00:00Good morning business, parole de patron.
00:03Et notre premier patron à venir sur notre plateau, c'est Pascal Demurgé.
00:07Bonjour, directeur général de la Maïf, co-président du mouvement Impact.
00:11Notre rendez-vous donc 8h35, vous avez la parole pour venir parler de vos défis,
00:18de vos difficultés, de ce qui va bien, de l'innovation, de ce que vous avez envie de défendre.
00:22Et vous Pascal Demurgé, on va être évidemment dans une séquence de rentrée,
00:25il y aura la REF en milieu de semaine, il y avait la rentrée du mouvement Impact en fin de semaine dernière.
00:31Vous voulez parler de cette croissance verte, de ces questions qu'on met désormais un peu derrière,
00:36puisqu'on parle beaucoup de droits de douane, qu'on parle beaucoup de marge,
00:40mais qu'on ne parle plus beaucoup de croissance verte.
00:43Oui absolument, et alors vous le disiez, c'est une semaine qui s'ouvre,
00:46qui est importante pour, j'allais dire, le patronat français.
00:50Il y a la REF du MEDEF mercredi-jeudi,
00:53et puis il y a les universités d'été d'Impact France,
00:55les universités d'été de l'économie de demain,
00:58vendredi à Paris, à la cité universitaire.
01:01On attend, comme tous les ans, quelques milliers de personnes,
01:053, 4, 5 milles, on verra, avec des invités prestigieux,
01:10beaucoup de politiques, de Gabriel Attal à Dominique de Villepin,
01:14en passant par Améline Monchalin, Xavier Bertrand.
01:19Ce sera vendredi, absolument.
01:20autour d'un thème qui est retour vers le futur.
01:27Pourquoi retour vers le futur ?
01:28Parce qu'on a le sentiment, et un petit peu plus qu'un sentiment,
01:31qu'on est aujourd'hui dans la gestion des affaires courantes,
01:35la gestion de l'extrême court terme,
01:37et que l'on est beaucoup moins dans la projection vers l'avenir,
01:42ce dont pourtant nos entreprises et l'économie en général
01:44ont cruellement besoin.
01:47Et donc on appelle au retour, finalement, de cette projection,
01:53évidemment sur des sujets comme la transition écologique,
01:56mais aussi, d'une manière générale, la diminution de nos dépendances,
02:00y compris la dette, qui est quand même un sujet considérable.
02:04Et donc on appelle, effectivement, à avoir ce regard un peu moins court-termiste
02:09qu'il n'est aujourd'hui.
02:11Vous appelez les politiques à s'intéresser à autre chose que la réforme des retraites,
02:15si je comprends bien.
02:16C'est-à-dire, regarder le futur, parler aux jeunes, c'est un peu ça.
02:21À s'intéresser à autre chose qu'à savoir si on va censurer,
02:25si on ne va pas censurer, à avoir à la fois un peu de stabilité.
02:29Il faut de la stabilité.
02:30Évidemment, il est absolument impératif qu'un budget,
02:34peu importe, enfin, peu importe, non bien sûr,
02:37mais que ce soit la proposition qui est faite ou qu'elle soit amendée.
02:42Et elle pourrait l'être à raison,
02:46mais en tout cas, qu'un budget soit adopté,
02:48qu'on ait un peu de visibilité.
02:50Et puis ensuite, qu'on reprenne des sujets de fond,
02:54y compris en termes de finances publiques.
02:55Il y a vraiment des réflexions à avoir sur le crédit impôt recherche.
03:01Est-ce qu'il ne faut pas verdir un peu le crédit impôt recherche ?
03:03Sur les aides publiques aux entreprises.
03:06Est-ce qu'il n'y a pas moyen de conditionner l'octroi de ces aides
03:11à un certain nombre d'engagements ?
03:13C'est là où votre parole est différente de celle du MEDEF.
03:15Elle est un petit peu différente,
03:16c'est-à-dire que de la même manière que le MEDEF,
03:19évidemment, on a le souci du bon fonctionnement de notre économie.
03:24En revanche, on rajoute par rapport au MEDEF
03:26cette vision de moyen-long terme
03:28et avec une orientation autour de la transition écologique
03:34et une orientation sociale un peu plus marquée, bien sûr, que le MEDEF.
03:38C'est marrant parce que les universités d'été du MEDEF,
03:42le thème, c'est « Je décisif ».
