00:00Mes chers collègues, notre nation est endeuillée à chaque fois qu'un serviteur de l'État perd la vie dans l'exercice de ses fonctions.
00:10Hier soir, deux sapeurs-pompiers de 22 et de 23 ans sont décédés en portant secours à leurs concitoyens à Lens.
00:19Ce matin, une assistante d'éducation du collège François-Lzolto à Nogent, en Haute-Marne, a été mortellement poignardée par un élève de cet établissement.
00:34Face à ces drames effroyables, j'adresse les sincères condoléances de la représentation nationale aux familles et aux proches des victimes.
00:42Je veux en notre nom à tous dire la reconnaissance de la nation envers nos soldats du feu qui risquent leur vie pour nous protéger.
00:53Je veux aussi dire notre soutien à l'ensemble de la communauté éducative.
00:58La violence n'a pas sa place et n'aura jamais sa place dans nos établissements scolaires.
01:04En la mémoire de nos trois compatriotes décédés, je vous invite à observer une minute de silence.
01:12Merci d'avoir regardé cette vidéo !
01:42Je vous remercie.
02:03Monsieur le Premier ministre, vous avez la parole.
02:05Merci, Madame la Présidente.
02:12Mesdames et Messieurs les députés,
02:16c'est une rencontre,
02:20ces deux drames,
02:22qui illustrent, comme vous l'avez dit exactement,
02:25le dévouement des uns au mépris de tous les risques
02:32et l'évolution de la société dans laquelle nous vivons,
02:39qui entraînent d'autres types de drames.
02:44Ces deux jeunes sapeurs-pompiers volontaires de 22 et 23 ans,
02:48engagés avec enthousiasme pour une œuvre de sauvegarde collective
02:57en ayant la certitude qu'à la fois ils allaient aider leurs concitoyens
03:07et qu'ils allaient réaliser de cette manière une partie de leur vie,
03:15les deux écrasés sous un immeuble qui s'effondre,
03:20cela doit susciter chez nous une immense gratitude.
03:23immense gratitude et mobilisation
03:29pour cette jeune assistante d'éducation,
03:36cette jeune surveillante, 31 ans,
03:39un petit garçon de 4 ans,
03:43les siens et ses proches,
03:46tous anéantis
03:48par la rencontre de ceux que d'habitude
03:51on ne voit que sur les écrans de télévision,
03:55dans un bourg nogent en Haute-Marne
03:58de 3500 habitants
04:01et dans un collège
04:02de 320 élèves.
04:08D'habitude,
04:09on voit des milieux sociaux
04:11profondément fragilisés
04:13et ça n'est pas
04:16le modèle
04:17ou le cas que nous rencontrons ici.
04:20mais il y a une chose qui est certaine
04:22dans ce second drame,
04:25c'est que les armes blanches,
04:28les couteaux
04:28sont en train de devenir
04:31parmi les jeunes
04:33et les très jeunes enfants,
04:35le garçon qui a pris la vie
04:38de cette surveillance
04:40avec 14 ans,
04:43c'est en train de devenir
04:44une réalité de tous les jours.
04:47Nous en avons déjà parlé
04:49dans cet hémicycle,
04:50peut-être j'aurai l'occasion
04:51de rappeler dans une minute
04:52ce que nous avons fait
04:53et ce que nous devons faire.
04:57Mais nous ne pouvons pas
04:58demeurer indifférents
05:02et les bras baissés
05:03devant ce qui est en train
05:04de se passer,
05:07devant cette vague
05:09qui progresse.
05:11nous avons des décisions
05:13à prendre,
05:15dont certaines sont
05:16d'ordre législatif,
05:17d'autres sont d'ordre réglementaire.
05:20On a commencé
05:21de les prendre
05:22puisque je veux rappeler
05:23que le drame de ce matin,
05:25il s'est déroulé
05:25alors qu'il y avait
05:27un contrôle
05:28des sacs
05:30par les gendarmes.
05:32Les contrôles
05:33que nous avons
05:33multipliés
05:36depuis trois mois.
05:37plus de 6 000 contrôles,
05:41plus de 200 couteaux
05:42qui ont été saisis
05:44et encore 200 autres
05:46objets dangereux.
