- il y a 3 mois
Lundi 20 octobre 2025, retrouvez Olivier Landel (Directeur général, AFL), Nathalie Appéré (maire, Rennes), Sascha Kettler (Directeur, site Michelin de Blanzy) et Philippe Rouballay (président, CCI Saône-et-Loire) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Ce programme vous est présenté par la communauté urbaine du Creusot-Monceau, le territoire de tous les possibles.
00:16Bonjour, bonjour à toutes et à tous. Smart Impact vous accueille ici au Journée nationale France Urbaine,
00:23l'association qui regroupe les grandes villes, les métropoles, les communautés, les agglomérations urbaines.
00:28C'est la huitième édition qui se tient ici au Creusot, le Creusot-Monceau et un événement dont Bismarck for Change est partenaire.
00:37J'ai beaucoup d'invités que je vais vous présenter dans une minute. La thématique de notre première partie d'émission porte sur les grands plans.
00:44La loi de programmation pluriannuelle de l'énergie qui se fait attendre, les ambitions bas carbone ou le plan national d'adaptation au changement climatique.
00:51Des objectifs ambitieux, mais pour quels financements ? Combien les collectivités vont-elles devoir investir ?
00:59Quelles sont les conséquences de l'inertie, l'incertitude, le chaos ? Je ne sais plus quel terme inventer qui marque notre vie politique depuis plus d'un an.
01:06Voilà tous les thèmes dont on parle dans cette première partie de Smart Impact.
01:09L'adaptation climatique et les financements pour les collectivités. Voilà le grand thème de cette première partie de Smart Impact avec Nathalia Perret.
01:26Bonjour.
01:27Bonjour.
01:27Bienvenue. Vous êtes maire de Rennes et présidente de la communauté Rennes Métropole.
01:33Bienvenue et merci d'avoir accepté notre invitation.
01:36Olivier Landel, bonjour.
01:37Bonjour.
01:38Vous êtes le directeur général d'Agence France Locale qui est la banque des collectivités.
01:42Puis alors vous connaissez bien cet événement parce que je crois que vous avez participé à la création de France Urbaine.
01:47J'accueille également Philippe Roubalet. Bonjour.
01:49Bonjour.
01:50Bienvenue à vous. Vous êtes le président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Saône-et-Loire.
01:54On est chez vous dans votre département.
01:56Et Sacha Kettler, bonjour et bienvenue.
01:58Heureux de vous accueillir. Vous êtes le directeur du site Michelin à Blanzy.
02:03Blanzy, ce n'est pas trop loin d'ici, ça va ?
02:04Ce n'est pas très loin.
02:04Bon, la route n'a pas été trop longue.
02:06Pas du tout.
02:07Merci d'avoir accepté notre invitation.
02:09Peut-être un mot de cet événement.
02:11France Urbaine, qu'est-ce que ça représente pour vous, pour la région d'une manière générale ?
02:16Alors France Urbaine, c'est pour l'ensemble des territoires urbains, grandes villes et métropoles.
02:22Une occasion de réflexion commune, de partage, mais aussi de messages que nous avons à adresser singulièrement au niveau de l'État et au gouvernement,
02:36puisque désormais il y a un gouvernement, c'est le sens de notre association.
02:42Et ces journées sont véritablement un moment fort, avec à la fois les rencontres de l'ensemble des élus,
02:52mais aussi des équipes et des partenaires qui font au quotidien les territoires urbains.
02:59Et dans ce contexte particulier, au moment où se prépare par ailleurs une loi de finances et un budget à l'échelle de l'État,
03:10c'est l'occasion de dire ce que sont les préoccupations, les attentes des territoires urbains.
03:14Olivier Landel, pourquoi il a été créé ? Pourquoi France Urbaine a été créée ?
03:19Et puis, depuis quand ? Est-ce qu'on y parle finalement environnement, transition environnementale, transformation environnementale, depuis le début ?
03:26On y parle depuis le début, mais avant le début, puisque France Urbaine est issue de la fusion de deux associations qui préexistaient.
03:32L'Association des Communautés Urbaines de France, je la cite parce que nous sommes dans un territoire, dans une communauté urbaine,
03:38qui depuis 30 ans, 40 ans maintenant, est communauté urbaine.
03:43Donc, c'est des historiques ici, et ils faisaient partie de cette association dont j'ai pris la direction en 2002, en des comptes.
