00:00Good morning business, parole de patron.
00:04Dominique Carlac est avec nous vice-présidente d'Abgy France qui représente également le MEDEF.
00:08Dominique Carlac, tout va bien.
00:10On a entendu des patrons sur ce plateau depuis des mois dire que la situation est compliquée.
00:150,9% de croissance poussée par l'investissement des entreprises.
00:19Quelle est votre analyse ?
00:20C'est vrai que la situation est meilleure, en tout cas elle est moins pire que celle que l'on pensait.
00:25Maintenant en fait, ça illustre une tendance assez longue.
00:28On est dans les derniers soubresauts de cette fameuse politique de l'offre
00:33qui a été très favorable au développement des entreprises depuis plusieurs années.
00:37Donc avec des investissements décidés en amont.
00:39Exactement, après si on fait un point de conjoncture sur l'état de tous les strates de l'économie,
00:47c'est vrai que dans les services ça va un peu mieux.
00:48Dans l'économie des services ça va un peu mieux.
00:51Dans l'industrie c'est quand même un peu la douche froide malgré tout.
00:54Mais surtout il y a quelque chose qui est en embuscade qui est les ménages.
00:57Les ménages, en fait l'indice de confiance des ménages n'a jamais été aussi bas.
01:01Et du coup l'indice d'épargne, taux d'épargne n'a jamais été aussi haut.
01:06Et ça c'est assez symptomatique depuis la dissolution en 2024, en juin 2024,
01:11ça fait quand même un an et demi, d'une espèce de polycrise généralisée
01:16qui fait que le comportement des agents économiques, qu'ils soient entreprises ou ménages,
01:21elle est à la frilosité en fait.
01:23Et donc du coup ça donne pas une grande dynamique de croissance malgré tout.
01:26Parce que, ok, on dit on est à 0,9, on prédisait 0,5,
01:30mais quand on est entrepreneur, quand on est patron, quand on est dirigeant,
01:34mais comment se réjouir d'un 0,5% de croissance ?
01:38C'est juste hallucinant.
01:38Non mais c'est pas quand même la récession, Patrick Martin avait parlé de récession quand même il y a deux ans.
01:42Il y a une récession, mais c'est difficile de se réjouir et de se dire,
01:46« Hourra, c'est la croissance tout azimut » parce qu'encore une fois les chiffres sont modestes.
01:52Enfin, on est en train de se réjouir.
01:53C'est vrai qu'on se réjouit que c'est pas complètement la crise et l'absolue crise
01:58et la descente aux enfers des entreprises.
02:01Mais encore une fois, on se réjouit de 0,5 à 0,9% de croissance.
02:06Pour un entrepreneur, c'est un petit peu choquant.
02:08Et qu'est-ce qui est en embuscade derrière tout ça ?
02:11C'est ok, la conjoncture est moins pire que ce qui était prévu.
02:14Mais structurellement, qu'est-ce qui est en train de se passer sur le fond ?
02:17En fait, l'emploi, c'est pas ce qui redémarre le plus.
02:20Parce que qu'est-ce que font les entreprises après les années un peu compliquées qu'on a eues ?
02:24Elles sont hyper vigilantes sur l'emploi.
02:26Elles sont hyper vigilantes sur l'emploi.
02:28Et en plus, on a une réforme de l'apprentissage
02:32qui est extrêmement défavorable à l'entrée sur le marché des jeunes.
02:36Et du coup, il y avait 5 000 emplois qui étaient prévus d'alternant
02:40au premier trimestre 26, au deuxième trimestre 26, qui n'auront pas lieu.
02:44Donc, ok, on se réjouit d'une petite croissance un peu moins pire que ce qui était prévu.
02:49Mais structurellement, on a quand même un vrai problème dans ce pays.
02:53Parce que quand vous êtes entrepreneur, quand vous êtes patron,
02:56quand vous êtes créateur d'entreprise,
02:58un matin, vous vous levez, vous avez une idée,
03:01vous voulez vendre,
03:02vous voulez faire des prestations,
03:04vous voulez faire des produits, vous voulez embaucher.
03:06Et aujourd'hui, on dit, réjouis-toi d'avoir 0,5 à 0,9 % de croissance.
03:10Ça, c'est un vrai crève-cœur
03:12de se dire, je ne vais pas me réjouir de ça.
03:14Même si on est quand même content que ça ne soit pas...
03:16Et ce qu'on voit aussi, Dominique, c'est quand même des entreprises
03:18qui vont chercher des relais de croissance à l'étranger.
03:20C'est-à-dire que toutes celles qui sont agiles,
03:22c'est celles qui sont internationalisées.
03:23Exactement.
03:24Le triptyque aujourd'hui d'une croissance d'entreprise,
03:27c'est quoi ?
03:28C'est de se dire, bon, le marché est à tonne dans mon pays.
03:31Si j'ai un peu les moyens,
03:33je vais miser sur l'investissement de mon internationalisation.
03:37Et donc, qu'est-ce que ça va être,
03:38l'internationalisation pour une entreprise ?
03:40C'est soit je vais racheter des entreprises
03:42qui vont m'amener tout de suite sur le marché américain,
03:45brésilien, chinois.
03:47Ou alors, je vais créer et créer de l'emploi
03:50pour créer de l'activité à l'international.
03:53au départ de France.
03:55Nous, par exemple, dans mon entreprise,
03:56on a créé un bureau au Canada.
03:58On a trois bureaux au Brésil.
03:59On a un bureau aux États-Unis.
04:01Pourquoi ?
04:01Parce que la croissance, elle est à deux chiffres là-bas.
04:04C'est pour ça que je vous dis, en fait,
04:06se contenter de 0,5, 0,9, très bien.
04:09Mais en fait, nous, notre croissance,
04:10elle est à deux chiffres en dehors de notre sol national.
04:14Et pourquoi tout ça, en fait ?
04:15Pourquoi tout ça ?
04:16On se rend compte que le budget, là, 2026,
04:19la dette, mais elle est colossale.
04:21Elle s'est alourdie de 180 milliards d'euros.
04:24Mais c'est abyssal, 180 milliards d'euros.
04:27Et qu'est-ce qui se cache derrière ça,
04:29en termes de conséquences ?
04:30C'est les taux d'intérêt qui, sur le long terme,
04:32je ne parle pas du court terme,
04:34mais sur le long terme,
04:35plus on alourdit le sac,
04:37plus ça coûte cher d'entreprendre.
04:39En fait, parce que plus les taux d'intérêt montent.
04:42Donc, du coup, on ne va pas gâcher Noël.
04:44On est tous contents d'être entrepreneurs,
04:47d'être dirigeants.
04:48On est tous contents de créer de l'emploi
04:49et puis de donner des perspectives à notre pays,
04:52malgré tout.
04:53Mais quand même, soyons mesurés dans le réjouissement
04:56par rapport à ce qui se passe dans le monde.
04:57Et on se reverra, Dominique Carlac,
04:58à partir du 5 janvier,
05:00pour de nouveaux débats budgétaires
05:02qui repartent donc à zéro,
05:04puisque là, ce matin, on en est à la loi spéciale
05:06qui doit être votée aujourd'hui.
05:07Je vous souhaite d'excellentes fêtes.
05:08Dominique Carlac, on se retrouve à la rentrée.
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