03:43Alors, ça se fait à Roland-Garros, donc il y a un double sens.
03:45Mais on voit bien que là, on est sur une question assez court-termie
03:49sur qu'est-ce qui se passe tout de suite maintenant.
03:50Et donc, vous, vous dites qu'on est prisonnier, en fait,
03:54de cette temporalité trop court-termiste.
03:57Complètement. On est prisonnier.
03:58L'avenir n'est pas simplement une succession de court-terme.
04:00L'avenir, ça se prépare aussi par des orientations très fortes.
04:04Il y a un exemple, alors évidemment, qui est caricatural,
04:06qui n'est pas à suivre en termes de gouvernance, si je puis dire.
04:10Mais il y a un exemple qui est extrêmement parlant.
04:12Quand on voit la manière dont la Chine est en train de progresser
04:16précisément sur la transition écologique,
04:18avec une conception de la transition qui est radicalement différente
04:21de celle de l'Europe et en particulier de la France,
04:23c'est-à-dire une transition qui n'est pas une contrainte réglementaire,
04:27mais qui est un engagement stratégique
04:29pour garantir une indépendance, notamment l'indépendance énergétique,
04:33pour garantir une influence, pour garantir un leadership
04:36dans les industries de demain, les industries d'avenir,
04:39et notamment les industries vertes.
04:42Il faut impérativement qu'on ait cette vision programmatique,
04:45stratégique de moyen long terme sur des sujets comme ça
04:48qui vont être demain complètement essentiels.
04:51Mais c'est difficile, notamment pour un chef d'entreprise,
04:53quand il voit par exemple qu'on réfléchit à lui faire payer
04:55les absences des salariés jusqu'au septième jour
04:58et qu'après ce soit l'assurance maladie qui prenne le relais,
05:01quand on voit qu'il attend des packs simplifications depuis deux ans,
05:04de lui dire qu'il faut planifier, voir loin.
05:07On est aussi contraints par ces difficultés budgétaires
05:11très court-termises pour le coup.
05:13Je suis complètement d'accord avec vous,
05:15mais il y a une forme de paradoxe aujourd'hui,
05:17c'est que finalement ce sont les dirigeants d'entreprises
05:19qui sont le plus dans la projection,
05:21parce que lorsqu'on investit, évidemment,
05:24il y a une dimension de projection,
05:25parce que naturellement on construit des plans stratégiques
05:29à cinq ans ou moins ou plus, peu importe.
05:33Donc nous sommes généralement dans cette projection.
05:35Là où l'État devrait être précisément dans une projection encore plus longue,
05:42c'est lui qui a aujourd'hui le mode de fonctionnement le plus court-termiste.
05:45Et quel est le message que vous avez aujourd'hui pour la classe politique ?
05:48François Bayrou va s'exprimer à 16h,
05:50il va faire une conférence de presse,
05:52on va avoir un débat budgétaire compliqué,
05:54c'est « soyez raisonnable », c'est un peu ça derrière.
05:57Alors, soyez raisonnable,
05:59soyez doublement raisonnable d'une certaine manière.
06:01C'est-à-dire, oui, et de ce point de vue-là,
06:04les propositions qu'il a formulées cet été vont dans ce sens-là,
06:10oui, il faut réduire un certain nombre de charges publiques,
06:14oui, la dette n'est plus soutenable,
06:16en train de devenir insoutenable.
06:18Quand on voit qu'on a des taux d'intérêt,
06:21que l'État emprunte à des taux d'intérêt supérieurs à ceux de la Grèce,
06:24ça dit des choses quand même.
06:25Et bientôt de l'Italie.
06:26Et bientôt de l'Italie.
06:29Et en même temps, soyez raisonnable sur...
06:32Il faut écouter la parole sociale, je vais dire,
06:37qui est en train de monter,
06:38le mouvement du 10 septembre, etc.
06:41Il y a de toute façon à écouter de cela
06:44et surtout à discuter.
06:46On ne peut pas être simplement dans la confrontation
06:49et on n'arrivera à rien et à aucune réforme
06:52s'il n'y a pas un minimum de consensus autour de ça.
06:56Merci beaucoup Pascal Dumurger d'être venu ce matin
06:58dans la matinale de l'économie pour cette émission de rentrée.
07:02On vous attend tous les jours.
07:03Parole de patron sur BFM Business,
07:06la libre antenne patronale.
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