03:49Et il y avait l'Association des Maires des Grandes Villes de France,
03:51ceux qui n'avaient pas encore ce statut de communauté urbaine qui regroupe des compétences de plusieurs communes dans un même bassin, en fait.
03:59On a fusionné ça en 2016.
04:01Je me rappelle déjà avoir produit un document en 2006,
04:06les communautés urbaines engagées pour un développement durable, et on n'était pas les pionniers.
04:10C'est-à-dire que la question de l'environnement, de l'économie liée à l'environnement, du social lié à l'environnement, etc.,
04:19est déjà très présente dans les collectivités locales.
04:22Et évidemment, ça fait partie des fondamentaux de France Urbaine.
04:25Philippe Roubalet, qu'est-ce que vous attendez des pouvoirs publics dans un cadre comme celui-là ?
04:30Parce que des entreprises qui s'engagent, moi, j'en reçois tous les jours dans mon émission,
04:34qui ont pris un cap, qui sont même pour certaines en train de faire muter petit à petit leur modèle économique.
04:41Est-ce que vous, vous êtes parfois, et certaines des entreprises de la région,
04:48handicapées par l'absence de cap politique clair ?
04:51Ou est-ce que finalement, vous dites, mais on n'attend plus, on avance ?
04:54Alors, c'est clair que l'absence de visibilité, ça pénalise quand même beaucoup les entreprises.
04:59Le secteur économique, dans sa globalité, est perturbé par ça.
05:04Les perturbations ne sont pas synonymes de défection ou de désengouement du monde économique
05:12par rapport aux problématiques actuelles.
05:14Mais c'est une inquiétude, ça c'est vrai, un premier point.
05:17La deuxième chose, c'est qu'au niveau des pouvoirs publics, il y a le problème des finances.
05:22C'est sûr que quand on parle d'environnement, on s'attend à avoir des nombres de zéros
05:27qui s'accumulent derrière un chiffre, donc ça, ça fait peur.
05:30Et dans le cadre des chambres de commerce, notre mission, c'est d'arriver à lever un certain nombre de choses,
05:37servir de terreau pour des nouvelles activités, déclencher des nouveaux mécanismes,
05:41revenir aussi sur, on ne parle pas d'innovation, mais revenir sur des choses qu'on faisait avant.
05:47Je vais parler, je vais citer les problèmes d'eau.
05:49On a découvert des tas de choses au Moyen-Âge, par exemple, qu'on refait maintenant.
05:53Donc il ne s'agit pas d'inventer, de réinventer le filet de la coupe et le beurre,
05:57mais revenir sur des choses qui sont des solutions d'antan.
06:01Là-dessus, il y a des tas de métiers à réinventer ou à créer.
06:04Bien sûr, on n'a pas les mêmes capacités scientifiques ou techniques qu'au Moyen-Âge à l'époque.
06:09Par contre, il y a cet écosystème à créer.
06:12Dans cet écosystème, il y a des tas de nouveaux métiers qui se créent.
06:15Il y a besoin des territoires.
06:17L'imbrication de l'entreprise dans son territoire est extrêmement importante.
06:24On ne peut pas voir un développement d'une entreprise sans son territoire.
06:28Et le territoire a besoin des entreprises.
06:30Donc aujourd'hui, on découvre maintenant, par la force des choses,
06:33qu'on a besoin d'être dans le même bateau.
06:36On a besoin de ramer dans le bon sens.
06:37Donc on trouve des similitudes, des convergences de projets, d'objectifs.
06:43Ça, ça a du sens.
06:44Et le dernier point, c'est que par rapport au niveau financier,
06:47ce n'est pas parce qu'on parle d'environnement que ça coûte très très cher.
06:50Il y a des pays qui sont avec des PIB très très faibles,
06:53qui sont à la pointe de l'environnement.
06:55Donc il y a des choses qu'on peut faire.
06:57Ce n'est pas forcément synonyme de coût exorbitant.
07:00Sacha Kettler, est-ce que vous attendez des financements publics
07:04pour faire évoluer un site comme le vôtre ?
07:08La réponse est un peu dans la question.
07:09J'imagine que non.
07:10Et peut-être on peut s'appuyer sur l'exemple du site Michelin que vous dirigez.