05:50Mais nous ne pouvons pas
05:51simplement déplorer.
05:54Nous sommes obligés,
05:56en conscience,
05:57en devoir,
05:59de prendre des décisions
06:02supplémentaires et nouvelles
06:03pour que nos enfants
06:06et ceux qui travaillent
06:07avec eux
06:08puissent être
06:09au minimum
06:10en sûreté.
06:13C'est une œuvre
06:14très difficile
06:15parce que,
06:15comme tout le monde
06:16le voit bien,
06:17ce n'est pas seulement
06:17un fait isolé,
06:19c'est une dérive
06:20de la société
06:21et des enfants
06:22dont nous avons
06:23la charge
06:24et dont nous n'arrivons pas
06:26à les mettre
06:27à l'abri
06:28des drames
06:29qu'ils fomentent
06:29eux-mêmes.
06:31Et donc,
06:31Madame la Présidente,
06:32nous avons
06:33une immense tâche
06:35devant nous.
06:35peut-être aurons-nous
06:36l'occasion
06:37d'y revenir
06:37dans une minute,
06:38mais je veux remercier
06:39la représentation nationale
06:41d'avoir
06:42une pensée
06:44pour ces deux garçons
06:46et pour cette jeune femme
06:48et pour le petit garçon
06:50qui était son fils.
06:54Merci à tous.
06:54Merci beaucoup,
06:56Monsieur le Premier Ministre.
07:03Donc,
07:04l'ordre du jour
07:04appelle les questions
07:05au gouvernement.
07:06La première
07:07va être posée
07:08par Madame Marine Le Pen,
07:09présidente
07:10du groupe
07:10Assemblément national.
07:16Monsieur le Premier Ministre,
07:18les mots
07:18n'ont jamais suffi,
07:19les mots
07:19ne suffisent pas,
07:21les mots
07:21ne suffiront pas.
07:22Aujourd'hui,
07:23alors qu'elle remplissait
07:24sa mission au service
07:25des enfants de France,
07:26qu'elle était un de ses maillons
07:27qui permet de garantir
07:28à nos enfants
07:29le droit à l'éducation
07:30tel que décrit
07:30dans la Déclaration universelle
07:32des droits de l'homme,
07:33à 31 ans,
07:34Mélanie est morte
07:35poignardée par un élève.
07:37Mes pensées vont
07:37à sa famille
07:38et en particulier
07:39à son très jeune enfant.
07:42Un nouveau drame
07:42vient donc
07:43de toucher l'école
07:44et par conséquent
07:44l'ensemble
07:45de notre nation.
07:45un drame,
07:47pas un fait divers
07:48sur lequel on
07:50brénouacherait
07:50un drame
07:51qui appelle
07:52une réponse politique.
07:54C'est parce qu'il n'y a
07:54jamais eu de réponse politique
07:56que notre société
07:56a vu la vie
07:57être progressivement
07:57désacralisée.
07:59C'est parce qu'il n'y a
08:00jamais eu de réponse politique
08:01que l'ultra-violence
08:02s'est banalisée,
08:03en particulier
08:04chez les mineurs.
08:06C'est parce qu'il n'y a
08:06jamais eu de réponse politique
08:07que des enfants
08:08deviennent orphelins
08:09et des parents sont obligés
08:10d'enterrer des enfants
08:11victimes de la barbarie.
08:12Les différents ministres
08:14de la Santé,
08:14de l'Éducation nationale,
08:15de la Justice de l'Intérieur
08:17qui n'ont pas pris
08:17la mesure depuis des années
08:18de la dérive
08:19d'une partie de la jeunesse,
08:20de son ensauvagement,
08:22de l'impact
08:22des réseaux sociaux
08:23et de la banalisation
08:23de la violence
08:24chez les adolescents
08:25entre eux
08:26et contre eux-mêmes.
08:28Ces mots,
08:29tirés de la lettre
08:29publiée par la mère
08:31du jeune Elias
08:32il y a quelques jours,
08:33sonnent terriblement juste
08:34en ce 10 juin.
