Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 5 mois
Ce lundi 25 août, Pascal Demurger, directeur général de la MAIF, co-président du Mouvement Impact, est revenu sur la croissance verte et les questions qui sont maintenant mises de côté, dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:03Et notre premier patron à venir sur notre plateau, c'est Pascal Demurgé.
00:07Bonjour, directeur général de la Maïf, co-président du mouvement Impact.
00:11Notre rendez-vous donc 8h35, vous avez la parole pour venir parler de vos défis,
00:18de vos difficultés, de ce qui va bien, de l'innovation, de ce que vous avez envie de défendre.
00:22Et vous Pascal Demurgé, on va être évidemment dans une séquence de rentrée,
00:25il y aura la REF en milieu de semaine, il y avait la rentrée du mouvement Impact en fin de semaine dernière.
00:31Vous voulez parler de cette croissance verte, de ces questions qu'on met désormais un peu derrière,
00:36puisqu'on parle beaucoup de droits de douane, qu'on parle beaucoup de marge,
00:40mais qu'on ne parle plus beaucoup de croissance verte.
00:43Oui absolument, et alors vous le disiez, c'est une semaine qui s'ouvre,
00:46qui est importante pour, j'allais dire, le patronat français.
00:50Il y a la REF du MEDEF mercredi-jeudi,
00:53et puis il y a les universités d'été d'Impact France,
00:55les universités d'été de l'économie de demain,
00:58vendredi à Paris, à la cité universitaire.
01:01On attend, comme tous les ans, quelques milliers de personnes,
01:053, 4, 5 milles, on verra, avec des invités prestigieux,
01:10beaucoup de politiques, de Gabriel Attal à Dominique de Villepin,
01:14en passant par Améline Monchalin, Xavier Bertrand.
01:19Ce sera vendredi, absolument.
01:20autour d'un thème qui est retour vers le futur.
01:27Pourquoi retour vers le futur ?
01:28Parce qu'on a le sentiment, et un petit peu plus qu'un sentiment,
01:31qu'on est aujourd'hui dans la gestion des affaires courantes,
01:35la gestion de l'extrême court terme,
01:37et que l'on est beaucoup moins dans la projection vers l'avenir,
01:42ce dont pourtant nos entreprises et l'économie en général
01:44ont cruellement besoin.
01:47Et donc on appelle au retour, finalement, de cette projection,
01:53évidemment sur des sujets comme la transition écologique,
01:56mais aussi, d'une manière générale, la diminution de nos dépendances,
02:00y compris la dette, qui est quand même un sujet considérable.
02:04Et donc on appelle, effectivement, à avoir ce regard un peu moins court-termiste
02:09qu'il n'est aujourd'hui.
02:11Vous appelez les politiques à s'intéresser à autre chose que la réforme des retraites,
02:15si je comprends bien.
02:16C'est-à-dire, regarder le futur, parler aux jeunes, c'est un peu ça.
02:21À s'intéresser à autre chose qu'à savoir si on va censurer,
02:25si on ne va pas censurer, à avoir à la fois un peu de stabilité.
02:29Il faut de la stabilité.
02:30Évidemment, il est absolument impératif qu'un budget,
02:34peu importe, enfin, peu importe, non bien sûr,
02:37mais que ce soit la proposition qui est faite ou qu'elle soit amendée.
02:42Et elle pourrait l'être à raison,
02:46mais en tout cas, qu'un budget soit adopté,
02:48qu'on ait un peu de visibilité.
02:50Et puis ensuite, qu'on reprenne des sujets de fond,
02:54y compris en termes de finances publiques.
02:55Il y a vraiment des réflexions à avoir sur le crédit impôt recherche.
03:01Est-ce qu'il ne faut pas verdir un peu le crédit impôt recherche ?
03:03Sur les aides publiques aux entreprises.
03:06Est-ce qu'il n'y a pas moyen de conditionner l'octroi de ces aides
03:11à un certain nombre d'engagements ?
03:13C'est là où votre parole est différente de celle du MEDEF.
03:15Elle est un petit peu différente,
03:16c'est-à-dire que de la même manière que le MEDEF,
03:19évidemment, on a le souci du bon fonctionnement de notre économie.
03:24En revanche, on rajoute par rapport au MEDEF
03:26cette vision de moyen-long terme
03:28et avec une orientation autour de la transition écologique
03:34et une orientation sociale un peu plus marquée, bien sûr, que le MEDEF.