07:14À quel point vous l'avez fait évoluer pour réduire sa consommation,
07:19on va dire consommation d'électricité, consommation d'énergie,
07:22consommation d'eau, etc.
07:23Merci déjà pour l'invitation et merci pour la question.
07:27Je pense d'abord que c'est une question aussi optimiste.
07:30Pourquoi ? Parce que je pense qu'on a des équipes sur nos entreprises
07:34qui sont très très engagées et qui voient aussi
07:37ce qui se passe autour d'eux pendant la vie quotidienne.
07:41Et c'est pour ça que je ne dirais pas qu'il faut trop attendre.
07:43Mais la bonne nouvelle, c'est plutôt qu'on n'a même pas nécessité d'attendre
07:47parce que tous les projets qu'on a pu réaliser les dernières 5 ans sur le site,
07:50sur l'eau, sur le net 0 CO2,
07:53sur la biodiversité, on l'a fait en bonne collaboration
07:56avec aussi les services publics.
07:58Et je pense qu'on se pose beaucoup la question
08:01est-ce qu'on peut avancer ensemble ?
08:02Je pense qu'on a tellement de bons exemples
08:04où on a déjà avancé bien.
08:07Par exemple, si vous voulez, je vous cite deux, trois.
08:10Pour l'eau, avec l'agence de l'eau à la Bretagne
08:13qui est vraiment, vraiment très engagée
08:15où on a réussi de lancer un projet qui s'appelle Hydraloop
08:19qui a mis un site qui consomme énormément de l'eau.
08:23L'idée, c'est d'être en circuit fermé, c'est ça ?
08:25Circuit fermé où on a démontré en peu de temps
08:28et on a ouvert en juin 2025
08:30de réduire nos consommations d'eau de 80%.
08:33Mais ça, si vous le faites tout seul, ça ne marche pas ?
08:36Vous avez besoin de l'agence ?
08:37Je pense qu'un projet comme ça a deux avantages.
08:40Première chose, si on fait ensemble,
08:42on donne aussi le bon exemple pour ceux
08:44qui ne peuvent pas peut-être avancer
08:47dans la même vitesse que nous.
08:49Et à la fin, c'est quand même aussi un sujet
08:51qui touche automatiquement les sujets de nature.
08:53il ne reste pas sur un périmètre d'entreprise.
08:55Les sujets qui touchent la nature,
08:57le CO2, l'eau, la biodiversité,
08:59ils ne s'arrêtent pas à une entreprise.
09:02Et même à l'extérieur d'une entreprise,
09:04vous savez, la flore et la faune,
09:06elles rentrent dans vos sites.
09:07Est-ce que vous voulez ou est-ce que vous ne voulez pas ?
09:09C'est pour ça, je pense,
09:10ça reste un sujet qui est absolument collectif.
09:15Et je pense qu'on a des bons exemples
09:16qui ont déjà fonctionné.
09:18On en prendra d'autres.
09:20Évidemment, Nathalie Apéry,
09:21quand j'ai préparé l'émission,
09:23je me suis dit, on va parler du plan national
09:24d'adaptation au changement climatique.
09:26Mais est-ce que vous en voyez la couleur de ce...
09:29Parce que c'est le numéro 3, je crois.
09:31Le PNAC 3.
09:32Il existe effectivement un plan d'adaptation.
09:36Comme il existe une stratégie nationale bas carbone,
09:40on a besoin de fait ces grands textes
09:44qui permettent de se donner des objectifs
09:47et qui listent un certain nombre d'outils pour y arriver.
09:51Simplement, ce qu'il manque véritablement
09:53à l'échelle nationale, c'est une démarche de planification
09:55avec en face des moyens.
09:57Parce que si on veut atteindre les objectifs,
09:58il faut des moyens.
09:59C'est vrai que tout ne coûte pas.
10:01Et il y a un certain nombre d'évolutions
10:04qui sont possibles en dehors d'investissements singuliers.
10:08Vous avez raison de le signifier.
10:10Néanmoins, si on veut véritablement être au rendez-vous
10:14des accords de Paris,
10:16je ne crois plus que ce soit désormais possible.
10:18Mais en tout cas, d'un réchauffement compatible
10:21avec une activité humaine,
10:24eh bien, on a malgré tout un mur d'investissement devant nous.