08:36Alors,
08:37Monsieur le Premier ministre,
08:37quelle va être
08:38la réponse politique
08:39du gouvernement
08:39à ce drame
08:40qui suscite la peur
08:41de toutes les familles
08:42qui vivent dans l'angoisse
08:43de voir l'un des leurs
08:44tomber sous le coup
08:45des barbares
08:46et qui suscite,
08:47c'est à la fois juste
08:48et légitime,
08:49l'émotion,
08:50l'indignation,
08:52voire même la colère
08:52du peuple de France.
08:53Je vous remercie.
08:57La parole est à monsieur
08:58le Premier ministre.
09:04Vous avez raison,
09:05madame la présidente
09:07Le Pen,
09:08de dire que les mots
09:09ne suffisent pas
09:10et ne suffiront pas.
09:14L'ampleur de la vague,
09:16nous la connaissons tous,
09:18quels que soient les bancs
09:19sur lesquels nous siégeons.
09:20C'est une décomposition
09:23de la société
09:23dans laquelle nous vivons
09:24et c'est le surgissement
09:30de pratiques
09:32de vie commune.
09:35L'un de mes collègues
09:36disait à l'instant tout bas
09:38que son petit garçon
09:40de 10 ans
09:41lui a dit
09:42quand est-ce que je pourrais
09:44avoir un couteau
09:45à l'école.
09:46et ceci
09:50dans tous les milieux
09:52naturellement
09:53les plus fragiles.
09:55On a deux choses
09:56essentielles à faire.
09:58La première de ces choses,
10:00c'est construire
10:02des règles
10:05et une réponse pénale
10:07qui puisse aller
10:09dans le sens
10:10de la dissuasion
10:11que ces jeunes
10:14souvent garçons
10:16pourront éprouver
10:18avant de se saisir
10:20d'un couteau
10:21et de le mettre
10:22dans leur sac.
10:24Je le rappelais,
10:26nous avons publié
10:27une circulaire
10:28pour qu'il y ait
10:29des contrôles
10:30de police
10:31et de gendarmerie
10:32à l'entrée
10:32des établissements
10:33scolaires.
10:34Nous avons publié
10:35cette circulaire
10:36le 27 mars.
10:37Il y a eu
10:396200 contrôles.
10:43Près de 200 couteaux
10:46ont été saisis
10:47et 567 conseils
10:50de discipline
10:51ont été réunis
10:52pour lutter
10:53contre ce fléau.
10:57Nous allons
10:57travailler
10:58à l'application
11:00effective
11:01de l'interdiction
11:02de port
11:03de ce type d'armes.
11:06Il va falloir
11:06durcir la réglementation
11:08parce qu'un certain
11:11nombre
11:11de ces couteaux
11:13ne sont pas
11:13considérés
11:14comme des armes
11:15même s'ils sont
11:18construits
11:19pour une part
11:20d'entre eux
11:20pour figurer
11:22des armes
11:22très violentes.
11:24Il y a un deuxième
11:25travail que nous
11:26devons faire,
11:28c'est travailler
11:29à la question
11:29de la santé mentale
11:31des plus jeunes.
11:33À la première alerte,
11:36qu'il puisse y avoir
11:38examens,
11:40diagnostics
11:41et propositions
11:42de traitement
11:44ou en tout cas
11:45de prise de contrôle
11:48ou de reprise de contrôle
11:50de ces jeunes.
11:52Ces deux missions
11:53sont deux missions
11:57que nous ne pouvons pas
11:58éluder.
11:59le 29 avril,
12:01j'ai demandé
12:02à Naïma Mouchou
12:04et au préfet
12:07Ravier
12:08de conduire
12:11un groupe
12:12de travail
12:12sous leur
12:13coprésidence
12:14dont les conclusions
12:16m'ont été rendues
12:18le dernier jour
12:19du mois de mai.
12:21Et ces groupes
12:23de travail,
12:24j'ai bien l'intention
12:25que les 50 propositions
12:27qui ont été faites
12:28soient conduites
12:31à leur terme
12:31et je vais,
12:32si elle l'accepte,
12:33confier une mission
12:34à votre collègue
12:36Madame Mouchou
12:36pour vérifier
12:38l'application
12:39effective
12:40des propositions
12:42qui ont été faites.
12:44Ça n'est pas
12:45une baguette magique.