03:38C'est marrant parce que les universités d'été du MEDEF,
03:42le thème, c'est « Je décisif ».
03:43Alors, ça se fait à Roland-Garros, donc il y a un double sens.
03:45Mais on voit bien que là, on est sur une question assez court-termie
03:49sur qu'est-ce qui se passe tout de suite maintenant.
03:50Et donc, vous, vous dites qu'on est prisonnier, en fait,
03:54de cette temporalité trop court-termiste.
03:57Complètement. On est prisonnier.
03:58L'avenir n'est pas simplement une succession de court-terme.
04:00L'avenir, ça se prépare aussi par des orientations très fortes.
04:04Il y a un exemple, alors évidemment, qui est caricatural,
04:06qui n'est pas à suivre en termes de gouvernance, si je puis dire.
04:10Mais il y a un exemple qui est extrêmement parlant.
04:12Quand on voit la manière dont la Chine est en train de progresser
04:16précisément sur la transition écologique,
04:18avec une conception de la transition qui est radicalement différente
04:21de celle de l'Europe et en particulier de la France,
04:23c'est-à-dire une transition qui n'est pas une contrainte réglementaire,
04:27mais qui est un engagement stratégique
04:29pour garantir une indépendance, notamment l'indépendance énergétique,
04:33pour garantir une influence, pour garantir un leadership
04:36dans les industries de demain, les industries d'avenir,
04:39et notamment les industries vertes.
04:42Il faut impérativement qu'on ait cette vision programmatique,
04:45stratégique de moyen long terme sur des sujets comme ça
04:48qui vont être demain complètement essentiels.
04:51Mais c'est difficile, notamment pour un chef d'entreprise,
04:53quand il voit par exemple qu'on réfléchit à lui faire payer
04:55les absences des salariés jusqu'au septième jour
04:58et qu'après ce soit l'assurance maladie qui prenne le relais,
05:01quand on voit qu'il attend des packs simplifications depuis deux ans,
05:04de lui dire qu'il faut planifier, voir loin.
05:07On est aussi contraints par ces difficultés budgétaires
05:11très court-termises pour le coup.
05:13Je suis complètement d'accord avec vous,
05:15mais il y a une forme de paradoxe aujourd'hui,
05:17c'est que finalement ce sont les dirigeants d'entreprises
05:19qui sont le plus dans la projection,
05:21parce que lorsqu'on investit, évidemment,
05:24il y a une dimension de projection,
05:25parce que naturellement on construit des plans stratégiques
05:29à cinq ans ou moins ou plus, peu importe.
05:33Donc nous sommes généralement dans cette projection.
05:35Là où l'État devrait être précisément dans une projection encore plus longue,
05:42c'est lui qui a aujourd'hui le mode de fonctionnement le plus court-termiste.
05:45Et quel est le message que vous avez aujourd'hui pour la classe politique ?
05:48François Bayrou va s'exprimer à 16h,
05:50il va faire une conférence de presse,
05:52on va avoir un débat budgétaire compliqué,
05:54c'est « soyez raisonnable », c'est un peu ça derrière.
05:57Alors, soyez raisonnable,
05:59soyez doublement raisonnable d'une certaine manière.
06:01C'est-à-dire, oui, et de ce point de vue-là,
06:04les propositions qu'il a formulées cet été vont dans ce sens-là,
06:10oui, il faut réduire un certain nombre de charges publiques,
06:14oui, la dette n'est plus soutenable,
06:16en train de devenir insoutenable.
06:18Quand on voit qu'on a des taux d'intérêt,
06:21que l'État emprunte à des taux d'intérêt supérieurs à ceux de la Grèce,
06:24ça dit des choses quand même.
06:25Et bientôt de l'Italie.
06:26Et bientôt de l'Italie.
06:29Et en même temps, soyez raisonnable sur...
06:32Il faut écouter la parole sociale, je vais dire,
06:37qui est en train de monter,
06:38le mouvement du 10 septembre, etc.
06:41Il y a de toute façon à écouter de cela
06:44et surtout à discuter.
06:46On ne peut pas être simplement dans la confrontation
06:49et on n'arrivera à rien et à aucune réforme
06:52s'il n'y a pas un minimum de consensus autour de ça.
06:56Merci beaucoup Pascal Dumurger d'être venu ce matin
06:58dans la matinale de l'économie pour cette émission de rentrée.
07:02On vous attend tous les jours.
07:03Parole de patron sur BFM Business,
07:06la libre antenne patronale.
Commentaires

Recommandations