10:28On avait ce rapport Pizani-Ferry-Maflouz, par exemple,
10:32qui évalue à 66 milliards par an
10:35la nécessité d'investir entre...
10:38C'était entre 2023 à l'époque et 2030
10:41pour être au rendez-vous de l'adaptation
10:45comme de la diminution des émissions de carbone.
10:50Et c'est quoi ces investissements ?
10:53C'est précisément des investissements
10:54dont nous, collectivités,
10:56et particulièrement les grandes villes,
10:58sommes en situation de faire.
11:00C'est les infrastructures, c'est ça, réseaux de transport.
11:03C'est les infras.
11:04C'est les réseaux de transport,
11:05c'est le mode de production de l'énergie,
11:07c'est les réseaux de chaleur,
11:10c'est la désimperméabilisation,
11:12la végétalisation,
11:14c'est la rénovation thermique des bâtiments,
11:18c'est la décarbonation des modes de production,
11:20un ensemble de choses qu'on sait faire, en fait.
11:22C'est vrai qu'il n'y a plus rien à inventer.
11:24On n'est pas dépourvu ni d'idées,
11:27ni de solutions, ni de leviers.
11:29On sait ce qu'il faut faire.
11:30Maintenant, il y a ces investissements à financer,
11:34dans un moment où, en ce qui nous concerne,
11:37là où nous représentons près de 70% de cet investissement public,
11:42nos moyens sont en diminution,
11:46mais surtout, nous sommes,
11:47et c'est un des messages qu'on adresse,
11:49nous sommes des nains fiscaux.
11:50C'est-à-dire qu'on est dans le moment
11:52où il faudrait pouvoir investir massivement,
11:55sinon on ne rattrapera pas ce temps-là.
11:57Et chaque tonne de CO2 qui est émise ne se rattrape pas.
12:02Elle continuera à être émise.
12:04Et pour pouvoir faire ça, il faut le financer.
12:07Il faut, de fait, les ressources qui le permettent,
12:11des ressources qui, en plus, soient correctement réparties,
12:13parce que justice sociale et transition écologique vont de pair.
12:17Si c'est toujours au même de payer la transition écologique,
12:20alors on voit bien que ça ne marche pas.
12:23Et donc, ça pose la question fiscale,
12:25là où, précisément, nous n'avons pas les leviers fiscaux,
12:27et nous avons aujourd'hui un niveau d'autonomie financière
12:31qui est extrêmement réduit.
12:33Il y a quand même la question du signal
12:35qui est envoyé par l'État, Olivier Landel.
12:38Alors là, on est au début de l'examen d'un budget
12:41que beaucoup, notamment des associations de défense
12:44de l'environnement, présentent comme très peu ambitieux
12:47en matière écologique et environnementale,
12:50une sorte de retour en arrière.
12:52Est-ce que ce message, on va voir ce que nous donnera le budget
12:57dans quelques semaines ou quelques mois,
12:59mais est-ce que ce message, il diffuse, il infuse en quelque sorte
13:04au niveau local ? Ou pas, d'ailleurs ?
13:06Moi, j'ai peut-être une vision un peu plus optimiste que ça
13:08pour observer depuis des décennies les collectivités locales.
13:12J'ai l'impression que ce retour en arrière pour le tir en français
13:15qu'on commande beaucoup,
13:19moi, je ne le vois pas au niveau des territoires.
13:24Je vois toujours la volonté d'avancer,
13:27évidemment s'inquiétant des moyens permettant de le faire,
13:30et ces moyens, on va voir le budget,
13:32aujourd'hui, ils sont très sévèrement, potentiellement réduits.
13:35Mais la volonté de faire et de trouver des solutions
13:37pour faire mieux, elle continue d'être là.
13:40Je donne un exemple, mais Nathalie Appareil pourra sans doute
13:44mieux le développer que moi.
13:46De plus en plus de choses, aujourd'hui, se font entre collectivités
13:49dans le cadre d'alliances des territoires.
13:50C'est-à-dire qu'on trouve des partenariats entre collectivités
13:54pour ne pas faire chacun de son côté et faire ensemble.
13:58Ça a été évoqué avec les entreprises, c'est pareil.
14:00Donc, de plus en plus, finalement, plutôt que de réfléchir chacun de son côté
14:03au niveau des territoires, on arrive à trouver des solutions
14:05plus économiques au niveau des territoires.
