,
06:19c'est pas mal pour l'Europe, parce que c'est mieux que la moyenne de potentiel,
06:24qui est de 1%.
06:26Donc la question de l'investissement, c'est vrai qu'il n'est pas extrêmement rapide en Europe,
06:32mais il reste assez correct,
06:36à l'exception, effectivement, de la France et un degré moindre de l'Allemagne.
06:41Merci beaucoup, Michel Martinez, de nous avoir accompagné ce matin.
06:43Je rappelle que vous êtes chef économiste d'Europe chez Société Générale Cielbit.
06:47Merci d'avoir pris un petit peu de recul par rapport à toutes ces nouvelles à chaud.
06:50et c'est vrai que ça fait un petit peu du bien de sortir un petit peu du bruit
06:54et de ces nouvelles un petit peu anxiogènes.
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