12:47Nous n'avons pas
12:47la clé
12:48de toutes les questions
12:48qui se posent
12:50parce que
12:51ces questions,
12:52elles sont
12:52pour l'essentiel
12:54dans la société française,
12:57dans sa désorganisation
12:59et dans ses dérives.
13:01Mais ce que la loi
13:02doit faire,
13:03c'est assurer
13:04que les principes
13:06sont respectés
13:07autant qu'on puisse
13:08identifier
13:09les manquements
13:11à ces principes.
13:12J'ajoute
13:12que je crois,
13:14même si les premières
13:15expériences
13:16n'ont pas été
13:17évidentes,
13:19qu'on doit travailler
13:20sur les portiques
13:21à l'entrée
13:22des établissements,
13:23des portiques
13:24avaient été mis
13:25en place
13:25dans certaines
13:26régions françaises.
13:29Ils n'ont pas
13:30été maintenus
13:31partout,
13:32mais je suis
13:32persuadé
13:33que nous ne pouvons
13:35pas rester
13:35simplement
13:36dans l'observation
13:37des accidents
13:39qui se multiplient.
13:40Et donc,
13:41le gouvernement
13:42a lui aussi
13:42l'intention
13:43d'aller dans le sens
13:44de l'expérimentation
13:46de portiques
13:46à l'entrée
13:47des établissements
13:48scolaires.
13:49Je vous remercie,
13:51monsieur le Premier ministre.
13:53La parole est à présent
13:54à monsieur Vincent Descœurs,
13:56le groupe droite républicaine.
14:01Merci,
14:01madame la présidente.
14:02En tout premier lieu,
14:04je voudrais exprimer
14:04la solidarité
14:05des élus
14:06de notre groupe
14:07la droite républicaine
14:08qui s'associe
14:10à l'hommage
14:11que vous avez rendu
14:12à nos trois compatriotes
14:13décédés
14:13dans des circonstances
14:14tragiques.
14:16Ma question
14:17s'adresse
14:17à monsieur le ministre
14:19de l'économie
14:19et des finances.
14:20J'y associe
14:20mon collègue
14:21Sébastien Martin.
14:23La décision
14:23du gouvernement
14:24de suspendre
14:25le dispositif
14:26MaPrimeRénov'
14:26dès le 1er juillet
14:27a suscité
14:28incompréhension
14:29et colère.
14:31Incompréhension
14:31et colère
14:32de dizaines
14:32de milliers
14:33de nos concitoyens
14:34engagés
14:35dans des projets
14:36de rénovation
14:36de leur logement
14:37mais aussi
14:37des PME
14:38et artisans
14:39du bâtiment,
14:40un secteur
14:40déjà en souffrance,
14:42des collectivités
14:43locales
14:44qui sont impliquées
14:44dans l'animation
14:45et de toute une filière
14:47dont l'activité
14:48va être une nouvelle fois
14:49impactée par l'instabilité
14:50des politiques publiques.
14:53Cette décision
14:53soudaine
14:54qui n'a fait l'objet
14:55d'aucune concertation
14:56est en totale
14:58contradiction
14:59avec l'objectif
15:00affiché
15:00d'augmenter
15:01le nombre
15:01de rénovations
15:02thermiques
15:03pour atteindre
15:04la neutralité carbone
15:05en 2050.
15:07Dois-je vous rappeler
15:07que cet outil
15:08qui est un des rares
15:10dispositifs incitatifs
15:11souffre déjà
15:12de dysfonctionnement
15:13et est entaché
15:14par le débat
15:15récurrent
15:15et non sans fondement
15:17sur la fiabilité
15:18des DPE
15:18et que de ce fait
15:20le dispositif
15:21MaPrimeRénov'
15:22aurait certainement
15:23mérité une réflexion
15:24en profondeur
15:25et peut-être
15:26décentralisée
15:27pour éviter
15:27les fraudes
15:28mais en aucun cas
15:29une suspension
15:30brutale
15:30et non concertée.
15:32Comment les propriétaires
15:33au premier rang
15:34desquels
15:34les plus modestes
15:36et souvent
15:37en milieu rural
15:38vont-ils
15:38dans ces conditions
15:39pouvoir répondre
15:40relève
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