14:08Et ça, on le peut moins bien, ça peut peut-être paraître paradoxal,
14:15moins bien sans doute lorsque l'État central continue de s'en mêler.
14:21Il ferait mieux de nous laisser faire, de nous faire confiance.
14:25On fera des bêtises.
14:26Mais globalement, on fera sans doute plus de choses efficaces.
14:30Et si on avait effectivement un retour à une autonomie fiscale en plus,
14:35là, je pense qu'on accélérerait vraiment les choses.
14:37Est-ce que vous avez le sentiment, Philippe Roubalet,
14:41qu'on est à une sorte de moment charnière ?
14:44C'est-à-dire que les premières, puisqu'on parle de planification,
14:48on essaye de se projeter un peu dans le temps,
14:50les premières économies, entre guillemets, faciles,
14:54ont été faites par les entreprises.
14:55On change l'éclairage, on passe au LED.
14:57Ça, il y a un retour sur investissement rapide.
15:00Ensuite, il y a la question de l'image de l'entreprise
15:03et du fait d'afficher cette ambition environnementale.
15:07C'est plus facile pour recruter, pour garder des salariés.
15:10Puis là, on arrive un peu dans le dur des investissements
15:12qui ne rapportent pas tout de suite, mais qu'il faut faire.
15:14Est-ce que vous avez le sentiment qu'on est à ce moment critique ?
15:17Je pense que c'est un moment qui glisse, en fait,
15:19suivant les thèmes et suivant les enjeux actuels.
15:23Je dirais qu'il y a deux façons de voir les choses.
15:28Soit on a quelque chose qui est...
15:29On fait une transition lente, on va dire.
15:32On va, entre guillemets, habiller la mariée.
15:34Donc, on va changer les LED, les ampoules à incandescence par des LED.
15:38Donc là, c'est vrai que ça donne un effet qui est immédiat
15:40et c'est très rapide.
15:42Les investissements sont légers.
15:43La deuxième chose, c'est de changer.
15:46On change de mariée, si on peut dire.
15:49Et donc là, on revoit un peu le concept.
15:51Donc, on rebat les cartes.
15:53On nettoie la table.
15:54Et là, on regarde un peu quels sont les objectifs qu'on veut atteindre.
15:58Ça peut aller jusqu'au modèle économique d'une entreprise.
16:00Alors, complètement.
16:00Donc là, on est sur des notions de modèle économique.
16:03On est sur des notions...
16:04On parle d'environnement.
16:05On parle, en général, de façon assez proche de la RSE.
16:08De tout ce qui va être liaison avec les entreprises, les façons de faire, les comportements.
16:14Et là, on a quelque chose qui est beaucoup plus profond.
16:17Parce que là, on va changer.
16:18Il va falloir faire évoluer les mentalités.
16:21Donc là, il va falloir impulser les choses.
16:23Et là, on travaille vraiment sur du fond.
16:24Je reviens un peu sur la notion de lien avec les territoires et les entreprises.
16:27À un moment donné, c'est tout le monde qui doit se mettre ensemble pour arriver à faire en sorte que ça marche.
16:31Vous avez un exemple, peut-être, d'entreprise du département qui, justement, soit l'a déjà fait, soit est en train de faire vraiment évoluer son modèle économique avec cette ambition ou cette volonté environnementale ?
16:47Oui. Alors, par exemple, moi, je vais citer des gens que je connais par le biais de mon entreprise.
16:52Une entreprise qui cherche à récupérer l'eau de pluie et qui, à un moment donné, s'aperçoit que ce n'est pas suffisant.
16:57Et on s'aperçoit que simplement en changeant, on ne change pas les usages, on change la façon de s'approprier les usages.
17:06Donc là, on intervient sur la pédagogie et sur des habitudes des gens.
17:11On s'aperçoit qu'on arrive à diviser par deux la consommation d'eau.
17:15Je vais prendre un exemple qui est tout simple.
17:17Quand on se lave les dents le matin, on va utiliser une certaine quantité d'eau sans jugement aucun.
17:22On s'aperçoit, si on fait des efforts, on divise par deux cette quantité d'eau.
17:26Et on s'aperçoit que ça ne change rien.
17:28Et puis, si on refait des efforts, on se dit, je vais encore diviser par deux.
17:31Et on s'aperçoit que ça ne change toujours rien.
17:33Et ça, on peut le faire peut-être cinq, six fois.
17:35On s'est toujours bien lavé les dents.
17:36On s'est toujours bien lavé les dents.
17:38Le but est toujours atteint.
17:39Sauf qu'on a divisé trois ou quatre fois par deux la quantité d'eau consommée.
17:43Donc là, c'est bien un signe que ce n'est pas la quantité d'eau qui est importante.
17:47C'est la façon d'utiliser, c'est la façon de l'usage.
17:50Et donc là, c'est beaucoup plus compliqué parce qu'il y a des gens qui ont l'habitude de laisser le robinet ouvert quand ils se lavent les dents.
17:55Et puis, il y en a d'autres qui sont hyper économes et qui ont simplement un demi-verre d'eau.
18:00Voilà.
18:00Donc ça, c'est un changement de mentalité.
18:02Vous en êtes où, Sacha Kettler ?
18:04Alors, chez Michelin en général, mais on va prendre l'exemple du site que vous dirigez, de ce que je disais tout à l'heure.
18:10C'est-à-dire, à quelle phase d'effort vous en êtes aujourd'hui ?
18:14Je pense qu'on est très bien avancé.
18:15Mais pourquoi ?
18:16Parce qu'on s'est rendu compte il y a quelques années qu'on est sur un pays qui est quand même un pays high cost.
18:22Maintenant, qu'est-ce que vous faites ?
18:24Est-ce que vous pensez que dans 5 ans, dans 10 ans, quand vous faites votre stratégie, vous êtes compétitif au simple billet de coût ?
18:32Et la réponse qu'on se donnait, à bonne ou mauvaise raison, c'était seulement les coûts ne vont pas suffire pour concourir avec un cadre européen.
18:41Est-ce que c'est la France, l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, les pays nordiques ?
18:46Est-ce qu'on peut conclure à ça ?
18:47Non. Aujourd'hui, les sujets environnementaux sont clairement les sujets qui ont un investissement dans l'avenir d'un site industriel.
18:58On a 40 hectares à peu près, 20 hectares bâtis, 1200 salariés, et qui nous protègent à un parti de toujours rester avec un pied sur la compétitivité.
19:08La chose qui est vraiment assurée en Europe, c'est de donner le cadre, de donner le cadre avec un peu de liberté, comme on a dit.
19:17Il y a le freedom in the box, ça c'est important.
19:19Le gouvernement, le législateur est là pour donner le cadre, mais aussi pour faire respecter les cadres par tous les acteurs.
19:25Pas que les acteurs locaux, mais aussi pour les acteurs qui ont tendance peut-être de jouer aussi sur notre terrain.
19:31Enfin, je prends les Chinois, si vous voulez, mais bien évidemment, aujourd'hui, si vous avez une entreprise en France qui travaille sur son respect d'environnement, sur l'eau, sur le CO2, sur la biodiversité,
19:44bien évidemment, pour les produits qui sont concurrentiels sur le même marché, on doit avoir un cadre qui assure aussi que les autres produits qui existent sur le marché sont dans la même mesure regardés et aussi challengés.
19:57Donc, on en revient à l'idée d'une taxe carbone européenne, en fait, ou en tout cas d'un effet miroir, d'une réciprocité qui nous permette, si on importe des produits, que ces produits respectent à minima les règles que nous, on s'impose.
20:12Bien évidemment, je pense qu'on a un marché qui est extrêmement fort au niveau international et je pense à l'heure où on se parle, on peut se permettre aussi d'être un peu plus fort dans notre position et ne pas avoir juste peur de tout ce qui vient de l'extérieur.
20:25Maintenant, j'ai deux côtés dans mon cœur. Je suis allemand, maintenant, je suis depuis un certain moment en France.
20:34C'est deux approches différemment de l'économie. Les Allemands, on a battu notre économie pour être ouvert, pour faire du business avec tout le monde et pour être présent sur tous les continents.
20:44Maintenant, la France, bien évidemment, a la tendance de protéger beaucoup plus le marché européen.
20:49Je pense qu'à l'heure actuelle, la vérité, elle est entre les deux, mais il y a plutôt du optimisme de prendre l'environnemental vraiment comme un axe de progrès et de compétitivité pour l'avenir.
21:02Parce que c'est incontestablement. Aujourd'hui, on est dans un passage et ce n'est pas une raison pour attendre où on doit investir sur les projets environnementaux,
21:11mais probablement, le client va le valoriser dans cinq ans. Maintenant, il faut passer sûrement quelques années où le payback n'est pas aussi évident que pour un projet de productivité classique comme on le connaît.
21:25Nathalie Appéret, il y a un autre. Moi, j'essaye de lister comme ça les ambitions nationales et leur réalité.
21:37Il y a par exemple la loi sur la programmation pluriannuelle de l'énergie qu'on attend depuis la nouvelle, qu'on attend depuis, je ne sais pas, deux ans, quelque chose comme ça,
21:44avec un certain nombre de secteurs qui avancent, évidemment. Est-ce que vous, à la dimension d'une ville ou d'une communauté comme Rennes,
21:55vous en sentez les conséquences de cette inertie ?
21:59De la loi elle-même, non, puisqu'elle ne vient pas.
22:02Sur des projets que vous engagez et sur lesquels vous dites, est-ce qu'on y va, est-ce qu'on n'y va pas ?
22:07Est-ce que les industriels nous suivent ? Est-ce qu'ils ne nous suivent pas ? Puisqu'ils attendent un cap national.
22:12De fait, avec des projets qui continuent à avancer, qui continuent à avancer pour les collectivités, pour les entreprises, pour les citoyens aussi,
22:19y compris sur l'énergie, qui prennent en main ces évolutions.
22:25C'est quoi ? C'est des investissements sur les réseaux de chaleur ?
22:29C'est la manière dont on va favoriser des productions d'énergie renouvelable davantage sur le territoire ?
22:37Et quand je dis des citoyens, les boucles d'autoconsommation collective, par exemple,
22:41c'est vraiment des choses qui explosent, au bon sens du terme, et vraiment des évolutions qui se font.
22:49Et pour autant, je ne voudrais pas laisser penser que le retrait, l'inertie de l'État,
22:55voire une forme d'obstructionnisme de la transition dans certaines politiques publiques, est sans effet.
23:02C'est-à-dire que concrètement, les diminutions d'un certain nombre de fonds ou de subventions de l'État sur des projets,
23:09oui, ça a des conséquences. Quand l'ADEME fait des coupes sombres dans le fonds chaleur,
23:16eh bien, ça a des conséquences sur l'investissement.
23:18C'est-à-dire que vous, vous avez des projets en cours et dont le financement est...
23:23Et donc, il faut revoir le modèle économique, dont le financement n'est pas assuré.
23:27Parfois, la question du go-no-go se pose véritablement.
23:31Lorsque le fonds vert, qui était l'outil qu'on nous avait vendu à nos collectivités,
23:37comme étant l'alpha et l'oméga du financement de la transition écologique,
23:40et de fait, il a fondu comme neige au soleil,
23:43quand finalement, au moment de décider d'appuyer sur le bouton sur un projet,
23:48on se rend compte que le taux de subvention, il n'est pas de 30% comme attendu,
23:53mais il devient 5%, eh bien, oui, on est obligé de se poser ces questions.
23:59Lorsque, sur la rénovation thermique des bâtiments,
24:02alors que nous revendiquons depuis très longtemps, à l'échelle de France urbaine,
24:06le fait que c'est vraiment au niveau de nos territoires
24:09qu'on pourrait mettre en place des politiques efficaces de rénovation
24:14de l'habitat social comme de l'habitat privé,
24:16et bien, quand ma prime rénove, les règles changent tous les 3 mois,
24:21de fait, c'est autant de décisions qui ne sont pas prises.
24:24Donc, oui, ça avance, et oui, on fait 100, aujourd'hui,
24:28sans ambition aucune de la part de l'État central en matière de transition écologique,
24:33mais on pourrait faire beaucoup plus vite si on faisait avec.
24:37Allez, il nous reste un peu moins de 3 minutes.
24:38Je voudrais qu'on termine sur une note la plus positive possible,
24:41et que chacun d'entre vous nous donniez un bon exemple d'évolution,
24:48soit une entreprise qui a réussi à faire évoluer son modèle,
24:53des bonnes pratiques à partager.
24:54Je commence avec vous.
24:56Il se trouve qu'on documente ça en ce moment même
24:59avec une étude qui est pilotée avec des élèves administrateurs de l'INET,
25:05vous savez, ceux qui forment les futurs cadres dirigeants des collectivités locales.
25:08On fait ça chaque année.
25:10Cette année, le thème, c'est « Financer la transition écologique par l'alliance des territoires ».
25:15C'est-à-dire, comment est-ce qu'on trouve, ce que j'expliquais un petit peu tout à l'heure,
25:19donc cette étude-là est en cours, je ne vais pas vous citer d'exemple,
25:22mais tout sera documenté dans les prochaines semaines.
25:26Bon, donc inventer une fiscalité à la dimension des territoires.
25:29Oui, et puis des coopérations territoriales pour être plus efficaces.
25:33Allez, Sacha Kettler, un bon exemple.
25:35Garder l'optimisme sur le travail ensemble avec le public et le privé
25:40parce qu'ensemble, on peut aller encore beaucoup plus loin
25:44et on a déjà démontré, et je pense, les exemples sur le CO2, sur l'eau.
25:49Avançons-nous sur ces sujets-là et je pense qu'il ne faut pas avoir peur
25:52de toujours rester dans les stéréotypes.
25:53Donnez-nous un exemple sur votre site.
25:56Très bien, l'exemple très clair, c'est aujourd'hui le projet avec l'eau.
25:59Réduction de consommation de l'eau de 80%, ça représente à peu près 1000 foyers
26:04sur le territoire qui peut utiliser l'eau qu'on a consommée avant avec 4 personnes.
26:09Deuxième sujet, avec l'ADEME, on a réussi de lancer un projet ensemble
26:13pour créer un site net zéro CO2 et en France.
26:17Bon, ben voilà, du positif.
26:19Philippe Roubalet, un exemple ?
26:21Alors, un exemple, l'exemple, c'est qu'on est sur la communauté urbaine de Creusot-Bonceau
26:25et c'est un bon exemple.
26:27On est sur une mixité entre les entreprises.
26:30On a à la fois de la PME, de la TPE et aussi des très grosses entreprises qui sont là.
26:35On va citer Framatome, Michelin et compagnie.
26:38Donc là, on voit qu'assied autour de la table, on a quelqu'un, un représentant de Michelin,
26:44un énorme groupe et moi, je dirige une PME locale de 18 personnes.
26:48Et voilà, on arrive à travailler ensemble, on arrive à discuter ensemble,
26:53on arrive à voir qu'on a des objectifs communs
26:55et quand on est sur la table avec les gens de la collectivité, on y arrive.
26:59Et à titre personnel, depuis, on a mis en place une installation
27:02pour récupérer le dos de pluie sur la communauté urbaine,
27:04nettoyer les camions poubelles depuis 2017
27:08et c'est tous les jours à peu près 8 mètres cubes d'eau qui est économisé.
27:13Voilà, c'est ça un exemple.
27:14Bonne nouvelle, la France progresse dans la rioutte, comme on dit,
27:16la réutilisation des eaux grises alors qu'on était très, très en retard.
27:20Je vous donne la parole pour conclure.
27:22Le prochain bel investissement de Rennes ou de Rennes Métropole ?
27:27Alors, il y en a beaucoup, mais peut-être un exemple issu aussi du champ économique.
27:31Je pense par exemple à l'évolution d'une zone économique chez nous
27:36qui accueille Stellantis et qui était le lieu de la production industrielle automobile
27:44par excellence à l'échelle du territoire rennais, voire de l'ensemble de la Bretagne.
27:49Tout un travail avec l'ensemble des acteurs économiques
27:51pour faire de cette zone industrielle, au sens ancien du terme,
27:58un lieu de la production décarbonée autour des mobilités durables
28:04comme autour de la construction durable.
28:08Et de fait, c'est de la compacité, c'est-à-dire une zone où les entreprises font ce travail
28:15de s'implanter avec moins de fonciers, mais aussi en utilisant moins de ressources,
28:20moins d'eau, des productions d'énergie collective.
28:23Et on vient diminuer l'impact carbone de la production industrielle avec davantage d'emplois.
28:29Voilà, c'est la fin de ce Smart Impact depuis les huitièmes journées nationales France urbaine.
28:34Merci de votre fidélité à BeSmart for Change. A très vite.
28:37Ce programme vous a été présenté par la communauté urbaine du Creusot-Monceau,
28:42le territoire de tous les possibles.
Écris le tout premier commentaire